RSS

« VALDEZ » (1971)

18 Mai
VALDEZ2

BURT LANCASTER

« VALDEZ » d’Edwin Sherin est un peu le mal-aimé du triptyque de westerns que tourna d’affilée Burt Lancaster au début des seventies. Il n’est pourtant inférieur ni à « L’HOMME DE LA LOI », ni même au très estimé « FUREUR APACHE ». Coécrit par Roland Kibbee (« VERA CRUZ ») et par l’auteur habituel de Sydney Pollack, David Rayfiel, d’après un roman d’Elmore Leonard, c’est un film austère et âpre tourné en Espagne. Il fait souvent penser aux « COLLINES DE LA TERREUR » également de 1971, par son thème, ses extérieurs et accessoirement par la présence de Richard Jordan et Raul Castro également présents dans le film de Michael Winner.VALDEZ

Vieux shérif mexicain fatigué et humble, Lancaster abat un homme par erreur et tente de récolter 100 $ pour aider sa veuve, auprès d’un rancher (Jon Cypher) impliqué dans l’histoire. Celui-ci ne l’entend pas de cette oreille et humilie cruellement ‘Valdez’. Alors, celui-ci ressort sa tenue de scout toute poussiéreuse des guerres indiennes, reprend ses armes rangées depuis des années et part en guerre contre l’armée du « gringo ». Pour la veuve ? Pour laver son honneur ? Toujours est-il que le presque vieillard courbé du début reprend du poil de la bête et redevient un tueur implacable. Malgré des maquillages assez laids, des paysages monotones et sans majesté, « VALDEZ » passionne par la puissance dégagée par un Lancaster de 58 ans (mais qui en fait facilement dix de plus)  aux allures de vieux lion encore dangereux et par sa quête obsessionnelle qui n’est pas sans rappeler celle de Walker dans « LE POINT DE NON-RETOUR ». Un beau personnage prêt à tout pour retrouver sa dignité et – très probablement – des vestiges de sa jeunesse héroïque. Autour du grand Burt, Cypher est très bien en méchant lâche et odieux, Jordan excellent en sale petite gouape ricanante et lèche-bottes et Susan Clark est – comme toujours – très inégale d’une séquence à l’autre.

Avec ses faux-airs de spaghetti western, « VALDEZ » a magnifiquement bien vieilli et compte parmi les derniers grands rôles de Lancaster. Peut-être pas tout à fait un chef-d’œuvre du genre, mais on n’en est pas très loin. Et le dernier plan est absolument magistral…

VALDEZ3

RICHARD JORDAN, SUSAN CLARK, BARTON HEYMAN ET BURT LANCASTER

Publicités
 

13 réponses à “« VALDEZ » (1971)

  1. JICOP

    18 mai 2019 at 6 h 33 min

    Excellent western à la cruauté qu’on devine inspirée par le spaghetti encore tout frais .
    Lancaster est impérial , portant le poids des ans et de la culpabilité sur ses épaules , ayant entamé la dernière partie de sa carrière avec ce soupçon de mélancolie dans le regard , ne reculant en rien à ses aptitudes physiques d’ancien athlète . Quel putain d’acteur quand meme !!!
    Edwin Sherin assure une mise en scène correcte avant de se tourner vers le théatre et quelques réalisations de celèbres séries TV . On pense à du Michael Winner .
    Saluons également Richard Jordan , toujours bon en good ou bad guy .

     
    • walkfredjay

      18 mai 2019 at 9 h 12 min

      Quel putain d’acteur, oui. C’est vraiment un des deux ou trois meilleurs acteurs U.S. toutes époques confondues. Il n’a jamais cessé de progresser, d’affiner son jeu, d’élargir sa palette. Ses diverses biographies révèlent un homme d’une complexité assez fascinante, capable du pire et du meilleur.

       
  2. Thomas

    18 mai 2019 at 7 h 42 min

    bon film mais mais gâché par une fin en queue de poisson vraiment frustrante

     
    • walkfredjay

      18 mai 2019 at 8 h 21 min

      J’adore cette fin ! Cette fois, le héros ne règlera pas l’affaire par un duel mais… à l’usure.

       
  3. Corey

    18 mai 2019 at 15 h 05 min

    Bizarre. C’est l’idole de mon idole (Delon), c’est une des plus grandes stars dans la période d’Hollywood que je préfère, il a une vraie gueule comme je les aime… mais je n’ai jamais accroché à Lancaster. Je ne sais pas pourquoi et je le regrette bien !

     
    • walkfredjay

      18 mai 2019 at 15 h 20 min

      Peut-être parce que Lancaster est une des rares stars de sa dimension à n’avoir jamais cherché à se rendre sympathique, que ce soit dans la vie ou à l’écran. Le choix de ses rôles parle pour lui, et même lorsqu’il joue un résistant héroïque, un espion traqué, un shérif entêté, un taulard persécuté, il dégage toujours quelque chose de brutal, de dangereux. C’est ce qui lui donne cette présence fracassante à l’écran, mais aussi ce qui le rend moyennement consensuel.

       
      • Jicop

        18 mai 2019 at 16 h 03 min

        Tres juste. La remarque de Corey est revelatrice non seulement de la personnalite de Lancaster, mais aussi de son physique . Il n’a jamais ete un jeune premier dans la tradition mais plutot un athlete au sourire carnassier et a la machoire carree , semant alternativement le trouble ou la peur comme dans  » Vera Cruz  » ou  » le corsaire rouge  » . Heros ambigu ou fripouille au sourire charmeur. Presque un cas unique.

         
      • walkfredjay

        18 mai 2019 at 16 h 39 min

        Kirk Douglas et Charlton Heston ont eu aussi souvent joué des salauds peu aimables, mais ils forçaient souvent le trait, alors que Lancaster jouait cela naturellement. Il suffit de le voir en général fascisant dans « 7 JOURS EN MAI » ou en columnist ignoble dans « LE GRAND CHANTAGE ».

         
    • Patrick

      18 mai 2019 at 17 h 47 min

      Pour c’est clairement un de mes acteurs préférés.

       
  4. Claude CASANOVA

    18 mai 2019 at 20 h 23 min

    Capable aussi de jouer des rôles plus complexes : « Elmer Gantry charlatan » ou « Le faiseur de pluie » .

     
    • walkfredjay

      18 mai 2019 at 20 h 36 min

      Lancaster a toujours dit que Elmer Gantry, c’était lui !

       
  5. lemmy

    19 mai 2019 at 11 h 09 min

    J’adore ce film méconnu, « Valdez ». Oui, il y a du Walker à la Marvin là-dedans, cherchant un prétexte ou une indignité pour changer le cours de choses. Et un peu de Rambo. Je crois que je l’avais déjà écrit ici, la fin de ce film est stupéfiante, très forte. La caméra s’envole et…

     
  6. stevebullitt

    22 mai 2019 at 9 h 02 min

    Excellent souvenir de ce western méconnu.

     

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :