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« LE CERCLE ROUGE » (1970)

23 Mai

ROUGEDepuis une voire deux décennies, Jean-Pierre Melville est devenu intouchable et son œuvre dans son entier, est considérée comme objet de culte. Parmi les films plus révérés, que ce soit en France ou à l’étranger : « LE CERCLE ROUGE », une histoire de braquage de bijouterie placée sous le signe du destin et de la fatalité.

Loin de nous l’idée – ou même le désir – de déboulonner l’idole au Stetson, mais force est de reconnaître que le film nécessite une bonne dose de nostalgie et d’indulgence pour être apprécié aujourd’hui comme il se doit de l’être. Si on est happé dès le début par l’image bleuâtre, les visages blêmes, la quasi-absence de dialogue, 140 minutes, c’est long pour n’importe quel film. Surtout pour ceux qui éradiquent délibérément les péripéties, l’humour et la psychologie au profit de l’atmosphère. « LE CERCLE ROUGE » dilate jusqu’au point de rupture un scénario très ténu, il met au défi le spectateur le plus patient avec la scène de braquage la plus interminable de l’Histoire du polar, et frôle fréquemment le ridicule avec des répliques empesées (« Les hommes naissent innocents, mais ça ne dure pas »), d’une lourdeur sentencieuse qui ferait presque sourire. Si Yves Montand est remarquable en ex-flic alcoolique en quête de dignité, si Bourvil curieusement emperruqué, surprend en flic dur-à-cuire (même si honnêtement, il n’est pas toujours très convaincant), Alain Delon et Gian Maria Volonte’ n’ont hélas, pas grand-chose à jouer et traversent le film en spectres taiseux, n’offrant que le minimum syndical. C’est ce sous-emploi d’un magnifique quatuor qui déçoit le plus, au fond.

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GIAN MARIA VOLONTÈ, ALAIN DELON, BOURVIL ET YVES MONTAND

Beaucoup de récriminations donc, envers « LE CERCLE ROUGE », film-culte parmi les cultes, emblématique du cinéma singulier de Melville, où flics et voyous sont vêtus comme Bogart dans les années 40. Certes ! Il n’empêche que le film a ses moments, comme la crise de delirium tremens de Montand ou les poursuites et fusillades en forêt et que la BO lancinante d’Éric de Marsan est toujours aussi hypnotique. On se sent un peu sacrilège de ne plus aimer « LE CERCLE ROUGE » autant que par le passé (ceci n’engage bien évidemment que l’auteur de ces lignes), mais c’est ainsi. Les films vieillissent, nous aussi. Et parfois pas au même rythme.

Et puis, à chacun ses Melville, n’est-ce pas ? « LE DOULOS », « LE DEUXIÈME SOUFFLE » et « L’ARMÉE DES OMBRES » sont là pour nous consoler de toutes les déconvenues…

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39 réponses à “« LE CERCLE ROUGE » (1970)

  1. Patrick

    23 mai 2019 at 10 h 13 min

    La 1ère fois que je l’ai vu j’étais plutôt de cet avis, j’étais persuadé de l’aimer mais j’ai été déçu puis je l’ai revu et je l’ai vraiment apprécié (bien que personnellement je lui préfère Flic Story de Deray) et c’est véritablement un bon polar français comme on n’en voit plus.
    Il y a des longueurs en effet, pour moi ce serait certainement la scène du casse qui s’étire un peu trop.

     
  2. walkfredjay

    23 mai 2019 at 10 h 18 min

    Ma relation à ce Melville est compliquée. Je m’y suis copieusement ennuyé à cette vision, mais il est tellement lié à ma jeunesse de cinéphile, l’affiche (signée Mascii si je ne m’abuse) est si mythique, que malgré tout, je suis sûr de le revoir un jour !

     
  3. Corey

    23 mai 2019 at 11 h 02 min

    Je ne suis, comme tu t’en doutes, d’accord sur rien, mais tu l’as exprimé avec tellement de respect et de délicatesse que je te tire mon Stetson !

     
    • walkfredjay

      23 mai 2019 at 11 h 07 min

      Pas évident pour moi d’en dire vraiment du mal. C’est l’idée du film, le souvenir de ce cinéma qui me plaisent encore aujourd’hui, plus que le film lui-même.

       
  4. Seb

    23 mai 2019 at 13 h 21 min

    J’avais découvert ce film très jeune, à une époque où j’avais une passion pour le cinéma et la chanson française d’antan, donc j’étais naturellement intéressé par n’importe quel film mettant en vedette des types comme Montand ou Bourvil. Mais franchement, j’ai toujours trouvé Le cercle rouge affreusement gris, sentencieux, traînant, plombant, monotone, bref un vrai calvaire à suivre jusqu’au bout. Inutile de préciser que cet avis n’engage que moi !

     
  5. Miguel

    23 mai 2019 at 14 h 11 min

    Le braquage de la bijouterie dans « le Cercle Rouge », pour ma part, cette scène est parfaitement réussie. C’est du Melville pur jus !

     
  6. Corey

    23 mai 2019 at 14 h 25 min

    Le cercle rouge est pour moi ce que j’ai vu de plus beau au cinéma. Sur le fond comme sur la forme. Chaque plan est une toile de maître. Il représente la quintessence de l’oeuvre Melvillienne, son film somme.
    Le Cercle rouge vous prend par la main, vous happe dès les premières minutes sans jamais vous lâcher. Et s’il n’a pas vieilli, et continue a être une des références, avec Le Samouraï ou le Doulos, de nombreux réalisateurs contemporains, c’est qu’il est totalement hors du temps, irréel, selon le souhait de Melville de ne jamais inscrire ses films dans son époque.

    Peu importe ce qu’on raconte, disait Melville, l’essentiel est comment on le raconte. Et pourtant,
    contrairement à ce qu’on dit trop hâtivement, le scénario est loin d’être simpliste, il est même d’une infini richesse. Melville y a disséminé de nombreux petits détails qui font qu’on se poser de nombreuses questions, et qu’à la fin on a le sentiment de ne pas avoir tout compris.
    C’est volontaire. Exemple ? Le rapport entre Vogel et Mattéi. Ces deux la se connaissent, et très bien. Ils ont visiblement un long passé en commun et en savent beaucoup l’un sur l’autre.
    A la fin, Vogel sauve la vie de Mattéi, alors qu’il n’a aucune raison de le faire. Et si l’on revoit le film à l’aune de cette scène finale, on va trouver une multitude de petits détails qui font qu’on comprend mieux leurs rapports… et qu’à la fois, on comprend de moins en moins. Les personnages melvilliens n’ont pas de passé, ni d’avenir. Melville n’explique jamais le tenants et les aboutissants. Il faudra se débrouiller sans…

     
  7. Marc Provencher

    23 mai 2019 at 14 h 43 min

    « Peu importe ce qu’on raconte, disait Melville, l’essentiel est comment on le raconte. »

    Oui, c’est la quintessence du crédo formaliste tant prisé en Europe. « Les histoires que les hommes se racontent », comme disait Hannah Arendt, voilà qui est bas et vulgaire, ou du moins sans importance ; faire un tableau de maître à chaque plan, voilà le but d’un bon film, quand bien même n’aurait-on rien à dire.

    La sortie de WalkFredJay a beau être délicatement diplomatique, j’en conçois une grande satisfaction. Je me suis toujours profondément ennuyé devant ce film, sans oser le dire tellement j’étais censé soit aimer, ça soit être un béotien fini. ‘LE CERCLE ROUGE’ est un film qui veut constamment nous faire savoir que ce qu’il raconte est sans importance, et pour moi ce sera toujours la quintessence de l’ennui e de la prétention.

    Heureusement, je peux me rattraper et tresser des couronnes à m’sieur Melville grâce à ‘L’ARMÉE DES OMBRES’.

     
    • Corey

      23 mai 2019 at 15 h 23 min

      Honnêtement, je ne comprends pas comment on peut aimer L’armée des ombres et pas Le cercle rouge, tant ses deux films n’auraient pas pu être tourné par quelqu’un d’autres que Melville. Ou l’auraient été très différemment.

       » ‘LE CERCLE ROUGE’ est un film qui veut constamment nous faire savoir que ce qu’il raconte est sans importance »

      Je dis justement l’inverse en parlant du scénario, très riche contrairement à ce qu’il veut laisser entendre. Un scénario qui fait en sorte, non pas de raconter des choses extrêmement denses, mais d’ouvrir les portes de notre imagination. Si on veut bien y entrer, alors on voit le film complètement différemment !

       
      • Seb

        23 mai 2019 at 15 h 31 min

        Je suis de la logique de Corey: je m’ennuie ferme devant Le cercle rouge comme L’armée des ombres. 😀

         
  8. Marc Provencher

    23 mai 2019 at 16 h 27 min

    Corey : « Honnêtement, je ne comprends pas comment on peut aimer L’armée des ombres et pas Le cercle rouge. »

    Évidemment, c’est logique. Et si je dis que ‘L’ARMÉE DES OMBRES’ est un film qui vaut par son sujet, parce qu’il raconte quelque chose de très important, tu risques de me ramener à la case départ, à savoir « Peu importe ce qu’on raconte, disait Melville, l’essentiel est comment on le raconte. »

    Pronostic : nous n’en sortirons pas !

     
    • walkfredjay

      23 mai 2019 at 16 h 36 min

      Même Michael Mann, presque aussi formaliste que Melville, en raconte plus dans ses scénarios de polars désincarnés. Mais manifestement, les fans de l’homme au Stetson y trouvent leur compte et tant mieux ! Je sais que les trois polars de JPM avec Delon ont, pour moi, pris un gros coup de vieux. Ses autres films beaucoup moins, ce qui est très bizarre. Je pourrais dire presque mot pour mot sur « LE DOULOS » et « LE DEUXIÈME SOUFFLE » ce que Corey dit sur « LE SAMOURAÏ » ou « LE CERCLE ROUGE ».

       
      • Corey

        23 mai 2019 at 16 h 54 min

        Le Cercle rouge (et peut-être encore plus Le Samouraï), sont des films intemporels, qui ont été tellement repris, copiés, qu’on peut penser qu’ils ont vieilli parce qu’on a vu passer des dizaines de films qui ont essayé d’être Melvilliens sans jamais vraiment y arriver.

         
    • Corey

      23 mai 2019 at 16 h 43 min

      Tu as raison, mais Melville le raconte de la même manière. D’ailleurs, à l’époque de L’armée des ombres, on lui avait reproché d’avoir fait un film de gangsters, pas un film sur la Résistance.

       
  9. Jicop

    23 mai 2019 at 16 h 31 min

    Une epoque merveilleuse que nous vivons : pouvoir faire la fine bouche devant Melville a l’aune du paysage du polar Francais contemporain qui ressemble peu ou prou au desert de Gobi , passons.
    Je l’ai dit a propos d' » un flic  » . Melville au fur et a mesure de sa carriere tend vers l’epure et ne filme plus que des morts en sursis . Deja en 63 dans  » melodie en sous-sol  » de Verneuil , quand Gabin sortait de prison et regardait des barres de hlm avec mepris , une epoque deshumanisee et mecanisee s’annoncait. Melville avait deja mis de la distance avec cette realite , loin de la gouaille des petits truands et du folklore de la flicaille. Il n’y a plus que des ombres, des deux cotes de la ligne tenue entre le bien et le mal .
    Melville ne transige pas, ses films sont inconfortables, ses personnages sont depourvus d’affect, ne prennent aucun plaisir car ils vont vers leur destin funeste dans un paysage de misere .
    Approcher les tenebres ne peut se reduire a la seule question tres subjective de l’ennui .
     » le cercle rouge  » est un des plus grands polars . Une experience metaphysique .Melville est grand .

     
    • walkfredjay

      23 mai 2019 at 16 h 48 min

      Je pourrais t’opposer pas mal d’arguments et d’exemples, mais à quoi bon ? JPM a toujours provoqué ces réactions « radicales » et ça ne changera pas. Ce n’est évidement pas sur un simple blog cinéphile et en une brève chronique, qu’il sera déboulonné. J’essaie toujours de considérer les films pour ce qu’ils m’apparaissent au moment du visionnage, sans tenir compte d’une quelconque sacralisation. Cela vaut pour JPM, comme pour Welles, Eastwood et autres…
      Le récent « festival » Woody Allen sur « BDW2 » m’a permis de constater qu’une opinion sur un film n’est jamais figée. J’ai adoré des films que j’avais ignorés à leur sortie et suis revenu sur mon admiration inconditionnelle sur d’autres ancrés dans mon panthéon personnel…

       
      • Corey

        23 mai 2019 at 16 h 57 min

        Bien sûr, et c’est ça qui est bien ! Mais Le cercle, (avec L’armée des ombres), et le film de Melville qui fait quasi unanimité, un peu comme Il était une fois dans l’ouest pour Leone.
        D’ailleurs, un pur film d’auteur qui fait un carton en salle, c’est un cas presque unique dans le cinéma français.

         
      • Jicop

        23 mai 2019 at 16 h 59 min

        Je comprends, je donnais mon ressenti.
        Je respecte d’autant plus que je n’aime pas forcement le statut de  » vache sacree  » mais je suis tombe en admiration pour Melville depuis la vision tout mome de  » l’armee des ombres  » : un choc inoui .
        On entre ou pas dans cet univers froid et desincarne, d’une tristesse et d’une melancolie totales . Comme un requiem.

         
  10. Miguel

    23 mai 2019 at 17 h 27 min

    « Le Deuxième Souffle » m’avait terriblement déçus, je ne l’ai même pas vu jusqu’a la fin et je suis même pas tenté de le revoir pour me faire un autre avis. J’ai peut être tort mais rien y fait, pour moi ce film dans ma tête, c’est figé.

     
    • Corey

      23 mai 2019 at 18 h 45 min

      Si tu parles de celui de Corneau, j’ai tenu 20 minutes 😀

       
  11. Kinskiklaus

    23 mai 2019 at 19 h 31 min

    Je vais donc y mettre mon grain de sel moi aussi. « Le cercle rouge », tout comme « Le samouraï » (revu récemment) ont plutôt mal vieilli selon moi. Loin de moi l’idée de prétendre que ces deux films sont mauvais, simplement, pour dire les choses, ils m’ennuient copieusement. Melville semble être devenu intouchable aujourd’hui et je dois dire que cela m’agace profondément. Pas de panique, aujourd’hui, je me suis enfin décidé à voir « Dr Folamour » de Kubrick et, pour rester poli, j’ai eu le temps de compter les nuages.

     
  12. Corey

    23 mai 2019 at 20 h 49 min

    Personne n’est intouchable… Melville est simplement revenu dans les bonnes grâces depuis les années 90, après avoir été superbement ignoré dans les 80. De son vivant, il était considéré par la « cinéphilie » comme un cinéaste quasiment fasciste… I
    Simplement, quelques uns de ces films, notamment la trilogie Samourai/Armée/Cercle font désormais l’unanimité ou presque, comme certaines grandes oeuvres de très grands cinéastes. Mais on la le droit d’y rester insensible… moi qui baille d’ennui devant La Horde sauvage ou les Tarantino, je ne vais vous dire le contraire !

     
  13. Marc Provencher

    24 mai 2019 at 13 h 42 min

    « Tu as raison, mais Melville le raconte de la même manière. »

    C’est bien ce que je lui reproche. Autant le traitement solennel et dilaté à la Melville colle au sujet dans ‘L’ARMÉE DES OMBRES’, autant appliqué à un cambriolage de bijouterie la même méthode semble hors de proportion.

     
    • Corey

      24 mai 2019 at 14 h 28 min

      C’est pourtant ce qui a fait le succès critique et publique de ce film, dans des proportions assez incroyables pour un pur film d’auteur, et qui fait qu’il est encore une référence et une source d’inspiration 50 ans plus tard.
      Après, les goûts et les couleurs…

       
  14. Daniel

    24 mai 2019 at 17 h 46 min

    Si c’était un film américain, il serait constamment portée aux nues . D ‘ ailleurs ,on peut se demander si Michael Mann, dans son oeuvre globale ,ne s’est pas largement inspiré du cinéma de Melville . « Le cercle rouge » est un film austère mais quand on trouve l’ accès , on ne peut s’ empécher d’y voir un chef d’oeuvre .Montand y est prodigieux , Bourvil égale les plus grands , et Delon est nettement meilleur que dans le » Samourai  » ,c est tout dire! Comme Corey , je comprends qu’ on puisse trouver ce film ennuyeux , chacun doit trouver « son » moment pour l’apprécier à sa juste valeur . Moi meme , avant , je m’ étais copieusement ennuyé devant  » Il était une fois dans l’ Ouest » et  » La horde sauvage » mais ca , c’était avant…

     
    • Corey

      24 mai 2019 at 22 h 42 min

      Tout à fait, Mann a toujours dit que Melville a été sa première source d’inspiration, comme tant d’autres qui se réclament de lui, les Jarmush, Coen, Scorsese, Tarantino, et les asiatiques, To et Woo en tête.
      Dernièrement, c’est le réalisateur Ruppert Wyatt, qui a cité Melville pour son dernier film Captive State, puisqu’il a dit s’être inspiré de L’armée des ombres pour écrire son histoire…

       
  15. Dino Barran

    25 mai 2019 at 13 h 34 min

    Melville ou pas Melville, je suis un admirateur presque inconditionnel du Cercle rouge. J’ai du le voir une douzaine de fois, je connais par coeur les dialogues, je trouve la musique superbe, la photographie et l’affiche remarquable. Le charme opère toujours.
    Bien sûr, on peut reprocher à Melville sa stylisation qui conduit à des choix curieux, ainsi les transparences (dont se moqua Volonte), le choix des voitures américaines ou le cambriolage filmé en temps réel. Contrairement à toi, cher Fred, je n’ai aucune réserve sur le jeu de Bourvil. Ses face-à-face avec François Périer sont étonnants.
    Le Cercle rouge est un film froid. C’est une froideur de forme. Le scénario ne donne lieu à aucune expression de sentiment. Cependant l’humanité est réelle : Corey porte assistance à un évadé en perdition, Vogel ne peut se résoudre à laisser Corey affronter tout seul le receleur, Jansen abandonne sa part de butin par reconnaissance aux deux hommes qui l’ont délivré de « ceux du placard », Mattéi manifeste son désarroi en apprenant la tentative de suicide du fils de Santi…
    Léger correctif au propos de Corey : les personnages ont un passé, mais on ne le connaît pas. On sait que Vogel ne fait pas partie du milieu, mais on ne connaît pas son passé criminel. Quels ont été ses rapports avec Jansen et Santi ? Au-delà de leur statut de policier, qu’est-ce qui relie Jansen et Mattéi ? Ces non-dits donnent une réelle profondeur aux personnages.
    « Tous coupables ! » conclut l’inspecteur général de la police. Melville n’a-t-il pas voulu, au contraire, montrer que chacun d’entre nous est partagé entre le bien et le mal ? Je m’arrête là car il y aurait une thèse à écrire. À ne pas rater, la fausse « fin alternative » (https://www.telestar.fr/actu-tv/le-cercle-rouge-arte-decouvrez-la-fin-alternative-du-film-culte-315884). Pour conclure, je me demande quel écho peut trouver auprès des spectateurs d’aujourd’hui la réplique de Mattéi à son inspecteur à propos de Vogel : « Ce n’est pas Claude Tenne. »

     
  16. Corey

    25 mai 2019 at 14 h 53 min

    Merci Dino, remarquable analyse que je partage à 100%. En effet, les personnages ont un passé, mais Melville n’en dit rien. Et il dissémine dans son scénario une multitude de petits indices pour que le spectateur reconstitue dans son esprit, pendant ou après le film, leur histoire. C’est pour cela que chaque nouvelle vision du Cercle est une découverte !

    Et comme je le disais, je me suis longtemps posé, et je me pose toujours, des questions sur les véritables rapport entre Mattéi et Vogel. Il y a tellement de sous entendus… A tel point que je m’étonne que notre chère Fred n’y ait pas vu, pour une fois, sa fameuse marotte crypto-gay !

     
    • walkfredjay

      25 mai 2019 at 17 h 21 min

      S’il fallait déceler du crypto-gay dans ce film, ce serait plutôt du côté de Corey et Vogel, leur rencontre « coup de foudre », leur cohabitation sous le même toit, leur amitié à la vie à la mort en si peu de temps… 😉

       
      • Corey

        25 mai 2019 at 19 h 30 min

        Exactement, Dino… Les regards insistants de Mattei quand Vogel se couche, sa délicatesse qui le fait renoncer à fumer pour ne pas le déranger, les allusions de l’inspecteur général, celles de Jansen … Ben alors Fred, tu manques à tout tes devoirs !

         
      • walkfredjay

        25 mai 2019 at 20 h 33 min

        Vogel est un allumeur. Il trouble Mattéi qui en perd tous ses moyens pour ensuite convoler avec Corey (pas toi, l’autre). Si ça se trouve, Jansen est l’ex de Mattéi et quand celui-ci l’a quitté, il s’est mis à boire.

         
      • Corey

        25 mai 2019 at 22 h 39 min

        😀 Tu sais que j’ai parlé de tout ça à Bernard Stora (assistant réal du film) lors d’une soirée Melville il y a deux ans, il a bien rigolé et m’a pris pour un fou, je pense !

         
  17. Dino Barran

    25 mai 2019 at 15 h 59 min

    Un voyage à deux, en wagon-lit, ça crée des liens…

     
  18. lemmy

    7 juin 2019 at 8 h 35 min

    J’ai trouvé un blog très intéressant sur « Melville, Delon & Co. Typologie d’une solitude » dédié aux trois films des intéressés, décortiquant de manière très originale ces films, refaisant les itinéraires des personnages dans les films, objets, etc., fait par un photographe, auteur de cinéma : http://melvilledelon.blogspot.com/

     
  19. Seb

    1 août 2019 at 10 h 20 min

    Qui connaît Le bar du téléphone, bon petit polar de 1980 signé Claude Barrois avec un cast solide et quelques belles fusillades finales ? J’ai toujours bien aimé ce film mais ce n’est qu’aujourd’hui, en tombant par hasard sur l’affiche originale, que je me dis: « Mon Dieu, y a comme un air de déjà vu ! »
    Voyez plutôt: https://medias.unifrance.org/medias/73/35/74569/format_page/media.jpg
    Et celle du Cercle rouge: https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/0009b235-4405-49c8-80af-78c67fd53cc5_2.jpg

     
    • walkfredjay

      1 août 2019 at 16 h 26 min

      Jamais vu ce film, mais effectivement ! Pourtant leur seul point commun est la présence de François Périer au générique.

       
      • Seb

        1 août 2019 at 16 h 29 min

        Ah oui, je n’avais pas fait gaffe à la présence de Périer dans les deux films !

         
  20. Daniel

    1 août 2019 at 21 h 28 min

     » Le bar du téléphone » ! Excellent polar qui fait le lien avec les anciens films ( Daniel Duval interprétant un Delon en fin de course , Périer faisant une compil de ses roles dans tant de polars , Pellegrin au diapason et excellent ) et le  » nouveau » film policier représenté par Lambert et Anconina en voyous moderne , futurs caids fous sortis tout droits des cités . Avec les scènes des premiers , on se croirait en train de voir un film des années 50 et avec les seconds , on comprend vite que le cinéma a pris un grand virage . La scène finale de Duval signe le glas d’ un cinéma que l’ on aime encore tant! Un bon souvenir de ce film , à revoir car je l’ avais oublié ..

     
    • Miguel

      2 août 2019 at 10 h 22 min

      Le polar était souvent à l’affiche dans les années 80, pas cher, costume commun, décors à l’extérieur etc… mais souvent avec une distribution au top niveau servis par des dialogues bien corrosifs.

       

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