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Archives Mensuelles: juillet 2019

« AQUAMAN » (2018)

Avec « AQUAMAN », adapté d’un vieux comics DC, James Wan a, semble-t-il, passé un cap dans l’esthétique (si on peut dire) des films de super-héros. On peut affirmer, sans se tromper de beaucoup, que 100% des plans sont truqués, d’une façon ou d’une autre, et que les progrès technologiques ont à la fois libéré l’imagination des concepteurs de CGI et créé une sorte de monstre de Frankenstein numérique.AQUAMAN.jpg

Dès les premières séquences, surtout celles où Nicole Kidman et Temuera Morrison apparaissent « rajeunis » de trente ans, on sent qu’on va avoir du mal. Ensuite, le pressentiment se confirme : le scénario va de morceau de bravoure en bastons homériques (et sous-marines) et Aquaman fils d’un gardien de phare et d’une échappée d’Atlantis (sic) apparaît comme un avatar barbu et tatoué du roi Arthur et surtout de Thor. Il connaît d’ailleurs les mêmes problèmes avec son demi-frère. On peut tenir le coup une demi-heure, s’amuser des décors délirants, des hippocampes géants hennissant comme des chevaux, des requins harnachés pour le combat, ou des apparitions de Dolph Lundgren avec ses cheveux roses. Mais c’est long. Tellement long ! Et quand arrive ce que tout le monde redoute, c’est-à-dire la bataille finale censée être le climax du film, on s’embourbe dans une orgie de plans bourrés d’effets jusqu’à la gueule, pratiquement illisibles, voire écœurants comme des pâtisseries trop grasses et sucrées. Jason Momoa est un Aquaman physiquement acceptable et plutôt sympathique, mais il s’amuse manifestement plus qu’il n’amuse. Patrick Wilson joue une sorte de ‘Loki’ peroxydé, Willem Dafoe un « grand vizir » faisant double-jeu et Amber Heard est agréable à contempler malgré sa crinière rouge et ses tenues grotesques.

« AQUAMAN » ne peut pas être jugé sur ses critères « normaux ». Il va même au-delà du jeu vidéo pour devenir une sorte d’énorme cartoon aux couleurs fluo, au goût plus que douteux, qui s’adresse aux enfants en bas âge pas trop regardants.

 

« LE ROYAUME » (2007)

Layout 1L’acteur Peter Berg a réalisé une vingtaine de films et téléfilms, mais il n’a rien fait qui approche de près ou de loin la qualité de celui-ci : « LE ROYAUME », décrivant l’enquête d’une équipe de terrain du FBI en Arabie Saoudite, à la suite d’un attentat à l’intérieur d’une enclave américaine.

La première partie fonctionne sur la tension créée par l’attaque initiale, par le stress d’une caméra « bougée » donnant l’impression d’être au cœur de la zone de combats et par l’alchimie entre les protagonistes qui les rend instantanément attachants. Mais le film décolle vraiment dans sa seconde moitié, quand il devient viscéral et plonge au milieu de l’horreur de la guerre, des explosions, des mutilations. L’ultime bataille rangée dans le fief des terroristes scotche littéralement à son siège, jusqu’à son dénouement brutal et terrible. Jamie Foxx est très bien en officier dur-à-cuire et son amitié naissante avec le policier saoudien (Ashraf Barhom remarquable) apporte à tout le film l’humanité qui lui manquait au début. Les excellents Chris Cooper, Jennifer Garner et Jason Bateman complètent le commando avec discrétion et présence, et on aperçoit des vétérans comme Danny Huston ou Richard Jenkins, pendant quelques minutes.

Produit pendant l’après-11 septembre, « LE ROYAUME » est traversé d’éclairs de violence, de haine et d’esprit de revanche. C’est un film fiévreux, sans aucune facilité hollywoodienne et qui a l’élégance – et surtout l’intelligence – de renvoyer tout le monde dos-à-dos, le temps d’un épilogue qui « cueille » à la toute dernière minute. Un très bon film de guerre contemporain où rien n’est noir ou blanc.

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JAMIE FOXX, JENNIFER GARNER ET ASHRAF BARHOM

 

HAPPY BIRTHDAY, MIKE !

HODGES

MIKE HODGES, RÉALISATEUR ORIGINAL ET DOUÉ, À LA CARRIÈRE ÉTRANGEMENT ERRATIQUE. UN VRAI CLASSIQUE À SON ACTIF ; « LA LOI DU MILIEU ».

 
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Publié par le 29 juillet 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« PENTAGON PAPERS » (2017)

« PENTAGON PAPERS » (titre français de « THE POST », pourtant plus explicite) est un film de Steven Spielberg, qui pourrait constituer un parfait double-programme avec « LES HOMMES DU PRÉSIDENT » tourné « à chaud » en 1976, et dont il apparaît comme la prequel idéale.POST

Le scénario raconte en effet l’affrontement entre le rédac-chef du Washington Post (Tom Hanks) et l’administration Nixon qui veut l’empêcher de publier un dossier brûlant sur la guerre du Vietnam impliquant plusieurs présidents. Du moins, c’est la trame de fond. Et il faut s’accrocher un peu, car la première demi-heure est touffue, truffée d’informations absconses inhérentes à l’Histoire récente des U.S.A. et pour tout dire, très fastidieuse. C’est quand se révèle peu à peu le véritable sujet du film, que l’intérêt s’éveille enfin – et juste à temps, avant décrochage – grâce au personnage incarné par Meryl Streep. En parallèle avec l’enquête des journalistes, les empoignades furieuses, les menaces, etc. se dessine progressivement un sous-texte féministe d’une rare finesse. Streep incarne en effet la propriétaire du journal, fille du créateur et veuve de son successeur. Elle a toujours fait figure de charmante potiche, manipulée par une nuée de conseillers mâles et acceptant cette soumission de bonne grâce. Les circonstances la placent subitement en pleine lumière et lui offrent l’occasion de s’affirmer enfin et de prendre sa destinée, et celle du Post, en mains. C’est ce parcours qui passionne et émeut, au-delà du salutaire discours sur la liberté de la presse et l’avenir de la démocratie. Et à 68 ans, Meryl Streep parvient une nouvelle fois à surprendre. Hanks est un ‘Bradlee’ crédible mais assez terne comme à son habitude. Ils sont bien entourés par les vedettes de séries TV Bob Odenkirk (« BETTER CALL SAUL ») et Sarah Paulson (« AMERICAN HORROR STORY »), entre autres.

Pas du grand cinéma, ni même du grand Spielberg, mais un film solide, carré et lisible à plusieurs niveaux.

 

GEORGE HILTON : R.I.P.

GEORGE HILTON, ACTEUR URUGUAYEN QUI FUT UNE VEDETTE DU WESTERN ITALIEN DANS LES ANNÉES 60 ET 70.

GEORGE HILTON (1934-2019), ACTEUR URUGUAYEN QUI FUT UNE VEDETTE DU WESTERN ITALIEN DANS LES ANNÉES 60 ET 70.

 
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Publié par le 29 juillet 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

« WHITEOUT » (2009)

WHITEOUTSi le premier long-métrage du clipeur Dominic Sena, « KALIFORNIA » fut prometteur, on ne peut pas dire que la suite se soit avérée du même tonneau, et c’est sans illusion qu’on s’attaque à « WHITEOUT », un suspense situé dans une base en Antarctique et inspiré d’un « graphic novel ».

Après un prologue se déroulant en 1957 et s’achevant par le crash d’un avion russe, le film suit l’enquête d’une jeune U.S.-marshal (Kate Beckinsale) qui doit faire face à plusieurs meurtres, alors que la base doit être incessamment évacuée avant les six mois de nuit hivernale. On retrouve une ambiance rappelant vaguement « THE THING » de John Carpenter, une menace inédite symbolisée par une tempête glaciale et mortelle. Bref, on est tout prêt à se laisser embarquer. Mais après un début intense, on déchante rapidement. L’héroïne se trimbale ses flash-backs traumatiques comme autant de clichés cent fois rabâchés, les seconds rôles n’ont aucune épaisseur. Il faut tout le talent et le charisme de Tom Skerritt pour renouveler un tant soit peu son rôle de « toubib » sympathique et chaleureux. Pour le reste, le scénario se contente d’aligner les scènes à peine lisibles d’ouragan de neige, les images « gore » peu ragoutantes et pas mal de séquences dialoguées sans grand intérêt. Quelques bons passages comme l’amputation des doigts nécrosés de Beckinsale viennent nous tirer d’une douce torpeur. L’actrice ne ménage d’ailleurs pas ses efforts et porte le film sur les épaules. La résolution de ce « whodunit » laisse perplexe, incrédule et dépité.

« WHITEOUT » n’est qu’une honnête série B anecdotique et dépourvue d’originalité et de surprise. À voir éventuellement pour l’admirateur éperdu de la comédienne principale.

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KATE BECKINSALE ET TOM SKERRITT

 

HAPPY BIRTHDAY, NIKOLAJ !

WALDAU

NIKOLAJ COSTER-WALDAU, ACTEUR DANOIS À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE, VU DANS LA SÉRIE « GAME OF THRONES », SUPERBE DANS « SHOT CALLER ».

 
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Publié par le 27 juillet 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL