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« SANS RETOUR » (1981)

23 Août
SOUTHERN2

ALAN AUTRY, POWERS BOOTHE ET KEITH CARRADINE

« SANS RETOUR » est le 5ème long-métrage réalisé par Walter Hill et probablement son plus abouti à égalité avec « LE BAGARREUR ». Situé en Louisiane, c’est une sorte de mix entre « DÉLIVRANCE » auquel il est impossible de ne pas penser (l’affiche elle-même annonce la couleur ! ), et les ‘survivals’ du style « LA PROIE NUE ».SOUTHERN.jpg

Quelques soldats réservistes en mission dans le bayou, leurs armes chargées de balles à blanc, provoquent des braconniers cajuns particulièrement violents et déclenchent une guerre dont peu ressortiront vivants. C’est simple, linéaire, d’une maîtrise sans faille, d’une redoutable efficacité. Les petits « coups de mou » ponctuels ne sont dus qu’à l’unité de lieu et n’abiment pas le rythme général. La photo d’Andrew Laszlo est magnifique, la BO de Ry Cooder est pour beaucoup dans l’état de quasi-hypnose dans lequel plonge le film. Hill donne une bien piètre image de l’humanité, qu’il s’agisse des soldats du dimanche, bande de « rednecks » imbéciles ou des « locaux », chasseurs sanguinaires. Même les deux personnages centraux, Keith Carradine et Powers Boothe – tous deux excellents – ne sont pas spécialement sympathiques. Juste un peu plus intelligents que les autres, c’est tout ! On suit donc ce jeu de massacre sans issue avec un stress grandissant, jusqu’à l’arrivée dans un village qui donne lieu à une magnifique séquence de suspense au montage brillant. Dans un casting sans défaut, on retiendra Fred Ward en brute vicieuse, Peter Coyote en leader rapidement hors-jeu, Brion James en trappeur manchot. On entrevoit Sonny Landham dans le rôle d’un des traqueurs.

« SANS RETOUR », qu’on apprécie ou pas ce genre de cinéma violent, âpre et jusqu’au-boutiste, est une œuvre qui force le respect par la maturité quelque peu amère et désenchantée de son discours, et par la beauté de ses extérieurs génialement exploités.

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KEITH CARRADINE, POWERS BOOTHE, ALAN AUTRY, BRION JAMES ET FRED WARD

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6 réponses à “« SANS RETOUR » (1981)

  1. Thierry

    23 août 2019 at 8 h 21 min

    Un de mes films de chevet, vu par hasard avec un pote à sa sortie, attirés que nous étions par le titre original, nous qui nous saoulions snobement à l’époque au Southern Comfort. Ce n’est qu’à la 1367ème vision que j’ai fini par comprendre une clé de ce film, jamais explicitée : les féroces Cajuns sont des vétérans du Vietnam. En témoignent le look « Magnum » de l’un d’entre eux, le bras amputé de Brion James, la façon méprisante qu’a celui-ci d’appeler « soldiers » les deux survivants quand il leur indique la sortie… De vrais guerriers retirés du monde, ulcérés par le je-m’en-foutisme des boys scout de la garde nationale égarés dans leurs marais. J’aime beaucoup aussi la façon dont le dernier « ding » du triangle de l’orchestre cajun marque la fin de la traque, au moment ou Powers Boothe et Keith Carradine aperçoivent enfin un camion ami à travers les branchages !

     
    • walkfredjay

      23 août 2019 at 8 h 25 min

      Une bande de Rambo francophones qui n’attendaient qu’un gibier et une bonne excuse pour repartir en guerre ? Intéressante théorie…

       
  2. Patrick

    23 août 2019 at 12 h 00 min

    Clairement un des meilleurs Hill si ce n’est le meilleur d’ailleurs donc le doc que j’ai vu sur lui si j’ai bonne mémoire il le considère comme son meilleur film.

     
  3. Darcotik

    23 août 2019 at 12 h 30 min

    Pendant et après « Délivrance », mon esprit était continuellement embrumé et diverti par la signification à donner au film dans son ensemble. Je passais finalement plus de temps à réfléchir au message qu’à m’immerger dans cette lutte pour la survie. « Sans Retour » est la version directe et épurée du sus nommé, qui plutôt que de prêter le flanc à l’analyse ou au discours, nous met la tête dans les marais du bayou et nous étouffe sous les branchages. C’est une expérience plus brute, moins symbolique, finalement plus authentique. Un grand petit film, le dernier moment de grâce de Walter Hill.

     
    • walkfredjay

      23 août 2019 at 12 h 36 min

      Je comprends ce que tu veux dire. J’ai eu la même lecture « perturbée » du Boorman, mais seulement à seconde vision, la tête farcie des critiques que j’avais pu lire après-coup. Il est vrai que Hill ne s’embarrasse pas de message, de seconde lecture ou de symbolisme. Ça n’empêche pas d’y réfléchir après visionnage et d’en trouver quelques-uns.

       
  4. Jicop

    23 août 2019 at 19 h 09 min

    Justement Hill ne suggere pas forcement de message ( meme si la theorie de Thierry est interessante ) mais intensifie la partie action de  » delivrance  » . Ce qu’il gagne en efficacite il le perd en propos philosophiques et presque anthropologiques qui parsemaient le film de Boorman et le rendaient indemodable.
    2 films jumeaux en quelque sorte .

     

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