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« TARGET » (1985)

28 Août

TARGET.jpg« Mon père, ce héros ! ». Il y a une grande idée dramatique dans « TARGET » : c’est ce jeune homme (Matt Dillon) s’apercevant par la force des choses, que son père (Gene Hackman) qu’il méprise gentiment, le prenant pour un « beauf » pusillanime et timoré, est en réalité un ex-espion de la CIA rangé des voitures, au passé aventureux. Tous les passages où le fiston découvre, ahuri, les talents cachés de son papa, sont irrésistibles. Sorti de cela, le scénario n’est hélas, qu’un enchaînement de clichés assez balourd.

C’est, après « BONNIE & CLYDE » et « LA FUGUE », le troisième et dernier film qu’Arthur Penn tourna avec Hackman dont il mit la carrière sur les rails. L’acteur est bien mis en valeur dans les deux facettes de son rôle, mais le dialogue est extrêmement pauvre, l’alchimie avec Dillon n’est pas toujours apparente et, malgré tout son métier, Hackman ne peut sauver des scènes complètement grotesques comme ce final dans un hangar de Berlin-ouest où l’intrigue se dénoue. On pense parfois à « FRANTIC » (1988) en moins réussi, et le scénario s’effiloche au fur et à mesure, en une bête histoire de vengeance mille fois ressassée. Quant à l’identité du traître, elle est tellement facile à deviner que l’acteur pourrait aussi bien avoir les mots « agent double » tatoués sur le front dès sa première apparition. On passe le temps en navigant entre Dallas, Paris, Hambourg et Berlin, mais la photo est pâlichonne, sans relief, la BO de Michael Small n’est vraiment pas ce qu’il a composé de meilleur. Parmi les seconds rôles, on remarque Jean-Pol Dubois assez effrayant en « hitman » à tête de mort et Gayle Hunicutt, habituée aux tournages français. « TARGET » est un film qui gaspille paresseusement un postulat intéressant et au fort potentiel, qui sera mieux exploité quelques années plus tard (et très différemment) par James Cameron dans son « TRUE LIES », par ailleurs remake d’un film français. On n’en sort pas ! À voir éventuellement pour Hackman, mais même lui a souvent été meilleur et plus concentré.

TARGET2

GENE HACKMAN, MATT DILLON ET JEAN-POL DUBOIS

 

3 réponses à “« TARGET » (1985)

  1. Patrick

    28 août 2019 at 7 h 17 min

    Pas mauvais mais plutôt décevant en effet.

     
  2. Marc Provencher

    28 août 2019 at 13 h 32 min

    Rabroué par les crétins qui désormais tenaient les rênes des studios, Arthur Penn n’y croyait plus, pour moi c’est évident. Il s’est efforcé de livrer un film aussi impersonnel que possible. Et il a dit au chef opérateur : « Garde ta bonne photo pour les vrais films. » Rarement vu quelque chose d’aussi « peinture à numéros » que ‘TARGET’.

     
  3. Dino Barran

    29 août 2019 at 21 h 51 min

    Un point commun avec un autre « grand » film raté : La 7e cible, dont Penn a je crois réutilisé le décor de Check Point Charlie.

     

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