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« LA GIFLE » (1974)

21 Oct

GIFLE.jpgOn ne peut pas dire qu’un film Gaumont sur la jeunesse française des seventies, réalisé par Claude Pinoteau excite automatiquement la curiosité du cinéphile. Mais « LA GIFLE », malgré de nombreux défauts, sort tout de même du lot : dialogues de Jean-Loup Dabadie alors en pleine période Claude Sautet, débuts d’Isabelle Adjani encore bien loin de l’image qu’elle développera par la suite, beau casting de vétérans : Lino Ventura, Annie Girardot, Nicole Courcel.

Cette chronique familiale dépeint la relation conflictuelle entre un prof intraitable (Lino, évidemment) et son ado de fille pas facile non plus. Portes qui claquent, baffes, drames quotidiens, fugues, etc. Rien d’attirant a priori, d’autant que visuellement le film n’est pas très recherché. Mais on a rarement vu Ventura aussi naturel qu’ici. Son portrait d’homme apparemment solide comme un roc, mais complètement démuni devant les femmes quelles qu’elles soient, est émouvant et l’acteur baisse sa garde comme rarement il l’a fait. Son couple d’ex avec Girardot est concret, crédible, mature, ce qui n’exclue pas les coups de sang et les malentendus. C’est Ventura qui porte « LA GIFLE » sur les épaules et empêche toute mièvrerie. Courcel apparaît dans le premier tiers, en nouvelle compagne distante à la beauté sereine et culpabilisante. Parmi les petits rôles, de futures têtes d’affiche comme Nathalie Baye et des figurants nommés Richard Berry, André Dussollier. Seul le numéro trop répétitif de Francis Perrin, parfois drôle, détone un peu au milieu d’un ensemble homogène.

Il y a quelque chose de tangible et de touchant dans ce film d’apparence ripolinée et scolaire, qui échappe à l’analyse. Le plaisir de revoir de grands acteurs disant un bon texte, la vision d’une France révolue (45 ans déjà !)  et d’une jeunesse jugée par le regard forcément déformant d’une autre génération. Toujours est-il que « LA GIFLE » se laisse revoir avec plaisir, ne serait-ce que pour le bonheur des scènes réunissant Girardot et Ventura, qui semblaient nés pour se donner la réplique. Le dernier échange de regards à travers la vitre d’une cabine téléphonique, semble sorti tout droit d’un Lelouch. Un bon, précisons.

GIFLE2

ISABELLE ADJANI, ANNIE GIRARDOT ET LINO VENTURA

 

10 réponses à “« LA GIFLE » (1974)

  1. Corey

    21 octobre 2019 at 10 h 00 min

    Totalement d’accord, j’ai une tendresse particulière pour ce film pour toutes les raisons que tu as citées. Le couple Lino-Annie Girardot est vraiment touchant et vrai, on se demande pourquoi il n’a pas plus été utilisé (c’est la second fois après Le bateau d’Emile, il me semble). Même Françis Perrin ne me gêne pas, je le trouve assez touchant. Et dans la filmographie de Pinoteau, La gifle, c’est quand même autre chose que La boum…

     
  2. Miguel

    21 octobre 2019 at 13 h 22 min

    Une belle occasion de voir Isabelle Adjani (et aussi Nathalie Baye) jeune actrice très expressive surtout dans les scènes de détresse. Coté petits copains, par contre, ça brille pas des masses, c’est presque à regretter les Charlots qui eux auraient mieux assurés.

     
  3. Patrick

    21 octobre 2019 at 13 h 53 min

    Pas vraiment ma came ce genre de film, je l’ai vu il y a très longtemps, un jour je le reverrai sûrement.

     
  4. jicop

    21 octobre 2019 at 16 h 16 min

    Une fois qu’on envisage le Lino en prof de géo , le film passe bien .
    Le conflit de génération est pretexte à une comédie de mœurs bien troussée , meme si on s’attend de temps en temps à ce que Ventura excédé en ersatz du monsieur Milan de  » l’emmerdeur  » sorte un calibre pour calmer son monde .

     
  5. Marc Provencher

    21 octobre 2019 at 16 h 17 min

    Voilà une chronique qui me donne envie de voir ce Ventura complètement inconnu à mon bataillon. Mais Francis Perrin, vraiment… ? J’ai une allergie particulière à celui-là, que j’ai testé à plusieurs reprises dans le temps – friand de comédies que je suis, et très méfiant à l’égard des critiques en matière d’humour – pour un résultat chaque fois médiocre.

     
    • walkfredjay

      21 octobre 2019 at 16 h 35 min

      Je ne vais pas le défendre, je suis allergique aussi. Disons qu’il est un peu noyé dans la masse ici, mais n’a vraiment qu’un seul tout petit registre…

       
  6. stevebullitt

    22 octobre 2019 at 8 h 33 min

    Je ne partage pas votre allergie à Francis Perrin.
    Pour moi, Francis Perrin a été durant un moment un jeune comique à la mode dans la lignée d’un Pierre Richard ou d’un Darry Cowl dans les années 80. Je me souviens par exemple du film « Le Roi Des Cons » et de « Tête à claques » qui étaient assez drôles avec pour ce dernier, la pétillante Fanny Conttençon.
    Il avait su se créer un personnage original zozotant, et je pense que c’est un excellent comédien, venant de la Comédie française tout de même, c’est à dire ayant interprété des personnages issus du répertoire classique.
    Enfin, humainement, c’est un type qui a l’air plutôt sympa et accessible, utilisant sa notoriété à servir de nobles causes.
    Défenseur de Francis Perrin, j’ai pris la parole car disposant d’une liste hexagonale de tocards prétentieux, je considère que ce comédien est sous-employé et sous-estimé au cinéma.
    Et sortant d’une période de visionnage de comédies françaises récentes et complètement nulles, les prestations touchantes du jeune Francis Perrin sont largement à reconsidérer par les septiques.

     
    • walkfredjay

      22 octobre 2019 at 11 h 04 min

      Personnellement, je ne suis pas sceptique, juste pas du tout sensible à son style comique (ceci dit, Pierre Richard n’est pas non plus ma tasse de thé). Mais merci de le défendre, c’est toujours enrichissant d’avoir plusieurs sons de cloche.

       
  7. stevebullitt

    23 octobre 2019 at 11 h 06 min

    Et sortant d’une période de visionnage de comédies françaises récentes et complètement nulles, les prestations touchantes du jeune Francis Perrin sont largement à reconsidérer par les septiques (fosses).
    Signé: la cloche.
    Mon humour se débride totalement aujourd’hui.

     
    • walkfredjay

      23 octobre 2019 at 11 h 17 min

      C’est l’influence de Francis Perrin ! 😉

       

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