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Archives Mensuelles: novembre 2019

JOAN STALEY : R.I.P.

STALEY

JOAN STALEY (1940-2019), ACTRICE DE TV DES ANNÉES 60.

 
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Publié par le 30 novembre 2019 dans CARNET NOIR

 

« COLOSSAL » (2016)

Écrit et réalisé par l’espagnol Nacho Vigalondo, « COLOSSAL » a beau démarrer comme un film de monstres coréen, il se réclame ouvertement d’un cinéma d’auteur très « Sundance ». D’ailleurs, l’héroïne (et productrice) Anne Hathaway ne s’exclame-t-elle pas : « On se croirait dans un film de Wes Anderson ! » ?COLOSSAL.jpg

C’est une drôle de chose en fait, que « COLOSSAL ». Une comédie douce-amère sur une jeune alcoolique new-yorkaise retournant dans sa ville natale, pendant qu’à Séoul, un monstre géant détruit la ville et terrorise la population. Hathaway réalise bientôt qu’elle est « reliée » à la créature et que ce phénomène est directement connecté à son enfance. Oui, le concept est confus, pas très bien exposé, lourdement symbolique et, à vrai dire, on s’en désintéresse assez vite tant il est capillotracté. Heureusement, l’actrice – malgré une perruque très peu seyante – est charmante, drôle et expressive. Elle se donne énormément de mal pour maintenir à flot un intérêt fluctuant, uniquement centré sur sa personne et ses réactions. Autour d’elle, quelques bons acteurs comme Jason Sudeikis (physiquement un improbable mix entre Kiefer Sutherland et… Chuck Norris) dans un personnage à double visage, Dan Stevens (« DOWNTON ABBEY ») en boy-friend tête-à-claques et Tim Blake Nelson en pilier de bar cocaïné jusqu’aux yeux. « COLOSSAL » est typiquement le genre de produit dont on ne sait trop que penser après le mot « FIN ». Ce n’est objectivement pas nul, c’est même original et les séquences de monstres sont plutôt intrigantes. Mais il manque un petit quelque chose, un message plus clair peut-être, une urgence, des enjeux plus larges, pour passionner vraiment. À voir éventuellement pour la charmante Anne Hathaway et un ou deux bons face à face avec Sudeikis.

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ANNE HATHAWAY

 

« MISTER FLOW » (1936)

Écrit par Henri Jeanson d’après un roman de Gaston Leroux, réalisé par l’éclectique Robert Siodmak alors dans sa « période française », « MISTER FLOW » avait disparu depuis un demi-siècle avant d’être retrouvé, restauré et remis dans le circuit commercial.FLOW.jpeg

Qu’en dire aujourd’hui ? Pas grand-chose de positif, hélas. C’est un long, interminable marivaudage criminel contant l’aventure d’un jeune avocat naïf (Fernand Gravey) manipulé par un escroc de haut-vol (Louis Jouvet) par le biais d’une complice (Edwige Feuillère). Pourquoi ? Ce n’est pas très clair, disons… Censé se passer à Deauville, le film se compose de longues séquences de séduction, quelques passages en prison où Jouvet s’est fait incarcérer volontairement et pour finir, dans une salle de tribunal. Sans rythme, excessivement bavard, ce n’est certainement pas le film à voir pour se familiariser avec le talent de Jeanson. À peine pourra-t-on retenir une ou deux répliques poétiques (« Vous avez l’air d’une chose qui a le vertige ») et les amusants tics de langage (« Et tout… ») de Jouvet. Ce n’est pas beaucoup et le film se subit plus qu’on n’en profite. Même Jouvet, sous-employé, et mal dirigé, a été plus inspiré. Une grande partie de son rôle consiste à jouer les benêts bègues et pleurnichards, ce qui est certes, inhabituel, mais qui tourne rapidement au cabotinage gratuit et répétitif. Gravey est inconsistant et offre une des scènes d’ivresse les moins convaincantes imaginables, et Feuillère virevolte d’un décor à l’autre dans un style « théâtre de boulevard » désuet et irritant. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Vladimir Sokoloff, acteur à la carrière internationale qui sera bien des années plus tard, le vieux sage du village dans « LES 7 MERCENAIRES ».

Bien décevant donc, ce « MISTER FLOW » languissant et complaisant, même pour l’admirateur inconditionnel du grand Louis Jouvet qui ne s’est franchement pas foulé.

 

« THE IRISHMAN » (2019)

IRISHMANÉcrit par Steve Zaillian, réalisé par un Martin Scorsese de 77 ans, « THE IRISHMAN » est une œuvre ambitieuse de plus de trois heures, replongeant le réalisateur dans l’univers qu’il maîtrise le mieux, celui des gangsters, et lui faisant retrouver son alter-ego Robert De Niro pour la première fois depuis « CASINO ».

C’est un film tellement ample, tellement libre dans la forme, qu’on peine à l’englober à première vision. « THE IRISHMAN » est moins immédiatement enthousiasmant que « LES AFFRANCHIS », par exemple. La forme, celle des flash-backs, le mélange de réalité « fictionnée » et ce regard sur l’Histoire de l’Amérique, on les déjà vus et aimés dans les films précédents du réalisateur. Et le parti-pris de rajeunir des comédiens largement septuagénaires grâce aux CGI peut sembler discutable. De Niro par exemple, ne fait pas réellement « plus jeune », il affiche un visage cireux, des cheveux noirs de jais, sans qu’on puisse vraiment évaluer l’âge qu’il est censé avoir. Mais on s’y habitue ! Le scénario suit la vie d’un tueur de la mafia de Detroit, homme-de-main d’un caïd joué par un Joe Pesci étonnamment sobre et retenu, qui gravit les échelons et devient le bras-droit de Jimmy Hoffa (Al Pacino) et son seul ami. Mais, comme le dit le vieil adage : « Un traître, c’est toujours un ami », n’est-ce pas ? Le personnage de Frank Sheeran n’est pas très reluisant et il faut toute la sobriété et l’humanité d’un De Niro au sommet de son art, pour le rendre un tant soit peu attachant. Ses longs face à face avec Pacino (enfin !) sont de purs régals, leur complicité crevant l’écran. Et Pacino est magnifique dans un rôle où s’était déjà illustré Jack Nicholson. On est en terrain familier, c’est certain, et le film n’est pas exempt de longueurs peu nécessaires. Mais la dernière partie, la fin de vie des protagonistes, réduits à l’état de vieillards impotents, a quelque chose de tragique voire d’universel. « THE IRISHMAN » est impossible à juger à première vision, tant il oscille entre long-métrage et mini-série de luxe. Il clôt en beauté la trilogie gangstérienne de Scorsese, après « LES AFFRANCHIS » et « CASINO », permet de revoir, probablement pour la dernière fois, de grands acteurs dans ce qu’ils savent faire de meilleur. À voir sans hésiter une seconde, donc. Et puis… à revoir à tête reposée !

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AL PACINO ET ROBERT DE NIRO

 

« DUMBO » (2019)

« DUMBO » de Tim Burton, est un remake « live » du cartoon Walt Disney de 1941, reprenant les grandes lignes du scénario sur une tonalité légèrement plus sombre. Dès le début, vu la lenteur de la mise en place, l’interminable présentation des personnages, de leur passé, on sent que le film va être long. Très long ! Il est vrai qu’il n’y a vraiment pas matière à remplir les presque deux heures du métrage.DUMBO.jpg

Mais cette lenteur n’est hélas, pas le seul problème de « DUMBO ». La présence de Danny DeVito et Michael Keaton, deux vétérans burtoniens tant d’années après après « BATMAN RETURNS », celle d’Eva Green pour son 3ème  film avec le réalisateur, la BO de Danny Elfman, le thème de la différence et de l’exclusion… Tout cela donne une désagréable sensation de déjà-vu, de rabâchage voire de paresse. Burton fait du Burton, il s’amuse visiblement beaucoup avec les CGI dont il abuse sans aucune retenue. À peine peut-on le créditer de n’avoir pas utilisé d’animaux de chair et d’os et applaudir à son message final sur les bêtes de cirque. Sorti de cela, on ne sait pas trop à quel public s’adresse son film : trop baroque et angoissant pour des enfants de bas âge, trop simplet pour des adultes, « DUMBO » a vraiment le cul entre deux chaises ! On peut passer le temps – mais ce n’est pas garanti – à voir évoluer des acteurs qu’on aime bien, comme Colin Farrell en écuyer manchot affublé d’enfants surdoués, Keaton qui se délecte à jouer un salopard flamboyant, Alan Arkin en banquier implacable, la très étrange Nico Parker en petite fille férue de sciences. Et puis bien sûr, Eva Green très à l’aise en trapéziste (c’est visiblement elle qui exécute les numéros) au sourire ravageur. Pas le rôle de sa vie, mais elle est plus joyeuse et lumineuse que d’habitude et fait oublier son faux-pas dans le Polanski.

Du tout petit Burton donc, proprement confectionné, mais sans âme et tirant trop sur les effets lacrymaux avec cet éléphanteau aux yeux bleus naïfs et confiants, en proie à la cruauté des humains.

 

« DE LA PART DES COPAINS » (1970)

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CHARLES BRONSON

Adapté d’un roman de Richard Matheson par six scénaristes multinationaux dont… Albert Simonin, réalisé par le globe-trotteur anglais Terence Young, « DE LA PART DES COPAINS » est une copro franco-italienne tournée sur la Côte d’Azur et tentant de capitaliser sur le récent succès de Charles Bronson en Europe.COLD copie.jpg

Le scénario démarre plutôt bien (un déserteur d’on ne sait trop quelle armée, rangé des voitures, voit ressurgir ses anciens acolytes qu’il avait abandonnés lors d’une évasion et tue leur « éclaireur »), mais s’embourbe rapidement dans de longues séquences figées. Tout le monde menace tout le monde, les invraisemblances s’accumulent jusqu’à devenir comiques (l’aberrante situation dans la cabane entre James Mason et Jean Topart sous le regard inquiet de… Liv Ullmann) et le morceau de bravoure est une spectaculaire mais infiniment trop longue course-poursuite motorisée dans la garrigue réglée par l’incontournable Rémy Julienne. Tout cela a énormément vieilli et le casting complètement hétéroclite n’arrange rien, d’autant que les protagonistes sont sous-écrits, sans substance : Bronson tient un rôle quelconque de « ricain » exilé en France où il loue son bateau aux touristes. Un personnage sans relief dont le trait le plus mémorable semble être… son T-shirt noir, qu’il n’ôte pas une seule fois de tout le film, devenu emblématique avec les années (et très culte sur « BDW2 » !). Sa femme est (absurdement) jouée par Mme Ullmann, une des plus grandes actrices de sa génération, qui se débat – mollement, il est vrai – dans un rôle inepte de femme au foyer geignarde prénommée… Fabienne. Mason a la tête ailleurs, en « méchant » somnolent et au fond, pas très inquiétant. En fait, tout ce pourtant joli monde laisse généreusement le Français Jean Topart se tailler la part du lion dans un rôle de mercenaire libidineux et répugnant. Tellement ignoble qu’il va jusqu’à tuer le chien de Charley ! Nous ne dirons rien du terrifiant numéro de Jill Ireland en hippie guitariste… Ce ne serait pas charitable. Et n’oublions pas l’apparition de Michel Constantin au début, qui se fait briser les vertèbres par le musculeux Charley dans un craquement assez traumatisant !

« DE LA PART DES COPAINS » est donc un polar très moyen, sans colonne vertébrale ni réel suspense, pourtant indispensable au complétiste bronsonien, qui verra son acteur-fétiche de 48 ans, au top de son vedettariat français et de sa singulière cinégénie.

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JEAN TOPART, JAMES MASON, LIV ULLMANN, YANNICK DE LULLE ET CHARLES BRONSON

 
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DEMAIN SUR « BDW2 »… LE RETOUR DU T-SHIRT NOIR !

TSHIRT

 
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Publié par le 26 novembre 2019 dans ACTU DE BDW2, LA LÉGENDE DE CHARLEY