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« LE DERNIER RIVAGE » (1959)

15 Juin

GREGORY PECK ET AVA GARDNER

Produit et réalisé par Stanley Kramer, d’après un roman de Nevil Shute, « LE DERNIER RIVAGE » fait partie de ces films post-atomiques qui déferlèrent sur les écrans U.S. à la fin des années 50 et au début des sixties.

C’est certainement le plus réaliste, le plus déprimant et le plus jusqu’au-boutiste à sa façon. En effet, le scénario démarre alors que la population terrestre a été complètement éradiquée, à l’exception de l’Australie où se retrouvent un commandant de sous-marin américain (Gregory Peck), un jeune officier (Anthony Perkins) et sa femme (Donna Anderson), un chercheur atomiste bourrelé de remords (Fred Astaire) et une femme mûre à la dérive en quête d’amour (Ava Gardner). Mais, on l’apprend d’emblée, tous sont condamnés à brève échéance, quand le nuage radioactif parviendra sur leurs côtes dans quelques semaines. L’enjeu ici n’est donc pas « Qui survivra ? », mais plutôt « Quand vont-ils tous mourir ? ». Autant dire que malgré les amours naissantes, les liens amicaux qui se nouent, le courage des uns et des autres, tout semble dérisoire tant l’issue est inéluctable. Le film est long et assez lent, plombant, le noir & blanc de Giuseppe Rotunno – le chef-op de Visconti – est beau et dur à la fois, et il faut tout le considérable talent des comédiens pour ne pas sombrer dans la dépression. Peck est excellent en homme brisé par la mort des siens, vivant dans le déni, Gardner à 37 ans, a rarement été mieux dirigée, d’une beauté émouvante, Astaire a deux superbes monologues en gros-plan. Perkins est crédible et simple en jeune époux tourmenté. Le film s’achève sur une banderole flottant au-dessus du vide, où est inscrit : « Frère, il est encore temps ». Un message que Kramer adresse à son public (le film se déroule dans le futur, en… 1964), alors que la menace atomique pesait sur le monde. À voir sans aucun doute, mais ce n’est pas fait pour remonter le moral !

FRED ASTAIRE, DONNA ANDERSON, ANTHONY PERKINS ET AVA GARDNER

 

2 réponses à “« LE DERNIER RIVAGE » (1959)

  1. Frontin

    15 juin 2021 at 6 h 30 min

    On est saisi dès les premières minutes du film par le ton angoissant du film, à l’image des acteurs filmés en ombre chinoise pour mieux nous faire comprendre dès le début de l’histoire que les personnages ne sont déjà plus qu’un souvenir. Par un effet de clôture Kramer fera disparaître dans la clarté éblouissante d’un dernier coucher de soleil le couple que forme Grégory Peck et Ava Gardner.
    C’est une très bonne adaptation de la terrifiante nouvelle de Nevil Shute, dans laquelle après une guerre nucléaire les derniers survivants de l’humanité attendent de disparaître à leur tour. En effet le nuage radioactif qui a déjà dévasté la quasi totalité de l’humanité ne cesse d’avancer vers le dernier continent épargné : l’Australie. Dans l’attente de cette fin que l’on sait inéluctable (il ne reste que 5 mois à vivre), les uns tentent de s’enivrer dans un bain de plaisir (que Kramer matérialise notamment avec une humanité désœuvrée et qui se prélasse le long des plages dans une sorte d’illusoire dilation du temps pour mieux reculer l’échéance finale) les autres succombent à la peur ou la folie, tandis que d’autres encore sombrent dans l’abattement et le désespoir.
    Cette macabre comédie humaine de rire et de larmes, vaste métaphore de la vie et de sa conclusion glaciale : la disparition des vivants, conduit aussi les humains à tenter de régler de vieux conflits ou à retrouver un amour perdu, tandis que d’autres rêvent encore de découvrir un refuge, ou un échappatoire quelconque.
    Dans ce fourmillement de comportements, d’idées, de pensées, le personnage joué par Fred Astaire préfère en finir en s’enfermant dans son garage tout en faisant tourner à fond le moteur de sa Ferrari. A mesure que la fumée des gaz d’échappement se répand dans la pièce, un sourire se dessine sur son visage. Il sait que bientôt dehors aussi les hommes tomberont morts tels des insectes contaminés mais non sans avoir rampé pendant d’humiliantes secondes, alors que lui préfère dans un dernier plaisir rester le maître de la situation en humant à pleine gorgée le dioxyde d’azote. Cette séquence est inoubliable. Il faut voir ce sourire satisfait de l’homme qui veut être maître de son destin quitte à se détruire lui-même.

     
  2. Patrick

    15 juin 2021 at 14 h 31 min

    Malgré de bons acteurs et un excellent sujet, j’avais trouvé ce film passablement ennuyeux.

     

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