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Archives d’Auteur: walkfredjay

« MAGNUM FORCE » (1973)

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CLINT EASTWOOD

Le dernier plan de « L’INSPECTEUR HARRY » bouclait en beauté la geste de ce flic-justicier. Mais le film de Don Siegel et le personnage lui-même furent taxés de fascisme par la critique U.S. Aussi Clint Eastwood jugea-t-il bon de remettre les pendules à l’heure deux ans plus tard avec « MAGNUM FORCE » écrit par John Milius et Michael Cimino et réalisé par Ted Post, spécialiste des sequels qui dirigea l’acteur à la TV et dans « PENDEZ-LES HAUT ET COURT ».MAGNUM

L’unique raison d’être du film est donc de démontrer que ‘Dirty Harry’ n’est pas ce qu’il y a de pire et que, lorsqu’il tombe sur un escadron de la mort exécutant les malfrats de sang-froid, il refuse de leur prêter main-forte, préférant demeurer au sein d’un système que pourtant il méprise. Le scénario est très bizarre, se permettant des digressions sans aucun rapport avec l’histoire (le détournement d’avion, le hold-up de supermarché) dans le seul but de montrer Eastwood en action, et s’attardant sur des fausses-pistes (le motard campé par Mitchell Ryan) vraiment grossières. Résultat, « MAGNUM FORCE » dure deux bonnes heures, le dialogue est très explicatif et Clint – beaucoup moins crispé que précédemment – passe beaucoup de temps à se justifier et à prouver qu’il n’est pas si « dirty » que ça. La preuve : il a un coéquipier noir, couche avec une Asiatique !

Grâce à ce mood si singulier des années 70, aux extérieurs de San Francisco et à la présence inimitable d’Eastwood, « MAGNUM FORCE » n’est pourtant pas déplaisant et se laisse regarder tranquillement, sans surprise (non, la révélation de l’identité des vrais coupables n’en est VRAIMENT pas une !) mais avec un certain contentement paresseux. Hal Holbrook est un odieux commissaire tête-à-claques, David Soul est le chef des motards-justiciers que les auteurs ont cru bon de décrire comme des « tapettes » (était-ce nécessaire ?) et les seconds rôles sont tous pittoresques et bien campés.

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CLINT EASTWOOD ET DAVID SOUL

Pas du tout à la hauteur du premier film, bien sûr, ce n°2 est une suite acceptable, concoctée par de bons professionnels connaissant parfaitement leur job.

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CHARLEY, MAÎTRE DES 7 CONTINENTS !

HERRPuisque la sortie allemande du Blu-ray du « MAÎTRE DU MONDE » a relancé l’actu de notre Charley international et, plus spécialement, du film de William Witney sur « BDW2 », il est temps d’exhumer une affiche datant des années 70 et de la ressortie du film au pays de Goethe, afin de profiter du récent succès de l’acteur de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ».

Ça s’appelle « ROBUR, LE MAÎTRE DES 7 CONTINENTS » et l’illustration est un véritable modèle et un incommensurable bonheur pour les amateurs d’approximations publicitaires et d’arnaque décomplexée. D’abord, pour faire simple, on élimine complètement la star du film, Vincent Price, et on induit que « Robur » est campé par Charles Bronson, qui en fait, jouait l’ennemi de Robur. Pourquoi s’attarder sur de telles futilités ? On lui a agrandi un peu le front pour qu’il ait l’air plus intello et, le visage impassible, on lui fait tendre la main au-dessus d’un globe terrestre (pas très visible, c’est vrai) qu’il semble prêt à conquérir, voire à détruire. À l’arrière-plan, ce n’est pas très clair, mais on dirait bien qu’il s’agit d’une attaque de pirates, évidemment absente du film, probablement aux ordres de l’implacable Robur/Charley. Qu’ajouter ? C’est du grand art, c’est peint à la main comme ces vieilles couvertures de « BOB MORANE » et ça n’a strictement rien à voir avec le film qu’il est censé vendre. Tout ce qu’on aime, quoi !

 
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Publié par le 12 décembre 2018 dans ACTU DE BDW2, ARNAQUES !, LA LÉGENDE DE CHARLEY

 

« L’INSPECTEUR HARRY » (1971)

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LE PREMIER PLAN DU FILM !

Depuis sa sortie, il y a bientôt 50 ans, « L’INSPECTEUR HARRY » de Don Siegel a servi de maître-étalon à tous les polars américains, italiens, voire français dont le héros était un flic aux méthodes de « vigilante ». Aussi, l’original a-t-il forcément perdu de sa fraîcheur, mais pas autant qu’on pouvait le craindre.HARRY.jpg

Le scénario, inspiré du célèbre cas du « Tueur du Zodiaque » est ultra-bétonné, d’une efficacité sans faille, culminant par un final cathartique. Dédié aux héros de la police de San Francisco, le film n’y va pas par quatre chemins et s’efforce de démontrer qu’avec les psychopathes, il n’y a pas 36 solutions : une bonne dose de plomb ! Quant au flic, campé par Clint Eastwood, c’est un peu le spectre des héros du Far-West légendaire : Harry n’a cure de la hiérarchie, des mandats, des lois Miranda ou autres. Lui, ce qu’il veut, c’est utiliser son Magnum .44 pour éliminer la vermine. Le look délibérément vieillot de l’acteur, contrastant avec l’environnement « hippie » de Frisco et même avec les cheveux longs du serial killer, enfonce le clou. Oui, « L’INSPECTEUR HARRY » est un film réac, mais intelligemment conçu et surtout, très bien filmé par Siegel qui évite l’ambiance série télé par l’utilisation du format Scope et d’une photo souvent très sous-exposée et granuleuse. Outre un Eastwood de 41 ans, au sommet de sa forme, le film révèle Andy Robinson, le plus haïssable et crédible tueur en série de l’Histoire du polar U.S. Après l’avoir vu assassiner des enfants, des jeunes filles, des policiers en service, impossible de ne pas espérer impatiemment sa mort. Violente, si possible !

Porté par une formidable BO de Lalo Schifrin (ah ! Ces chœurs féminins fantomatiques !), soutenu par un montage qui n’a pas pris une ride, « L’INSPECTEUR HARRY » peut se revoir aujourd’hui avec le même plaisir qu’à sa sortie et sans forcément chercher la petite bête idéologique. C’est tout simplement la confrontation de jeunes sauvageons chevelus avec… Wyatt Earp qui n’a pas du tout envie de voir son Amérique fantasmée changer de visage !

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CLINT EASTWOOD ET ANDY ROBINSON

 

HAPPY BIRTHDAY, EDDIE !

FIRESTONE

EDDIE FIRESTONE (1920-2007), SECOND RÔLE DES ANNÉES 60 ET 70.

 
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Publié par le 11 décembre 2018 dans ANNIVERSAIRES

 
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ATTENTION ! DEMAIN, IL DÉBARQUE SUR « BDW2 » ET IL APPORTE LE MAGNUM…

HARRY BA

 

JULES VERNE, VINCENT ET CHARLEY EN HD !

MOW BR.jpegLes news concernant notre mascotte Charley Bronson se faisant plutôt rares ces derniers temps, il ne s’agit pas de passer sous silence une sortie allemande de « LE MAÎTRE DU MONDE » (1961) de William Witney en combo Blu-ray/DVD.

Le film est au format respecté 1.85.: 1. Et 16/9, il comporte une piste audio anglaise et une allemande, des sous-titres uniquement allemands. L’image, malgré quelques résidus de traits verticaux et points blancs, est bien meilleure que celle du Blu-ray américain contenu dans le coffret « THE VINCENT PRICE COLLECTION III » édité par Shout Factory il y a quelque temps. Malgré des F/X antédiluviens et un budget visiblement serré, « LE MAÎTRE DU MONDE » demeure un film distrayant, grâce à l’écriture de Richard Matheson qui a habilement adapté deux romans de Jules Verne et a su extraire toute l’ambiguïté contenue dans le sujet et les personnages. C’est un des rares rôles de « héros » de Bronson pendant les sixties, un agent du gouvernement obstiné et pragmatique, adepte du vieux principe de la fin qui justifie les moyens, préfigurant d’un an l’avènement de 007 en quelque sorte. Vincent Price, affublé d’énormes sourcils postiches, est un peu moins convaincant. Mais c’est un plaisir de voir ces deux icônes face-à-face, huit ans après « L’HOMME AU MASQUE DE CIRE ».

À voir donc, ce coffret élégant à la belle jaquette, complété par un livret… hélas seulement dans la langue de Goethe !

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VINCENT PRICE, CHARLES BRONSON, DAVID FRANKHAM, HENRY HULL ET MARY WEBSTER

 

« BROTHERS » (2009)

En 2004 sortait « BRØDRE » un remarquable film danois. Aussi, quand cinq ans à peine plus tard s’annonce le remake américain « BROTHERS », ne le voit-on pas forcément d’un bon œil. Le nom de Jim Sheridan à la réalisation et la richesse du casting rassurent quelque peu et éveillent même une certaine curiosité. Et tant mieux ! Car le remake vaut largement l’original et si son existence ne s’imposait pas, il mérite largement le coup d’œil.BROS.jpg

Tobey Maguire, un marines, part en Afghanistan laissant sa femme (Natalie Portman) et ses deux petites filles. Porté disparu, il laisse la place à son frère le « bad boy » Jake Gyllenhaal, mal-aimé de la famille, qui va progressivement prendre avantageusement sa place. Seulement Maguire n’est pas mort et c’est un homme transformé en spectre par la détention, qui revient parmi les siens. Sujet fort, très bien développé, sans trop d’artifices mélodramatiques et évitant tous les lieux-communs. Ainsi, la fille aînée, l’extraordinaire Bailee Madison à la maturité de jeu stupéfiante, est-elle traitée avec la profondeur d’un personnage adulte, sans aucun cliché ou condescendance. Si Gyllenhaal est excellent, Portman touchante, si Sam Shepard et la toujours parfaite Mare Winningham sont de crédibles parents, la vraie surprise du film vient de l’habituellement falot Tobey Maguire, qui fait une composition époustouflante. Le changement entre l’officier serein du début et le survivant décharné et paranoïaque de la fin est à peine croyable. La scène du dîner d’anniversaire où il affronte sa fille, est d’une tension insoutenable.

À voir donc, ce remake, en surmontant l’antipathie suscitée par ce genre de produit. Il n’ôte rien à la force du film original, mais apporte quelques nuances intéressantes et parvient à impliquer émotionnellement et à atteindre l’universalité.

 
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Publié par le 10 décembre 2018 dans DRAMES PSYCHOLOGIQUES, FILMS DE GUERRE