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Archives d’Auteur: walkfredjay

HAPPY BIRTHDAY, NEIL !

MARSHALL

NEIL MARSHALL, RÉALISATEUR AXÉ SUR LE FANTASTIQUE ET L’HORREUR. UN CHEF-D’OEUVRE : « THE DESCENT » ET UN RÉCENT RECYCLAGE À LA TV. À SUIVRE.

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« LE SOUFFLE SAUVAGE » (1953)

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ANTHONY QUINN

« LE SOUFFLE SAUVAGE » est le dernier des trois films que Barbara Stanwyck tourna avec Gary Cooper. Et pas le plus mémorable, hélas. « L’HOMME DE LA RUE » et « BOULE DE FEU » avaient laissé le souvenir d’un couple pétillant, idéalement assorti. Ce film, tourné douze ans après, paraît bien terne et sans réel attrait.SOUFFLE.jpg

Hugo Fregonese s’inspire du « TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE » et du récent « SALAIRE DE LA PEUR » pour ce mélodrame mâtiné de film d’aventures exotiques. Les deux stars se retrouvent en Amérique du Sud après des années de séparation. Elle est devenue l’épouse d’Anthony Quinn, un riche pétrolier et vieil ami de Cooper. Celui-ci est engagé par Quinn et la venimeuse Barbara commence à semer la zizanie. Le scénario semble constamment hésiter à privilégier la love story tourmentée ou le western moderne. Comme il ne parvient jamais à se décider, on s’ennuie assez rapidement et comme les deux stars, un peu fatiguées, ne donnent visiblement pas leur maximum, ils se laissent piquer la vedette par Quinn, excellent dans un de ces emplois où il excelle : le fier-à-bras envahissant et trop collant, dissimulant l’âme d’un lâche. Il faut le voir embrasser maladroitement sa femme, alors que celle-ci, manifestement dégoûtée par son seul contact, tente de le tenir à distance. Leurs scènes valent à elles seules de voir le film.

Malgré les attaques de bandidos, quelques fusillades bien réglées et le charme ironique de Ruth Roman dans un rôle d’aventurière amoureuse de ‘Coop’, « LE SOUFFLE SAUVAGE », alourdi par la pénible chanson de Frankie Lane, ne décolle pas et ne trouve jamais sa jute tonalité. Cooper est trop absent pour rendre son personnage crédible, Stanwyck ne fait que répéter l’archétype créé dans « ASSURANCE SUR LA MORT » et leur tandem magique d’antan n’est plus qu’un lointain souvenir. À voir pour Anthony Quinn donc, qui électrise l’écran à chaque apparition.

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GARY COOPER, ANTHONY QUINN ET BARBARA STANWYCK

 

« AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » (1972)

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LA PREMIÈRE SÉQUENCE…

Dès les premières images d’une longue file de conquistadores descendant dans la brume, à flanc de montagne, aux premières notes de l’hypnotique BO de Popol Vuh, et quel que soit le nombre de fois qu’on ait pu visionner « AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU », l’ensorcèlement reprend et on plonge dans ce lent cauchemar semi-éveillé.AGUIRRE

Il y a quelque chose de primitif, de sauvage dans ce film inépuisable. Après une mise en place à peu près « normale », le scénario marque le pas et laisse le radeau dériver sur l’Amazone, jusqu’à la mort lente de tous ses occupants. C’est une fable sur la folie des hommes, l’ambition aveugle, le dérisoire des conquêtes : alors qu’une poignée de soldats caparaçonnés dans une chaleur suffocante, part en quête de l’Eldorado, leur leader ‘Don Lope de Aguirre’ (Klaus Kinski) fomente des complots, assassine ses supérieurs, s’annexe les immenses territoires qu’ils traversent et achève son parcours suicidaire dans la démence mégalomane la plus totale. On peut bien sûr, comme beaucoup l’ont fait, se figurer une analogie avec l’Allemagne hitlérienne, mais Werner Herzog voit plus large que cela et parle de l’Homme tel qu’en lui-même et de ses pulsions autodestructrices. Avec sa mise en scène « à l’arrache », comme uniquement composée de plans « volés », son montage abrupt, son dialogue étrangement absurde et décalé par moments, « AGUIRRE » immerge et même submerge.

Outre la musique vraiment extraordinaire, le film doit énormément à la présence de Kinski. C’est incontestablement le rôle de sa vie, celui du traître suprême, du dictateur halluciné, véritable monstre shakespearien à la démarche biaisée, au sourire torve, constamment égaré dans les méandres de son esprit dérangé. Il est, et demeure, effrayant de vérité, très bien entouré par Ruy Guerra son exact contraire en chef trop humain, trop faible, Del Negro en moine opportuniste, Peter Berling en « empereur » obèse et émotif et par la sublime Helena Rojo dont la dernière scène donne toujours le frisson.

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KLAUS KINSKI, CECILIA RIVERA ET HELENA ROJO

« AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » est bien plus qu’un film historique ou une épopée en costumes. C’est un des chefs-d’œuvre de l’Histoire du cinéma, un film parfaitement rond, refermé sur lui-même dans lequel on ne peut que revenir, encore et encore. Presque malgré soi.

 

CLINT WALKER, HOMMAGE…

Clint Walker, avec son visage aux traits réguliers, sa mâchoire carrée, son 1 m 98 et son imposante carrure semblait tout droit échappé des ‘comics’ western de l’époque. Il débute comme figurant dans « LES DIX COMMANDEMENTS » et dès l’année suivante se voit proposer le rôle-titre d’une série Warner : « CHEYENNE », où il incarne ‘Cheyenne Bodie’, un aventurier pacifique, élevé par les Indiens et errant dans l’Ouest où il fait office de justicier.CW

Walker imposa sa personnalité discrète et effacée, son jeu minimaliste pendant les sept années – et les 108 épisodes – que dura la série. Dans le même temps, il tourna en vedette plusieurs westerns pour le grand écran, souvent dirigé par Gordon Douglas, comme « SUR LA PISTE DES COMANCHES », « LE GÉANT DU GRAND NORD » ou « LE TRÉSOR DES 7 COLLINES » dans des emplois similaires. Il joue un capitaine dans l’unique film réalisé par Frank Sinatra : « L’ÎLE DES BRAVES ». Dans les sixties, il retourne au Far-West pour « LE RANCH MAUDIT », « PLUS MORT QUE VIF » et « SAM WHISKEY LE DUR » dans des rôles plus secondaires. Mais c’est « 12 SALOPARDS » où il incarne ‘Samson Posey’, un gentil colosse d’origines indiennes, qui l’imprime définitivement dans l’Histoire du 7ème Art. La scène où Lee Marvin le provoque jusqu’à le faire sortir de ses gonds est devenue un classique et Walker s’y montre excellent.

Mais le gentil géant n’a rien d’un stakhanoviste et sa filmographie ne comprend finalement qu’une petite quarantaine de titres. On le revoit en Espagne dans une version comique de « PANCHO VILLA » avec… Telly Savalas, à la TV pour quelques téléfilms western, pour les 13 épisodes de la série « KODIAK » (1974) où il joue un patrouilleur en Alaska. On l’aperçoit encore dans « LE BISON BLANC » dans un tout petit rôle de hors-la-loi barbu, mais il se fait de plus en plus rare et son ultime « apparition » sera vocale. Il prête sa voix à un des personnages de « SMALL SOLDIERS », il y a exactement vingt ans. Il retrouva à cette occasion plusieurs de ses partenaires des « 12 SALOPARDS ».

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EN SAMSON POSEY DANS « 12 SALOPARDS »

Incarnation des héros inoxydables et sans reproche de l’enfance des baby boomers, Clint Walker disparaît à l’âge de 90 ans, après une carrière modeste, mais laisse l’image simple et chaleureuse d’un ‘westerner’ sympathique, à la voix douce. N’aurait-il pas incarné le Superman/Clark Kent idéal ?

 

SO LONG, CHEYENNE…

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DERNIER HOMMAGE EN IMAGE À UN DES GRANDS HÉROS WESTERN DE LA TV U.S., LE GRAND ‘CHEYENNE BODIE’, INCARNATION D’UNE CERTAINE AMÉRIQUE. RIP.

 

HAPPY BIRTHDAY, MELISSA !

MCBRIDE

MELISSA McBRIDE, COMÉDIENNE RÉVÉLÉE PAR LA SÉRIE « WALKING DEAD », OÙ SON PERSONNAGE DE CAROL EST LE PLUS ÉVOLUTIF ET SURPRENANT.

 
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Publié par le 23 mai 2018 dans ANNIVERSAIRES

 

« VERÓNICA » (2017)

« VERÓNICA », réalisé à quatre mains par Carlos Algara et Alejandro Martinez-Beltran (à ne pas confondre avec un autre film espagnol portant le même titre et sorti la même année !) est une sorte d’exercice de style en décor unique, qui fait penser à un court-métrage artificiellement « gonflé » en long.VERONICA

Les premières séquences renvoient immédiatement à « PERSONA » de Bergman et peu à peu au « RÉPULSION » de Polanski, dans ce face-à-face dans une maison isolée dans les bois, entre une psy solitaire (Arcelia Ramirez) et une jeune patiente (Olga Segura) qu’elle accueille sous son toit, le temps d’une thérapie d’urgence.

Tourné en noir & blanc et en format Scope, le huis clos commence plutôt bien, soutenu par les excellentes prestations des deux comédiennes, l’ambiance est lourde, malsaine, sensuelle, le passé de l’une et de l’autre remonte progressivement jusqu’à devenir envahissant, puis inquiétant. Mais il manque toujours un petit quelque chose pour qu’on se sente aussi scotché à l’écran qu’on devrait l’être. Les dialogues sont convenus, la lenteur délibérée se mue en longueurs et les flash-backs en disent trop ou pas assez. Ce qui fait qu’on décroche et qu’on commence à subodorer le ‘twist’ final bien avant qu’on ne devrait. Quand celui-ci arrive enfin, s’il suscite effectivement un regain d’intérêt, il est tellement confus, qu’on peine à en saisir tous les tenants et aboutissants. Sans doute faudrait-il revoir le film en connaissant la chute, mais… c’est peut-être beaucoup demander !

« VERÓNICA » est un petit film sans grande envergure, même psychologique, globalement bien filmé et cadré, mais dont la monotonie finit par gagner sur l’étrangeté. Il vaut éventuellement d’être tenté pour l’érotisme qui l’enveloppe et pour l’intensité des deux actrices.