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Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« DAGON » (2001)

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MACARENA GÓMEZ

Adapté de deux nouvelles de H.P. Lovecraft, « DAGON » est une production ibérique réalisée par Stuart Gordon (« RE-ANIMATOR ») en anglais et en espagnol.DAGON

Transposée de nos jours, sur une île peuplée d’habitants mutants, esclaves d’une secte démoniaque, l’action se focalise sur un geek et sa fiancée traqués par les monstres et qui – on le découvre au fur et à mesure – ne sont pas au bout de leurs surprises concernant leur propre passé. Ce qui frappe d’emblée avec ce film, c’est son amateurisme. Acteurs très limite, montage approximatif, musique inaudible, F/X globalement ringards, etc. Mais il demeure quelque chose de sympathique dans ce projet, qui remet en lumière l’univers totalement dément de Lovecraft avec son dieu à tentacules Cthulu, ses hommes-poissons, ses sacrifices humains. On sent bien que Gordon lorgne vers l’humour iconoclaste de son « RE-ANIMATOR » sans oser vraiment y céder. Son acteur Ezra Godden n’est pas très loin de ressembler à un petit-cousin du Ash de « EVIL DEAD ». Fallait-il succomber à la tentation ? Peut-être. Car tel qu’il est, « DAGON » nécessite un regard indulgent et bienveillant du spectateur tant le scénario est anémique, dépourvu de péripéties et tant le final est ahurissant de kitscherie. Heureusement, les actrices sont belles : Raquel Moroño en girl friend énergique et surtout Macarena Gómez, amusante en femme-poulpe illuminée et incestueuse. On a un peu de mal à reconnaître le vétéran Francisco Rabal dans son rôle – un de ses derniers – d’ivrogne au centre de la scène la plus gore du film, où il se fait arracher le visage par un prêtre, sans qu’aucun détail atroce ne nous soit épargné.

Tout n’est pas à jeter dans « DAGON ». L’ambiance pluvieuse de l’île est bien rendue, la photo plutôt soignée et le mood plaisant.

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RAQUEL MOROÑO, EZRA GODDEN ET FRANCISCO RABAL

 

« SKYFALL » (2012)

SKYFALL« SKYFALL » est le 3ème 007 de l’ère Daniel Craig et, c’est très subjectif, un des meilleurs de toute la franchise, tout en étant le plus atypique.

À la base, c’est la banale histoire d’un ex-espion (Javier Bardem) vendu à l’ennemi par « M » (Judi Dench) et obsédé par l’idée de se venger. Le scénario très alambiqué et bourré de péripéties, implique James Bond qui commence à souffrir d’obsolescence, à l’image de Sean Connery dans « JAMAIS PLUS JAMAIS ». Les auteurs s’offrent le luxe de révéler son passé d’orphelin écossais (clin d’œil au même Connery ?) tout en développant une relation mère/fils avec sa patronne. C’est un réalisateur ambitieux, Sam Mendes, qui est aux manettes, un chef-opérateur haut-de-gamme comme Roger Deakins qui éclaire. Autant dire que « SKYFALL » offre du grand spectacle, des poursuites époustouflantes, des bagarres ultra-brutales et quelques images à filer le frisson, comme ce plan où Bardem révèle son visage complètement défiguré et des séquences d’anthologie comme la bataille dans la maison de famille des Bond. Craig est maintenant parfaitement identifié au personnage. À 44 ans, il incarne un 007 usé et faillible très intéressant. Et c’est un bonheur de voir Judi Dench, magnifique, dans un rôle central à l’action. Dans un cast brillant, dominé par un Bardem flamboyant, en roue-libre, on reconnaît Naomie Harris en Moneypenny, Albert Finney en garde-chasse, Ralph Fiennes en bureaucrate pas si antipathique qu’il n’en a l’air et Rory Kinnear qui reprend son rôle de bras-droit pour la troisième fois.

Pas une seconde d’ennui ou de redondance dans « SKYFALL », et ce sur plus de deux heures. Même les poursuites sont palpitantes ! On a même droit – et c’est vraiment la grande révolution – à une scène ouvertement gay entre Craig et Bardem, où Bond laisse entendre que peut-être… peut-être… Mais n’en disons pas davantage ! « SKYFALL » est vraiment un grand Bond et un remarquable film d’action.

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DANIEL CRAIG, BÉRÉNICE MARLOHE, NAOMIE HARRIS, JAVIER BARDEM ET JUDI DENCH

 

« QUANTUM OF SOLACE » (2008)

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DANIEL CRAIG

Réalisé par l’Allemand Marc Forster, « QUANTUM OF SOLACE » présente d’emblée deux singularités dans l’univers des 007. D’abord, c’est la suite directe de « CASINO ROYALE » tourné deux ans plus tôt et ensuite c’est, à 106 minutes, probablement le plus court des films de la franchise.QUANTUM

Le film a beau être distrayant, il marche trop ostensiblement dans les travées du premier Bond de Daniel Craig. De la poursuite acrobatique du début à la psychologie légèrement plus fouillée que d’habitude, c’est un nouveau style que les auteurs s’efforcent de consolider. Évidemment, c’est maintenant un peu éventé et trop systématique. Les morceaux de bravoure – poursuite à pied, en voiture, en avion ou en bateau – surviennent avec une régularité de métronome, tout comme les affrontements à mains nues assez sanglants. Mais comme le disent certaines affiches de films d’action : « Cette fois, c’est personnel ! » et 007 n’a qu’une obsession, venger l’amour de sa vie, Eva Green, dont on parle énormément dans ce n°2, sans jamais la revoir, même en flash-back. Olga Kurylenko ne fait pas vraiment le poids, même si elle s’acquitte fort bien de son personnage également hanté par la vengeance. Gemma Arterton est plus originale dans un rôle hélas, bien trop bref. On retrouve Judi Dench en « M » au comportement ambigu, Jeffrey Wright en collègue de la CIA et Giancarlo Giannini dans son rôle d’espion à facettes multiples. Mathieu Amalric est un « villain » quelque peu déconcertant et le voir se bastonner à coups de hache avec James Bond a quelque chose de surréaliste.

Moins riche au niveau du scénario, globalement dépourvu d’émotion (le peu qu’il y a semble forcé pour tenter d’égaler « CASINO ROYALE »), bien rythmé mais laissant assez extérieur, « QUANTUM OF SOLACE » a les défauts d’une sequel. Mais Craig est vraiment très bien !

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JUDI DENCH, DANIEL CRAIG, GEMMA ARTERTON ET GIANCARLO GIANNINI

 

« TERRE SANS PARDON » (1956)

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CHARLTON HESTON, ANNE BAXTER ET ELAINE STRITCH

« TERRE SANS PARDON » de Rudolph Maté, condense en moins de 100 minutes, un scénario qui aurait parfaitement pu être développé en minisérie, tant il est bourré jusqu’à la gueule d’événements, de revirements, de conflits, de coups de théâtre.TERRE

Après la guerre de sécession, l’officier Charlton Heston retourne sur ses terres en Arizona avec la femme qu’il vient d’épouser (Anne Baxter) et dont il ignore le passé de prostituée. Il retrouve ses fidèles vaqueros, son frère manchot (Tom Tryon) qui le hait et se confronte aux « carpetbaggers » (des profiteurs nordistes dépouillant les ranchers du Sud déjà ruinés). L’histoire et le background historique sont très bien agencés, les décors évocateurs, les passions exacerbées et surtout, l’ensemble du casting est un sans-faute. Heston est idéalement casté en macho psychorigide qui se fendille progressivement, Anne Baxter est excellente dans la duplicité puis le courage, Tryon n’a sans doute jamais été meilleur et on retrouve des « gueules » familières comme Gilbert Roland en employé loyal au verbe fleuri, Robert Blake jouant son fiston, Forrest Tucker en pistolero déplaisant, Elaine Stritch, parfaite en « madame » blasée. « TERRE SANS PARDON », grâce à une écriture soignée, particulièrement le dialogue absolument pas daté et à des situations conflictuelles intelligemment gérées, se laisse regarder aujourd’hui avec intérêt et même émotion parfois. Il s’inscrit dans la carrière de Heston entre « LES DIX COMMANDEMENTS » qui venait d’en faire une star de premier plan et « LA SOIF DU MAL » qui marquait son entrée dans un cinéma plus ambitieux. Le western de Maté n’est certainement pas leur égal, mais dans son modeste créneau, c’est une jolie réussite, adulte et ambitieuse.

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ROBERT BLAKE, ANNE BAXTER, CHARLTON HESTON ET GILBERT ROLAND

 

« LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » (1980)

ROIS copieTout ce qu’on peut dire en revoyant aujourd’hui « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS », c’est que Mike Newell a fait de gros, gros progrès depuis ! Inspiré d’un roman de Bram Stoker, c’est une histoire de momie se réincarnant dans le corps de la fille d’un archéologue et prête à conquérir le 20ème siècle.

Malgré la photo du grand Jack Cardiff et la présence de Charlton Heston, le film est globalement catastrophique. De la première partie égyptienne où un Heston emperruqué (et en short) est censé jouer un fringant trentenaire, jusqu’aux séquences en Angleterre qui tentent de capitaliser sur le succès de « LA MALÉDICTION » (gros clin d’œil du titre français…) de Richard Donner, c’est un quasi-navet d’une maladresse confondante. La direction d’acteurs est plus qu’approximative : Heston est ankylosé, d’une raideur exagérée, même pour lui. Mal écrit, son personnage de chercheur obsessionnel, hanté par l’inceste, nécessitait probablement un comédien plus ambigu et sensible. À ses côtés, même Susannah York ne parvient pas à tirer son épingle du jeu en assistante admirative. On peut s’amuser à voir la jeune Stephanie Zimbalist jouer l’adolescente possédée et son crachotement de chat à la fin, mérite presque qu’on voie le film ! Mal mis en scène (abus de très gros-plans beaucoup trop fréquents, absence dommageable de plans larges particulièrement en Égypte), « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » ressemble à un téléfilm, il en a le rythme mollasson et certaines scènes dialoguées font penser à un « soap opera ». Que la présence jadis « épique » de l’acteur de « BEN-HUR » et le nom du futur réalisateur de « DONNIE BRASCO » n’induisent personne en erreur : c’est un film déjà obsolète l’année de sa sortie, à soigneusement éviter.

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CHARLTON HESTON ET STEPHANIE ZIMBALIST

 

« BATMAN BEGINS » (2005)

BATMANAprès la série TV parodique des sixties, les essais gothiques de Tim Burton et les avatars crypto-gays ridicules de Joel Schumacher, « BATMAN BEGINS » remet les pendules à l’heure et parvient à enfin incarner la mythologie de la BD de Bob Kane en assemblant ses éléments épars, créés au fil des années et à leur donner une sorte de cohérence thématique.

Vu par Christopher Nolan, « BATMAN BEGINS » n’a au fond, qu’un seul sujet : la peur. Celle qui paralyse notre héros, le hante, et qu’il doit apprendre à museler, celle que des méchants cherchent à utiliser comme arme de destruction massive sous forme de gaz. C’est cette fondation qui donne chair et densité à cette version de l’homme chauve-souris, pas plus crédible que les précédentes, certes, mais plus humaine et – disons le mot – plus profonde. La première moitié du scénario, quelque peu erratique mais très distrayante, décrit comment le jeune et riche orphelin se reconstruit peu à peu, se forme en Chine à devenir un… ninja et revient à Gotham pour se dédoubler en justicier masqué et combattre le crime. La seconde partie se focalise sur son combat contre trois ennemis distincts, parmi lesquels l’homme qui l’a formé : Liam Neeson. Ça part dans tous les sens, mais ce n’est jamais ennuyeux ni confus. Christian Bale est un Bruce Wayne acceptable sinon emballant, Michael Caine est un savoureux Alfred, Gary Oldman un solide commissaire Gordon, Katie Holmes est gentillette et Tom Wilkinson excellent en mafioso. Sans oublier les vétérans Morgan Freeman et Rutger Hauer. Mais le vrai plaisir de ce « reboot » tient principalement dans le sérieux surprenant de l’entreprise, dans la beauté des décors, de la photo et dans la maîtrise des CGI qui ne prennent jamais le dessus sur tout le reste. Nolan bâtira une trilogie sur ce premier volet et parviendra à redorer le blason bien endommagé du Batman.

À noter la présence du petit Jack Gleeson, qui sera quelques années plus tard l’affreux Joffrey Baratheon dans la série « GAME OF THRONES ».

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CHRISTIAN BALE, LIAM NEESON, MORGAN FREEMAN ET MICHAEL CAINE

 

« OUTLAND… LOIN DE LA TERRE » (1981)

OUTLANDÉcrit et réalisé par Peter Hyams, « OUTLAND… LOIN DE LA TERRE » s’inscrit dans la lignée du premier « ALIEN » sorti deux ans plus tôt, en imite l’ambiance sombre, les décors claustrophobiques et les plans « gore », sur un scénario qui démarre comme un polar (l’enquête du nouveau marshal d’une station spatiale sur un trafic de drogue) et s’achève en remake du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS ».

Bien sûr, Hyams n’a pas le génie visionnaire de Ridley Scott. Le rythme est lent, la photo parfois ingrate et les séquences d’action tirent à la ligne jusqu’à devenir soporifiques. Mais « OUTLAND » bénéficie d’un atout loin d’être négligeable : la présence d’un Sean Connery fraîchement quinquagénaire, en pleine forme, dans un rôle d’anti-héros vulnérable mais entêté. Sa flamboyance naturelle a été mise en sourdine, son œil est moins ironique que d’habitude pour incarner ce « M. Tout le monde » un peu loser sur les bords. Il est bien épaulé par l’excellente Frances Sterhagen jouant le médecin de la station, par Peter Boyle abject à souhait et de solides seconds rôles comme James B. Sikking ou Steven Berkoff. Le casting aide à passer le temps et l’amateur de western s’amusera à faire le jeu des comparaisons avec le chef-d’œuvre de Fred Zinnemann mentionné plus haut : l’arrivée des tueurs par la navette, les honnêtes gens qui abandonnent lâchement notre pauvre Sean, sa femme même qui le laisse en plan… C’est bien sympathique et émaillé de bonnes scènes, mais quelque chose, une sorte d’inertie plombe « OUTLAND » depuis le début et empêche d’en faire une référence du genre. On peut le revoir aujourd’hui avec indulgence et pour le plaisir toujours inégalé de revoir Sean Connery dans ses œuvres.

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SEAN CONNERY, FRANCES STERNHAGEN ET PETER BOYLE

 

« THE OLD GUARD » (2020)

OLDAdapté par son auteur d’un roman graphique, réalisé par Gina Prince-Bythewood, « THE OLD GUARD » se présente comme le pilote d’une future série Netflix, puisant largement son inspiration dans les films cinéma de « MISSION : IMPOSSIBLE » et de la franchise des « HIGHLANDER », avec un zeste de l’ancienne série TV : « L’IMMORTEL ».

Dès le début, l’histoire de ce groupe de mercenaires agissant pour « le bien de l’Humanité » et doté du don de l’immortalité, semble infantile, tiré par les cheveux. L’unique angle à peu près nouveau de ces attaques-commando, de ces chasses à l’homme, tient dans le fait que nos héros ne cessent de prendre des balles mortelles, de cicatriser à toute vitesse, et de reprendre le combat. Sur plus de deux heures, on peut se lasser, d’autant plus que le casting est assez faible et les péripéties sont souvent ridicules. En tête d’affiche, Charlize Theron, famélique et hiératique, joue une guerrière venue de l’antiquité (sic) et menant ses trois acolytes, dont un couple d’homosexuels italiens et un ex-soldat napoléonien (Matthias Schoenaerts), à travers le monde, tout en formant une nouvelle-venue (KiKi Layne) qui vient seulement de découvrir son incapacité à mourir, après s’être remise comme une fleur d’un égorgement en Afghanistan. Que dire ? C’est long, égayé sporadiquement par de bonnes scènes de bagarres au corps-à-corps, de flash-backs absurdes situés dans diverses époques. Le méchant (Harry Melling), sorte de geek malfaisant est un insupportable cabotin et le pauvre Chiwetel Ejiofor se débat avec un rôle de traître scrupuleux retournant sa veste comme l’éclair. « THE OLD GUARD », en dépit de son titre, pourra sans doute satisfaire un très jeune public attiré par l’action et les scénarios pas trop compliqués à comprendre. Pour le reste, c’est une (luxueuse) perte de temps.

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CHARLIZE THERON

 

« JOSEY WALES HORS-LA-LOI » (1976)

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CLINT EASTWOOD

« JOSEY WALES HORS-LA-LOI » est le 5ème film réalisé par Clint Eastwood, un western ambitieux, à la genèse tourmentée, mais qui demeure encore aujourd’hui, un des chefs-d’œuvre incontournables du réalisateur.JOSEY

On dirait que le sujet n’a été conçu que pour ancrer le personnage d’Eastwood (le pistolero barbu, aussi infaillible qu’implacable) dans l’Histoire américaine et le réimplanter dans ses racines en oubliant définitivement l’Europe. L’homme sans nom en a bel et bien un, il a même un passé, une vie antérieure et après s’être métamorphosé en rebelle sans pitié pendant la guerre de sécession, il va progressivement reprendre visage humain. Et même fédérer autour de lui une véritable communauté de laissés-pour-compte et ainsi se reconstituer une famille. Le film est picaresque, ancré dans le réel, la photo est belle mais sans afféteries hollywoodiennes : les visages sont souvent masqués par l’ombre des chapeaux, la violence n’est jamais complaisante, Eastwood n’use pas de ralentis ni de plans picturaux à la John Ford. En tant qu’acteur, c’est un de ses plus beaux rôles, il manie l’humour pince-sans-rire avec précision, laisse filtrer les émotions avec parcimonie. Quelques séquences comptent parmi les plus belles de sa carrière (le face à face avec le chef comanche Will Sampson, celui où il confronte son passé à la fin, avec Bill McKinney et John Vernon, tous deux excellents). Chief Dan George est savoureux en vieil Indien encore vert et plein d’humour en autodérision, Sondra Locke joue une jeune femme pure et évanescente, et on reconnaît des visages familiers comme Richard Farnsworth, John Russell ou Sheb Wooley (partenaire d’Eastwood dans la série TV « RAWHIDE » pendant des années).

Œuvre ample, généreuse, à la fois sombre et lumineuse, « JOSEY WALES HORS-LA-LOI » n’a pas pris une ride. Eastwood manifeste un souci du détail qu’il a un peu perdu par la suite et parvient à donner une dimension supplémentaire à son propre archétype. Indispensable.

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CLINT EASTWOOD, CHEF DAN GEORGE, JOHN VERNON, BILL McKINNEY ET WILL SAMPSON

 

« MISTER MAJESTYK » (1974)

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AL LETTIERI ET CHARLES BRONSON

Écrit par Elmore Leonard, réalisé par Richard Fleischer, « MISTER MAJESTYK » est le premier vrai succès U.S. de Charles Bronson, juste avant « DEATH WISH », et demeure, encore aujourd’hui, un des sommets de sa carrière de vedette.MAJESTYK

Dans la lignée de films comme « JUSTICE SAUVAGE » ou « TUEZ CHARLEY VARRICK ! », c’est un polar rural, situé dans les paysages arides du Colorado, et mettant face à face Bronson, un planteur de pastèques entêté et Al Lettieri un tueur de la mafia qui veut sa peau, à la suite d’une embrouille. C’est simple et linéaire, parfois violent, le scénario suit son bonhomme de chemin jusqu’à l’affrontement final, sans jamais trouver son équilibre. Beaucoup trop de temps est consacré à Lettieri et ses acolytes pas franchement passionnants et la personnalité de Majestyk est à peine effleurée, l’auteur se reposant trop sur celle de son interprète. Avec sa tenue de jeans, sa casquette, ses cheveux longs, Bronson est tout à fait à l’aise, même s’il semble hésiter par instants entre sa dureté habituelle et une certaine naïveté. Il est bien entouré par Linda Cristal en ouvrière dure-à-cuire et Paul Koslo amusant en voyou pas très doué. Le rythme parfois indolent, est régulièrement électrisé par des fusillades, des explosions, des poursuites en voiture et par les trop rares confrontations entre les ennemis jurés, qui ensemble font des étincelles. Lettieri tire particulièrement son épingle du jeu, écumant de rage et de haine à chacune de ses apparitions, face à un Bronson désinvolte jusqu’à ce qu’il perde patience et retrouve ses réflexes d’ex-militaire. Le siège de la cabane à la fin est un beau morceau de bravoure. « MISTER MAJESTYK » ne fait pas partie des fleurons de la filmo de Fleischer, qui se contente de faire très proprement son travail et s’adapte parfaitement aux règles du polar « hard boiled » des seventies. Pour Bronson, c’est la cristallisation d’un personnage qu’il exploitera jusqu’à la fin de sa carrière.

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CHARLES BRONSON, AL LETTIERI ET LINDA CRISTAL