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Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« BAYWATCH : ALERTE À MALIBU » (2017)

« BAYWATCH : ALERTE À MALIBU » réalisé par Seth Gordon, est une sorte de pastiche de la série à succès diffusée entre 1989 et 2001, et narrant les très improbables aventures d’une équipe de sauveteurs et de maîtres-nageurs sur une plage californienne. Pour ceux qui ne l’auraient jamais vue, rappelons que c’était le show favori de Joey et Chandler dans « FRIENDS » !BAYWATCH

Tout aussi crétin que son modèle télévisé, le film adopte d’emblée un ton décalé et un second degré qui constituent l’unique raison de le regarder. L’humour est irrévérencieux, très « caca-prout » et primaire, mais en constante dérision et surtout en autodérision. Les personnages n’arrêtent pas de critiquer les fondamentaux du concept où ils évoluent : l’absurdité de ces mâles musculeux en lycra et de ces filles aux silhouettes de top-models pour soutien-gorge, transformés en justiciers des plages et en sous-flics résolvant des crimes. Le scénario est tellement inepte que les deux heures semblent en durer beaucoup plus. Mais force est de reconnaître qu’on sourit parfois, qu’on éclate même de rire à plusieurs reprises et que l’environnement visuel n’a rien de désagréable. Bien sûr, on pourra grincer des dents devant la place que prend le « geek de service » (qui se présente d’ailleurs ainsi), campé par le pénible Jon Bass, bien sûr il y a d’énormes baisses de régime où le scénario fait du sur-place, mais l’ambiance est festive, la mer est belle et les clins d’œil abondent. Ainsi, les apparitions-éclair de David Hasselhoff et Pamela Anderson, stars de la vieille série, sont-elles aussi amusantes que légèrement pathétiques.

Dwayne Johnson, de plus en plus à l’aise et souriant, est un ‘Mitch’ idéal face à Zac Efron, avec son air benêt et ses pectoraux tétanisés. Alexandra Daddario (qui jouait la fille du Rock dans « SAN ANDREAS ») est pétillante, Kelly Rohrbach reprend le rôle de Miss Anderson, ralentis inclus.

À condition d’être de bon poil et enclin à l’indulgence, on pourra se laisser aller et sourire à l’humour pachydermique de cette comédie délibérément débile qui n’a pour principale qualité que de respirer la joie de vivre, le je-m’en-foutisme et les vacances.

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« DESIERTO » (2015)

Il y a deux façons de voir « DESIERTO » : comme un remake du western « LES CHAROGNARDS » de Don Medford, c’est-à-dire une chasse-à-l’homme jusqu’au-boutiste, d’un sadisme assumé. Ou alors comme une parabole sur la lutte permanente des « gringos » et des clandestins mexicains prêts à prendre tous les risques pour un monde meilleur.DESIERTO

Jonás Cuarón brosse un portrait effroyable de l’Américain-type : une silhouette de cowboy buriné, un fusil à lunette et capable de flinguer froidement une douzaine d’hommes et de femmes et en même temps de sangloter devant la souffrance de son chien. « DESIERTO » est un ‘survival’ très maîtrisé, qui démarre en plein dans l’action, ne donne que très peu d’indications sur ses personnages et fonce dans le carnage sans perdre de temps. On ne peut s’empêcher de prendre parti pour le jeune Mexicain joué par Gael Garcia Bernal, un antihéros à la vie chevillée au corps. On suit la peur au ventre chaque étape de sa fuite en avant, qui aboutit au cœur du désert par une traque autour d’un rocher. C’est extrêmement physique, sans sentimentalisme inutile, sans la moindre justification. Tout ce qu’on saura des motivations du chasseur c’est la réplique : « C’est chez moi, ici ! », pour expliquer cette chasse à mort. Jeffrey Dean Morgan crée un tueur impressionnant, parce que jamais caricatural, jamais excessif, qui donne l’impression de faire un travail d’exterminateur ultra-professionnel sans l’ombre d’un état d’âme.

Court, ramassé, exprimant la violence par de brèves giclures de sang dans la poussière et quelques images frappantes, « DESIERTO » tient en haleine sans faillir. Et l’ultime plan vient rappeler – avec une grande simplicité – que c’est bel et bien le désert lui-même qui est le vrai protagoniste de cette histoire. Le reste est dérisoire.

 

« IN A VALLEY OF VIOLENCE » (2016)

L’auteur-réalisateur (et monteur tant qu’à faire) Ti West est visiblement un fan de Clint Eastwood. Le générique est calqué sur ceux des premiers Leone, l’arrivée dans la petite ville démarque celle de « L’HOMME DES HAUTES PLAINES », l’ex-soldat et son chien renvoient à « JOSEY WALES, HORS-LA-LOI » et l’affrontement final évoque « PALE RIDER ». Sans oublier la BO qui a des échos de celle de « SIERRA TORRIDE », signée Morricone.VALLEY

« IN A VALLEY OF VIOLENCE » est un drôle de western, qui se distingue d’emblée par une volonté louable de ne jamais mythifier ses personnages, mais plutôt d’en faire des individus complexes dans leur banalité. Exactement l’inverse en somme du pauvre remake des « 7 MERCENAIRES » où apparaissait déjà Ethan Hawke. Celui-ci domine sans peine un casting médiocre et sans relief, dans un rôle de vagabond qui a juré (cliché !) de ne plus jamais tuer quiconque. Mais une fois qu’un imbécile a trucidé sa chienne, notre héros va se montrer impitoyable (tiens ! Encore Clint !). Ce traitement « réaliste » des protagonistes est le seul véritable intérêt du film, car la mise-en-scène est d’une extrême platitude, proche de l’indigence, et le scénario lui-même est tellement prévisible qu’on peut deviner tous les événements un bon quart d’heure à l’avance.

Si Hawke s’en sort bien, John Travolta en marshal unijambiste et menaçant se contente de refaire son éternel numéro bien usé. Taissa Farmiga est mignonne en jeune fille rêvant d’un ailleurs et James Ransone est insupportable en ‘bad guy’ exorbité et cabotin, beaucoup trop présent dans le film.

« IN A VALLEY OF VIOLENCE » vaut d’être vu en période de disette westernienne, mais on le sait, les citations, références et hommages n’ont jamais fait les grands films. Au bout du compte, on se dit qu’on aurait mieux fait de revoir une énième fois ceux du grand Clint…

 
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Publié par le 11 novembre 2017 dans AVENTURES ET ACTION, WESTERNS

 

« THE VILLAINESS » (2017)

« THE VILLAINESS », signé Byung-gil Jung, est un polar coréen, ce qui réjouit d’emblée l’amateur, qui a connu bien des joies ces dernières années grâce aux films d’action produits là-bas.VILLAINESS

Très alléchant sur le papier, celui-ci tient ses promesses, mais on peut émettre un (gros) bémol, tant il emprunte à droite et à gauche sans le moindre complexe. La trame générale, c’est évidemment celle de « NIKITA », déjà bien souvent plagié, la violence c’est celle de « KILL BILL » et les ficelles (les câbles, devrait-on plutôt dire !) mélodramatiques rappellent les succès hongkongais de John Woo. La première séquence frappe très fort : une sorte de jeu vidéo ultra-sanglant en caméra subjective, qui est aussitôt suivi par l’entraînement de l’héroïne dans une base secrète, campée par la jolie Ok-bin Kim dans un numéro bien calqué sur Nikita. Passé l’agacement devant ce manque flagrant d’inventivité dans le scénario, on se laisse progressivement happer par l’excellence des scènes d’action. Une baston dans un bus lancé à fond de train est anthologique, tout comme une course-poursuite à moto ahurissante. On note également une parfaite maîtrise des flash-backs, non seulement très bien intégrés au récit, mais qui s’avèrent indispensables à la compréhension des événements. Ce n’est pas si courant que cela !

L’ensemble dure deux bonnes heures bien remplies, on n’a pas le temps de s’ennuyer, mais « THE VILLAINESS » (bon titre, mais qui n’a pas grand-chose à voir avec le contenu) ne parvient jamais à s’élever au rang d’« instant classic » du genre. La réalisation est inutilement chichiteuse et à cause des nombreux emprunts, on a trop souvent la sensation d’avoir déjà vu et revu tout cela.

 

« FAST & FURIOUS 8 » (2017)

F8

JASON STATHAM

Faisant suite au sympathique n°7, « FAST & FURIOUS 8 » signé du généralement peu emballant F. Gary Gray, reprend le flambeau et fait repartir la franchise sur les chapeaux de roues sans rien essayer de renouveler.F8 2

C’est donc toujours la même chose, avec les mêmes gens, les mêmes voitures, mais quelques petits changements bien vus dans l’organisation : Vin Diesel se retourne contre sa « famille », le psychopathe Jason Statham devient subitement un tonton gâteau, Dwayne Johnson prend la tête des opérations et se montre plus déconnant que dans les précédents films (il faut l’avoir vu en coach de fillettes au début !). On retrouve avec bonheur Kurt Russell qui a pris un petit coup de vieux, Michelle Rodriguez, une Charlize Theron très amaigrie en méchante de premier ordre. Et on a même droit à un savoureux caméo d’Helen Mirren herself, dont le face-à-face avec Statham vaut à lui seul de voir le film.

Bien sûr, il y a beaucoup trop de poursuites motorisées, d’explosions de missiles, de fusillades, mais c’est la recette. En revanche, on se délectera sans complexe de quelques confrontations extraordinairement drôles comme celle où Johnson et Statham échangent des menaces ou quand le second parle au bébé qu’il est en train de sauver au milieu d’un déluge de balles. Difficile d’ailleurs de ne pas y voir un clin d’œil à la séquence la plus célèbre de « À TOUTE ÉPREUVE » de John Woo.

« FAST & FURIOUS 8 » fait passer deux heures agréables et reposantes pour les neurones. On ne s’y ennuie guère, on sourit souvent et tout le monde a l’air de franchement s’amuser. En fait, cela fait davantage penser à une série TV au budget hypertrophié, qu’à du cinéma. La franchise recycle sans arrêt les mêmes éléments depuis le début avec plus ou moins de réussite. Et celui-ci est plutôt dans la bonne moyenne. À noter pour l’anecdote, que le regretté Paul Walker a été « remplacé » par nul autre que Scott Eastwood, fils de Clint !

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DWAYNE JOHNSON, CHARLIZE THERON, VIN DIESEL, SCOTT EASTWOOD ET KURT RUSSELL

 

« LA SEPTIÈME AUBE » (1964)

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CAPUCINE

Si on met un moment à comprendre le contexte historique – à savoir la guérilla birmane pour l’indépendance au début des années 50, et les tenants et aboutissants politiques, « LA SEPTIÈME AUBE » prend tout son intérêt quand il se resserre sur une triangle amoureux original : trois compagnons de la WW2, un yankee qui ne cherche qu’à s’enrichir grâce au caoutchouc (William Holden), sa maîtresse eurasienne (Capucine) et un révolutionnaire charismatique (Tetsurô Tanba). Triangle à quatre côtés en fait, puisqu’une jeune Anglaise (Susannah York) vient bientôt s’immiscer !AUBE2

La seconde partie du film, très physique, assez âpre, est très bien menée par le fiable Lewis Gilbert qui signe de belles scènes de marche forcée dans la jungle, aidé par la photo de Freddie Young. Et dès que le suspense s’installe, impossible de lâcher l’écran des yeux, jusqu’à la fin totalement surprenante qui tourne le dos à la ‘happy end’ avec un sacré culot. Dans la foulée de son rôle dans « LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ », Holden est très bien en cynique égoïste mais amoureux à la Bogart. Il paraît beaucoup plus âgé que ses 46 ans et sa « trogne » d’amateur de scotch s’intègre idéalement au paysage birman. À ses côtés, Capucine prête ses beaux traits anguleux à un personnage emblématique. Elle a rarement été mieux utilisée. Miss York, un peu gauche, est bien castée en naïve romantique qui apprend la vie à la dure. Quant à Tanba, il hérite du rôle de fourbe de service ce qui pourrait paraître un tantinet raciste, si les Anglais n’étaient pas eux-mêmes dépeints sous un jour aussi peu flatteur.

« LA SEPTIÈME AUBE » est un film méconnu et réussi dans son créneau, qui surmonte les aspects mélodramatiques du scénario par un dialogue rude et efficace et une belle ampleur dans la mise-en-scène. Les séquences de batailles et de fusillades sont d’un réalisme à toute épreuve.

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WILLIAM HOLDEN, TETSURÔ TANBA ET SUSANNAH YORK

 

« ARMAGEDDON » (1998)

ARMAGEDDONRéalisé par Michael Bay, « ARMAGEDDON » est une sorte de remake du calamiteux « MÉTÉORE » sorti vingt ans plus tôt, mâtiné d’une bonne dose des « 12 SALOPARDS » et d’une pincée de « L’ÉTOFFE DES HÉROS » (auquel le colonel joué par William Fichtner rend un hommage sympathique dans le dialogue).

L’histoire ? La NASA envoie une équipe de forage sur un astéroïde qui s’apprête à percuter la terre, afin d’y glisser une bombe nucléaire. Rien que ça… C’est tellement idiot et décomplexé que la première moitié est plutôt plaisante, agrémentée d’un bon humour pince-sans-rire et potache et porté par une magnifique photo très pub de John Schwartzman. C’est ensuite que les choses se gâtent, quand nos héros atterrissent sur la « chose » et commencent leur travail. Les séquences d’action sont à peu près illisibles, les péripéties trop nombreuses et trop rapprochées. Et comme souvent avec ce genre de surenchère incontrôlée, on finit par décrocher alors que le suspense devrait aller crescendo.

Le casting est riche mais inégal : quelques acteurs agaçants (Bruce Willis, Ben Affleck et – heureusement dans un petit rôle – Owen Wilson), deux revenants de « FARGO » (Steve Buscemi et Peter Stormare), de solides seconds rôles (Billy Bod Thornton, Will Patton ou Jason Isaacs) et une pin-up particulièrement ravissante (Liv Tyler). Il y en a pour tout le monde !

Ça se laisse donc regarder, d’autant que la plupart des F/X ont très bien passé l’épreuve du temps et que le spectacle est assuré : on assiste même à la destruction de Paris. Oui, la ville avec des 2-CV et des gargouilles de Notre-Dame ! C’est juste que, franchement, 150 minutes c’est très très long pour ne pas raconter grand-chose à part le dynamitage d’un gros caillou fonçant dans l’espace. Alors pas mal de scènes mélodramatiques et larmoyantes auraient pu nous être épargnées, c’est certain. Mais dans le genre, « ARMAGEDDON » n’est pas ce qu’Hollywood a fait de plus nul.

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LIV TYLER, BRUCE WILLIS, BEN AFFLECK ET WILL PATTON