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Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« LE RETOUR DE L’INSPECTEUR HARRY » (1983)

SUDDENSept ans après le piteux 3ème opus des aventures de l’inspecteur Callahan, Clint Eastwood prend complètement les choses en main en réalisant lui-même « SUDDEN IMPACT » (oublions le lamentable titre français), pour redorer son blason au box-office.

Le début ressemble à « MAGNUM FORCE », à savoir une succession de vignettes décousues montrant Harry en action (c’est un véritable carnage à chaque fois qu’il met le pied hors de chez lui !) et lui offrant des répliques-qui-tuent pas piquées des vers, dont le célébrissime : « Make my day ». Ensuite, c’est Sonda Locke qui prend le relais en jouant une artiste retournant à San Paulo, où elle et sa sœur furent jadis violées par des brutes locales demeurées impunies. Sa route va bientôt croiser celle de ‘Dirty Harry’ (en repos forcé), cela va sans dire. Le scénario est un salmigondis, mêlant « film noir », polar urbain, gros comique (le chien pisseur et péteur !), il est truffé d’énormes coïncidences, d’invraisemblances ridicules. Et le discours militant pour la justice individuelle est d’une lourdeur inouïe. Les auteurs vont d’ailleurs jusqu’à exonérer l’assassin de ses crimes pourtant gratinés, via un Harry indulgent et complice. Là, pour le coup, nous sommes bien loin des laborieuses justifications bien-pensantes de « MAGNUM FORCE » ! Si un serial killer a de bonnes raisons de dégommer des méchants, Harry saura se montrer magnanime… Attitude peut-être pas très défendable mais qui, au moins, paraît sincère.

Que dire des seconds rôles absolument épouvantables de cabotinage, particulièrement Paul Drake en psychopathe de service cherchant à faire oublier le Scorpio du premier film et l’insupportable Audrie Neenan ? Pourtant, grâce à la photo sombre de Bruce Surtees (occasionnant de nombreux plans flous) et à la BO pulsante d’un Lalo Schifrin de retour dans la franchise, « SUDDEN IMPACT » se laisse regarder sans passion mais avec sympathie. À 53 ans, Eastwood apparaît un peu vieilli, le cheveu plus rare, la ride expressive. Il dégage une certaine lassitude, un laisser-aller qui apportent une autre couleur à Harry Callahan. Et lors de l’affrontement final sur le quai, on retrouve avec plaisir les obsessions du réalisateur de « UN FRISSON DANS LA NUIT » et « L’HOMME DES HAUTES PLAINES ». Alors fermons les yeux sur les manques aveuglants de ce 4ème film et aimons-le malgré tout. Car le 5ème sera bien pire !

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CLINT EASTWOOD, PAUL DRAKE ET SONDRA LOCKE

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« SOURCE CODE » (2011)

Le pitch de départ de « SOURCE CODE » est à la fois sa grande force et sa principale faiblesse. Force, parce que l’idée est ingénieuse, forte et originale. Faiblesse parce qu’il faut bien l’expliquer à un moment donné et que c’est là que ça devient TRÈS confus. C’est le pauvre Jeffrey Wright qui s’y colle dans un long monologue abscons et on souffre pour lui !CODE

Réalisé par Duncan Jones, « SOURCE CODE » est une sorte d’avatar de « UN JOUR SANS FIN » à la sauce sci-fi et suspense. Le héros, un soldat campé par Jake Gyllenhaal se retrouve sans arrêt dans le même train de banlieue, pendant huit minutes d’affilée chaque fois et dans la peau de quelqu’un d’autre, pour empêcher un attentat à la bombe. À chaque « voyage », il progresse dans son enquête pour retrouver le coupable, il tombe amoureux de sa voisine Michelle Monaghan. Quand il revient dans une sorte de caisson plus ou moins étanche, il comprend peu à peu qu’il ne fait plus tout à fait partie du monde des vivants. Mais ne spoilons pas au-delà de cette phrase !

Malgré ses complications scénaristiques et une fin extrêmement embrouillée, « SOURCE CODE » fonctionne par son mouvement permanent, de bonnes scènes de paranoïa et surtout par l’énergie forcenée déployée par Gyllenhaal qui parvient à rendre tout cela à peu près crédible. Autour de lui, de bons comédiens comme Vera Farmiga en officier compassée et Wright, déjà cité, en scientifique ambitieux et odieux.

Un bon film que « SOURCE CODE », pas toujours très lisible, mais qui emporte l’adhésion par sa puissance narrative et un montage hyper-efficace.

 

« IRON MAN » (2008)

« IRON MAN » n’a jamais été un des super-héros les plus palpitants de Stan Lee. Milliardaire – comme Bruce Wayne – et marchand d’armes, il cherche la rédemption en devenant un justicier engoncé dans une armure rouge et dorée lançant des rayons et capable de voler dans l’espace.IRONMAN.jpg

Confier la réalisation de cette transposition cinéma au pataud Jon Favrau n’était peut-être pas la meilleure idée imaginable. Le bonhomme est un honnête faiseur, mais manque de style et de panache. Il y a quelque chose de profondément lourd et inerte dans ces deux heures pourtant mouvementées et pétaradantes, un vice-de-forme indécelable à l’œil nu qui laisse l’impression que « IRON MAN » fait du sur-place, se répéte jusqu’à ce que l’intérêt se soit complètement évaporé. Ce n’est pas dû à Robert Downey, Jr. plutôt bien dans le rôle-titre, même s’il semble parfois indifférent et pas tout à fait là. Jeff Bridges n’est pas non plus à son top-niveau en méchant au crâne rasé et la pauvre Gwyneth Paltrow est toujours, et quoi qu’elle fasse, d’une fadeur invraisemblable. Rien à signaler du côté des petits rôles sans la moindre épaisseur.

On peut sauver les séquences en Afghanistan un peu plus vivantes que le reste, mais « IRON MAN » ressemble au pilote d’une série télé au budget pharaonique qui a cru bon de se passer des services d’un vrai scénariste. À ce jour, le film a déjà connu deux sequels et le personnage de Stark apparaît dans les films des « AVENGERS ».

À noter le caméo rituel de Stan Lee entouré de jolies filles et l’apparition de Samuel L. Jackson dans un rapide épilogue après le générique de fin.

 

« JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM » (2018)

« JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM » réalisé par l’espagnol J.A. Bayona, est le 5ème film de la franchise initiée par Steven Spielberg en 1993 et le second opus d’un deuxième triptyque consacré à la résurrection des dinosaures par des scientifiques irresponsables et âpres au gain.JW2

La thématique de l’épisode est énoncée par Jeff Goldblum – retrouvant son personnage des deux premiers films – qui n’apparaît que le temps de démontrer que la nouvelle ère génétique mènera l’homme à sa perte et que, cette fois, l’apprenti-sorcier est allé trop loin. Cette petite leçon de morale indispensable mise à part, ce n°5 permet de retrouver de nombreux éléments des précédents (les chasseurs impitoyables, les milliardaires sans foi ni loi), de développer le raptor « Blue », plus intelligent que la moyenne et qui risque de devenir l’équivalent du César de la saga de « LA PLANÈTE DES SINGES » dans les opus suivants. Car c’est bien l’envahissement de la terre par les dinos qui se profile ici et laisse deviner ce que sera la prochaine aventure. Ce n’est pas désagréable à regarder, pas très original dans son déroulement, certaines idées passionnantes (James Cromwell et le clone de sa fille décédée) sont hélas, à peine survolées. Mais ça fonctionne sur le mouvement, la perfection des effets spéciaux et le trouble généré par les nouvelles données : cette fois, c’est l’homme le méchant et l’empathie est focalisée sur les animaux ressuscités malgré eux.

On retrouve Bryce Dallas Howard et Chris Pratt du précédent film sans enthousiasme particulier, Ted Levine haïssable à souhait en « grand chasseur blanc », le toujours parfait Toby Jones encore plus immonde et Geraldine Chaplin dans un personnage pas suffisamment développé mais intrigant.

Un bon gros film pop-corn bien fait, qui fait passer deux heures en un clin d’œil et tente un petit message écologique pertinent par les temps qui courent.

 

« BRAVEN » (2018)

Production canadienne réalisée par l’ex-régleur de cascades Lin Oeding, « BRAVEN » renoue avec les films d’action des seventies, c’est-à-dire un scénario simple et linéaire, des enjeux clairement tracés et des séquences d’action savamment dispatchées sur la (courte) durée.BRAVEN

Véhicule pour Jason Momoa dans un de ses rares rôles « normaux », le film confronte le patron d’une scierie père de famille à une bande de narcotrafiquants dirigée par le toujours inquiétant Garret Dillahunt. Les bad guys veulent récupérer un chargement de coke que notre héros détient – à son insu – dans sa cabane dans les bois. On pense à « MISTER MAJESTYK », à « CLIFFHANGER » et à pas mal d’autres séries B efficaces. De fait, « BRAVEN » ne démérite pas. On s’attache rapidement au costaud Momoa et à sa petite famille, on apprécie l’idée qu’il a pour allié son père atteint d’Alzheimer (Stephen Lang) et on pense à Peckinpah (« OSTERMAN WEEK-END ») quand sa femme (Jill Wagner) prend son arc et ses flèches pour prendre part à l’action.

Tout cela est très professionnellement filmé, honnêtement dialogué, les scènes de fusillades durent exactement le temps qu’il faut et on n’a guère le temps de s’ennuyer. Petit bémol pour la fin, cavalièrement expédiée et laissant sur une sensation d’inachevé.

À voir donc, ce sympathique « BRAVEN » qui inscrit Jason Momoa dans la lignée des Mr. Muscles, à la suite de Jason Statham et Dwayne Johnson, eux-mêmes successeurs de Scharzenegger et Stallone, eux-mêmes héritiers de… etc. etc.

 

« THOR : RAGNAROK » (2017)

Troisième opus de la franchise, « THOR : RAGNAROK » du néozélandais Taika Waititi prend un virage en épingle à cheveux par rapport aux précédents en adoptant d’emblée un ton d’autodérision, en multipliant les « one liners » plus ou moins drôles et en affichant un mauvais goût visuel sidérant réminiscent des eighties.THOR3.jpg

À quoi cela ressemble-t-il ? Disons au « FLASH GORDON » de 1980 fusionné avec une attraction de fête foraine. Le sommet est atteint avec les séquences de jeux du cirque menées par un Jeff Goldblum hilare, en totale roue-libre, un personnage périphérique qui prend une place démesurée. On retrouve donc à peu près tout le monde pour ce n°3 plus que bordélique, où Thor doit non seulement empêcher la fin du monde programmée par sa propre sœur, qui n’est autre que la déesse de la mort (sic !) mais en plus perd ses cheveux (rasés par Stan Lee en personne) et même un œil au passage. Pourquoi ? On ne sait pas trop. Et que dire de ce pauvre Hulk, traité de façon ouvertement comique, en grosse brute imbécile et gaffeuse ? C’est tellement idiot qu’on se surprend à sourire parfois (impossible de résister quand Mark Ruffalo s’écrase comme une fiente sur le pont !). Mais le film, qui a tout du jeu vidéo hypertrophié, finit par assoupir le plus courageux. Et quand se déchaîne la fameuse « baston finale » règlementaire, ça n’en finit plus de finir. Tout espoir de scénarisation est abandonné pour une surenchère de CGI soûlante et abêtissante.

Natalie Portman a disparu (pas folle, la guêpe), les comparses habituels sont cavalièrement éliminés, Anthony Hopkins se retrouve à l’hospice (re-re-sic !) et Tom Hiddleston continue de trahir à tout-va. En super-méchante invincible, Cate Blanchett s’amuse bien, mais on a l’impression de l’avoir déjà vue plusieurs fois dans cet emploi. Seules heureuses surprises : l’apparition de Benedict Cumberbatch en Dr. Strange et surtout les caméos hilarants – et en clin d’œil à Shakespeare et « HAMLET » – de Matt Damon et Sam Neill, en acteurs de théâtre rejouant la geste héroïque de ‘Loki’ sur la place publique. Jolie mise en abyme. Quel dommage que l’humour n’ait pas toujours été de ce niveau !

 

« THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » (2013)

« THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » d’Alan Taylor est le second film de la franchise (bien que le personnage central apparaisse dans d’autres productions Marvel. Oui c’est un peu confus !) et il permet de retrouver, deux ans plus tard, le fils d’Odin et à peu près tous ses compagnons.THOR2

Cette fois-ci, le scénario s’apparente davantage à de l’heroic fantasy qu’à de la science-fiction pure et dure. En fait, on dirait un mélange de « GAME OF THRONES » et de « STAR WARS ». C’est à la fois simple et incompréhensible : un méchant Elfe noir (sic !) attend que tous les mondes s’alignent (re-sic !) pour retrouver « l’Éther », une substance dévastatrice, et ainsi annihiler l’univers tout entier, y compris bien sûr la planète de Thor. S’ensuit une succession de bagarres plus épiques les unes que les autres et la mort – parfois temporaire – de quelques protagonistes.

Ce n’est pas vraiment ennuyeux, guère passionnant non  plus, il faut bien le dire. Les CGI omniprésents sont réussis, mais finissent par fatiguer l’œil et à rendre tout cela uniforme et sans relief. On passe d’un système solaire à l’autre en un clin d’œil, on détruit des cités entières, on se balance des rayons d’énergie à la figure et… on s’en fiche un peu ! On peut noter que Chris Emsworth n’a pas teint ses sourcils en blond pour ce second opus ce qui lui donne un air moins sot, que Natalie Portman et Rene Russo font un peu moins tapisserie, qu’Anthony Hopkins semble bien fatigué, qu’Idris Elba a dû être très bien rémunéré pour accepter un rôle aussi inepte et que Stellan Skarsgård s’est sûrement bien amusé à jouer son savant à moitié fou, circulant en slip-kangourou. Tom Hiddleston parvient à apporter une certaine densité à son ‘Loki’ imprévisible et tête-à-claques, aussi increvable qu’un Michael Myers.

À voir d’un œil distrait donc, comme la grosse BD animée qu’il est, « THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » se clôt – évidemment ! – sur une fin ouverte. À noter que le petit épilogue, à la fin du générique, permet de retrouver Benicio Del Toro.