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Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« LIFE : ORIGINE INCONNUE » (2017)

À la base, « LIFE : ORIGINE INCONNUE » est un pur et simple remake de « ALIEN », avec pour principale différence la nature même du tueur extra-terrestre qui n’a cette fois-ci rien d’humanoïde, ce qui le rend paradoxalement encore plus crédible et effrayant.LIFE

Sobrement mais efficacement réalisé par Daniel Espinoza, le film déroule son scénario simple et linéaire dans un joli crescendo de suspense, non sans avoir pris la peine de bien dessiner les personnages avant que ne débute le jeu de massacre. Cela crée une réelle empathie et donc une plus forte implication du spectateur. Dans cet univers en apesanteur permanente, une petite équipe de pilotes, de chercheurs et de techniciens ramène à la vie une simple cellule organique prélevée sur Mars. Minuscule et presque « mignonne » au début, elle se transforme rapidement en espèce de poulpe vorace à la force phénoménale.

Malgré de gros emprunts au film de Ridley Scott, matrice de tous les films de « monstres dans l’espace », « LIFE » est une belle réussite. Impossible de détacher les yeux de l’écran une seconde ! Les poussées d’adrénaline sont nombreuses, la trouille d’excellente qualité et les CGI tellement bien intégrés qu’on ne se rend même plus compte de leur présence.

Au sein d’un casting homogène, Jake Gyllenhaal est très bien en ex-soldat paumé qui s’est exilé dans l’espace. Rebecca Ferguson et Ryan Reynolds dans un rôle relativement bref, sont eux aussi irréprochables.

Pour pleinement apprécier « LIFE », il ne faut donc surtout pas rechercher l’originalité ou la surprise (même si le twist final est bien amené), car il s’inscrit dans une tradition de science-fiction mâtiné d’horreur qui a ressassé jusqu’à plus-soif les mêmes données. Mais pour ce qu’il est, il vaut vraiment le détour.

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« JUNGLE » (2017)

Connu et respecté pour ses deux « WOLF CREEK » et pour « ROGUE » (chroniqués ici-même), l’australien Greg McLean tourne le dos au cinéma de genre pour s’essayer à l’adaptation du livre d’un Israélien qui a survécu à plusieurs semaines de solitude et de famine dans la jungle bolivienne.JUNGLE

Le premier tiers de « JUNGLE » est consacré à la rencontre de trois randonneurs avec un guide allemand plus ou moins suspect qui les entraîne vers un improbable Eldorado jusqu’à ce que l’aventure tourne au désastre. Les relations entre les quatre hommes constituent un bon condensé de la vie en société. Le reste du film devient une sorte de ‘survival’ mystique à la façon de « ALL IS LOST » : l’homme civilisé confronté à la cruauté intrinsèque de la Nature, poussé aux limites de sa résistance physique et jusqu’aux confins de la folie. C’est Daniel Radcliffe, l’ex-Harry Potter, qui occupe 90% du film dans un de ces rôles extrêmes dont raffolent les acteurs soucieux de changer d’image. Il maigrit à vue d’œil, perd les pédales, dialogue avec Dieu. Il s’en sort bien, mais force est de reconnaître qu’il ne donne pas énormément de relief à son personnage et ne change pratiquement pas d’expression pendant deux heures. Les seconds rôles sont excellents, en particulier Thomas Kretschmann qui joue le guide macho et illuminé avec une belle ambiguïté.

Hormis quelques flash-backs franchement redondants et des séquences de rêve qui font complètement sortir du film, « JUNGLE » est une réussite. On s’immerge à fond dans ce ‘bad trip’ existentiel et certaines scènes – dont l’avant-dernière – sont d’une exceptionnelle intensité dramatique. McLean, et c’était déjà perceptible dans « WOLF CREEK » a un don pour générer la peur avec très peu de choses, pour faire monter peu à peu la pression aussi. Un cinéaste à suivre, quoi qu’il en soit, en espérant qu’il n’abandonne pas ce cinéma de terreur physique et viscéral où il excelle.

 

« CASINO ROYALE » (1967)

CASINOROYALE2« CASINO ROYALE », réalisé à quatre mains dont celles de John Huston, se voudrait une folie autour de la folie 007 qui déferlait alors sur le monde à chaque sortie d’un nouveau James Bond. C’est écrit – enfin, si on veut – dans cet esprit ‘camp’ qui faisait fureur avec les séries TV « BATMAN » ou « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » et… cela dure plus de deux heures.

Que dire ? C’est quasiment irregardable aujourd’hui, mais ça devait déjà l’être hier. Une sorte d’énorme pudding composé de sketches disparates, reliés par une trame très vague et sans intérêt. L’humour est lourd, répétitif, les décors sont hideux. La seule raison d’endurer tout cela est la BO vintage de Burt Bacharach qui insuffle un semblant d’entrain à la chose et l’avalanche de ‘guest stars’ et de jolies filles qu’on dirait échappées d’un show de Jean-Christophe Averty.

David Niven est un Bond vieillissant et précieux, Peter Sellers incarne… on ne sait pas très bien qui, Orson Welles s’autopastiche avec verve et Woody Allen, si peu drôle qu’il en devient embarrassant, joue le neveu débile et maléfique de Bond. Heureusement, Ursula Andress, Daliah Lavi, Barbara Bouchet et Jacqueline Bisset sont ravissantes, Joanna Pettet est une Mata-Hari très craquante. Le temps de fugitifs caméos, on reconnaît George Raft avec sa pièce de « SCARFACE », William Holden en agent de la CIA, Peter O’Toole jouant de la cornemuse et même Jean-Paul Belmondo en légionnaire moustachu et jovial. Mais celle qui émerge vraiment, c’est Deborah Kerr irrésistible en châtelaine écossaise à l’accent à couper au couteau et à la libido exigeante.

« CASINO ROYALE » est le film d’une époque, dont il résume parfaitement les excès, les complaisances, la liberté aussi. On se demande tout de même comment, après avoir lu le scénario, autant de vedettes devant et derrière la caméra ont pu apposer leur signature au bas d’un contrat.

CASINORPYALE

JOANNA PETTET, DAVID NIVEN, JEAN-PAUL BELMONDO ET JACQUELINE BISSET

 

« WESTWORLD » : saison 1 (2016)

Inspirée du film « MONDWEST » (1973) de Michael Crichton, produite entre autres par J.J. Abrams, la série HBO « WESTWORLD » en recrée l’univers artificiel avec les fastes numériques d’aujourd’hui tout en préservant la thématique originelle : l’effet sur des citoyens lambda d’un parc d’attraction pour adultes, dont les résidants sont des robots quasi-humains auxquels on peut faire subir tous les sévices possibles et imaginables sans la moindre conséquence.WESTWORLD

Mais sur ces bases, les auteurs évoluent vers quelque chose de plus philosophique : le changement des « machines » qui développent une sensibilité évolutive et même ce qu’on ne peut appeler autrement qu’une âme. On a déjà vu cela dans « BLADE RUNNER » et le second « TERMINATOR », mais « WESTWORLD » va au fond des choses, quitte à devenir excessivement bavard, prétentieux, répétitif jusqu’à l’exaspération voire parfois complètement abscons. C’est admirablement produit et filmé, interprété par un cast magistral, mais au bout de trois ou quatre épisodes, on commence à se dire que cela aurait pu être raconté en un seul long-métrage de 140 minutes et qu’il y a tout de même trop de remplissage.

Evan Rachel Wood tient le rôle central du « cyborg » trop humain, Anthony Hopkins nage comme un poisson dans l’eau en maître du jeu suave et omniscient, Ed Harris remplace Yul Brynner dans l’emploi de « l’homme en noir » même si son rôle est totalement différent, Jeffrey Wright tient parfaitement son personnage à multiples facettes et Thandie Newton a rarement été plus convaincante, assumant qui plus est une nudité quasi-permanente avec une grâce et un naturel épatants.

On reste donc partagé et circonspect devant cette 1ère saison de dix épisodes, qui impose le respect par sa perfection technique et certaines trouvailles scénaristiques, mais laisse une sensation frustrante tant elle s’écoute parler et finit par moments, par noyer le poisson dans l’eau. L’amateur inconditionnel de western et de SF y trouvera certainement son bonheur.

 

« 47 METERS DOWN » (2017)

Autant prévenir tout de suite l’amateur jamais remis des « DENTS DE LA MER » : « 47 METERS DOWN » n’est pas à proprement parler un « film de requin ». Il y en a, bien sûr, mais ils font figure de menace quasi-abstraite et n’apparaissent que fugitivement dans des moments-choc bien précis.47

L’auteur-réalisateur Johannes Roberts a manifestement beaucoup apprécié « GRAVITY » et « ALL IS LOST », ce qui l’a poussé à en signer un avatar claustrophobique sur l’Homme (la Femme, en l’occurrence) seul face à la nature hostile. Deux sœurs sont en vacances au Mexique et décident d’aller plonger dans une cage à requins pour observer les monstres de près. Mais le treuil du bateau se brise et la cage se retrouve à 47 mètres au-dessous (d’où le titre) échouée sur le fond. Et nos héroïnes, pour corser l’affaire, n’ont plus que très peu d’oxygène. Avec ce genre de postulat, le suspense naît automatiquement de lui-même et il faut vraiment être un total manchot pour rater son coup. De fait, malgré un scénario squelettique, le film tient en haleine jusqu’au bout.

Rien de fabuleux pourtant dans ces plans répétitifs, un brin monotones à la longue, mais Mandy Moore et Claire Holt jouent parfaitement la panique montant crescendo. Et on notera tout de même une longue séquence très réussie et stressante à souhait : le sauvetage d’une sœur par l’autre, la remontée, et… Mais ne spoilons pas le meilleur moment de « 47 METERS DOWN », le seul qui vaille vraiment la peine qu’on y jette un coup d’œil !

Dans un rôle secondaire de capitaine « gringo », on reconnaît Matthew Modine, inchangé malgré sa barbe blanche. Pas grand-chose à dire donc, de ce produit un brin opportuniste, qui emprunte un peu trop visiblement à ceux qui l’ont précédé, cités plus haut. Mais c’est bien fichu, avec deux ou trois poussées d’adrénaline bien maîtrisées. Un honnête passe-temps.

 
 

« SNIPER : GHOST SHOOTER » (2016)

« SNIPER : GHOST SHOOTER » est le 6ème opus de la franchise initiée en 1993 et il commence à être impossible de la distinguer d’une honnête série TV du style « 24 HEURES CHRONO » ou « HOMELAND ».SNIPER6

Réalisé par Don Michael Paul, spécialisé dans les sequels destinées au DTV, ce film ne présente aucun intérêt au niveau scénaristique, mais focalise son action sur l’utilisation des drones porteurs de missiles et sur les tourments de son héros, le sniper junior Chad Michael Collins, qui comprend peu à peu qu’une sale guerre doit être faite salement.

Le dialogue est une pénible enfilade de clichés, les personnages sont taillés dans la masse, voire complètement ridicules, comme cette commanditaire blonde (Stephanie Vogt) au physique de top model mûrissante. D’ailleurs, il est à noter que la présence féminine dans les équipes de tireurs est valorisée dans ce n°6. Outre Collins, toujours aussi transparent, on retrouve les habitués Billy Zane – un peu empâté – en officier bourru et Dennis Haysbert en colonel à « grosse voix ».

On visite İstanbul et la Géorgie, on s’ennuie un peu, mais on se réveille à chaque grosse séquence d’action. Et heureusement, elles sont nombreuses ! Comme toujours dans ces films, les fusillades sont d’un réalisme impressionnant et on sent que le gros du budget a été placé dans ces moments-clés, qui justifient l’existence du produit. Les échanges de coups de fusils à longue portée créent une réelle tension et l’impact des balles est d’un réalisme à faire frémir. On parle souvent du personnage de ‘Beckett’ père, sans jamais le voir, mais on devine qu’on va le retrouver dans le prochain numéro intitulé : « SNIPER : ULTIMATE KILL » tourné l’année suivante. Une étrange série de films, basée sur la mort à distance, mais qui continue de fonctionner bon an, mal an, sans qu’on comprenne très bien pourquoi. Le soin apporté aux extérieurs et aux effets-spéciaux y est sûrement pour quelque chose.

 

« WONDER WOMAN » (2017)

Héroïne emblématique de la firme DC, Wonder Woman était déjà apparue en 2016 dans « BATMAN v SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE », avant de devenir, l’année suivante, le sujet même de « WONDER WOMAN ».WW

Réalisé par Patty Jenkins (« MONSTER »), le film retrace la jeunesse de ‘Diana’ sur une île issue de la mythologie grecque et peuplée d’amazones, son implication dans la WW1 et sa love story avec un bel espion (Chris Pine) qui l’entraînera jusque dans les tranchées. Scénaristiquement parlant, c’est n’importe quoi. Du pur délire. Mais il faut reconnaître que c’est très bien confectionné, que les CGI sont magnifiques et que Gal Gadot, absolument radieuse, fait une superhéroïne tout à fait convaincante et séduisante. De fait, sa quête d’Arès, le dieu de la guerre, sa naïveté face au monde « moderne », la découverte progressive de ses propres pouvoirs, finissent par donner un certain sens au spectacle et même à le rendre attachant. Cela n’empêche pas que, comme souvent dans ce genre de film, c’est beaucoup trop long, que le final pyrotechnique s’éternise au-delà du supportable et que le ridicule n’est pas tout à fait évité : on pense à David Thewlis avec sa petite moustache en dieu de l’Apocalypse ou au fez de Saïd Taghmaoui… Mais bon ! C’est un honnête produit pour ados, bourré d’action, d’humour bon-enfant.

Si le couple-vedette assure sans démériter, ils est bien entouré par Robin Wright et Connie Nielsen – qu’on est surpris de retrouver là-dedans – en guerrières carapaçonnées, Danny Huston en officier allemand méphistophélique, Ewen Bremner en sidekick comique et surtout Lucy Davis très drôle en secrétaire énergique.

« WONDER WOMAN » s’inscrit dans la saga DC et on reverra Diana Prince dans de nombreuses suites, au premier ou au second plan, n’en doutons pas une seconde. Tant qu’elle sera incarnée par Gal Gadot, nul ne s’en plaindra.