RSS

Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« DEEPWATER » (2016)

Réalisé par l’acteur-réalisateur Peter Berg (qui apparaît dans une silhouette au début), « DEEPWATER » s’inspire de l’incendie d’une plate-forme pétrolière américaine qui causa de nombreuses victimes.deepwater

Dès le début, on est en terrain familier : la construction du récit renvoie aux films-catastrophe d’Irwin Allen, les raisons du désastre découlent d’économies mal avisées de décideurs rapaces. On retrouve même des idées du plus récent « BACKDRAFT » : le pétrole est identifié comme un « monstre préhistorique », comme le feu était diabolisé dans le film de Ron Howard. Sans parler de la présence iconique de Kurt Russell qui relie encore les deux films !

C’est très bien fichu, bien sûr, les CGI frisent la perfection, mais les personnages sont tellement cliché, le dialogue si plat, qu’on a un mal fou à se passionner pour tout cela. Il faut vraiment attendre la dernière partie, où l’incendie et les explosions évoquent littéralement l’enfer de Dante, pour se sentir impliqué. C’est à partir de là qu’on voit les images les plus impressionnantes, que les enjeux humains commencent à se dessiner. Mais un peu tard tout de même.

Mark Wahlberg est plutôt bien en électricien héroïque, Russell assure en vieux cowboy buriné responsable de la passerelle, John Malkovich en fait des caisses en visqueux de service. Kate Hudson et Gina Rodriguez font ce qu’elles peuvent de rôles sans aucune épaisseur.

Sans son côté « inspiré de faits réels » et son épilogue composé d’un montage de séquences du procès où on découvre les véritables visages des protagonistes, « DEEPWATER » ne serait rien d’autre qu’un film à grand spectacle, une prouesse technique de plus, qui laisse après le mot « FIN » une étrange sensation de vide. Qu’est-ce que « LA PLATE-FORME INFERNALE » raconte de plus que « LA TOUR INFERNALE », quatre décennies après ? Pas grand-chose, hélas. Et on n’a même pas McQueen, Newman, Holden ou Dunaway pour aider à passer le temps.

 

« PENNY DREADFUL » : saison 3 (2016)

PENNY3Pour sa troisième et ultime saison, « PENNY DREADFUL » confirme un peu les craintes qu’on pouvait avoir quant à son avenir. Si l’univers décrit est toujours aussi ludique, sombre et visuellement fascinant, le développement scénaristique laisse toujours autant à désirer et paraît même souvent improvisé au fil de la plume. Les neuf épisodes semblent très inutilement étirés et auraient sûrement pu être condensés en six.

Cette saison multiplie les sous-intrigues : l’une d’elles nous entraîne au Far-West et on y retrouve Wes Studi en « dernier des Apaches » mystérieux et Brian Cox en rancher implacable. Une autre nous fait retrouver Dracula et Renfield, une autre encore transforme la fiancée de Frankenstein (Billie Piper) en suffragette sanglante (ce qu’il y a de plus faible dans le tricotage de la saison). Le nouveau personnage du ‘Dr. Jekyll’ est très mal exploité. L’épisode « A BLADE OF GRASS » se déroule entièrement en flash-back dans la cellule capitonnée d’un asile où Eva Green se désagrège mentalement mais trouve de la compassion chez son infirmier, le futur « monstre » Rory Kinnear. On revoit également Patti Lupone en psy, descendante de la sorcière de la saison précédente.

Tous les protagonistes se retrouvent finalement dans « THE BLESSED DARK », pour affronter Dracula et ses vampires-zombies lors d’une baston géante dans un vieil abattoir sombre. Rien de très convaincant donc pour clore cette saga victorienne au ‘pitch’ si intrigant et à l’exécution si hasardeuse. Reste bien sûr l’étonnante présence d’Eva Green, qui affine encore davantage son jeu à la fois intense et subtilement décalé et ironique. Elle a de très jolis face-à-face avec Lupone et la fin de son parcours tourmenté est émouvante.

Difficile de se montrer enthousiaste donc, pour cette 3ème fournée de « PENNY DREADFUL », série ambitieuse qui n’a jamais complètement tenu ses promesses, malgré un concept inventif, revivifiant les vieux mythes de l’horreur en les imbriquant les uns dans les autres. Cette saison délayée et trop bavarde permet de quitter ‘Vanessa Ives’ et ses compagnons sans trop de regrets.

PENNY3 2

WES STUDI ET EVA GREEN

 

« RESIDENT EVIL » (2002)

evil2À la base, l’idée même d’un film de zombies inspiré d’un jeu vidéo et offrant comme héroïne la Milla Jovovich de Besson, on ne peut pas dire qu’on se précipite. Mais en y regardant à deux fois, on se souvient que Paul W. S. Anderson avait réalisé un très convenable « SOLDIER » avec Kurt Russell, et on finit pas se dire « pourquoi pas ? ».

« RESIDENT EVIL » synthétise à lui tout seul l’expression « plaisir coupable » : l’univers est rapidement planté (une société tentaculaire qui régit le monde et trafique dans l’ADN et les virus), l’action réduite à sa plus simple expression : une bande de militaires escortant les survivants d’une attaque virale, poursuivis par des morts-vivants, des dobermans zombifiés et même un monstre génétiquement modifié. Le tout rythmé par des combats, des fusillades, des corps-à-corps. Pour enrober tout cela, on met en vedettes deux jolies femmes : Jovovich dans une petite robe rouge révélatrice en « Jason Bournette » retrouvant peu à peu la mémoire et Michelle Rodriguez en ‘tough girl’ au rictus menaçant. Elles sont entourées de quelques bons acteurs anglais comme James Purefoy, Colin Salmon et Jason Isaacs qui apparaît masqué dans un plan et récite la voix « off ».

À partir du moment où les zombies font leur apparition, et même si leur apparence semble bien proprette depuis « WALKING DEAD », on peut mettre son cerveau en mode « veille ». On n’a guère le temps de s’ennuyer, les F/X sont corrects, vu leur âge, certaines images comme ce rayon laser découpant les soldats en tranches, sont assez frappantes et le montage ne connaît pratiquement pas de temps mort. On n’est certes pas dans le haut-de-gamme de la SF contemporaine, mais « RESIDENT EVIL » n’a rien de déshonorant et ne se prend jamais au sérieux. Et Milla Jovovich crée une silhouette iconique des plus efficaces. L’épilogue post-apocalyptique ouvre la porte à des sequels (il y en aura cinq !) et pourrait même servir de point de départ à la première saison de « WALKING DEAD ».

evil

MILLA JOVOVICH ET MICHELLE RODRIGUEZ

 

« BUS 657 » (2015)

heistDès les premières images, on ressent quelque chose de très mécanique et artificiel dans le scénario de « BUS 657 ». Une histoire très « fabriquée », recyclant les postulats de classiques comme « UN APRÈS-MIDI DE CHIEN » (la motivation du héros pour commettre un hold-up) et « SPEED » (l’action concentrée sur un trajet en bus).

Si on ajoute à cela la présence de Robert De Niro, dans un rôle de directeur de casino (oui, comme dans…) impitoyable, on se dit que le réalisateur Scott Mann n’a vraiment pas cherché l’originalité à tout prix. De fait, son film peine à décoller, à impliquer et on suit tout cela avec détachement. Cela n’a rien de déshonorant, car très professionnellement confectionné, et Jeffrey Dean Morgan est excellent en croupier poussé au désespoir. Mais le dialogue est faiblard, les réactions des personnages sont complètement illogiques, voire absurdes et le cast est des plus inégaux : si Gina Carano est toujours aussi gauche mais attachante en fliquette compréhensive, si Kate Bosworth tire le maximum de son unique scène face à De Niro, Dave Bautista joue son rôle comme un avatar de Hulk et Morris Chestnut n’apporte aucune nuance à son porte-flingue.

« BUS 657 » est un thriller de plus, qu’on n’aurait jamais eu l’idée de visionner sans son intrigant casting. Celui-ci le maintient à peu près à flot jusqu’au dénouement où subitement, tout se précipite et qui bénéficie d’un « twist » complètement inattendu et plutôt gratifiant.

heist2

JEFFREY DEAN MORGAN, GINA CARANO ET ROBERT DE NIRO

Typiquement le genre de série B qui ne laisse strictement aucun souvenir, mais qui fait passer 90 minutes pas déplaisantes. Pourquoi Robert De Niro s’engage-t-il dans ce genre de produit est une question qui continuera longtemps à tarauder ses admirateurs de la première heure…

 

« COMANCHERIA » (2016)

Dès les premiers plans de « COMANCHERIA » à la photo légèrement surexposée, on se trouve replongé dans l’ambiance des polars ruraux et ‘hard boiled’ des seventies. Le film s’inscrit ensuite dans les travées d’œuvres plus récentes comme « UN MONDE PARFAIT » ou « NO COUNTRY FOR OLD MEN ». Étonnant d’ailleurs, de constater que ce cinéma si typiquement américain, enraciné dans le passé (le western n’est jamais très loin), est signé par un Écossais !hell

Le scénario suit deux tandems masculins : des frères (Chris Pine et Ben Foster) lancés dans une succession de hold-ups au Texas et des « Rangers » vieillissants (Jeff Bridges et Gil Birmingham) à leurs trousses.

Les frangins évoquent les personnages mythifiés de Jesse et Frank James, des hors-la-loi en guerre contre les banques qui spolient les pauvres et volent leurs maisons et leurs terres. Bridges synthétise les vieux héros de légende à la John Wayne, un pied dans la tombe, mais encore d’attaque.

Le charme du film provient de la caractérisation des protagonistes. Foster est excellent en psychopathe sympathique, prêt à tout pour son frérot, Chris Pine n’a jamais été meilleur qu’en brave type poussé au crime par l’injustice. Les scènes entre les rangers – dépeints comme un vieux couple ronchon – sont très drôles et bien écrites.

« COMANCHERIA », sans jamais s’imposer comme un « film d’action », est lent, mais bien équilibré, laissant la place au suspense, à l’humour, à l’émotion et même à quelques digressions instructives : on y apprend ainsi que le mot « Comanche » signifie « Ennemis pour toujours ». Information qui éclaire la dernière séquence et lui donne tout son sens. On y voit des hommes littéralement fossilisés dans le passé des pionniers, des femmes rêches et endurcies et on y ressent l’omniprésence des armes à feu.

Un film maîtrisé, qui en dit plus long qu’il n’en a l’air, et prône sans prêchi-prêcha la résistance contre un « système » qui réduit les hommes à néant.

 

« LE LOUP DES MERS » (1993)

WOLF

CHARLES BRONSON ET CHRISTOPHER REEVE

Déjà adapté pour le cinéma par Michael Curtiz (« LE VAISSEAU FANTÔME » en 1941, avec Edward G. Robinson), le roman de Jack London, « LE LOUP DES MERS » donne ici lieu à un téléfilm bien écrit et intelligemment casté, tourné avec les moyens du bord (c’est le cas de le dire) par le vétéran Michael Anderson (« ORCA », « L’ÂGE DE CRISTAL »), mais étonnamment authentique. Les nombreuses séquences sur le pont du bateau par exemple, sont toutes filmées avec un fort tangage incessant qui semble des plus réels.WOLF2

Après un naufrage, le mondain et oisif Christopher Reeve et la jolie voleuse Catherine Mary Stewart sont recueillis à bord du ‘Ghost’, navire du capitaine Wolf Larsen (Charles Bronson), despote violent haï de son équipage. C’est l’étude du caractère éminemment complexe et contradictoire de cet individu qui est au cœur du film : brute sadique et insensible, c’est aussi un homme cultivé, lecteur insatiable de poésie, de philosophie et de sciences. Il n’a qu’une obsession, retrouver et tuer son frère, surnommé… ‘Death’, mais il devient progressivement aveugle, ce qui le rend vulnérable aux mutineries qui se fomentent dans l’ombre. Les confrontations entre Reeve, qu’on voit changer peu à peu, et Bronson qui joue au chat et à la souris avec lui, sont bien dialoguées et passionnantes. L’un prenant un plaisir pervers à voir l’autre s’endurcir, céder à la violence pour survivre. Les deux acteurs sont excellents chacun dans leur registre et c’est un bonheur de voir un Bronson de 72 ans, enfin sortir de son non-jeu routinier, pour prendre un vrai personnage à bras-le-corps et lui donner une véritable épaisseur. Même s’il paraît un peu âgé par moments, son passé cinématographique joue pour lui, et il a plusieurs moments vraiment étonnants d’intensité. « Je préfère régner en enfer que servir au paradis », répète-t-il plusieurs fois au cours du film. Autour des deux protagonistes, liés par cette étrange relation frisant le SM, de bons seconds rôles comme Clive Revill en immonde cuistot affublé de toutes les tares, Len Cariou en médecin humain ou Marc Singer en marin insoumis.

« LE LOUP DES MERS » demeure malgré tout un téléfilm, tourné en plans serrés, sans réelle ampleur, en dépit de nombreux plans de coupe sur le bateau en pleine mer, apparemment « piqués » à un autre film. C’est sa limite. Mais le comeback inespéré de Bronson en tant que comédien plutôt qu’en icône vengeresse, vaut largement le coup d’œil, d’autant plus qu’il retournera ensuite à sa routine policière jusqu’à son dernier film, six ans plus tard.

WOLF3

CHRISTOPHER REEVE, LEN CARIOU ET CHARLES BRONSON

 

« DEMAIN NE MEURT JAMAIS » (1997)

demainSecond 007 avec Pierce Brosnan, « DEMAIN NE MEURT JAMAIS » est signé par l’ex-monteur canadien Roger Spottiswoode, devenu – après son excellent « UNDER FIRE » – un bien inégal réalisateur. Passé la surprise du précédent, de découvrir un nouveau et plutôt convaincant James Bond, on retombe directement dans la routine des films avec Roger Moore et c’est bien regrettable.

Jonathan Pryce, un magnat des médias, sorte de Trump à l’accent british, tient absolument à déclencher la 3ème guerre mondiale en dressant la Chine et le Royaume-Uni l’un contre l’autre. Envoyé à la rescousse, 007 va croiser une ex (Teri Hatcher) mariée à l’infâme, une homologue chinoise (Michelle Yeoh) qui envoie des coups de tatane, un tortionnaire à l’accent teuton (Vincent Schiavelli), un vague sosie peroxydé de Dolph Lundgren et même son vieux pote de la CIA (Joe Don Baker, qui a gardé sa chemise hawaïenne de « GOLDENEYE » et persiste à l’appeler « Jimbo ! »).

Tourné à l’ancienne, sur un rythme bien planplan, le film connaît de grosses chutes de tension dans sa seconde partie, paradoxalement lors des séquences d’action. Car au lieu de pimenter le scénario, elles le supplantent. Et se voir infliger une poursuite à moto aussi interminable, suivie de combats de kung-fu aussi inutiles, devient vite une épreuve des plus pénibles. Brosnan, étonnamment ectoplasmique, ne tient pas vraiment les promesses du précédent film. Il se balade, l’œil qui frise de rigueur, sans impressionner la pellicule. Déjà fatigué du rôle ? Ses partenaires étant aussi mollement dirigés que lui, on ne peut pas dire qu’il se fasse voler la vedette par quiconque : tout le monde est logé à la même enseigne, même Judi Dench pendant ses brèves interventions.

demain2

MICHELLE YEOH, PIERCE BROSNAN, JOE DON BAKER ET TERI HATCHER

« DEMAIN NE MEURT JAMAIS » regorge de gadgets, de cascades, d’explosions dantesques et de repaires secrets aussi crédibles que la Bat-cave. Et il ne possède même pas la patine des premiers Connery. Est-ce ce film-là qui a particulièrement vieilli ou toute la franchise ? À suivre…