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Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« TAKEN 2 » (2012)

Quatre ans après, revoici Liam Neeson dans un peu nécessaire « TAKEN 2 », avec grosso-modo la même équipe hormis le réalisateur. Tourné cette fois à Istanbul, le film reprend le schéma du précédent à la différence que c’est Neeson qui est kidnappé et qui appelle sa fille à la rescousse (sic !).taken2

Que dire qu’on n’ait pas déjà exprimé sur le n°1 ? Le scénario est d’une naïveté désarmante, il arrive à bout de souffle après une heure environ et compense le déficit de tension dramatique par une orgie de combats à mains nues et de poursuites en voiture. Peut-être parce qu’on sait maintenant à quoi s’attendre, le film paraît peut-être plus fluide que le précédent, mais il faut à nouveau faire preuve d’une colossale suspension d’incrédulité pour gober certaines situations comme la méthode absurde de notre héros pour se situer : lancer de grenades, ouïe hyper-développée, etc.

Si Maggie Grace n’a pas fait beaucoup de progrès, Famke Janssen voit son rôle s’étoffer un peu (pas trop) et le méchant-en-chef, Rade Serbedzija, est franchement inquiétant, ce qui aide à lester un peu le suspense et à rendre les enjeux plus crédibles (pas trop non plus !). Reste une fois encore l’ami Liam Neeson, un peu alourdi, le visage marqué, très mal à l’aise dans les séquences familiales où il est gauche et emprunté, mais excellent dans l’action physique. Sa haute silhouette, son expression tendue font toujours leur effet et c’est uniquement grâce à lui qu’on parvient à ne pas zapper après la délirante séquence de l’ambassade américaine.

De belles vues de la Turquie, des méchants basanés et mal rasés pittoresques, font de « TAKEN 2 » un spectacle totalement gratuit et sans le moindre enracinement dans le réel. C’est une sorte de BD décomplexée et frénétique, à voir d’un œil distrait et en mettant son sens critique en mode « off ».

 

« LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » (1981)

raiders2Conçu comme un hommage aux vieux serials d’aventures des années 40, mais bénéficiant de moyens qu’ils n’avaient jamais eus, « LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » a, en son temps, ressuscité un cinéma d’aventures de pure distraction, sans céder à la nostalgie.

Écrit par l’excellent Lawrence Kasdan, réalisé par Steven Spielberg entre l’échec de « 1941 » et le triomphe de « E.T. », le film a très bien passé le cap des années et se laisse regarder aujourd’hui avec autant de plaisir qu’à sa sortie.

Le scénario empreint de mysticisme et d’ironie, pivote autour d’une formidable figure de héros qui, à bien y regarder, doit beaucoup à Superman. Indiana Jones est à la fois un « geek » binoclard et un baroudeur increvable maniant fouet et revolver. C’est pour un Harrison Ford de 39 ans, l’occasion de trouver le rôle de sa vie, son jeu très au premier degré et fait de mimiques cocasses, épousant idéalement les contours de ce personnage échappé d’une BD. Son chapeau, son blouson de cuir font partie de l’Histoire du cinéma populaire. Spielberg s’en donne à cœur-joie, multipliant les plans « à effet », les poursuites dantesques, les explosions, jetant ses héros au milieu des mygales et des serpents venimeux. C’est très enfantin et joyeux, même si parfois assez violent, voire sanglant (le soldat déchiqueté par une hélice). Mais les petits gags visuels font mouche (le sabreur arabe descendu froidement par Indy, le cintre pliant, le singe faisant le salut nazi) et la BO ininterrompue de John Williams, soutenue par les images somptueuses de Douglas Slocombe, s’imposent comme les véritables vedettes du film. Autour de Ford, de bons comédiens, dont la délicieuse Karen Allen en dure-à-cuire sexy à la bonne descente et au poing leste.

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HARRISON FORD ET KAREN ALLEN

À voir et revoir comme on relit une bande-dessinée qu’on connaît déjà par-cœur. Du cinéma de pur « entertainment » remarquablement confectionné et qui n’a pas pris une ride.

À noter pour la petite histoire : si irremplaçable dans le rôle d’Indiana Jones, Ford n’a fait que remplacer au pied-levé Tom Selleck pour qui le personnage avait été originellement écrit. Autre changement de casting : Wolf Kahler qui prit la place de Klaus Kinski dans le rôle du colonel nazi.

 

« THE SPIRIT » (2008)

spirit2Inspiré du comics de Will Eisner créé dans les années 40, « THE SPIRIT » reprend les grandes lignes de la BD et les fusionne avec la technique familière de Frank Miller depuis les adaptations de ses propres « graphic novels » : « 300 » et « SIN CITY ». C’est-à-dire un tournage entièrement sur fond vert avec des décors recréés par CGI en post-production.

Pourquoi pas ? Le premier « SIN CITY » était visuellement très beau. Mais se retrouvant seul aux commandes de « THE SPIRIT », Miller opte pour un ton bizarre, entre l’hommage au ‘film noir’ et la bouffonnerie en roue-libre. Ce qui nous vaut un numéro de cabotinage de Samuel L. Jackson absolument insupportable, dès sa première apparition à l’image. Et comme le héros, Gabriel Macht, n’a strictement aucune personnalité ou semblant de présence, on est obligé de subir les délires de Jackson déguisé en nazi et autres joyeusetés.

Alors oui, l’image est souvent belle, certains plans sont de vrais tableaux, on trouve çà et là et jolies idées (le chat qui suit Spirit partout, les flash-backs sur l’enfance du héros), mais dans l’ensemble c’est un énorme n’importe quoi informe, jamais drôle et qui – pire que tout – ne parvient même pas à intéresser à son pauvre embryon d’intrigue (le sang d’Hercule qui rend immortel ?).

Seule raison de jeter malgré tout un coup d’œil ? Le goût certain du réalisateur pour les « bombes atomiques », puisqu’il réunit rien moins que Eva Mendes d’une sensualité décoiffante, Scarlett Johansson très pince-sans-rire en ‘sidekick’, Sarah Paulson en sage girl friend et dans un petit rôle Paz Vega en danseuse adepte des lames tranchantes. De quoi se consoler un peu du ratage généralisé.

Une belle occasion ratée que ce « SPIRIT », qui aurait pu être un mix de Dick Tracy et Batman et qui n’est, au bout du compte, pratiquement rien. Énervant !

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EVA MENDES, SAMUEL L. JACKSON, SCARLETT JOHANSSON, GABRIEL MACHT ET PAZ VEGA

 

« GOLDENEYE » (1995)

goldeneye« GOLDENEYE » marque les débuts de Pierce Brosnan, 42 ans, dans le rôle de James Bond 007. À première vue, il semble représenter le compromis idéal entre la virilité agressive de Sean Connery, la suavité de Roger Moore et le côté terre-à-terre d’un Timothy Dalton. De bons augures, donc.

Et d’ailleurs, il ne déçoit nullement. C’est plutôt le film lui-même qui peine à trouver son rythme de croisière : les enjeux dramatiques sont quasi-inexistants, les coups de théâtre prévisibles dès les premières séquences (Sean Bean serait-il en seconde position au générique s’il mourait réellement au bout de dix minutes ?), les seconds rôles caricaturaux à l’excès et les incursions à Moscou, Cuba ou Monaco uniquement justifiées par le besoin d’en mettre plein la vue.

C’est l’opulence des moyens mis en œuvre, le soin apporté aux scènes d’action et, il faut bien le dire, la beauté des ‘Bond girls’ Izabella Scorupco et Famke Janssen (drôle en tueuse qui fait un orgasme à chaque fois qu’elle tue quelqu’un), qui empêchent de s’ennuyer à mourir. Car franchement, savoir si les missiles atteindront leur but et si l’Angleterre « retournera à l’âge de pierre » (sic), on s’en fiche comme de notre premier Walther PPK.

Brosnan donc, est la bonne surprise du film. Il entre dans les smoking de 007 avec décontraction et détachement. Son face-à-face avec le nouveau « M » campé par une femme pour la première fois, et pas n’importe laquelle, Judi Dench, donne lieu à de savoureux échanges de vacheries. Parmi les comparses, on retrouve avec bonheur Joe Don Baker en agent de la CIA « ricain » jusqu’au bout des ongles, Alan Cumming qui en fait des tonnes en geek moscovite et dans une rapide apparition, Minnie Driver hilarante en chanteuse russe braillant « Stand by your man » comme une casserole.

« GOLDENEYE » se situe donc dans une honnête moyenne de la franchise des 007 et propose un Bond séduisant et encore jeune.

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PIERCE BROSNAN, JUDI DENCH, IZABELLA SCORUPCO ET JOE DON BAKER

 

« MECHANIC : RESURRECTION » (2016)

Avant tout, la bonne nouvelle, c’est que « MECHANIC : RESURRECTION » n’a absolument plus aucun rapport, même lointain avec « LE FLINGUEUR » des années 70, à part le patronyme du personnage principal. Ce qui coupe court à l’agacement du cinéphile accro au film de Michael Winner. Jason Statham a plutôt été recyclé en émule de 007, de Jason Bourne, du Ethan Hunt de « MISSION : IMPOSSIBLE » et de… McGyver.mechanic2

Cinq ans après le premier opus, Statham revient donc, quasi-quinquagénaire, avec plus de muscles, davantage de barbe et encore moins de cheveux. Le scénario fait des pieds et des mains pour transformer ce tueur-à-gages en « héros » à part entière : Bishop ne tue plus pour de l’argent (beurk !), mais parce qu’on veut l’obliger à assassiner en kidnappant sa fiancée, elle-même faisant dans l’humanitaire au Cambodge ! Nous sommes donc entre gens de bonne compagnie. Tout est à l’avenant dans ce film débile mais sympathique… Voyages à travers le monde totalement inutiles, séquences d’action qui s’enchaînent mais sans réel suspense, puisque Bishop est 100% inoxydable et s’en sort toujours sans la moindre égratignure, naïvetés énormes (la façon dont il se fait envoyer au bagne), scènes téléphonées (la piscine suspendue). On comprend vite qu’on ne doit surtout pas prendre tout cela au sérieux. C’est du spectacle pour ados fans de grosses bastons et de super-héros de BD. À ce jeu-là, Statham est irremplaçable. Il ne laisse filtrer aucune émotion, assure à fond dans le mouvement félin et les prouesses physiques. Il est bien entouré par Jessica Alba toujours aussi belle, si elle n’est toujours pas devenue une grande tragédienne, par les vétérans Michelle Yeoh et Tommy Lee Jones venus en voisins toucher un gros chèque. Tout le monde a l’air de bien s’amuser et de profiter des magnifiques paysages de Thaïlande. On est bien contents pour eux !

Si le premier film s’efforçait de « moderniser » celui de 1972, celui-ci lorgne du côté des blockbusters d’espionnage actuels et marque probablement le vrai début d’une ‘franchise’ pour l’ami Statham coutumier des sequels après « HYPER-TENSION », « LE TRANSPORTEUR », « EXPENDABLES » et « FAST & FURIOUS ».

 

« STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » (1991)

trek6-2« STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » est l’ultime long-métrage de la franchise interprétée par le cast d’origine, le second réalisé par Nicholas Meyer et le dernier auquel ait participé le créateur Gene Roddenberry mort la même année.

Le grand plaisir est déjà que le long voyage dans les étoiles s’achève en beauté pour le capitaine Kirk et ses amis. C’est en effet un des meilleurs films de la série, celui qui parvient à parfaitement équilibrer l’aventure pure et dure (les séquences sur la planète pénitentiaire) et un message de paix et de tolérance encore valide aujourd’hui. Le scénario, très élaboré se permet même des échappées dans le ‘whodunit’ et le ‘courtroom drama’, des coups de théâtre, des corps-à-corps brutaux et même un humour irrévérencieux bienvenu. On ne s’ennuie pas une seconde, on ne ressent même plus l’envie de se gausser, malgré le look insensé de certains aliens (Kurtwood Smith, qui semble échappé d’un Kurosawa vaut le coup d’œil !) et l’âge plus que canonique de nos chers héros qui parviennent difficilement à faire encore illusion.

L’équipage a donc vécu sa vie de 1967, le premier épisode de la série TV à 1991, le présent film de cinéma. Autrement dit un quart de siècle d’existence. Ce qui est déjà plus qu’honorable. « STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » est vraiment une jolie réussite pleine de nostalgie et d’autodérision. Tous les habitués sont au rendez-vous, même George Takei promu capitaine sur un autre vaisseau. Et les « guests » valent le détour : Christopher Plummer en verve dans un rôle de général klingon borgne citant Shakespeare (« Être ou ne pas être », dit-il en voyant une torpille lui arriver droit dessus !), Kim Cattrall est très bien en Vulcaine pas très fiable, Iman joue une sorte de caméléon fumant le cigare (sic !) et David Warner – qui jouait un autre personnage dans le film précédent – incarne un diplomate klingon. On aperçoit brièvement et à contrejour Christian Slater dans un caméo non-mentionné au générique.

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WILLIAM SHATNER, CHRISTOPHER PLUMMER, LEONARD NIMOY ET KIM CATTRALL

Adieu à l’équipe de l’Enterprise donc, qui malgré les décors improbables, les costumes ridicules et les F/X désuets, est parvenue à susciter une réelle affection chez son public. Le dernier speech de Kirk est étrangement… émouvant !

 

« STAR TREK V – L’ULTIME FRONTIÈRE » (1989)

trek5Après que son collègue Leonard Nimoy ait réalisé les deux précédents films de la franchise, c’est au tour de William Shatner de signer l’histoire originale et de mettre en scène le 5ème opus : « STAR TREK V – L’ULTIME FRONTIÈRE ».

Le film démarre comme un étrange mélange de « LAWRENCE D’ARABIE » et « MAD MAX 2 », puis le méchant (Laurence Luckinbill) s’avère être le demi-frère de Spock, dont on n’avait jamais entendu parler auparavant, comme de bien entendu. Il s’empare de l’Enterprise et entraîne tout le monde dans sa quête exaltée de… Dieu. On rejoint un peu les préoccupations du premier film signé Robert Wise, mais ici dans une confusion mentale extrême et une absence totale de cohérence. Nos héros se retrouvent tout de même face à une gigantesque tête lumineuse (et barbue) qui lance des éclairs par les yeux et la métaphysique de mue soudainement en dessin-animé japonais auquel on ne comprend plus rien ! Au milieu de cette bouillie philosophico-religieuse, Shatner glisse une critique de la psychanalyse et de ses dangers et s’attarde sur l’amitié entre Kirk et Spock, dont le sous-texte crypto-gay devient si aveuglant, que Spock lui-même réfrène les élans affectueux du capitaine en lui disant : « Allons, Jim ! Pas devant les Klingons ». La meilleure réplique du film, d’ailleurs.

Frisant fréquemment le n’importe quoi absolu (une Nichelle Nichols presque sexagénaire dansant nue pour attirer des sentinelles, la love story naissante entre la même Nichelle et le bouffi ‘Scotty’), ce n°5 n’en demeure pas moins sympathique par son autodérision permanente, ses héros vieillissants et complices, sa naïveté visuelle pré-CGI qui fait retomber en enfance. Certainement pas le plus passionnant de la série, mais si on a 106 minutes à tuer, pourquoi pas ? Et puis… ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir Dieu s’engueuler avec le capitaine Kirk !

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WILLIAM SHATNER, LEONARD NIMOY, NICHELLE NICHOLS ET DeFOREST KELLEY