RSS

Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« SEPT ANS AU TIBET » (1997)

Inspiré des mémoires de Heinrich Harrer contant sa relation, pendant la WW2, avec le tout jeune Dalaï Lama, « SEPT ANS AU TIBET » de Jean-Jacques Annaud est une copieuse fresque hollywoodienne, réminiscente du « DERNIER EMPEREUR » de Bertolucci.TIBET.jpg

Évidemment, il faut prendre un peu sur soi pour accepter que le « héros » de l’aventure, auquel on est donc censé s’identifier, soit un bel Aryen nazi, un blondinet égotique arrogant et tête-à-claques. Le fait que l’excellent Brad Pitt l’incarne, aide à se faire à cette idée. Et pendant la première partie, son personnage ressemble à un avatar teuton de Steve McQueen dans « LA GRANDE ÉVASION ». Sa relation tendue avec son compagnon de route David Thewlis, donne du cœur à un scénario trop lisse et ripoliné. Mais dès la rencontre avec le « Kundun », le film bascule dans l’hagiographie béate et dégoulinante. Le fait que les Allemands s’expriment entre eux en anglais avec un léger accent, que des Asiatiques d’Hollywood comme BD Wong ou Mako tiennent des rôles centraux, fait perdre de la crédibilité au film. Les paysages sont majestueux, le format Scope est très bien utilisé et Pitt porte le film sur les épaules avec finesse. Sa métamorphose du nazillon puant au quasi-dévot n’aurait sans doute pas été aussi convaincante entre les mains d’un autre comédien. Mais cela ne suffit hélas, pas à se passionner pour cette pourtant belle aventure. C’est beaucoup trop long, introspectif, voire naïf par moments. À voir toutefois, pour la reconstitution historique parfaite, pour les intérieurs des temples à Lhassa, la beauté des costumes, etc. Mais « SEPT ANS AU TIBET » est une œuvre trop sage, académique, sans réel point-de-vue, comme un carnet de voyages plaisant et glacé. Quant à l’épilogue larmoyant en Autriche, on s’en serait volontiers passé.

 

 

« X-MEN : DARK PHOENIX » (2019)

Écrit et réalisé par Simon Kingberg, « X-MEN : DARK PHOENIX » est le dernier en date des films de la franchise créée par Stan Lee et se focalise sur le personnage de Jean Grey, incarnée pour la seconde fois par Sophie Turner de « GAME OF THRONES ».XM
Honnêtement, on ne sait plus trop que dire sur ces films de super-héros, de plus en plus tourmentés, hantés par leur passé, débordés par leurs propres pouvoirs et confrontés à des ennemis toujours plus improbables. Ici, l’héroïne englobe la puissance d’une supernova cosmique (ou quelque chose dans le genre) et devient un danger pour elle-même et aurui. Ce pouvoir incommensurable est convoité par une Jessica Chastain peroxydée, qui n’est autre qu’une extra-terrestre prête à tout pour conquérir notre planète. Encore ? Eh oui ! Encore… Concentré sur ce seul scénario, sans intrigue parallèle et avec un minimum de flash-backs, « DARK PHOENIX » se laisse regarder avec un intérêt fluctuant, qui tient surtout à la beauté des CGI et à quelques idées visuelles vraiment réussies. On pense à la longue bataille dans le train, au sauvetage dans l’espace, par exemple. On retrouve des comédiens comme James McAvoy, Michael Fassbender ou Jennifer Lawrence, dans leurs rôles habituels, qu’ils retrouvent sans fougue excessive. Après tant de sequels, de « spin-off », de plagiats, on entre maintenant dans une routine ronronnante, point désagréable, mais totalement décérébrée et pas spécialement bien écrite. Ainsi, le prof Xavier ne cesse-t-il de répéter exactement la même chose du début à la fin, jusqu’à exaspération complète.
À voir pour le complétiste, à la rigueur, ou par l’amateur de F/X qui y trouveront sans doute leur compte. Mais la franchise a clairement fait son temps et tourne en rond depuis un moment. À noter que l’épilogue se situe à… Paris (pourquoi ?).

 

« 6 UNDERGROUND » (2019)

Certains films échappent à la critique, annihilent pratiquement l’envie de juger, de commenter. Ils matraquent, malmènent les sens, piétinent l’ouïe et finalement laissent KO. « 6 UNDERGROUND » de Michael Bay est définitivement de ceux-là.SIX.jpg

Ça pourrait ressembler à un épisode de la vieille série « MISSION : IMPOSSIBLE » doté d’un budget pharaonique, d’effets spéciaux haut-de-gamme, mais la surenchère est à l’ordre du jour dès la première séquence : une poursuite en voiture à Florence où nos « héros », six mercenaires financés par un milliardaire (Ryan Reynolds) écrasent les passants, explosent des œuvres d’art en rigolant et en faisant des bons mots autour d’un œil arraché, pendouillant au bout de son nerf optique. Et cela ne fait qu’empirer. Leur nouvelle mission ? Destituer un tyran et placer son (gentil) frère à sa place. Politiquement parlant, c’est du niveau d’un enfant de quatre ans pas très éveillé. Psychologiquement, c’est proche de l’encéphalogramme plat, et « artistiquement », cela ressemble à une centaine de « teasers » de blockbusters collés bout à bout et mixés à s’en faire péter les tympans. Oui, « 6 UNDERGROUND » est un film consternant, pompé un peu partout, de Tarantino (who else ?) à Danny Boyle en passant par la série des « OCEAN’S ELEVEN ». On contemple cela avec une stupeur proche de l’hébétude, on reconnaît au passage Mélanie Laurent (sic) en flingueuse impassible et on se demande ce qu’on est en train de visionner. Il en faut pour tous les goûts, certes, et Bay a sûrement ses fans, qui trouveront « 6 UNDEGROUND » fun, décomplexé et distrayant. Pourquoi pas ? Les non-fans le verront plutôt comme un point de non-retour du film d’action made in U.S.A. et peut-être même une impasse.

 

« UN SHÉRIF À NEW YORK » (1968)

COOGAN2

CLINT EASTWOOD

Première collaboration de Clint Eastwood et Don Siegel, « UN SHÉRIF À NEW YORK » marque surtout la transition de l’anti-héros westernien créé par Leone vers l’univers policier et urbain qui l’installera définitivement dans son vedettariat américain.COOGAN

Autant le dire tout de suite, et malgré les bons souvenirs qu’il a pu laisser, le film a pris un méchant coup de vieux et paraît bien plus long que ses maigres 94 minutes. C’est un concentré de sixties, que ce soit dans la façon de filmer (arrrghhh ! Ces zooms !), la BO ou les décors aussi psychédéliques que hideux. Quant au scénario – souvent copié par la suite – il est d’une platitude décourageante. S’il mérite encore un coup d’œil, ce sera pour voir la mythologie Eastwood en devenir : shérif-adjoint dur-à-cuire en Arizona, dragueur, indiscipliné et taiseux, il se confronte à Big Apple lors d’une course-poursuite avec un voyou (Don Stroud) qu’il était chargé d’escorter. Les blagues sur son allure de cowboy sont fastidieuses, son jeu même oscille entre la léthargie et la grimace et manque cruellement de finesse. Quant à son machisme assumé, il paraît bien lourd, voire déplaisant. Il n’est pas spécialement bien entouré par un Lee J. Cobb en service minimum, une Susan Clark gauche et pénible. Seule s’en sort la jolie Tisha Sterling dans un rôle intrigant de jeune hippie déjantée. On peut également apercevoir Seymour Cassel en délinquant au début et Albert Popwell qui sera un fidèle des aventures de Dirty Harry. « UN SHÉRIF À NEW YORK » se laisse regarder aujourd’hui comme une vénérable pièce de musée, une pierre importante de la carrière bourgeonnante du grand Clint, qu’on voit muer en direct de « l’homme sans nom » à Harry Callahan. Son jeu n’est pas encore tout à fait au point, mais il cristallisera bientôt sa personnalité de star pour ne plus s’en séparer. Intéressant, de ce point de vue.

COOGAN3

DON STROUD, TISHA STERLING, SEYMOUR CASSEL ET SUSAN CLARK

 

« FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW » (2019)

HOBBS.jpgLa seule raison de voir les derniers « FAST & FURIOUS » était les confrontations saignantes entre Dwayne Johnson et Jason Statham. Aussi ne peut-on qu’applaudir à l’idée d’un « spin-off » centré sur leurs personnages. En fait, « FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW » de David Leitch est ce qu’on pourrait appeler le plaisir coupable ultime. Plaisir d’autant plus grand, qu’on n’a pas à subir le bovin Vin Diesel.

À la fois « Buddy movie », film de super-héros sans masques ni costumes bariolés, avatar des Terminator avec une pincée de « MISSION : IMPOSSIBLE » et 007, c’est une véritable BD live, au rythme effréné, aux personnages taillés dans la masse et à l’action ininterrompue. Idiot ? Bien sûr que c’est idiot ! What did you expect ? Mais quel plaisir de voir les deux action stars se balancer des vacheries à tour de (gros) bras, d’applaudir aux idées démentes des morceaux de bravoure : on pense à l’hélico maintenu à terre par plusieurs véhicules accrochées les unes aux autres, par exemple. On voyage de Londres en Ukraine jusqu’à la Polynésie, entre deux bastons homériques. Amis/ennemis indécrottables, nos deux compères distribuent les gnons, s’en prennent quelques-uns, et le Rock tombe amoureux de la frangine du British, elle-même super espionne. C’est n’importe quoi, mais on ne cesse de sourire, on suit avec ébahissement les progrès des tournages sur fond vert et la perfection des CGI pendant les poursuites. Autour des deux stars très bien servies (normal, les gaillards sont également coproducteurs !), on retrouve des acteurs qu’on aime comme Idris Elba en super-méchant bionique, Helen Mirren en prison, Eddie Marsan en savant russe, ou Ryan Reynolds dans un caméo.

HOBBS2

DWAYNE JOHNSON ET JASON STATHAM

À noter qu’on trouve plusieurs allusions à la série TV « GAME OF THRONES » dans le dialogue et que Reynolds en « spoile » même la fin !

 

« 1492 : CHRISTOPHE COLOMB » (1992)

Quand ça veut pas, ça veut pas. Ce vieil adage populaire s’adapte parfaitement à « 1492 : CHRISTOPHE COLOMB » de Ridley Scott, co-production franco-hispano-américaine au budget pharaonique.1492.jpg

Quelque chose cloche dès le début de l’épopée de l’explorateur légendaire. Est-ce la présence de Gérard Depardieu ? Possible. Comment imaginer une seconde Colomb sous les traits si familiers de notre « Gégé national » ? Il n’a rien d’un Italien élevé en Espagne. D’autant moins que son bizarre accent zézayant en anglais n’arrange rien côté crédibilité. Mais il n’y a pas que cela. Le scénario, qui est la chronique d’un échec monumental, s’embourbe à chaque changement de décor ou d’année, ne parvient jamais à créer un mouvement général ou à donner une âme à cette tranche d’Histoire. Le mélange de nationalités des acteurs, le dialogue pompeux, la lourdeur des symboles font regretter les grandes années de Werner Herzog qui aurait su trouver le ton juste. Pourtant, la perfection de la direction artistique, la photo d’Adrian Biddle et surtout la BO lyrique de Vangelis sont à la hauteur. Mais malgré cela, « 1492 » n’en finit pas de finir, se répète et aucun personnage – et surtout pas Colomb lui-même – n’attire la moindre sympathie. Le film le décrit comme un arriviste naïf et roublard à la fois, capable de réduire à néant un peuple et sa culture pour de l’or et des titres. S’il n’était que cela, pourquoi lui consacrer un film se voulant « héroïque » et célébrant les 500 ans de l’Amérique ? Sigourney Weaver est un drôle de choix pour incarner la reine d’Espagne, Fernando Rey est gaspillé en moine pusillanime, seuls deux acteurs s’en tirent avec les honneurs : Armand Assante en noble méprisant mais point sot et surtout Michael Wincott extraordinaire en rival aussi odieux qu’intelligent. Et quelle gueule, quelle voix !

Succession d’images d’Épinal, de tableaux magnifiques mais dépourvus de vie, à la fois trop long et trop court, « 1492 » est probablement l’œuvre la moins convaincante de Ridley Scott, dont tout le savoir-faire n’a pas suffi à éviter le naufrage.

1492 CONQUEST OF PARADISE

GÉRARD DEPARDIEU

 

« VENOM » (2018)

VENOMInspiré d’un comics Marvel, « VENOM » de Ruben Fleischer est une bonne surprise, surtout au vu de sa calamiteuse réputation et de ses désastreuses critiques. Preuve qu’il vaut toujours mieux vérifier par soi-même que suivre le troupeau !

Puisant son inspiration dans « HIDDEN » (pour l’alien squattant divers corps humains) et plus globalement « DR JEKYLL & MR HYDE » pour la dualité du protagoniste, c’est un film vif et drôle, qui ne se laisse (presque) jamais bouffer par les nombreux CGI et parvient à imposer des personnages relativement intéressants, grâce à un casting de première classe. Ainsi, Tom Hardy, qu’on est surpris de retrouver dans ce genre de production, apporte-t-il avec lui un réalisme, une crédibilité (à la manière de Liam Neeson à l’époque de « DARKMAN ») à son rôle de journaliste rebelle et loser. Il maintient le film à l’extrême limite de la parodie sans vraiment y céder et crée un « hôte » de chair et de sang à une entité vorace et monstrueuse, mais au fond plutôt sympathique. Un héros improbable mais original et réjouissant, qui passe de corps en corps en faisant beaucoup de dégâts. À ses côtés, Michelle Williams endosse un rôle à la « Loïs Lane » typique des films de super-héros, Riz Ahmed est excellent en méchant juvénile mais dangereux, on aperçoit Melora Walters en SDF et bien sûr Stan Lee dans un caméo à la toute fin, tenant un petit chien en laisse. Grâce à un scénario plutôt plus travaillé que de coutume, un super-héros inhabituel et limite schizophrène, « VENOM » est étonnamment agréable à suivre dans l’arborescence de l’univers Marvel. On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise !

venom-movie-image-tom-hardy

MICHELLE WILLIAMS ET TOM HARDY