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Archives de Catégorie: AVENTURES ET ACTION

« JEUNE ET INNOCENT » (1937)

YOUNG

NOVA PILBEAM

« JEUNE ET INNOCENT » est un des fleurons de la période anglaise d’Alfred Hitchcock, un délicieux mélange de suspense, de course-poursuite et de comédie policière, au scénario simple et linéaire mais qui maintient l’intérêt jusqu’au dénouement de dernière minute.YOUNG2

On reconnaît bien sûr le thème du « faux coupable », si cher à l’auteur et on admire dès les premières images l’efficacité narrative, les trouvailles visuelles, l’enchaînement des séquences qui mène rapidement à la rencontre entre un jeune homme accusé à tort de meurtre et la fille d’un commissaire de police qui décide de l’aider dans son enquête pour laver son nom. Ça va vite, c’est spirituel et pétillant. Le film doit beaucoup de son charme intemporel à son duo de vedettes : Nova Pilbeam (qu’on avait vue pré-ado dans « L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP ») tout à fait charmante et vive dans ce rôle d’héroïne au franc-parler et Derrick De Marney, extrêmement sympathique en fugitif à l’œil qui frise malgré les circonstances. Leur petit jeu de séduction, leurs échanges acidulés, donnent au film son tempo. On appréciera aussi Edward Rigby en clochard serviable et George Curzon, excellent en assassin musicien bourré de tics nerveux.

On devine dans ce film déjà très maîtrisé, la griffe d’Hitchcock et ce savoir-faire qui aboutira dans des thématiques similaires à une œuvre comme « LA MORT AUX TROUSSES ».

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DERRICK DE MARNEY ET ALFRED HITCHCOCK

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« MEN IN BLACK 3 » (2012)

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JOSH BROLIN

« MEN IN BLACK 3 », sorti dix ans après le précédent opus et réalisé une fois encore par Barry Sonnenfeld, est la preuve qu’on peut éviter les rabâchages et les redondances en se munissant d’un accessoire imparable : un bon scénario. Signé Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen !), celui-ci remixe les éléments établis dans les films précédents, insuffle un brin d’émotion dans le délire et boucle la boucle de la relation Tommy Lee Jones-Will Smith d’épatante façon.MIB3 copie.jpg

Cette sequel étonnante, puisqu’elle ne cesse de surprendre agréablement, mêle le voyage temporel à l’univers de science-fiction déjanté de la franchise. Et se retrouvant catapulté en 1969, Will Smith – plutôt meilleur que d’habitude – doit sauver la vie de son vieux coéquipier ronchon, alors âgé de 29 ans (Josh Brolin). Une manière amusante pour Jones, qui a pris un gros coup de vieux physiquement, de tenir la vedette d’un film en apparaissant très peu dedans ! Outre ses rebondissements incessants, ses dérapages dans l’absurde (le discours hallucinant d’Emma Thompson au début du film)  et de très bons F/X, « MEN IN BLACK 3 » vaut d’être vu pour le travail de Brolin, qui offre une imitation de Tommy Lee Jones saisissante, jusque dans le moindre maniérisme, sans parler de son accent. La perfection ! On oublie complètement qu’il ne s’agit pas du même interprète au bout de quelques minutes.

Ce 3ème et dernier, jusqu’à présent, épisode de la série de longs-métrages, possède donc le scénario le plus élaboré du triptyque, puisqu’on est captivé du début à la fin, sans jamais cesser de sourire et que, cerise sur le gâteau, les personnages s’offrent même le luxe d’une semblant de profondeur. On ne pouvait pas rêver mieux !

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH ET EMMA THOMPSON

 

« MEN IN BLACK II » (2002)

MIB II.jpgTourné cinq ans après un premier film très réussi, « MEN IN BLACK II » prend les mêmes et… recommence à peu près la même chose ! Le scénario est un démarquage paresseux du n°1, et curieusement les F/X, qui ont tendance à devenir envahissants, semblent moins performants que la première fois.

Dès le prologue, on sent le désir fébrile de surenchère, le plat richement cuisiné mais digeste servi jadis par Barry Sonnenfeld est devenu lourd, trop gras et finit par couper l’appétit. De plus, Tommy Lee Jones – toujours très à l’aise dans l’humour pince-sans-rire – met une bonne demi-heure à faire son entrée et laisse la place libre à Will Smith. Celui-ci est insupportable de cabotinage auto-satisfait et ne parvient jamais à recréer leur complicité d’antan. On assiste donc à une pâle resucée, qui brasse des éléments trop similaires, surexploite des gimmicks introduits en 1997 comme le coéquipier-chien soûlant ou l’usurier campé par Tony Shalhoub. Dans la colonne des points positifs, de très belles comédiennes comme Lara Flynn Boyle en despote extraterrestre au look de top model et la charmante Rosario Dawson dans un joli personnage à facettes. Et, si ! Tout de même ! L’idée géniale et très poétique du petit peuple de créatures vivant dans le casier d’une consigne de gare et idolâtrant ‘Kay’ comme un dieu vivant. La meilleure chose de ce n°2 qui mène à l’excellent dernier plan. À noter l’apparition de Peter Graves dans son propre rôle de présentateur télé lugubre et celle, beaucoup moins amusante de Michael Jackson.

Un n°2 pas déplaisant bien sûr, avec deux ou trois sympathiques morceaux de bravoure, mais dont on ne cesse de questionner la nécessité.

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WILL SMITH, TOMMY LEE JONES ET ROSARIO DAWSON

 

« MEN IN BLACK » (1997)

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TOMMY LEE JONES

Inspiré d’une BD Marvel, « MEN IN BLACK » est un euphorisant mélange de science-fiction, de comédie débridée et de ‘buddy movie’, au scénario aussi délirant que rigoureux et respectant sans faillir sa propre logique, aussi démente soit-elle.MIB2

Dans une Amérique secrètement peuplée de migrants extra-terrestres, le « MIB » est une sorte de FBI exclusivement consacré aux aliens. Will Smith, flic new-yorkais bien noté, se fait enrôler par Tommy Lee Jones, vétéran du MIB et les deux coéquipiers vont devoir sauver le monde en retrouvant une galaxie planquée dans une bille de verre accrochée au cou d’un chat (sic !). Barry Sonnenfeld mène son film à un train d’enfer, les F/X n’ont pas beaucoup vieilli et l’humour pince-sans-rire est un vrai plaisir. Le duo Jones-Smith fonctionne très bien même si, comme d’habitude, on aurait aimé que le second soit plus dirigé. Mais à l’impossible nul n’est tenu ! Autour d’eux, on retiendra Vincent D’Onofrio extraordinaire en cafard géant compressé dans une peau humaine (re-sic !). Sa gestuelle est aussi hallucinante qu’hilarante. Linda Fiorentino est une belle légiste, Rip Torn un « boss » impassible et Tony Shalhoub – à peine reconnaissable – apparaît en usurier vraiment très louche.

« MEN IN BLACK » a gardé sa verve et sa fraîcheur. On rit très souvent, on a même presque peur parfois et l’affrontement final est une vraie prouesse technique, compte tenu qu’il a été tourné il y a plus de vingt ans. À revoir sans hésiter donc, pour le duo, pour l’humour et les savoureux seconds rôles.

À noter qu’il a été tourné deux sequels en 2002 et 2012, par le même Sonnenfeld.

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH, VINCENT D’ONOFRIO ET LINDA FIORENTINO

 

« SÉCURITÉ RAPPROCHÉE » (2012)

Réalisé par le suédois Daniel Espinosa, « SÉCURITÉ RAPPROCHÉE » est un véhicule pour Denzel Washington qui retrouve son emploi-fétiche de surhomme à la morale ambiguë confronté à une bleusaille naïve (Ryan Reynolds) dans un maelström d’action et de violence.SAFE.jpg

Ici, Denzel est un ex-espion de la CIA qui vend des documents au plus offrant et se fait coincer en Afrique du Sud par les services secrets U.S. Cible de nombreux adversaires, il se retrouve sous la garde de Reynolds, nettement sous-qualifié mais qui va rapidement apprendre les ficelles du métier au péril de sa vie.

Le scénario, extrêmement bien ficelé, attentif aux détails, maintient l’intérêt par un mouvement incessant et surtout en mixant deux genres rarement associés : le film d’action et le ‘whodunit’. La gestion des fausses-pistes pour découvrir qui est le traître au cœur de l’Agency est excellente et se joue de l’intuition du spectateur avec beaucoup de cynisme : « Ça ne peut pas être lui, ce serait trop facile. Donc… ». Le seul reproche qu’on pourrait faire à ce bon spectacle, ce serait une certaine froideur, un déficit en âme et en émotion. Mais pour l’essentiel, Espinosa remplit à 100% son contrat.

Si Washington ne fait que répéter son vieux numéro bien au point de salaud charismatique, Reynolds assure mais manque un peu de personnalité, et on retrouve avec bonheur des vétérans comme Brendan Gleeson, Vera Farmiga, le regretté Sam Shepard et dans de brèves apparitions : Robert Patrick dans une superbe scène de torture, Rubén Blades, Liam Cunningham et le toujours parfait Joel Kinnaman.

À noter que l’épilogue n’est pas sans évoquer un classique du film de CIA : « LES TROIS JOURS DU CONDOR ». Un clin d’œil, assurément.

 

« LE FOSSOYEUR » (1969)

FOSSOYEUR.jpegTourné un an après « SARTANA » par Giuliano Carnimeo (sous le pseudo de Anthony Ascott), « LE FOSSOYEUR » en est la première sequel officielle et Gianni Garko réendosse sa cape noir, pour incarner ce personnage qui s’affirme comme un mélange du Colonel Mortimer de « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS » et de McGyver.

Cette fois, Sartana doit démasquer un imposteur qui a braqué une banque et dérobé 300 000 $ en se faisant passer pour lui. Aidé de son crasseux copain Frank Wolff et traqué par des chasseurs-de-primes qui ont les tronches ravagées de Klaus Kinski et Gordon Mitchell, notre héros va devoir affronter des juges et des shérifs ripoux, des gamblers malhonnêtes et une ribambelle de faux-amis. Le côté ‘whodunit’ du scénario change un peu des habituelles histoires de vengeance et la multiplicité de personnages maintient un semblant d’intérêt. Sans oublier le charisme indolent de Garko qui compose une silhouette immédiatement identifiable digne de « DJANGO » ou « SABATA ». Mais dieu ! Que les costumes et les décors sont hideux ! Que les fusillades sont monotones, que tout cela manque de nerf et de vigueur. Heureusement, on retrouve quelques « trognes » du spaghetti western comme Rick Boyd, Sal Borgese et José Torres. Et bien sûr Kinski dans un rôle très original – pour lui, tout du moins – de joueur malchanceux et décontracté, éternel ami/ennemi de Sartana et Wolff truculent en sidekick rigolard et suant. Mitchell n’apparaît que dans deux scènes totalement inutiles au déroulement d’ailleurs, en chasseur au rire diabolique et plein de dents.

« LE FOSSOYEUR » accuse son âge, mais il n’a rien d’antipathique et, hormis quelques gimmick piqués çà et là, ne doit rien à Leone. Ce qui est déjà une qualité !

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GIANNI GARKO, KLAUS KINSKI ET GORDON MITCHELL

 

« TREMORS : A COLD DAY IN HELL » (2018)

« TREMORS : A COLD DAY IN HELL », réalisé par Don Michael Paul, est le 6ème film d’une franchise créée il y a presque 30 ans (sans compter une courte série TV) et qui ne semble pas prête de s’arrêter.TREMORS.jpg

Pour une dernière partie mouvementée et pas trop mal fichue, en particulier la capture d’un graboïde vivant, il faut subir une bonne heure de bavardages absurdes, d’humour bas-du-front et de comédiens très moyens. À leur tête, Michael Gross vétéran de la série de films depuis 1990, qui reprend son personnage d’obsédé des armes à feu lancé dans une croisade contre les verts géants jusqu’à en devenir à moitié fou. La mignonne Jamie-Lee Money joue la fille de Kevin Bacon et Finn Carter, qui se rencontraient dans le premier film, annonçant un retour prochain dudit Kevin dans un reboot. Mais n’anticipons pas !

Cet opus est d’une absolue médiocrité, les F/X sont très limite et les péripéties sont exactement les mêmes que celles vues et revues et ressassées depuis tout ce temps. C’est dire qu’on s’ennuie pas mal, que les gros monstres jaillissant du sol n’impressionnent plus vraiment. La seule vraie bonne idée, celle de trouver des graboïdes dans l’Arctique, n’est utilisée que dans le prologue. Ensuite quand nos héros débarquent sur les lieux… il n’y a plus de glace ! Les auteurs incriminent le réchauffement climatique, les tournages dans la neige étant, on le sait compliqués et onéreux. Le Grand Nord canadien ressemble donc au désert rocailleux des films précédents.

À voir uniquement pour le complétiste, en attendant le comeback de Kevin Bacon et en espérant quelques idées nouvelles pour revitaliser tout ça.