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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

« JEUNE ET INNOCENT » (1937)

YOUNG

NOVA PILBEAM

« JEUNE ET INNOCENT » est un des fleurons de la période anglaise d’Alfred Hitchcock, un délicieux mélange de suspense, de course-poursuite et de comédie policière, au scénario simple et linéaire mais qui maintient l’intérêt jusqu’au dénouement de dernière minute.YOUNG2

On reconnaît bien sûr le thème du « faux coupable », si cher à l’auteur et on admire dès les premières images l’efficacité narrative, les trouvailles visuelles, l’enchaînement des séquences qui mène rapidement à la rencontre entre un jeune homme accusé à tort de meurtre et la fille d’un commissaire de police qui décide de l’aider dans son enquête pour laver son nom. Ça va vite, c’est spirituel et pétillant. Le film doit beaucoup de son charme intemporel à son duo de vedettes : Nova Pilbeam (qu’on avait vue pré-ado dans « L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP ») tout à fait charmante et vive dans ce rôle d’héroïne au franc-parler et Derrick De Marney, extrêmement sympathique en fugitif à l’œil qui frise malgré les circonstances. Leur petit jeu de séduction, leurs échanges acidulés, donnent au film son tempo. On appréciera aussi Edward Rigby en clochard serviable et George Curzon, excellent en assassin musicien bourré de tics nerveux.

On devine dans ce film déjà très maîtrisé, la griffe d’Hitchcock et ce savoir-faire qui aboutira dans des thématiques similaires à une œuvre comme « LA MORT AUX TROUSSES ».

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DERRICK DE MARNEY ET ALFRED HITCHCOCK

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HAPPY BIRTHDAY, JILL !

HAWORTH

JILL HAWORTH (1945-2011), JOLIE JEUNE PREMIÈRE ANGLAISE DES ANNÉES 60, QUI FIT UNE COURTE CARRIÈRE AUX U.S.A.

 
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Publié par le 15 août 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

RONNIE TAYLOR : R.I.P.

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RONNIE TAYLOR (1924-2018), CADREUR PUIS DIRECTEUR PHOTO SUR DE NOMBREUSES PRODUCTIONS INTERNATIONALES.

 
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Publié par le 11 août 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« IN DARKNESS » (2018)

« IN DARKNESS » est un thriller anglais, réalisé par Anthony Byrne et coécrit par sa vedette Natalie Dormer, dans la lignée des suspenses dont l’héroïne est non-voyante comme « SEULE DANS LA NUIT » ou plus récemment « BLINK ».DARKNESS

Du moins, est-ce ainsi que le film démarre et entraîne tranquillement sur des sentiers narratifs connus et bien balisés. Mais peu à peu, l’intrigue se complexifie, les personnages s’avèrent moins simples qu’ils ne semblaient au départ et les flash-backs sur la jeunesse de notre pianiste aveugle viennent modifier la donne. Ça, c’est plutôt une heureuse surprise, d’autant plus que c’est bien filmé et cadré, que l’étrange visage de Natalie Dormer est bien mis en valeur par une photo très travaillée et que les seconds rôles ont tous quelque chose d’intrigant à défendre. Qu’il s’agisse de Joely Richardson, au regard constamment halluciné, en traîtresse de répertoire, Jan Bijvoet très crédible en criminel de guerre exilé ou du buriné et massif James Cosmo (« GAME OF THRONES », où apparaissait également Dormer) en père de substitution.

Le film maintient l’intérêt jusqu’aux deux-tiers, puis le soudain empilement de rebondissements, de révélations dramatiques, de « twists » gratuits, s’accélèrent et lui font perdre toute crédibilité pour n’être plus qu’un jeu artificiel et un peu vain. Comme si les auteurs voulaient absolument tirer la dernière goutte d’un citron déjà bien pressé. Le mieux étant l’ennemi du bien, « IN DARKNESS » se délite sur la fin et finira – malgré d’indéniables qualités – aux oubliettes de la série B.

 

HAPPY BIRTHDAY, PETER !

YATES

PETER YATES (1929-2011), ÉCLECTIQUE RÉALISATEUR ANGLAIS IL FIT UNE BELLE CARRIÈRE AMÉRICAINE QUI CULMINA AVEC « BULLITT ».

 
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Publié par le 24 juillet 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« THE MACHINE » (2013)

MACHINE2Réalisée par Caradog James, « THE MACHINE » est une production britannique au scénario de SF très prometteur. Dans un futur où la guerre avec la Chine semble inévitable, le gouvernement s’efforce de fabriquer des androïdes pouvant faire office de soldats. C’est le chercheur Toby Stephens qui crée « Machine » (Caity Lotz) à partir d’un scan de son assistante décédée. Mais la jeune femme artificielle s’avère beaucoup plus humaine que prévu et Stephens bien moins discipliné que sa hiérarchie le souhaiterait.

Le sujet, depuis « BLADE RUNNER », a été souvent exploité dans des œuvres de diverse qualité. Celui-ci pâtit clairement d’un budget beaucoup trop étriqué, cloisonnant l’action dans une espèce de bunker sous-éclairé à la machinerie informatique bien peu convaincante. Si le scénario tourne assez vite court et semble ellipser des moments importants, le film pose tout de même certaines questions intéressantes, adresse des clins d’œil à des classiques comme « 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE » et se laisse regarder, surtout grâce à la présence de Caity Lotz. Elle est très étonnante dans ce (double) rôle. En cyborg à la fois candide et invincible, elle est d’une beauté irréelle, pure et inquiétante. Elle adopte une gestuelle d’une précision inouïe et fait preuve d’une rare photogénie. Autour d’elle, le cast est hélas, très faible, composé de comédiens transparents, sans personnalité.

À voir donc, même si on aurait préféré un produit plus abouti, plus riche visuellement. Mais Caity Lotz vaut à elle seule qu’on tente l’expérience.

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CAITY LOTZ ET TOBY STEPHENS

 

« EDEN LAKE » (2008)

EDEN.jpgPour donner une vague idée de l’électrochoc provoqué par la vision de « EDEN LAKE », imaginons que la séquence du viol de « DÉLIVRANCE » ne durerait pas quelques minutes, mais toute la durée du film ! D’ailleurs, le point de départ du scénario semble être un clin d’œil au chef-d’œuvre de John Boorman : le couple de ‘yuppies’ s’en va visiter un lac pour la dernière fois avant qu’il ne soit asséché, comme les quatre citadins avec la rivière sauvage.

Écrit et réalisé par James Watkins, « EDEN LAKE » est un œuvre d’une violence, d’une barbarie inouïes. Kelly Reilly et Michael Fassbender gentil couple en week-end vont devoir affronter les pires monstres qui se puissent imaginer : une bande d’adolescents menés par Jack O’Connell, psychopathe en herbe, qui vont les entraîner dans un engrenage sanglant de mort et de tortures. La montée du suspense et de l’horreur est admirablement menée, atteignant dans sa conclusion, des sommets rarement atteints. Il ne faut pas compter ici sur les clichés et conventions du cinéma de genre, « EDEN LAKE » est solidement enraciné dans un réalisme atroce et totalement crédible. L’idée de génie étant que le Mal absolu est incarné par un ado. « They’re just kids ! » sanglote une mère à la fin. Le dernier gros-plan, face au miroir, démontre sans emphase que le diable peut prendre toutes les formes, tous les âges.

Kelly Reilly trouve le rôle de sa vie, une prestation extrêmement physique qui voit la gentille institutrice proprette se métamorphoser en gibier traqué, couvert de boue, de vase et de sang. Fassbender donne une épaisseur à un rôle de M. Tout le monde confronté à la violence bestiale, faisant passer toutes les nuances de sa descente aux enfers. Quant à O’Connell, il est proprement terrifiant, bien davantage que tous les serial killers de ‘slashers’ où les clowns maléfiques de Stephen King.

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KELLY REILLY, JACK O’CONNELL ET MICHAEL FASSBENDER

« EDEN LAKE » fait penser à « THE DESCENT » dans sa perfection formelle, dans le portrait en décomposition de son héroïne et dans l’état de choc dans lequel il laisse le spectateur non-averti. Un petit bijou de terreur.