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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

« GEORGY GIRL » (1966)

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LYNN REDGRAVE ET JAMES MASON

« GEORGY GIRL » de Silvio Narizzano est un des grands classiques du ‘swinging London’ des années 60, inspiré d’un roman de Margaret Forster. C’est un peu une aïeule de Bridget Jones, dans un contexte tout à fait différent.GIRL.jpg

Le film tourne tout entier autour de la personnalité et de la performance de Lynn Redgrave, grande fille bien en chair, complexée et délurée en même temps, qui vit avec une belle coloc (Charlotte Rampling) qui quant à elle, multiplie les amants et finit par tomber enceinte. Mais son mari (Alan Bates), employé de banque irresponsable, lassé de la froideur de son épouse, finit par tomber amoureux de… Georgy ! C’est une comédie de mœurs vive et enlevée, drôle et cruelle parfois, qui fait s’attacher à des gens pas très intelligents mais qui tentent de garder une certaine joie de vivre malgré tout. Redgrave est vraiment sympathique et énergique dans le rôle-titre, apportant une vraie profondeur à cette « bonne fille » pas gâtée par la vie, mais toujours prête à aller de l’avant. Bates tient un vrai contremploi de jeune crétin jovial à l’humour lourdingue (on aurait plutôt imaginé quelqu’un comme Albert Finney)  et Rampling assume crânement un rôle totalement antipathique de jolie garce égoïste et sans cœur. Et puis il y a James Mason, parfait en employeur un brin ridicule du père majordome de Georgy, et amoureux de celle-ci depuis des années.

Tout ce petit monde s’agite, s’engueule, se marie, dans un rythme effréné et sur une chanson mémorable des Seekers. Il n’y a rien d’exceptionnel ou d’inoubliable dans « GEORGY GIRL », mais on retrouve le mood si particulier des années 60 capturé par ces images noir & blanc, dans ce Londres disparu.

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CHARLOTTE RAMPLING, ALAN BATES ET LYNN REDGRAVE

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PETER MAYHEW : R.I.P.

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PETER MAYHEW (1944-2019), GÉANT ANGLAIS AU VISAGE PEU CONNU, PUISQU’IL INTERPRÉTA CHEWBACCA DANS LES « STAR WARS ».

 
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Publié par le 3 mai 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« THE FOREIGNER » (2017)

FOREIGNERAu moment du tournage de « THE FOREIGNER », le réalisateur Martin Campbell avait 74 ans, Pierce Brosnan 64 et Jackie Chan 63. Mais il ne faut surtout pas se fier à cela, car les vétérans ont entre les mains un scénario correspondant parfaitement à ce qu’ils savent faire de mieux : un film d’action teinté de politique et de « vigilante movie », infiniment plus charpenté et efficace que les récents thrillers pourris de CGI.

Le film, inspiré d’un roman, suit le personnage d’un émigré chinois installé à Londres, dont la fille meurt dans un attentat revendiqué par l’IRA. Sous ses airs inoffensifs, le brave homme s’avère être obstiné et même extrêmement dangereux et il se lance sur la trace des meurtriers, le monde entier contre lui. C’est basique, mais très bien ficelé, en mouvement permanent et les séquences d’action, parcimonieusement distillées, sont superbement réglées, ponctuant le film et évitant le moindre ennui. Chétif d’apparence, le visage ridé et triste, Chan est étonnamment crédible dans un rôle totalement dramatique. Sa métamorphose du papa gâteau au Rambo asiatique senior est crédible et, évidemment, très jouissive. Face à lui, dans un quasi-contremploi, Pierce Brosnan joue un ministre d’origines irlandaises, un faux-jeton de haut-vol, dont la belle gueule dissimule mal l’ignominie. Quelques beaux face-à-face entre ces deux comédiens si différents, valent à eux seuls qu’on voie le film. Une excellente surprise donc, que ce « FOREIGNER » non dépourvu d’émotion, qui permet de constater que Jackie Chan effectue encore lui-même une bonne partie de ses cascades et que Pierce Brosnan vieillit de mieux en mieux. Du très bon polar mâtiné de film d’espionnage, qu’on suit sans fléchir pendant deux heures.

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JACKIE CHAN ET PIERCE BROSNAN

 

« TOM JONES : DE L’ALCÔVE À LA POTENCE » (1963)

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ALBERT FINNEY

Adapté d’un roman de Henry Fielding (1707-1754), « TOM JONES : DE L’ALCÔVE À LA POTENCE » de Tony Richardson est le film qui fit une star du jeune Albert Finney, et un des premiers à traiter une œuvre « historique » avec irrespect et une liberté de ton inaccoutumée au début des années 60.TOM.jpg

C’est l’histoire picaresque d’un « bâtard » libertin, tombant amoureux fou d’une voisine riche (Susannah York) et harcelé par le père de celle-ci (Hugh Griffith) et son propre cousin (David Warner) qui le hait. Fuyant sa maison natale, il va vivre des aventures endiablées qui vont, in extremis, le ramener à celle qu’il aime. Rien d’original là-dedans a priori, mais Richardson raconte tout cela de façon débridée en utilisant les apartés caméra, les arrêts sur image, les accélérés, la caméra portée et une musique qui devient d’ailleurs très vite insupportable. Mais malgré quelques fautes de goût, des longueurs et une agitation permanente lassante à la longue, « TOM JONES ! » tient la distance grâce à Finney, qui est vraiment formidable d’énergie en héros bon-vivant, paillard et généreux. Il est bien entouré par le gratin du cinéma de l’époque : Joyce Redman magnifique en femme libérée et gourmande (la scène de séduction où elle séduit Tom en se bâfrant salement !), Warner très drôle en faux-jeton boutonneux, Diane Cilento en souillon sexy ou Jack McGowran en bandit de grands chemins incompétent. Le cast d’ensemble est pour beaucoup dans le plaisir qu’on peut prendre au film. La reconstitution est parfaite, la photo de Walter Lassally évocatrice. C’est un film sympathique, très inégal, mais qui se laisse regarder avec un réel plaisir.

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JOYCE REDMAN ET SUSANNAH YORK

À noter que le film durait 128 minutes à sa sortie, mais Tony Richardson le re-monta des années plus tard, le réduisant à 121 minutes. C’est cette seconde version qui est chroniquée ici.

 

HAPPY BIRTHDAY, ALISTAIR !

MACLEAN

ALISTAIR MacLEAN (1922-1987), ROMANCIER ET SCÉNARISTE ÉCOSSAIS, SPÉCIALISTE DES BEST-SELLERS DE GUERRE ET D’ESPIONNAGE.

 
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Publié par le 28 avril 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« LA DISPARITION D’ALICE CREED » (2009)

ALICECREED.jpgÉcrit et réalisé par J Blakeson, « LA DISPARITION D’ALICE CREED » est la parfaite démonstration qu’un bon scénario, un trio d’acteurs compétents et un dialogue soigné, peuvent compenser un budget minuscule et faire oublier que les trois-quarts de l’action se déroulent dans le huis clos d’un appartement désert transformé en geôle.

Gemma Arterton est kidnappée par deux hommes cagoulés (Martin Compston et Eddie Marsan) qui l’enferment, l’attachent et exigent une rançon. Pendant sa dure captivité, il va se passer énormément de choses, des coups de théâtre vont se succéder, la paranoïa va grimper en flèche et la zizanie va séparer les deux complices. Un scénario simple mais extrêmement bien ficelé, qui oblige littéralement à ne pas quitter l’écran des yeux une seconde et à toujours s’attendre au pire. La réalisation, efficace, se fait discrète et au service de l’histoire. Le film va droit au but, aucun autre personnage n’apparaît à l’image hormis l’otage et ses deux bourreaux. La relation entre ces derniers, un ex-taulard menaçant et coléreux (Marsan, fabuleux d’intensité comme toujours) et un jeune homme un peu trop malin et tordu (Compston, d’une totale ambiguïté) est au cœur du film pendant une bonne partie, mais progressivement, leur victime émerge de son statut de « paquet » immobile et asservi, pour prendre une étonnante dimension. Charnelle, moins fragile qu’elle n’en a l’air, pleine de ressources, Gemma Arterton tire le maximum de ce rôle ingrat qu’elle parvient à faire vivre et à rendre passionnant, jusqu’à l’épilogue réjouissant de noirceur. « LA DISPARITION D’ALICE CREED » vaut vraiment le coup d’œil, car c’est un thriller-en-chambre inattendu et bourré de trouvailles narratives que nous ne dévoilerons pas davantage pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. À savourer.

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MARTIN COMPSTON, EDDIE MARSAN ET GEMMA ARTERTON

 

« OUTFALL » (2018)

Réalisé par Suzi Ewing, « OUTFALL » est un thriller en quasi-huis clos, comme on en a vu beaucoup de « L’OBSÉDÉ » de William Wyler au plus récent « LA DISPARITION D’ALICE CREED ». Mais le petit plus de celui-ci est de ne pas se reposer sur son postulat de départ (un individu inquiétant kidnappe une belle jeune femme et la séquestre dans une pièce insonorisée de sa maison isolée), pour au contraire tourner et retourner les passages obligés en tous sens, jusqu’au vertige.1OX10

Car si évidemment, tout le monde prendra immédiatement le parti de Kelly Reilly, héroïne malmenée, menacée par un apparent psychopathe, héroïne qui ne s’avoue jamais battue et s’avère une proie très récalcitrante, le scénario prépare de belles surprises quant à l’identité des deux protagonistes. Et on découvre avec stupeur que le méchant Luke Evans avait peut-être de bonnes raisons d’enlever cette « innocente » dont il semble connaître le passé. À partir du moment où les cartes sont redistribuées, tout peut arriver. C’est un peu comme si les démons intérieurs des personnages se mettaient à passer de l’un à l’autre, sans qu’on ne sache plus très bien auquel s’identifier. De ce côté-là, le film est assez brillant et inattendu. Côté réalisation, c’est plus plan-plan et non dénué de longueurs. Mais Kelly Reilly fait un numéro d’une extraordinaire complexité, évoluant en permanence sur une corde raide qui la fait osciller entre la victime martyrisée et le croque-mitaine. Face à elle, Evans est également excellent, empêchant par son jeu hyper-tendu, tout excès de sympathie à son égard.

« OUTFALL » est un petit film certes, un suspense-en-chambre un peu trop étouffant pour son propre bien, mais les auteurs se jouent avec une grande adresse de nos habitudes de spectateurs en maltraitant les clichés vigoureusement. À voir.