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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

« PETER’S FRIENDS » (1992)

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RITA RUDNER, EMMA THOMPSON ET STEPHEN FRY

Pour qui a vu et aimé « LES COPAINS D’ABORD » (1983) de Lawrence Kasdan, il est certain que « PETER’S FRIENDS » de Kenneth Branagh ne risque pas de surprendre. C’est quasiment un remake à la sauce anglaise du petit chef-d’œuvre U.S. avec pour seul véritable ajout, le spectre des années SIDA.PETER.jpg

Cela ne veut pas dire que c’est un film désagréable, bien sûr, mais l’inévitable comparaison ne joue pas en sa faveur et l’humour « so british » du scénario paraît parfois forcé voire fastidieux. Ainsi, si certains protagonistes comme Emma Thompson magnifique en vieille fille fantasque et refoulée ou le couple traumatisé formé par Imelda Staunton et Hugh Laurie respirent l’authenticité, d’autres comme la star de sitcom mariée à Branagh (l’américaine Rita Rudner) ou le boy friend vulgaire de Sarah (Tony Slattery) ne sont-ils que de stridentes caricatures dépourvues de toute humanité.

Ce n’est hélas, pas le seul problème de « PETER’S FRIENDS », réalisé comme un téléfilm BBC et très médiocrement photographié. Heureusement, certaines confrontations – parfois bien saignantes – sont très bien vues, plusieurs répliques font mouche et le groupe d’amis de lycée se retrouvant après dix ans de séparation, fonctionne à merveille. Cela permet pour l’essentiel, de passer outre les évidents défauts du film et même d’y prendre un certain plaisir. Ne serait-ce, nous l’avons dit, celui de voir d’excellents comédiens à l’œuvre comme Stephen Fry en hôte efféminé et attachant, Phyllida Law (la mère d’Emma Thompson à la ville) impeccable en gouvernante lugubre ou bien sûr Emma elle-même, comédienne appréciée mais ô combien, sous-estimée, qui vaut à elle seule qu’on voie « PETER’S FRIENDS ».

Une comédie douce-amère un tantinet factice donc, mais plutôt plaisante, bien plus sympathique quand on n’a jamais vu « LES COPAINS D’ABORD ».

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HUGH LAURIE, EMMA THOMPSON, KENNETH BRANAGH ET IMELDA STAUNTON

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NICOLAS ROEG : R.I.P.

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NICOLAS ROEG (1928-2018), GRAND DIRECTEUR PHOTO DEVENU UN AUTEUR-RÉALISATEUR AU CINÉMA PAS TOUJOURS FACILE D’ACCÈS.

 
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Publié par le 24 novembre 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

HAPPY BIRTHDAY, TERRY !

GILLIAM

TERRY GILLIAM, RÉALISATEUR U.S. VISIONNAIRE, LONGTEMPS ASSOCIÉ AUX MONTY PYTHON EN ANGLETERRE. CARRIÈRE CHAOTIQUE.

 
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Publié par le 22 novembre 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

JOHN BLUTHAL : R.I.P.

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JOHN BLUTHAL (1929-2018), BON SECOND RÔLE ANGLAIS TRÈS PROLIFIQUE.

 
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Publié par le 18 novembre 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« DU SANG SUR LA TAMISE » (1980)

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BOB HOSKINS ET HELEN MIRREN

« DU SANG SUR LA TAMISE » (également connu sous le titre français de « RACKET »)  de John Mackenzie, s’inscrit dans les classiques du film de gangsters britanniques, dans les travées de « LA LOI DU MILIEU » ou « SALAUD ».RACKET.jpg

Bob Hoskins – dans le rôle de sa vie – joue un caïd londonien ambitieux, prêt à signer un gros deal avec la mafia new-yorkaise. Mais ses acolytes commencent à tomber comme des mouches, des bombes explosent çà et là et il doit découvrir rapidement qui sont ses ennemis avant d’effaroucher définitivement les « yanks ». Un scénario au fond assez banal, qui vaut pour le portrait de cet homme fruste, brutal, presque naïf parfois, en quête de respectabilité mais capable de tuer sauvagement sur un coup de tête. Avec son physique râblé à la Al Capone, Hoskins est l’interprète rêvé de ce personnage passionnant et paradoxal. Il forme un couple exceptionnel avec Helen Mirren, son exact opposé qui tente tant bien que mal de contenir ses excès. Dans un cast extrêmement riche, on retiendra Eddie Constantine qu’on a rarement vu meilleur qu’en mafioso prudent, Paul Freeman en bras-droit homosexuel et un Pierce Brosnan de 27 ans en flingueur irlandais.

C’est platement filmé, la photo n’est pas très jolie, mais « DU SANG SUR LA TAMISE » suinte de ce réalisme caractéristique du polar anglais, que ce soit dans les choix de décors ou le comportement des protagonistes. Et pour finir de se convaincre de l’immense talent de Bob Hoskins, il suffit de revoir la dernière séquence, ce très long plan sur son visage où passe une impressionnante succession d’émotions.

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EDDIE CONSTANTINE, HELEN MIRREN ET PIERCE BROSNAN

 

 

« OUTLAW KING : LE ROI HORS-LA-LOI » (2018)

Écrit et réalisé par David Mackenzie, « OUTLAW KING : LE ROI HORS-LA-LOI » est une production Netflix qu’on peut voir comme la continuation directe du « BRAVEHEART » (1995) de Mel Gibson. D’ailleurs, on entrevoit la tête coupée de William Wallace plantée sur un pic, le temps d’un plan.OUTLAWKING.jpg

La vedette est donnée ici à Robert Bruce (Chris Pine), noble écossais qui se révolta contre l’Angleterre et décida de reconquérir son pays malgré une armée très inférieure en nombre. La tonalité du film est bizarre. Entre ultra-réalisme et schématisation hollywoodienne, « OUTLAW KING » peine à trouver son rythme de croisière, se perd en séquences mièvres, multiplie les batailles sanglantes sans réel effet dramatique et ne parvient jamais à imposer Bruce comme un personnage « bigger than life ». Ce n’est pas la faute de Chris Pine, qui s’intègre étonnamment bien à cet environnement historique et s’est fait une tête tout à fait crédible. Mais son rôle est mal défini, parfois inconsistant et il se fait piquer la vedette par Aaron Taylor-Johnson, complètement halluciné. Il faut l’avoir vu hurler son propre nom pendant les combats : « Douglas ! », comme un possédé, à rendre jaloux le Kinski de « COBRA VERDE » ! Tous les seconds rôles sont impeccables, particulièrement Stephen Dillane en monarque cynique et sans pitié.

Pas totalement réussi, « OUTLAW KING » se laisse regarder passivement, avec intérêt mais sans passion. Jusqu’au dénouement où la grande bataille fait subitement décoller le film et rappelle les plus belles heures de « BRAVEHEART », justement et plus récemment de « GAME OF THRONES ». À voir, ne serait-ce que pour ces séquences admirablement réglées et montées et pour Taylor-Johnson qui non seulement crève l’écran, mais le calcine carrément !

 

« CONFIDENT ROYAL » (2017)

Inspiré de faits réels découverts en… 2010, « CONFIDENT ROYAL » détaille l’amitié entre l’octogénaire reine Victoria et un serviteur hindou – et musulman – qu’elle engage comme professeur de langues. Comment ne pas penser à « LA DAME DE WINDSOR » de John Madden (1997) où Judi Dench incarnait déjà cette même reine et créait également le scandale en s’amourachant d’un Écossais à son service ?ABDUL.jpg

Stephen Frears a du métier, il dirige parfaitement une belle distribution de grands comédiens anglais comme Olivia Williams, Michael Gambon ou Eddie Izzard excellent en héritier de la couronne odieux. Mais c’est le face-à-face entre Dench, encore « vieillie » artificiellement malgré ses 83 ans et le jeune Ali Fazal, qui constitue le cœur et la raison d’être de ce film plaisant mais un peu languissant. Elle se confirme définitivement comme un des monstres sacrés de sa génération. Il faut voir avec quelle économie de moyens elle passe de la vieillarde moribonde du début à la grande souveraine ressuscitée de la seconde partie. Lui est amusant, un brin uniforme, mais s’accorde parfaitement à sa brillante partenaire. Le scénario introduit la problématique du clash de religions, du racisme, des castes, plus que jamais d’actualité, qui évite au film de n’être qu’une énième reconstitution d’époque sans âme ni résonnance. « CONFIDENT ROYAL » est agréable le temps qu’il dure, arrache quelques sourires, voire des larmes pour les plus sensibles, mais il demeure en surface quand il s’agit d’expliciter l’extraordinaire relation d’amour – car c’est bien de cela qu’il s’agit – entre cette vieille femme au bout du rouleau et ce jeune homme ambitieux et rusé. À voir toutefois, pour ne pas rater Judi Dench dans ses œuvres.