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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

« SKYFALL » (2012)

SKYFALL« SKYFALL » est le 3ème 007 de l’ère Daniel Craig et, c’est très subjectif, un des meilleurs de toute la franchise, tout en étant le plus atypique.

À la base, c’est la banale histoire d’un ex-espion (Javier Bardem) vendu à l’ennemi par « M » (Judi Dench) et obsédé par l’idée de se venger. Le scénario très alambiqué et bourré de péripéties, implique James Bond qui commence à souffrir d’obsolescence, à l’image de Sean Connery dans « JAMAIS PLUS JAMAIS ». Les auteurs s’offrent le luxe de révéler son passé d’orphelin écossais (clin d’œil au même Connery ?) tout en développant une relation mère/fils avec sa patronne. C’est un réalisateur ambitieux, Sam Mendes, qui est aux manettes, un chef-opérateur haut-de-gamme comme Roger Deakins qui éclaire. Autant dire que « SKYFALL » offre du grand spectacle, des poursuites époustouflantes, des bagarres ultra-brutales et quelques images à filer le frisson, comme ce plan où Bardem révèle son visage complètement défiguré et des séquences d’anthologie comme la bataille dans la maison de famille des Bond. Craig est maintenant parfaitement identifié au personnage. À 44 ans, il incarne un 007 usé et faillible très intéressant. Et c’est un bonheur de voir Judi Dench, magnifique, dans un rôle central à l’action. Dans un cast brillant, dominé par un Bardem flamboyant, en roue-libre, on reconnaît Naomie Harris en Moneypenny, Albert Finney en garde-chasse, Ralph Fiennes en bureaucrate pas si antipathique qu’il n’en a l’air et Rory Kinnear qui reprend son rôle de bras-droit pour la troisième fois.

Pas une seconde d’ennui ou de redondance dans « SKYFALL », et ce sur plus de deux heures. Même les poursuites sont palpitantes ! On a même droit – et c’est vraiment la grande révolution – à une scène ouvertement gay entre Craig et Bardem, où Bond laisse entendre que peut-être… peut-être… Mais n’en disons pas davantage ! « SKYFALL » est vraiment un grand Bond et un remarquable film d’action.

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DANIEL CRAIG, BÉRÉNICE MARLOHE, NAOMIE HARRIS, JAVIER BARDEM ET JUDI DENCH

 

« QUANTUM OF SOLACE » (2008)

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DANIEL CRAIG

Réalisé par l’Allemand Marc Forster, « QUANTUM OF SOLACE » présente d’emblée deux singularités dans l’univers des 007. D’abord, c’est la suite directe de « CASINO ROYALE » tourné deux ans plus tôt et ensuite c’est, à 106 minutes, probablement le plus court des films de la franchise.QUANTUM

Le film a beau être distrayant, il marche trop ostensiblement dans les travées du premier Bond de Daniel Craig. De la poursuite acrobatique du début à la psychologie légèrement plus fouillée que d’habitude, c’est un nouveau style que les auteurs s’efforcent de consolider. Évidemment, c’est maintenant un peu éventé et trop systématique. Les morceaux de bravoure – poursuite à pied, en voiture, en avion ou en bateau – surviennent avec une régularité de métronome, tout comme les affrontements à mains nues assez sanglants. Mais comme le disent certaines affiches de films d’action : « Cette fois, c’est personnel ! » et 007 n’a qu’une obsession, venger l’amour de sa vie, Eva Green, dont on parle énormément dans ce n°2, sans jamais la revoir, même en flash-back. Olga Kurylenko ne fait pas vraiment le poids, même si elle s’acquitte fort bien de son personnage également hanté par la vengeance. Gemma Arterton est plus originale dans un rôle hélas, bien trop bref. On retrouve Judi Dench en « M » au comportement ambigu, Jeffrey Wright en collègue de la CIA et Giancarlo Giannini dans son rôle d’espion à facettes multiples. Mathieu Amalric est un « villain » quelque peu déconcertant et le voir se bastonner à coups de hache avec James Bond a quelque chose de surréaliste.

Moins riche au niveau du scénario, globalement dépourvu d’émotion (le peu qu’il y a semble forcé pour tenter d’égaler « CASINO ROYALE »), bien rythmé mais laissant assez extérieur, « QUANTUM OF SOLACE » a les défauts d’une sequel. Mais Craig est vraiment très bien !

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JUDI DENCH, DANIEL CRAIG, GEMMA ARTERTON ET GIANCARLO GIANNINI

 

« ACCIDENT » (1967)

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DIRK BOGARDE ET JACQUELINE SASSARD

« ACCIDENT » est un des quatre films que Joseph Losey tourna sur un scénario du grand dramaturge Harold Pinter, qui a adapté un roman de Nicholas Mosley.ACCIDENT

Cela se passe à Oxford et prend pour centre d’intérêt une étudiante autrichienne (la française Jacqueline Sassard) qui réveille la libido de trois hommes apparemment rangés : son professeur Dirk Bogarde dont l’épouse (Vivien Merchant) attend un troisième enfant, l’étudiant Michael York qu’elle tient à distance et le recteur Stanley Baker devenu son amant. Le film démarre sur un accident de voiture qui coûte la vie de York et se poursuit en flash-back sur les circonstances qui ont mené à ce drame. Mais rien n’est aussi simple que ce résumé. Pinter oblige, on erre dans le non-dit, on patauge dans les passions réprimées, les pulsions enfouies, les amours refoulées. Les personnages passent un week-end ensemble à la campagne, où des choses infimes s’expriment par des regards qui se détournent, des sourires esquissés. Ça pourrait être fastidieux, mais la photo de Gerry Fisher est vraiment belle, les gros-plans de Losey sont expressifs et tous les comédiens donnent le meilleur d’eux-mêmes dans des rôles pas toujours clairement définis. Bogarde, roi de l’ambiguïté, à la fois intelligent, pleutre et hypocrite, Baker en macho pas très finaud, Sassard à l’impavide visage de Sphynx, Merchant magnifique comme toujours en épouse au foyer subtile. On voit Delphine Seyrig dans une séquence à Londres, en ex-maîtresse de Bogarde aussi belle que creuse, comme un spectre du passé.

Il serait exagéré d’affirmer que « ACCIDENT » est passionnant. On s’y ennuie poliment, on se laisse porter sans résistance, séduits par la maîtrise du tandem Losey/Pinter et la placide perversion de leur univers feutré.

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STANLEY BAKER, VIVIEN MERCHANT ET DIRK BOGARDE

 

« LE TESTAMENT CACHÉ » (2016)

SECRET2Écrit et réalisé par l’irlandais Jim Sheridan, qui connut son heure de gloire dans les années 90, « LE TESTAMENT CACHÉ » est adapté d’un roman de Sebastian Barry et se déroule sur deux époques : la WW2 où se noue le drame de l’héroïne (Rooney Mara), qu’on retrouve après 40 ans passés dans un hôpital psychiatrique, sous les traits de Vanessa Redgrave.

Malgré son ancrage dans un contexte historique très précis et une vision bien peu glorieuse des institutions et mentalités du pays, c’est un pur mélodrame, qui ne recule devant aucune grosse ficelle, aucun coup de théâtre pour narrer le chemin de croix d’une jeune femme indépendante et libre, qui va se heurter aux désirs d’un prêtre (Theo James) qui va ruiner sa vie, à l’amour absolu dans les bras d’un pilote (Jack Reynor) avant d’être anéantie par l’isolement et les électrochocs. Pas de quoi rire donc, dans « LE TESTAMENT CACHÉ » ! Mais l’intensité de l’excellente Mara au beau visage anguleux et au regard limpide, la finesse de composition de Redgrave, donnent une belle texture au film. La réalisation de Sheridan est sobre, effacée, mais garde une ampleur qui l’arrache au look téléfilm et l’épilogue, même si on finit par le voir venir, est extrêmement émouvant. Autour des deux comédiennes, Eric Bana est parfait en psy s’intéressant au cas de la vieille femme, avant de se rendre compte qu’il est lui-même impliqué dans le drame de sa vie, Susan Lynch offre son regard généreux et plein d’empathie à un personnage anonyme d’infirmière. Les petits rôles de tourmenteurs sont tous idéalement campés.

Sans être un grand film, « LE TESTAMENT CACHÉ » est une œuvre sincère et sérieuse, il parle de l’oppression de la femme, de la haine ordinaire, de l’hypocrisie des religions, de la résilience, sous des dehors de mélo décomplexé.

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THEO JAMES ET ROONEY MARA

 

« LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » (1980)

ROIS copieTout ce qu’on peut dire en revoyant aujourd’hui « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS », c’est que Mike Newell a fait de gros, gros progrès depuis ! Inspiré d’un roman de Bram Stoker, c’est une histoire de momie se réincarnant dans le corps de la fille d’un archéologue et prête à conquérir le 20ème siècle.

Malgré la photo du grand Jack Cardiff et la présence de Charlton Heston, le film est globalement catastrophique. De la première partie égyptienne où un Heston emperruqué (et en short) est censé jouer un fringant trentenaire, jusqu’aux séquences en Angleterre qui tentent de capitaliser sur le succès de « LA MALÉDICTION » (gros clin d’œil du titre français…) de Richard Donner, c’est un quasi-navet d’une maladresse confondante. La direction d’acteurs est plus qu’approximative : Heston est ankylosé, d’une raideur exagérée, même pour lui. Mal écrit, son personnage de chercheur obsessionnel, hanté par l’inceste, nécessitait probablement un comédien plus ambigu et sensible. À ses côtés, même Susannah York ne parvient pas à tirer son épingle du jeu en assistante admirative. On peut s’amuser à voir la jeune Stephanie Zimbalist jouer l’adolescente possédée et son crachotement de chat à la fin, mérite presque qu’on voie le film ! Mal mis en scène (abus de très gros-plans beaucoup trop fréquents, absence dommageable de plans larges particulièrement en Égypte), « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS » ressemble à un téléfilm, il en a le rythme mollasson et certaines scènes dialoguées font penser à un « soap opera ». Que la présence jadis « épique » de l’acteur de « BEN-HUR » et le nom du futur réalisateur de « DONNIE BRASCO » n’induisent personne en erreur : c’est un film déjà obsolète l’année de sa sortie, à soigneusement éviter.

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CHARLTON HESTON ET STEPHANIE ZIMBALIST

 

ALAN PARKER : R.I.P.

PARKER

ALAN PARKER (1944-2020), RÉALISATEUR AU STYLE TRÈS VISUEL. DEUX OU TROIS CHEFS-D’ŒUVRE PARMI SES 14 FILMS

 
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Publié par le 31 juillet 2020 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

HAPPY BIRTHDAY, CHRISTOPHER !

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CHRISTOPHER NOLAN, AUTEUR-RÉALISATEUR AMBITIEUX, IL A RÉGÉNÉRÉ L’IMAGE DE BATMAN ET S’ATTAQUE À TOUS LES GENRES

 
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Publié par le 30 juillet 2020 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« THE HOLE » (2001)

HOLETourné dans le huis clos d’un bunker, avec un budget des plus réduits, « THE HOLE » de Nick Hamm bénéficie d’un scénario très malin, qui offre successivement deux versions des mêmes événements et multiplie les fausses-pistes.

Quatre étudiants se laissent enfermer pour le week-end dans un bunker désaffecté en pleine forêt. Le copain qui doit venir les délivrer ne revient pas le jour prévu. Les voici enfermés, presque sans provisions, condamnés à une mort atroce. À moins qu’il ne s’agisse de tout autre chose et que l’un des reclus soit lui-même responsable de l’enfermement et soit prêt (ou prête) à aller jusqu’au bout de l’horreur. Construit en flash-backs, qu’ils soient menteurs ou pas, très bien dialogué, truffé de coups de théâtre et de rebondissements inattendus, « THE HOLE » tient en haleine pendant 100 minutes sans fléchir, ce qui est en soi – compte tenu de l’exiguïté des décors – déjà un bel exploit. Il faut dire que le casting de jeunes comédiens est remarquable : Thora Birch exceptionnelle dans un rôle excessivement complexe et presque effrayant d’intensité, Desmond Harrington en objet de sa flamme obsessionnelle, une toute jeune Keira Knightley, sans ses tics de jeu habituels, en pin-up anorexique du campus, Embeth Davidtz en psy pas vraiment à la hauteur de la situation. Tout le monde est parfaitement à sa place et a sa part de grain à moudre. Un excellent suspense donc que « THE HOLE » à déconseiller aux claustrophobes, car l’enfermement des personnages devient rapidement suffocant et leur lente dégradation physique finit par atteindre le moral des plus endurants. Mais pour qui apprécie les thrillers « en chambre » bien conçus et bourrés de surprises, c’est à voir absolument, jusqu’au dernier gros-plan glaçant de « l’héroïne » qui risque de hanter longtemps les mémoires.

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THORA BIRCH, EMBETH DAVIDTZ, ANASTASIA HILLE, LAURENCE FOX ET KEIRA KNIGHTLEY

 

MAURICE ROËVES : R.I.P.

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MAURICE ROËVES (1937-2020), SECOND RÔLE À L’AUTORITÉ NATURELLE, BEAUCOUP VU À LA TV. MÉMORABLE DANS « LE DERNIER DES MOHICANS »

 
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Publié par le 16 juillet 2020 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« FILM STARS DON’T DIE IN LIVERPOOL » (2017)

FILM STARSPeter Turner est un comédien de théâtre anglais qui connut en 1979 une liaison avec l’actrice américaine Gloria Grahame, icône du ‘film noir’ des années 50, de passage à Liverpool pour jouer dans une pièce. Has-been, vieillissante, probablement malade, elle va bouleverser la vie du jeune homme et de sa famille. Il en tirera un livre dont s’est inspiré ce film.

« FILM STARS DON’T DIE IN LIVERPOOL » de Paul McGuigan, adroitement narré en flash-backs, raconte les deux ans que Gloria (Annette Bening) et Peter (Jamie Bell) ont passé ensemble, les hauts et les bas, la différence d’âge, la rupture, les retrouvailles et la fin tragique. Dépassant l’anecdote, le film touche à une certaine universalité, se montre constamment émouvant et offre aux deux vedettes leurs plus jolis rôles. Bening ne possède pas le charme vénéneux et cynique de l’héroïne des « ENSORCELÉS », et elle a dix ans de trop pour l’incarner, mais elle parvient à faire oublier son modèle, le temps de la projection, à se substituer à l’image indélébile laissée par la véritable « Gloria », pour créer un personnage fragile, instable, accessible et déséquilibré, d’une belle complexité. Face à elle, Jamie Bell est lui aussi naturel, crédible et leur alchimie à l’image crève les yeux. On sent par moments (les séquences situées à Hollywood ou New York, manifestement tournées devant des fonds verts) que la production n’est pas très riche, mais le scénario est suffisamment intelligent et profond pour qu’on comprenne que l’essentiel n’est pas dans la reconstitution historique, mais dans la force des sentiments. Excellent casting secondaire : Julie Walters en mère râleuse mais généreuse de Peter, et – le temps d’une longue scène cruelle et amère – Vanessa Redgrave et Frances Barber, jouant la mère et la sœur de Gloria.

« FILM STARS DON’T DIE IN LIVERPOOL » malgré un sujet extrêmement spécifique et un personnage central pas forcément connu de tous aujourd’hui, parvient à transcender son matériau et à générer une émotion brute, qui « cueille » à plusieurs reprises et donne envie d’applaudir.

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ANNETTE BENING, JAMIE BELL, VANESSA REDGRAVE ET FRANCES BARBER