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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

« UN TRAÎTRE IDÉAL » (2016)

Adapté d’un roman de John Le Carré, réalisé par la téléaste Susanna White, « UN TRAÎTRE IDÉAL » a toutes les apparences d’un film d’espionnage anglais comme on en a déjà tant vu. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences car il s’avère être un excellent film aux enjeux psychologiques puissants et aux personnages très bien campés.KIND

Stellan Skarsgård – parfaitement utilisé – est un comptable de la mafia russe qui, se sachant condamné par son nouveau boss, décide de vendre ses secrets, impliquant de hauts dignitaires britanniques, au MI6 en échange d’une protection pour sa famille. Il compromet un innocent quidam (Ewan McGregor) et sa femme (Naomie Harris) croisés par hasard, qui vont s’attacher à son sort. C’est une course-poursuite à travers le Maroc, la France, la Suisse et l’Angleterre, toute empreinte de paranoïa et de violence. Mais le plus intéressant et original, est l’amitié soudaine mais bien réelle entre le « traître » sympathique et truculent et le jeune professeur généreux et chevaleresque. Le tandem d’acteurs fonctionne à plein régime, soutenu par d’excellents seconds rôles comme Damian Harris, en maître-espion ambigu. Étonnamment soigné au niveau visuel et esthétique, « UN TRAÎTRE IDÉAL » doit beaucoup à son directeur photo, Anthony Dod Mantle (« FESTEN », « DREDD ») dont le sens du cadrage et les lumières contrastées jouant avec les reflets, apportent une grande classe au film tout entier. Malgré quelques petites impasses scénaristiques et des ellipses très abruptes (on aurait quand même bien voulu savoir ce qui a pu se passer dans l’hélicoptère, à la fin !), « UN TRAÎTRE IDÉAL » est un bon suspense humain et dépourvu de sensiblerie.

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HAPPY BIRTHDAY, ALEXANDER !

MACKENDRICK

ALEXANDER MACKENDRICK (1912-1993), AUTEUR ET RÉALISATEUR ÉCOSSAIS DE 12 FILMS, DONT CERTAINS DEVENUS DES CLASSIQUES.

 

HAPPY BIRTHDAY, KEN !

ANNAKIN

KEN ANNAKIN (1914-2009), RÉALISATEUR ANGLAIS À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE, À L’AISE DANS LES SUPER PRODUCTIONS HISTORIQUES.

 
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Publié par le 10 août 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

HAPPY BIRTHDAY, MIKE !

HODGES

MIKE HODGES, RÉALISATEUR ORIGINAL ET DOUÉ, À LA CARRIÈRE ÉTRANGEMENT ERRATIQUE. UN VRAI CLASSIQUE À SON ACTIF ; « LA LOI DU MILIEU ».

 
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Publié par le 29 juillet 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

JEREMY KEMP : R.I.P.

KEMP

JEREMY KEMP (1935-2019), SECOND RÔLE AU VISAGE MARQUÉ ET AU REGARD GLACIAL, SOUVENT UTILISÉ DANS DES EMPLOIS DE MILITAIRES.

 
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Publié par le 26 juillet 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« MR. HOLMES » (2015)

Bill Condon, dont nul n’a oublié le magnifique « NI DIEUX, NI DÉMONS » (1998) avec déjà Ian McKellen dans le rôle du réalisateur James Whale, s’attaque avec « MR. HOLMES » au mythe Sherlock Holmes à travers l’adaptation d’un roman de Mitch Cullin. Celui-ci imagine la retraite d’un Holmes de 93 ans dans une maison isolée du Sussex et son amitié avec un petit garçon admiratif (excellent Milo Parker), qui aimerait devenir son nouveau Watson.HOLMES

Affublé d’un faux nez qui le fait ressembler à John Gielgud, jouant dix ans de plus que son âge réel, McKellen incarne un Holmes usé, pas dupe de sa propre légende en partie inventée par son ancien acolyte, et rongé par ce qu’on n’appelait pas encore la maladie d’Alzheimer. Hanté par des enquêtes mal bouclées, par la rencontre aussi brève que tragique avec une jeune femme qu’il était chargé de suivre (Hattie Morahan, inoubliable dans son face à face avec le détective, le temps d’une scène), Holmes tente d’écrire ses mémoires, alors même que la sienne le trahit de plus en plus chaque jour. C’est souvent poignant, toujours spirituel, et au-delà d’une énième variation autour du personnage de Conan Doyle, c’est un voyage pénible et pathétique dans la vieillesse et la solitude auquel nous convie Condon. La construction en flash-back, un voyage au Japon, les « absences » du vieillard, sa confrontation avec sa gouvernante Laura Linney qui se méfie de l’amitié liant son fils à son employeur, tout cela tisse un arrière-plan psychologique qui maintient l’intérêt et fait complètement oublier que Sherlock Holmes est un personnage de pure fiction. À voir donc, ce « MR. HOLMES » de plus en plus attachant à mesure qu’il progresse et qui offre à Ian McKellen un de ses rôles les plus humains et fouillés. L’ultime séquence prend vraiment à la gorge, sans la moindre emphase mélodramatique.

À noter que Nicholas Rowe, qui joua Sherlock Holmes adolescent dans « LE SECRET DE LA PYRAMIDE » (1985), apparaît ici en interprète du détective dans un film que McKellen va voir au cinéma. Belle idée ! 

 

« MY LADY » (2017)

De Richard Eyre, on se souvient de l’excellent « CHRONIQUE D’UN SCANDALE ». Aussi, le voir s’associer à Emma Thompson pour un drame psychologique incite-t-il plutôt à la confiance. Ce n’est pas que « MY LADY » soit un mauvais film, mais le scénario, écrit par l’auteur du roman original, est extrêmement scolaire. De plus, la photo sans recherche ni relief, renvoie à l’esthétique (ou au manque de…) des vieux téléfilms BBC d’antan. Aussi suit-on les cas de conscience de cette juge spécialiste de l’enfance, sans se passionner vraiment et en trouvant souvent le temps long.MYLADY.jpg

L’histoire se focalise sur deux évènements simultanés : le mari de la juge (Stanley Tucci) exaspéré par ses absences répétées qui décide d’avoir une liaison, faisant voler le couple en éclats, et le cas d’un jeune homme témoin de Jéhovah refusant la transfusion qui pourrait lui sauver la vie. Il s’établit une relation trouble et ambiguë entre la magistrate en crise et le garçon exalté et incompris. Le problème, c’est que si Emma Thompson – particulièrement mal photographiée et fagotée – est très bien, comme à son habitude, son partenaire, Fionn Whitehead est assez gauche et joue n’importe quelle émotion sur la même tonalité. Cela appauvrit évidemment les échanges et rend le film tout entier factice et pour tout dire, très vain.

« MY LADY » n’est pas un navet, pas même un film raté, c’est une œuvre sans âme, apparemment conçue comme un véhicule pour le talent de sa vedette féminine, mais qui peine à émouvoir ou à susciter la moindre réflexion. À réserver exclusivement au fan de cette belle actrice si fréquemment sous-utilisée.