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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

« RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR » (1957)

RDV2Signé du grand Jacques Tourneur, « RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR » est devenu avec les années un classique incontournable du film d’horreur. Le revoir aujourd’hui causera probablement des déconvenues aux admirateurs du genre mais aussi à ceux du responsable des sublimes « LA FÉLINE » et « LA GRIFFE DU PASSÉ ».

Tourné en Angleterre, le film confronte un psychologue américain (Dana Andrews) terre-à-terre à un culte satanique dont le leader (Niall McGinnis) lui jette un sort. L’essentiel d’un scénario languissant et répétitif tient dans la lente prise de conscience de l’incrédule face à des forces qui le dépassent. Les manifestations diaboliques sont de petits cumulus mouvants accompagnés d’une musique stridente et de fugitives apparitions d’une espèce de King Kong cornu échappé des enfers. Dire qu’on a peur serait très exagéré, à moins d’avoir le cœur très sensible et de n’avoir vu aucun film d’horreur depuis 1957. Mais il règne une certaine atmosphère, due essentiellement à la photo noir & blanc splendide d’Edward Scaife qui magnifie les intérieurs et parvient à créer une ambiance cauchemardesque. Le film étant porté par l’impavide, inexpressif et – comme toujours – ennuyeux à mourir Dana Andrews, on a vraiment du mal à se passionner pour son sort. Acteur neutre et totalement dépourvu de fantaisie, il traverse le film en honnête professionnel venu toucher son chèque. À ses côtés, Peggy Cummins, connue pour son rôle de hors-la-loi dans « GUN CRAZY », n’a pas grand-chose à faire en poupée blonde légèrement casse-pied.

Très beau à contempler donc, « RENDEZ-VOUS AVEC LA PEUR » ne génère plus un iota aujourd’hui de l’inquiétude qu’il a pu susciter jadis. Mais on y retrouve çà et là des vestiges du génie visuel de M. Tourneur. C’est déjà pas mal !

RDV

DANA ANDREWS ET PEGGY CUMMINS

À noter que le film sortit à 95 minutes en Angleterre et raccourci à 82 minutes aux U.S.A. C’est la version longue qui est chroniquée ci-dessus.

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Publié par le 19 février 2018 dans CINÉMA ANGLAIS, FILMS D'HORREUR

 

HAPPY BIRTHDAY, JOHN !

SCHLESINGER

JOHN SCHLESINGER (1926-2003), RÉALISATEUR AU STYLE AFFIRMÉ, PASSÉ DU CINÉMA D’AUTEUR ANGLAIS AUX GROSSES PRODUCTIONS U.S.

 
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Publié par le 16 février 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« GENS DE DUBLIN » (1987)

DEAD2« GENS DE DUBLIN » est le dernier de la quarantaine de longs-métrages réalisée par le légendaire John Huston, alors âgé de 80 ans. Tiré d’une nouvelle de James Joyce, adapté par son fils, interprété par sa fille, c’est un adieu poignant à la vie et un film d’une infinie mélancolie.

Cela se passe pendant une fête donnée annuellement en janvier par des vieilles dames, dans le Dublin des années 1900. Tout le monde se retrouve avec plaisir, on y chante, on y danse, on s’empiffre et on boit trop. C’est finement observé, lucide mais sans cruauté, au contraire. Tous les personnages sont humains et attachants, on sourit parfois, on s’attendrit. Huston signe une véritable miniature en presque huis clos, entremêle les vignettes sur tel ou tel protagoniste. C’est confortable, plaisant et d’une délicatesse de chaque instant. La mise-en-scène du vieux maître est complètement invisible mais d’une extraordinaire fluidité. On ne sent pas passer les 79 minutes tellement riches qu’elles semblent durer le double. Mais quand la fête est achevée, quand le couple formé par Donal McCann et Anjelica Huston – grandioses tous les deux – se retrouve dans sa chambre d’hôtel, le dialogue nous « cueille » quand on s’y attend le moins. Se remémorant un amour de jeunesse, mort pour elle à 17 ans, l’épouse ouvre des portes qu’on laisse généralement closes. Et la voix « off » du mari évoque alors la vie qui passe trop vite, la mort qui nous attend tous au bout du chemin, le dérisoire de l’existence… C’est tellement inattendu, d’une telle justesse d’écriture, d’une telle beauté picturale, qu’on en garde une émotion puissante bien après le générique de fin.

DEAD

ANJELICA HUSTON ET DONAL McCANN

Tout le casting est magnifique, à commencer par Donal Donnelly (qui sera l’archevêque ripou dans « LE PARRAIN III ») en bon-à-rien constamment ivre-mort, Dan O’Herlihy en vieille ganache et tous les petits rôles, jusqu’à la jeune bonne ou l’apprenti-cocher à la fin. Une vraie fête !

Une belle sortie pour John Huston, d’autant plus que le titre original de ce chant du cygne est « THE DEAD ». Superbe.

 

HAPPY BIRTHDAY, MICHAEL !

APTED

MICHAEL APTED, BON FAISEUR ANGLAIS QUI FAIT UNE BELLE CARRIÈRE AUX U.S.A. DEUX OU TROIS EXCELLENTS FILMS À SON ACTIF.

 
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Publié par le 10 février 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« CASINO ROYALE » (1967)

CASINOROYALE2« CASINO ROYALE », réalisé à quatre mains dont celles de John Huston, se voudrait une folie autour de la folie 007 qui déferlait alors sur le monde à chaque sortie d’un nouveau James Bond. C’est écrit – enfin, si on veut – dans cet esprit ‘camp’ qui faisait fureur avec les séries TV « BATMAN » ou « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » et… cela dure plus de deux heures.

Que dire ? C’est quasiment irregardable aujourd’hui, mais ça devait déjà l’être hier. Une sorte d’énorme pudding composé de sketches disparates, reliés par une trame très vague et sans intérêt. L’humour est lourd, répétitif, les décors sont hideux. La seule raison d’endurer tout cela est la BO vintage de Burt Bacharach qui insuffle un semblant d’entrain à la chose et l’avalanche de ‘guest stars’ et de jolies filles qu’on dirait échappées d’un show de Jean-Christophe Averty.

David Niven est un Bond vieillissant et précieux, Peter Sellers incarne… on ne sait pas très bien qui, Orson Welles s’autopastiche avec verve et Woody Allen, si peu drôle qu’il en devient embarrassant, joue le neveu débile et maléfique de Bond. Heureusement, Ursula Andress, Daliah Lavi, Barbara Bouchet et Jacqueline Bisset sont ravissantes, Joanna Pettet est une Mata-Hari très craquante. Le temps de fugitifs caméos, on reconnaît George Raft avec sa pièce de « SCARFACE », William Holden en agent de la CIA, Peter O’Toole jouant de la cornemuse et même Jean-Paul Belmondo en légionnaire moustachu et jovial. Mais celle qui émerge vraiment, c’est Deborah Kerr irrésistible en châtelaine écossaise à l’accent à couper au couteau et à la libido exigeante.

« CASINO ROYALE » est le film d’une époque, dont il résume parfaitement les excès, les complaisances, la liberté aussi. On se demande tout de même comment, après avoir lu le scénario, autant de vedettes devant et derrière la caméra ont pu apposer leur signature au bas d’un contrat.

CASINORPYALE

JOANNA PETTET, DAVID NIVEN, JEAN-PAUL BELMONDO ET JACQUELINE BISSET

 

HAPPY BIRTHDAY, OLIVIA !

COLMAN

OLIVIA COLMAN, REMARQUABLE COMÉDIENNE AU JEU SOBRE ET RÉALISTE, MÉMORABLE POUR SON RÔLE DE FLIC DANS LA SÉRIE « BROADCHURCH ».

 
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Publié par le 30 janvier 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« LE DERNIER VICE-ROI DES INDES » (2017)

Au niveau de l’Histoire avec un grand « H », « LE DERNIER VICE-ROI DES INDES » couvre la période (1947) où l’Angleterre, après 300 ans de présence, rend à l’Inde son indépendance. D’un simple point-de-vue scénaristique, la réalisatrice Gurinder Chadha (« JOUE-LA COMME BECKHAM ») calque sa « petite histoire » sur la série « DOWNTON ABBEY » (les mêmes événements vécus par les humbles et les puissants à divers niveaux de la même demeure). La présence de Hugh Bonneville dans le rôle de Lord Mountbatten semble donc parfaitement logique.VICEROY

Le film est très intéressant pour le néophyte qui apprend les relations entre « l’occupant » et la population indienne éclatée et en constant conflit. On y comprend la manipulation dont fit l’objet l’idéaliste Mountbatten de la part de Churchill. De ce côté-là, rien à redire : c’est très bien documenté, intelligent. En revanche la sous-intrigue mélodramatique, très « Roméo & Juliette », liant un jeune serviteur et une pure jeune fille musulmane promise à un autre, est pataude et convenue, culminant en une ‘happy end’ improbable et embarrassante. Cela n’empêche pas les deux jeunes comédiens d’être excellents, en particulier la ravissante Huma Qureshi.

Il y a à prendre et à laisser dans ce film très bien fabriqué, mais académique et empesé. Sa principale qualité est la clarté et une bonne mise en perspective, son gros défaut est un manque de moments vraiment forts et de surprises. Gillian Anderson est parfaite en Lady Mountbatten, modifiant sa diction, sa gestuelle, sa démarche, jusqu’à l’identification totale. Michael Gambon est remarquable en vieux politicien roué et cynique. Et Bonneville semble vraiment échappé de « DOWNTON ABBEY » tant les personnages sont proches.

À voir pour mieux connaître l’histoire des Indes donc, pour de belles scènes de foule, une reconstitution sans faille, sans en attendre autre chose.