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Archives de Catégorie: CINÉMA ANGLAIS

HAPPY BIRTHDAY, DAPHNE !

DAPHNÉ

DAPHNE DU MAURIER (1907-1989), ROMANCIÈRE D’UN NOIR ROMANTISME, ELLE INSPIRA HITCHCOCK PAR TROIS FOIS. TOUJOURS AUX CONFINS DE LA FOLIE…

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« KINGSMAN : LE CERCLE D’OR » (2017)

Trois ans après le premier film, « KINGSMAN : LE CERCLE D’OR » réunit la même équipe pour une seconde aventure d’Eggsy, le super agent secret juvénile, élite d’une société secrète d’espionnage. On s’en réjouit, vu l’excellent souvenir qu’on garde du n°1. Mais on aurait dû se méfier, car souvent succès engendre surenchère et à ce petit jeu de la superproduction bien des films ont perdu leur âme.K2

C’est hélas, le cas de ce second opus, enseveli dès la première séquence d’action sous des monceaux de CGI pas toujours très heureux et tué dans l’œuf par un scénario indigent, recyclant maladroitement les données établies trois ans auparavant. C’est donc – mais on commence à prendre l’habitude – trop long, trop répétitif, dépourvu de la moindre petite surprise et définitivement anéanti par de très mauvaises idées comme les épouvantables apparitions d’Elton John, summum de bêtise tombant complètement à plat. On n’écoutera plus jamais ses chansons de la même façon, après ça !

Alors oui, Taron Egerton est toujours bien sympathique dans le rôle principal, Colin Firth éborgné, fait un comeback bienvenu, Halle Berry est inattendue en geek rêvant d’action. Mais Julianne Moore est à côté de la plaque en narcotrafiquante foldingue s’efforçant de surpasser Samuel L. Jackson dans le cabotinage en roue-libre, Jeff Bridges, la diction de plus en plus pâteuse, passe en voisin en chef des barbouzes U.S. et Channing Tatum ne fait guère de progrès. Mark Strong apparaît moins figé que de coutume dans son personnage de ‘Merlin’.

On doit aux comédiens les rares instants de plaisir d’un film franchement redondant et inutile, où on cherche vainement l’humour et l’originalité du film de 2014, en n’y trouvant que débauche d’effets spéciaux numériques et rabâchage fatigué. Le même syndrome en fait, que tous ces films de super-héros Marvel ou DC qui pensent pouvoir compenser l’absence de scénario solide par des images spectaculaires.

 

ANNE V. COATES : R.I.P.

COATES

ANNE V. COATES (1925-2018), GRANDE CHEF-MONTEUSE ANGLAISE QUI FIT UNE IMPOSANTE CARRIÈRE AUX U.S.A. ET JUSQU’À RÉCEMMENT

 
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Publié par le 9 mai 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« THE WALDO MOMENT » : épisode de « Black mirror » (2013)

Épisode de la 2ème saison de « BLACK MIRROR », « THE WALDO MOMENT », réalisé par Bryn Higgins est une fable politique assez pesante et démonstrative – ce qui est un peu le talon d’Achille de cette belle série.

Daniel Rigby, jeune acteur raté et aigri, anime un personnage de cartoon en « live », un ours bleu agressif prénommé ‘Waldo’. Son humour est basé sur la grossièreté, la scatologie, sans aucun arrière-plan politique. Mais voici que, de plus en plus populaire, Waldo est confronté dans des débats télévisés à de véritables candidats qu’il ridiculise sans grande difficulté. Et progressivement, les producteurs obligent l’acteur à se présenter aux élections au travers de sa marionnette virtuelle.

WALDO

DANIEL RIGBY ET CHRISTINA CHONG

Bien sûr, le scénario de Charlie Brooker nous met le nez dans la société telle qu’elle est. Plus d’idéaux, plus de limite : que le plus vulgaire gagne et advienne que pourra. Comment ne pas penser à un récent président des U.S.A., même si le téléfilm fut écrit bien avant son avènement au pouvoir suprême ? Ou plus lointainement à la démarche d’un comique français en salopette ?

Comme dans « FRANKENSTEIN », le monstre de pixels échappera à son créateur et balaiera les scrupules moraux de ce pauvre type cynique, mais pas suffisamment pour se faire une place dans ce monde sans pitié. C’est pertinent et féroce, mais quelque chose sonne faux dans cet épisode inexplicablement décevant, voire irritant. Un peu comme si les auteurs – comme contaminés par leur sujet – oubliaient la finesse et le sens de la satire pour bien enfoncer leur clou. Le casting n’a rien de plus rien de bien excitant et quand arrive l’épilogue particulièrement déprimant et nihiliste, le message trop brutalement ressassé ne passe plus du tout.

 

MICHAEL ANDERSON : R.I.P.

ANDERSON copie

MICHAEL ANDERSON (1920-2018), RÉALISATEUR ANGLAIS QUI TOURNA PRINCIPALEMENT DES PRODUCTIONS À GRAND SPECTACLE À HOLLYWOOD.

 
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Publié par le 28 avril 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES » (2017)

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES », réalisé par Juan Carlos Medina, relate une série de meurtres dans l’Angleterre des années 1880 et l’enquête menée par un policier (Bill Nighy) dans le milieu du music-hall.GOLEM

L’ambiance est posée d’emblée et on la connaît bien (trop bien, même), c’est celle de Jack l’Éventreur, avec ses ruelles sordides, ses prostituées éventrées, ses bouges sordides. Le scénario lui, bâti en flash-back autour des rencontres entre le vieux flic et une jeune artiste (Olivia Cooke) accusée d’avoir empoisonné son mari. Celui-ci est soupçonné d’être le « golem » un serial killer qui a déjà fait plusieurs victimes. Autant le dire tout de suite, le vrai problème de ce scénario – pourtant adapté d’un roman – est sa confusion. Il y a des suspects à foison (dont… Karl Marx !), des personnages mal définis comme cette star de la scène (Douglas Booth) ou cette rivale pernicieuse (Maria Valverde), et alors qu’on peine déjà à se passionner pour l’investigation, le ‘twist’ final tombe comme un (gros) cheveu sur la soupe et laisse plus perplexe qu’ébahi. La plus grosse déception vient en fait de l’absence totale de golem dans cette histoire ! La légende juive de ce vengeur né de l’argile est à peine mentionnée et ne sert que de surnom à l’assassin. Remboursez !

Le film est joli à regarder grâce à une photo maniérée mais très soignée, Nighy compose un personnage intrigant d’enquêteur introverti et homosexuel « in the closet » et la jeune Olivia Cooke se donne corps et âme pour apporter un peu de vie dans cette étrange et finalement peu convaincante production. À noter aussi dans un rôle secondaire la présence toujours réjouissante d’Eddie Marsan, le crâne rasé, jouant le directeur du music-hall sado-maso.

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES » se laisse regarder d’un œil distrait pour quelques séquences réussies, une atmosphère familière et un dénouement à suspense assez prenant. Il y manque juste une petite étincelle de génie…

 

« WHITE BEAR » : épisode de « Black mirror » (2013)

BEAR« WHITE BEAR » est un épisode de la 2ème saison de « BLACK MIRROR » réalisé par Carl Tibbetts. Une fois encore, une satire âpre et cruelle de notre société de voyeurs et de sadiques par procuration, un brin moraliste mais dramatiquement très efficace.

Lenora Crichlow, une jeune femme se réveille complètement amnésique et lorsqu’elle sort hébétée de la maison, elle se retrouve dans un monde devenu fou : des chasseurs masqués la traquent avec des fusils de gros calibre, les badauds se contentent de filmer la partie de chasse avec leurs portables et on aperçoit des dizaines de corps crucifiés dans les bois. Paniquée, confuse, se rappelant des bribes de souvenirs concernant une fillette, la malheureuse ne comprend que trop tard qu’elle est en train de vivre une sorte de « spectacle vivant ». Mais n’en disons pas plus ! La chute est très étonnante et démontre brillamment qu’on peut modifier complètement le point-de-vue qu’on peut avoir sur une histoire rien qu’en déplaçant l’instant où on commence à la raconter.

Un téléfilm « futuriste » sans aucun effet-spécial, stressant et hyper-tendu de la première à la dernière image. En gibier acculé à la totale panique, Lenora Crichlow est très bien, même si ses sanglots et ses hurlements incessants finissent par vriller littéralement les nerfs du spectateur. Mais c’était sûrement l’effet recherché !

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LENORA CRICHLOW