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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« SOURCE CODE » (2011)

Le pitch de départ de « SOURCE CODE » est à la fois sa grande force et sa principale faiblesse. Force, parce que l’idée est ingénieuse, forte et originale. Faiblesse parce qu’il faut bien l’expliquer à un moment donné et que c’est là que ça devient TRÈS confus. C’est le pauvre Jeffrey Wright qui s’y colle dans un long monologue abscons et on souffre pour lui !CODE

Réalisé par Duncan Jones, « SOURCE CODE » est une sorte d’avatar de « UN JOUR SANS FIN » à la sauce sci-fi et suspense. Le héros, un soldat campé par Jake Gyllenhaal se retrouve sans arrêt dans le même train de banlieue, pendant huit minutes d’affilée chaque fois et dans la peau de quelqu’un d’autre, pour empêcher un attentat à la bombe. À chaque « voyage », il progresse dans son enquête pour retrouver le coupable, il tombe amoureux de sa voisine Michelle Monaghan. Quand il revient dans une sorte de caisson plus ou moins étanche, il comprend peu à peu qu’il ne fait plus tout à fait partie du monde des vivants. Mais ne spoilons pas au-delà de cette phrase !

Malgré ses complications scénaristiques et une fin extrêmement embrouillée, « SOURCE CODE » fonctionne par son mouvement permanent, de bonnes scènes de paranoïa et surtout par l’énergie forcenée déployée par Gyllenhaal qui parvient à rendre tout cela à peu près crédible. Autour de lui, de bons comédiens comme Vera Farmiga en officier compassée et Wright, déjà cité, en scientifique ambitieux et odieux.

Un bon film que « SOURCE CODE », pas toujours très lisible, mais qui emporte l’adhésion par sa puissance narrative et un montage hyper-efficace.

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« NE T’ENDORS PAS » (2016)

WAKE.jpgEn matière de fantastique, entre l’horreur et le paranormal, Mike Flanagan commence à avoir un joli palmarès et un ton très personnel, dont les références sont décelables mais jamais gênantes.

« NE T’ENDORS PAS », par la présence d’un petit garçon aux pouvoirs étranges, renvoie à Stephen King, mais le film possède sa petite musique, faite de poésie teintée d’angoisse et privilégiant la double-lecture de ses séquences de trouille, bien moins gratuites que ce qu’on a l’habitude de voir. C’est évidemment plus gratifiant, plus intelligent aussi. Et les personnages, comme souvent chez cet auteur, ont une véritable épaisseur humaine, un passé, qui les ancrent dans le réel et permettent l’identification, donc une peur plus concrète et profonde. « NE T’ENDORS PAS » est court, percutant, visuellement soigné mais sans ostentation et surtout, très bien joué par Kate Bosworth en jeune mère endeuillée flirtant dangereusement avec les pires transgressions, Thomas Jane très attachant dans le rôle de son mari, Annabeth Gish en assistante sociale pas très perceptive et le petit Jacob Tremblay d’une irréprochable justesse.

Suspense psychanalytique sur l’enfance ravagée, le non-dit et l’autodestruction, « NE T’ENDORS PAS » est une petite production qui ne paie pas de mine, mais passionne le temps qu’elle dure et donne à réfléchir après le mot « FIN ». Ce n’est pas très courant et d’autant plus méritoire. Flanagan confirmera son talent avec le téléfilm « JESSIE »(d’après Stephen King, c’était inévitable !) et surtout la splendide minisérie « THE HAUNTING OF HILL HOUSE » qui l’installera comme un des nouveaux piliers du genre.

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KATE BOSWORTH, JACOB TREMBLAY ET THOMAS JANE

 

« DEVIL’S GATE » (2017)

Un film comme « DEVIL’S GATE » oblige à se poser des questions sur la différence entre un navet et un nanar. Le nanar, quel que soit son stade de nullité avancée, garde toujours quelque chose de sympathique voire de distrayant qui incite à l’indulgence. Le navet est un gâchis de pellicule et de temps.DEVIL.jpg

Inutile de dire que la production canadienne « DEVIL’S GATE » fait partie de la seconde catégorie. Cela démarre en enquête sur un serial killer, avec un agent du FBI (Amanda Schull, clone de Naomi Watts, le talent en moins) débarquant dans la cambrousse, puis le scénario dévie progressivement vers une abracadabrante histoire d’aliens désireux d’envahir la terre, tout en restant planqués aux alentours d’une ferme depuis des générations (sic !) afin de procréer tranquillement. Plus cela avance, plus c’est aberrant et grotesque. Et comme le casting est vraiment bas-de-gamme, le dialogue honteux, il n’y a rien pour éviter la chute du film dans les abysses de la série Z.

Que sauver là-dedans ? Car, normalement, il y a toujours quelque chose à sauver. Disons que les extra-terrestres ne sont pas trop mal conçus, que la photo a quelques bons moments, mais c’est vraiment aller chercher la petite bête. « DEVIL’S GATE » est une espèce de bouillie à base de « X-FILES » et « RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE », atrocement mal réalisée et écrite. À noter que l’acteur Milo Ventimiglia – que ce soit délibéré ou non – prend des accents et des mimiques de Sylvester Stallone dès qu’il se met en colère. À tout prendre, on aurait préféré le vrai.

 

« IRON MAN » (2008)

« IRON MAN » n’a jamais été un des super-héros les plus palpitants de Stan Lee. Milliardaire – comme Bruce Wayne – et marchand d’armes, il cherche la rédemption en devenant un justicier engoncé dans une armure rouge et dorée lançant des rayons et capable de voler dans l’espace.IRONMAN.jpg

Confier la réalisation de cette transposition cinéma au pataud Jon Favrau n’était peut-être pas la meilleure idée imaginable. Le bonhomme est un honnête faiseur, mais manque de style et de panache. Il y a quelque chose de profondément lourd et inerte dans ces deux heures pourtant mouvementées et pétaradantes, un vice-de-forme indécelable à l’œil nu qui laisse l’impression que « IRON MAN » fait du sur-place, se répéte jusqu’à ce que l’intérêt se soit complètement évaporé. Ce n’est pas dû à Robert Downey, Jr. plutôt bien dans le rôle-titre, même s’il semble parfois indifférent et pas tout à fait là. Jeff Bridges n’est pas non plus à son top-niveau en méchant au crâne rasé et la pauvre Gwyneth Paltrow est toujours, et quoi qu’elle fasse, d’une fadeur invraisemblable. Rien à signaler du côté des petits rôles sans la moindre épaisseur.

On peut sauver les séquences en Afghanistan un peu plus vivantes que le reste, mais « IRON MAN » ressemble au pilote d’une série télé au budget pharaonique qui a cru bon de se passer des services d’un vrai scénariste. À ce jour, le film a déjà connu deux sequels et le personnage de Stark apparaît dans les films des « AVENGERS ».

À noter le caméo rituel de Stan Lee entouré de jolies filles et l’apparition de Samuel L. Jackson dans un rapide épilogue après le générique de fin.

 

« JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM » (2018)

« JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM » réalisé par l’espagnol J.A. Bayona, est le 5ème film de la franchise initiée par Steven Spielberg en 1993 et le second opus d’un deuxième triptyque consacré à la résurrection des dinosaures par des scientifiques irresponsables et âpres au gain.JW2

La thématique de l’épisode est énoncée par Jeff Goldblum – retrouvant son personnage des deux premiers films – qui n’apparaît que le temps de démontrer que la nouvelle ère génétique mènera l’homme à sa perte et que, cette fois, l’apprenti-sorcier est allé trop loin. Cette petite leçon de morale indispensable mise à part, ce n°5 permet de retrouver de nombreux éléments des précédents (les chasseurs impitoyables, les milliardaires sans foi ni loi), de développer le raptor « Blue », plus intelligent que la moyenne et qui risque de devenir l’équivalent du César de la saga de « LA PLANÈTE DES SINGES » dans les opus suivants. Car c’est bien l’envahissement de la terre par les dinos qui se profile ici et laisse deviner ce que sera la prochaine aventure. Ce n’est pas désagréable à regarder, pas très original dans son déroulement, certaines idées passionnantes (James Cromwell et le clone de sa fille décédée) sont hélas, à peine survolées. Mais ça fonctionne sur le mouvement, la perfection des effets spéciaux et le trouble généré par les nouvelles données : cette fois, c’est l’homme le méchant et l’empathie est focalisée sur les animaux ressuscités malgré eux.

On retrouve Bryce Dallas Howard et Chris Pratt du précédent film sans enthousiasme particulier, Ted Levine haïssable à souhait en « grand chasseur blanc », le toujours parfait Toby Jones encore plus immonde et Geraldine Chaplin dans un personnage pas suffisamment développé mais intrigant.

Un bon gros film pop-corn bien fait, qui fait passer deux heures en un clin d’œil et tente un petit message écologique pertinent par les temps qui courent.

 

« THE HAUNTING OF HILL HOUSE » (2018)

Attention, chef-d’œuvre ! Ce n’est pas un terme fréquemment utilisé en matière de télévision, mais « THE HAUNTING OF HILL HOUSE », œuvre de Mike Flanagan, mérite amplement le qualificatif.HHH.jpg

Librement adapté du roman de Shirley Jackson, qui inspira déjà l’inoxydable « MAISON DU DIABLE » (1963) de Robert Wise, cette minisérie de 10×55 minutes traite de la lente et inexorable possession d’une famille entière par une demeure maléfique grouillant de fantômes.

A priori, rien d’original, mais Flanagan capte l’intérêt par une construction culottée, se permet des flash-backs intempestifs, des changements de point-de-vue extrêmement déstabilisants et surtout, ne perd pas de temps à rabâcher les sempiternels lieux-communs de ce genre de cinéma. Ce qui intéresse l’auteur, ce ne sont pas les effets de trouille faciles, c’est la famille. Ces parents aimants (Carla Gugino et Henry Thomas), ces cinq enfants de plus en plus fragilisés par leur contact quotidien avec l’horreur. La minisérie change constamment d’époque, passant du présent avec les protagonistes adultes et le passé où leur séjour dans la maison explique progressivement leurs traumatismes actuels. C’est brillamment écrit, très bien réalisé, et le casting est uniformément remarquable. Seul petit bémol, l’idée de faire jouer le père par Henry Thomas (45 ans) dans les flash-backs et par Timothy Hutton (58 ans) au temps présent. La différence d’âge entre les deux acteurs ne saute pas immédiatement aux yeux et cela perturbe un peu le parcours de ce personnage étrangement bicéphale.

Outre Carla Gugino absolument saisissante dans un rôle complexe, émouvant et effrayant à la fois, on retiendra Elizabeth Reaser excellente en sœur aînée psychorigide, Kate Siegel remarquable d’intensité ou Annabeth Gish étonnante en gouvernante introvertie. Truffé d’hommages discrets au film de Wise, mais aussi à « SHINING », à « E.T. » et autres, « THE HAUNTING OF HILL HOUSE » ne cesse de surprendre, d’émouvoir, pendant ces presque dix heures de projection incroyablement addictives. On peine à affirmer qu’il s’agit là de « grande télévision », tant on aimerait que des films de cinéma atteignent ce niveau-là d’exigence !

 

« THOR : RAGNAROK » (2017)

Troisième opus de la franchise, « THOR : RAGNAROK » du néozélandais Taika Waititi prend un virage en épingle à cheveux par rapport aux précédents en adoptant d’emblée un ton d’autodérision, en multipliant les « one liners » plus ou moins drôles et en affichant un mauvais goût visuel sidérant réminiscent des eighties.THOR3.jpg

À quoi cela ressemble-t-il ? Disons au « FLASH GORDON » de 1980 fusionné avec une attraction de fête foraine. Le sommet est atteint avec les séquences de jeux du cirque menées par un Jeff Goldblum hilare, en totale roue-libre, un personnage périphérique qui prend une place démesurée. On retrouve donc à peu près tout le monde pour ce n°3 plus que bordélique, où Thor doit non seulement empêcher la fin du monde programmée par sa propre sœur, qui n’est autre que la déesse de la mort (sic !) mais en plus perd ses cheveux (rasés par Stan Lee en personne) et même un œil au passage. Pourquoi ? On ne sait pas trop. Et que dire de ce pauvre Hulk, traité de façon ouvertement comique, en grosse brute imbécile et gaffeuse ? C’est tellement idiot qu’on se surprend à sourire parfois (impossible de résister quand Mark Ruffalo s’écrase comme une fiente sur le pont !). Mais le film, qui a tout du jeu vidéo hypertrophié, finit par assoupir le plus courageux. Et quand se déchaîne la fameuse « baston finale » règlementaire, ça n’en finit plus de finir. Tout espoir de scénarisation est abandonné pour une surenchère de CGI soûlante et abêtissante.

Natalie Portman a disparu (pas folle, la guêpe), les comparses habituels sont cavalièrement éliminés, Anthony Hopkins se retrouve à l’hospice (re-re-sic !) et Tom Hiddleston continue de trahir à tout-va. En super-méchante invincible, Cate Blanchett s’amuse bien, mais on a l’impression de l’avoir déjà vue plusieurs fois dans cet emploi. Seules heureuses surprises : l’apparition de Benedict Cumberbatch en Dr. Strange et surtout les caméos hilarants – et en clin d’œil à Shakespeare et « HAMLET » – de Matt Damon et Sam Neill, en acteurs de théâtre rejouant la geste héroïque de ‘Loki’ sur la place publique. Jolie mise en abyme. Quel dommage que l’humour n’ait pas toujours été de ce niveau !