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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« MEN IN BLACK 3 » (2012)

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JOSH BROLIN

« MEN IN BLACK 3 », sorti dix ans après le précédent opus et réalisé une fois encore par Barry Sonnenfeld, est la preuve qu’on peut éviter les rabâchages et les redondances en se munissant d’un accessoire imparable : un bon scénario. Signé Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen !), celui-ci remixe les éléments établis dans les films précédents, insuffle un brin d’émotion dans le délire et boucle la boucle de la relation Tommy Lee Jones-Will Smith d’épatante façon.MIB3 copie.jpg

Cette sequel étonnante, puisqu’elle ne cesse de surprendre agréablement, mêle le voyage temporel à l’univers de science-fiction déjanté de la franchise. Et se retrouvant catapulté en 1969, Will Smith – plutôt meilleur que d’habitude – doit sauver la vie de son vieux coéquipier ronchon, alors âgé de 29 ans (Josh Brolin). Une manière amusante pour Jones, qui a pris un gros coup de vieux physiquement, de tenir la vedette d’un film en apparaissant très peu dedans ! Outre ses rebondissements incessants, ses dérapages dans l’absurde (le discours hallucinant d’Emma Thompson au début du film)  et de très bons F/X, « MEN IN BLACK 3 » vaut d’être vu pour le travail de Brolin, qui offre une imitation de Tommy Lee Jones saisissante, jusque dans le moindre maniérisme, sans parler de son accent. La perfection ! On oublie complètement qu’il ne s’agit pas du même interprète au bout de quelques minutes.

Ce 3ème et dernier, jusqu’à présent, épisode de la série de longs-métrages, possède donc le scénario le plus élaboré du triptyque, puisqu’on est captivé du début à la fin, sans jamais cesser de sourire et que, cerise sur le gâteau, les personnages s’offrent même le luxe d’une semblant de profondeur. On ne pouvait pas rêver mieux !

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH ET EMMA THOMPSON

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« MEN IN BLACK II » (2002)

MIB II.jpgTourné cinq ans après un premier film très réussi, « MEN IN BLACK II » prend les mêmes et… recommence à peu près la même chose ! Le scénario est un démarquage paresseux du n°1, et curieusement les F/X, qui ont tendance à devenir envahissants, semblent moins performants que la première fois.

Dès le prologue, on sent le désir fébrile de surenchère, le plat richement cuisiné mais digeste servi jadis par Barry Sonnenfeld est devenu lourd, trop gras et finit par couper l’appétit. De plus, Tommy Lee Jones – toujours très à l’aise dans l’humour pince-sans-rire – met une bonne demi-heure à faire son entrée et laisse la place libre à Will Smith. Celui-ci est insupportable de cabotinage auto-satisfait et ne parvient jamais à recréer leur complicité d’antan. On assiste donc à une pâle resucée, qui brasse des éléments trop similaires, surexploite des gimmicks introduits en 1997 comme le coéquipier-chien soûlant ou l’usurier campé par Tony Shalhoub. Dans la colonne des points positifs, de très belles comédiennes comme Lara Flynn Boyle en despote extraterrestre au look de top model et la charmante Rosario Dawson dans un joli personnage à facettes. Et, si ! Tout de même ! L’idée géniale et très poétique du petit peuple de créatures vivant dans le casier d’une consigne de gare et idolâtrant ‘Kay’ comme un dieu vivant. La meilleure chose de ce n°2 qui mène à l’excellent dernier plan. À noter l’apparition de Peter Graves dans son propre rôle de présentateur télé lugubre et celle, beaucoup moins amusante de Michael Jackson.

Un n°2 pas déplaisant bien sûr, avec deux ou trois sympathiques morceaux de bravoure, mais dont on ne cesse de questionner la nécessité.

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WILL SMITH, TOMMY LEE JONES ET ROSARIO DAWSON

 

« MEN IN BLACK » (1997)

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TOMMY LEE JONES

Inspiré d’une BD Marvel, « MEN IN BLACK » est un euphorisant mélange de science-fiction, de comédie débridée et de ‘buddy movie’, au scénario aussi délirant que rigoureux et respectant sans faillir sa propre logique, aussi démente soit-elle.MIB2

Dans une Amérique secrètement peuplée de migrants extra-terrestres, le « MIB » est une sorte de FBI exclusivement consacré aux aliens. Will Smith, flic new-yorkais bien noté, se fait enrôler par Tommy Lee Jones, vétéran du MIB et les deux coéquipiers vont devoir sauver le monde en retrouvant une galaxie planquée dans une bille de verre accrochée au cou d’un chat (sic !). Barry Sonnenfeld mène son film à un train d’enfer, les F/X n’ont pas beaucoup vieilli et l’humour pince-sans-rire est un vrai plaisir. Le duo Jones-Smith fonctionne très bien même si, comme d’habitude, on aurait aimé que le second soit plus dirigé. Mais à l’impossible nul n’est tenu ! Autour d’eux, on retiendra Vincent D’Onofrio extraordinaire en cafard géant compressé dans une peau humaine (re-sic !). Sa gestuelle est aussi hallucinante qu’hilarante. Linda Fiorentino est une belle légiste, Rip Torn un « boss » impassible et Tony Shalhoub – à peine reconnaissable – apparaît en usurier vraiment très louche.

« MEN IN BLACK » a gardé sa verve et sa fraîcheur. On rit très souvent, on a même presque peur parfois et l’affrontement final est une vraie prouesse technique, compte tenu qu’il a été tourné il y a plus de vingt ans. À revoir sans hésiter donc, pour le duo, pour l’humour et les savoureux seconds rôles.

À noter qu’il a été tourné deux sequels en 2002 et 2012, par le même Sonnenfeld.

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH, VINCENT D’ONOFRIO ET LINDA FIORENTINO

 

« DOWNSIZING » (2017)

De « CITIZEN RUTH » à « NEBRASKA » en passant par « SIDEWAYS » ou « MONSIEUR SCHMIDT », le cinéma d’Alexander Payne, à la fois exigeant et abordable, conceptuel et simple, parvient à faire entendre sa voix singulière dans un cinéma U.S. de plus en plus formaté.DOWN.jpg

« DOWNSIZING », vendu comme une grosse comédie dans laquelle Matt Damon se retrouve réduit à la taille de 12 cm, est un film qui ne cesse de surprendre et de décontenancer, ce qui s’avère au final une vraie qualité. Dans un monde – vraiment pas très éloigné du nôtre – où l’unique solution de survie est de réduire la population aux dimensions des insectes, « DOWNSIZING » laisse sa narration évoluer toute seule d’une thématique à l’autre, paraît improvisé, écrit au fil de la plume et se joue des attentes. Ainsi, quand l’auteur semble prendre parti pour cette communauté néo-hippie en Norvège, c’est pour mieux la ridiculiser dans un revirement inattendu. La seule façon d’apprécier pleinement « DOWNSIZING » est de se laisser porter et de garder un esprit ouvert.

Matt Damon n’a jamais été meilleur qu’en M. Tout le monde malchanceux et indécis, Christoph Waltz est délectable en voyou richissime, odieux et sympathique, Kristen Wiig, Udo Kier et la rayonnante Laura Dern (dans un caméo) font des prestations inspirées. Mais c’est la jeune Hong Chau qui s’accapare la vedette dans un rôle magnifique, drôle et émouvant de survivante au caractère de cochon. Sa relation avec Damon cimente le film tout entier. À voir donc, ce « DOWNSIZING » qui vaut beaucoup mieux que son affiche et n’a vraiment rien à voir avec une comédie style « CHÉRIE, J’AI RÉTRÉCI LES GOSSES ! ». Pas pour tous les goûts, c’est évident, mais le message écolo, finement distillé, est d’une lucidité et d’une clarté imparables.

 

« TREMORS : A COLD DAY IN HELL » (2018)

« TREMORS : A COLD DAY IN HELL », réalisé par Don Michael Paul, est le 6ème film d’une franchise créée il y a presque 30 ans (sans compter une courte série TV) et qui ne semble pas prête de s’arrêter.TREMORS.jpg

Pour une dernière partie mouvementée et pas trop mal fichue, en particulier la capture d’un graboïde vivant, il faut subir une bonne heure de bavardages absurdes, d’humour bas-du-front et de comédiens très moyens. À leur tête, Michael Gross vétéran de la série de films depuis 1990, qui reprend son personnage d’obsédé des armes à feu lancé dans une croisade contre les verts géants jusqu’à en devenir à moitié fou. La mignonne Jamie-Lee Money joue la fille de Kevin Bacon et Finn Carter, qui se rencontraient dans le premier film, annonçant un retour prochain dudit Kevin dans un reboot. Mais n’anticipons pas !

Cet opus est d’une absolue médiocrité, les F/X sont très limite et les péripéties sont exactement les mêmes que celles vues et revues et ressassées depuis tout ce temps. C’est dire qu’on s’ennuie pas mal, que les gros monstres jaillissant du sol n’impressionnent plus vraiment. La seule vraie bonne idée, celle de trouver des graboïdes dans l’Arctique, n’est utilisée que dans le prologue. Ensuite quand nos héros débarquent sur les lieux… il n’y a plus de glace ! Les auteurs incriminent le réchauffement climatique, les tournages dans la neige étant, on le sait compliqués et onéreux. Le Grand Nord canadien ressemble donc au désert rocailleux des films précédents.

À voir uniquement pour le complétiste, en attendant le comeback de Kevin Bacon et en espérant quelques idées nouvelles pour revitaliser tout ça.

 

« PHENOMENA » (1985)

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JENNIFER CONNELLY

Pour bien appréhender la vision de « PHENOMENA » de Dario Argento, il faut d’abord en définir méthodiquement les éléments formant l’ensemble : 1) Jennifer Connelly (on se calme, elle n’a que 14 ans)  arrive dans un collège suisse. C’est la fille d’une star et elle excite (sexuellement, oui)  les insectes apparemment pas gênés par son jeune âge. 2) Un serial killer assassine des jeunes filles avec une longue tige pointue (non, aucun sous-entendu)  3) Un vieil entomologiste en fauteuil roulant discute avec son infirmière qui n’est autre qu’une guenon aimant jouer avec des scalpels et 4) une prof à lunettes a un fiston à peu près aussi ravissant que les avortons de « CHROMOSOME 3 ». Sans oublier le flic suisse – joué par un Belge – qui enquête mollement.CREEPERS2.jpg

Malgré l’adulation qu’une frange des cinéphiles français voue à Argento, force est de reconnaître que celui-ci n’a pas signé que des chefs-d’œuvre et « PHENOMENA » en est la preuve. C’est terriblement long et mou, certaines scènes de plusieurs minutes sont filmées en un interminable plan-séquence immobile, les décors sont mal éclairés (voir l’hilarant sous-sol/charnier plein d’asticots)  et la BO des Goblins est mixée n’importe comment, coupée brutalement, mal placée. Bref, on dirait l’œuvre d’un mauvais plagiaire du style Argento qui avait fait tant d’émules dans les seventies. Côté comédiens, ce n’est pas la fête non plus : si Connelly s’en sort plutôt bien vu les circonstances, Donald Pleasence se fait piquer la vedette par son chimpanzé, le rohmerien Patrick Bauchau passe en voisin dans le rôle du flic indolent, Daria Nicolidi est croquignolette surtout vers la fin.

Allez, finissons sur une note positive pour éviter le lynchage de la part du fan-club du réalisateur : la scène où Jennifer appelle à l’aide des nuées de mouches qui s’agglutinent sur les vitres du collège fait encore son petit effet. À part ça à ne surtout pas revoir et à laisser enfermé au grenier des souvenirs.

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DONALD PLEASENCE, DARIA NICOLIDI ET PATRICK BAUCHAU

 

« MONSTERS » (2010)

MONSTERS2.jpgQuel plaisir de voir un film « à message » qui sache doser le spectacle tous-publics et le pamphlet humaniste, qui traite intelligemment du thème – ô combien d’actualité ! – des migrants et de l’isolationnisme U.S. sous couvert de film d’extraterrestres.

Avec « MONSTERS », Gareth Edwards opte pour une réalisation quasi-documentaire qui immerge dans sa première partie, dans un futur proche et permet d’accepter « en douceur » le postulat assez délirant : le Mexique envahi par d’immenses créatures extra-terrestres contenues tant bien que mal par l’armée américaine à grands coups de bombes indifférentes aux dommages collatéraux. Oui, ces espèces de pieuvres luminescentes font peur. Mais peu à peu, le film démontre que les « monstres » du titre, ce ne sont pas eux mais les Yankees prêts à tout pour protéger leur sol. La dernière scène montrant un accouplement entre aliens est à la fois surréaliste, émouvante et tout à fait édifiante.

« MONSTERS » bénéficie grandement des beaux décors naturels mexicains et surtout du couple de comédiens : Scoot McNairy excellent en photographe cynique au cœur tendre et la très jolie Whitney Able qu’on s’étonne de n’avoir pas revue beaucoup depuis. Ils forment un couple plausible, attachant, et semblent improviser leurs échanges (ce qui est peut-être le cas, après tout). Ils sont pour beaucoup dans la crédibilité du film.

Étonnante et belle surprise donc que ce « MONSTERS » à double lectures aussi réussies l’une que l’autre, qui vaut la peine qu’on s’y attarde un peu.

MONSTERS

SCOOT McNAIRY ET WHITNEY ABLE