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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« JURASSIC PARK » (1993)

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RICHARD ATTENBOROUGH, LAURA DERN ET SAM NEILL

Coscénarisé par Michael Crichton d’après son propre roman, réalisé par Steven Spielberg, « JURASSIC PARK » a marqué la maturité de l’utilisation des CGI, encore impressionnants aujourd’hui et la concrétisation du rêve de millions d’enfants : voir des dinosaures !PARK

La thématique est la même que dans « MONDWEST » du même auteur : un parc d’attraction pour touristes en mal de sensations qui part en vrille. À la différence que les « dinos » ne sont pas des robots mais des créatures vivantes créées à partir d’ADN retrouvé dans des moustiques. Le but de Spielberg étant de faire naître chez le spectateur la même expression d’ébahissement qu’affichent ses personnages en découvrant les animaux pour la première fois, on peut dire qu’il a réussi à 100% son pari. C’est de la grande aventure pour petits et grands, mais pas forcément du grand cinéma : si la BO de John Williams est magnifique, la photo de Dean Cundey manque d’atmosphère et la direction d’acteurs est très inégale. Sam Neill est impeccable en paléontologue émerveillé, Jeff Goldblum drôle en mathématicien égotique, mais Richard Attenborough en fait des tonnes sans la moindre nuance, Wayne Knight cède à la grosse comédie, Laura Dern est exorbitée du début à la fin et la petite Ariana Richards est juste insupportable. On remarque Samuel L. Jackson dans un rôle effacé d’informaticien. « JURASSIC PARK » tient la distance par sa savante distillation des morceaux de bravoure, particulièrement ceux impliquant le T-Rex et les Raptors. Les bavardages reliant ces séquences sont parfois fastidieux, mais l’ensemble est habilement tricoté, contient de beaux moments de suspense et le dynamisme des cadrages fait le reste.

Pas un chef-d’œuvre donc, mais un indéniable pas en avant dans les effets spéciaux qui a ouvert la voie à tout un cinéma dont on peut hélas, déplorer aujourd’hui les débordements. À voir, de toute façon, surtout si on est resté un grand ou vieil enfant.

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SAM NEILL ET JEFF GOLDBLUM

 

« MIB : INTERNATIONAL » (2019)

MIB« MEN IN BLACK : INTERNATIONAL » de F. Gary Gray remplaçant Barry Sonnenfled, est le 4ème opus de la franchise, le premier sans Will Smith et Tommy Lee Jones, la seule « revenante » du précédent film étant Emma Thompson.

Ceci établi, et même si on est soulagé de ne pas reprendre la route avec Smith, force est de reconnaître que ce « reboot » a perdu la fraîcheur des précédents films, que l’humour est trop systématiquement forcé et que le scénario est d’une totale indigence. Il s’agit de récupérer une arme absolue tenant dans la paume de la main, capable de détruire des systèmes solaires. Les deux protagonistes sont une jeune femme (Tessa Thompson) obnubilée depuis l’enfance par les aliens (prologue en clin d’œil à « E.T. ») et à l’essai parmi les MIB et Chris Hemsworth, la star du service malgré son côté tête brûlée. Ils sont envoyés en mission par le boss du MIB anglais, Liam Neeson et l’action se déplace de Paris à Marrakech en passant par Naples, comme dans un 007. C’est longuet, sans une once d’originalité, les CGI prennent beaucoup de place et les rebondissements sont artificiels et arbitraires. Le fan complétiste de la série pourra y jeter un coup d’œil pour le plaisir de voir Neeson se transformer (ATTENTION : SPOILER !) en grand poulpe lovecraftien, de retrouver Emma Thompson et son humour pince-sans-rire et de goûter la présence de Rebecca Ferguson excellente en trafiquante d’armes à trois bras.

Le tandem des nouveaux MIB fonctionne à peu près : la geek surdouée et le benêt sexy. Les comédiens ne sont certes pas oscarisables, mais ils dégagent une vraie sympathie et leurs répliques du tac-au-tac font parfois sourire. Tout comme la présence de ‘Pawnie’, leur coéquipier lilliputien rigolo. Rien à attendre de grandiose donc, de ce n°4 copieux et soigneusement fabriqué, qui sent indéniablement le réchauffé et ne convainc pas qu’il était indispensable de réactiver la franchise.

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TESSA THOMPSON ET LIAM NEESON

 

« GODZILLA » (1998)

GODZILLACe remake américain du classique japonais des années 50 est réalisé par un Allemand et un de ses héros est un Français ! Sacré melting pot ! Réalisé par le bulldozer Roland Emmerich, « GODZILLA » marche allègrement sur les travées de « JURASSIC PARK » pour deux heures et quelques d’action incessante, d’explosions et d’immeubles en CGI qui s’écroulent dans le New York pré-11 septembre.

Cette fois-ci ce n’est plus la bombe d’Hiroshima qui est responsable de la naissance du monstre, mais bien nos essais nucléaires hexagonaux. Et Jean Réno, agent de la DGSE débarque pour sauver l’honneur de notre pays (tout en réclamant du bon café et des croissants). Évidemment, le scénario est une montagne d’approximations et de bêtises, les protagonistes, qu’ils soient militaires, journalistes, politiciens, scientifiques ou simples quidams sont si stupides, qu’on se surprend à prendre parti pour l’iguane géante. Celle-ci n’est d’ailleurs pas très réussie esthétiquement, trop humanoïde, pas assez massive malgré sa taille considérable. En revanche, chapeau bas pour les effets-spéciaux qui tiennent encore le choc tant d’années après, qu’il s’agisse des déplacements de Godzilla, de ses rejetons calqués sur les Raptors du film de Spielberg ou des séquences de destruction urbaine. Du beau travail qui justifie qu’on visionne le film. D’ailleurs, à partir de l’invasion du Metropolitan, le dialogue se réduit au strict nécessaire et l’action se résume à des courses-poursuites, des fusillades et s’achève par une happy end idiote et un épilogue vu et revu mille fois (oui, il reste un œuf !). Alors, cela vaut-il la peine de revoir ce « GODZILLA » ? Pas pour les comédiens, en tout cas, tous médiocres et peu concernés, encore moins pour le scénario ni même pour le vague message antinucléaire. À la rigueur pour la beauté des F/X et la fin étrangement poignante du monstre, immobilisé par les câbles d’un pont et incapable de se défendre contre les missiles.

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MATTHEW BRODERICK ET HANK AZARIA

 

« THE PREDATOR » (2018)

« THE PREDATOR », coécrit et réalisé par Shane Black, qui participa au premier opus de la franchise en tant qu’auteur et comédien, est une variation tirée par les cheveux de l’idée de l’alien chasseur, qui vient chercher des trophées sur terre.PREDATOR

Dès le début, on comprend qu’on n’assistera pas à un miracle. Le film fait davantage penser à « L’INVASION VIENT DE MARS » qu’au classique de John McTiernan. On est dans un mood de série B décomplexée aux décors un peu cheap et au scénario vainement alambiqué. Les CGI comme toujours, gâchent le plaisir et si le film n’est pas l’abominable navet décrié par les critiques et les fans à sa sortie, il n’en est tout de même pas passé très loin. À peine pourra-t-on prendre plaisir aux répliques « bad ass » très années 80 et à la sympathique alchimie générée par le groupe d’ex-soldats réuni autour de l’énergique Boyd Holbrook. On pense en particulier à Thomas Jane dans un second rôle (chose plutôt inhabituelle dans sa filmo) de cinglé affligé du syndrome de La Tourette ou Alfie Allen (de « GAME OF THRONES »). Olivia Munn est une efficace héroïne dure-à-cuire. Mais si Shane Black, en tant que scénariste-dialoguiste, avait su créer un style de blockbuster semi-humoristique au temps de sa gloire, il n’a en revanche jamais été un grand réalisateur et cela se sent par le manque de densité de son film, par ses digressions inutiles, ses « gags » qui ne vont nulle part (le chien de l’espace, à quoi sert-il, finalement ?). Quant à l’épilogue directement calqué sur le récent et plus réussi « VENOM », il annonce une sequel, qui heureusement, n’a pas encore vu le jour. Le premier « PREDATOR » est un chef-d’œuvre du genre, le second un excellent film d’action, « PREDATORS » tenait à peu près la route. Mais les autres avatars sont à oublier au plus vite, hélas. Et celui-ci fait partie de la charrette.

 

« ÇA : CHAPITRE 2 » (2019)

Pour ceux qui avaient apprécié le premier volet, il y a deux ans, « ÇA : CHAPITRE 2 » d’Andy Muschietti est une grosse, grosse déconvenue. Le scénario, toujours inspiré du pavé de Stephen King, retrouve la bande de « losers », 27 ans après et les fait revenir à Derry pour affronter le monstre qui s’est réveillé.IT 2

Quelque chose cloche dès le début : les acteurs « adultes » sont globalement moyens et ne fonctionnent pas vraiment en groupe, ce qui est très dommageable. Mais surtout, la durée de 163 minutes paraît totalement injustifiée. Les séquences durent trois fois le temps nécessaire, elles sont bavardes, répétitives (on pense à celle du restaurant chinois, qui n’en finit pas), les flash-backs beaucoup trop nombreux et n’apportant rien narrativement parlant, tombent comme des cheveux sur la soupe et cassent le rythme déjà pas frénétique de l’ensemble. Ce second « ÇA » ne prend pas vie, ne concerne jamais. Pourtant, comme le premier, ça relate le passage à l’âge adulte d’un groupe de personnes traumatisées, infantiles, qui doit passer par la violence et l’acceptation du passé pour mûrir enfin. Thème passionnant, mais tellement dilué, qu’il en perd tout intérêt. En tête d’affiche, Jessica Chastain est encore la meilleure du groupe, apportant sérieux et implication à son rôle. James McAvoy a toujours l’air de jouer le même personnage quel que soit le film. Et Bill Skarsgård est parfait en ‘Pennywise’ protéiforme.

Inutilement hypertrophié, flasque et jamais captivant, ce n°2 pourra éventuellement être vu pour une seule scène (SPOILER !), mais vraiment très réussie : celle où le groupe d’amis d’enfance parvient à vaincre le monstre en le « rapetissant » à coups d’injures et de railleries. Là, on est enfin au cœur du sujet et l’émotion jaillit enfin, trop brièvement, trop tard, mais c’est toujours mieux que rien !

 

« INDEPENDENCE DAY : RESURGENCE » (2016)

S’il y avait bien un film dont on n’espérait pas une sequel, surtout aussi tardive, c’était bien le premier opus de Roland Emmerich ! 20 ans après, « INDEPENDENCE DAY : RESURGENCE » réunit toute l’équipe (ou presque) du film original pour un nouveau tour de manège.326937id1_IDR_PARIS_Camp_B_Intl_BusShelter_48x70.indd

Que dire ? D’abord que les CGI ont progressé et que faute d’applaudir le réalisateur, il faut complimenter les informaticiens et designers. Les batailles, explosions, fusées, aliens, etc. sont très convaincants. Mais pourquoi ? Ce n°2 n’est qu’une pâle resucée dépourvue d’émotion et surtout de raison d’être. Les E.T. sont de retour et veulent à nouveau tout péter. Les terriens s’allient avec une boule blanche (sic !) également extra-terrestre pour les repousser. Bonne surprise, Will Smith ne fait pas partie du casting, mais nous a laissé sa veuve (brièvement) et son fiston devenu, comme lui, pilote d’élite. Tous les jeunes comédiens sont des gravures de mode sans épaisseur ni talent apparent, les plus âgés sont, au mieux, pathétiques, au pire épouvantables (Brent Spiner !). Jeff Goldblum a deux expressions : ébahi ou catastrophé. Il retrouve son papa Judd Hirsch plus cabotin que jamais, son ex-fiancée Charlotte Gainsbourg (re-sic !) qui a l’air de s’être trompée de plateau de tournage. Il y a aussi Bill Pullman barbu mais toujours d’attaque, Robert Loggia dans un caméo muet.

Le film ne prend jamais vie, ce n’est qu’une avalanche de séquences d’action assourdissantes, de « vannes » ridicules, de coups de théâtre absurdes et d’apartés jamais drôles. En comparaison, le film de 1996 ressemble à « 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE », c’est dire ! À éviter donc, cette sequel sortie de nulle part, dont nul n’avait besoin.

 

« AD ASTRA » (2019)

« AD ASTRA » de James Gray est une sorte de relecture cosmique et métaphysique des thèmes de « APOCALYPSE NOW », à savoir la quête d’un homme envoyé dans l’espace pour assassiner un héros de la NASA qui semble avoir perdu la raison et menace l’univers tout entier. À la différence que l’exécuteur est ici le propre fils de la cible désignée.ASTRA

C’est un film assez fascinant par la maîtrise sans faille des décors, de l’atmosphère, de la beauté des plans dans l’espace et surtout, par la performance de Brad Pitt, tout à fait étonnante. Le visage marqué, le regard vacant, il incarne cet astronaute apparemment insensible et indifférent à tout et à tous, qui se confronte au grand traumatisme de sa vie : l’abandon de son père et de possibles retrouvailles à l’issue forcément dramatique. Pitt a toujours été un bon acteur, capable de faire oublier son physique de mannequin, mais son jeu devient de plus en plus intériorisé et mature et il habite son personnage à 100%, donnant son âme au film tout entier. Gray nous entraîne dans une impossible poursuite à plusieurs niveaux : Pitt à la recherche de son père qui l’a sacrifié comme Dieu avait « abandonné » Jésus et Tommy Lee Jones obsédé par sa propre quête d’un être supérieur (en l’occurrence une intelligence extra-terrestre), au point de n’aimer personne. La phrase prononcée par le fils : « Il n’y a que nous », est aussi simple que terrible et mettra fin aux questionnements du père et à sa raison d’exister.

« AD ASTRA » est une œuvre intelligente et profonde, hélas, trop souvent fastidieuse et plombée de longueurs assumées mais difficiles à englober pendant deux heures. L’auteur tente bien d’animer tout cela par des séquences d’action (la bataille avec les pirates sur la lune, l’attaque des babouins, une bagarre à mains nues), mais cela sent trop l’artifice. Dans l’espace, on le sait, on se meut lentement, on ne parle à personne, et on a le temps de méditer. Il faut donc être prêt à ce rythme funéraire, pour profiter des trésors de ce beau film introspectif. Surtout qu’en bonus on a droit à des apparitions de Donald Sutherland et Liv Tyler, ce qui n’est pas négligeable.