RSS

Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« PREDATORS » (2010)

PREDATORS2.png« PREDATORS », variation façon comic books du classique de John McTiernan, et signé Nimród Antal, est typiquement le genre de film devant lequel on n’a pas envie de faire la fine gueule. Le scénario est un grand n’importe quoi infantile, bordélique et faisant fi de toute vraisemblance, mais au bout de quelques minutes, se retrouvant en terrain familier et devant la belle photo de Gyula Pados, on renonce à pinailler et on profite du Grand-8.

Parachutés (littéralement) sur une planète servant de terrain de chasse aux predators, une poignée de personnages violents, des guerriers, des serial killers, des mercenaires, des tueurs des cartels et même un Yakuza, se retrouvent traqués par des aliens encore pires que ceux des films précédents (la preuve : ceux-ci leurs servent aussi de gibiers !). Le scénario est relativement élaboré et ne se contente pas d’un simple jeu de massacre. La présence d’un acteur « sérieux » comme Adrien Brody à la place d’un musclor, dans le rôle du leader impitoyable apporte un petit quelque chose d’indéfinissable qui arrache le film à la série B. Il est très bien entouré par Alice Braga en sniper israélienne, Oleg Taktarov excellent en soldat russe loyal, Mahershala Ali, Walton Goggins et même Danny Trejo qui disparaît trop rapidement. Seul Laurence Fishburne détone un peu dans un rôle pas vraiment nécessaire, qu’il surjoue sans avoir l’air d’y croire. Mais le groupe fonctionne dans l’ensemble et le look des predators est toujours à la hauteur.

« PREDATORS », c’est de la pure « pulp fiction », un cinéma de distraction sans autre ambition que divertir. Les moyens sont là, les CGI savent rester discrets et les scènes de violence sont parfaitement maîtrisées. Pas à placer dans la même catégorie que les deux premiers films de la franchise, certes, mais un excellent moment tout de même.

PREDATORS

ADRIEN BRODY, ALICE BRAGA, DANNY TREJO ET OLEG TAKTAROV

Publicités
 

« LA FIN DES TEMPS » (1999)

END.jpgProduit à la veille de l’an 2000, « LA FIN DES TEMPS » est donc chargé de toute la paranoïa afférente et le scénario est une bouillabaisse de Blockbuster mâtiné de fantasmes sataniques, un improbable mélange entre « ROSEMARY’S BABY » et les bons vieux polars urbains avec en héros-type, le flic endeuillé, alcoolo, suicidaire et… mal rasé.

Peter Hyams est un réalisateur (et directeur photo) attachant, même si très inégal et peu regardant sur ce qu’il tourne. C’est, à la base, un véhicule pour Arnold Schwarzenegger, pas crédible une demi-seconde avec son accent teuton, sa « déchéance physique » qui ne l’empêche pas d’avoir d’énormes biceps. On l’aime bien, c’est sûr. Mais il est épouvantable dans les séquences dramatiques, comme celle où il essaie de se suicider comme Mel Gibson dans « L’ARME FATALE » (et pour les mêmes raisons) ou celle où il retrouve sa foi perdue dans une église sous le regard de tous les saints. Car « LA FIN DES TEMPS » est plombé par son sous-texte religieux envahissant, par sa foncière bêtise aussi, il faut bien le dire. Arnold affronte donc Satan, qui prend d’abord l’apparence de Gabriel Byrne (qui, il faut le signaler, urine de l’essence hautement inflammable) et finalement celle d’une espèce de monstre lovecraftien. Combat absurde, puisque le diable est quasiment invincible et que notre héros passe tout le film à lui vider des chargeurs dessus. Mauvaise habitude prise pendant « TERMINATOR 2 » ? Le casting est plutôt plaisant et aide à tenir les deux heures : Rod Steiger en prêtre fort en gueule, la jolie Robin Tunney en « promise » effarouchée, CCH Pounder en flic possédée, sans oublier Kevin Pollak, Derrick O’Connor et Mark Margolis jouant… le pape !

Heureusement, la photo est belle, sombre comme toujours avec Hyams, mais au moins ne laisse jamais l’impression de voir un téléfilm. Les F/X tiennent plutôt bien la distance, il y de belles scènes d’action comme celle du métro, et au bout du compte, « LA FIN DES TEMPS » se laisse regarder, malgré 20 bonnes minutes de trop et un scénario vraiment crétin. À noter un excellent « one liner » : « Je n’ai pas peur de mourir ! »  s’exclame un fanatique. « Ça tombe bien », répond Schwarzie, « Parce que moi je n’ai pas peur de te tuer ».

END2

ARNOLD SCHWARZENEGGER, GABRIEL BYRNE ET ROBIN TUNNEY

 

« THE STAKELANDER » (2016)

STAKELANDER.jpgÀ nouveau écrite par Nick Damici, réalisée par Dan Berk & Robert Olsen remplaçant Jim Mickle, « THE STAKELANDER » est une continuation logique et nullement honteuse du film de 2010.

On retrouve un Connor Paolo mûri, barbu, avide de vengeance après la mort de sa femme et de sa fille, et en passe de se transformer en clone de « Mister » (Damici) qu’il recherche dans cette terre dévastée en proie aux vampires et aux sectes cannibales. Ce n’est pas aussi enlevé et stylé que le n°1, mais on replonge sans difficulté dans l’univers créé alors. Le thème général est celui de la vengeance et, même si le scénario semble parfois trop « vissé », cherchant à tout justifier, le film se laisse regarder avec intérêt. Damici – en tant qu’auteur et comédien – a réussi à inventer un personnage iconique du cinéma d’horreur, un chasseur de vampires mutique et sans pitié. Il a eu l’intelligence de ne pas l’enfermer dans son archétype et de le faire évoluer lentement vers plus d’humanité et de vulnérabilité. Le jeu des vases communicants avec son ex-protégé est tout à fait pertinent et permet au film de n’être pas qu’une simple resucée. Quelques seconds rôles sont intrigants, comme cette « enfant sauvage » (Laura Abramsen) qui s’attache à Mister, comme ces deux vieux bikers gays (A.C. Peterson et Steven Williams) ou cette vampire mutante borgne, ennemie jurée de nos héros (Kristina Hughes).

Évidemment pas de quoi hurler au chef-d’œuvre, mais « THE STAKELANDER » est une bonne surprise, car on n’en attendait rien et qu’il respecte le film original, en poussant plus loin quelques curseurs. La fin (relativement) ouverte, laisse imaginer qu’un jour, un n°3 puisse voir le jour. Pourquoi pas ?

STAKELANDER2

CONNOR PAOLO, NICK DAMICI ET KRISTINA HUGHES

 

« STAKE LAND » (2010)

STAKELAND.jpg« STAKE LAND » de Jim Mickle est sorti la même année que la première saison de « WALKING DEAD », ce qui semble exclure toute influence de l’un sur l’autre. Pourtant, tous les ingrédients de la série sont déjà présents dans cet excellent film de vampires.

On pense à « JE SUIS UNE LÉGENDE » de Richard Matheson (la terre ravagée en proie aux buveurs de sang), mais le scénario – et l’aspect physique des monstres – s’apparente plutôt à l’univers des zombies. Quoi qu’il en soit, « STAKE LAND » agrippe dès sa première séquence et ne lâche plus prise jusqu’à la toute fin. C’est du très bon cinéma d’action, d’horreur et d’aventures, d’une maîtrise technique et narrative telle qu’on ne la remarque jamais. On se laisse entraîner dans ce « survival » désespéré et dépouillé de tout sentimentalisme, en s’attachant à des personnages tous bien définis et caractérisés. C’est Nick Damici, également scénariste, qui se taille la part du lion dans le rôle de « Mister », un survivant taiseux et dur-à-cuire dans la lignée des héros de western. On ne saura rien de son passé, ni même de ses pensées. Il n’existe que par ses actions et par sa générosité bourrue. Sa relation père-fils avec le jeune Connor Paolo est sobrement émouvante. Parmi les seconds rôles, tous parfaits, on reconnaît Kelly McGillis en nonne héroïque et Danielle Harris en jeune fille enceinte. Le méchant-en-chef, à la tête d’une secte de fanatiques religieux, est bien campé par Michael Cerveris et n’est pas sans rappeler le ‘Matthias’ du « SURVIVANT » de Boris Sagal.

« STAKE LAND », sans grands moyens, sans débauche de pyrotechnie, s’inscrit dans la lignée des œuvres post-apocalyptiques qui ont fleuri dans le cinéma U.S. après le 11 septembre et il n’est pas loin de se classer, sans la moindre prétention, dans le peloton de tête.

STAKELAND2

NICK DAMICI, CONNOR PAOLO, JAMES GODWIN ET KELLY McGILLIS

 

« AQUAMAN » (2018)

Avec « AQUAMAN », adapté d’un vieux comics DC, James Wan a, semble-t-il, passé un cap dans l’esthétique (si on peut dire) des films de super-héros. On peut affirmer, sans se tromper de beaucoup, que 100% des plans sont truqués, d’une façon ou d’une autre, et que les progrès technologiques ont à la fois libéré l’imagination des concepteurs de CGI et créé une sorte de monstre de Frankenstein numérique.AQUAMAN.jpg

Dès les premières séquences, surtout celles où Nicole Kidman et Temuera Morrison apparaissent « rajeunis » de trente ans, on sent qu’on va avoir du mal. Ensuite, le pressentiment se confirme : le scénario va de morceau de bravoure en bastons homériques (et sous-marines) et Aquaman fils d’un gardien de phare et d’une échappée d’Atlantis (sic) apparaît comme un avatar barbu et tatoué du roi Arthur et surtout de Thor. Il connaît d’ailleurs les mêmes problèmes avec son demi-frère. On peut tenir le coup une demi-heure, s’amuser des décors délirants, des hippocampes géants hennissant comme des chevaux, des requins harnachés pour le combat, ou des apparitions de Dolph Lundgren avec ses cheveux roses. Mais c’est long. Tellement long ! Et quand arrive ce que tout le monde redoute, c’est-à-dire la bataille finale censée être le climax du film, on s’embourbe dans une orgie de plans bourrés d’effets jusqu’à la gueule, pratiquement illisibles, voire écœurants comme des pâtisseries trop grasses et sucrées. Jason Momoa est un Aquaman physiquement acceptable et plutôt sympathique, mais il s’amuse manifestement plus qu’il n’amuse. Patrick Wilson joue une sorte de ‘Loki’ peroxydé, Willem Dafoe un « grand vizir » faisant double-jeu et Amber Heard est agréable à contempler malgré sa crinière rouge et ses tenues grotesques.

« AQUAMAN » ne peut pas être jugé sur ses critères « normaux ». Il va même au-delà du jeu vidéo pour devenir une sorte d’énorme cartoon aux couleurs fluo, au goût plus que douteux, qui s’adresse aux enfants en bas âge pas trop regardants.

 

« L’ASSOCIÉ DU DIABLE » (1997)

DEVIL.jpgAdapté d’un roman, « L’ASSOCIÉ DU DIABLE » ressemble à un remake de « LA FIRME » (1993) de Sydney Pollack dans lequel on aurait rajouté rien moins que le Diable en personne pour pimenter le récit.

Réalisé par l’estimable Taylor Hackford, ce film à gros budget, à l’image soignée, se veut une fable morale sur les idéaux broyés par le pouvoir de l’argent. Le scénario est plutôt bien construit, les coups de théâtre de la dernière partie sont un peu trop nombreux, mais le vrai défaut qui ressort de ces 144 minutes, tient d’abord dans une mauvaise gestion des éléments fantastiques qui s’immiscent progressivement et qui prêtent souvent à sourire, et surtout dans une direction d’acteurs approximative. Keanu Reeves dont la transparence naturelle sert bien le personnage au début, s’avère à la longue très insuffisant et peu crédible en surdoué du barreau. La toute jeune Charlize Theron, au visage rond et enfantin, est un peu meilleure, mais il est clair qu’elle a fait beaucoup de progrès depuis. La grosse déception vient d’Al Pacino qui semblait pourtant un choix rêvé pour incarner Satan en personne, PDG d’une grosse firme d’avocats à New York. On est d’abord gêné par sa nouvelle dentition, sa teinture noire de jais et par ses rires gras et systématiques. Mais son métier fait qu’il écrase, de toute façon, tout le monde autour de lui. En revanche, on déchante sérieusement lors de la confrontation finale dans son bureau transformé en antichambre des enfers : dans cette scène interminable, sur-dialoguée, pour tout dire grotesque, le Malin se transforme en un mix de Scarface en costard trois-pièces et de Darth Vader. C’est du Pacino au rabais qui sombre dans l’auto-caricature sans vergogne et achève littéralement ce film déjà pas très convaincant. Quant au final, calqué sur « LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST », il tombe comme un cheveu sur la soupe.

Sans être un ratage complet, « L’ASSOCIÉ DU DIABLE » ne tient pas vraiment les promesses de son point de départ et dure vraiment, vraiment trop longtemps.

DEVIL2 copie

CHARLIZE THERON, KEANU REEVES, CONNIE NIELSEN ET AL PACINO

 

« DEMOLITION MAN » (1993)

DEMOLITION.jpgSylvester Stallone traînant à cette époque derrière lui son image de Rambo et Cobra, il n’est pas compliqué d’imaginer ce que cela donnerait de le cryogéniser puis de le réveiller dans un monde à la « 1984 » de George Orwell, à la poursuite d’un criminel qu’il affronta déjà en son temps.

Bonne idée donc, pour ce « DEMOLITION MAN » de Marco Brambilla, mêlant thriller pétaradant et science-fiction « à message ». Esthétiquement, on oscille entre une série télé des sixties et « TOTAL RECALL » (notons au passage un hilarant clin d’œil à Schwarzenegger) et le scénario aurait sans doute mérité d’être un peu plus sophistiqué. Mais le film est (presque) sauvé par son humour iconoclaste, par un Stallone en mode autodérision et des scènes d’action excessives et décomplexées. En ex-flic parachuté dans le futur, Stallone laisse rapidement tomber les problèmes générés par sa situation (mort de sa femme, fille qu’il n’a jamais vue, vite évacuées et oubliées) pour se concentrer sur l’action pure et les « one liners » à la chaîne. Il forme de plus un excellent tandem avec Sandra Bullock jouant une fliquette nostalgique du monde d’avant, de sa violence, et pratiquant le sexe virtuel au grand dam de son coéquipier. Autour d’eux, de bons acteurs comme Denis Leary en rebelle, Bob Gunton ou Nigel Hawthorne en Big Brother. Et de beaucoup moins bons hélas, comme Wesley Snipes totalement insupportable en bad guy clownesque en salopette, qui ferait passer le Joker de Nicholson pour un modèle de retenue et de sobriété bressoniennes. Il gâche une bonne partie du plaisir (coupable) que parvient épisodiquement à créer « DEMOLITION MAN ». N’y avait-il personne pour le freiner un peu ? Ou le réalisateur a-t-il réellement apprécié sa « performance » ?

À voir éventuellement donc, pour ses traits d’humour, quelques idées de décors, ses échanges drolatiques, mais sans trop en attendre. Le film fait partie de ces années, déjà lointaines, où deux ou trois M. Muscles tournaient à peu près n’importe quoi et explosaient systématiquement le box-office.

DEMOLITION2

SYLVESTER STALLONE, WESLEY SNIPES ET SANDRA BULLOCK