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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« BLADE RUNNER 2049 » (2017)

Pour tout dire, nul n’avait besoin d’une suite à « BLADE RUNNER », le chef-d’œuvre « séminal » de Ridley Scott qui se suffit amplement à lui-même. Aussi, l’annonce de « BLADE RUNNER 2049 » n’a-t-elle pas forcément suscité un enthousiasme généralisé. Mais la présence de Denis Villeneuve derrière la caméra, le retour de Harrison Ford, qui semble valider l’entreprise, devant ont pu laisser espérer une bonne surprise.BR2

Eh bien, c’est raté ! Sur le thème des réplicants capables de procréer et donc de devenir « plus humains qu’humains », le scénario se traîne pendant presque trois heures pour un contenu qui aurait facilement tenu dans la moitié du métrage. Les personnages se meuvent lentement, mettent des heures à sortir leurs répliques, les séquences dialoguées s’éternisent et on ne retrouve jamais ne serait-ce qu’une once de l’atmosphère envoûtante du premier film. Mais le pire est encore d’avoir à contempler le faciès impavide, les yeux vacants de l’emplâtre Ryan Gosling pendant cette éternité. Il ne change jamais d’expression, semble ne pas réellement imprimer la pellicule, déambule comme un fantôme dans ces décors froids et désincarnés et paraît même moins tangible que sa petite amie virtuelle (la très belle Ana de Armas). L’arrivée tardive d’Harrison Ford n’arrange rien, l’un comme l’autre passant leur temps à prendre des coups dans la figure. Sylvia Hoeks est très bien en androïde ultra-violente, Robin Wright et Jared Leto ne crèvent pas l’écran à leur habitude, et on reconnaît fugitivement un autre revenant du n°1 : Edward James Olmos et ses origami dans sa maison de retraite. En fait, le seul moment un tant soit peu émouvant est l’apparition magique d’une Sean Young comme figée dans ses vingt ans, par la grâce des CGI.

Un visionnage pénible donc, sans raison d’être puisque Sir Ridley avait déjà tout dit en 1982. On peut s’épargner ces heures d’ennui.

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« ÇA » (2016)

Réalisé par Andy Muschietti, dont avait apprécié le premier film « MAMA », cette seconde version de « ÇA », d’après le roman de Stephen King, s’avère être une franche réussite, balayant le souvenir un peu fané du téléfilm de 1990, devenu « culte » avec les années, mais qui a terriblement vieilli.IT

Avant d’être un film d’horreur, le nouveau « ÇA » est une fable initiatique sur le passage de l’enfance à l’adolescence d’un groupe d’amis rejetés par les autres. Un scénario qui parle avec une certaine finesse du pouvoir de l’imaginaire pour aider à supporter l’inceste, la maltraitance, la solitude, qui parle de deuil également, de l’innocence abusée, etc. Des thèmes étonnamment adultes pour un film de genre aussi codifié. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce remake et sa raison d’être. Avec bien sûr l’époustouflante composition du suédois Bill Skarsgård dans le rôle du clown protéiforme ‘Pennywise’, qui fait totalement oublier le pourtant très marquant Tim Curry dans la première version. Jouant de son visage en caoutchouc, de sa voix hystérique et de sa gestuelle désarticulée, l’acteur crée une mémorable incarnation du Mal absolu. Ses affrontements avec la bande de copains terrorisés dans la maison en ruines, sont de splendides morceaux de bravoure.

Tous les jeunes comédiens sont parfaits, en particulier Sophia Lillis, dégageant une belle émotion non-trafiquée. La photo du coréen Chung-hoon Chung, habituel collaborateur de Chan-wook Park (« OLD BOY ») donne au film une atmosphère singulière et très peu hollywoodienne qui dépayse subtilement. L’univers de King est idéalement retranscrit dans ce film ample mais dépourvu d’effets ostentatoires. On échappe même à l’invasion de CGI, ce qui est vraiment un bonheur. Le scénario s’achève à la fin de l’été 1988. Maschietti a déjà tourné la seconde partie montrant le retour des « losers », devenus adultes à Derry où ‘Pennwise’ semble s’être réveillé après 27 années d’hibernation. À suivre, donc !

 

« HALLOWEEN III : LE SANG DU SORCIER » (1982)

« HALLOWEEN III : LE SANG DU SORCIER » n’a strictement rien à voir avec les deux premiers films : plus de Jamie Lee Curtis ou de Donald Pleasence, encore moins de Michael Myers, plus rien ! Hormis la présence de John Carpenter à la production.H3

Écrit et réalisé par Tommy Lee Wallace (qui jouait Myers dans le premier film), c’est une série B pratiquement irregardable, où un docteur (Tom Atkins) et une jeune femme (Stacey Nelkin) cherchant à venger son père, enquêtent dans une usine de masques d’Halloween au cœur d’un complot infernal ! Ne surtout pas chercher à comprendre un scénario ridiculement faible où le satanique Dan O’Herlihy fabrique des androïdes en costume-cravate et inonde les chaînes de télé de spots publicitaires hideux censés anéantir le cerveau du spectateur. On sent là l’éventualité d’un message subversif, mais c’est si mal écrit, si maladroit, qu’il est pratiquement impossible de rester éveillé. Ne parlons même pas de la mise-en-scène d’un immobilisme effrayant (c’est d’ailleurs la seule chose qui fasse peur dans le film !) et le montage étiré jusqu’à l’extrême limite du supportable. C’était le premier film de M. Wallace et… ça se voit !

Dean Cundey revient derrière la caméra pour la troisième fois et sa photo est bien la seule et unique qualité qu’on puisse concéder à cet opus cataclysmique. La direction d’acteur est désolante, à commencer par Atkins, second rôle généralement fiable, vu chez Carpenter dans « FOG » ou « NEW YORK 1997 », qui fait ici rigoureusement n’importe quoi. Et le pire est qu’il est encore le meilleur acteur du casting !

À noter qu’on aperçoit deux extraits de « LA NUIT DES MASQUES » sur des postes de télé. Grosse erreur qui renforce encore la nullité de ce n°3 qui n’en est pas un et qu’on a bêtement tenté de rattacher à la franchise. À fuir sans se retourner.

 

« HALLOWEEN II » (1981)

H2Trois ans après le succès de « LA NUIT DES MASQUES », une suite fut tournée par (à peu près) la même équipe. John Carpenter a écrit le scénario et produit, mais il n’a pas réalisé et ça fait toute la différence. C’est Rick Rosenthal qui s’y colle.

« HALLOWEEN II » n’est pas à proprement parler une sequel, mais une continuation qui commence précisément où s’achevait le précédent. C’est-à-dire que ‘Michael’, le serial killer masqué s’est enfui, le psy (Donald Pleasence) le cherche toujours et ‘Laurie’ (Jamie Lee Curtis) est hospitalisée. Dès les premières séquences, il apparaît clairement que nul n’avait besoin de ce n°2. Le scénario est encore plus faible, indigent, quant au dialogue, cela donne des échanges du style : « Je vais le retrouver », dit un flic. « Vous savez où chercher ? », demande Pleasence. « Non », répond l’autre. « Moi non plus », rétorque le bon Donald. C’est dire comme tout cela est recherché et fignolé. Le film se résume à des poursuites dans des couloirs d’hôpital, des meurtres à l’arme blanche, des plans ‘gore’, quelques seins nus pour égayer. Couchée pendant les trois-quarts du film, Curtis – qui a manifestement mûri entre les deux tournages – n’a rien à faire : elle roule des yeux effarés, se traîne au sol en geignant, sans jamais quitter sa chemise de nuit très peu glamour. Pleasence attend que ça se passe et les seconds rôles du n°1 font de brèves apparitions, dont l’une… en cadavre.

Que dire d’un peu positif de cette resucée redondante ? Que Dean Cundey est à nouveau directeur de la photo et que cela se voit : du très beau travail de pénombre. Que la BO est toujours aussi efficace. C’est tout, hélas. En fait, c’est en visionnant « HALLOWEEN II » qu’on réalise que les véritables stars de « LA NUIT DES MASQUES » étaient… les travellings de Carpenter !

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JAMIE LEE CURTIS ET DONALD PLEASENCE

 

« WHITE BEAR » : épisode de « Black mirror » (2013)

BEAR« WHITE BEAR » est un épisode de la 2ème saison de « BLACK MIRROR » réalisé par Carl Tibbetts. Une fois encore, une satire âpre et cruelle de notre société de voyeurs et de sadiques par procuration, un brin moraliste mais dramatiquement très efficace.

Lenora Crichlow, une jeune femme se réveille complètement amnésique et lorsqu’elle sort hébétée de la maison, elle se retrouve dans un monde devenu fou : des chasseurs masqués la traquent avec des fusils de gros calibre, les badauds se contentent de filmer la partie de chasse avec leurs portables et on aperçoit des dizaines de corps crucifiés dans les bois. Paniquée, confuse, se rappelant des bribes de souvenirs concernant une fillette, la malheureuse ne comprend que trop tard qu’elle est en train de vivre une sorte de « spectacle vivant ». Mais n’en disons pas plus ! La chute est très étonnante et démontre brillamment qu’on peut modifier complètement le point-de-vue qu’on peut avoir sur une histoire rien qu’en déplaçant l’instant où on commence à la raconter.

Un téléfilm « futuriste » sans aucun effet-spécial, stressant et hyper-tendu de la première à la dernière image. En gibier acculé à la totale panique, Lenora Crichlow est très bien, même si ses sanglots et ses hurlements incessants finissent par vriller littéralement les nerfs du spectateur. Mais c’était sûrement l’effet recherché !

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LENORA CRICHLOW

 

« BE RIGHT BACK » : épisode de « Black mirror » (2013)

« BE RIGHT BACK » est un épisode de la 2ème saison de « BLACK MIRROR » réalisé par Owen Harris et écrit par Charlie Brooker, créateur de cette exceptionnelle série de moyens-métrages unitaires, uniquement reliés par le thèmes des technologies modernes et de la propagation du virtuel.

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DOMHNALL GLEESON

Le scénario est tellement riche, qu’il aurait – légèrement étoffé – parfaitement pu donner lieu à un film de cinéma. À la suite de la mort accidentelle de son compagnon (Domhnall Gleeson), Hayley Atwell a recours à un site qui « recrée » littéralement le jeune homme à l’aide des données qu’il a laissées sur Internet et les réseaux sociaux. D’abord, elle ne fait que converser avec ce « fantôme » vocal, puis elle commande son double physique qui est livré à domicile et qu’elle active. L’idée en elle-même est fascinante de simplicité et traite le sujet du deuil de façon totalement inédite. Mais après l’euphorie, en particulier au lit, puisque le nouveau ‘Ash’ a appris à faire l’amour en téléchargeant des films pornos, vient la désillusion : bien qu’il lui ressemble en tous points, l’homme artificiel qui vit sous le toit de l’héroïne enceinte n’est pas un être humain. À peine un ersatz, une pâle copie qu’elle commence à prendre en horreur.

Sur 48 minutes, « BE RIGHT BACK » exploite tous les recoins de cette histoire contée avec tant d’aplomb et de finesse, qu’on en accepte toutes les invraisemblances sans même se poser de question. C’est une œuvre remarquable, sobre, sans aucun sensationnalisme et magnifiquement interprétée par l’émouvante Atwell et le toujours parfait Gleeson dans un double rôle particulièrement complexe. Un petit chef-d’œuvre.

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HAYLEY ATWELL

 

« FOG » (1980)

« FOG » est un des films les plus emblématiques de John Carpenter, une « ghost story » à l’ancienne qu’on se raconte la nuit pour se faire peur, comme l’indique avec humour le prologue avec John Houseman en vieux marin terrorisant les gamins autour d’un feu de camp.FOG

L’ambiance de ville côtière, c’est celle des « OISEAUX » d’Hitchcock ou des « DENTS DE LA MER ». Mais après vingt minutes de mise-en-place inquiétantes et accrocheuses, le scénario arrive à bout de carburant dramatique et on se rend vite compte que l’histoire aurait très bien pu être racontée dans les 26 minutes d’un épisode de « THE TWILIGHT ZONE ». Carpenter est manifestement trop sûr de l’impact de ses images et de sa maîtrise du suspense et en oublie de développer les personnages et les péripéties. Dès que le brouillard et ses fantômes commencent à envahir Antonio Bay, il ne se passe pratiquement plus rien, hormis une monotone et languide succession de meurtres sans aucune progression. Alors l’ennui s’installe, aussi insidieux et irrépressible que le « fog » lui-même et on décroche.

Heureusement, la BO signée par Carpenter, est efficace et lancinante à souhait, les extérieurs du phare et de l’océan sont magnifiques et on retrouve quelques visages familiers comme Jamie Lee Curtis en autostoppeuse peu farouche, sa maman Janet Leigh en notable hyperactive, Hal Holbrook en prêtre alcoolique et surtout Adrienne Barbeau belle et sexy en diable dans un rôle de mère célibataire gérant seule une station de radio. Aucun d’entre eux n’a de scène vraiment intéressante à défendre, mais ils assurent le job en bons professionnels.

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ADRIENNE BARBEAU

« FOG » déçoit par rapport au souvenir qu’on pouvait en garder, ses F/X ont beaucoup vieilli comme la photo « à effet » de Dean Cundey. Mais il y a quelques jolis moments, une ambiance surtout et un bon esprit série B.