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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » (1981)

raiders2Conçu comme un hommage aux vieux serials d’aventures des années 40, mais bénéficiant de moyens qu’ils n’avaient jamais eus, « LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » a, en son temps, ressuscité un cinéma d’aventures de pure distraction, sans céder à la nostalgie.

Écrit par l’excellent Lawrence Kasdan, réalisé par Steven Spielberg entre l’échec de « 1941 » et le triomphe de « E.T. », le film a très bien passé le cap des années et se laisse regarder aujourd’hui avec autant de plaisir qu’à sa sortie.

Le scénario empreint de mysticisme et d’ironie, pivote autour d’une formidable figure de héros qui, à bien y regarder, doit beaucoup à Superman. Indiana Jones est à la fois un « geek » binoclard et un baroudeur increvable maniant fouet et revolver. C’est pour un Harrison Ford de 39 ans, l’occasion de trouver le rôle de sa vie, son jeu très au premier degré et fait de mimiques cocasses, épousant idéalement les contours de ce personnage échappé d’une BD. Son chapeau, son blouson de cuir font partie de l’Histoire du cinéma populaire. Spielberg s’en donne à cœur-joie, multipliant les plans « à effet », les poursuites dantesques, les explosions, jetant ses héros au milieu des mygales et des serpents venimeux. C’est très enfantin et joyeux, même si parfois assez violent, voire sanglant (le soldat déchiqueté par une hélice). Mais les petits gags visuels font mouche (le sabreur arabe descendu froidement par Indy, le cintre pliant, le singe faisant le salut nazi) et la BO ininterrompue de John Williams, soutenue par les images somptueuses de Douglas Slocombe, s’imposent comme les véritables vedettes du film. Autour de Ford, de bons comédiens, dont la délicieuse Karen Allen en dure-à-cuire sexy à la bonne descente et au poing leste.

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HARRISON FORD ET KAREN ALLEN

À voir et revoir comme on relit une bande-dessinée qu’on connaît déjà par-cœur. Du cinéma de pur « entertainment » remarquablement confectionné et qui n’a pas pris une ride.

À noter pour la petite histoire : si irremplaçable dans le rôle d’Indiana Jones, Ford n’a fait que remplacer au pied-levé Tom Selleck pour qui le personnage avait été originellement écrit. Autre changement de casting : Wolf Kahler qui prit la place de Klaus Kinski dans le rôle du colonel nazi.

 

« THE SPIRIT » (2008)

spirit2Inspiré du comics de Will Eisner créé dans les années 40, « THE SPIRIT » reprend les grandes lignes de la BD et les fusionne avec la technique familière de Frank Miller depuis les adaptations de ses propres « graphic novels » : « 300 » et « SIN CITY ». C’est-à-dire un tournage entièrement sur fond vert avec des décors recréés par CGI en post-production.

Pourquoi pas ? Le premier « SIN CITY » était visuellement très beau. Mais se retrouvant seul aux commandes de « THE SPIRIT », Miller opte pour un ton bizarre, entre l’hommage au ‘film noir’ et la bouffonnerie en roue-libre. Ce qui nous vaut un numéro de cabotinage de Samuel L. Jackson absolument insupportable, dès sa première apparition à l’image. Et comme le héros, Gabriel Macht, n’a strictement aucune personnalité ou semblant de présence, on est obligé de subir les délires de Jackson déguisé en nazi et autres joyeusetés.

Alors oui, l’image est souvent belle, certains plans sont de vrais tableaux, on trouve çà et là et jolies idées (le chat qui suit Spirit partout, les flash-backs sur l’enfance du héros), mais dans l’ensemble c’est un énorme n’importe quoi informe, jamais drôle et qui – pire que tout – ne parvient même pas à intéresser à son pauvre embryon d’intrigue (le sang d’Hercule qui rend immortel ?).

Seule raison de jeter malgré tout un coup d’œil ? Le goût certain du réalisateur pour les « bombes atomiques », puisqu’il réunit rien moins que Eva Mendes d’une sensualité décoiffante, Scarlett Johansson très pince-sans-rire en ‘sidekick’, Sarah Paulson en sage girl friend et dans un petit rôle Paz Vega en danseuse adepte des lames tranchantes. De quoi se consoler un peu du ratage généralisé.

Une belle occasion ratée que ce « SPIRIT », qui aurait pu être un mix de Dick Tracy et Batman et qui n’est, au bout du compte, pratiquement rien. Énervant !

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EVA MENDES, SAMUEL L. JACKSON, SCARLETT JOHANSSON, GABRIEL MACHT ET PAZ VEGA

 

« STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » (1991)

trek6-2« STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » est l’ultime long-métrage de la franchise interprétée par le cast d’origine, le second réalisé par Nicholas Meyer et le dernier auquel ait participé le créateur Gene Roddenberry mort la même année.

Le grand plaisir est déjà que le long voyage dans les étoiles s’achève en beauté pour le capitaine Kirk et ses amis. C’est en effet un des meilleurs films de la série, celui qui parvient à parfaitement équilibrer l’aventure pure et dure (les séquences sur la planète pénitentiaire) et un message de paix et de tolérance encore valide aujourd’hui. Le scénario, très élaboré se permet même des échappées dans le ‘whodunit’ et le ‘courtroom drama’, des coups de théâtre, des corps-à-corps brutaux et même un humour irrévérencieux bienvenu. On ne s’ennuie pas une seconde, on ne ressent même plus l’envie de se gausser, malgré le look insensé de certains aliens (Kurtwood Smith, qui semble échappé d’un Kurosawa vaut le coup d’œil !) et l’âge plus que canonique de nos chers héros qui parviennent difficilement à faire encore illusion.

L’équipage a donc vécu sa vie de 1967, le premier épisode de la série TV à 1991, le présent film de cinéma. Autrement dit un quart de siècle d’existence. Ce qui est déjà plus qu’honorable. « STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » est vraiment une jolie réussite pleine de nostalgie et d’autodérision. Tous les habitués sont au rendez-vous, même George Takei promu capitaine sur un autre vaisseau. Et les « guests » valent le détour : Christopher Plummer en verve dans un rôle de général klingon borgne citant Shakespeare (« Être ou ne pas être », dit-il en voyant une torpille lui arriver droit dessus !), Kim Cattrall est très bien en Vulcaine pas très fiable, Iman joue une sorte de caméléon fumant le cigare (sic !) et David Warner – qui jouait un autre personnage dans le film précédent – incarne un diplomate klingon. On aperçoit brièvement et à contrejour Christian Slater dans un caméo non-mentionné au générique.

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WILLIAM SHATNER, CHRISTOPHER PLUMMER, LEONARD NIMOY ET KIM CATTRALL

Adieu à l’équipe de l’Enterprise donc, qui malgré les décors improbables, les costumes ridicules et les F/X désuets, est parvenue à susciter une réelle affection chez son public. Le dernier speech de Kirk est étrangement… émouvant !

 

« STAR TREK V – L’ULTIME FRONTIÈRE » (1989)

trek5Après que son collègue Leonard Nimoy ait réalisé les deux précédents films de la franchise, c’est au tour de William Shatner de signer l’histoire originale et de mettre en scène le 5ème opus : « STAR TREK V – L’ULTIME FRONTIÈRE ».

Le film démarre comme un étrange mélange de « LAWRENCE D’ARABIE » et « MAD MAX 2 », puis le méchant (Laurence Luckinbill) s’avère être le demi-frère de Spock, dont on n’avait jamais entendu parler auparavant, comme de bien entendu. Il s’empare de l’Enterprise et entraîne tout le monde dans sa quête exaltée de… Dieu. On rejoint un peu les préoccupations du premier film signé Robert Wise, mais ici dans une confusion mentale extrême et une absence totale de cohérence. Nos héros se retrouvent tout de même face à une gigantesque tête lumineuse (et barbue) qui lance des éclairs par les yeux et la métaphysique de mue soudainement en dessin-animé japonais auquel on ne comprend plus rien ! Au milieu de cette bouillie philosophico-religieuse, Shatner glisse une critique de la psychanalyse et de ses dangers et s’attarde sur l’amitié entre Kirk et Spock, dont le sous-texte crypto-gay devient si aveuglant, que Spock lui-même réfrène les élans affectueux du capitaine en lui disant : « Allons, Jim ! Pas devant les Klingons ». La meilleure réplique du film, d’ailleurs.

Frisant fréquemment le n’importe quoi absolu (une Nichelle Nichols presque sexagénaire dansant nue pour attirer des sentinelles, la love story naissante entre la même Nichelle et le bouffi ‘Scotty’), ce n°5 n’en demeure pas moins sympathique par son autodérision permanente, ses héros vieillissants et complices, sa naïveté visuelle pré-CGI qui fait retomber en enfance. Certainement pas le plus passionnant de la série, mais si on a 106 minutes à tuer, pourquoi pas ? Et puis… ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir Dieu s’engueuler avec le capitaine Kirk !

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WILLIAM SHATNER, LEONARD NIMOY, NICHELLE NICHOLS ET DeFOREST KELLEY

 

« STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE » (1986)

trek4Le 3ème film de la franchise avait laissé Spock ressuscité mais à moitié amnésique et le vaisseau Enterprise vaporisé dans l’espace. C’est donc à bord d’un hideux ‘spaceship’ klingon couleur caca-d’oie que nos héros reviennent deux ans plus tard dans « STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE », à nouveau réalisé par Leonard Nimoy qui a également coécrit le scénario.

Ce 4ème opus est de loin le plus réussi et sympathique. Le point de départ est un brin alambiqué (des aliens menacent de détruire la terre s’ils ne parviennent pas à communiquer avec des… baleines à bosse. Celles-ci ayant disparu du 23ème siècle, nos amis doivent aller en chercher un couple en 1986 !). Mais une fois lancée, l’aventure s’avère extrêmement réjouissante.

C’est souvent hilarant : le décalage entre ces hommes évolués et pacifiques et l’Humanité survoltée donne lieu à des situations cocasses. Ainsi, voir Spock vêtu en hippie s’entraîner à parler argot est une joie sans mélange. Tout cela est traité avec un doigté extraordinaire, ne cédant jamais à l’auto-parodie sans pour autant cesser d’être drôle, voire totalement délirant.

Bien sûr, les vêtements, les coiffures des eighties piquent un peu les yeux, mais les F/X sont bien plus convaincants que par le passé et le rythme bien soutenu ne lasse jamais l’intérêt. Le message écologique est également bien distillé car ne donnant pas dans le prêchi-prêcha, mais militant de subtile façon pour le respect de la vie.

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WALTER KOENIG, JAMES DOOHAN, LEONARD NIMOY, DeFOREST KELLEY, NICHELLE NICHOLS, GEORGE TAKEI ET WILLIAM SHATNER

William Shatner profite de cette incursion dans le passé pour faire le joli cœur avec la pétulante Catherine Hicks, Nimoy est vraiment irrésistible dans l’autodérision pince-sans-rire et même DeForest Kelley se déride un peu. Définitivement plus axé sur le « fun » et la connivence avec le public, ce « STAR TREK » est un véritable plaisir de deux heures, qu’on savoure sans même se sentir coupable. C’est dire…

À noter : l’épilogue gratifiant qui voit l’Enterprise ressusciter, à l’instar de M. Spock et reprendre la route des étoiles.

 

« BATMAN » (1989)

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MICHAEL KEATON

Quand on découvre les magnifiques décors de studio d’Anton Furst, quand démarre la BO de Danny Elfman et qu’on s’accoutume au sombre univers visuel créé par Tim Burton, on se dit que tout est réuni pour relancer les films de super-héros et signer un chef-d’œuvre. Tout… ou presque. Manque juste un scénario !batman2

« BATMAN » pioche à la fois dans la caricature de la série TV des sixties et dans l’approche plus dramatique des comics de Neal Adams et consorts de la décennie suivante. Mais l’histoire ne va nulle part, elle se résume à une succession de saynètes répétitives et confuses, noyées dans les fumigènes. Burton a laissé Jack Nicholson vampiriser son film : il est tellement idéalement distribué en ‘Joker’ fou à lier, ricanant et malfaisant, que c’en est un pléonasme. L’acteur surjoue de façon quasi-obscène, fait n’importe quoi avec un narcissisme inouï et empêche le personnage de Batman (Michael Keaton) de vraiment exister et de susciter intérêt et empathie. Ce ne sont au fond, que deux psychopathes déguisés, chacun d’un côté de la barrière de la loi. Seule petite trouvaille par rapport à la BD d’origine : un flash-back fait du Joker l’assassin des parents de Bruce Wayne.

Les protagonistes n’ayant pas de but précis, pas d’urgence particulière à faire ce qu’ils font, tous les rebondissements étant parfaitement aléatoires et gratuits, les deux heures passent très lentement et le dernier show de Nicholson dansant sur une chanson de Prince en balançant des dollars dans la foule, est quasiment insupportable.

Laminé par son partenaire, Keaton est donc un Batman falot et transparent. Kim Basinger est renversante de beauté mais n’a rien à faire à part pousser des petits cris perçants. Des personnages importants comme le commissaire (Pat Hingle) sont à peine esquissés. On est content de revoir, même brièvement, ce vieux Jack Palance en caïd essoufflé. Nicholson en fait d’ailleurs une excellente imitation dans une scène avec Tracey Walter.

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JACK NICHOLSON, MICHAEL KEATON, KIM BASINGER ET JACK PALANCE

Beau à regarder donc, « BATMAN » est et demeure une déception de chaque instant, une belle occasion manquée. Ce qui ne l’a pas empêché d’être un des plus grands succès de l’Histoire du cinéma U.S., précisons-le tout de même. Dommage car, le temps de quelques instants çà et là, on subodore le film unique qu’il aurait pu être avec un vrai scénario…

 

« WHERE NO MAN HAS GONE BEFORE » : film-pilote de « Star Trek »

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SALLY KELLERMAN ET GARY LOCKWOOD

« WHERE NO MAN HAS GONE BEFORE » est l’épisode-pilote de la série « STAR TREK », réalisé par James Goldstone.

Bavard et visiblement sous-budgété, il n’en demeure pas moins intéressant pour découvrir d’où la série est partie pour arriver à maturité quelques mois plus tard. Dans cette histoire assez statique, l’Enterprise traverse un champ magnétique, connaît des dommages et deux de ses membres d’équipage, Gary Lockwood vieil ami du capitaine Kirk et Sally Kellerman, une scientifique, semblent « possédés » par une force mystérieuse. Cela se traduit par des yeux aux iris argentés, une capacité à développer ses sens à une vitesse inquiétante et surtout à un désir irrépressible de devenir… un dieu. Et de massacrer tout l’équipage, cela va sans dire !

Tout le monde philosophe beaucoup, s’envoie des rayons d’énergie à la figure et finit par se boxer rageusement dans la rocaille d’une planète abandonnée. C’est sympathique et longuet, on peut s’amuser à découvrir les premières tenues de nos héros : des pulls à col roulé couleur caca-d’oie, à constater que le maquillage de Mr Spock n’était pas encore tout à fait au point et à déplorer l’absence de ‘Doc’ McCoy, remplacé ici par un vieux toubib campé par le shérif de « L’HOMME À LA CARABINE » : Paul Fix. James Doohan et George Takei, déjà présents, ne font que passer dans des silhouettes à peine esquissées.

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LEONARD NIMOY ET WILLIAM SHATNER

Malgré tout, les bases sont bel et bien là, et après un dépoussiérage et quelques tours de vis, « STAR TREK » était prête à décoller pour 79 épisodes étalés sur trois ans.