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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« L’INVASION VIENT DE MARS » (1986)

MARS« L’INVASION VIENT DE MARS » est le remake de « LES ENVAHISSEURS DE LA PLANÈTE ROUGE », une série B populaire de 1953. Réalisé pour la mythique Cannon par Tobe Hooper, le film démarre très bien, avec une patine agréable : celle des années cinquante revues et corrigées par les eighies !

Pourtant écrit par Dan O’Bannon (« ALIEN »), le scénario ne tient hélas, pas ses promesses. On passe d’un amusant mélange de trouille bien distillée, de naïveté assumée et d’humour pince-sans-rire, à un grand n’importe quoi dès que le jeune héros (Hunter Carson) et l’infirmière de son école (Karen Black) se retrouvent face aux militaires et aux aliens. L’histoire se délite complètement, se concentre sur le décor au kitsch époustouflant du vaisseau spatial – qu’il fallait visiblement amortir – et la légèreté du début se mue en ennui phénoménal. Les F/X ont beau porter la signature des vénérables John Dykstra et Stan Winston et on a beau faire preuve de la plus complaisante indulgence, ça ne fonctionne plus du tout ! Quant à l’épilogue qui ressert éhontément la vieille ficelle du « tout cela n’était qu’un rêve », doublé d’un « finalement, peut-être pas », il achève de laisser sur une négative impression.

Heureusement, le cast contient quelques bonnes surprises : Karen Black qui joue bien le jeu, en ‘nurse’ sexy et téméraire, Louise Fletcher dans le même emploi que dans « VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU » en prof possédée par les aliens. Il faut l’avoir vue gober vivante une énorme grenouille ! On retrouve également Timothy Bottoms en gentil papa et Bud Cort (« HAROLD & MAUDE ») en savant optimiste.

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HUNTER CARSON, KAREN BLACK, BUD CORT ET LOUISE FLETCHER

« L’INVASION VIENT DE MARS » aurait pu convaincre en préservant un vrai premier degré. Cela aurait même pu être appréhendé comme la vision fantasmée du quotidien d’un écolier imaginatif, un peu comme le sera la série TV « BUFFY CONTRE LES VAMPIRES ». Mais tel quel, le film n’est visible que pour sa première moitié sympathique, en oubliant la seconde franchement ratée.

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« DREAMCATCHER, L’ATTRAPE-RÊVES » (2003)

DREAMCATCHER L'ATTRAPE-REVES ; DREAMCATCHER (2002)Comment deux scénaristes de la trempe de Lawrence Kasdan et William Goldman ont-ils pu à ce point s’embourber dans l’adaptation d’un pavé de Stephen King ? « DREAMCATCHER, L’ATTRAPE-RÊVES » commence comme « STAND BY ME » ou « ÇA », des classiques du romancier et après une cinquantaine de minutes qui tiennent (à peu près) debout, se met à partir en tous sens jusqu’au délire le plus total.

En tant que réalisateur Kasdan fait un travail honnête, la photo de John Seale est superbe et le casting a pris du poids avec les années : parmi les copains d’enfance on retrouve de futures stars TV comme Damian Lewis, Timothy Olyphant ou Thomas Jane, Morgan Freeman – affublé d’énormes sourcils blancs – apporte la caution de sérieux en militaire chasseur d’aliens.

Mais quelle bouillie insensée ! Quatre amis de toujours (venus de Derry dans le Maine, comme d’habitude) ont sauvé un simplet qui leur a donné des pouvoirs mentaux. Vingt ans après, ils se retrouvent confrontés à un monstre venu de l’espace (équivalent du clown de « ÇA ») bien décidé à annexer la terre. King est capable de faire passer pratiquement tous ses fantasmes et ses plus incroyables histoires en enveloppant le lecteur dans des textes d’une telle densité, qu’on est obligé de s’y immerger. Sous forme de scénario, c’est tout à fait autre chose. Ne ressortent plus que les aberrations, le ridicule, les « comme par hasard » inouïs. Et dans « DREAMCATCHER » on est vraiment gâtés !

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TOM SIZEMORE, MORGAN FREEMAN ET DAMIAN LEWIS

De bonnes choses dans ce magma ? Le quatuor d’acteurs jouant les amis, qui fonctionnent très bien en groupe. Des F/X étonnamment réussis et qui n’ont pas spécialement vieilli, surtout concernant le look du monstre et quelques idées tellement répugnantes (l’alien ne sort pas par la cage thoracique, mais par un orifice disons… plus naturel) qu’elles font sourire. Mais par respect pour Kasdan et Goldman, revoyons plutôt « LES COPAINS D’ABORD » et « MARATHON MAN ».

 

« ARMAGEDDON » (1998)

ARMAGEDDONRéalisé par Michael Bay, « ARMAGEDDON » est une sorte de remake du calamiteux « MÉTÉORE » sorti vingt ans plus tôt, mâtiné d’une bonne dose des « 12 SALOPARDS » et d’une pincée de « L’ÉTOFFE DES HÉROS » (auquel le colonel joué par William Fichtner rend un hommage sympathique dans le dialogue).

L’histoire ? La NASA envoie une équipe de forage sur un astéroïde qui s’apprête à percuter la terre, afin d’y glisser une bombe nucléaire. Rien que ça… C’est tellement idiot et décomplexé que la première moitié est plutôt plaisante, agrémentée d’un bon humour pince-sans-rire et potache et porté par une magnifique photo très pub de John Schwartzman. C’est ensuite que les choses se gâtent, quand nos héros atterrissent sur la « chose » et commencent leur travail. Les séquences d’action sont à peu près illisibles, les péripéties trop nombreuses et trop rapprochées. Et comme souvent avec ce genre de surenchère incontrôlée, on finit par décrocher alors que le suspense devrait aller crescendo.

Le casting est riche mais inégal : quelques acteurs agaçants (Bruce Willis, Ben Affleck et – heureusement dans un petit rôle – Owen Wilson), deux revenants de « FARGO » (Steve Buscemi et Peter Stormare), de solides seconds rôles (Billy Bod Thornton, Will Patton ou Jason Isaacs) et une pin-up particulièrement ravissante (Liv Tyler). Il y en a pour tout le monde !

Ça se laisse donc regarder, d’autant que la plupart des F/X ont très bien passé l’épreuve du temps et que le spectacle est assuré : on assiste même à la destruction de Paris. Oui, la ville avec des 2-CV et des gargouilles de Notre-Dame ! C’est juste que, franchement, 150 minutes c’est très très long pour ne pas raconter grand-chose à part le dynamitage d’un gros caillou fonçant dans l’espace. Alors pas mal de scènes mélodramatiques et larmoyantes auraient pu nous être épargnées, c’est certain. Mais dans le genre, « ARMAGEDDON » n’est pas ce qu’Hollywood a fait de plus nul.

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LIV TYLER, BRUCE WILLIS, BEN AFFLECK ET WILL PATTON

 

« JEEPERS CREEPERS 2 – LE CHANT DU DIABLE » (2003)

JPC2 2« JEEPERS CREEPERS 2 – LE CHANT DU DIABLE » a été tourné par le même Victor Salva deux ans après le premier film, mais il se situe dans la continuité directe des évènements décrits en 2001.

Autant le dire tout de suite, la magie ne s’est pas reproduite et cette sequel est au film original ce que « LES DENTS DE LA MER – 2ème PARTIE » fut au chef-d’œuvre de Spielberg. C’est-à-dire une resucée superfétatoire, interprétée par des teenagers incompétents et écrite n’importe comment. L’essentiel de l’action se déroule à l’intérieur d’un bus scolaire bourré de joueurs de foot et de pom-pom girls. Ils sont attaqués par le monstre ailé qui vient de se bâfrer pendant 22 jours et s’apprête à hiberner pendant 23 ans, avant de revenir. C’est une morne succession de meurtres sanglants, de plans ‘gore’, d’ados en train de hurler. Jonathan Breck, incarnant la créature, est beaucoup plus visible que la première fois et aussi, bien plus humanisé : il sourit à pleines dents, fait même des clins d’œil. Autant dire que, s’il reste assez impressionnant visuellement, il ne fait plus du tout peur. Alors on admire la belle photo de Don E. Fauntleroy, quelques jolies idées de cadrages et on s’efforce de tenir le coup jusqu’à ce que tout cela démarre vraiment, c’est-à-dire dans le dernier quart, quand Ray Wise jouant un pécore héroïque s’attaque au monstre avec un gros harpon à baleine. Là, le film s’anime un peu, l’action pure prend le pas et on oublie de s’ennuyer. L’épilogue situé 23 ans plus tard est également une bonne trouvaille.

Dans un casting, nous l’avons dit, des plus médiocres, on retrouve avec plaisir Justin Long héros du n°1 dans un caméo, le temps de deux séquences de rêve. Sans être honteuse, parce qu’elle est soigneusement confectionnée, cette suite n’offre pas grand-chose à se mettre sous la dent et réutilise sans aucune inspiration les recettes de son prédécesseur.

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JONATHAN BRECK ET JUSTIN LONG

 

« LE COBAYE » (1992)

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JEFF FAHEY

« LE COBAYE » est le seul film digne d’intérêt de l’auteur-réalisateur Brett Leonard. Sorti en salles à 108 minutes, il a connu un ‘director’s cut’ en vidéo de 140 minutes. C’est cette version qui est chroniquée ici.COBAYE2

Le scénario, très malin et prémonitoire quant à l’invasion des réalités virtuelles dans l’évolution de l’Humanité, mélange habilement le vieux mythe de Frankenstein (le monstre échappant à son créateur) et le déroulement du roman « DES FLEURS POUR ALGERNON » de Daniel Keyes. Pierce Brosnan, cheveux longs et affublé d’une boucle d’oreille, joue un chercheur payé par l’armée pour trafiquer le cerveau humain afin de créer des super-soldats. Il expérimente sur un attardé mental (Jeff Fahey) qui tond sa pelouse et va faire de lui, non seulement un génie, mais une entité virtuelle voire un dieu du cyber-univers. Un sujet passionnant, on le voit, très bien développé mais hélas, produit en avance sur son temps, alors que les F/X numériques étaient encore balbutiants. Les trucages sont particulièrement affreux et rabaissent terriblement un film qui avait tout pour devenir un classique du genre. Qu’il s’agisse des incursions dans le monde parallèle ou des séquences « horrifiques » (l’attaque d’abeilles ou les sbires réduits à l’état de petites billes tournoyantes), le résultat pique vraiment les yeux et semble encore plus vieillot que certaines séries B des années 60. Et dans ce genre de film, ça ne pardonne pas !

Reste que l’histoire est prenante, les personnages sont bien dessinés et qu’on retrouve avec plaisir des noms de l’époque : Dean Norris en ‘big boss’ inhumain, Geoffrey Lewis en jardinier picoleur, la délicieuse Jenny Wright en voisine nymphomane. Fahey – malgré un look ridicule – se sort bien d’un rôle difficile et évolutif. De grandes idées et de trop petits moyens donc, pour ce « COBAYE » à redécouvrir en connaissance de cause. On se prendrait même à penser qu’un remake pourrait améliorer le score.

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PIERCE BROSNAN, JEFF FAHEY ET JENNY WRIGHT

 

« LA VOIX DES MORTS » (2005)

VOIX2« LA VOIX DES MORTS » base son postulat sur l’idée que les défunts parviennent à contacter certaines personnes à travers des moniteurs vidéo et à laisser des « empreintes » visuelles et sonores sur des enregistrements VHS. Pourquoi pas ?

Quand il perd sa femme (la radieuse Chandra West), Michael Keaton cherche par tous les moyens à la contacter, mais dans le processus, il réveille des esprits maléfiques. Difficile d’être plus spécifique, car le scénario est extrêmement confus et laisse la plupart des questions qu’il soulève sans réponse. À se demander s’il n’a pas souffert de coupes-montage trop radicales. Ce n’est pas trop dommageable car certains effets sont réussis et procurent une trouille de bonne qualité et le film est soutenu par Michael Keaton, légèrement surqualifié pour ce genre de produit et qui semble passer là en touriste. Pour une histoire basée sur le deuil et le refus de la mort, il aurait probablement fallu un comédien moins froid et cérébral que Keaton, qui ne génère aucune empathie. Mais il une vraie présence et connaît quelques bons moments. À ses côtés, la sublime Deborah Kara Unger est bêtement sous-utilisée, comme dans la plupart de ses films, hélas. Le reste du casting, essentiellement canadien, est assez médiocre.

Que retenir ? Le concept des spectres apparaissant à peine au milieu du « bruit » vidéo, l’idée – très mal exploitée – des appels au-secours lancés entre deux mondes et une réalisation illustrative mais globalement correcte. C’est à peu près tout, car la dernière partie, qui s’achève comme trop souvent dans ce genre de film dans une usine désaffectée et suintante, fait subitement intervenir un serial killer qu’on a vaguement entrevu dans une séquence un peu plus tôt, et de très méchantes entités volantes qui s’en prennent à notre héros. Et là, on sombre dans le ridicule le plus rédhibitoire, qui relègue « LA VOIX DES MORTS » au rang de série B lambda et paresseuse.

VOIX

MICHAEL KEATON ET DEBORAH KARA UNGER

 

HAPPY BIRTHDAY, GUILLERMO !

DELTORO

GUILLERMO DEL TORO, RÉALISATEUR MEXICAIN À L’UNIVERS HANTÉ PAR TOUTE UNE MYTHOLOGIE FANTASTIQUE. PASSIONNANT À SUIVRE.