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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« DREAM HOUSE » (2011)

DREAM2Présenté comme une ‘ghost story’, « DREAM HOUSE » étonne d’emblée par la signature de l’irlandais Jim Sheridan connu pour un cinéma plus engagé.

Le film démarre comme un énième avatar de « AMITYVILLE » (la petite famille idéale s’installant dans leur nouvelle maison où a eu lieu un massacre) pour virer brusquement de bord à la 40ème minute, pour un ‘twist’ complètement inattendu à la M. Night Shyamalan. C’est LA grande idée car elle déstabilise l’amateur de fantastique, remet tout en question et lance sur une tout autre piste pour la seconde partie, ranimant l’intérêt jusqu’au bout. Bien filmé et photographié (par l’immense Caleb Deschanel, rien que ça !), sans aucun effet qui fasse série B, « DREAM HOUSE » ne cesse de monter en puissance, jusqu’à la résolution cathartique un peu moins surprenante que le reste, mais efficace.

Sheridan a réuni un beau casting : Daniel Craig dans un rôle complexe à multiples visages. La scène où il visionne la vidéo dans le bureau du psychiatre est certainement ce qu’il a fait de mieux à l’écran. Il est bien entouré par Rachel Weisz en épouse aimante, inquiète, incertaine (et pour cause !), Naomi Watts en voisine-d’en-face par laquelle le malheur arrive et des seconds rôles qu’on est toujours heureux de retrouver au détour d’une scène comme Jane Alexander, Marton Csokas ou Elias Koteas.

Il ne faut s’attendre à rien de révolutionnaire, mais « DREAM HOUSE » est très gratifiant le temps qu’il dure et entraîne dans son univers cauchemardesque où on perd progressivement tous ses repères. Tout ça grâce à un scénario qui se joue des codes du genre en assénant son coup de théâtre à mi-parcours au risque d’abattre trop tôt ses cartes. Ce n’est heureusement pas le cas.

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DANIEL CRAIG, NAOMI WATTS ET RACHEL WEISZ

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« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

TZ OATES

RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

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WARREN OATES

 

« LA NEUVIÈME PORTE » (1999)

À l’issue de deux longues, deux interminables heures de projection, on ne sait pas trop ce qui désole le plus avec « LA NEUVIÈME PORTE ». Qu’il nous raconte une histoire nébuleuse qui ne mène strictement nulle part, qu’il soit soporifique de la première à la dernière image ou qu’il porte la signature de l’honorable Roman Polanski. Trente ans plus tôt, celui-ci avait abordé la démonologie avec le puissant « ROSEMARY’S BABY », eh bien tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il aurait dû en rester là.9TH

Le scénario d’une incroyable mollesse, suit l’enquête d’un trafiquant de livres anciens (Johnny Depp), payé par un collectionneur (Frank Langella) pour réunir trois ouvrages permettant d’appeler le Diable sur terre. Enfin, grosso-modo ! De New York à Paris en passant par le Portugal, Depp « vieilli » par quelques mèches blanches et des petites lunettes, se trimbale de décor en décor, sa sacoche à l’épaule. Ce n’est même plus du service minimum, c’est du quasi-somnambulisme. En face de lui, dans un rôle indéfini (elle vole dans les airs de temps en temps et a les pupilles qui scintillent dans les gros-plans), Emmanuelle Seigner se met au diapason de ce non-jeu. Lena Olin apparaît trop peu pour créer un vrai personnage et les seconds rôles sont ineptes. Tourné entre les intéressants « LA JEUNE FILLE ET LA MORT » et « LE PIANISTE », « LA NEUVIÈME PORTE » est probablement ce que Polanski a signé de pire, de plus indéfendable dans sa trentaine de films. Ce n’est même pas drôle au second degré, ni sanglant, ni érotique, ni malsain. Ce n’est RIEN ! La triste quête touristique d’un fantôme ressemblant vaguement à l’acteur-fétiche de Tim Burton, qui s’achève pile au moment où on espérait (encore) que le film allait enfin démarrer.

 

« MORGANE » (2016)

Produit par Ridley Scott et réalisé par son fils Luke dont c’est le premier long-métrage, « MORGANE » traite de la création d’une forme de vie artificielle humanoïde, via la technologie. Expérience qui, bien sûr et sans spoiler, va très mal tourner.MORGAN

Bourré de qualités, le film est néanmoins plombé par un scénario ultra-prévisible (comment ne pas deviner qui est réellement l’héroïne Kate Mara, dès sa première apparition ?), un déroulement sans aucune surprise et des informations capitales glissées subrepticement entre deux répliques. Heureusement, la réalisation est maîtrisée, le casting parfait et la jeune Anya Taylor-Joy récemment découverte dans « WITCH » et « SPLIT », absolument fabuleuse dans ce rôle difficile de monstre candide et qui, derrière la vitre de protection de sa geôle, s’avère aussi angoissante qu’un Hannibal Lecter. Son face-à-face avec Paul Giamatti, chargé de « l’évaluer » est un grand moment et vaut à lui seul qu’on voie le film.

Lent, froid, entièrement focalisé sur son thème et sur la montée progressive de la violence, « MORGANE » manque d’originalité et de personnalité, mais maintient l’intérêt par son visuel intrigant et pour le plaisir de voir de bons acteurs en action : Rose Leslie (« GAME OF THRONES ») en scientifique au cœur trop tendre, Michelle Yeoh en patronne impérieuse, le toujours parfait Toby Jones, et dans de courtes apparitions, Jennifer Jason-Leigh éborgnée et Brian Cox en « boss ».

En optant pour ce ton semi-intimiste, cette photo monochrome et des décors glacés et sans âme, « MORGANE » s’apparente davantage à un film d’auteur cérébral qu’à une série B sur des robots-tueurs. Il y a quatre décennies, Ridley Scott explorait les mêmes thématiques dans « BLADE RUNNER », aujourd’hui son fils s’y essaie avec ce « MORGANE » nullement déshonorant. À voir de toute façon pour Anya Taylor-Joy vraiment exceptionnelle.

 

« LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » (2008)

MUMMY3 2Tourné sept ans après le second opus de Stephen Sommers, « LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » est cette fois signé par l’inégal mais parfois efficace Rob Cohen et transpose l’action d’Égypte en Chine.

Le prologue sur la légende de l’empereur Jet-Li est énergique et prometteur. Mais déjà, on tique quand on constate que Rachel Weisz – un des grands atouts de la franchise – a cédé son rôle à Maria Bello. Rapidement, on constate qu’on a quitté l’univers à la Indiana Jones des précédents films, pour s’aventurer dans une sorte d’Avatar spectaculaire de Tintin. Entre les temples qui s’écroulent, les soldats de terre cuite qui reviennent à la vie, les Yétis, la visite à Shangri-La et les poursuites interminables, le film n’arrive pas à vraiment trouver ses marques et souffre de sa propre surenchère qui fait oublier les enjeux et lasse rapidement l’intérêt. Les CGI sont remarquables, mais beaucoup trop envahissants et l’action perd progressivement toute substance. Ce troisième opus ressemble à ses prédécesseurs, mais il manque clairement quelque chose pour qu’il procure le même plaisir enfantin. L’humour est forcé (John Hannah semble ressasser les sempiternelles mêmes plaisanteries vaseuses), l’alchimie entre Brendan Fraser et sa « nouvelle » femme ne prend pas. Heureusement, il y a la marmoréenne Michelle Yeoh, un Jet-Li malfaisant à souhait et le toujours excellent Liam Cunningham en pilote tête brûlée.

« LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » n’est pas un ratage complet et il peut constituer un inoffensif passe-temps. Mais le cœur n’y est plus vraiment et la sensation de déjà-vu et de resucée s’installe dès le début pour ne faire qu’empirer. Et puis franchement, une momie sans Imhotep, est-ce vraiment une momie ? John Hannah a beau avoir nommé sa boîte de nuit ainsi, cela ne suffit pas !

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MICHELLE YEOH, BRENDAN FRASER ET MARIA BELLO

 

« FÉE MALGRÉ LUI » (2010)

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DWAYNE JOHNSON ET STEPHEN MERCHANT

« FÉE MALGRÉ LUI », écrit par un tandem qui a fait ses preuves dans la comédie de qualité des années 90 (« LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES » et « PORTRAIT CRACHÉ D’UNE FAMILLE MODÈLE »), réalisé par un téléaste stakhanoviste, est un véhicule monté pour exploiter la facette comique de Dwayne Johnson et, en cela, un franc succès.TOOTH2

C’est une extravagante couillonnade sur un joueur de hockey has-been et cynique, condamné par la reine des fées (Mary Poppins en personne : une Julie Andrews de 75 ans en pleine forme !) à devenir lui-même une fée ailée chargée pendant une semaine de récolter les dents des petits enfants sous l’oreiller (sic !). La première apparition de « The Rock » affublé d’ailes et d’un tutu rose scie carrément les pattes. Si on est d’humeur à exploser de rire, alors on se laisse embarquer par cette histoire saugrenue, souvent hilarante, qui n’hésite pas non plus à se vautrer dans la guimauve la plus indécente, mais garde toujours sa bonne humeur et une entraînante joie de vivre qui excuse bien des choses.

Johnson est pour 90% dans la réussite inespérée du film. Il manie l’autodérision en virtuose, affiche un sourire contagieux, ne joue pas trop sur ses biceps et balaie toute réticence en quelques minutes. Il est très bien entouré par Ashley Judd dans le rôle de sa fiancée, Stephen Merchant en superviseur agaçant et Billy Crystal, non-mentionné au générique, qui joue un personnage à la « Q » dans les 007.

Avec ce genre de film, il faut se laisser porter, ne pas avoir honte de rire à des blagues bien lourdes et oublier un moment son sens critique. Pour ce que c’est, « FÉE MALGRÉ LUI » fonctionne très bien et fait oublier ses soucis pendant 100 minutes. Ce n’est déjà pas si mal…

À noter qu’une séquence-bonus entre Crystal et Julie Andrews se déroule pendant le générique-fin, qu’il faut donc éviter de zapper.

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ASHLEY JUDD, DWAYNE JOHNSON, JULIE ANDREWS ET STEPHEN MERCHANT

 

« X-MEN : APOCALYPSE » (2016)

Si les précédents films de la franchise, comprenant le ‘spin-off’ centré sur Wolverine commençaient à devenir lassants et confus et semblaient évoluer en circuit fermé, « X-MEN : APOCALYPSE » est une excellente surprise, d’autant plus qu’on n’en espérait pas tant.XMEN

Bryan Singer reprend les commandes et signe peut-être le film le plus lisible, le mieux scénarisé de la série. D’abord, le méchant est vraiment fascinant : incarné par un Oscar Isaac méconnaissable mais puissant, c’est un mutant venu de l’Égypte ancienne, portant le joyeux nom d’Apocalypse qu’il est fermement déterminé à honorer.

Tous les personnages sont bien développés : de Michael Fassbender en ‘Magnéto’ toujours tiraillé entre bien et mal, Jennifer Lawrence en ‘Mystique’ qui ne parvient pas à faire oublier Rebecca Rominj-Stamos, Rose Byrne en agent (humaine !) de la CIA, jusqu’à Hugh Jackman, qui apparaît dans un caméo des plus sanglants et sauvages.

Pour une fois dans un film de super-héros, le final – s’il peut se résumer à une baston géante – n’en demeure pas moins accrocheur et les enjeux demeurent présents, nullement engloutis par l’habituelle orgie de CGI. Le film reste intéressant jusqu’au bout et c’est vraiment très rare et précieux.

Bien écrit, soigneusement photographié, interprété avec un admirable sérieux, malgré le délire de l’environnement, « X-MEN : APOCALYPSE » vaut donc largement le détour et il s’avère même capable de réconcilier avec les productions Marvel dont on pensait avoir fait le tour. Des séquences comme la destruction d’Auschwitz ou le sauvetage à super-vitesse des occupants du château par Evan Peters, sont assez stupéfiantes.