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Archives de Catégorie: CINÉMA FANTASTIQUE ET SCIENCE-FICTION

« GHOSTS OF MARS » (2001)

MARS.jpgTout le monde aime John Carpenter et personne n’est heureux de ne pas apprécier un de ses films, d’autant que le monsieur ne tourne plus énormément. Qu’il est dommage que « GHOSTS OF MARS » soit aussi mauvais ! Qu’il est triste qu’on ne puisse même pas l’aimer au troisième degré !

Le film date de presque deux décennie mais il semble avoir été tourné dans les années 60. Le scénario est un énième démarquage de « ALIENS » pimenté – Carpenter oblige – de mythologie westernienne et de redites de ses anciens opus : le prisonnier dur-à-cuire (« NEW YORK 1997 »), les entités prenant possession des personnages (« THE THING »). En fait, ça ressemble à un ancêtre mollasson et fauché de la franchise des « RESIDENT EVIL » ! C’est dire… On pourrait éventuellement passer l’éponge sur les F/X artisanaux, les maquettes, sur l’abus exaspérant de fondus-enchaînés qui diluent tout le potentiel d’efficacité du montage, mais ce qui manque clairement, outre quelques millions de dollars de budget, c’est un casting intéressant et homogène. Cela a d’ailleurs presque toujours été le problème de ce réalisateur qui aurait dû naître dix ans plus tôt et bénéficier du concours des « tronches » des années 50 qu’il apprécie tant. Car il faut bien dire qu’ici, on frise le carton rouge : Natasha Henstridge, toute belle qu’elle soit, est complètement transparente, Ice Cube est nul à pleurer dans un rôle à la Snake Plissken (on l’appelle « Désolation », ce qui lui va très bien, mais pas pour les raisons suggérées par les auteurs !), Jason Statham, encore à peu près chevelu, joue les durs-à-cuire chauds-lapins en forçant son accent anglais sans aucune raison valable. Même Pam Grier en toute petite forme n’imprime guère la pellicule en officier lesbienne boudinée dans le cuir.

Pas grand-chose à sauver, hélas. Pas même la BO lancinante et « prise-de-tête » du maestro, les bastons au corps-à-corps paresseusement chorégraphiées ou des décors cheap au possible qui donnent l’impression que la planète Mars ne fait qu’une centaine de mètres carrés au sol. Pour dire malgré tout quelque chose de sympathique, le leader des fantômes martiens, Richard Catrone, est plutôt réussi esthétiquement parlant et le langage des Martiens est assez flippant.

(chronique originellement publiée en 2013 et remaniée ici après re-visionnage, même si le fond du texte n’a pas énormément varié, ce qui explique les commentaires datant d’il y a six ans ci-dessous)

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ICE CUBE, NATASHA HENDSTRIDGE, JASON STATHAM, RICHARD CATRONE ET PAM GRIER

 

« PLANÈTE TERREUR » (2007)

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ROSE McGOWAN

Étonnant que dans le double-programme « GRINDHOUSE », on ait essentiellement retenu « DEATH PROOF », le film de Tarantino, alors que « PLANÈTE TERREUR », la partie signée Robert Rodriguez lui est infiniment supérieure et remplit beaucoup mieux le cahier des charges, à savoir recréer l’ambiance, la facture et l’esprit des séries Z des seventies.PLANET.jpg

Se basant sur un vrai scénario, ridicule mais bien construit et en mouvement permanent, l’auteur se déchaîne dans le visuel : copie (très) abimée, sautes dans l’image, scratches dans le son, il manque même une bobine essentielle en plein cœur de l’action ! C’est un vrai bonheur de cinéphile, un regard moqueur mais attendri sur un cinéma débraillé, infantile et jouissif, truffé de plans gore totalement vomitifs (pustules qui éclatent en gros-plan, membres arrachés, collection de testicules), d’idées génialement absurdes et de séquences d’action visuellement splendides. Rodriguez a réuni un cast exceptionnel autour de son couple-vedette : Freddy Rodriguez excellent en mini-Rambo mexicain et Rose McGowan iconique héroïne unijambiste qui porte une mitrailleuse greffée sur son moignon. On reconnaît les vétérans Michael Biehn et Jeff Fahey en frangins se chamaillant pour une recette de sauce BBQ, Marley Shelton parfaite en médecin létale, Josh Brolin en « doc » psychopathe, Michael Parks (toujours dans son rôle du shérif McGraw vu chez Tarantino et dans « UNE NUIT EN ENFER » du même Rodriguez) et même Bruce Willis en militaire peu expansif. Sans oublier hélas, « QT » lui-même, éprouvant comme d’habitude en soldat libidineux, qui cabotine en roue-libre.

Le temps passe à une vitesse folle en regardant ce petit bijou irrévérencieux et spectaculaire, on sourit souvent malgré son extrême violence, et on ne voit pas grand-chose à y redire. Tel quel, et dans son étroit créneau, « PLANÈTE TERREUR » est un film de zombies parfait, dont même l’épilogue donne envie d’applaudir.

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MARLEY SHELTON, FREDDY RODRIGUEZ, ROSE McGOWAN ET JOSH BROLIN

 

« THE SILENCE » (2019)

Bâti sur exactement le même schéma que le récent « SANS UN BRUIT » (surtout ne pas émettre un son, sous peine d’attirer des monstres qui ont envahi la terre), « THE SILENCE » de John R. Leonetti est une série B produite par Netflix, qui ne se gêne pas pour piocher également et sans complexe dans « BIRD BOX » et même dans la série « WALKING DEAD ». Pourquoi s’embarrasser de scrupules ?SILENCE.jpg

Comme pour toutes les productions de la chaîne, ou presque, le scénario constitue le maillon faible : simpliste, prévisible, bourré de clichés antédiluviens, faiblement dialogué, il pèche de plus par dénouement bâclé à la va-vite qui fait plus qu’agacer le spectateur assidu qui a stoïquement tenu jusque-là. C’est honnêtement réalisé, sans génie, les grosses chauve-souris en CGI ne sont pas très impressionnantes, d’autant qu’elles émettent les mêmes sons que les monstres de « THE DESCENT », et le tout se laisse regarder passivement, sans passion, pour tuer le temps. Le casting est composé de bons acteurs de second plan comme Stanley Tucci et Miranda Otto en parents pusillanimes découvrant l’héroïsme, par Billy MacLellan assez inquiétant en prêtre dangereusement illuminé et surtout par la jeune Kiernan Shipka (découverte en fille de Draper dans la série TV « MAD MEN »), jouant l’héroïne sourde et débrouillarde, avec une belle énergie qui manque si cruellement au film.

Pas indispensable donc, ce « THE SILENCE » fait de bric et de broc, qui propose une des apocalypses les moins crédibles de ces dernières années.

 

« ROBOCOP 3 » (1993)

Tourné trois ans après le n°2, à nouveau scénarisé par Frank Miller, « ROBOCOP 3 » de Fred Dekker (dont c’est le dernier film à ce jour) est un pauvre ersatz du film de Paul Verhoeven, une sorte d’avatar aseptisé et infantile de l’univers créé en 1987, qui marque la fin d’une possible franchise.R3.jpg

Si on retrouve Nancy Allen (qui s’auto-caricature sans vergogne), Robert DoQui et Felton Perry des opus précédents, Peter Weller lui, a laissé la place à Robert John Burke dans le rôle-titre. Et on se rend alors compte qu’il n’est finalement pas si évident de jouer un robot humain ! Le successeur bouge mal, ses postures sont souvent ridicules, ses mouvements prêtent à sourire : on préfère nettement l’ancien modèle ! Outre une photo de téléfilm, des costumes et coiffures à pleurer de ringardise et une bataille rangée finale qui semble directement pompée sur celle de « DEATH WISH 3 », « ROBOCOP 3 » se traîne péniblement et hélas, Burke n’est pas le seul à s’être planté. Tous les seconds rôles sont épouvantables, qu’il s’agisse de John Castle en méchant de service, Bruce Locke en cyborg samouraï (sic !), Rip Torn qui n’a jamais été aussi cabotin, Bradley Whitford ou Jill Hennessy, c’est un défilé incessant de visages inexpressifs ou grimaçants, sans la moindre épaisseur. Serait-ce le réalisateur qui aurait eu des petits manques en matière de direction d’acteurs ? Seuls s’en sortent à peu près CCH Pounder et Daniel von Bargen en leaders de la résistance. Et encore ! C’est parce qu’on les aime bien…

Malgré son sous-texte « révolutionnaire » bien naïf et puéril, « ROBOCOP 3 » est une authentique catastrophe qui galvaude éhontément les bases établies par Verhoeven pour accoucher d’une bouillie aussi stupide que laide à contempler.

 

« LA MALÉDICTION » (2006)

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LIEV SCHREIBER

« LA MALÉDICTION » de John Moore est le remake très fidèle du classique de Richard Donner, sorti exactement 30 ans plus tôt. Et quitte à blasphémer (c’est de circonstances), il n’est pas interdit de considérer que cette nouvelle version améliore le score sur pas mal de points et s’avère être une excellente surprise.OMEN.jpg

En oubliant les comparaisons (ce n’est pas facile tant les scénarios sont proches), on peut prendre un réel plaisir à la vision de ce thriller empreint de démonologie et de superstitions, bénéficiant d’une réalisation efficace et d’une photo souvent magnifique. Liev Schreiber est parfait en ambassadeur incrédule élevant, à son insu, le fils du Diable, Julia Stiles est très bien également avec son étrange visage angoissé. Ils forment un couple crédible et attachant. On peut être moins emballé par le rejeton, le jeune Seamus Davey-Fitzpatrick, plus tête-à-claques qu’inquiétant. David Thewlis est impeccable en photographe fouineur et Pete Postlethwaite parfait en prêtre terrorisé. Mais la vraie grande idée du casting est d’avoir offert le rôle de la nounou démoniaque à Mia Farrow. À la maman de Satan dans « ROSEMARY’S BABY », qui retrouve celui-ci pour le protéger à n’importe quel prix. Elle fait froid dans le dos dans la scène de l’hôpital. Un beau raccourci qui relie le film à tous ses prédécesseurs, au même titre que la séquence à Jérusalem qui fait penser irrésistiblement au début de « L’EXORCISTE ».

« LA MALÉDICTION » adapte très intelligemment le scénario des années 70, le dépoussière sans chercher à tout bouleverser. Les puristes feront certainement la fine-bouche, car le film de Donner était une réussite, mais ce remake méritait d’être tourné et existe vraiment par lui-même.

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JULIA STILES, MIA FARROW, DAVID THEWLIS ET LIEV SCHREIBER

 

« JUSQU’EN ENFER » (2009)

DRAG2.jpg« JUSQU’EN ENFER » marquait le retour de Sam Raimi au cinéma d’horreur de ses débuts, et dans un évident confort de production, il retrouve tout de même ce mélange d’humour noir, de « gore » vomitif et d’images-choc à faire sauter au plafond, qu’il maîtrisait si bien avec trois ou quatre dollars de budget.

Sur la base d’une malédiction gitane jetée sur une jeune employée de banque (Alison Lohman) par une vieille folle (Lorna Raver) qu’elle a malencontreusement humiliée, le scénario décrit les tentatives de l’héroïne pour échapper au démon venu l’entraîner aux enfers. C’est simple et astucieux, l’univers dépeint est quotidien et tout à fait terre-à-terre, accentuant encore la dinguerie des séquences purement horrifiques. Certains moments sont franchement hilarants sans jamais cesser d’être affreux, comme ces affrontements entre Lohman et la vieille Gitane où yeux et dentiers giclent dans des geysers de sang. Cela aurait pu donner un simple « Twilight Zone » de 26 minutes, mais Raimi s’amuse à faire durer le plaisir et surtout le calvaire de la jeune femme et lui réserve un épilogue « à twist » guère surprenant (quiconque a déjà vu un film de ce genre sait pertinemment qu’elle ne s’en tirera pas aussi facilement !) mais bien amené et réjouissant à sa façon. Aux côtés d’Alison Lohman, fraîche et dynamique, on voit le toujours sympathique Justin Long en fiancé patient, David Paymer en patron faux-jeton. Mais c’est Lorna Raver qui rafle la mise dans ce rôle spectaculaire de sorcière borgne et édentée insalubre et vraiment peu ragoûtante. À voir donc, sans en attendre autre chose qu’un Grand-8 visuel à l’humour volontiers potache et aux F/X qui ont su garder un aspect « bricolé » très rafraîchissant. La longue séquence de la « séance » vaut à elle seule le déplacement.

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ALISON LOHMAN ET LORNA RAVER

 

« HIGHLANDER » (1986)

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CHRISTOPHE LAMBERT ET CLANCY BROWN

À sa sortie, « HIGHLANDER » avait fait sensation, au point de générer plusieurs sequels et même une série TV. À le revoir aujourd’hui, on peut légitimement se demander pourquoi toute cette agitation.HIGHLANDER

Réalisé par le clipeur australien Russell Mulcahy, c’est un récit fantastique bâti sur un postulat capillotracté : une race d’immortels vivant incognito sur terre, s’entretue depuis des siècles (oui, ils sont un chouïa mortels quand même), jusqu’à ce qu’il n’en « reste plus qu’un ». L’écossais du 18ème siècle Christophe Lambert (sic) arrive donc à New York où il doit affronter l’affreux Clancy Brown pour le prix suprême. Ce n’est pas tant l’absurdité du scénario qui étonne, 35 ans après, que la direction d’acteurs catastrophique (même les figurants sont nuls), les prouesses visuelles sans aucune raison d’être et les partis-pris de réalisation totalement gratuits. Avec son accent improbable, ses ricanements haut-perchés et son « regard-qui-tue » involontairement drôle, Lambert peine à convaincre. Un jeune Liam Neeson aurait certainement été autrement plus crédible. Brown en fait des mégatonnes jusqu’à l’overdose, en espèce de monstre de Frankenstein punkoïde et – curieusement – les comédiennes ne sont vraiment pas des prix de beauté. Reste l’apparition-éclair de Sean Connery dans un rôle de mentor vêtu comme un clown, un bretteur égyptien (sic !) au chapeau emplumé qui traverse ce fatras avec un panache dérisoire et s’en va rapidement, après un duel qu’on dirait sorti d’un spectacle de Johnny Hallyday. Parmi les seconds rôles, on reconnaît un jeune Jon Polito en flic morfal.

« HIGHLANDER » a ses fans, il a laissé de bons souvenirs à une certaine génération. Mais hormis les chansons de Queen et la photo très eighties de Gerry Fisher, on voit mal ce qu’on pourrait recommander là-dedans aujourd’hui. À éviter soigneusement donc, si on ne désire pas gâcher de lointaines sensations cinéphiliques.

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SEAN CONNERY ET CHRISTOPHE LAMBERT