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Archives de Catégorie: CINÉMA INTERNATIONAL

INGMAR x 39 !

Pour le visiteur de « BDW2 » amoureux de l’œuvre d’Ingmar Bergman (oui, ça paraît bizarre, mais ce n’est pas forcément antinomique !), les prestigieuses éditions américaines Criterion pour célébrer le centenaire du réalisateur, mort à l’âge de 89 ans, annoncent pour fin novembre, la sortie d’un imposant coffret Blu-ray comprenant pas moins de 39 films.

Des classiques archi-connus, des œuvres plus rares, des versions cinéma et télévision pour certains, pléthore de suppléments d’époque, plus un gros livre. Le tout pour environ 200 $. Bien sûr, cela sous-entend qu’il faut être prêt à casser sa tirelire et à visionner des heures de (grand) cinéma en suédois sous-titré anglais. Ou alors espérer un jour, un équivalent en France.BERGMAN

Notons – encore et toujours – l’absence inexpliquée de « FACE À FACE » (1976), avec Liv Ullmann et Erland Josephson, film totalement introuvable en vidéo, hormis une ou deux éditions anciennes et de qualité déplorable. Pourquoi cette absence ? Gageons que Criterion doit être sur le coup !

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« LEONOR » (1975)

LEONOR

LIV ULLMANN

Coproduction européenne réalisée par Juan Buñuel, fils de Luis, et interprétée par des comédiens français, italiens, espagnols et norvégiens, « LEONOR » est une très singulière fable médiévale sur le deuil, l’amour fou et la transgression.LEONOR2

Réalisé sobrement, sans le moindre effet, photographié sans recherche d’esthétisme par Luciano Tovoli, le film déroule son histoire sur dix ans, décrivant froidement le destin d’un châtelain (Michel Piccoli) qui ne se remet pas de la mort de sa femme (Liv Ullmann), même quand sa seconde épouse (Ornella Muti) lui donne deux fils. Obsédé par la défunte, il signe une sorte de pacte avec le diable pour qu’elle ressuscite. Quand ‘Leonor’ revient à lui, Piccoli n’hésite pas à occire Muti pour vivre pleinement son amour retrouvé. Seulement, bien sûr, celle qui est sortie du tombeau n’est plus tout à fait la même, et c’est une succube tueuse d’enfants qui commence à semer la mort dans une région déjà atteinte par la peste.

Très lent, jamais explicite, « LEONOR » envoûte indiscutablement grâce à l’âpreté des extérieurs, la BO mélancolique d’Ennio Morricone et à son duo principal : Piccoli en seigneur tourmenté, habité qui s’est fait un look à la Sean Connery et qui se montre étonnamment convaincant et Ullmann douce et inquiétante dans un rôle de prédatrice au visage angélique. Ornella Muti n’a pas grand-chose à faire, mais elle est vraiment très belle.

Œuvre complètement à part, qui évoque lointainement les films médiévaux d’Ingmar Bergman (sensation renforcée par la présence de l’égérie du maître suédois), « LEONOR » se regarde comme on vit un mauvais rêve poisseux et sans échappatoire.

LEONOR3

MICHEL PICCOLI ET ORNELLA MUTI

 

« THE PASSENGER » (2018)

« THE PASSENGER » est le quatrième thriller que Liam Neeson tourne avec le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra et, force est de reconnaître, que le tandem commence à tourner en rond. Cet opus ressemble furieusement à « NON STOP » (2014), relocalisant l’action d’un avion à un train de banlieue.PASSENGER

Exploitant l’image de Neeson créée par « TAKEN », le pitch de ce suspense en huis clos est tiré par les cheveux, invraisemblable du début à la fin, déconnecté de toute réalité. Quant au scénario, il est poreux, plein de trous et d’impasses qui font que l’intérêt s’amenuise de plus en plus jusqu’à l’indifférence totale quand survient un dénouement absurde. À 66 ans, hâve et amaigri, Neeson joue un ex-flic licencié par sa boîte d’assurances, qui devient le jouet d’une organisation mystérieuse lui offrant 100 000 $ pour découvrir le témoin d’un meurtre durant un trajet en train. On a déjà du mal à comprendre le pourquoi du comment et le développement va de mal en pis, plombé par des explications vaseuses qui ne font qu’empirer les choses. Sans mentionner les CGI aussi peu convaincants que possible et des bagarres systématiques et lassantes à mains nues comme Neeson en a déjà trop tourné.

Grâce au grand Liam et au plaisir qu’on a toujours à le retrouver, « THE PASSENGER » a ses bons moments – surtout la première demi-heure – mais c’est la plus faible de ses collaborations avec le réalisateur. Parmi les seconds rôles, on retrouve Vera Farmiga en tireuse de ficelles impitoyable, le toujours impeccable Patrick Wilson en ancien coéquipier de notre héros, Elizabeth McGovern en épouse à peine silhouettée et Sam Neill quasi-figurant en commissaire barbu.

Mieux vaut se souvenir de « SANS IDENTITÉ », « NON STOP » et « NIGHT RUN » et vite oublier ce « PASSENGER » qui ressemble beaucoup au fameux « match de trop ».

 

« LA NUIT DU LENDEMAIN » (1969)

NIGHT.jpgDernier film de la longue traversée du désert de Marlon Brando avant son comeback inespéré trois ans plus tard, « LA NUIT DU LENDEMAIN » de l’anglais Hubert Cornfield, est un des pires fleurons de sa filmographie, qui compte un nombre conséquent de navets, oubliés pour la plupart.

Tourné au Touquet, le film conte le kidnapping d’une jeune fille riche (Pamela Franklin) par une bande de bras-cassés incompétents et névrosés : un faux chauffeur emperruqué (Brando), une junkie affublée d’à peu près le même postiche blond que lui (Rita Moreno), son mollasson de frère (Jess Hahn) et un psychopathe sadique (Richard Boone) qui n’attend qu’une occasion pour les trahir. L’essentiel du scénario est confiné dans une maison du bord de mer où se planquent les malfaiteurs avec leur otage. Que dire ? C’est d’une lenteur mortifère, si on ne devait garder que les séquences réellement utiles à l’avancée du récit, le film durerait à peine vingt minutes. Les dialogues – visiblement tous improvisés – sont d’une pauvreté et d’une bêtise sans nom. Les colères de Brando tombent comme des cheveux (factices) sur la soupe et Boone qui paraît s’amuser beaucoup, fait rigoureusement n’importe quoi. Il paraîtrait que le tournage fut un cauchemar et que Boone remplaça Cornfield après que celui-ci ait été éjecté par Brando. C’est bien possible, tant le résultat est décousu, sans queue ni tête. Quant au « twist » final qui ose nous refaire le coup du « tout cela n’était qu’un rêve », on a peine à y croire !

Rien à sauver, pas même une idée ou une ambiance. C’est le zéro et l’infini. À noter que l’acteur Al Lettieri qui tient un petit rôle de pilote, est également crédité comme « producteur associé ». Il retrouvera Brando deux ans plus tard dans « LE PARRAIN » où il jouera ‘Sollozzo’ son plus redoutable rival.

NIGHT2

MARLON BRANDO ET RITA MORENO

 

« PERDIDA » (2018)

« PERDIDA » est une production Netflix venue d’Argentine, réalisée par Alejandro Montiel d’après un best-seller. C’est un suspense se déroulant sur deux périodes : la disparition d’une adolescente pendant un voyage scolaire et – quatorze ans plus tard – l’enquête de sa meilleure amie, devenue flic, pour la retrouver, morte ou vivante.PERDIDA.png

L’idée de base n’est pas mauvaise, on y décèle des influences de polars venus de Suède ou de Norvège, mais le traitement scénaristique laisse grandement à désirer : il faut vraiment être novice en matière de romans policiers et ne pas voir beaucoup de polars au cinéma, pour ne pas deviner très (trop) tôt le pot aux roses et identifier le traître de service. Il faut dire aussi que la réalisation est d’une platitude confinant parfois à l’amateurisme et que le film contient les séquences d’action les plus mal conçues et filmées vues depuis longtemps. Le mot « bâclage » vient souvent en tête !

Outre le désir naturel de connaître tous les tenants et aboutissants de l’histoire qui permet d’aller jusqu’au bout, « PERDIDA » bénéficie heureusement de la présence de deux bonnes comédiennes : Luisana Lopilato en ex-junkie devenue inspecteur de police et obsédée par le passé et surtout Amala Salamanca, excessivement étrange dans un rôle à facettes de prostituée émaciée. Le reste du casting, principalement masculin, n’est pas très brillant.

« PERDIDA » peut accrocher au début par ses décors de Patagonie, son ambiance inhabituelle et par ses personnages hantés et fantomatiques, mais le sujet méritait un traitement plus soigné et un réalisateur plus solide.

 

PETER DONAT : R.I.P.

DONAT

PETER DONAT (1928-2018), SECOND RÔLE CANADIEN QUI FIT CARRIÈRE AUX U.S.A. APERÇU ENTRE AUTRES DANS « LE PARRAIN II ».

 
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Publié par le 15 septembre 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« L’AVERTISSEMENT » (2018)

« L’AVERTISSEMENT » est une production Netflix espagnole, réalisée par Daniel Calparsoro, bâtie sur un scénario pour le moins confus, mais suffisamment intrigant pour qu’on suive le film jusqu’à sa conclusion.AVISO

L’intrigue, située sur deux époques, part du principe qu’après plusieurs attaques violentes le même jour de l’année (plus d’autres coïncidences trop longues à expliquer) sur le même lieu, celui-ci est victime d’une malédiction. Raúl Arévalo, un mathématicien schizophrène dont le meilleur ami a été blessé sur ces mêmes lieux, commence à échafauder une théorie. Que dire ? Ce n’est pas mal fait, le montage parallèle tient (à peu près) la distance, mais finit par larguer le spectateur au bord de la route. Car aucun des protagonistes n’est attachant ou même intéressant. Tous ne sont que des pions sans épaisseur au service d’une histoire alambiquée, parfois impénétrable qui s’emballe comme une machine folle et finit par tourner en rond.

Pourtant, ce n’est pas déplaisant à suivre, on s’attend toujours à ce qu’un détail, une révélation, un twist, viennent nous éclairer et nous faire accepter a posteriori ces longues minutes qui paraissent n’aller nulle part. Mais non… « L’AVERTISSEMENT » est un de ces films de « petit malin » qui peut amuser un moment, mais finit par lasser, voire agacer. Et comme, pour couronner le tout, la distribution – à l’exception d’Aura Garrido – est assez faiblarde, on s’empresse après le mot « FIN » de ranger tout cela aux oubliettes.