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Archives de Catégorie: CINÉMA INTERNATIONAL

« UN HOMME VOIT ROUGE » (1975)

RANSOM2Dès les premières images, on se rend compte qu’il n’y a rien de cinématographique dans « UN HOMME VOIT ROUGE ». Des otages au domicile d’un ambassadeur, des otages dans un avion cloué au sol, des flics et des militaires dans des bureaux… Tout est figé d’emblée et ce n’est pas la réalisation télévisuelle de Casper Wrede qui arrange les choses.

Totalement dépourvu de vie ou d’énergie, le film se déroule à un rythme funéraire. Les rares scènes d’action sont avortées et le coup de théâtre (un bien grand mot !) n’intervient que dix minutes avant la fin. Bien trop tard pour réveiller le spectateur qui a abdiqué depuis longtemps. Même la photo du grand Sven Nykvist est d’une platitude à pleurer et on sent que Jerry Goldsmith tente d’apporter avec sa BO tonitruante, un peu de nerf à des images qui en manquent cruellement.

Dans un rôle unidimensionnel de chef de la sécurité scandinave (sic !), Sean Connery est en service minimum. Assis un émetteur à la main, l’air plus ou moins soucieux, il balance des ordres avec désinvolture. Sa scène la plus remarquable est encore lorsqu’il prend une douche en discutant avec un officiel anglais. Pourquoi une douche ? En pleine journée ? Il n’y a aucune explication logique. À part évidemment, pour montrer que l’ex-007 est toujours en pleine forme physique. Dans un casting très médiocre, on reconnaît un jeune Ian McShane, avec une jolie coupe de cheveux laquée estampillée seventies, en ‘bad guy’ ambigu.

S’il fallait tout de même retenir une bonne scène dans ce film raté et poussif, ce sera un face-à-face entre Connery et la femme de l’ambassadeur pris en otage. L’excellente Isabel Dean y tient la dragée haute à Connery et lui donne l’occasion de jouer (un peu) la comédie, ce que le reste du film lui a interdit jusque-là. Cela vaut-il de s’infliger tout le reste ? Absolument pas ! Un des quelques vrais navets tournés par le grand Sean, au cours de sa longue et belle carrière.

RANSOM

SEAN CONNERY ET IAN McSHANE

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« HHhH » (2017)

Adapté d’un roman français, « HHhH » est une coproduction multinationale située pendant la WW2 et suivant le destin de Reynhard Heydrich, l’officier nazi qui imagina la « solution finale ». Le titre (pas vraiment incitatif, avouons-le) signifie : « Himmlers Hirn heißt Heydrich », qu’on peut traduire par « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Réalisé par le français Cédric Jimenez, le film est étrangement bâti, mais de plus en plus prenant à mesure qu’il progresse.HHHH

La première partie ressemble à un biopic traditionnel. On y voit Rosamund Pike, nazie de la première heure, façonner son amant Heydrich (Jason Clarke), brute épaisse non-dégrossie, l’épouser et l’aider à gravir les échelons du parti. C’est instructif, mais pendant un moment – et malgré la construction en flash-back – on se demande où nous mène cette leçon d’Histoire. Puis s’immisce l’intrigue parallèle : deux jeunes résistants tchèques à Prague, qui ont pour mission d’assassiner le monstre. Alors le film s’humanise, le suspense se met à monter crescendo, jusqu’au final saisissant dans l’église.

Fritz Lang avait tourné « à chaud » sur le même sujet « LES BOURREAUX MEURTENT AUSSI » (1943). Cette nouvelle version tient bien la distance, grâce à un montage ultra-resserré, une réalisation fluide et un casting de tout premier ordre : Clarke est extraordinaire de bestialité sous un mince vernis de froideur. Rosamund Pike sauve un rôle difficile d’épouse manipulatrice maintenue dans l’ombre, Stephen Graham est un Himmler plus vrai que nature. Dommage que Mia Wasikowska apparaisse surqualifiée pour son petit rôle de shampooineuse énamourée.

Ne pas se laisser rebuter par le titre, donc. « HHhH » est un film fort, efficace, parfaitement maîtrisé, qui tient en haleine du début à la fin.

 

HAPPY BIRTHDAY, ULU !

GROSBARD

ULU GROSBARD (1929-2012), METTEUR EN SCÈNE DE BROADWAY D’ORIGINES BELGES, IL SIGNA SEPT LONGS-MÉTRAGES DONT LE SUPERBE « RÉCIDIVISTE ».

 
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Publié par le 9 janvier 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

HAPPY BIRTHDAY, ROGER !

SPOTTISWOODE

ROGER SPOTTISWOODE, MONTEUR CANADIEN DEVENU RÉALISATEUR DE GROSSES PRODUCTIONS DONT L’EXCELLENT « UNDER FIRE ».

 
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Publié par le 5 janvier 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

HAPPY BIRTHDAY, GEORGE !

COSMATOS

GEORGE PAN COSMATOS (1941-2005), RÉALISATEUR GREC QUI FIT CARRIÈRE AUX U.S.A. DANS LE BLOCKBUSTER D’ACTION DES EIGHTIES.

 
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Publié par le 4 janvier 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« JACK LE MAGNIFIQUE » (1979)

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BEN GAZZARA

« JACK LE MAGNIFIQUE » est de ces films qu’il est excessivement difficile de décrire, mais dont on tombe durablement amoureux, sans très bien comprendre pourquoi. Mais pour peu qu’on soit sensible à ce mood particulier, qu’on ait l’esprit voyageur, c’est un très beau film, un des meilleurs de Peter Bogdanovich.JACK2

Ben Gazzara semble jouer un cousin de son personnage dans « MEURTRE D’UN BOOKMAKER CHINOIS », un exilé new-yorkais installé à Singapour, où il tient un bordel, joue les entremetteurs, grenouille à droite et à gauche, a maille à partir avec les racketteurs locaux. Il aurait pu être un individu sordide, voire répugnant, mais le portrait qu’en font l’acteur et les auteurs est très sympathique. Un type généreux, sans préjugé, prêt à toutes les aventures, mais qui a tracé une ligne morale à ne pas franchir, pour garder sa dignité et ne pas devenir comme ces ivrognes anglais traînant de bar en bar, suant l’alcool. Son amitié avec un timide comptable cardiaque, campé par Denholm Elliott dans son meilleur rôle, est touchante, pudique, faite de non-dits. Une superbe complicité entre comédiens qui cimente tout le film.

La photo subtile de Robby Müller – chef-op de Wim Wenders – capture parfaitement l’ambiance décadente et dangereuse de cette ville rongée par la corruption et le trafic humain. On est littéralement plongé dans ce ‘trip’ existentiel mais tout à fait concret, le parcours d’un homme intelligent et sensible, fondu dans une atmosphère délétère à l’exotisme frelaté.

Aux côtés d’un Gazzara impérial dans un de ses plus beaux rôles, on aperçoit Bogdanovich lui-même, très bien en barbouze énigmatique, Joss Ackland et George Lazenby en politicien homosexuel. Œuvre injustement méconnue, voire oubliée, « JACK LE MAGNIFIQUE » mérite une vraie réhabilitation. C’est un petit bijou de finesse qui semble improvisé au fil de la plume tout en étant très précisément scénarisé. À voir absolument.

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DENHOLM ELLIOTT, BEN GAZZARA, PETER BOGDANOVICH ET MONIKA SUBRAMANIAM

 

« SEVEN SISTERS » (2017)

Réalisée par un spécialiste norvégien de l’horreur, cette coproduction européenne tournée à Bucarest n’a, a priori, rien de très attractif. On met d’ailleurs un certain temps à entrer dans cet univers de science-fiction où la surpopulation oblige l’ambitieuse Glenn Close à interdire aux familles d’avoir plus d’un enfant et à « congeler » les éventuels suivants.SISTERS

Mais les choses s’améliorent progressivement et la performance de Noomi Rapace, qui joue les « SEVEN SISTERS » du titre à elle toute seule, tient du véritable tour-de-force. Bien soutenue par ses F/X totalement indécelables, elle parvient à différencier les sept sœurs jumelles, non seulement par l’aspect physique (coiffures, postures, démarche, etc.) mais surtout par la personnalité et la façon de s’exprimer. Ce sont bel et bien sept personnages distincts qu’on voit évoluer à l’écran ! Le film vaudrait déjà d’être vu pour cet exploit dramatique, mais il fonctionne en plus sur un scénario intelligent, qui mêle un mouvement incessant et jamais gratuit à une vision abrasive d’un monde en fin de course, régi par des lois monstrueuses. Les coups de théâtre successifs de la dernière partie sont très bien gérés et là encore, toujours nécessaires. Il est évident qu’autour de Noomi Rapace et de ses avatars, il ne reste pas beaucoup de place à d’autres comédiens pour exister. Une Glenn Close septuagénaire joue la « méchante » de service avec délectation, mais on l’a trop souvent vue dans cet emploi pour qu’elle parvienne à donner du relief au personnage. Willem Dafoe est excellent en grand-père protecteur. La scène du « petit doigt » est glaçante.

Sans être un chef-d’œuvre de la SF, « SEVEN SISTERS » n’en demeure pas moins un film malin et maîtrisé, aux séquences d’action sans défaut. À voir de toute façon pour Noomi Rapace, minuscule par la taille, mais grande par le talent, qui multiplie par trois le travail accompli jadis par Jeremy Irons dans « FAUX SEMBLANTS » ou plus récemment Tom Hardy dans « LEGEND ».