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Archives de Catégorie: CINÉMA INTERNATIONAL

« QUICKSAND – RIEN DE PLUS GRAND » (2019)

« QUICKSAND – RIEN DE PLUS GRAND », est une minisérie suédoise de 6×52 minutes, qui – dès le premier épisode – souffre du maintenant très identifiable « syndrome Netflix » : une écriture flottante, une réalisation un peu cheap et des comédiens pas toujours au top.QUICKSAND.jpg

L’histoire, c’est celle d’un massacre dans un lycée, perpétré par un fils de riche névrosé (Felix Sandman) et, selon toute apparence, par sa petite amie Hanna Ardéhn. C’est narré en flash-backs, bâti autour de la relation entre ces deux ados aussi antipathiques l’un que l’autre, sur la justice qui se resserre autour de la survivante. Très bien ! Le problème, c’est que ce scénario aurait certainement été plus efficace dans la simple durée d’un long-métrage et surtout, qu’il ne tient absolument pas debout. On crée un suspense et un mystère artificiellement, en se contentant de dissimuler des informations au spectateur et en n’expliquant pas le comportement de la fameuse héroïne en prison. Est-elle réellement amnésique ? Sinon pourquoi garde-t-elle pour elle des explications qui auraient pu l’exonérer depuis le début ? On sent cette « triche » du début à la fin et on espère, sans trop y croire, un « twist » spectaculaire lors du dénouement, qui viendra justifier (et excuser) cette paresse d’écriture, cette platitude. Eh bien, pas du tout ! L’épilogue est incroyablement décevant.

Comme c’est très moyennement interprété, que les jeunes acteurs en plein âge ingrat, ne sont pas d’une folle photogénie, « QUICKSAND » n’est en fin de compte qu’une perte de temps. Et la conclusion, unique raison pour laquelle on suivra la minisérie jusqu’au bout, ne rattrape vraiment pas les choses.

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HAPPY BIRTHDAY, ANTONIO !

ROJO

ANTONIO MOLINO ROJO (1926-2011), SECOND RÔLE ESPAGNOL AUX 140 FILMS, QUI TOURNA CINQ FOIS SOUS LA DIRECTION DE SERGIO LEONE.

 
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Publié par le 14 septembre 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« A BITTERSWEET LIFE » (2005)

« A BITTERSWEET LIFE » de Jee-woon Kim est un film de gangsters coréen ultra-stylisé et maîtrisé à 100%, où on retrouve les influences assumées du « SAMOURAÏ » de Melville (le tueur et l’innocente musicienne), du « KILLER » de John Woo (la relation amoureuse esquissée à nouveau et les gunfights dantesques) et même du « SCARFACE » de De Palma pour l’affrontement final qui tourne à la boucherie.LIFE.jpg

Byung-Hun Lee, qui n’est pas sans évoquer le Delon des débuts, est remarquable en homme-de-main d’un caïd de la pègre, cool et invincible, dont l’obéissance aveugle va être perturbée par son refus d’abattre une jeune femme dont il est tombé amoureux. Assailli de partout, il va connaître un véritable chemin de croix, culminant dans une séquence où il est enterré vivant et ressort du tombeau tel un ange exterminateur. Le scénario est d’une rigueur implacable, la réalisation joue avec maestria des ellipses brutales et de fréquentes éruptions de violence extrêmement sanglantes. Mais cela fait partie du cinéma du réalisateur et ne sombre jamais dans la complaisance ou la série B. Tous les personnages sont parfaitement dessinés, à commencer par le boss inhumain (Yeong-cheol Kim) ou le « collègue » sadique (Roe-ha Kim). Quelques séquences d’action vont très loin dans l’expression de la peur et la volonté de survivre à n’importe quel prix : on pense à l’évasion de Byung-Hun Lee après avoir été torturé et presque dépecé dans un hangar. Un morceau de cinéma d’action époustouflant !

Pour le portrait de cet homme apparemment lisse, calme et soumis, qui pour avoir laissé filtrer un soupçon d’humanité, va payer le prix fort, « A BITTERSWEET LIFE » mérite d’être vu. Et vraiment, Jee-woon Kim est un grand cinéaste.

 

« LA PROIE NUE » (1965)

PREY.jpg« LA PROIE NUE » de Cornel Wilde, commence lors d’un safari au Bostwana, au 19ème  siècle. Et par le massacre gratuit d’un troupeau d’éléphants par le guide (Wilde) et ses odieux clients. Inutile de dire que lorsqu’ils sont capturés par une tribu cannibale, on est plutôt content de les voir payer pour ce carnage !

Passé cette introduction brutale, on suit la longue traque de Wilde, unique rescapé, poursuivi dans la brousse par plusieurs guerriers. Nu, sans eau ni nourriture, l’homme blanc va fuir, se rebiffer, tuer ses poursuivants sans pitié et régresser quasiment au stade animal. « LA PROIE NUE », c’est le « survival » ultime, un film pratiquement dépourvu de dialogue, à la bande-son composée de tam-tams africains qui finissent par avoir un effet hypnotisant. Tuer ou être tué, sans échappatoire, sans digression. Le film, c’est cela et rien d’autre. La mise-en-scène de Wilde est délibérément « primitive », comme captée sur le vif, impression renforcée par l’insertion ininterrompue de plans d’insert : des animaux sauvages s’entredévorant, des paysages désertiques. Bien sûr, certains aspects ont beaucoup vieilli, comme le traitement de la violence : tous les coups sont portés hors-champ et le sang se résume à des éclaboussures de peinture rouge-vif bien peu réalistes. Mais on passe sur ces détails mineurs, pour reconnaître que le film a gardé l’essentiel de sa puissance et que le dernier regard entre le chasseur (Ken Gampu) et sa proie dissipe tout soupçon de racisme ou d’esprit colonialiste. L’homme blanc, tout intégré qu’il pensait être, sera finalement éjecté de la jungle par ses « anticorps » et rejoindra les siens. Un film très étrange, parfois dérangeant, tournant le dos à toute narration traditionnelle. Avec son corps noueux, sa peau cuivrée par les coups de soleil et son regard traqué, Cornel Wilde trouve son meilleur rôle, en tout cas le plus iconique.

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CORNEL WILDE, KEN GAMPU ET GERT VAN DER BERG

 

HAPPY BIRTHDAY, ALEXANDER !

MACKENDRICK

ALEXANDER MACKENDRICK (1912-1993), AUTEUR ET RÉALISATEUR ÉCOSSAIS DE 12 FILMS, DONT CERTAINS DEVENUS DES CLASSIQUES.

 

« INSOMNIES » (2000)

SLEEP copie.jpg« INSOMNIES » de Michael Walker est une petite production canadienne tournée à huis clos, qui accroche immédiatement l’intérêt par son parti-pris radical de ne jamais lâcher son protagoniste d’une semelle et de voir le monde à travers ses yeux. On pense à « RÉPULSION » à « BARTON FINK », un peu à David Lynch, et on s’enfonce peu à peu dans ce cauchemar claustrophobique.

Prof de fac insomniaque, Jeff Daniels vit dans une maison insalubre, humide, qui rejette sans arrêt des déjections organiques par les murs, les WC ou la baignoire. Sa femme ne rentrant pas un soir, il appelle la police et tente de comprendre ce qui s’est passé. Alors qu’on pénètre progressivement dans son esprit malade et miné par le manque de sommeil, on se rend compte que rien n’est aussi simple qu’il ne paraît. Alors qu’il se bourre de somnifères, Daniels reçoit sans cesse des visiteurs : une amie de sa femme, une élève collante (Emily Bergl), un policier trop aimable (Gil Bellows) et même un prof de gym amant de sa femme (Julian McMahon) qui lui casse la figure. Et puis il découvre un doigt coupé, mû d’une vie propre… Et tout doucement, les contours de la réalité s’estompent pour laisser place aux méandres d’un cauchemar paranoïaque.

Le film, parfaitement cadré, très bien mixé, est chargé de mystères, on évolue à l’aveuglette dans l’inconscient d’un personnage qu’on découvre au fur et à mesure de sa déchéance. Daniels est remarquable dans ce « one man show » suffocant qui l’englue jusqu’à la folie. Le dernier plan est inoubliable. Tous les seconds rôles sont parfaitement distribués. Bien sûr, on pourra trouver le temps long par moments et il est probable qu’une bonne coupe de dix minutes aurait été salutaire. Mais quoi qu’il en soit, une fois entré dans l’enfer intérieur de notre héros, impossible d’en réchapper.

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JEFF DANIELS ET EMILY BERGL

 

« VALHALLA RISING » (2009)

RISINGOn a connu Nicolas Winding Refn influencé par Scorsese, Cronenberg ou Lynch. Dans « VALHALLA RISING » (sous-titré « LE GUERRIER SILENCIEUX » en France), c’est Werner Herzog et tout particulièrement son chef-d’œuvre « AGUIRRE LA COLÈRE DE DIEU » qui hantent le film de la première à la dernière image.

L’histoire ? Un guerrier viking muet et borgne (Mads Mikkelsen) réduit en esclavage, parvient à échapper à ses geôliers et rejoint un groupe de croisés en route pour la Nouvelle Jérusalem. Ils atterrissent sur un territoire sauvage qui ne s’appelle pas encore l’Amérique, dans lequel ils s’embourbent jusqu’au dernier. C’est une œuvre visuellement magnifique, un « bad trip » sur des terres désertiques balayées par des vents glacés, un voyage immobile sur un océan noyé dans la brume et finalement une arrivée sur un rivage où nos dérisoires conquistadores vont se statufier et mourir à petit feu. Bien qu’on pense sans arrêt à Herzog, sensation renforcée par quelques clins d’œil délibérés de Refn, « VALHALLA RISING » trouve sa spécificité et parvient, par son extrême lenteur, ses cadrages étranges et sa BO (Peter Kyed et Peter Peter), à immerger jusqu’à l’hypnose. La longue séquence filmée au ralenti, montrant les intrus dans la boue, attendant littéralement une mort libératrice, est hallucinante. Le film doit beaucoup à Mikkelsen, crasseux, défiguré, impassible, qui crée un personnage totalement opaque de tueur barbare enfermé en lui-même. Sa relation télépathique avec l’enfant qu’il protège (Maarten Stevenson) est une des grandes trouvailles du scénario. Au milieu de longues séquences comme figées dans le temps et l’espace, à la limite de l’arrêt sur image, des plans « gore » assez atroces viennent de temps en temps donner un électrochoc. Mais « VALHALLA RISING » est un lent cauchemar qui hante longtemps après visionnage. Vraiment un digne héritier de Aguirre et de son voyage sans retour en Amazonie.

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MADS MIKKELSEN