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Archives de Catégorie: CINÉMA INTERNATIONAL

HARUO NAKAJIMA : R.I.P.

NAKAJIMA

HARUO NAKAJIMA (1929-2017), CASCADEUR, FIGURANT, IL FUT L’HOMME À L’INTÉRIEUR DU COSTUME DE GODZILLA DANS PLUSIEURS FILMS.

 
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Publié par le 8 août 2017 dans CARNET NOIR, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« LES AUTRES » (2001)

AUTRES

NICOLE KIDMAN

Écrit et réalisé par l’espagnol Alejandro Amenábar et sorti deux ans après « LE SIXIÈME SENS » qui lança la mode des ‘ghost stories’ à chute, « LES AUTRES » s’avère d’une autre trempe que le film de M. Night Shyamalan et rejoint dans la classe, le mystère, l’émotion et la finesse, le maître-étalon du genre qu’est « LA MAISON DU DIABLE ».AUTRES2

Dans le décor suffocant d’une maison isolée dans le brouillard dans un 1945 qui évoque plutôt l’Angleterre victorienne, une jeune veuve de guerre (Nicole Kidman) vit recluse avec ses deux enfants allergiques à la lumière du jour. Elle est bientôt rejointe par un étrange trio de serviteurs. Des « manifestations » se font de plus en plus nombreuses entre les murs de la demeure. L’endroit est-il hanté ?

« LES AUTRES » déploie tout doucement ses énigmes, soulève le voile pour le rabaisser aussitôt, fait naître l’effroi par de petits détails (comment ne pas frissonner devant ce plan de la fillette en robe de communion jouant avec une marionnette ?) et entraîne sur de fausses-pistes jamais gratuites ou « trichées ». Au-delà de l’histoire de fantômes et de l’exceptionnel twist final qui « cueillera » le plus blasé, le film parle surtout de la puissance du déni, de l’illusion et des apparences. Dans le rôle de sa vie, Kidman est fascinante de fébrilité, d’hypersensibilité, mais aussi d’une très inquiétante folie sous-jacente. Elle porte le film sur les épaules en créant par sa seule présence une tension phénoménale. Elle est très bien entourée, particulièrement par la petite Alakina Mann dont le regard met mal à l’aise et par la magnifique Fionnula Flanagan en ‘nanny’ gardienne des plus sombres secrets.

« LES AUTRES » est un chef-d’œuvre de poésie, de rigueur, qui ne cherche jamais à terrifier par les artifices habituels, mais qui procure d’authentiques frissons mêlés d’émotion. Du très grand art.

AUTRES3

ALAKINA MANN, NICOLE KIDMAN ET FIONNULA FLANAGAN

 

HAPPY BIRTHDAY, KERRY !

FOX

KERRY FOX, ACTRICE NÉOZÉLANDAISE INOUBLIABLE DANS « UN ANGE À MA TABLE ». REVUE CHEZ DANNY BOYLE OU CHÉREAU.

 
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Publié par le 30 juillet 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« REMEMBER » (2015)

Quand « REMEMBER » commence, on est d’emblée confronté au choc de découvrir Christopher Plummer et Martin Landau, acteurs qu’on connaît et qu’on aime depuis des décennies, devenus des vieillards de presque 90 ans. Choc profitable d’ailleurs, puisqu’il oblige à s’immerger directement dans le scénario hors du commun de Benjamin August.

Au début, on pense à « PARIS, TEXAS » de Wenders ou à « UNE HISTOIRE VRAIE » de Lynch, mais ce ‘road movie’ est teinté de mort et de violence. Téléguidé par son ami Landau, rescapé comme lui d’Auschwitz, Plummer quitte la maison de retraite pour aller tuer un des responsables du camp encore survivant. Voyage compliqué par son Alzheimer invalidant, qui culmine dans la séquence pétrifiante où il se retrouve confronté à Dean Norris, un shérif et fils de nazi idolâtrant la mémoire de son père défunt. La férocité émotionnelle de ce face-à-face est quasi-insoutenable.

Atom Egoyan a trouvé le ton juste avec sa réalisation austère et effacée, au service de Plummer qu’on ne quitte pratiquement pas d’une semelle et qui trouve sur le tard un des rôles de sa vie. Le vengeur amnésique et tenant à peine sur ses jambes rencontre plusieurs « suspects » possibles, dont un extraordinaire Bruno Ganz, avant de tomber sur sa véritable cible au terme de sa longue quête.

« REMEMBER » est une œuvre fascinante, dont il ne faut rien révéler, tant le twist final est époustouflant. C’est un film sur la mémoire, la manipulation, la vengeance et l’expiation, d’un romanesque exceptionnel, d’une noirceur sans égal. La tension ne cesse de monter jusqu’au coup de théâtre final, qui justifie l’existence même du projet. C’est sombre, c’est parfois très déprimant, très désespéré, mais « REMEMBER » a bien mérité son titre : une fois qu’on l’a visionné, on ne risque certainement plus de l’oublier !

CHRISTOPHER PLUMMER ET MARTIN LANDAU

 

HARVEY ATKIN : R.I.P.

ATKIN

HARVEY ATKIN (1942-2017), SECOND RÔLE CANADIEN SPÉCIALISÉ DANS LA COMÉDIE, QUI FIT UNE LONGUE CARRIÈRE À LA TV AMÉRICAINE.

 
 

HAPPY BIRTHDAY, PAUL !

VERHOEVEN

PAUL VERHOEVEN, DE SA HOLLANDE NATALE À LA FRANCE EN PASSANT PAR LES U.S.A., UN RÉALISATEUR CONTROVERSÉ ET TOUJOURS INATTENDU.

 
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Publié par le 18 juillet 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« LA MOUETTE » (1968)

SEAGULL

SIMONE SIGNORET

« LA MOUETTE » est une belle adaptation de la pièce de Tchekhov, qui permet d’en saisir toutes les subtiles nuances. La première surprise est déjà qu’elle soit signée Sidney Lumet, réalisateur extraordinairement éclectique, qui fait preuve d’une finesse et d’une fluidité dans la mise-en-scène plus anglaises qu’américaines.SEAGULL3

Sur trois époques, le film décrit le quotidien d’une famille d’artistes russes du 19ème siècle dans leur maison de campagne. La mère (Simone Signoret) est une actrice égotique, son mari (James Mason) un écrivain connu. Le fils (David Warner) voudrait être auteur de théâtre, mais sa mère demeure indifférente et moqueuse. La jeune Nina, jamais sortie de son terroir (Vanessa Redgrave) s’amourache de Mason et rêve d’une vie d’actrice.

Les rêves, les illusions, les amours sincères, tout sera piétiné, doucement et poliment, mais sans le moindre espoir de retour, pendant ces séjours apparemment chaleureux, mais en réalité d’une terrible cruauté.

Pendant 141 minutes, « LA MOUETTE » ne cesse d’enchaîner les dialogues, de fouiller la psychologie frivole, tourmentée, parfois stupide de ses personnages et la comédie de mœurs fonce lentement vers le drame.

Entièrement tourné en Suède, joliment photographié par Gerry Fisher, le film tient en grande partie sur son casting : Warner au mal-être presque contagieux dans ce rôle de « fils de » voué à l’échec, Redgrave naïve et solaire, broyée par la réalité, Signoret parfaitement à l’aise dans ce rôle de castratrice insensible, Mason égal à lui-même c’est-à-dire odieux et charmant. On retrouve également un Denholm Elliott étrangement emperruqué en docteur. Grâce à ces « pointures », on ne s’ennuie jamais et le texte de Tchekhov prend littéralement vie. À découvrir…

SEAGULL2

JAMES MASON, DAVID WARNER ET VANESSA REDGRAVE