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Archives de Catégorie: CINÉMA INTERNATIONAL

« COLD PREY » (2006)

PREY« COLD PREY » de Roar Uthaug est la réponse norvégienne à la vieille tradition américaine du « slasher », c’est-à-dire les films consacrés à une bande de djeuns coincés dans un lieu isolé, et massacrés un à un par un serial killer sans visage.

Le descendant de Michael Myers, de Jason ou du plouc de Wolf Creek vient donc du froid et c’est au piolet qu’il éradique cinq skieurs venus se réfugier dans l’hôtel jadis tenu par ses parents. Autant dire que le scénario ne brille pas par sa sophistication, ni par son originalité. Tous les codes du genre sont respectés à la lettre, la trouille monte progressivement, le premier meurtre survient au bout de 40 minutes et ensuite, ce n’est qu’un long jeu de massacre dans la pénombre des couloirs et des sous-sols suintants du bâtiment désaffecté. Malgré tous les reproches justifiés qu’on serait tenté de lui adresser, « COLD PREY » se laisse étonnamment regarder sans déplaisir. La réalisation est solide, rigoureuse, sans effets gratuits, la direction d’acteurs est plutôt bonne et la photo verdâtre, désaturée, crée une bonne ambiance de cauchemar sans issue. L’héroïne, Ingrid Bolsø Berdal est très photogénique et impliquée. Elle donne beaucoup d’elle-même et sait se rendre attachante par quelques sourires chargés d’empathie et un charme nordique indéniable. Ses partenaires sont tout à fait corrects dans des emplois faciles.

L’environnement enneigé qu’on voit au début et à la fin du film devient paradoxalement claustrophique et le tueur emmitouflé dans ses fourrures prend des allures de yéti malfaisant. Le court flash-back final offre in extremis une explication glaçante à son comportement et clôt intelligemment cette série B dépaysante et bien troussée, qui engendra deux sequels tournées par d’autres réalisateurs en 2008 et 2010 dont la seconde sans Ingrid Bolsø Berdal.

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INGRID BOLSØ BERDAL ET VIKTORIA WINGE

 

DAN VAN HUSEN : R.I.P.

HUSEN

DAN VAN HUSEN (1945-2020), SECOND RÔLE ALLEMAND, VU DANS 145 FILMS DONT PLUSIEURS WESTERNS ITALIENS AUX CÔTÉS DE LEE VAN CLEEF

 
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Publié par le 31 mai 2020 dans CARNET NOIR, CINÉMA INTERNATIONAL

 

« POSSESSION » (2008)

À la base, « POSSESSION » est une drôle de bouillabaisse, puisqu’il est le remake américain d’un film coréen, et réalisé par les Suédois Joel Bergvall & Simon Sandquist.POSSESSION.jpg

Si le premier quart est (vaguement) prometteur et laisse espérer un développement horrifique et mélodramatique, le reste du film n’est au fond qu’un de ces téléfilms bas-de-gamme diffusés l’après-midi et mixant scolairement suspense et love story. Deux frères, un très gentil (Michael Landes) et l’autre très méchant (Lee Pace, le futur roi des Elfes dans « THE HOBBIT ») meurent dans le même accident de voiture. Le gentil reste dans le coma, le méchant se réveille, mais il semble « habité » par l’âme du gentil. Tout le monde suit ? Il met un temps fou à convaincre l’épouse du gentil (Sarah Michelle Gellar) qu’il s’est réincarné dans le corps du méchant. Et il y parvient ! Il la met même enceinte. Jusqu’au moment où… Oui, c’est consternant. Et le fait d’avoir une héroïne bien mignonne, mais crédule à ce point, à l’extrême limite de la stupidité, n’aide pas à s’identifier ou à ressentir une quelconque empathie pour ses malheurs. Tout est d’une platitude insensée, jusqu’aux décors laids et sans identité, au dialogue idiot et aux péripéties convenues (la fiancée du méchant frérot qui revient semer la zizanie). Il n’y a vraiment rien à sauver de ce navet sans queue ni tête, pas même la petite (de taille) Gellar, comédienne attachante et lumineuse, mais ici complètement à la dérive.

En fait, la seule scène qu’on aurait aimé voir (ATTENTION : SPOILER !), c’est le réveil du gentil et la façon dont sa femme lui aurait expliqué ce qui s’est passé pendant son coma : « Écoute, tu vas rire… Ton frère s’est fait passer pour toi, on a couché ensemble, j’ai fini par le tuer et je viens d’accoucher de son enfant. À part ça, ça va mieux toi ? ».

 

HAPPY BIRTHDAY, MICHAEL !

SARRAZIN

MICHAEL SARRAZIN (1940-2011), JEINE PREMIER CANADIEN DES SEVENTIES, IL A TOURNÉ AVEC POLLACK, NEWMAN, YATES…

 
 

« THE GHOST WRITER » (2010)

GHOST.jpgÉcrit par Robert Harris, d’après son propre roman, « THE GHOST WRITER » de Roman Polanski fut tourné principalement en Allemagne tout en étant censé se dérouler sur une île aux U.S.A.

À la suite de la mort suspecte de son prédécesseur, Ewan McGregor est engagé pour écrire les mémoires d’un ex-premier ministre anglais (Pierce Brosnan). Lors de son enquête, l’auteur va découvrir un passé trouble sous la façade publique de son sujet et se retrouve au cœur d’un complot impliquant les proches de Brosnan et jusqu’à la CIA. Excellent sujet, bien développé, dans des décors froids et désincarnés, sous un temps hivernal et pluvieux, propices à générer une angoisse sourde et de plus en plus prégnante. Le seul (petit) souci, est qu’on n’a jamais la sensation d’être sur le sol américain (et pour cause !) et que le film y perd en crédibilité et semble parfois en apesanteur. Heureusement McGregor, présent dans chaque séquence, est parfaitement distribué en écrivaillon peu téméraire, pris dans un engrenage fatal. Brosnan apparaît trop peu pour donner une réelle épaisseur à son rôle de politicard nerveux, Olivia Williams est remarquable en épouse qui joue les « femmes de », alors qu’elle est beaucoup plus que cela, Tom Wilkinson plus ambigu que jamais survient tard mais d’impressionnante façon. Et, bonheur inattendu, on aperçoit très brièvement le cher Eli Wallach jouant un insulaire observateur.

En acceptant le rythme lancinant d’un film qui prend son temps pour installer ses enjeux, dévoiler le dessous des cartes, et ne cède qu’une ou deux fois au vrai suspense « policier », « THE GHOST WRITER » est un des meilleurs films de la seconde partie de carrière de Polanski qui filme avec acuité les plages désertes, la pluie battante et les visages blafards de personnages hantés, manipulés, condamnés à plus ou moins brève échéance.

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EWAN McGREGOR, PIERCE BROSNAN, OLIVIA WILLIAMS ET ELI WALLACH

 

« DESENTERRANDO SAD HILL » (2017)

« DESENTERRANDO SAD HILL » est un documentaire de Guillermo de Oliveira, relatant par le menu la déconcertante aventure d’une équipe de bénévoles espagnols qui ont travaillé sans compter à exhumer le (faux) cimetière de Sad Hill près de Burgos, où fut tournée la fin du « BON, LA BRUTE, LE TRUAND » de Sergio Leone en 1966 pour finalement le reconstruire dans son intégralité.SADHILL

On suit avec amusement et stupeur cette bande de doux dingues dans leurs efforts herculéens pour redonner à l’endroit son allure d’il y a un demi-siècle et les images captées sur place sont entrelardées d’interviews d’Ennio Morricone à l’intelligence aiguë, de l’historien ultra-spécialisé Christopher Frayling, du monteur du film et last but not least, de Clint Eastwood lui-même dont l’apparition finale sur un écran, lors de l’inauguration, confine pour les spectateurs à une expérience mystique. Parfois, cela traîne en longueur, cela se répète, on se demande ce que viennent faire les interventions de James Hetfield de « Metallica », mais à d’autres moments, on se laisse cueillir par la candeur de l’aventure, par ce besoin obsessionnel de retomber en enfance à tout prix, de rendre hommages à des parents qui travaillèrent sur le tournage. Ce mélange de ridicule et de grandeur fait tout le charme de ce docu sincère et éminemment sympathique, qui fait perdurer à sa façon l’œuvre de Leone et la hisse au niveau des plus grands monuments du 7ème Art. Le visage illuminé du public, lors de la projection du film en plein-air, alors qu’éclatent les notes mythiques de « Extasy of gold » donne envie d’applaudir. Comment ne pas aimer le cinéma, après cela ?

 

HAPPY BIRTHDAY, EUGENIO !

MARTIN

EUGENIO « GENE » MARTIN, RÉALISATEUR ESPAGNOL DES SEVENTIES, SPÉCIALISÉ DANS LE CINÉMA POPULAIRE ET PARTICULIÈREMENT LE WESTERN