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Archives de Catégorie: CINÉMA ITALIEN

UGO FANGAREGGI : R.I.P.

FANGAREGGI

UGO FANGAREGGI (1938-2017), SECOND RÔLE PITTORESQUE DES ANNÉES 60 ET 70.

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Publié par le 22 octobre 2017 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

UMBERTO LENZI : R.I.P.

LENZI

UMBERTO LENZI (1931-2017), RÉALISATEUR QUI S’ESSAYA À TOUS LES GENRES DU CINÉMA POPULAIRE ITALIEN, POUR LE PIRE ET LE MEILLEUR.

 
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Publié par le 19 octobre 2017 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

« LE RETOUR DE DON CAMILLO » (1953)

RETOUR CAMILLOProduit un an après le premier film par la même équipe, « LE RETOUR DE DON CAMILLO » en est une parfaite continuation et Julien Duvivier retrouve l’irascible curé Fernandel là où il l’avait laissé : dans le train de l’exil. Son arrivée dans le village de montagne « derrière les nuages » a presque des allures d’allégorie fantastique.

C’est avec un plaisir pépère qu’on assiste aux retrouvailles tonitruantes de Camillo et Peppone (Gino Cervi), à leurs engueulades homériques, à leur vieille amitié étonnamment touchante quand elle transparaît dans des demi-sourires ou des aveux bourrus. Alors qu’une terrible inondation menace le village et les environs, le scénario s’attarde sur la relation entre Fernandel, toujours bien dirigé (même s’il s’octroie quelques dérapages cabotins) et le petit ‘Beppo’ l’aîné rebelle du maire. La longue séquence de leur école buissonnière où ils apprennent à s’apprécier est vraiment émouvante. Dans un cast homogène, on reconnaît Paolo Stoppa en fasciste déguisé en Indien (sic !) et obligé par les deux compères à boire de l’huile de ricin.

Ce retour est donc sympathique et au moins aussi réussi dans son créneau que le n°1. Les paysages sont très bien filmés dans un noir & blanc réaliste et même assez âpre dû à Anchise Brizzi et malgré la volonté de drôlerie à tout prix, il filtre tout de même çà et là des nuances de noirceur et de misanthropie où on retrouve la verve habituelle de Duvivier.

RETOUR CAMILLO2

FERNANDEL, GINO CERVI ET PAOLO STOPPA

À partir du film suivant de la saga – qui en compte cinq – la réalisation passera entre des mains purement italiennes.

 

LE BON, LA BRUTE ET LE VERBEUX…

Cette photo montrant Clint Eastwood couché dans l’herbe, écoutant Lee Van Cleef apparemment en verve, est tirée du film de Sergio Leone : « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND ». On a longtemps cru qu’il s’agissait d’une photo de tournage, puisqu’elle ne correspond à aucune scène du film. En fait, l’image est extraite d’une séquence coupée au montage, comme le révèle le blog de Tom B. « WESTERN ALL’ITALIANA ».BUONO

Alors qu’ils sont en chemin pour aller chercher le trésor de ‘Bill Carson’, Blondin et Sentenza s’accordent une petite pause casse-croûte. Le premier en profite pour demander au second comment il a été mis au courant de l’existence de ce butin. Et effectivement, le film ne donne aucune explication quant à la soudaine présence du tueur ‘Sentenza’ au bagne, alors qu’il n’était apparu qu’au début du film dans deux situations pas très connectées à la suite de l’action.

S’ensuit alors une longue explication, reproduite sur le blog, qui éclaircit certains points du scénario, mais tellement longue et verbeuse qu’on comprend pourquoi Leone a jugé bon de la supprimer. L’histoire restera avec quelques « trous », peut-être, mais ne cèdera pas au verbiage et à la banalité. Leone fera de même avec « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », laissant des zones d’ombre dans le récit, mais privilégiant la fluidité et le rythme général.

 

« LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO » (1952)

CAMILLO2Inspiré du roman de Giovannino Guareschi publié en 1948, « LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO » fut un des plus gros succès du cinéma français et a généré quatre suites, plus une sans le casting initial (remplacé par Gastone Moschin et Lionel Stander !). On peut être surpris par la signature de Julien Duvivier, peu accoutumé à la légèreté et à l’optimisme, mais le mélange se fait bon an, mal an. Le film se passe dans l’Italie rurale de l’immédiat après-guerre et raconte l’affrontement entre ‘Peppone’ le maire communiste d’un petit village (Gino Cervi) et ‘Don Camillo’ (Fernandel), le curé querelleur au caractère de cochon. Si le scénario décrit avec ironie une situation politique explosive, il le fait avec bonhommie et renvoie dos-à-dos les « rouges » vindicatifs et les gros propriétaires repliés sur eux-mêmes.

Si on est d’abord déconcerté par le parti-pris linguistique (tout le monde s’exprime en français avec l’accent du midi !), on s’accoutume assez vite. Force est de reconnaître que le duo formé par un Fernandel très bien « tenu » par Duvivier, grand directeur d’acteurs s’il en fut et Cervi, massif, jupitérien et dissimulant un cœur d’or, fonctionne à merveille. C’est même leurs face-à-face truculents qui donnent son âme au film, les bagarres et engueulades homériques vont jusqu’à rappeler certains John Ford. Avec entre eux un fond de tendresse réciproque qui fait tout le prix de l’histoire.

Le film est truffé de jolis moments, comme les plans de ce clocher englouti qui sonne pour annoncer un malheur, la nuit où Peppone trompe la vigilance de ses propres troupes de grévistes pour aider Camillo à traire les vaches. Duvivier s’efface derrière son sujet, même si on retrouve son style dans certains travellings et mouvements de grue. Cela donne un film généreux et auquel il est difficile de résister longtemps. Les échanges entre le curé et Jésus dans l’église sont toujours aussi savoureux et spirituels.

CAMILLO

FERNANDEL ET GINO CERVI

 

HAPPY BIRTHDAY, MICHELANGELO !

ANTONIONI

MICHELANGELO ANTONIONI (1912-2007), PILIER DU CINÉMA D’AUTEUR DES ANNÉES 60. « L’AVVENTURA » ET « L’ÉCLIPSE », INALTÉRABLES.

 
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Publié par le 29 septembre 2017 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN

 

« ÉTÉ VIOLENT » (1959)

ÉTÉ2« ÉTÉ VIOLENT » commence comme un joli brouillon de « UN ÉTÉ 42 » : les amours estivaux dans une ville balnéaire près de Rimini, d’un très jeune homme et d’une belle veuve de guerre trentenaire et solitaire. Mais Valerio Zurlini ne laisse jamais oublier l’Histoire derrière l’histoire. Nous sommes en 1943, c’est l’été de la chute de Mussolini, la chasse aux fascistes est ouverte. Et le jeune homme se trouve justement être le fils de l’un d’eux. Ce qui démarrait en love story intergénérationnelle, entre baignades à la plage et surprise-parties, se transforme peu à peu et inexorablement en tragédie sous la mitraille.

Eleonora Rossi Drago est magnifique de dignité et de pudeur dans un personnage qui met longtemps à se dévoiler, avant de céder à la passion la plus brûlante, jusqu’à en oublier toute convenance. Un Jean-Louis Trintignant de 29 ans, pas bien épais, est parfaitement crédible dans un rôle qui en a dix de moins. Comme toujours, il parvient à éviter la mièvrerie en apportant une sorte de mystère et d’opacité par ses silences et son regard. Le couple fonctionne à merveille. Ils sont très bien entourés par Jacqueline Sassard en peste jalouse (elle retrouvera Trintignant neuf ans plus tard dans « LES BICHES » de Chabrol) et Enrico Maria Salerno en baderne mussolinienne.

La photo de Tino Santoni est splendide, la BO de Mario Nascimbene habilement distillée et certaines séquences comme le bombardement du train sont dignes d’une superproduction. « ÉTÉ VIOLENT » est un beau film d’amour impossible, une œuvre sur l’engagement, la lâcheté, l’hypocrisie de la grande bourgeoisie. Et l’ambiguïté du personnage joué par Trintignant est idéalement traduite par le jeu intériorisé et complexe de l’acteur français complètement fondu dans un casting presque entièrement italien.

ÉTÉ

JEAN-LOUIS TRINTIGNANT ET ELEONORA ROSSI DRAGO