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Archives de Catégorie: CINÉMA ITALIEN

« FANTÔMES À ROME » (1961)

FANTASMI.jpgComment résister à un film italien des années 60 avec à son générique des noms comme Ettore Scola (scénario), Giuseppe Rotunno (photo) ou Nino Rota (musique) ? Sans compter le casting et même le sujet alliant comédie et fantastique.

« FANTÔMES À ROME » réalisé par Antonio Pietrangeli raconte le combat d’un petit groupe de revenants pour empêcher le palais de leur descendant récemment décédé, d’être démoli pour construire un centre commercial. C’est très charmant, parfois poétique, parfois cocasse, mais force est de reconnaître que le scénario est anémique, qu’il ne s’y passe pas grand-chose et que le développement du pitch de départ est minimal. Les acteurs en totale liberté, font l’essentiel du travail : Marcello Mastroianni en grande forme dans un rôle de séducteur poudré papillonnant et aussi de jeune oisif tête-à-claques héritant de la demeure, Sandra Milo hilarante en oie blanche pas très futée et se suicidant tous les soirs, Vittorio Gassman – qui apparaît tard dans l’action – en fantôme susceptible d’un peintre moyennement renommé et la sublime Belinda Lee en arriviste sans cœur. Hélas, tous ces talents réunis ne suffisent pas à éviter que l’ennui ne s’installe et ne fasse que s’épaissir à mesure que l’histoire progresse. Pas de surprise, aucune volte-face ou révélation, tout se déroule paresseusement, aimablement, sans la moindre aspérité. On parvient à rester jusqu’au bout pour l’ambiance romaine des sixties, pour des détails pittoresques, des petits rôles attachants (la clocharde se prenant pour la reine, le plombier mal embouché), mais « FANTÔMES À ROME » n’est pas de ces films qui impriment la mémoire et aurait probablement mérité un réalisateur plus caustique, car il possédait un vrai potentiel.

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VITTORIO GASSMAN, MARCELLO MASTROIANNI ET BELINDA LEE

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VENANTINO VENANTINI : R.I.P.

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VENANTINO VENANTINI (1930-2018), ACTEUR ET PEINTRE ITALIEN QUI FIT ESSENTIELLEMENT CARRIÈRE EN FRANCE, CHEZ OURY OU LAUTNER, ENTRE AUTRES.

 
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Publié par le 9 octobre 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

« LE DERNIER TANGO À PARIS » (1972)

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MARLON BRANDO

Dans notre série des « films qu’on ne devrait jamais revoir », « LE DERNIER TANGO À PARIS » de Bernardo Bertolucci s’impose dès les premières séquences comme une pièce de choix.TANGO2.jpg

Scandale inouï à sa sortie, symbole d’un cinéma d’auteur sans tabou, auréolé du vieux spectre de la Nouvelle Vague, ce drame intimiste conte quelques jours de la vie de Marlon Brando, Américain exilé à Paris, dont la femme vient de se suicider, le laissant désemparé. Il rencontre une jeune femme (Maria Schneider) avec laquelle il entame une relation uniquement basée sur le sexe, qu’ils vont mener jusqu’au paroxysme. Un thème intéressant, un presque huis clos entre une star hollywoodienne dans le creux de la vague et une débutante française gauche et inégale. Le film doit presque tout à la fascination exercée par le visage « mythique » de Brando, qui hypnotise visiblement le réalisateur et son chef-opérateur Vittorio Storaro. Par moments, cela vire au documentaire sur l’acteur qui prend le pas sur son personnage et se démasque avec une impudeur dérangeante. Flapi, nasillard, mûrissant, l’ex-Stanley Kowalski vampirise complètement le film, détourne le scénario, alternant les instants de dérive obscène et les colères fulgurantes. Une grande interprétation ? Difficile à dire, mais une expérience unique, incontestablement. Face à lui, sa jeune partenaire fait son possible, mais ne peut compter que sur sa fraîcheur et sa spontanéité.

Si les scènes dans l’appartement peuvent faire encore illusion de temps en temps (à condition d’oublier les épouvantables dialogues improvisés, d’une terrible indigence), tout le reste est insupportable, en particulier les interventions grotesques de Jean-Pierre Léaud, véritable clin d’œil vivant aux modèles français de Bertolucci.

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MARIA SCHNEIDER ET MARLON BRANDO

« LE DERNIER TANGO À PARIS » a vieilli. Beaucoup vieilli. Il reste aujourd’hui le témoin d’une époque révolue, l’empreinte d’un acteur qui marqua son temps. Mais quelques plans magnifiques, une image chatoyante et des vues de Paris inoubliables ne rendent hélas, pas le film plus défendable 45 ans après sa sortie. Après, que ce soit une date dans l’Histoire du 7ème  Art, c’est un fait.

 

HAPPY BIRTHDAY, ROSSANO !

BRAZZI

ROSSANO BRAZZI (1916-1994), ACTEUR ITALIEN À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE. MÉMORABLE DANS « LA COMTESSE AUX PIEDS NUS ».

 
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Publié par le 18 septembre 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN

 

« KAPÒ » (1960)

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SUSAN STRASBERG

« KAPÒ » est le second long-métrage de fiction de Gillo Pontecorvo qu’il a coécrit avec Franco Solinas, à peine quinze ans après les événements décrits. Autrement dit, un courageux et nécessaire retour sur la shoah et les camps de concentration.KAPO2.jpg

Après un bref prologue parisien, l’intégralité du film se déroule dans des camps et suit le destin d’une adolescente de 14 ans (Susan Strasberg) déportée avec sa famille. On suit sa douloureuse métamorphose de la pure et innocente victime en surveillante impitoyable, sa déshumanisation progressive pour espérer survivre à l’épouvantable épreuve qu’elle subit parce qu’elle est juive. Le film repose presque entièrement sur les épaules de la jeune comédienne – 22 ans au moment du tournage – qui parvient à garder un jeu tout en intériorité et ne cède jamais à la tentation du « grand numéro ». Rien que pour son regard brûlant, hanté, le film mérite d’exister. Mais pas seulement : Pontecorvo signe une œuvre austère et sans échappatoire, d’une grisaille permanente, ne laissant jamais percer une lueur d’espoir, même quand ‘Nicole’ rencontre l’amour dans les bras d’un prisonnier russe (Laurent Terzieff) et recommence à ressentir ce qui ressemble à des sentiments. C’est d’une rigueur et d’une dureté éprouvantes et « KAPÒ » demande qu’on soit réceptif et avec un moral solide. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Emmanuelle Riva émouvante en prisonnière s’accrochant à sa dignité, Gianni Garko en soldat SS manchot.

Un film puissant et dépourvu de la moindre facilité mélodramatique, qui dépeint l’horreur sans pathos et sans débordements. Tout à fait dans la lignée des films suivants de l’auteur : « LA BATAILLE D’ALGER » et « QUEIMADA ».

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EMMANUELLE RIVA, SUSAN STRASBERG ET LAURENT TERZIEFF

 

« QUEIMADA ! » (1969)

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MARLON BRANDO

« QUEIMADA » est le premier film que Gillo Pontecorvo tourna après le succès de son chef-d’œuvre « LA BATAILLE D’ALGER » (1966). Et dès le beau générique-début, dès les premières notes de la sublime BO d’Ennio Morricone, il est clair qu’il n’a perdu aucune de ses convictions politiques en passant de l’Algérie aux Antilles.BURN.jpg

L’île de Queimada (« brûlée ») est gouvernée par les Portugais qui exploitent depuis des siècles un peuple d’esclaves venu d’Afrique. L’Angleterre envoie un espion (Marlon Brando) pour déstabiliser le gouvernement et placer un homme de paille à la tête de l’île. Brando repère un jeune cueilleur de canne (Evaristo Márquez) qu’il va transformer en leader révolutionnaire en le manipulant avec un art consommé. Le scénario se découpe en deux parties : le soulèvement des esclaves qui, incapables de gouverner, finissent par déposer les armes et regagnent les plantations puis – dix ans après – une nouvelle révolution pendant laquelle Brando, devenu à présent un vulgaire employé au service des compagnies sucrières, va devoir détruire sa « créature » à laquelle il s’est pourtant attaché.

Filmé « à l’arrache », parfois alourdi par un dialogue enfonçant des portes ouvertes ou cédant au prêchi-prêcha, « QUEIMADA » n’en demeure pas moins une œuvre fascinante et souvent enthousiasmante, qui donne à réfléchir sur l’ingérence des grandes puissances dans certaines contrées commercialement cruciales : la mécanique mise à nu à coups de métaphores et d’images-choc est pour une fois, d’une clarté cristalline ! On pense parfois à « VIVA ZAPATA ! » dont on retrouve certaines situations (le moment-clé où le « général » comprend qu’il va devoir céder les rênes de Queimada à d’autres blancs aussi peu fiables que les précédents). À l’époque, Brando tenait le rôle du ‘peone’ promu leader. Qu’il joue ici l’âme damnée, rôle tenu par Joseph Wiseman chez Kazan, ajoute de la saveur et de l’ironie au film tout entier.BURN2

L’acteur, alors dans le creux de la vague, trouve un de ses meilleurs rôles. Sobre et subtil, il compose un ‘Walker’ d’une phénoménale ambiguïté, à la fois tireur de ficelles machiavélique et pantin docile d’un pouvoir qu’il méprise. Son amitié avec ‘José Dolores’ est émouvante, condamnée à l’avance. L’épilogue sur le quai « boucle » le personnage de magistrale façon. Brando habite chaque séquence sans recourir à ses « trucs » habituels. Face à lui, l’acteur-amateur Evaristo Márquez est physiquement idéal pour le rôle, malgré un jeu un peu raide, mais tout de même efficace. Passons sur le choix de Renato Salvatori en « mulâtre » promu président. Son fond de teint de spaghetti western est plus distractif qu’autre chose et rend le personnage incohérent.

Récemment re-monté dans sa durée initiale (de 108 à 132 minutes), « QUEIMADA » retrouve toute sa force primale, sa violence et sa cruelle lucidité. Un chef-d’œuvre imparfait mais encore plein de sève et vibrant de colère.

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EVARISTO MARQUEZ

 

HAPPY BIRTHDAY, GABRIELE !

TINTI

GABRIELE TINTI (1932-1991), JEUNE PREMIER DES ANNÉES 60, IL A TOURNÉ AVEC WALSH, ALDRICH, OURY ET RENÉ CLÉMENT AVANT DE CÉDER À LA SÉRIE Z.

 
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Publié par le 22 août 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN