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Archives de Catégorie: CINÉMA ITALIEN

« AU-DELÀ DES GRILLES » (1949)

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JEAN GABIN ET ISA MIRANDA

Écrit par une imposante équipe d’auteurs italo-française, réalisé par René Clément sur les lieux de l’action, « AU-DELÀ DES GRILLES » est un mélodrame bâti autour de la mythologie d’avant-guerre de Jean Gabin, celle de l’homme en fuite, du déserteur, du condamné d’avance. À 45 ans, l’acteur incarne une sorte de version grisonnante des losers de « QUAI DES BRUMES » ou du « RÉCIF DE CORAIL ».GRILLES.jpg

Mélange de néoréalisme pour les scènes d’extérieurs tournées à Gênes et de studio (magnifique décor de l’immeuble en ruines), le film intense et ramassé, n’a pas de scénario à proprement parler, mais suit les derniers jours de liberté d’un fugitif recherché par la police, qui rencontre une fillette (Vera Talchi) et tombe amoureux de la mère de celle-ci (Isa Miranda), alors que l’étau ne cesse de se resserrer autour de lui. C’est sombre, sans espoir, à l’image du personnage de ‘Pierre’, individu au lourd passé d’assassin, au bout de son rouleau et traînant dans son sillage un pessimisme décourageant. Gabin est vraiment superbe, apportant une belle maturité à un emploi qu’il connaît par cœur. Face à lui, Isa Miranda est parfaite en serveuse courageuse, se donnant corps et âme à cet homme de passage qui sait, lui, que leur histoire est déjà fichue. À noter la brève apparition de Robert Dalban, fidèle partenaire de Gabin, (onze films ensemble, tout de même !)  dans un rôle de marin serviable.

Magnifiquement photographié par Louis Page, « AU-DELÀ DES GRILLES » n’est pas un spectacle réjouissant, mais la maîtrise du cadre de Clément est toujours aussi impressionnante et sa courte durée (à peine 83 minutes) évite qu’on ne s’embourbe dans le cafard qui plombe les personnages. Malgré ses qualités, le film vaut principalement d’être vu pour la composition de Gabin, qui semble clore une période de sa carrière avant d’en entamer une autre. Son aspect physique est d’ailleurs très parlant : la silhouette encore mince du héros de Carné ou Renoir et les cheveux déjà blancs du futur « Dabe ».

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ISA MIRANDA ET JEAN GABIN

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VALENTINA CORTESE : R.I.P.

VALENTINA CORTESE, ACTRICE ITZLIENNE À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE, DE MANKIEWICZ À TRUFFAUT.

VALENTINA CORTESE (1923-2019), ACTRICE ITALIENNE À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE, 100 FILMS, DE MANKIEWICZ À TRUFFAUT.

 
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Publié par le 10 juillet 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

HAPPY BIRTHDAY, GINA !

LOLLO

GINA LOLLOBRIGIDA, SEX SYMBOL À L’HONORABLE CARRIÈRE INTERNATIONALE. PLUS CONNUE POUR SA SILHOUETTE QUE POUR SON TALENT D’ACTRICE.

 
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Publié par le 4 juillet 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN

 

« IL MAESTRO DI VIGEVANO » (1963)

MEASTRODécouvrir au même générique Elio Petri, les scénaristes Age & Scarpelli, Alberto Sordi et Nino Rota, sans oublier la bellissime – mais non-italienne – Claire Bloom, ferait frémir de bonheur n’importe quel amateur de cinéma transalpin. « IL MAESTRO DI VIGEVANO », troisième film de Petri, est une fable féroce qui aurait pu s’inventer le titre « tragédie d’un homme ridicule » avec quelques années d’avance.

Sordi est un petit instituteur fauché et avaricieux, un médiocre personnage servile et couard, marié à une femme « trop belle pour lui » et père d’un fils pas vraiment surdoué. Il se cache derrière de grands mots comme probité et surtout dignité pour justifier son étroitesse d’esprit, son manque d’initiative. Aussi, quand sa femme, lasse de vivre comme une pauvresse, décide de prendre les choses en main, d’aller travailler en usine, puis d’ouvrir sa propre fabrique de chaussures, le monde s’écroule-t-il sous les pieds d’Albertone.

Sous ses dehors de comédie satirique, accentué par le jeu constamment outré de Sordi, qui ne semble pas très fermement dirigé, le film est plutôt ambigu quant à son discours sur la place de la femme dans la société, mais pose un œil froid et sans charité sur celle de l’homme. Tout ou presque repose sur la présence de Sordi en roue-libre, roulant des yeux, poussant des petits cris effarouchés. Même si on l’a souvent vu plus drôle, il a tout de même de bons moments et parvient à donner vie à ce triste sire englué dans sa bêtise. Quelques scènes « oniriques » sont catastrophiques (les délires de Sordi pendant sa colique, beaucoup trop longs et d’une lourdeur terrible), mais ce portrait d’un « honnête homme » est cruel et lucide et c’est un des films où Claire Bloom est la plus belle. Alors…

 

« MON PÈRE VA ME TUER » (2012)

STATO.jpegFabuleux cinéma italien qui semble régulièrement renaître de ses cendres, sous une forme ou une autre, et peut encore nous offrir des bijoux comme « MON PÈRE VA ME TUER » de Daniele Ciprì.

Adapté d’un roman de Roberto Alajmo, le film se présente d’abord comme une comédie noire, une fable caustique dans la lignée de « AFFREUX, SALES ET MÉCHANTS », en décrivant les malheurs d’une famille pauvre de Palerme, dont la fille cadette est tuée « accidentellement » par la mafia. Alors que le père attend fébrilement le dédommagement du gouvernement, il s’endette jusqu’au cou. Et quand l’argent arrive… il s’achète aussitôt une Mercedes qui va apporter le malheur.

Construit en flash-back, raconté par un des protagonistes 30 ans après les évènements, « MON PÈRE VA ME TUER » est une critique abrasive et monstrueuse du sacro-saint « sens de la famille » des Siciliens. Présentée comme une entité refermée sur elle-même, celle de Toni Servillo, ferrailleur minable et égocentrique, va s’avérer être une véritable collection de monstres, dignes des grandes comédies des années 60. Jusqu’à la vénérable grand-mère (extraordinaire Aurora Quattrocchi !) qui saura reprendre les choses en mains, quitte à sacrifier sans état d’âme, un membre du clan familial. Une terrifiante conclusion qui clôt le film sur un point d’orgue terrassant. Servillo est magnifique, dans un personnage que Gassman ou Sordi auraient certainement incarné quelques décennies plus tôt. Sa démarche, son sourire, sa gestuelle sont complètement modifiés pour donner vie à cet odieux individu amoureux de sa voiture et d’elle seule. Giselda Volodi est également superbe en épouse soumise et les pieds sur terre, Alfredo Castro impeccable en fantôme revenu de l’enfer.

Malgré son titre français répulsif, « MON PÈRE VA ME TUER » est un petit chef-d’œuvre de noirceur, de cruauté et surtout de lucidité, qui mériterait d’être redécouvert et réévalué.

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TONI SERVILLO, GISELDA VOLODI ET AURORA QUATTROCCHI

 

FRANCO ZEFFIRELLI : R.I.P.

ZEFFIRELLI

FRANCO ZEFFIRELLI (1923-2019), RÉALISATEUR ESTHÈTE ET PARFOIS POMPIER, IL SIGNE DE BELLES ADAPTATIONS DE SHAKESPEARE ET PLUSIEURS MÉLOS.

 
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Publié par le 15 juin 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

HAPPY BIRTHDAY, MARIO !

MONICELLI

MARIO MONICELLI (1915-2010), UN DES PLUS GRANDS RÉALISATEURS DE L’ÂGE D’OR DU CINÉMA ITALIEN ET UN REGISTRE QUI FORCE LE RESPECT.

 
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Publié par le 16 mai 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN