RSS

Archives de Catégorie: CINÉMA ITALIEN

« LE TRAÎTRE » (2019)

TRAITRE2

PIERFRANCESCO FAVINO

Inspiré de faits réels survenus dans les années 80, le scénario du film de Marco Bellocchio « LE TRAÎTRE » n’est pas sans rappeler celui de « COSA NOSTRA », sorti il y a 45 ans.TRAITRE.jpg

C’est en effet l’histoire d’un « soldat » de la Cosa Nostra qui finit par trahir son clan et par balancer ses secrets devant la justice. À la différence que « LE TRAÎTRE » se passe en Sicile et pas aux U.S.A. « Je ne me considère pas comme un traître », dit Tommaso Buscetta (Pierfrancesco Favino) en substance, « Ce sont les autres qui sont les traîtres aux idéaux de la Cosa Nostra ». Cela définit bien ce personnage hors-normes, séducteur égoïste, tueur et trafiquant d’héroïne, mais aussi individu charismatique et courageux, osant affronter la « Piovra » en la regardant dans les yeux. Favino – un des grands acteurs de sa génération, toutes nationalités confondues – donne un relief extraordinaire à Buscetta, particulièrement dans ses face à face avec le juge Falcone (magnifique Fausto Russo Alesi), où se nouent des liens de respect, voire d’amitié. C’est cet aspect « à hauteur d’homme » qui différencie « LE TRAÎTRE » des films de Francesco Rosi, par exemple et lui donne une texture exceptionnelle. Tous les personnages sont parfaitement dessinés. On pense à Fabrizio Ferracane, véritable Iago cynique et abject, Nicola Calí qui incarne un Toto Riina plus vrai que nature. Tous les seconds rôles sont au diapason.

Bellocchio ne donne aucune coloration romanesque ou spectaculaire à son film. Il se contente de suivre pas à pas le destin d’un homme, avec ses contradictions, ses fautes et sa dignité. Et quand arrive la fin, et qu’on commence à s’apitoyer sur le sort de ce vieillard paranoïaque, il nous assène un flash-back sec et implacable, qui nous rappelle qui était exactement Buscetta. Un grand film !

TRAITRE3

FAUSTO RUSSO ALESI ET FABRIZIO FERRACANE

 

« L’ANTÉCHRIST » (1974)

ANTECRISTO2

CARLA GRAVINA

Sorti à peine un an après « L’EXORCISTE », « L’ANTÉCHRIST » d’Alberto de Martino en est un ersatz italien au scénario confus et incohérent, mixant les données du film de William Friedkin avec du mélodrame familial teinté d’inceste et des remugles de « ROSEMARY’S BABY ».ANTECRISTO.jpg

Ce genre de tambouille opportuniste n’a jamais dérangé nos amis transalpins et c’est d’ailleurs ce qui les rend sympathiques. En revanche, les fruits de ces tripatouillages sont rarement à la hauteur des ambitions (commerciales) des auteurs. Ici, c’est donc l’habituellement belle Carla Gravina qui se retrouve possédée par… on ne sait trop qui ou quoi. Elle est la réincarnation d’une sorcière brûlée vive, paralysée depuis l’enfance et est amoureuse de son propre père. Ça fait beaucoup pour une seule femme ! Pas étonnant qu’elle se mette à brailler avec une voix masculine et à vomir de la bile à tout-va. À presque deux heures, « L’ANTÉCHRIST » a largement le temps de décourager les meilleures volontés et les plus indulgents amateurs de « bis » italien. Il est vrai que Gravina donne beaucoup d’elle-même, mais les trucages sont hideux, voire grotesques, le dialogue est primaire et les malheureux vétérans hollywoodiens que sont Mel Ferrer et Arthur Kennedy doivent se souvenir avec nostalgie de leur précédente rencontre dans « L’ANGE DES MAUDITS » de Fritz Lang. On retrouve Alida Valli dans un rôle rappelant celui qu’elle tenait dans « LES YEUX SANS VISAGE », le toujours fiable Umberto Orsini en psy. La BO d’Ennio Morricone passe inaperçue et la photo de Joe D’Amato est extrêmement inégale d’un plan à l’autre. En bref et pour résumer, un sous-exorciste putassier et d’une laideur sidérante, à voir – si on est très curieux ou très pervers – pour le numéro déjanté de Carla Gravina dans tous ses états.

ANTECRISTO3

ARTHUR KENNEDY, MEL FERRER ET CARLA GRAVINA

 
Image

AUJOURD’HUI, ELLE A 85 ANS…

LOREN

 
4 Commentaires

Publié par le 20 septembre 2019 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN, MYTHOLOGIE

 

« GOMORRA » : saison 4 (2019)

Amputée d’un de ses deux protagonistes, la série « GOMORRA » se devait de retrouver un équilibre. Le personnage de ‘Ciro’ était si charismatique et porteur, qu’on a pu en douter. Rassurons-nous, la 4ème saison de ce chef-d’œuvre télévisuel est largement au niveau des précédentes, tout en ayant opéré des changements radicaux.GOMORRA4.jpeg

D’abord concernant ‘Gennà’ (Salvatore Esposito) qui, rongé par le remords, se prend à rêver, comme Michael Corleone dans « LE PARRAIN III », d’un avenir « legitimate » pour son fils. Et surtout ‘Patri’ (Cristiana Dell’Anna) qui a atteint les sommets du pouvoir mafieux à Naples et domine clairement ces 12 épisodes d’une tension inouïe. Car une fois encore, on s’attache à ces sinistres individus, à ces tueurs de sang-froid presque « à l’insu de notre plein gré ». Et Patri, qui prend en quelque sorte la place laissée vacante par Ciro, acquiert peu à peu une dimension héroïque : la femme seule contre tous qui doit prouver à tout instant qu’elle est au moins aussi létale que les hommes. L’actrice est extraordinaire d’intensité et certains gros-plans la font entrer d’emblée dans la cour des très grandes. Outre l’évolution des personnages, « GOMORRA » a opéré une métamorphose visuelle. Loin de l’image esthétisante et contrastée des saisons précédentes, qui auréolait de légende l’affrontement de ces Romulus et Remus napolitains, la saison 4 affiche une photo plus naturaliste, beaucoup moins stylisée. Cela aussi fait mieux passer la transition. Esposito est d’une sobriété sans égale et manifeste par de simples regards les subtils changements d’humeur de Gennà. Son face à face final avec Patri est époustouflant. Seul le rôle de sa femme (Ivana Lotito) semble souffrir d’une écriture flottante, évoluant sans réelle logique d’un épisode à l’autre. Même petite déception pour « Sang Bleu » (Arturo Muselli) qui perd dans cette saison la prometteuse aura qu’il affichait dans la précédente, pour n’être qu’un pâle voyou peu doué pour l’exercice du pouvoir. Mais cela semble délibéré, puisqu’un de ses propres hommes le lui fait remarquer dans le dialogue !

Quoi qu’il en soit, une des plus grandes séries actuelles qui aurait pu s’achever par son glaçant dernier plan, mais qui semble devoir se poursuivre. Et tant mieux !

 

HAPPY BIRTHDAY, TONI !

SERVILLO

TONI SERVILLO, GRAND ACTEUR CAMÉLÉON À L’IMMENSE REGISTRE. UNE FRUCTUEUSE COLLABORATION AVEC LE RÉALISATEUR PAOLO SORRENTINO..

 

« LE TERRORISTE » (1963)

TERRORISTE.jpgInspiré de faits réels, « LE TERRORISTE » de Gianfranco De Bosio se situe à Venise en 1943, pendant l’occupation allemande. Il suit l’action de « l’ingénieur » (Gian Maria Volonte’) un résistant fanatique, un électron libre incontrôlable qui multiplie les attentats contre les nazis, mettant la vie de ses proches en danger. Et aussi celle des dirigeants de partis beaucoup plus prudents dans leur approche de la résistance.

C’est tourné dans un noir & blanc austère, qui ôte toute beauté et tout pittoresque à la Cité des Doges. Le scénario, intéressant d’un point-de-vue historique et idéologique, s’avère le gros point faible du film. Si tout ce qui concerne le « terroriste » lui-même se suit sans difficulté, en revanche, les réunions politiques clandestines entre vieux politiciens sont incroyablement longues, statiques et bavardes jusqu’à la nausée. C’est anti-cinématographique au possible et ce parti-pris de sècheresse dessert grandement le propos qui en devient inaudible. On est tellement assommé par ces tunnels de dialogues désincarnés, que les séquences d’action – pourtant honnêtement filmées – perdent de leur intérêt, noyées qu’elles sont dans le verbiage qui les entoure et les étouffe. C’est vraiment dommage, car Volonte’ est remarquable de sobriété et de fébrilité contenue dans son rôle de poseur de bombes ne manifestant aucun sentiment. Il a heureusement une jolie scène avec sa femme Anouk Aimée, où filtre un peu de son humanité perdue. Philippe Leroy et Carlo Bagno sont également très bien en résistants courageux. On regrette vraiment de ne pas apprécier davantage « LE TERRORISTE » qui sacrifie trop au discours politique pour passionner réellement. C’est du cinéma cérébral, difficile, voire ingrat par moments, qui aurait peut-être gagné à être tourné par un Francesco Rosi qui savait ménager deux niveaux de lecture.

TERRORISTE2

GIAN MARIA VOLONTE’ ET ANOUK AIMÉE

 

GEORGE HILTON : R.I.P.

GEORGE HILTON, ACTEUR URUGUAYEN QUI FUT UNE VEDETTE DU WESTERN ITALIEN DANS LES ANNÉES 60 ET 70.

GEORGE HILTON (1934-2019), ACTEUR URUGUAYEN QUI FUT UNE VEDETTE DU WESTERN ITALIEN DANS LES ANNÉES 60 ET 70.

 
9 Commentaires

Publié par le 29 juillet 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN