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Archives de Catégorie: CINÉMA ITALIEN

ALFIO CONTINI : R.I.P.

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ALFIO CONTINI (1927-2020), GRAND DIRECTEUR DE LA PHOTO DE L’ÂGE D’OR DU CINÉMA ITALIEN, PLUS DE 100 TITRES À SA FILMO

 
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Publié par le 24 mars 2020 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

LUCIA BOSÈ : R.I.P.

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LUCIA BOSÈ (1931-2020), UNE PETITE CINQUANTAINE DE FILMS ET TÉLÉFILMS POUR UNE DES PLUS BELLES ET MYSTÉRIEUSES ACTRICES ITALIENNES.

 
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Publié par le 23 mars 2020 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

« LE COLOSSE DE RHODES » (1961)

RHODES.jpgDu péplum « LE COLOSSE DE RHODES » à la saga criminelle « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE », Sergio Leone n’aura signé que sept films. Entre ces deux titres, il aura révolutionné le western, imposé un style qui fait toujours référence et s’est inscrit dans le panthéon des plus grands réalisateurs de l’Histoire.

Aussi faut-il se dire que c’est par souci d’exhaustivité et par admiration pour l’œuvre de Leone qu’on peut tenter de visionner son premier opus. Car il faut bien reconnaître que ces deux heures semblent en durer le double et qu’arriver jusqu’au bout tient de la gageure. Impossible de déceler la griffe du cinéaste, ou même l’embryon de ce qui sera son style. Tout ce qu’on peut affirmer c’est qu’il manie bien les séquences de foules (mais il fut réalisateur de seconde équipe sur « BEN-HUR »), que les batailles durent des heures mais sont bien réglées. Le scénario met un temps fou à démarrer et ne devient spectaculaire que lors de ses 20 dernières minutes. Le reste du temps, on piétine dans des marivaudages, des intrigues de palais, des trahisons à répétition et des coups de théâtre incessants. On s’ennuie ferme et ce n’est pas la bande-son qui vient sauver les meubles. Morricone, où es-tu quand on a besoin de toi ? Dans un casting sans relief et parfois très faible, Rory Calhoun tente une sorte de pastiche de Cary Grant en toge, mais fait plutôt penser à Roger Moore. Un an après « L’AVVENTURA » d’Antonioni, Lea Massari prouve l’étendue de son registre en jouant une traîtresse vénéneuse. Tous les seconds rôles sont barbus (les méchants) ou torse-nu et bronzés (les gentils).

« LE COLOSSE DE RHODES » ne ressemble pas à un film de Sergio Leone, c’est un péplum à gros budget, sans âme, aux péripéties convenues dont on retiendra au fond, qu’une image : celle de notre héros et de ses poursuivants émergeant par l’oreille de la statue géante, tels des parasites. C’est à peu près tout.

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RORY CALHOUN ET LEA MASSARI

 

« DIVORCE À L’ITALIENNE » (1961)

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MARCELLO MASTROIANNI ET DANIELA ROCCA

Écrit par pas moins de 7 auteurs, dont le réalisateur Pietro Germi, « DIVORCE À L’ITALIENNE » est une fable bouffonne et caustique sur la vie d’une petite ville de Sicile, et tout particulièrement celle d’un jeune noble oisif et fat (Marcello Mastroianni) rêvant d’éliminer sa femme pour épouser sa belle et virginale cousine.DIVORCE.jpg

Le film évolue au rythme languide de Mastroianni, absolument hilarant avec ses cheveux gominés, son air endormi, qui commente en voix « off » ses fantasmes de meurtre et ses tentatives de jeter sa vilaine et trop sensuelle épouse (Daniela Rocca) dans les bras d’un amant, pour pouvoir les supprimer, selon les us et coutumes locaux. Sur une BO ironique de Carlo Rustischelli, le film ne cesse de faire sourire au navrant spectacle de ces faux-amis cancaniers, de cette famille décadente et braillarde et surtout, au numéro extraordinaire de Daniela Rocca, enlaidie par un duvet au-dessus des lèvres, une perruque lui faisant un tout petit front et des sourcils trop fournis. Sa moue lascive, sa vulgarité affichée et les « Féfé ! » qu’elle susurre à un Mastroianni excédé, sont vraiment ce qu’il y a de plus réjouissant dans « DIVORCE À L’ITALIENNE ». Avec bien sûr, la présence de l’acteur de Fellini (auquel il est adressé un très joli clin d’œil via la projection au village de « LA DOLCE VITA »), qui s’est composé une silhouette et une personnalité à contremploi. Le petit tic nerveux agitant sa bouche à chaque contrariété – et il y en a beaucoup ! – est anthologique. Aux côtés des deux acteurs : Stefania Sandrelli d’une fulgurante beauté ou Lando Buzzanca, en futur beau-frère frustré.

« DIVORCE À L’ITALIENNE » est un petit chef-d’œuvre de méchanceté, un regard abrasif et peu charitable sur les Siciliens et leur mentalité. Quant à l’épilogue, sur le bateau, il laisse peu d’espoir sur une possible « happy end ». Indispensable.

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STEFANIA SANDRELLI, DANIELA ROCCA ET MARCELLO MASTROIANNI

 

« LES CRUELS » (1967)

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ÁNGEL ARANDA ET NORMA BENGELL

« LES CRUELS » fut tourné en plein dans l’âge d’or du spaghetti western et également dans celui de son réalisateur Sergio Corbucci, c’est-à-dire entre « DJANGO » et « LE GRAND SILENCE ».CRUDELI

C’est une fable étrange, le parcours quasi-symbolique d’une famille de Sudistes vaincus, menés par l’officier Joseph Cotten à travers le désert. Ils transportent dans un cercueil un magot volé destiné à ressusciter le Sud, accompagnés d’une fausse veuve. Leur périple parsemé d’embûches, dans « la vallée des ombres de la mort » est de plus en plus désespéré et vain : les frères se dressent les uns contre les autres, ils sont attaqués de toute part et leur rêve s’effiloche jusqu’à un final pathétique et dérisoire au bord d’une rivière. Drôle de western, oui, aux décors espagnols dépourvus d’éclat et d’authenticité, aux costumes médiocrement patinés, mais qui immerge de plus en plus à mesure qu’il progresse et finit même par atteindre une forme de grandeur théâtrale. Le vétéran Cotten, surprenant dans ce contexte, est parfait en ex-colonel dur et sans cœur, la Brésilienne Norma Bengell est excellente en joueuse entraînée malgré elle dans l’aventure, Julián Mateos est plutôt bien dans le rôle du moins infâme de la fratrie et, bonheur, on retrouve deux figures iconiques du genre : Aldo Sambrell en bandido mexicain rapidement pendu haut et court et surtout Al Mulock, qui fait la plus belle prestation du film, en mendiant à moitié cinglé. Une apparition de quelques minutes, mais quelles minutes !

Porté par la BO lancinante et funéraire d’Ennio Morricone (Leo Nichols au générique), « LES CRUELS » malgré les scories inhérentes au vieillissement et à une technique parfois hasardeuse, n’en demeure pas moins un des meilleurs films de Corbucci, « l’autre Sergio » comme on l’appela. Et une œuvre singulière, morbide et sans concession.

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AL MULOCK, JOSEPH COTTEN ET NORMA BENGELL

 

« ROMANZO CRIMINALE » (2005)

ROMANZO.jpgInspiré d’un roman de Giancarlo de Cataldo, « ROMANZO CRIMINALE » de Michele Placido (qui apparaît brièvement dans un petit rôle) plonge dans l’Italie des années 70, ravagée par la violence et les attentats, et suit une petite bande de voyous rêvant de devenir les rois de Rome.

Le prologue, les montrant adolescents, renvoie immédiatement à « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE », mais le ton général n’a rien à voir avec la vision romantique de Sergio Leone. Placido filme sans style particulier, adopte une photo désaturée, ne rend jamais ses personnages « bigger than life ». Même s’il s’efforce de leur donner visage humain, ce ne sont que de vulgaires malfrats aux pulsions bestiales, qui s’autodétruisent par bêtise ou inconscience. La première moitié du film est dominée par un Pierfrancesco Favino de 36 ans, incarnant « le Libanais » (à cause de l’herbe qu’il fume), le chef ambitieux en quête de revanche sociale et plus ou moins amoureux de son meilleur ami Kim Rossi Stuart. Celui-ci prend le relais après la disparition prématurée de Favino à mi-parcours et compose un intéressant portrait de « tueur malgré lui », surnommé « le Froid », constamment tiraillé entre l’amour qu’il porte à une pure jeune fille (Jasmine Trinca) et la vengeance aveugle. Stefano Accorsi est excellent en flic obstiné et Anna Mouglalis inégale en prostituée vénéneuse. Mais le personnage le plus intéressant demeure ce « serviteur de l’État », confiné dans son petit bureau sinistre d’où il tire les ficelles et s’abroge le droit de vie et de mort sur les protagonistes du drame romain.

« ROMANZO CRIMINALE » est un bon film, bien ancré dans son époque, auquel manque peut-être une véritable vision, une émotion plus affirmée et une image plus chaleureuse, pour s’enthousiasmer totalement. Mais le film de Placido donna naissance à une série TV du même nom, tournée trois ans plus tard, et il est clairement à l’origine de films et séries plus récents comme « SUBURRA » et « GOMORRA ».

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PIERFRANCESCO FAVINO, JASMINE TRINCA ET KIM ROSSI STUART

 
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AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 91 ANS !

SL

 
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Publié par le 3 janvier 2020 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN