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Archives de Catégorie: COMÉDIES

« GHOST » (1990)

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PATRICK SWAYZE

« GHOST » va avoir 30 ans et, qu’on le veuille ou non, et malgré ses aspects indéniablement kitsch, il est devenu une sorte de classique du cinéma commercial U.S. des années 90.GHOST.jpg

Jerry Zucker (un des « ZAZ » de joyeuse mémoire) est parvenu à mixer avec plus ou moins de bonheur le fantastique, le mélodrame, le polar et même la pure comédie, en adoptant le point-de-vue de Patrick Swayze, jeune trader abattu dans la rue par un voyou et qui, devenu fantôme, tente de protéger sa fiancée (Demi Moore) des sombres desseins de son ex-meilleur ami (Tony Goldwyn) responsable de sa mort. Les comédiens – tous un peu trop « jolis » pour être tout à fait crédibles – sont visiblement impliqués, le scénario est solidement charpenté et la BO de Maurice Jarre enrobe plaisamment le tout. Mais le film ne décolle réellement qu’avec l’arrivée de Whoopi Goldberg dans le rôle de sa vie : celui d’une vraie/fausse médium truculente et grande gueule que Swayze va utiliser pour communiquer avec Demi. C’est elle, LA grande idée de « GHOST » et chacune de ses apparitions clownesques et « over the top » est une véritable fête pour les zygomatiques. Les seconds rôles sont toutefois tous très bons, en particulier Goldwyn en infâme traître haïssable au possible et Vincent Schiavelli formidable en spectre hantant le métro, empli de colère et de haine. La séquence où il enseigne à Swayze à faire bouger les objets est d’autant plus troublante, qu’on sait que les deux comédiens sont aujourd’hui décédés. Quand la réalité vient renforcer la fiction !

Oublions les fautes de goût : la séquence de poterie érotique trop pastichée pour ne pas faire sourire, la visualisation du paradis et de l’enfer vraiment naïve et enfantine et les adieux à la fin, qui semblent durer une éternité, pour nous focaliser sur les indéniables qualités de « GHOST ». La moindre n’étant pas Whoopi dont la longue séquence à la banque est un véritable régal à voir et revoir.

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WHOOPI GOLDBERG, DEMI MOORE ET VINCENT SCHIAVELLI

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« GEORGY GIRL » (1966)

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LYNN REDGRAVE ET JAMES MASON

« GEORGY GIRL » de Silvio Narizzano est un des grands classiques du ‘swinging London’ des années 60, inspiré d’un roman de Margaret Forster. C’est un peu une aïeule de Bridget Jones, dans un contexte tout à fait différent.GIRL.jpg

Le film tourne tout entier autour de la personnalité et de la performance de Lynn Redgrave, grande fille bien en chair, complexée et délurée en même temps, qui vit avec une belle coloc (Charlotte Rampling) qui quant à elle, multiplie les amants et finit par tomber enceinte. Mais son mari (Alan Bates), employé de banque irresponsable, lassé de la froideur de son épouse, finit par tomber amoureux de… Georgy ! C’est une comédie de mœurs vive et enlevée, drôle et cruelle parfois, qui fait s’attacher à des gens pas très intelligents mais qui tentent de garder une certaine joie de vivre malgré tout. Redgrave est vraiment sympathique et énergique dans le rôle-titre, apportant une vraie profondeur à cette « bonne fille » pas gâtée par la vie, mais toujours prête à aller de l’avant. Bates tient un vrai contremploi de jeune crétin jovial à l’humour lourdingue (on aurait plutôt imaginé quelqu’un comme Albert Finney)  et Rampling assume crânement un rôle totalement antipathique de jolie garce égoïste et sans cœur. Et puis il y a James Mason, parfait en employeur un brin ridicule du père majordome de Georgy, et amoureux de celle-ci depuis des années.

Tout ce petit monde s’agite, s’engueule, se marie, dans un rythme effréné et sur une chanson mémorable des Seekers. Il n’y a rien d’exceptionnel ou d’inoubliable dans « GEORGY GIRL », mais on retrouve le mood si particulier des années 60 capturé par ces images noir & blanc, dans ce Londres disparu.

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CHARLOTTE RAMPLING, ALAN BATES ET LYNN REDGRAVE

 

« LES ACTEURS » (2000)

Les films de Bertrand Blier sont pratiquement un genre en soi. Ils ont tous (à deux ou trois exceptions près)  les mêmes qualités et les mêmes défauts : une écriture excessivement libre, poussant sa logique jusqu’à l’absurde, un dialogue acéré, mais aussi une propension à s’essouffler à mi-chemin et à perdre le public en route. « LES ACTEURS » ne fait pas exception à la règle.ACTEURS.jpg

Cela démarre par un trio de comédiens dans de savoureux avatars d’eux-mêmes : André Dussollier, Jacques Villeret et Jean-Pierre Marielle. Ils déjeunent à la Maison du Caviar et tout se met à déraper quand le serveur n’apporte pas un pot d’eau chaude réclamé par le susceptible Marielle. Ensuite, les rencontres s’enchaînent. Avec de bonnes surprises comme Sami Frey très drôle, Gérard Depardieu dans une auto-parodie décomplexée et surtout Jean Yanne fabuleux en médecin des assurances indélicat. L’épisode Pierre Arditi-Jean-Claude Brialy traîne en longueur, l’apparition d’un Alain Delon fantomatique est incongrue, pas drôle du tout, et met un peu mal à l’aise. Le dernier tiers part dans tous les sens, alterne les moments brillants et les saynètes qui tombent complètement à plat. Mais il y a des choses étonnantes malgré tout, comme Jean-Paul Belmondo jouant un abruti constamment mort de rire et se laissant insulter par Michel Serrault hors de lui. C’est surréaliste ! L’auteur ose même aller jusqu’à l’émotion brute, sans fard, avec le monologue de Maria Schneider qui lui colle à la peau ou la conclusion où Blier lui-même et Claude Brasseur parlent au téléphone à leurs célèbres pères disparus.

On ne sait pas trop si « LES ACTEURS » est une réussite ou pas. C’est trop désordonné, sans colonne vertébrale. Mais il vaut certainement le coup d’œil pour la richesse de sa distribution, son goût du délire et pour le trio Dussollier-Marielle-Villeret très savoureux. Dommage qu’ils disparaissent progressivement du scénario.

 

« TOM JONES : DE L’ALCÔVE À LA POTENCE » (1963)

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ALBERT FINNEY

Adapté d’un roman de Henry Fielding (1707-1754), « TOM JONES : DE L’ALCÔVE À LA POTENCE » de Tony Richardson est le film qui fit une star du jeune Albert Finney, et un des premiers à traiter une œuvre « historique » avec irrespect et une liberté de ton inaccoutumée au début des années 60.TOM.jpg

C’est l’histoire picaresque d’un « bâtard » libertin, tombant amoureux fou d’une voisine riche (Susannah York) et harcelé par le père de celle-ci (Hugh Griffith) et son propre cousin (David Warner) qui le hait. Fuyant sa maison natale, il va vivre des aventures endiablées qui vont, in extremis, le ramener à celle qu’il aime. Rien d’original là-dedans a priori, mais Richardson raconte tout cela de façon débridée en utilisant les apartés caméra, les arrêts sur image, les accélérés, la caméra portée et une musique qui devient d’ailleurs très vite insupportable. Mais malgré quelques fautes de goût, des longueurs et une agitation permanente lassante à la longue, « TOM JONES ! » tient la distance grâce à Finney, qui est vraiment formidable d’énergie en héros bon-vivant, paillard et généreux. Il est bien entouré par le gratin du cinéma de l’époque : Joyce Redman magnifique en femme libérée et gourmande (la scène de séduction où elle séduit Tom en se bâfrant salement !), Warner très drôle en faux-jeton boutonneux, Diane Cilento en souillon sexy ou Jack McGowran en bandit de grands chemins incompétent. Le cast d’ensemble est pour beaucoup dans le plaisir qu’on peut prendre au film. La reconstitution est parfaite, la photo de Walter Lassally évocatrice. C’est un film sympathique, très inégal, mais qui se laisse regarder avec un réel plaisir.

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JOYCE REDMAN ET SUSANNAH YORK

À noter que le film durait 128 minutes à sa sortie, mais Tony Richardson le re-monta des années plus tard, le réduisant à 121 minutes. C’est cette seconde version qui est chroniquée ici.

 

« AU-REVOIR, À JAMAIS » (1996)

KISS.jpgÉcrit par Shane Black (largement inspiré par « LA MÉMOIRE DANS LA PEAU » de Robert Ludlum), « AU-REVOIR, À JAMAIS » est une sorte de petit miracle, puisqu’il demeure le meilleur film du généralement décevant Renny Harlin et offre leurs rôles les plus gratifiants à Geena Davis et à Samuel L. Jackson. Le tout dans un thriller d’espionnage ludique, hyper-violent, teinté de comédie et dont les F/X ont étonnamment très peu vieilli.

Davis est donc une gentille institutrice provinciale et mère de famille amnésique depuis huit ans, qui voit son passé ressurgir et se souvient peu à peu qu’elle fut une tueuse au service de la CIA. Flanquée d’un sympathique « privé » bas-de-gamme » (Jackson), elle va tenter de retrouver ses anciens employeurs qui ont mis un contrat sur sa tête. Le scénario est imparable, laisse le champ libre à pléthore de morceaux de bravoure, de fusillades dantesques, d’explosions apocalyptiques. Mais ce qui rend ce film unique et si attachant, c’est l’alchimie entre les deux vedettes. Elle, qui maîtrise d’impressionnante façon les métamorphoses physiques et mentales de son personnage schizophrène. Certains de ses regards et de ses sourires confinent à la possession diabolique ! Lui, formidable en tocard inopérant en quête de rédemption. Chacun de leurs face-à-face est un pur régal. Ils sont très bien entourés par Craig Bierko en méchant haïssable, Brian Cox en ex-espion mal embouché, G.D. Spradlin en président ou David Morse et Melina Kanakaredes. Que du très beau linge !

« AU-REVOIR, À JAMAIS » mixe sans aucun complexe le blockbuster façon eighties aux codes du « film noir », pratique l’humour iconoclaste sans retenue et aligne les séquences d’action les plus époustouflantes de son temps. Toute la fin autour du camion prêt à exploser est magistrale. À revoir donc, car le film n’a pas pris la moindre ride et génère toujours la même euphorie sans arrière-pensée. Pour un peu, on regretterait presque qu’il n’y ait pas eu de sequels…

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GEENA DAVIS ET SAMUEL L. JACKSON

 

« UN FLIC À LA MATERNELLE » (1990)

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PAMELA REED ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

Il n’y a pas plus simple que le pitch de « UN FLIC À LA MATERNELLE » d’Ivan Reitman : on prend le Terminator pratiquement tel quel, on lui donne un badge de flic et on le balance dans une classe de maternelle où il est censé retrouver un témoin-clé.KCOP2

Au résultat, c’est un drôle de mélange de « feel good movie » provincial et de polar pur et dur qui, grâce à un scénario qui tient (miraculeusement) la route et à un casting en béton, donne un film drôle, léger et agréable, non dépourvu de suspense. Bien sûr, tout pivote autour d’Arnold Schwarzenegger et de l’incongruité de sa présence dans un tel contexte. Teint en blond, avec son style de jeu toujours aussi pachydermique, il est amusant (surtout quand il n’essaie pas de l’être) en flic dur-à-cuire de L.A. qui se découvre une vocation de prof dans une petite ville de l’Oregon. Mais il est loin d’être le seul attrait de cette distribution. Pamela Reed lui vole pratiquement la vedette dans le rôle de sa coéquipière morfale qui n’a pas froid aux yeux. La scène où elle imite l’accent de son partenaire pour se faire passer pour sa sœur, vaut son pesant d’or. Penelope Ann Miller a un bien joli sourire, Carroll Baker est excellente en mamie impitoyable, Linda Hunt est la directrice d’école et Richard Tyson est un très acceptable psychopathe. Avec un œil affuté, on pourra reconnaître une toute jeune Angela Bassett dans une figuration en hôtesse de l’air.

Tout n’est pas léger-léger dans « UN FLIC À LA MATERNELLE », les scènes avec les enfants tirent en longueur, Arnold y abuse de ses sourires benêts et semble très mal à l’aise. L’histoire ne réserve aucune surprise, mais Reitman sait créer une ambiance festive malgré le point de départ dramatique et des moments très violents. On se prend souvent à sourire, voire à éclater de rire et à espérer que tout cela se finisse par un beau baiser de cinéma. Et de côté-là, on n’est pas déçu ! C’est certainement ce qu’a fait de mieux Schwarzie dans le domaine de la comédie. Un gentil petit film qui n’a pas trop souffert du passage des ans.

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PENELOPE ANN MILLER ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« UP & DOWN » (2014)

Adapté d’un roman de Nick Hornby, « UP & DOWN » est une comédie anglaise réalisée par le français Pascal Chaumeil, et partant d’un « high concept » : un 31 décembre, quatre personnes se retrouvent sur le même toit d’immeuble avec le même projet de suicide. Ils se mettent à discuter, s’accrochent les uns aux autres et se promettent de ne plus recommencer avant la Saint-Valentin.DOWN.jpg

Cela démarre plutôt bien, d’autant plus que le quatuor est savoureux : Pierce Brosnan joue avec verve une ex-star de talk-shows ruinée par une affaire de mœurs, Toni Collette est touchante en mère célibataire d’un garçon lourdement handicapé, Imogen Poots est drôle en fille incontrôlable d’un politicien et Aaron Paul est parfait en musicien dépressif s’inventant un cancer. On est prêt à les suivre jusqu’au bout de leur histoire, mais le problème est justement qu’il n’y a pratiquement PAS d’histoire ! Tout le milieu du film est dépourvu d’ossature, de progression dramatique, il s’enlise dans un voyage en Espagne et ne retrouve une vague ligne narrative que peu de temps avant la fin. Alors bien sûr, ce n’est pas désagréable, c’est parfois amusant, souvent même émouvant, mais il est difficile de rester concentré et de ne pas laisser son esprit vagabonder. Heureusement, de bons seconds rôles viennent au secours de cette narration flottante : Rosamund Pike (qui retrouve Brosnan douze ans après « MEURS UN AUTRE JOUR ») excellente en présentatrice de télé langue de vipère ou Sam Neill, sympathique en politicien blasé mais chaleureux.

Rien de détestable donc dans « UP & DOWN », mais nul motif d’enthousiasme non plus. C’est un joli petit film inconsistant et généreux, qui aurait mérité une écriture plus rigoureuse et des interactions plus fouillées entre les protagonistes. À voir tout de même d’un œil distrait pour un casting tout à fait attachant.