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Archives de Catégorie: COMÉDIES

« LE CANARD À L’ORANGE » (1975)

La présence en tête d’affiche de la sublime Monica Vitti ne doit pas aveugler le spectateur obnubilé : « LE CANARD À L’ORANGE », adapté d’une pièce de boulevard anglaise, est une abomination !CANARD

En deux mots, le scénario raconte le week-end d’un couple milanais au bord du divorce, qui a invité l’amant de la dame et la secrétaire du monsieur, pour un chassé-croisé se voulant comique, jouant sur la jalousie, le mensonge, les malentendus, etc. La réalisation de Luciano Salce vaut à peine un vieux « Au théâtre ce soir » de l’ORTF, les scènes « comiques » sont de plus en plus vulgaires et stridentes à mesure que le film progresse et la conclusion – prévisible dès les premières images – est d’une désolante bêtise.

Pourquoi s’infliger cela jusqu’au bout, dans ce cas ? À cause de Monica, nous l’avons dit, absolument ravissante et sexy, souvent drôle, mais qui aurait eu besoin d’une main ferme pour la diriger. À la fin, sa voix enrouée et ses hurlements systématiques deviennent crispants. Mais quel charme ! Et aussi, et c’est plus étonnant, pour Barbara Bouchet, starlette de l’époque, quasiment méconnaissable en secrétaire décervelée mais peu avare de ses charmes et d’une beauté renversante. La scène où Monica retire un dard de guêpe de ses fesses dénudées est positivement surréaliste ! Les amoureux de « L’AVVENTURA » ont dû être médusés ! À leurs côtés, Ugo Tognazzi livre le minimum syndical en mari manipulateur et blasé et l’anglais John Richardson joue un bellâtre… français.

« LE CANARD À L’ORANGE » ne présente, hormis la beauté entêtante de ses deux actrices principales, strictement aucun intérêt. C’est du théâtre filmé et pas de la meilleure veine. On s’arrache un ou deux sourires en forçant un peu, mais l’ensemble est consternant.

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Publié par le 16 septembre 2017 dans CINÉMA ITALIEN, COMÉDIES

 

« PREMIERS PAS DANS LA MAFIA » (1990)

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MARLON BRANDO

La grande – et seule – idée de « PREMIERS PAS DANS LA MAFIA » tient en deux mots : Marlon Brando. La raison d’être du projet tenait dans la présence de l’acteur mythique et dans son auto-parodie du rôle de ‘Don Corleone’ dans « LE PARRAIN ».FRESHMAN

Le scénario alambiqué et, à vrai dire, pas très passionnant, tourne autour d’une grosse arnaque au trafic d’animaux en voie d’extinction, dans lequel trempent un mafioso italien et un escroc allemand (Maximilian Schell). Le tout est vu au travers des yeux naïfs d’un étudiant en cinéma (Matthew Broderick) fraîchement débarqué du Vermont à New York.

La réalisation d’Andrew Bergman est proprette et sans aspérité, les clins d’œil à l’œuvre de Coppola sont légion (dans la gestuelle des personnages, la présence de comédiens comme Bruno Kirby ou Gianni Russo, les extraits du « PARRAIN, 2ème PARTIE » à la fac, etc.), mais si le film se laisse aussi bien regarder, malgré ses faiblesses aveuglantes, c’est uniquement grâce à l’extraordinaire travail de Brando et à la mise en abyme qu’il crée à lui seul. 18 ans après « LE PARRAIN », il retrouve sa tête et ses maniérismes pour jouer « l’homme qui inspira le film » ! Les face-à-face dans le café avec Broderick sont de purs régals de gourmet. L’énorme silhouette de Brando, son timing impeccable en comédie, ne l’empêchent pas d’insuffler un peu d’émotion qui « cueillent » complètement le spectateur. Ainsi, la scène dans le dortoir du campus est-elle étonnamment touchante et authentique.

De bons seconds rôles complètent le plaisir : Penelope Ann Miller en « mafia princess » sexy, Paul Benedict en prof de cinéma tête-à-claques, Kirby en neveu escroc ou B.D. Wong en vétérinaire gay. Tout le monde semble beaucoup s’amuser.

Bien qu’il ne soit au fond qu’une inoffensive comédie référentielle, sans réel intérêt, « PREMIERS PAS DANS LA MAFIA » peut se voir comme un appendice sympathique et chaleureux à la trilogie de Coppola et en cela, vaut la peine d’être vu. Et, répétons-le, Brando est génial !

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PENELOPE ANN MILLER, MATTHEW BRODERICK ET BRUNO KIRBY

 

« BEAUTIFUL CREATURES » (2000)

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ALEX NORTON ET RACHEL WEISZ

Dans la droite lignée des petits polars U.S. indépendants comme « SANG POUR SANG » ou « BOUND », « BEAUTIFUL CREATURES » situé à Glasgow, relate la rencontre fortuite de deux « pauvres filles » : Susan Lynch, une ex-junkie fiancée à un psychopathe (Iain Glen) et Rachel Weisz une « ravissante idiote » peroxydée régulièrement tabassée par son boy friend, frère d’un caïd du milieu.CREATURES

Une rencontre qui va déboucher sur une amitié immédiate mais aussi et surtout sur une avalanche de meurtres, de morts violentes, de chantages tout à fait réjouissante. Très bien rythmé, joliment cadré, le film tient en haleine du début à la fin, avec un humour sous-jacent très élégant et une écriture souvent fine. La réalisation de Bill Eagles s’efface derrière l’histoire, sans jamais être impersonnelle. Le charme vient évidemment des deux comédiennes très complémentaires, mais c’est Weisz qui sort du rang dans ce contremploi d’adorable sotte qui n’hésite jamais à se salir les mains quand la situation l’exige. Elle est à la fois irritante et extrêmement touchante et compose un vrai personnage, loin de la caricature qu’on aurait pu craindre. Maurice Roëves est comme toujours terrifiant en « boss » menaçant, Alex Norton parfait en ripou ventripotent, réminiscent de M. Emmet Walsh dans le film des frères Coen mentionné plus haut. Et Iain Glen fait un amusant numéro de raclure droguée jusqu’à l’os, d’une brutalité inouïe.

Dans la mouvance des polars des années 90-2000, « BEAUTIFUL CREATURES » fait partie de ceux qui ont bien passé l’épreuve du temps. À redécouvrir donc, ne serait-ce que pour une Rachel Weisz au sommet de sa séduction.

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SUSAN LYNCH, MAURICE ROËVES ET RACHEL WEISZ

 

SHELLEY BERMAN : R.I.P.

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SHELLEY BERMAN (1925-2017), STAND-UP COMEDIAN POPULAIRE AUX U.S.A. DANS LES ANNÉES 50, SOUVENT VU EN GUEST DANS LES SÉRIES TV.

 
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Publié par le 2 septembre 2017 dans CARNET NOIR, COMÉDIES

 

« FÉE MALGRÉ LUI » (2010)

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DWAYNE JOHNSON ET STEPHEN MERCHANT

« FÉE MALGRÉ LUI », écrit par un tandem qui a fait ses preuves dans la comédie de qualité des années 90 (« LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES » et « PORTRAIT CRACHÉ D’UNE FAMILLE MODÈLE »), réalisé par un téléaste stakhanoviste, est un véhicule monté pour exploiter la facette comique de Dwayne Johnson et, en cela, un franc succès.TOOTH2

C’est une extravagante couillonnade sur un joueur de hockey has-been et cynique, condamné par la reine des fées (Mary Poppins en personne : une Julie Andrews de 75 ans en pleine forme !) à devenir lui-même une fée ailée chargée pendant une semaine de récolter les dents des petits enfants sous l’oreiller (sic !). La première apparition de « The Rock » affublé d’ailes et d’un tutu rose scie carrément les pattes. Si on est d’humeur à exploser de rire, alors on se laisse embarquer par cette histoire saugrenue, souvent hilarante, qui n’hésite pas non plus à se vautrer dans la guimauve la plus indécente, mais garde toujours sa bonne humeur et une entraînante joie de vivre qui excuse bien des choses.

Johnson est pour 90% dans la réussite inespérée du film. Il manie l’autodérision en virtuose, affiche un sourire contagieux, ne joue pas trop sur ses biceps et balaie toute réticence en quelques minutes. Il est très bien entouré par Ashley Judd dans le rôle de sa fiancée, Stephen Merchant en superviseur agaçant et Billy Crystal, non-mentionné au générique, qui joue un personnage à la « Q » dans les 007.

Avec ce genre de film, il faut se laisser porter, ne pas avoir honte de rire à des blagues bien lourdes et oublier un moment son sens critique. Pour ce que c’est, « FÉE MALGRÉ LUI » fonctionne très bien et fait oublier ses soucis pendant 100 minutes. Ce n’est déjà pas si mal…

À noter qu’une séquence-bonus entre Crystal et Julie Andrews se déroule pendant le générique-fin, qu’il faut donc éviter de zapper.

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ASHLEY JUDD, DWAYNE JOHNSON, JULIE ANDREWS ET STEPHEN MERCHANT

 

« LA MONTAGNE ENSORCELÉE » (2009)

« LA MONTAGNE ENSORCELÉE » (encore un titre français frisant le n’importe quoi le plus absolu) est une sympathique couillonnade à la sauce Disney, dont le scénario puise sans aucun complexe dans « E.T. » et « TERMINATOR », bien qu’il soit adapté d’un roman déjà tourné en 1975 par John Hough.untitled

Ici, les aliens sont mignons, ils ont des têtes bien blondes et des superpouvoirs hypercool. Et ils sont aidés dans leur mission par Dwayne Johnson, un taxi driver ronchon mais bien brave et Carla Gugino, une enthousiaste spécialiste des OVNI. Tous ces « gentils » sont poursuivis par Ciarán Hinds, œuvrant pour le gouvernement et par une sorte de robot-tueur chargé de les éliminer.

C’est du spectacle pour enfants, ni très original, ni particulièrement bien fichu. Les F/X font un peu cheap, la violence est totalement aseptisée et la réalisation d’Andy Fickman est – au mieux – fonctionnelle et dépourvue de point-de-vue. Si le spectateur ayant dépassé les douze ans s’ennuie rapidement, il peut éventuellement et s’il est d’humeur indulgente, apprécier le charme souriant de Gugino et la sympathie naturelle de « The Rock », qui exhibe ses muscles avec une inhabituelle parcimonie et fait preuve d’une belle présence physique dans un rôle à la Bruce Willis. Le réalisateur Garry Marhsall (« PRETTY WOMAN ») est amusant en vieux geek mégalo. Kim Richards et Ike Eisenmann qui jouaient les enfants dans le film de ‘75, apparaissent respectivement en serveuse et en shérif dans la même séquence.

À voir pour le complétiste de Johnson, particulièrement à l’aise, et pour une sorte de naïveté désuète, un peu kitsch et pas déplaisante.

 

SO LONG, JERRY…

JERRY RIP

ADIEU À UNE DES DERNIÈRES LÉGENDES HOLLYWOODIENNES.

 
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Publié par le 21 août 2017 dans ACTU DE BDW2, COMÉDIES, MYTHOLOGIE