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Archives de Catégorie: COMÉDIES

MARIA PACÔME : R.I.P.

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MARIA PACÔME (1923-2018), ACTRICE COMIQUE DE THÉÂTRE TRÈS POPULAIRE, MALGRÉ UNE FILMOGRAPHIE PEU FOURNIE.

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Publié par le 2 décembre 2018 dans CARNET NOIR, COMÉDIES, FILMS FRANÇAIS

 

« LA MÉTHODE KOMINSKY » : saison 1 (2018)

Créée par Chuck Lorre (« MON ONCLE CHARLIE ») sous la forme inhabituelle d’une sitcom de seulement 8×26 minutes, « LA MÉTHODE KOMINSKY » est un petit miracle d’humour noir, mixant autodérision et désespérance avec un doigté miraculeux.KOMINSKY.jpg

Michael Douglas (74 ans), ex-acteur devenu un prof d’art dramatique renommé à L.A. vit les affres du vieillissement aux côtés de son agent Alan Arkin (84 ans) qui vient de perdre sa femme. Les deux amis se fâchent, se réconcilient, s’envoient des horreurs à la figure, mais sont inséparables et se raccrochent l’un à l’autre. Le challenge de cette saison est d’avancer sur la corde raide de la dépression sans jamais cesser de faire rire. Et parfois même aux éclats. On parle de deuil, de déception, du pardon, de la mort qui rôde, de solitude, d’occasions manquées à jamais et de beaucoup d’autres réjouissances auxquelles sont confrontés nos protagonistes. Ils n’ont rien perdu de leur verve et de leur causticité, mais la réalité les rattrape peu à peu. Douglas n’a jamais été meilleur que dans ce rôle de vieux beau irresponsable et égoïste. Son timing idéal fait regretter qu’il n’ait pas plus souvent tenté la comédie, voire le comique. Face à lui, Arkin est lui aussi d’une formidable précision dans l’humour pince-sans-rire et l’amertume. Magnifique duo d’acteurs ! Autour d’eux, quelques guests comme Danny DeVito en urologue trop bavard, Ann-Margret en veuve collante ou Elliott Gould dans son propre rôle. Sans oublier le bonus : Lisa Edelstein fabuleuse en fille droguée, menteuse et complètement désaxée d’Arkin. Immense composition !

« LA MÉTHODE KOMINSKY » est une des meilleures surprises offertes par Netflix cette année. Nul ne sait encore si la série perdurera, mais elle aura au moins permis à Michael Douglas de déployer totalement ses ailes de comédien.

À noter : Arkin apparut en 1979 dans « NE TIREZ PAS SUR LE DENTISTE » et Douglas en 2003 dans son remake « ESPION MAIS PAS TROP ! », sans jouer les mêmes personnages.

 

« PETER’S FRIENDS » (1992)

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RITA RUDNER, EMMA THOMPSON ET STEPHEN FRY

Pour qui a vu et aimé « LES COPAINS D’ABORD » (1983) de Lawrence Kasdan, il est certain que « PETER’S FRIENDS » de Kenneth Branagh ne risque pas de surprendre. C’est quasiment un remake à la sauce anglaise du petit chef-d’œuvre U.S. avec pour seul véritable ajout, le spectre des années SIDA.PETER.jpg

Cela ne veut pas dire que c’est un film désagréable, bien sûr, mais l’inévitable comparaison ne joue pas en sa faveur et l’humour « so british » du scénario paraît parfois forcé voire fastidieux. Ainsi, si certains protagonistes comme Emma Thompson magnifique en vieille fille fantasque et refoulée ou le couple traumatisé formé par Imelda Staunton et Hugh Laurie respirent l’authenticité, d’autres comme la star de sitcom mariée à Branagh (l’américaine Rita Rudner) ou le boy friend vulgaire de Sarah (Tony Slattery) ne sont-ils que de stridentes caricatures dépourvues de toute humanité.

Ce n’est hélas, pas le seul problème de « PETER’S FRIENDS », réalisé comme un téléfilm BBC et très médiocrement photographié. Heureusement, certaines confrontations – parfois bien saignantes – sont très bien vues, plusieurs répliques font mouche et le groupe d’amis de lycée se retrouvant après dix ans de séparation, fonctionne à merveille. Cela permet pour l’essentiel, de passer outre les évidents défauts du film et même d’y prendre un certain plaisir. Ne serait-ce, nous l’avons dit, celui de voir d’excellents comédiens à l’œuvre comme Stephen Fry en hôte efféminé et attachant, Phyllida Law (la mère d’Emma Thompson à la ville) impeccable en gouvernante lugubre ou bien sûr Emma elle-même, comédienne appréciée mais ô combien, sous-estimée, qui vaut à elle seule qu’on voie « PETER’S FRIENDS ».

Une comédie douce-amère un tantinet factice donc, mais plutôt plaisante, bien plus sympathique quand on n’a jamais vu « LES COPAINS D’ABORD ».

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HUGH LAURIE, EMMA THOMPSON, KENNETH BRANAGH ET IMELDA STAUNTON

 
 

« THE ORANGES » (2011)

« THE ORANGES » (titre français : « LOVE NEXT DOOR » !) réalisé par le téléaste Julian Farino, est une comédie douce-amère sur le thème de « UN MOMENT D’ÉGAREMENT » de Claude Berri (déjà remaké deux fois) relocalisé dans la banlieue américaine, le New Jersey plus exactement.ORANGES

Deux couples d’amis quinquagénaires vivant dans la même rue, face-à-face. La routine, l’insatisfaction règnent en filigrane, jusqu’à ce que Hugh Laurie tombe amoureux de Leighton Meester, la fille d’Oliver Platt et Allison Janney, qu’il connaît depuis sa naissance. Son couple bien usé avec Catherine Keener éclate en morceaux, sa fille déprime, c’est l’apocalypse middle-class !

Traité avec légèreté et un bel humour pince-sans-rire, « THE ORANGES » n’en dit pas moins ce qu’il a à dire sur le vieillissement, le renoncement au bonheur, les conventions et la force des habitudes. C’est pour cela que l’arrière-plan est assez triste, voire désespérant et que le film sort des sentiers battus. Les personnages ont – à une ou deux exceptions près – une authentique épaisseur humaine et on pense souvent aux films de Nicole Holofcener (impression renforcée par la présence de la toujours excellente Keener, actrice-fétiche de la réalisatrice). Janney est remarquable en mère suffocante et insupportable, Platt formidable en brave type constamment à côté de la plaque, Laurie parfait dans la confusion de sa crise des 50 ans et la jeune Meester emporte le morceau dans un rôle évolutif, jamais caricatural d’emmerdeuse touchante.

Sans aucun effet de mise-en-scène « THE ORANGES » ne fait que se concentrer sur son sujet, mais il le fait bien, honnêtement et avec sensibilité. Et c’est un plaisir de voir un cast aussi talentueux et homogène avoir tout l’espace nécessaire pour s’épanouir.

 
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Publié par le 25 novembre 2018 dans COMÉDIES, DRAMES PSYCHOLOGIQUES

 

« WAR MACHINE » (2017)

Qu’il est difficile de comprendre, et donc d’apprécier, un film comme « WAR MACHINE » de David Michôd et tout son cortège de partis-pris bizarres qui ne cessent d’en fausser le discours, de déconcerter au lieu d’impliquer. Au début, on pense au ton satirique de l’excellent « DES HOMMES D’INFLUENCE », mais… non. Ce n’est pas exactement cela. Du moins, pas tout le temps.WAR.jpg

Un général U.S. (Brad Pitt) est envoyé en Afghanistan pour mettre fin à la guerre qui s’enlise. Au cours de ses préparatifs, il se confie à un journaliste de « Rolling Stone » (Scoot McNairy) qui causera sa perte. C’est tout au niveau du scénario, mais l’essentiel n’est pas là. Il est – ou devrait être – dans le message anti-guerre, le portrait-charge de l’U.S. Army symbolisée par ce général-fantoche et sa bande d’imbéciles braillards, l’ingérence américaine, etc. Mais le gros défaut du film c’est hélas, Brad Pitt. Bien trop jeune, ou du moins paraissant trop jeune, pour ce rôle de briscard grisonnant, il adopte dès le premier plan un jeu complètement décalé : un œil à moitié clos, la mâchoire prognathe, la démarche grotesque, il crée une impossible caricature qui finit par nuire au propos du film et empêche tout approfondissement, toute empathie, voire tout sentiment quel qu’il soit envers son personnage. Il y a quelques décennies, le rôle aurait mérité un Lee Marvin ou plus tard un Gene Hackman voire un Eastwood, mais ce qu’a voulu faire Pitt, acteur qui a pourtant souvent fait ses preuves, est incompréhensible. À l’image de ses face-à-face avec Ben Kingsley jouant le président afghan à la limite du gros comique qui tache. On reconnaît çà et là des vedettes de passage comme Tilda Swinton en diplomate allemande, Alan Ruck, Griffin Dunne et même Russell Crowe dans un caméo muet pour clôturer le film.

« WAR MACHINE » aurait dû trouver sa tonalité entre « CATCH-22 » et « M*A*S*H* », il l’a totalement loupée, comme il a loupé le seul centre d’intérêt du scénario, à savoir la confrontation entre le militaire et le journaliste, à peine effleurée ici. C’est long, didactique, ennuyeux au possible et il n’est jamais agréable de voir un acteur qu’on apprécie se vautrer à ce point.

 

« ADULT BEGINNERS » (2014)

Réalisé par le producteur Ross Katz, coécrit par sa vedette Nick Kroll, « ADULT BEGINNERS » est une petite comédie de mœurs, s’inscrivant dans le sous-genre qu’est devenu le film « back home », montrant de jeunes adultes généralement en crise, retournant se réfugier dans leur famille et/ou leur ville natale.ADULT.jpg

Ici, le velléitaire Kroll fuit Manhattan où il vient de connaître un gros échec professionnel, pour squatter la maison de sa sœur (Rose Byrne) et de son mari (le toujours parfait Bobby Cannavale). Il devient le baby-sitter attitré de son jeune neveu et va devoir régler des conflits larvés depuis des années. Ce n’est pas tant l’histoire qui attire dans « ADULT BEGINNERS », que le mood du dialogue et l’attachement progressif aux personnages. Kroll, sorte de lointain cousin de Jerry Lewis et Jeff Goldblum, est aussi irritant qu’il est sympathique. Pusillanime et immature, il va découvrir les joies de la famille et s’incruster dans un couple fragilisé par une nouvelle grossesse. Les relations compliquées avec l’excellente Rose Byrne sont finement observées, les réactions de Kroll aux événements à la fois drôles et réalistes. En fait, le film pourrait durer deux ou trois heures de plus sans qu’on ne trouve rien à redire. On suit le quotidien de ces individus à problèmes sans vraiment chercher à les juger ou à déceler un sens caché à tout cela. C’est une chronique chaleureuse, généreuse, non dénuée de causticité. Un cinéma d’auteur « à festivals », dans la lignée de certains Woody Allen ou Nicole Holofcener, proche du téléfilm, mais possédant une petite musique qui en fait tout le prix. Aussi inconsistant qu’attachant.

 

« QUARTER PAST ELEVEN » : Lee Van Cleef dans « Laredo »

Lee Van Cleef et Neville Brand, deux des plus belles « gueules » hollywoodiennes des années 50, ont tourné cinq fois ensemble pour le grand et le petit écran. « QUARTER PAST ELEVEN », un épisode réalisé par Irving J. Moore de la série « LAREDO » (dont le second était la vedette) marque leur dernière collaboration devant une caméra.LAREDO LVC

Inutile de s’acharner sur cette pitrerie westernienne où Brand s’échine à cuisiner un gâteau au chocolat pour l’anniversaire de son chef. Il cabotine tellement qu’on a la surréaliste impression de voir un sosie de Klaus Kinski faire une imitation ratée de Fernandel ! Attardons-nous plutôt sur la sous-intrigue impliquant Van Cleef. Celui-ci était alors revenu aux U.S.A. entre deux westerns italiens pour tourner quelques « guests » télé selon sa vieille habitude. Il arrive à Laredo à cheval, tout de noir vêtu, l’air menaçant, comme il l’a fait dans tant et tant de films au cours de sa carrière. Il veut se venger de Philip Carey (le fameux chef au gâteau) qui l’avait arrêté jadis. Rien de très remarquable là-dedans, si ce n’est que lorsque les deux hommes se retrouvent finalement face-à-face dans la grand-rue, prêts à dégainer, le duel est filmé comme un pastiche de Sergio Leone, avec gros-plan des yeux, etc. C’est très étonnant, car la trilogie eastwoodienne n’est arrivée sur les écrans américains que l’année suivante en 1967. Est-ce Van Cleef qui aurait suggéré l’idée de ces cadrages au réalisateur ? Quoi qu’il en soit, on pourra toujours sourire à l’issue de l’affrontement : effrayé par nos trois héros qui font des bruits dans son dos, Van Cleef finit par se dégonfler et prend la fuite sans demander son reste !

L’acteur enchaîna encore avec un épisode de « GUNSMOKE » avant de repartir pour l’Italie et de tourner « COLORADO » et « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » qui installeront définitivement son vedettariat européen. L’épisode de « LAREDO » restera donc comme une véritable curiosité dans son parcours, une sorte d’auto-parodie précoce.