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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ANN SHERIDAN

« THE MAVIS GRANT STORY » : Ann Sheridan dans « Wagon train »

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DENNY MILLER ET JOHN McINTIRE

« THE MAVIS GRANT STORY » est un épisode de la 6ème saison de « LA GRANDE CARAVANE » réalisé par Dick Moder. Et son principal intérêt est d’accueillir, après d’autres ex-stars de la Warner comme Bette Davis et Barbara Stanwyck, la grande Ann Sheridan.

Menée par John McIntire, la caravane arrive à bout de ses provisions de nourriture et d’eau. Ils doivent s’arrêter au relais d’Ann Sheridan, connue pour être une redoutable racketteuse. Voyant que les voyageurs sont à bout de forces, elle exige 40 dollars par baril d’eau ! McIntire tente de l’affronter, mais entourée de sa petite armée d’Indiens soumis et armés jusqu’aux dents, Sheridan se montre intraitable. Ce n’est qu’en voyant une jeune fille maltraitée par son horrible père (Parley Baer), qu’elle se reconnaît en elle et décide de lâcher prise.

Âgée de 47 ans, l’ancienne star des années 40 est excellente dans ce rôle de « mère fouettarde » amère et haineuse cherchant à se venger de l’Humanité tout entière, après avoir été abusée et humiliée dans sa jeunesse. Le visage durci par le maquillage, presque anguleux, elle est pratiquement méconnaissable et s’acquitte très bien de ce contremploi.

Personnage récurrent de la série, Denny Miller n’apparaît que dans une seule scène et est crédité en tant que ‘Scott Miller’ au générique.

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ANN SHERIDAN

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« DANS L’OMBRE DE SAN FRANCISCO » (1950)

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ANN SHERIDAN

« DANS L’OMBRE DE SAN FRANCISCO » est un ‘film noir’ dans la grande tradition, qui a la particularité d’avoir entièrement été tourné en extérieurs, chose très rare à l’époque, et de réserver plusieurs niveaux de lecture.WOMAN

À première vue, le scénario relate l’histoire conventionnelle du témoin d’un meurtre qui prend la fuite par peur des représailles. Il est traqué par la police, par le tueur dont il a vu le visage et… par sa femme qui risque de mener tout ce beau monde jusqu’à lui.

Mais l’intérêt ne provient pas de l’intrigue policière, même si l’idée de l’identité de l’assassin est ingénieuse, il tient tout entier dans la personnalité d’Ann Sheridan (également productrice du film). À 35 ans, la belle star des années 40 trouve un personnage à sa mesure de femme désabusée et amère, au bord du divorce. C’est pendant son parcours du combattant de 24 heures pour retrouver son mari, qu’elle va enfin le comprendre et même… apprendre à le connaître. Leur relation va se reconstruire alors qu’ils ne se rejoignent qu’à la toute fin du film.

Une très jolie et intelligente idée, qui donne son âme et son sous-texte à ce polar qui échappe, grâce à cela, à la banalité. Ann Sheridan est vraiment exceptionnelle, entre humour abrasif et émotion à fleur de peau, sa moue ironique contrastant avec son regard triste. Elle occupe l’espace, laissant tout de même exister des seconds rôles comme Robert Keith parfait en flic à l’esprit vif, Dennis O’Keefe dans un rôle ambigu et le toujours pittoresque John Qualen en collègue pusillanime.

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DENNIS O’KEEFE, ANN SHERIDAN ET ROBERT KEITH

Petit classique méconnu, qu’on croyait même perdu à jamais avant une restauration miraculeuse, « DANS L’OMBRE DE SANS FRANCISCO » mérite amplement une seconde vie. Ne serait-ce que pour son actrice principale au charisme unique.

 

« LA RIVIÈRE D’ARGENT » (1948)

SILVER« LA RIVIÈRE D’ARGENT » est un curieux film aux allures de saga, alors qu’il ne dure que 100 très raisonnables minutes. Il commence pendant la guerre de sécession, où un officier tête-brûlée (Errol Flynn) met le feu à un million de dollars pour éviter qu’ils ne tombent aux mains de l’ennemi. Chassé de l’armée, amer et endurci, il se transforme en une sorte de prédateur capitaliste à l’appétit vorace.

Raoul Walsh prend le contrepied de l’image enfantine et naïve de sa star pour le montrer en business man sans dieu ni maître, un personnage fort peu sympathique, qui n’hésite pas à envoyer un homme à la mort pour récupérer sa femme (Ann Sheridan). Arriviste, nouveau-riche et mégalo, Flynn traverse ce film qui dévoile une sombre facette du Rêve Américain et ne « s’errolflynnise » qu’aux toute dernières minutes, vraiment in extremis. En attendant, la mécanique de la prise du pouvoir par l’argent est méticuleusement décortiquée.

Comme toujours, Walsh dirige admirablement les scènes de foule, on a constamment l’impression d’être au cœur de l’Histoire et de transcender l’anecdote. Sa réalisation va droit au but, ne connaît aucun temps mort. La seule vraie différence avec ses autres opus avec Flynn, c’est que le protagoniste n’est pas spécialement attachant et a même tout d’une franche canaille. D’ailleurs, avec un point-de-vue différent, il aurait tout à fait pu être le « méchant » du film ! Ann Sheridan est crédible en femme de l’Ouest dure-à-cuire, mais manque un peu de fantaisie (un comble, pour elle !), Thomas Mitchell reprend son emploi habituel d’ivrogne au franc-parler comme échappé d’un John Ford.

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ERROL FLYNN ET ANN SHERIDAN

Un film ambitieux certes, mais également froid et sans empathie pour ses personnages. Et un des rôles les plus atypiques d’un Errol Flynn au masque impassible et cynique. Pas vraiment l’image qu’on aimera à garder de lui…

 

« VILLE CONQUISE » (1940)

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ANN SHERIDAN ET JAMES CAGNEY

À l’image de la symphonie gershwinienne écrite par le personnage d’Arthur Kennedy, à la gloire de New York et de sa faune éblouie par les néons, aveuglée par l’avidité et finissant souvent dans le caniveau, « VILLE CONQUISE » brosse un tableau à la fois intime et incroyablement ambitieux de ‘Big Apple’ à travers la destinée d’une poignée d’amis d’enfance de Brooklyn.CITY3

Coréalisé par Anatole Litvak et Jean Negulesco, photographié par James Wong Howe, le film est en réalité une love story tourmentée et destructrice qui dure depuis la petite enfance, entre un boxeur chaleureux et nonchalant et une danseuse assoiffée de gloire et peu regardante sur les moyens pour l’atteindre. De rings en boîtes de nuit, de soirées mondaines en « dance floors », on suit plusieurs années de ces deux destins parallèles qui peinent à se rejoindre et qui frisent la tragédie à plusieurs reprises. C’est l’alchimie entre James Cagney, véritable paquet de dynamite sur pieds et Ann Sheridan, sensible mais déterminée, qui cimente le film et le rend crédible et émouvant. Ils ont de magnifiques scènes ensemble, dont la toute dernière, presque chaplinienne dans l’esprit et qui évite miraculeusement le gros mélo dégoulinant qui menaçait. Autour d’eux, un cast très riche : Donald Crisp en organisateur de combats humain, Anthony Quinn étonnant en danseur gominé macho et odieux, le tout jeune Elia Kazan en petit malfrat malchanceux et Ward Bond en policier dans le prologue très théâtral.

« VILLE CONQUISE », par son approche ‘bigger than life’ et par l’ampleur de sa mise-en-scène, n’a pas énormément vieilli en plus de 70 ans. Il se laisse regarder avec émotion et parfois enthousiasme. C’est un grand et beau chant d’amour dédié à la « ville qui ne dort jamais » et à ceux qui la font respirer. Et une fois encore, on ne peut qu’être époustouflé par la présence physique de Cagney qui à 41 ans est parfaitement acceptable en « jeunot » qui en a bien vingt de moins.

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ANTHONY QUINN, JAMES CAGNEY ET ELIA KAZAN

 

« L’ANGE DES TÉNÈBRES » (1943)

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ANN SHERIDAN ET ERROL FLYNN

Tourné « à chaud », dans le but de convaincre le peuple américain qu’ils a eu raison de s’engager dans la WW2, « L’ANGE DES TÉNÈBRES » est un bon film de guerre, entièrement situé dans un village de pêcheurs norvégien occupé par les nazis. La résistance s’organise, menée par Errol Flynn, mais les habitants doivent attendre l’ordre de Londres pour attaquer.EDGE

Et c’est là toute l’originalité du scénario : ici l’héroïsme n’est pas de combattre, mais de NE PAS combattre ! De résister à ses pulsions et de courber l’échine jusqu’au signal. Ainsi, des vieillards sont lynchés, des livres brûlés, la belle héroïne est violée (événement rarissime à l’époque dans un film hollywoodien), sans représailles possibles jusqu’au dernier quart du film. Malgré ses deux heures, « L’ANGE DES TÉNÈBRES » (encore une curieuse traduction de « AU BORD DES TÉNÈBRES » !) n’est jamais ennuyeux et n’a pas trop vieilli dans le traitement des personnages ou des scènes de combat. Dans un excellent casting « choral », Flynn privé de sa petite moustache, n’est qu’un des protagonistes pas beaucoup plus présent que les autres. Il forme un couple attachant avec la fougueuse Ann Sheridan, parfaite en rebelle dure-à-cuire. Des grands comédiens comme Walter Huston, Ruth Gordon – émouvante et frêle, Judith Anderson ou Henry Brandon ambigu à souhait en agent-double. Et un excellent Helmut Dantine en officier SS particulièrement odieux et fanatisé.

C’est de la propagande certes, mais pour la bonne cause. Et Lewis Milestone parvient à faire exister des dizaines de personnages très bien typés, à leur donner à chacun un os à ronger et quand enfin la révolte éclate, elle est cathartique et exaltée par une mise-en-scène au cordeau. Bon film…

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RUTH GORDON ET HENRY BRANDON

 

HAPPY BIRTHDAY, ANN !

SHERIDAN

ANN SHERIDAN (1915-1967), PÉTILLANTE ET SÉDUISANTE VEDETTE DES ANNÉES 40, INJUSTEMENT OUBLIÉE AUJOURD’HUI.

 
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Publié par le 21 février 2016 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS D’ANN SHERIDAN

 

« LA RÉVOLTE » (1937)

HUMPHREY BOGART ET ANN SHERIDAN

HUMPHREY BOGART ET ANN SHERIDAN

« LA RÉVOLTE » s’inscrit dans les films « sociaux » de la Warner des années 30 et milite pour une réforme pénitentiaire visant à séparer les petits délinquants des criminels endurcis.

Pour ce faire, un militaire de carrière (Pat O’Brien) accepte le poste de directeur du bagne de San Quentin. Il se trouve que le frère (Humphrey Bogart) de sa petite amie (Ann Sheridan) y est enfermé depuis peu. Croyant qu’il peut le sauver, O’Brien va prendre des risques qui ne vont pas forcément s’avérer très payants.RÉVOLTE2

Le film est court – à peine 70 minutes, le scénario linéaire, les personnages sont extrêmement simplistes, mais c’est plutôt bien réalisé et monté et la longue séquence de l’évasion est même encore assez spectaculaire aujourd’hui.

Si O’Brien, comédien balourd et peu expressif n’est pas un héros très enthousiasmant dans un rôle bien-pensant et unidimensionnel, on retrouve avec plaisir la pétulante Ann Sheridan en chanteuse de cabaret ironique et Bogart qui, à 38 ans, est un peu âgé pour incarner un voyou qui en a à peine 25 (c’est même précisé dans le dialogue !). Ce détail mis à part, ‘Bogie’ s’acquitte bien de ce rôle de frimeur ombrageux au poing leste et au sourire carnassier. On reconnaît également quelques « tronches » d’époque comme Barton MacLane en maton vicelard, Joe Sawyer excellent en taulard pousse-au-crime et Marc Lawrence, et parmi les figurants dans la cour du pénitencier, le champion d’athlétisme Jim Thorpe (que Burt Lancaster incarnera quelques années plus tard à l’écran) et le ‘bad guy’ de western Robert J. Wilke.

Un bon petit film efficace qui a évidemment beaucoup vieilli, mais parvient à maintenir l’intérêt grâce à sa facture impeccable.

ANN SHERIDAN, PAT O’BRIEN, HUMPHREY BOGART ET JOE SAWYER

ANN SHERIDAN, PAT O’BRIEN, HUMPHREY BOGART ET JOE SAWYER