RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS D’ARNOLD SCHWARZENEGGER

« EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE » (2010)

XPDCo-écrit et réalisé par un Sylvester Stallone de 64 ans, « EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE » est, ni plus ni moins qu’un remake de l’excellent « CHIENS DE GUERRE », mais à la sauce Rambo. Autrement dit, du fun pur et dur, congestionné de testostérone et pétaradant à tout-va.

Ce n’est rien d’autre que du cinéma pop-corn, bête à pleurer, mais tout à fait distrayant, ne serait-ce que grâce à la bande de mercenaires menée par ‘Sly’, des tas de muscles surarmés et ne s’exprimant qu’en « macho bullshit » et à coups d’armes lourdes, comme dans « PREDATOR ». Totalement décomplexé, Stallone fait tout péter à une cadence infernale, coupe les ennemis en deux en une rafale et tire à deux pistolets à la vitesse d’une mitrailleuse. Malgré l’extrême violence des combats, on ne peut s’empêcher de sourire devant ce spectacle naïf, voire couillon, mais truffé de petits instants qui valent de l’or. Jason Statham, très en verve, joue le sidekick comique mais létal du chef. Leur duo est franchement drôle. Autour d’eux, c’est un défilé : Dolph Lundgren en ami/ennemi psychopathe, Jet-Li complexé par sa taille, Mickey Rourke en tatoueur sentencieux, Eric Roberts en méchant ignoble. Lors d’une séquence au début, Stallone s’est même offert le luxe d’un trio jusqu’alors inédit : lui-même, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger réunis dans une église. Les vacheries qu’ils se balancent avec Schwarzie valent à elles seules qu’on voie le film. « EXPENDABLES » est un film idéal pour vieux adolescents, à voir au 36ème degré, sans chercher à y trouver un quelconque message à peu près sérieux sur l’ingérence des U.S.A. ou sur les agissements de la CIA.

XPD2

JASON STATHAM, MICKEY ROURKE, SYLVESTER STALLONE ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

À noter que le film sortit d’abord dans une durée de 103 minutes, qui fut suivi d’un ‘director’s cut’ avec dix minutes de matériel supplémentaire. Le succès donna naissance à deux suites.

 

« LAST ACTION HERO » (1993)

HERO.jpgCo-écrit par Shane Black, réalisé par John McTiernan, « LAST ACTION HERO » est un projet intrigant et original, une mise en abyme des blockbusters des années 80 par ceux qui les ont faits, un autoportrait en autodérision d’Arnold Schwarzenegger et une fable abrasive sur le pouvoir du cinéma.

Bien sûr, on apprécie les deux niveaux de lecture : le jeune Austin O’Brien pénètre-t-il vraiment l’écran, grâce à un ticket magique pour devenir le co-équipier de son idole ? Ou le scénario n’est-il que le fantasme élaboré d’un enfant privé de père qui cherche refuge dans la fiction ? Les deux réponses sont valables et se renvoient plaisamment la balle. Mais tout n’est pas si rose, hélas… Déjà, plus de deux heures c’est extrêmement long pour un film bâti sur une seule et unique idée. On a vite la sensation de piétiner, de rabâcher vainement. De plus, le mixage est très bizarre, mal équilibré, rendant les voix parfois inaudibles. Cela rend le film confus, bordélique, parfois brillant et souvent lourd et pénible. C’est regrettable, car si O’Brien joue sur une même tonalité et lasse rapidement l’intérêt, Arnold a rarement été meilleur, pile dans le ton. En héros invincible d’abord, mais aussi dans un avatar de lui-même où il n’hésite pas à se ridiculiser sans pitié. Bel exercice pour une star de cette dimension ! Parmi les nombreuses guests, on appréciera Anthony Quinn en mafioso inculte, Charles Dance en tueur borgne, Ian McKellen excellent dans le rôle de… la Mort, échappée du « SEPTIÈME SCEAU » et aussi dans de rapides caméos : Sharon Stone, JCVD, Jim Belushi, etc.

Quelques clins d’œil sont très bien vus (F. Murray Abraham qui se défend d’avoir flingué Moe Zart ! Arnold donnant sa version de « Hamlet »), d’autres sont plus lourdingues, mais « LAST ACTION HERO » ne convainc pas à 100%. Il s’en dégage quelque chose d’inachevé, de bâclé, comme une idée trop vite filmée avant d’avoir été totalement aboutie.

HERO2

ARNOLD SCHWARZENEGGER, ANTHONY QUINN, ART CARNEY, F. MURRAY ABRAHAM ET AUSTIN O’BRIEN

 

« LA FIN DES TEMPS » (1999)

END.jpgProduit à la veille de l’an 2000, « LA FIN DES TEMPS » est donc chargé de toute la paranoïa afférente et le scénario est une bouillabaisse de Blockbuster mâtiné de fantasmes sataniques, un improbable mélange entre « ROSEMARY’S BABY » et les bons vieux polars urbains avec en héros-type, le flic endeuillé, alcoolo, suicidaire et… mal rasé.

Peter Hyams est un réalisateur (et directeur photo) attachant, même si très inégal et peu regardant sur ce qu’il tourne. C’est, à la base, un véhicule pour Arnold Schwarzenegger, pas crédible une demi-seconde avec son accent teuton, sa « déchéance physique » qui ne l’empêche pas d’avoir d’énormes biceps. On l’aime bien, c’est sûr. Mais il est épouvantable dans les séquences dramatiques, comme celle où il essaie de se suicider comme Mel Gibson dans « L’ARME FATALE » (et pour les mêmes raisons) ou celle où il retrouve sa foi perdue dans une église sous le regard de tous les saints. Car « LA FIN DES TEMPS » est plombé par son sous-texte religieux envahissant, par sa foncière bêtise aussi, il faut bien le dire. Arnold affronte donc Satan, qui prend d’abord l’apparence de Gabriel Byrne (qui, il faut le signaler, urine de l’essence hautement inflammable) et finalement celle d’une espèce de monstre lovecraftien. Combat absurde, puisque le diable est quasiment invincible et que notre héros passe tout le film à lui vider des chargeurs dessus. Mauvaise habitude prise pendant « TERMINATOR 2 » ? Le casting est plutôt plaisant et aide à tenir les deux heures : Rod Steiger en prêtre fort en gueule, la jolie Robin Tunney en « promise » effarouchée, CCH Pounder en flic possédée, sans oublier Kevin Pollak, Derrick O’Connor et Mark Margolis jouant… le pape !

Heureusement, la photo est belle, sombre comme toujours avec Hyams, mais au moins ne laisse jamais l’impression de voir un téléfilm. Les F/X tiennent plutôt bien la distance, il y de belles scènes d’action comme celle du métro, et au bout du compte, « LA FIN DES TEMPS » se laisse regarder, malgré 20 bonnes minutes de trop et un scénario vraiment crétin. À noter un excellent « one liner » : « Je n’ai pas peur de mourir ! »  s’exclame un fanatique. « Ça tombe bien », répond Schwarzie, « Parce que moi je n’ai pas peur de te tuer ».

END2

ARNOLD SCHWARZENEGGER, GABRIEL BYRNE ET ROBIN TUNNEY

 

« UN FLIC À LA MATERNELLE » (1990)

KCOP

PAMELA REED ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

Il n’y a pas plus simple que le pitch de « UN FLIC À LA MATERNELLE » d’Ivan Reitman : on prend le Terminator pratiquement tel quel, on lui donne un badge de flic et on le balance dans une classe de maternelle où il est censé retrouver un témoin-clé.KCOP2

Au résultat, c’est un drôle de mélange de « feel good movie » provincial et de polar pur et dur qui, grâce à un scénario qui tient (miraculeusement) la route et à un casting en béton, donne un film drôle, léger et agréable, non dépourvu de suspense. Bien sûr, tout pivote autour d’Arnold Schwarzenegger et de l’incongruité de sa présence dans un tel contexte. Teint en blond, avec son style de jeu toujours aussi pachydermique, il est amusant (surtout quand il n’essaie pas de l’être) en flic dur-à-cuire de L.A. qui se découvre une vocation de prof dans une petite ville de l’Oregon. Mais il est loin d’être le seul attrait de cette distribution. Pamela Reed lui vole pratiquement la vedette dans le rôle de sa coéquipière morfale qui n’a pas froid aux yeux. La scène où elle imite l’accent de son partenaire pour se faire passer pour sa sœur, vaut son pesant d’or. Penelope Ann Miller a un bien joli sourire, Carroll Baker est excellente en mamie impitoyable, Linda Hunt est la directrice d’école et Richard Tyson est un très acceptable psychopathe. Avec un œil affuté, on pourra reconnaître une toute jeune Angela Bassett dans une figuration en hôtesse de l’air.

Tout n’est pas léger-léger dans « UN FLIC À LA MATERNELLE », les scènes avec les enfants tirent en longueur, Arnold y abuse de ses sourires benêts et semble très mal à l’aise. L’histoire ne réserve aucune surprise, mais Reitman sait créer une ambiance festive malgré le point de départ dramatique et des moments très violents. On se prend souvent à sourire, voire à éclater de rire et à espérer que tout cela se finisse par un beau baiser de cinéma. Et de côté-là, on n’est pas déçu ! C’est certainement ce qu’a fait de mieux Schwarzie dans le domaine de la comédie. Un gentil petit film qui n’a pas trop souffert du passage des ans.

KCOP3

PENELOPE ANN MILLER ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« LE DERNIER REMPART » (2013)

STAND.jpg« LE DERNIER REMPART » marquait le retour d’Arnold Schwarzenegger après une décennie de politique, dans un cinéma qu’il connaissait par cœur, mais qu’il abordait de nouveau avec quelques rides et plusieurs kilos en plus.

Le scénario rappelle ceux des bonnes vieilles séries B des seventies avec Burt Reynolds ou Charles Bronson (un gros-plan de pastèques explosées à la mitraillette fait penser à « MISTER MAJESTYK »). Malgré de belles cascades, des fusillades dantesques et des invraisemblances à la pelle, le film ne semble pas avoir bénéficié d’un budget pharaonique et c’est ce qui le rend sympathique. Cela, plus la présence derrière la caméra du sud-coréen Jee-woon Kim, dont nul n’a oublié « J’AI RECONTRÉ LE DIABLE » ou « LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ ». Très inspiré des westerns d’Howard Hawks, le film offre à Arnold un rôle sur-mesure d’ex-as des Stups de L.A. devenu shérif d’une toute petite ville, qui doit arrêter un narcotrafiquant en cavale cherchant – avec une véritable armée – à fuir les U.S.A. Il s’y montre particulièrement à l’aise. Les clins d’œil à l’âge du héros sont drôles, les seconds rôles pittoresques : Luis Guzmán en adjoint en surpoids, Johnny Knoxville en cintré obsédé par les armes à feu, Peter Stormare en tueur sadique ou Forest Whitaker en agent du FBI atrabilaire. On notera la très brève apparition de Harry Dean Stanton en fermier mal embouché. Eduardo Noriega ne fait pas hélas, un méchant très impressionnant.

À voir donc, « LE DERNIER REMPART » pour les amateurs de (faux) westerns, pour son humour souvent incongru, voire absurde qui lui donne un semblant d’âme, et pour ce mélange d’ultra-violence et d’excentricité qui maintient l’intérêt et la curiosité. Pour un comeback, c’était – à tout prendre – un projet quasi-idéal pour Arnold.

STAND2

EDUARDO NORIEGA, ARNOLD SCHWARZENEGGER ET PETER STORMARE

 

« TERMINATOR 2 : LE JUGEMENT DERNIER » (1991)

T2

ARNOLD SCHWARZENEGGER

Produit sept ans après l’original, récemment remanié par James Cameron profitant des technologies actuelles, « TERMINATOR 2 : LE JUGEMENT DERNIER » est un peu l’aïeul et la matrice de tout un cinéma des années 2000, incluant les dinosaures en CGI, les sagas de super-héros et l’ensemble de la SF.T2 2.jpg

Le revoir aujourd’hui a quelque chose d’émouvant. Parce qu’il a vieilli, c’est indéniable, mais ne s’est pas ringardisé. Parce que Cameron a adopté ce ton sentencieux, se prenant extrêmement au sérieux, pour narrer cette histoire tarabiscotée de paradoxe temporel, de monde de plus en plus dominé par les machines, de fatalité qu’on peut inverser en retrouvant son humanité. De grands thèmes qui sous-tendent ce film d’action survitaminé, aux F/X stupéfiants pour l’époque et aux morceaux de bravoure remarquablement menés. Bien sûr, la direction d’acteurs est parfois flottante : Linda Hamilton en fait des tonnes dans la rage grimaçante systématique, Edward Furlong avec ses cris enroués peut agacer à la longue, mais Arnold Schwarzenegger est formidable en cyborg/ange-gardien exact opposé de celui qu’il jouait dans le n°1 et Robert Patrick crève l’écran en terminator nouveau modèle fait de métal liquide. La vraie grande idée du scénario est d’avoir inversé les données du film de 1984 : c’est Sarah Connor qui s’est muée en tueuse musclée et Schwarzie qui joue les héros prêts à tous les sacrifices ! À chaque nouvelle vision, on finit toujours par se demander pourquoi les « good guys » s’acharnent à vider leurs chargeurs sur le T-1000, alors que les balles ne lui font manifestement aucun effet durable ! Mais ce n’est pas bien grave. Cela permet des fusillades dantesques et des effets spéciaux parfois presque… poétiques.

Un classique du cinéma fantastique dont l’influence se fait encore sentir de nos jours. Dommage que la franchise ne se soit pas arrêtée là, dans la cuve de métal en fusion.

T2 3

LINDA HAMILTON, ROBERT PATRICK, ARNOLD SCHWARZENEGGER ET EDWARD FURLONG

 

« AFTERMATH » (2017)

« AFTERMATH » suit les destins parallèles d’un aiguilleur du ciel (Scoot McNairy) responsable d’un crash meurtrier et d’un vieux maître de chantier d’origines russes (Arnold Schwarzenegger) qui y a perdu toute sa famille. On pense immédiatement à « CROSSING GUARD » de Sean Penn, mais la réalisation d’Elliott Lester est plate et télévisuelle malgré l’inutile format Scope et le scénario d’une lenteur mortifère.AFTERMATH

S’il existe une raison de s’infliger ces mornes paysages hivernaux, cette atmosphère neurasthénique et ces gros-plans de visages convulsés d’angoisse, ce sera dans la perspective du parcours de Schwarzenegger. À presque 70 ans, l’acteur tente de se réinventer, creusant le sillon du récent « MAGGIE ». Massif, la barbe blanche, la démarche alourdie, il insiste pour exhiber son corps dénudé comme pour bien montrer que M. Univers est loin derrière lui. C’est une démarche louable et on le sent impliqué à 100%, parfois même émouvant. Mais son image est trop profondément ancrée dans l’inconscient collectif pour qu’on oublie ce qu’il fut. Et comme il n’arrive pas à se défaire complètement de ses vieux tics de jeu, on s’attend toujours plus ou moins à ce qu’il dégaine un gros calibre ou qu’il balance un ‘one liner’ bien saignant. Difficile de lutter contre son propre mythe ! À ses côtés, un casting sans relief où on reconnaît Maggie Grace la fille de Liam Neeson dans « TAKEN ».

Pas grand-chose à dire de ce quasi-téléfilm basé sur des événements réels, qui ne passionne jamais, se répète beaucoup et se traîne jusqu’au face-à-face entre les deux hommes trop longtemps repoussé. « AFTERMATH » plaira aux fans purs et durs d’Arnold dont la ténacité à se renouveler force le respect, même si on aimerait qu’il le fasse dans des « véhicules » plus originaux et gratifiants que ce drame cafardeux et déprimant.