RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS D’ARNOLD SCHWARZENEGGER

« BIENVENUE DANS LA JUNGLE » (2003)

RUNDOWN2« BIENVENUE DANS LA JUNGLE » est le second long-métrage réalisé par l’acteur Peter Berg, promis à une belle carrière et le premier film où Dwayne Johnson prend officiellement le relais d’Arnold Schwarzenegger dans un cinéma de distraction, puisque celui-ci vient carrément lui souhaiter de « bien s’amuser », le temps d’un sympathique caméo au début, en le croisant dans une boîte de nuit.

Inspiré à la fois de « À LA POURSUITE DU DIAMANT VERT » et de « MIDNIGHT RUN », ce mélange d’aventures exotiques et de comédie à gros sabots se laisse regarder, c’est indéniable. Mais le scénario est faible et le tandem créé par Johnson et le très exaspérant Seann William Scott est plombé par l’inexpérience du premier et le cabotinage du second. Reste que les paysages d’Amazonie sont beaux, que Christopher Walken semble énormément s’amuser en horrible capitaliste. Il a deux ou trois monologues « walkéniens » qui lui ont sans doute fait accepter le rôle. La réplique : « Ils ont piqué ma dent », est savoureuse.

Dommage que les bagarres « câblées » aient pris un sévère coup de vieux, que les F/X hallucinogènes soient d’une telle laideur, car de temps en temps, passent un vrai enthousiasme, une envie de s’amuser sans complexe. Mais c’est définitivement trop idiot pour tenir longtemps en haleine. Heureusement, « The Rock » a de la présence et dégage une certaine humanité dans ce personnage de chasseur-de-primes rêvant d’ouvrir un restaurant (encore un détail piqué à « MIDNIGHT RUN » !) et Rosario Dawson est bien belle en passionaria peu patiente.

À voir d’un œil distrait donc, ce « BIENVENUE DANS LA JUNGLE » à l’écriture trop bâclée et au montage trop épileptique, en partie sauvé par sa distribution et aussi par sa bonne humeur.

RUNDOWN

DWAYNE JOHNSON, ROSARIO DAWSON ET CHRISTOPHER WALKEN

Publicités
 

« DOUBLE DÉTENTE » (1988)

DOUBLE

ARNOLD SCHWARZENEGGER ET JIM BELUSHI

Vingt ans après sa sortie, « UN SHÉRIF À NEW YORK » de Don Siegel a inspiré deux films : « DOUBLE DÉTENTE » de Walter Hill et l’année suivante « BLACK RAIN », qui reprenaient plus ou moins la même trame dans des contextes très différents.DOUBLE2

« DOUBLE DÉTENTE » adopte d’emblée un style caricatural de BD avec une séquence dans un hammam russe grouillant de culturistes en sueur et de belles femmes nues. Arnold Schwarzenegger, retrouvant ses maniérismes de « TERMINATOR », est un policier moscovite envoyé à Chicago pour ramener un narcotrafiquant (Ed O’Ross). Mais celui-ci lui échappe et ‘Danko’ doit faire équipe avec Jim Belushi, un flic insolent et mal noté.

Toutes les recettes du ‘buddy movie’ sont présentes, Hill sait filmer l’action avec poigne et esthétisme, le dialogue est parfois drôle, et le scénario avance comme un bulldozer jusqu’à sa conclusion sans surprise. Ça fonctionne encore aujourd’hui, indéniablement, même si on aurait préféré un coéquipier plus subtil que Belushi, un comédien qui aurait créé un contraste plus marqué avec Arnold. Celui-ci est le grand plaisir du film. Dans un rôle écrit sur-mesure, il est délectable en colosse impavide et apparemment dénué de toute espèce de sensibilité. Même son accent, mélange d’allemand et de russe est hilarant ! Autour du duo, O’Ross est un méchant de premier ordre et les seconds rôles, Peter Boyle, Lawrence Fishburne, Gina Gershon, etc. assurent un maximum.

Bien sûr, tout cela est très estampillé « eighties », les coupes de cheveux ne trompent pas, mais « DOUBLE DÉTENTE » demeure sympathique par son absence de complexe, ses morceaux de bravoure parfois absurdes mais toujours très bien fichus. Et comment ne pas aimer un film où quand on demande à Schwarzie ce qu’ils font en Russie contre le stress au travail, il répond simplement : « Vodka » ?

DOUBLE3

ED O’ROSS ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« LE CONTRAT » (1986)

RAW2Est-il possible de totalement rater un film écrit par Sergio Donati et Luciano Vincenzoni, les scénaristes de Sergio Leone, réalisé par John Irvin, le responsable des « CHIENS DE GUERRE » et interprété par Arnold Schwarzenegger frais émoulu de « TERMINATOR » ? A priori non. Eh bien « LE CONTRAT » réussit à prouver le contraire !

Dès les premières scènes, rien ne tient debout : pour venger son fils abattu par le gangster Sam Wanamaker, l’agent du FBI Darren McGavin va chercher un ancien homme à lui (Schwarzie) viré par un procureur acharné, et lui demande d’infiltrer le réseau mafieux. Ben voyons ! Un culturiste gominé, à l’accent autrichien à couper au couteau ! Difficile de trouver une « couverture » plus discrète, en effet. Visiblement mal à l’aise, l’acteur passe son temps à fumer de gros cigares, à sourire niaisement et il faut attendre la fin pour qu’il sorte enfin les gros calibres pour exterminer tous les méchants. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt ? On ne le saura jamais.

La réalisation est absolument inerte, tout en plans larges sans rythme ni vigueur, la BO est positivement horrible, les dialogues sont d’une platitude inouïe. On ne prend même pas dans « LE CONTRAT » le plaisir simple qu’on peut trouver parfois dans des DTV bien troussés. C’est d’un ennui terrassant, c’est idiot (Arnold censé être un malfrat et un tueur, refuse les avances de Kathryn Harrold « parce qu’il est marié ») et même les scènes d’action sont affreusement mal réglées.

« LE CONTRAT » est un des films les plus oubliés de la filmo de sa vedette et franchement, il ne l’a pas volé. Il y est mal utilisé, à la limite du ridicule. Quant aux bons acteurs qui l’entourent : Paul Shenar, Steven Hill, Robert Davi ou Victor Argo, ils font peine à voir. À noter que ce cher Ed Lauter tient exactement le même rôle que dans « LE JUSTICIER DE NEW YORK » ! Amateurs d’action, de polars, de « showdowns » et fans d’Arnold, passez votre chemin.

À noter, pour la petite histoire, la fugitive apparition de Kim Weeks, future Mme Bronson, dans une figuration en serveuse, sa première à l’écran.

RAW

ARNOLD SCHWARZENEGGER, ED LAUTER ET KATHRYN HARROLD

 

« COMMANDO » (1985)

commando

ARNOLD SCHWARZENEGGER

Tourné un an après « TERMINATOR », « COMMANDO » est le film qui installa définitivement Arnold Schwarzenegger comme ‘action hero’ des années Reagan à égalité avec Sylvester Stallone. Filmé avec la même esthétique du muscle huilé et le même fétichisme des armes que « RAMBO 2 : LA MISSION » sorti la même année, le film de Mark L. Lester est l’incarnation même du plaisir coupable.commando2

Le sujet ? On kidnappe la fille (Alyssa Milano) de l’ex-soldat d’élite Matrix (sic !) pour l’obliger à assassiner le président d’un pays d’Amérique latine. Évidemment, notre homme ne va pas se laisser faire comme ça et va éradiquer une armée entière à lui tout seul pour récupérer la gamine.

Dès la première apparition d’Arnold à l’écran : torse-nu, luisant de sueur, une tronçonneuse au poing, un tronc d’arbre sur l’épaule, on devine que tout cela ne va pas être très sérieux. Le brave Schwarzie a beau jouer comme « eine topf » (une casserole en allemand), il a vraiment l’allure d’un héros de BD. Avec ses muscles hypertrophiés, sa coupe en brosse et son œil perçant, il aurait pu être totalement grotesque, sans la présence à ses côtés de Rae Dawn Chong, en ‘sidekick’ qui s’octroie les meilleures répliques du film et désamorce souvent le ridicule de l’entreprise avec ses apartés drolatiques. C’est elle en fait, qui rend « COMMANDO » encore à peu près regardable aujourd’hui. Dans le rôle du méchant, sorte de biker affublé d’un horrible petit gilet de laine, Vernon Wells est d’une colossale nullité. Dan Hedaya cabotine comme un fou en futur dictateur et on aperçoit un tout jeune Bill Paxton en militaire, le temps de deux ou trois plans.

Avec son action ininterrompue, ses explosions pré-CGI, sa BO très eighties de James Horner, ses « one liners » pas toujours très drôles, « COMMANDO » fait indubitablement son âge, mais vaut un coup d’œil curieux pour sa dernière partie hallucinante où Arnold, le visage noirci en camouflage (pourquoi ? Ça se passe en plein jour !), trimbalant un véritable arsenal, décime des dizaines de soldats, tel un cyborg invincible. C’est un cinéma complètement désuet, dépassé, archaïque, mais qu’on peut revisiter avec un sourire nostalgique aux lèvres.

commando3

RAE DAWN CHONG ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« TERMINATOR GENISYS » (2015)

Tout le monde a compris depuis longtemps que la saga « TERMINATOR » s’est réellement achevée à la fin du second film de James Cameron. Ces deux classiques du genre SF furent pourtant suivis de deux autres longs-métrages plus que médiocres et même d’une série TV. Cela tenait de l’acharnement thérapeutique. Mais on croyait en avoir fini. Avec « TERMINATOR GENISYS », 5ème opus donc, on passe dans une tout autre dimension de l’indigence.T5

Ça commence comme un remake du n°1 (séquences entières reconstituées !), puis s’y mêlent des séquences du n°2 et ensuite… c’est la débandade totale. Le scénario est un cataplasme infâme, une sorte de remix sans queue ni tête de la ‘franchise’, tenant à la fois de la « parallelquel » et du délire de geek sous acide. On n’y comprend quasiment rien, le dialogue est affligeant, les comédiens sont atroces du premier au dernier avec une mention à Jai Courtney qui ferait passer son prédécesseur Michael Biehn pour Laurence Olivier. Jason Clarke, généralement fiable, est à côté de la plaque en ‘John Connor’ passé dans le rang des méchants, la petite Emilia Clarke de « GAME OF THRONES » ne fera pas oublier Linda Hamilton (le moment où Jason Clarke l’appelle « maman » dépasse l’entendement). Reste Arnold… Schwarzie… Le seul survivant du premier film. Encore là, toujours là… Même si le cyborg-tueur s’appelle maintenant ‘Pops’ (« Papy ») et que c’est un vieux monsieur ronchon à l’accent allemand digne de Papa Schultz. Il n’a pas grand-chose à faire, joue les gardes-du-corps, s’essaie au gros comique avec ses tentatives de sourires qui tombent à plat. Il s’arrange pour sortir son traditionnel « I’ll be back » auquel on espérait échapper. À l’instar du film tout entier, Schwarzenegger piétine allègrement l’acquit des opus précédents, les ridiculise et coupe toute envie de les revoir un jour prochain.

Les vieilles franchises comme « ROCKY » ou « RAMBO » ont su se régénérer grâce à des sequels tardives mais nullement honteuses. C’est une autre paire de manches pour « TERMINATOR » qui achève son long parcours commencé dans les années 80 par ce piteux ragoût de CGI dont chaque scène semble pire que la précédente. Une note positive pour terminer cette chronique ? Euh… Non. Mission impossible !

 

« MAGGIE » (2015)

MAGGIE2Il y a des promesses qu’on se doit de faire avec beaucoup de prudence. Ainsi, quand on annonce Arnold Schwarzenegger dans un film de zombies, on doit bien savoir ce qu’attend/espère le public : des corps-à-corps dantesques entre le Terminator et des hordes de morts-vivants affamés, des séquences d’action anthologiques, des effets spéciaux à faire dresser les cheveux sur la tête, etc.

Alors quand on découvre « MAGGIE », on ne peut qu’être un tantinet dépité. Le film a toutes les allures d’un énième « low budget » post-apocalyptique. Un drame intimiste, dépressif, à la photo monochrome et sous-exposée, à la caméra systématiquement « bougée ». Arnold lui-même s’est mis en mode « M. Tout-le-monde », dans un rôle d’agriculteur barbu de l’Amérique profonde (non, son accent autrichien n’est absolument pas justifié !), dont la fille aînée a été contaminée par un zombie et commence à se transformer. Situé dans quelques rares décors dépouillés, à peu près dépourvu de rebondissements, sans la moindre séquence un tant soit peu spectaculaire, « MAGGIE » n’offre finalement à contempler que la lente progression de la « maladie » chez Abigail Breslin qu’on voit se dégrader scène après scène, jusqu’à la conclusion inéluctable.

C’est franchement ennuyeux et même pénible. On comprend assez vite qu’il ne se passera rien. Les « rencontres » avec les zombies sont trop rares et trop expédiées pour faire illusion, d’autant que l’avalanche de films et de séries TV sur ce sous-genre ont vraiment épuisé le filon et la curiosité. Cela aurait-il mieux fonctionné avec un autre acteur que Schwarzie ? Probablement. Car privé de ce qui fait son identité (les muscles, le second degré, les répliques-qui-tuent), le bonhomme malgré ses visibles efforts, a tout de même du mal à s’imposer comme acteur dramatique. À tenter éventuellement pour le plaisir unique de voir la star de blockbusters dans une petite production indépendante et dans un contremploi de quidam angoissé et impuissant.

ARNOLD SCHWARZENEGGER

ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« MON ONCLE CHARLIE » : saison 12 (2015)

La 12ème et ultime saison de « MON ONCLE CHARLIE » s’inscrit dans la droite lignée des trois précédentes, c’est-à-dire celles qui ont suivi le départ de Charlie Sheen, pilier de la série.2 HALF Les auteurs ont tenté de reconstituer la raison d’être du titre original (« DEUX HOMMES ET DEMI ») en faisant se marier Ashton Kutcher et Jon Cryer dans le but d’adopter un petit garçon. La thématique homosexuelle est très (trop) appuyée au fil des épisodes, mais cela fonctionne bon an, mal an. Mais on sent nettement l’usure du concept. Au point d’ailleurs, que le dialogue y fait lui-même allusion par des apartés qui sont d’étonnantes mises en abyme doublées d’autocritiques. Rien de nouveau donc, et on rit de temps en temps, presque par habitude. Si Kutcher reste un peu maladroit dans ses effets comiques, Cryer atteint des sommets d’avarice et de « minabilitude ». Il tient maintenant la série sur ses seules épaules. Si cette saison pas réellement nécessaire, mérite d’être vue, ce sera pour son double-épisode final, qui est un summum de n’importe quoi assumé, de sabordage cathartique et d’auto-flagellation. Tout tourne autour d’un possible retour de Charlie Sheen qui ne serait pas si mort que cela, finalement. La plupart des personnages des onze saisons précédentes refont une apparition, dont Angus T. Jones, le fils débile d’Alan : ses regards-caméra dans sa courte scène, sont un vrai délice ! Et puis il y a le bonus. La véritable raison de voir ces adieux délirants : l’extraordinaire apparition d’Arnold Schwarzenegger dans un personnage de flic, le « lieutenant Wagner » (prononcez « Fakneur » !), qui dans un monologue époustouflant de drôlerie, fait un bilan de la série depuis sa création, mettant le doigt sur ses incohérences, ses absurdités, ses complaisances, devant nos deux « héros » qui surenchérissent de concert. Un très grand moment d’autodérision, vraiment ! Sans oublier la réplique anthologique : à Christian Slater qui lui jure qu’il est vraiment… Christian Slater, Arnold répond : « C’est ça. Et moi je suis gouverneur de Californie ».

Quant à la toute fin, avec sa double chute de pianos, il vaut mieux la voir que la raconter… Un bel adieu, au bout du compte !