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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ARNOLD SCHWARZENEGGER

« COMMANDO » (1985)

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ARNOLD SCHWARZENEGGER

Tourné un an après « TERMINATOR », « COMMANDO » est le film qui installa définitivement Arnold Schwarzenegger comme ‘action hero’ des années Reagan à égalité avec Sylvester Stallone. Filmé avec la même esthétique du muscle huilé et le même fétichisme des armes que « RAMBO 2 : LA MISSION » sorti la même année, le film de Mark L. Lester est l’incarnation même du plaisir coupable.commando2

Le sujet ? On kidnappe la fille (Alyssa Milano) de l’ex-soldat d’élite Matrix (sic !) pour l’obliger à assassiner le président d’un pays d’Amérique latine. Évidemment, notre homme ne va pas se laisser faire comme ça et va éradiquer une armée entière à lui tout seul pour récupérer la gamine.

Dès la première apparition d’Arnold à l’écran : torse-nu, luisant de sueur, une tronçonneuse au poing, un tronc d’arbre sur l’épaule, on devine que tout cela ne va pas être très sérieux. Le brave Schwarzie a beau jouer comme « eine topf » (une casserole en allemand), il a vraiment l’allure d’un héros de BD. Avec ses muscles hypertrophiés, sa coupe en brosse et son œil perçant, il aurait pu être totalement grotesque, sans la présence à ses côtés de Rae Dawn Chong, en ‘sidekick’ qui s’octroie les meilleures répliques du film et désamorce souvent le ridicule de l’entreprise avec ses apartés drolatiques. C’est elle en fait, qui rend « COMMANDO » encore à peu près regardable aujourd’hui. Dans le rôle du méchant, sorte de biker affublé d’un horrible petit gilet de laine, Vernon Wells est d’une colossale nullité. Dan Hedaya cabotine comme un fou en futur dictateur et on aperçoit un tout jeune Bill Paxton en militaire, le temps de deux ou trois plans.

Avec son action ininterrompue, ses explosions pré-CGI, sa BO très eighties de James Horner, ses « one liners » pas toujours très drôles, « COMMANDO » fait indubitablement son âge, mais vaut un coup d’œil curieux pour sa dernière partie hallucinante où Arnold, le visage noirci en camouflage (pourquoi ? Ça se passe en plein jour !), trimbalant un véritable arsenal, décime des dizaines de soldats, tel un cyborg invincible. C’est un cinéma complètement désuet, dépassé, archaïque, mais qu’on peut revisiter avec un sourire nostalgique aux lèvres.

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RAE DAWN CHONG ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« TERMINATOR GENISYS » (2015)

Tout le monde a compris depuis longtemps que la saga « TERMINATOR » s’est réellement achevée à la fin du second film de James Cameron. Ces deux classiques du genre SF furent pourtant suivis de deux autres longs-métrages plus que médiocres et même d’une série TV. Cela tenait de l’acharnement thérapeutique. Mais on croyait en avoir fini. Avec « TERMINATOR GENISYS », 5ème opus donc, on passe dans une tout autre dimension de l’indigence.T5

Ça commence comme un remake du n°1 (séquences entières reconstituées !), puis s’y mêlent des séquences du n°2 et ensuite… c’est la débandade totale. Le scénario est un cataplasme infâme, une sorte de remix sans queue ni tête de la ‘franchise’, tenant à la fois de la « parallelquel » et du délire de geek sous acide. On n’y comprend quasiment rien, le dialogue est affligeant, les comédiens sont atroces du premier au dernier avec une mention à Jai Courtney qui ferait passer son prédécesseur Michael Biehn pour Laurence Olivier. Jason Clarke, généralement fiable, est à côté de la plaque en ‘John Connor’ passé dans le rang des méchants, la petite Emilia Clarke de « GAME OF THRONES » ne fera pas oublier Linda Hamilton (le moment où Jason Clarke l’appelle « maman » dépasse l’entendement). Reste Arnold… Schwarzie… Le seul survivant du premier film. Encore là, toujours là… Même si le cyborg-tueur s’appelle maintenant ‘Pops’ (« Papy ») et que c’est un vieux monsieur ronchon à l’accent allemand digne de Papa Schultz. Il n’a pas grand-chose à faire, joue les gardes-du-corps, s’essaie au gros comique avec ses tentatives de sourires qui tombent à plat. Il s’arrange pour sortir son traditionnel « I’ll be back » auquel on espérait échapper. À l’instar du film tout entier, Schwarzenegger piétine allègrement l’acquit des opus précédents, les ridiculise et coupe toute envie de les revoir un jour prochain.

Les vieilles franchises comme « ROCKY » ou « RAMBO » ont su se régénérer grâce à des sequels tardives mais nullement honteuses. C’est une autre paire de manches pour « TERMINATOR » qui achève son long parcours commencé dans les années 80 par ce piteux ragoût de CGI dont chaque scène semble pire que la précédente. Une note positive pour terminer cette chronique ? Euh… Non. Mission impossible !

 

« MAGGIE » (2015)

MAGGIE2Il y a des promesses qu’on se doit de faire avec beaucoup de prudence. Ainsi, quand on annonce Arnold Schwarzenegger dans un film de zombies, on doit bien savoir ce qu’attend/espère le public : des corps-à-corps dantesques entre le Terminator et des hordes de morts-vivants affamés, des séquences d’action anthologiques, des effets spéciaux à faire dresser les cheveux sur la tête, etc.

Alors quand on découvre « MAGGIE », on ne peut qu’être un tantinet dépité. Le film a toutes les allures d’un énième « low budget » post-apocalyptique. Un drame intimiste, dépressif, à la photo monochrome et sous-exposée, à la caméra systématiquement « bougée ». Arnold lui-même s’est mis en mode « M. Tout-le-monde », dans un rôle d’agriculteur barbu de l’Amérique profonde (non, son accent autrichien n’est absolument pas justifié !), dont la fille aînée a été contaminée par un zombie et commence à se transformer. Situé dans quelques rares décors dépouillés, à peu près dépourvu de rebondissements, sans la moindre séquence un tant soit peu spectaculaire, « MAGGIE » n’offre finalement à contempler que la lente progression de la « maladie » chez Abigail Breslin qu’on voit se dégrader scène après scène, jusqu’à la conclusion inéluctable.

C’est franchement ennuyeux et même pénible. On comprend assez vite qu’il ne se passera rien. Les « rencontres » avec les zombies sont trop rares et trop expédiées pour faire illusion, d’autant que l’avalanche de films et de séries TV sur ce sous-genre ont vraiment épuisé le filon et la curiosité. Cela aurait-il mieux fonctionné avec un autre acteur que Schwarzie ? Probablement. Car privé de ce qui fait son identité (les muscles, le second degré, les répliques-qui-tuent), le bonhomme malgré ses visibles efforts, a tout de même du mal à s’imposer comme acteur dramatique. À tenter éventuellement pour le plaisir unique de voir la star de blockbusters dans une petite production indépendante et dans un contremploi de quidam angoissé et impuissant.

ARNOLD SCHWARZENEGGER

ARNOLD SCHWARZENEGGER

 

« MON ONCLE CHARLIE » : saison 12 (2015)

La 12ème et ultime saison de « MON ONCLE CHARLIE » s’inscrit dans la droite lignée des trois précédentes, c’est-à-dire celles qui ont suivi le départ de Charlie Sheen, pilier de la série.2 HALF Les auteurs ont tenté de reconstituer la raison d’être du titre original (« DEUX HOMMES ET DEMI ») en faisant se marier Ashton Kutcher et Jon Cryer dans le but d’adopter un petit garçon. La thématique homosexuelle est très (trop) appuyée au fil des épisodes, mais cela fonctionne bon an, mal an. Mais on sent nettement l’usure du concept. Au point d’ailleurs, que le dialogue y fait lui-même allusion par des apartés qui sont d’étonnantes mises en abyme doublées d’autocritiques. Rien de nouveau donc, et on rit de temps en temps, presque par habitude. Si Kutcher reste un peu maladroit dans ses effets comiques, Cryer atteint des sommets d’avarice et de « minabilitude ». Il tient maintenant la série sur ses seules épaules. Si cette saison pas réellement nécessaire, mérite d’être vue, ce sera pour son double-épisode final, qui est un summum de n’importe quoi assumé, de sabordage cathartique et d’auto-flagellation. Tout tourne autour d’un possible retour de Charlie Sheen qui ne serait pas si mort que cela, finalement. La plupart des personnages des onze saisons précédentes refont une apparition, dont Angus T. Jones, le fils débile d’Alan : ses regards-caméra dans sa courte scène, sont un vrai délice ! Et puis il y a le bonus. La véritable raison de voir ces adieux délirants : l’extraordinaire apparition d’Arnold Schwarzenegger dans un personnage de flic, le « lieutenant Wagner » (prononcez « Fakneur » !), qui dans un monologue époustouflant de drôlerie, fait un bilan de la série depuis sa création, mettant le doigt sur ses incohérences, ses absurdités, ses complaisances, devant nos deux « héros » qui surenchérissent de concert. Un très grand moment d’autodérision, vraiment ! Sans oublier la réplique anthologique : à Christian Slater qui lui jure qu’il est vraiment… Christian Slater, Arnold répond : « C’est ça. Et moi je suis gouverneur de Californie ».

Quant à la toute fin, avec sa double chute de pianos, il vaut mieux la voir que la raconter… Un bel adieu, au bout du compte !

 

« CONAN LE BARBARE » (1982)

ARNOLD SCHWARZENEGGER

ARNOLD SCHWARZENEGGER

Adapté des romans de Robert E. Howard par Oliver Stone et John Milius et aussi des illustrations qu’en avait tirées le génial Frank Frazetta, « CONAN LE BARBARE », se présente sous les meilleurs auspices. Et si tant d’années après, il est toujours regardable et ne manque pas de charme, c’est un des films les plus inégaux et irréguliers qui puissent se donner de voir, parfois même à l’intérieur d’une même séquence voire d’un même plan. Sans parler de l’insupportable voix « off » qui court sur la longueur du métrage.CONAN2

Oscillant dangereusement entre l’emphase nietzschéenne et le kistch-qui-tue, le grand spectacle et le péplum wagnérien, pâtissant d’une direction d’acteurs pour le moins flottante, le film a du mal à trouver sa voie et à convaincre totalement. Heureusement quelques batailles sont bien réglées et le final renvoie évidemment à « APOCALYPSE NOW » sorti trois ans plus tôt, donnant une certaine résonance au scénario tout entier.

Le tout jeune Arnold Schwarzenegger, s’il a le physique de l’emploi (même s’il fait plus bodybuildé que guerrier sculpté dans la masse), fait preuve d’une gaucherie terrible, touchant ou ridicule d’une scène à l’autre. Le reste est un festival de vilaines perruques, de barbes postiches, de lentilles de contact, collées sur des comédiens haut-de-gamme comme Max Von Sydow, William Smith et surtout James Earl Jones qui s’en donne à cœur-joie dans le n’importe quoi post-Darth Vader. Seule s’en sort honorablement Sandahl Bergman en walkirie énamourée.

En fait le seul qui soit complètement dans le ‘mood’ et qui parvienne à restituer parfaitement les intentions des auteurs, c’est Basil Poledouris, dont la BO lyrique apporte aux images des bouffées d’enthousiasme et d’épopée dont elles manquent cruellement par ailleurs. L’univers créé par Robert E. Howard est imaginaire, sauvage et sans limite et donc extrêmement difficile à restituer sur pellicule. Si on est heureux de revoir de vieux effets spéciaux sans CGI, on se demande après ces deux heures laborieuses, si la seule façon d’adapter les romans originaux ne serait à la façon de la série TV « SPARTACUS » : dans une orgie de violence, de ‘gore’ et de sexe débridé… Mais avec moins de CGI ! Ce Conan-là est définitivement trop sage et… trop philosophe.

GERRY LOPEZ, ARNOLD SCHWARZENEGGER, SANDAHL BERGMAN ET WILLIAM SMITH

GERRY LOPEZ, ARNOLD SCHWARZENEGGER, SANDAHL BERGMAN ET WILLIAM SMITH

 

« THE EXPENDABLES 3 » (2014)

EXP3 2« THE EXPENDABLES 3 », c’est un peu comme le repas de fêtes préparé par une mamie aimante et trop généreuse : c’est lourd, un peu gras, trop copieusement servi, mais… QU’EST-CE QUE C’EST BON !

Après un n°1 sympathique, un n°2 beaucoup trop bordélique et tourné vers la parodie, ce 3ème opus reprend grosso-modo la trame inépuisable des « 7 MERCENAIRES » pour une histoire à tiroirs dont la morale est au bout du compte que les vieux sont définitivement plus balèzes que les jeunots. Sauf en informatique !

Ça va vite, ça pète dans tous les coins, l’humour est toujours présent, grâce en partie au personnage d’Antonio Banderas, nouveau venu moulin-à-paroles ringard mais efficace. Et Mel Gibson s’avère être un méchant de premier ordre, sa bagarre finale avec Stallone nous offrant la confrontation inespérée de Mad Max et Rocky à coups de poing dans la gueule et au gros calibre à bout-portant. Que demander de plus, franchement ?

Bien sûr, il y a beaucoup trop de protagonistes. C’est la force du film et aussi sa faiblesse : Arnold Schwarzenegger a du mal à s’intégrer à l’histoire, sans parler de Jet-Li quasi-figurant. Mais ils sont tous tellement connus et roués à ce genre de film, qu’on ne s’y perd jamais et que c’est un plaisir de les revoir, ridés et un peu poussifs, les armes à la main. Le cher ‘Sly’ est toujours en pleine forme, Jason Statham a moins de grain à moudre que dans les autres films, Wesley Snipes est drôle en « doc » adepte du couteau et Harrison Ford, qui a pris un méchant coup de vieux (on a du mal à le reconnaître dans sa première scène) joue les ronds-de-cuir en mal d’action. C’est un brin surpeuplé, disons, mais qui songerait à s’en plaindre ?

SYLVESTER STALLONE, JASON STATHAM, WESLEY SNIPES ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

SYLVESTER STALLONE, JASON STATHAM, WESLEY SNIPES ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

À voir donc, pour cette séquence d’ouverture, l’évasion d’un train, absolument époustouflante, pour les vieux de la vieille qui n’ont toujours pas rangé les flingues et pour cette bonne humeur décomplexée qui porte tout le film. Tous ces sexagénaires suant de testostérone ressemblent finalement à de vieux enfants heureux de se retrouver à la récré. Et à les voir, on se sent un peu comme eux…

 

« SABOTAGE » (2014)

MIREILLE ENOS : CETTE FILLE-LÀ MON VIEUX, ELLE EST TERRIBLE !

MIREILLE ENOS : CETTE FILLE-LÀ MON VIEUX, ELLE EST TERRIBLE !

25 ans après « PREDATOR », Arnold Schwarzenegger maintenant âgé de 66 ans, se retrouve à nouveau à la tête d’un commando de brutes tatouées et bodybuildées pour ce « SABOTAGE » plutôt alléchant et bien fichu.SABOTAGE3

De fait, le film démarre très fort, promet des personnages hauts-en-couleurs et des séquences d’action phénoménales. De ce côté-là, on est servi. Mais le tout est hélas handicapé par un scénario bordélique, qui télescope le « caper movie » avec une construction à la façon des « Dix Petits Nègres » où on voit disparaître un à un tous les gros-bras. Pourquoi pas ? Encore aurait-il fallu que les auteurs ne laissent pas des trous ÉNORMES dans leur histoire de vengeance tellement alambiquée qu’on serait bien en mal de la résumer après le mot « FIN ».

Ces questionnements qui grippent la machine, plombent sérieusement un film qu’on aurait adoré aimer, parce qu’il est bourré de qualités et que, malgré tout, il parvient à tenir la route, même s’il ne supporte pas l’analyse un tant soi peu approfondie.

Avec ses rides, sa coupe de cheveux improbable et son inamovible gros cigare, ‘Schwarzie’ est parfait, pile dans ce qu’il sait faire de mieux, avec en plus une maturité de jeu qui lui sied bien. Face à lui, Sam Worthington, qui lui succéda dans le rôle du Terminator il y a quelques années. Mais au milieu de cette marée de testostérone, ce sont les deux femmes du casting qui « déchirent » le plus : Mireille Enos absolument incroyable de violence et de déséquilibre mental en membre du commando schnouffée : à faire peur ! Et Olivia Williams, parfaite en flic dure-à-cuire et sarcastique. À elles deux, elles relèguent les machos braillards au stade de vieux gamins bruyants et vantards.

ARNOLD SCHWARZENEGGER ET OLIVIA WILLIAMS

ARNOLD SCHWARZENEGGER ET OLIVIA WILLIAMS

À boire et à manger donc, dans ce polar survitaminé sympathique et techniquement bluffant, qui parvient à survivre à son scénario manifestement trop (re)travaillé, au point d’en devenir incompréhensible.

À noter le final à Mexico, littéralement peckinpien, qui transporte soudainement dans un hommage au western avec ‘gunfight’ dans un saloon à la clé.