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Archives de Catégorie: LES FILMS DE BARBARA STANWYCK

« A LOST LADY » (1934)

LOSTRéalisé par Alfred E. Green (et Phil Rosen, non-mentionné au générique), « A LOST LADY » est un épouvantable mélodrame de la Warner, censé mettre en valeur la nouvelle vedette de 27 ans Barbara Stanwyck.

Le scénario est, dès les premières scènes, un ramassis de poncifs décourageant : le fiancé de Stanwyck est abattu la veille de leur mariage par un mari jaloux. Dépressive, la jeune femme rencontre un avocat (Frank Morgan) qui a le double de son âge et qui lui redonne goût à la vie. Du coup, elle l’épouse sans l’aimer. Mais elle rencontre quelque temps après un bellâtre (Ricardo Cortez) dont elle tombe instantanément amoureuse. Quand il l’apprend, le vieux mari fait un infarctus !

Tourné en studio, le scénario parvient à grand-peine à durer une petite heure, mais tout paraît bien long et laborieux. Mal distribuée dans ce rôle de mondaine porte-poisse au cœur d’artichaut, Miss Stanwyck est certes bien jolie à contempler, mais elle semble bien trop intelligente pour incarner cette écervelée dont tous les hommes deviennent raides-dingues au premier regard. Autour d’elle, une distribution uniformément médiocre dominée par Morgan, qui force sur le pathos et le stoïcisme. Son couple avec sa partenaire est totalement improbable.

« A LOST LADY » aurait à la rigueur pu donner un bon roman-photo, mais en tant que film, c’est un pensum désolant sans la moindre étincelle de vie. Seul l’amoureux peu exigeant de Barbara y trouvera un peu (très très peu) son bonheur.

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BARBARA STANWYCK ET FRANK MORGAN

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« L’EMPRISE DU CRIME » (1946)

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BARBARA STANWYCK ET KIRK DOUGLAS

Étrange mais efficace mélange de ‘film noir’ et de mélodrame provincial, « L’EMPRISE DU CRIME » est un film ample – deux heures – et romanesque, narrant les retrouvailles d’un trio d’amis d’enfance liés par un crime commis vingt ans plus tôt.IVERS2

Le scénario signé Robert Rossen est parfaitement bâti et progresse sans temps mort, la réalisation de Lewis Milestone est peu remarquable mais ne se met jamais en porte-à-faux. On suit donc avec un réel intérêt ce drame à la fois sordide, sensuel et assez adulte dans l’approche psychologique des protagonistes, en se laissant parfois surprendre par ses méandres. Le seul vrai (mais énorme) défaut réside dans la présence de Van Heflin dans un rôle de ‘tough guy’ charismatique devant lequel toutes les femmes se pâment littéralement, même une secrétaire croisée dix secondes qui manque défaillir. Heflin n’a pas du tout la tête de l’emploi et on imagine ce qu’aurait pu et dû être le film avec, au hasard, Burt Lancaster ou Robert Mitchum à sa place. Quelle erreur fatale ! Cela rend plusieurs situations invraisemblables, voire incompréhensibles. Autour de lui, heureusement, le gratin : Barbara Stanwyck dans un personnage ingrat de croqueuse d’hommes toxique, menteuse pathologique. Lizabeth Scott aussi charmante que gauche et surtout Kirk Douglas. À trente ans, l’acteur faisait ses tout premiers pas devant une caméra et il démarre avec un personnage à mille lieux de celui qu’il fignolera pendant plusieurs décennies : il joue un fils-à-papa sans caractère, alcoolique et tête-à-claques et s’y montre étonnamment convaincant. Son dernier face-à-face avec Stanwyck, avec, entre eux un pistolet, est magistral.

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LIZABETH SCOTT, BARBARA STANWYCK ET VAN HEFLIN

« L’EMPRISE DU CRIME », sans être un classique du genre, se laisse regarder avec grand plaisir. À noter que le scénario donne une image de la toute-puissance de l’argent, de la corruption policière et des magouilles du procureur (Douglas) pas très courante à l’époque, ce qui ajoute un arrière-plan très réaliste à l’histoire.

 

« LE SOUFFLE SAUVAGE » (1953)

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ANTHONY QUINN

« LE SOUFFLE SAUVAGE » est le dernier des trois films que Barbara Stanwyck tourna avec Gary Cooper. Et pas le plus mémorable, hélas. « L’HOMME DE LA RUE » et « BOULE DE FEU » avaient laissé le souvenir d’un couple pétillant, idéalement assorti. Ce film, tourné douze ans après, paraît bien terne et sans réel attrait.SOUFFLE.jpg

Hugo Fregonese s’inspire du « TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE » et du récent « SALAIRE DE LA PEUR » pour ce mélodrame mâtiné de film d’aventures exotiques. Les deux stars se retrouvent en Amérique du Sud après des années de séparation. Elle est devenue l’épouse d’Anthony Quinn, un riche pétrolier et vieil ami de Cooper. Celui-ci est engagé par Quinn et la venimeuse Barbara commence à semer la zizanie. Le scénario semble constamment hésiter à privilégier la love story tourmentée ou le western moderne. Comme il ne parvient jamais à se décider, on s’ennuie assez rapidement et comme les deux stars, un peu fatiguées, ne donnent visiblement pas leur maximum, ils se laissent piquer la vedette par Quinn, excellent dans un de ces emplois où il excelle : le fier-à-bras envahissant et trop collant, dissimulant l’âme d’un lâche. Il faut le voir embrasser maladroitement sa femme, alors que celle-ci, manifestement dégoûtée par son seul contact, tente de le tenir à distance. Leurs scènes valent à elles seules de voir le film.

Malgré les attaques de bandidos, quelques fusillades bien réglées et le charme ironique de Ruth Roman dans un rôle d’aventurière amoureuse de ‘Coop’, « LE SOUFFLE SAUVAGE », alourdi par la pénible chanson de Frankie Lane, ne décolle pas et ne trouve jamais sa jute tonalité. Cooper est trop absent pour rendre son personnage crédible, Stanwyck ne fait que répéter l’archétype créé dans « ASSURANCE SUR LA MORT » et leur tandem magique d’antan n’est plus qu’un lointain souvenir. À voir pour Anthony Quinn donc, qui électrise l’écran à chaque apparition.

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GARY COOPER, ANTHONY QUINN ET BARBARA STANWYCK

 

« SAINT-LOUIS BLUES » (1936)

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BARBARA STANWYCK

Quel drôle d’objet que ce « SAINT-LOUIS BLUES » ! Pour commencer à le décrire, on pourrait éventuellement dire que c’est une sorte de « pagnolade » revue et corrigée par les comics du style « POGO » ou « LIL’ ABNER » se passant dans le vieux Sud et dans l’univers pittoresque des ploucs illettrés du Mississipi.BANJO3

Il faut s’accrocher un peu au début, tant le rythme est déconcertant, les acteurs en sur-cabotinage et le scénario flottant. Mais peu à peu, et sans qu’on s’en rende compte, on finit par s’attacher à ces sympathiques abrutis, on se réjouit des jolis numéros musicaux qui émaillent l’action (dont un chant de dockers noirs de New Orleans absolument magnifique) et on renonce à tout esprit critique. Il faut dire que la photo, souvent en clair-obscur est très belle, que les décors sont évocateurs et que Barbara Stanwyck a rarement été plus charmante que dans ce rôle de jeune mariée au caractère de cochon. On peut la voir chanter et danser avec grâce et son interaction avec des partenaires est réjouissante : Joel McCrea est amusant en grand couillon au poing leste, Buddy Ebsen très drôle en « rat des marais » jovial, Katherine DeMille joue une « bad girl » plantureuse avec verve. Mais ils sont tous éclipsés par l’ahurissant numéro de Walter Brennan qui, à 42 ans, joue un papy édenté et musicien, se baladant partout avec son matériel d’homme-orchestre. Brennan n’a jamais été un modèle de sobriété, mais là il repousse ses limites ! Et ça vaut le coup d’œil.

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WALTER BRENNAN ET KATHERINE DeMILLE

Un authentique OVNI donc, que ce « SAINT-LOUIS BLUES », mais que la bonne humeur et l’entrain de comédiens finissent par rendre hautement sympathique et distrayant. À tenter…

 

JOURNÉE DE LA FEMME…

JOURNÉE FEMMES

4 LÉGENDES DES ANNÉES 40 ET 50 POUR LA JOURNÉE DE LA FEMME : BARBARA STANWYCK, ANN SHERIDAN, ELEANOR PARKER ET JOAN BENNETT.

 

« CELUI QUI N’EXISTAIT PAS » (1964)

BARBARA STANWYCK

BARBARA STANWYCK

Signé du pittoresque William Castle, « CELUI QUI N’EXISTAIT PAS » possède deux attraits pour le cinéphile : un scénario signé Robert Bloch, l’auteur de « PSYCHOSE » quatre ans plus tôt et la réunion après 25 ans de Barbara Stanwyck et Robert Taylor qui furent mariés à la ville et qui tournèrent trois films – dont celui-ci – ensemble.CELUI2

Il s’agit d’une fausse ‘ghost story’ qui est en fait une machination « diabolique » (ou qui se voudrait telle) pour rendre folle une riche veuve et lui piquer son argent. Non, ce n’est pas un « spoiler » : la solution de l’énigme est lisible dès les premières séquences sans être un grand spécialiste. Vu le manque de surprise de l’histoire, le film paraît donc un brin longuet (bon d’accord, TRÈS longuet !) et pourrait tout à fait tenir dans les 26 minutes de séries comme « THRILLER » ou « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE ».

Qu’y a-t-il donc à mettre à son actif, alors ? Une certaine ambiance irréelle accentuée par les décors fauchés et factices, un mariage délirant dans une chapelle avec des mannequins de cire pour témoins, les apparitions du défunt mari aux yeux d’aveugle. Et puis tout de même, la grande Barbara qui à 57 ans est toujours crédible en jeune première en péril. Elle révèle même un sacré coffre quand elle se met à jouer les « scream queens » en s’arrachant les cheveux dans les scènes de terreur. À ses côtés, Taylor se contente galamment de jouer les faire-valoir avec un air distant et ironique.

Porté par une BO répétitive et obsessionnelle de Vic Mizzy, truffé d’effets de montage désuets et amusants et de coups de théâtre prévisibles des heures à l’avance, « CELUI QUI N’EXISTAIT PAS » vaut un coup d’œil pour l’amateur de vieilleries sympathiques et de grandes stars en fin de carrière.

 

COLBY OR NOT COLBY…

SORTIE U.S. DE L’INTÉGRALE DES « COLBY ». HESTON, STANWYCK, KATHARINE ROSS... ÉVIDEMMENT, IL FAUT AIMER LE SOAP OPERA !

SORTIE U.S. DE L’INTÉGRALE DES « COLBY ». HESTON, STANWYCK, KATHARINE ROSS… ÉVIDEMMENT, IL FAUT AIMER LE SOAP OPERA !