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Archives de Catégorie: LES FILMS DE BURT REYNOLDS

« COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » (1977)

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BURT REYNOLDS

« COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » est le premier film en tant que réalisateur du cascadeur Hal Needham, grand ami de Burt Reynolds, qui y tient le rôle principal. Inutile d’y chercher autre chose que ce qu’il a à vendre : c’est un gros cartoon redneck qui sent l’impro à plein nez, d’une crétinerie assumée à 100% dans la bonne humeur.COURS2.png

Le scénario ? Un aller-retour d’Atlanta au Texas avec pour enjeu une cargaison de bière de contrebande et comme suspense, les flics de plusieurs états aux trousses du légendaire routier « Bandit » (Reynolds) au volant de son bolide, accompagnant le poids-lourd conduit par son acolyte (Jerry Reed). Ajoutons-y une presque mariée fugueuse (Sally Field, qui n’a jamais été aussi craquante), un shérif obèse et apoplectique (Jackie Gleason) et son fils abruti (Mike Henry, à mourir de rire) et le tableau est à peu près complet.

C’est une succession de poursuites en voitures, de véhicules de police démolis, une BO country entraînante pour lier l’ensemble. Burt Reynolds n’a jamais été aussi décontracté et visiblement heureux d’être là. Quand on lui demande ce qu’il fait le mieux, il répond : « Show off » (« frimer ») ! Ses saynètes avec Miss Field sont drôles et charmantes. Quant au couple Gleason-Henry, c’est une totale réussite comique ! À noter que le vétéran fordien Hank Worden apparaît en camionneur dans un plan de deux secondes.

Que dire de plus ? Si on est bien luné, on s’amusera beaucoup à cette course-poursuite bon-enfant dans l’Amérique profonde, si on est plus critique, on trouvera que le scénario est tout de même très très léger et que la dernière partie n’en finit pas. Mais inutile de chercher la petite bête : « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » est le film qui catapulta Reynolds en tête du box-office U.S. et il a pris une patine certaine, aidant à passer sur son insondable bêtise pour trouver tout cela bien sympathique, au fond.

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SALLY FIELD, MIKE HENRY ET JACKIE GLEASON

 

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BURT… LES DÉBUTS

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PREMIÈRE APPARITION DE BURT REYNOLDS À L’ÉCRAN : UN ÉPISODE DE « M-SQUAD », FACE À LEE MARVIN. IL JOUAIT UN ÉTUDIANT BIZUTÉ !

 

SO LONG, BURT…

Les Américains ont toujours eu pour Burt Reynolds l’attachement qu’ont les Français pour Jean-Paul Belmondo. Les deux acteurs ont d’ailleurs énormément de points en commun : grands sportifs tous les deux, pratiquant volontiers l’autodérision, effectuant eux-mêmes leurs cascades. Et tous deux n°1 au box-office pendant de longues années.BURT.jpg

Aujourd’hui Burt s’en est allé. À 82 ans, il semblait physiquement au bout du rouleau, amaigri, parcheminé, se déplaçant avec difficulté, il faisait plus vieux que son âge. Mais il tournait encore et sans arrêt. Il avait débuté à la TV en 1958 et au cinéma trois ans plus tard. Il fut – à égalité avec son ami Clint Eastwood – LA star des seventies et réalisa plusieurs films. Malgré son succès exclusivement américain, on peut dire qu’il n’a pas très bien géré sa carrière et a dilapidé sa popularité et son énorme capital sympathie dans des séries B d’action, souvent dirigées par ses copains cascadeurs. Cela ne l’a pas empêché d’aligner à son palmarès des réalisateurs comme Sergio Corbucci, Samuel Fuller, John Boorman (qui lui offrit le rôle de sa vie dans « DÉLIVRANCE »), Robert Aldrich, Peter Bogdanovich, Blake Edwards, Alan J. Pakula et plus récemment Paul Thomas Anderson.

La dégringolade de sa carrière fut spectaculaire. Suite à un accident sur le tournage de « HAUT LES FLINGUES ! » avec Eastwood, sa santé se détériora et Reynolds changea du tout au tout. Son jeu s’est assombri, ses choix de films étaient de plus en plus discutables, il est retourné sur les plateaux télé de ses débuts pour des séries sans éclat. Sa traversée du désert fut longue et aride, mais « BOOGIE NIGHTS » en 1997 le ramena sur le devant de la scène. Il fut même nommé à l’Oscar du second rôle !

Devenu une icône, une légende vivante, Burt Reynolds s’est accroché le plus longtemps possible, a multiplié les liftings, accepté tous les rôles, a joué… Dieu dans un « X-FILES », écrit ses mémoires. Et sur la fin de sa vie, il a recommencé à se moquer de lui-même avec des films comme « A BUNCH OF AMATEURS » ou « DOG YEARS », où il assume son rôle de has-been attachant et pathétique avec un indéniable courage.

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« LES POULETS » : BURT, TEL QU’EN LUI-MÊME…

Fut-il un grand acteur ? Probablement pas, mais une star authentique, c’est indiscutable. Sa carrière longue et erratique est impressionnante et sa chute en pleine gloire lui donne une aura tragique. Il avait le rire le plus déconcertant et contagieux d’Hollywood et sa mort soulève aujourd’hui une déferlante d’émotions diverses et de souvenirs. So long, Burt !

 

« DOG YEARS » (2017)

DOG.jpgIl y a neuf ans, Burt Reynolds avait joué dans « A BUNCH OF AMATEURS », une comédie où une ex-star américaine venait se perdre dans un pauvre théâtre de la province anglaise. Aujourd’hui, âgé de 82 ans, l’acteur trouve un sujet similaire, qui pourrait passer pour un film-testament : « DOG YEARS » (ou « THE LAST MOVIE STAR ») d’Adam Rifkin.

Cette fois, Reynolds atterrit à Nashville dans un festival fauché organisé dans un bar par des geeks et centré sur sa carrière. Et on lui a collé une « assistante » insupportable (Ariel Winter) qu’il va entraîner dans un road movie expiatoire jusque dans sa ville natale. La différence entre les deux films est que malgré ses efforts, « DOG YEARS » n’est pas drôle du tout ! Et ce n’est pas une critique. C’est ainsi. Voir Burt Reynolds aussi diminué, ridé, perclus de rhumatismes, l’écouter se déprécier sans arrêt alors que le personnage est si proche de lui, est douloureux. C’est un de ces rôles cathartiques que trouvent parfois de vieilles stars en fin de parcours et qu’ils ont le courage d’assumer. Les deux séquences où il discute avec deux avatars de lui-même dans « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » et « DÉLIVRANCE » sont bouleversantes et cocasses à la fois. Et ses retrouvailles avec sa première femme dans la maison de retraite tireraient les larmes à n’importe qui.

Reynolds a curieusement vieilli. On le reconnaît parfaitement tel qu’il fut dans les seventies, comme s’il avait été enfermé dans un corps de vieillard. Mais l’essentiel est toujours là et c’est un plaisir de le retrouver. Son duo avec sa jeune partenaire est délectable sans jamais être caricatural et sauve le film de la déprime la plus totale. Car commencer une histoire par un vieil homme hâve et hagard qui emmène son chien pour le faire piquer chez le vétérinaire, n’augure rien de très joyeux !

L’acteur a tourné plusieurs films après celui-ci, mais « THE LAST MOVIE STAR », titre finalement plus approprié, sera au bout du compte son chant du cygne et un adieu digne de lui et de son parcours.

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BURT REYNOLDS, ARIEL WINTER ET… BURT REYNOLDS

 

BURT REYNOLDS : R.I.P.

REYNOLDS RIP

BURT REYNOLDS (1936-2018), POUR PARAPHRASER UN TITRE DE FILM : UN TYPE COMME LUI NE DEVRAIT JAMAIS MOURIR. CIAO, BURT !

 
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Publié par le 6 septembre 2018 dans CARNET NOIR, LES FILMS DE BURT REYNOLDS

 

« MAD DOGS » (1996)

DOGS.jpegQu’est-ce que c’est que « MAD DOGS » ? Difficile de répondre à cette, pourtant simple, question. C’est une sorte de fable totalement irréelle et hors du temps, sur une bande de gangsters d’opérette s’entretuant dans des boîtes de nuit arts-déco, se menaçant suavement, le tout sur des chansons de Sinatra ou Paul Anka.

Il n’y a rien à comprendre, rien à ressentir, juste à contempler de vieux cabots en liberté qui semblent prendre du bon temps dans de beaux costards, et à se retenir de zapper car si on est dans le mood, ce n’est pas désagréable. Juste complètement inconsistant et dépourvu de raison d’être. Réalisé par Larry Bishop, qui s’est octroyé un rôle beaucoup trop présent (on pense au syndrome Shyamalan ou Tarantino), « MAD DOGS » est à voir uniquement pour son casting qui réserve de jolies surprises intergénérationnelles. Le film est dominé par Jeff Goldblum qui n’a jamais autant goldblumisé qu’en tireur d’élite ultra-cool. C’est un festival de sourires énigmatiques, de phrases inachevées, d’yeux mi-clos. Absolument pas dirigé, il s’en donne à cœur-joie mais il faut bien admettre que son personnage est totalement incompréhensible. Richard Dreyfuss est très bien en vieux caïd sorti de l’asile, Gabriel Byrne excellent en prétendant à moitié cinglé, on retrouve avec bonheur Burt Reynolds et Henry Silva aussi hilares l’un que l’autre en « gâchettes », on entrevoit énormément de visages familiers dans des caméos. Et Ellen Barkin et Diane Lane jouent des sœurs sexy et vénéneuses.

Cela fait du beau linge et autant de raisons de se montrer curieux envers « MAD DOGS ». Mais pas d’emballement : pour quelques secondes volées çà, et là, quelques répliques sympathiques, il faut supporter ce scénario décousu et aberrant, souvent ennuyeux à mourir.

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BURT REYNOLDS, ELLEN BARKIN, JEFF GOLDBLUM ET HENRY SILVA

 

« DÉLIVRANCE » (1972)

delivranceCombien de films peuvent se targuer de n’avoir pas perdu une once de leur impact plus de 40 ans après leur sortie ? Devenu un classique du cinéma U.S., « DÉLIVRANCE » est encore aujourd’hui stupéfiant de vitalité, de richesse thématique, tout empreint d’une violence primitive qui le rapprocherait presque du cinéma d’horreur.

Il y a tant de façons de recevoir et d’analyser ce film. Ancré dans une Amérique archaïque peuplée de ploucs à moitié débiles, il montre quatre « bobos » (même si cela ne s’appelait pas ainsi à l’époque !) d’Atlanta décidant de descendre une rivière en canoë, avant qu’elle ne soit transformée en lac inerte par un barrage.

John Boorman met 40 minutes à installer ses personnages, à faire jouer l’extraordinaire alchimie immédiatement présente entre Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty et Ronny Cox. Il distille des indices subtils laissant subodorer que quelque chose de terrible couve derrière les fanfaronnades des uns, les chamailleries, les mesquineries. Et brusquement, avec une scène de viol qui a traumatisé des générations de cinéphiles, « DÉLIVRANCE » bascule dans le cauchemar. Comme si la nature tout entière décidait de se venger des affronts infligés par l’homme sur ces présomptueux citadins. La petite randonnée du week-end se métamorphose alors en descente aux enfers. Il faut tuer ou être tué, les os se brisent et déchirent les chairs, les flèches transpercent les corps, les agonies n’en finissent pas.

Avec quelle maestria Boorman dépeint-il l’échange de personnalité des deux protagonistes : le pusillanime et si civilisé Voight devient un meneur d’hommes et un tueur, tandis que Reynolds l’athlète se rêvant « homme des bois », finit en loque mutilée et geignarde.

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BURT REYNOLDS, NED BEATTY, JON VOIGHT ET RONNY COX

Le film passionne, scotche de bout en bout, impossible de décrocher le regard de l’écran une seconde. C’est la rivière elle-même qui devient l’effrayante bête vorace de ce « film de monstre », qui hantera à jamais les nuits des survivants.

C’est indéniablement un des plus grands films des seventies et le chef-d’œuvre de Boorman. Quant au quatuor de comédiens, ils sont tellement parfaits qu’on en oublie à quel point ils sont bons ! Mention aussi à Bill McKinney, monstrueux en pécore sodomite aux dents pourries.

À noter : la photo de Vilmos Zsigmond est superbe, hormis une longue séquence de « nuit américaine » étonnamment ratée, dont l’image solarisée détruit tout effet de réalité et de suspense. Incompréhensible ! À noter également que le scénario (écrit par James Dickey d’après son roman) était initialement prévu pour Marlon Brando (Ed) et Lee Marvin (Lewis). Au début du film, un péquenaud appelle son gros chien affalé par terre. Le nom du chien ? Brando !