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Archives de Catégorie: LES FILMS DE BURT REYNOLDS

AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 83 ANS…

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PETIT HOMMAGE À BURT REYNOLDS ET À SA LONGUE CARRIÈRE. L’ACTEUR-CASCADEUR-RÉALISATEUR NOUS A QUITTÉS IL Y A QUELQUES MOIS.

 

L’INTÉGRALE DE « DAN AUGUST » !

Sortie américaine en DVD, de l’intégrale de la série TV « DAN AUGUST », que Burt Reynolds – récemment disparu – avait tournée juste avant de connaître le succès au cinéma.AUGUST

Reynolds y tient le rôle-titre, celui d’un flic de la Crim’ de Santa Luisa en Californie, qui enquête auprès de gens qu’il a côtoyés toute sa vie. Parmi les rôles récurrents : Norman Fell, Richard Anderson et Ned Romero. Et de nombreuses « guest stars » au fil des 26 épisodes, comme : Anne Francis, Richard Basehart, Vera Miles, Vic Morrow, Joan Hackett, Mike Henry (que Reynolds retrouvera dans « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF ! » et ses suites), Larry Hagman, Martin Sheen, Billy Dee Williams ou William Smith.

À noter que Burt Reynolds et Norman Fell reprirent leurs rôles pour quatre téléfilms en 1980, pas encore édités en vidéo. Le coffret DVD contient également « HOUSE ON GREENAPPLE ROAD », inspiré du roman de Harold R. Daniels et où c’est Christopher George qui y tient le rôle de Dan August, aux côtés de Janet Leigh, Keenan Wynn, Walter Pidgeon et, déjà, Ned Romero qui gardera son rôle de coéquipier dans la série.

 

« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » est signé Alan Smithee, ce qui n’est jamais bon signe. C’est en effet le pseudonyme adopté par les réalisateurs U.S. refusant de signer leurs œuvres, généralement pour cause de différend artistique avec les producteurs. Et il est très rare que cela arrive sur un téléfilm ! L’anonyme est en fait Hal Needham, le vieux complice de Burt Reynolds, il y a déjà bien longtemps. Mais manifestement, tout le monde était très fatigué sur ce tournage et les heures de gloire étaient loin derrière !

Le scénario tourne autour d’un hôtel inauguré par un futur sénateur (David Rasche) dont la fille et la femme sont prises en otages pendant la cérémonie par un tueur (Keith Carradine) exigeant une rançon et… la présence de Larry King sur site. Charles Durning, l’air hagard, pouvant à peine se déplacer, est chargé de l’affaire, assisté de son ami Burt qui ne semble pas non plus au sommet de sa forme. Que dire ? Le film fut tourné à l’aube de l’an 2000 et ressemble à s’y méprendre à un DTV du début des années 80. C’est d’une lenteur effarante, les acteurs sont au-dessous de tout et le suspense est totalement inexistant. Carradine se traîne le petit air tristounet et blasé du bon acteur qui a tourné trop de mauvais films et a fini par démissionner. Il fait un psychopathe sans relief dont le seul signe distinctif est un « mal rasé » d’une semaine. Quant à Reynolds, on n’arrive plus du tout à croire qu’il puisse encore être sur le terrain, en tenue de FBI, l’arme au poing à dégommer des méchants. C’est une catastrophe !

Les aventures de Logan McQueen se sont heureusement arrêtées là et la trilogie a été complètement oubliée depuis, ce qui n’est que justice. Les aficionados de Burt Reynolds préfèrent se souvenir de ses belles heures des seventies, quand il était le roi du box-office américain et qu’il semblait tellement s’amuser avec ses potes cascadeurs. En 1999, il n’était déjà plus que le fantôme de lui-même et ce n’est pas gai-gai…

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BURT REYNOLDS ET KEITH CARRADINE

 

« HARD TIME : THE PREMONITION » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : THE PREMONITION » réalisé par David S. Cass, Sr. est le second téléfilm de la trilogie consacrée au flic de Miami – enfin, ex-flic en l’occurrence – ‘Logan McQueen’, interprété par Burt Reynolds. On le retrouve finissant son année de prison, entouré d’un vieux condamné à mort philosophe (Roscoe Lee Browne) qui lui apprend la vie et d’un serial killer (Bruce Dern) qui se prend pour Hannibal Lecter.

À sa sortie, Burt garde un moment sa perruque qui le fait ressembler à Sean Connery au début de « ROCK » et finit heureusement par en changer pour quelque chose de plus seyant. Le scénario ? Des jeunes femmes meurent dans l’explosion de leurs voitures et Burt assiste en « consultant » l’enquêteur novice chargé du dossier. On a beau aimer les vieux de la vieille présents dans le film (on retrouve aussi Charles Durning dans deux ou trois scènes), c’est affreusement mou, voire un peu tristounet. Vêtu de noir, bedonnant et courant avec difficulté, Reynolds n’a visiblement pas la pêche et traîne une petite mine renfrognée. Il paraît s’ennuyer poliment comme quelqu’un qui a déjà joué toutes ces situations convenues des dizaines de fois dans sa jeunesse et qui est « too old for this shit ». Dern en fait des tonnes, comme à son habitude et Gigi Rice, jouant sa fille hantée par le passé, n’est pas la meilleure actrice du monde.

Ce 2ème épisode n’a donc pas grand-chose pour lui, mais s’inscrit dans le long parcours de « Buddy » Reynolds comme une péripétie vaine et non-avenue.

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BRUCE DERN ET BURT REYNOLDS

À noter que Bruce Dern et Roscoe Lee Browne figuraient tous les deux au générique des « COWBOYS » de Mark Rydell, entourant John Wayne.

 

« HARD TIME » (1998)

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BURT REYNOLDS

À peine un an après son comeback inespéré dans « BOOGIE NIGHTS », Burt Reynolds retombait déjà dans ses vieux travers en réalisant pour la TV le premier film d’une trilogie consacrée à un flic dur-à-cuire de Miami nommé ‘Logan McQueen’. Paraissant plus âgé que ses 62 ans, perclus de rhumatismes, le visage vitrifié par les liftings, la star des seventies est en terrain connu. Mais les temps ont changé…HARDTIME.jpeg

Dès les premiers plans de « HARD TIME », on a du mal à accepter Reynolds en flic toujours en activité et ne parlons même pas de son coéquipier – et père adoptif – Charles Durning, également sur la brèche à 75 ans et accusant facilement 150 kilos ! Comme on aime bien les deux vieux copains qui ont si souvent tourné ensemble, on est prêt à fermer les yeux sur cette aberration. Mais cette histoire de héros soupçonné de corruption, ces mafiosi d’opérette, ces courses-poursuites grabataires ne font pas illusion une seconde et « HARD TIME » ressemble à un fossile de série télé des années 70 exhumé d’un congélateur. Alors bien sûr, on est content de retrouver Robert Loggia, Mia Sara en avocate sexy, Roddy Piper (« INVASION LOS ANGELES ») en homme-de-main ou Billy Dee Williams en procureur, mais le cœur n’y est plus et le temps a fait son œuvre d’érosion. Tout cela est donc un peu cafardeux, car Burt en tant que réalisateur a vraiment perdu la main depuis « L’ANTI-GANG » et son téléfilm est poussif, amorphe et dépourvu du moindre petit début de rythme. Allez, une chose positive : la révélation du véritable coupable à la fin, tombe comme une véritable surprise et, même une deuxième : Grace Una, jouant une fleuriste asiatique, est d’une beauté à tomber par terre. Toujours bon à prendre !

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GRACE UNA ET BURT REYNOLDS

 

 

« LES BOOTLEGGERS » (1973)

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BURT REYNOLDS

« LES BOOTLEGGERS » est un des films que Burt Reynolds tourna dans la foulée de son succès dans « DÉLIVRANCE » et on y trouve réunis tous les éléments de son vedettariat : le vieux Sud pouilleux et ses trafiquants de whisky, les poursuites en voiture, les shérifs véreux, les jolies blondes à forte poitrine, les « sidekicks » pittoresques, etc.WHITE.jpg

Le film de Joseph Sargent démarre très bien, par l’assassinat de deux jeunes par un shérif fascisant (Ned Beatty), puis par la sortie de prison du frère d’une des victimes (Burt Reynolds) bien décidé à le venger en jouant les indics pour le FBI. Hélas, si le postulat tient la route, le scénario lui-même se délite rapidement. Adoptant le rythme indolent de l’Arkansas profond, le film laisse vivre ses personnages, s’attarde sur des « car chases » interminables et pour la plupart inutiles, offre en pâture quelques bagarres. Le problème est qu’il n’y a pas vraiment de ton bien homogène. Alors que ‘Gator’ est quand même là pour se venger, il passe son temps à draguer les filles, à lâcher ses fameux rires de dindon, comme s’il avait oublié son drame familial tout de même très récent. Ça n’aide pas à se sentir très concerné et l’intérêt se relâche progressivement jusqu’à l’indifférence totale. On retrouve avec plaisir un Reynolds en pleine forme physique, « frimeur » comme jamais et sans moustache, bien entouré de seconds rôles comme Beatty son partenaire dans le film de John Boorman, excellent en salopard à lunettes, Bo Hopkins, R.G. Armstrong, Diane Ladd, Dabbs Greer ou la charmante Jennifer Billingsley.

On peut revoir « LES BOOTLEGGERS » par affection pour Burt Reynolds qui façonne un emploi qu’il perfectionnera pendant plusieurs années, mais c’est tout.

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NED BEATTY, BURT REYNOLDS ET R.G. ARMSTRONG

À noter que l’acteur réalisera lui-même la sequel « GATOR ». Dans « LES BOOTLEGGERS », c’est la propre fille – alors enfant – de Diane Ladd, Laura Dern, qui incarne sa fillette dans une fugitive figuration.

 

« MALONE – UN TUEUR EN ENFER » (1987)

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BURT REYNOLDS ET TRACEY WALTER

« MALONE – UN TUEUR EN ENFER » signé Harley Cokliss, est un des meilleurs films de la période noire de Burt Reynolds, celle où – fraichement quinquagénaire – il tentait de reconquérir, sans grand succès, sa place de n°1 au box-office U.S., après son injuste disgrâce.MALONE.png

Dans un rôle d’ex-flingueur/barbouze retraité, très eastwoodo-bronsonien, il se montre impliqué et ultra-sérieux, bien loin de ses clowneries du début des eighties. La trame du scénario est celle de « L’HOMME DES VALLÉES PERDUES » et « PALE RIDER » : un étranger débarque par hasard dans une petite vallée qu’un milliardaire d’extrême-droite (Cliff Robertson) tente d’acheter pour y fomenter en toute tranquillité un complot d’envergure. Par affection pour un garagiste (Scott Wilson) et sa fille (Cynthia Gibb) harcelés par la bande de malfrats, ‘Malone’ va ressortir les flingues, comme dans un bon vieux western.

Classique, sans surprise, le film n’en est pas moins soigneusement fabriqué, les séquences d’action ont bien vieilli et l’alchimie entre Reynolds et ses partenaires féminines, la touchante ado Cynthia Gibb et sa loyale collègue Lauren Hutton, apporte un substrat humain à l’aventure. Les méchants étaient bien castés : Kenneth McMillan en shérif ripou, Tracey Walter en crétin belliqueux, tout cela fonctionne sans accroc, d’autant que les paysages canadiens sont superbes et la photo est souvent inspirée. Bien sûr, on pourra tiquer sur la faculté de récupération de notre héros, frais et dispos une semaine après avoir pris une balle qui l’a quasiment coupé en deux, mais c’est un détail ! À voir donc, sans s’attendre à un grand film ni à beaucoup de vraisemblance, mais pour le plaisir de voir Burt ombrageux et énigmatique, laissant filtrer des éclairs d’humanité dans son rôle de tueur. Et aussi pour quelques répliques simples et qui font mouche : « Dans cinq ans, je serai plus vieille », lui dit la gamine triste de le voir partir. « Moi aussi », répond-il avec regret en l’embrassant.

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KENNETH McMILLAN, CYNTHIA GIBB, BURT REYNOLDS ET SCOTT WILSON