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Archives de Catégorie: LES FILMS DE CHARLES McGRAW

« ACROSS THE LINE » : Chuck Connors dans « Police story »

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CHUCK CONNORS

« ACROSS THE LINE » est un épisode de la saison 2 de la série de Joseph Wambaugh « POLICE STORY », réalisé par Nick Colasanto.

James Wainwright, flic de L.A. mis au placard pour brutalité excessive, est récupéré par Chuck Connors chef des Stups, pour infiltrer un cartel mexicain et faire tomber son boss Frank DeKova. Comme toujours dans cette série, le ton est âpre, réaliste, refusant le pittoresque facile des succès de cette période en matière de polar. Les personnages n’existent qu’à travers leur mission et on ne perd pas de temps en bons mots ou en poursuites oiseuses : just the facts !

Heureusement, le casting réuni vaut le coup d’œil : si Wainwright manque singulièrement de personnalité, Connors est excellent en officier humain sous des dehors de ‘tough guy’, Linda Cristal et Alejandro Rey se retrouvent quelques mois après « MISTER MAJESTYK » et le vétéran Charles McGraw, plus rocailleux que jamais, apparaît dans deux séquences en commissaire râleur et mal embouché. Si la facture a indéniablement vieilli, la BO de Jerry Goldsmith replonge dès les premières images dans l’ambiance si particulière des seventies et fait aujourd’hui figure de témoignage de son temps.

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FRANK DeKOVA, ALEJANDRO REY, LINDA CRISTAL, JAMES WAINWRIGHT ET CHARLES McGRAW

 

« L’HOMME DANS LE FILET » (1959)

NETSur un scénario de Reginald Rose (« 12 HOMMES EN COLÈRE » ou « L’HOMME DE L’OUEST »), réalisé par le vétéran septuagénaire Michael Curtiz, « L’HOMME DANS LE FILET » est un curieux thriller psychologique mâtiné de ‘whodunit’, qui démarre très bien et laisse finalement sur sa faim à cause d’un traitement étonnamment naïf et infantile.

L’ex-business man new-yorkais Alan Ladd s’est exilé en province pour devenir peintre sans succès, ce que sa femme (Carolyn Jones) névrosée et alcoolique, supporte mal. Quand elle disparaît, Ladd est soupçonné de l’avoir tuée et se voit traqué par la ville tout entière. Jusque-là, tout va bien, du moins narrativement parlant. C’est ensuite que les choses se gâtent : notre sombre héros planqué dans une grotte, passe la main à une sorte de « Club des 5 » local, une bande de morveux particulièrement pénibles, qui l’aident à prouver son innocence et altèrent radicalement l’ambiance – et hélas, la qualité – du film. Ce qui démarrait en drame réaliste, âpre et joliment ambigu, s’achève en couillonnade bancale aux rebondissements ridicules. Dommage !

Ladd n’a jamais été très passionnant en tant que comédien et le confirme ici. Il semble absent, il ne bouge pas très bien, paraît s’ennuyer et ne parvient jamais à rendre son personnage un tant soit peu attachant. Heureusement, deux grandes figures du ‘film noir’ rattrapent (un peu) les choses : Charles McGraw sous-utilisé en shérif macho au poing leste et surtout Carolyn Jones, extraordinaire dans son rôle de cinglée imprévisible et dangereuse. Et quelle coiffure ! Ses scènes de dispute avec Ladd au début valent à elles seules qu’on voie le film.

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ALAN LADD, CAROLYN JONES, EDWARD BINNS ET CHARLES McGRAW

« L’HOMME DANS LE FILET » peut se regarder d’un œil distrait, on peut même se laisser prendre au jeu. À condition de supporter les stridents gamins et de passer outre une résolution de l’énigme bâclée et expédiée à la va-vite. Curtiz a fait beaucoup, beaucoup mieux, cela va sans dire !

 

« THE THREAT » (1949)

THREAT2« THE THREAT » est une petite série B de la RKO d’à peine une heure, une banale histoire de gangster évadé cherchant à se venger du procureur et du flic qui l’ont fait condamner à mort.

Dès le début, on ne comprend pas bien pourquoi il kidnappe les deux hommes au lieu de les descendre purement et simplement, puisque c’est de toute façon son but ! Cet illogisme, nullement expliqué d’ailleurs, rend toutes les péripéties laborieuses et presque absurdes. Situé dans deux ou trois décors, le scénario n’est au fond qu’une longue attente, non pas de Godot, mais de l’avion d’un complice censé transporter le malfrat à l’étranger. C’est court, mais on s’ennuie ferme, d’autant que le casting est pauvret : Michael O’Shea est transparent en flic débonnaire, Virginia Grey est très photogénique mais n’a rien à faire, à part rouler des yeux terrorisés.

Heureusement, le plus long temps de métrage est dévolu à Charles McGraw, en plein dans sa grande période : c’est lui qui joue le caïd, dont le seul nom (‘Kluger’ !) fait trembler de peur n’importe qui. Un tueur froid et cruel, un pur sociopathe sans aucun sentiment humain, une machine-à-tuer. McGraw excelle dans cet emploi où son visage dur comme de la rocaille et sa voix de baryton font merveille. Il a un ou deux remarquables moments, comme lorsqu’il abat froidement un jeune homme qu’il vient de désarmer avec un bon sourire paternel. L’acteur crève l’écran et fait oublier (pas toujours) la faiblesse de ce petit polar sans moelle ni moyens, qui parvient à sembler longuet malgré sa toute petite durée.

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CHARLES McGRAW ET VIRGINIA GREY

 

« ROADBLOCK » (1951)

ROADBLOCK2« ROADBLOCK » est un bon petit ‘film noir’ comme on en a vu beaucoup la décennie précédente, lointainement inspiré de « ASSURANCE SUR LA MORT » de Billy Wilder. Il met en scène un flic des assurances intègre et intraitable (Charles McGraw), au point qu’on le surnomme ‘Honest Joe’. Seulement voilà, il n’est qu’un homme et donc, tombe amoureux fou d’une femme fatale (Joan Dixon) habituée au luxe et pour elle, va organiser un hold-up « d’initié ».

Le scénario n’est pas spécialement original, mais très bien tricoté, le dialogue est souvent excellent dans le style « hard boiled » inhérent au genre et le couple central fonctionne très bien. McGraw avec sa mâchoire carrée à la Dick Tracy et sa voix râpeuse, est parfait dans ce rôle de dur aux pieds d’argile. Il faut voir avec quelle économie de moyens il traduit les tourments de ce gaillard tout-d’un-bloc qui se fissure lentement. Un tiraillement discret du coin de la bouche, une main passée dans les cheveux… Face à lui, Joan Dixon, dont ce fut le seul rôle conséquent, est irréprochable dans un rôle assez éloigné des clichés habituels, puisqu’après avoir joué les garces âpres au gain, elle décide de se réformer et de devenir une gentille petite épouse. Un peu trop tard hélas, pour « Honest Joe » déjà passé du « côté obscur de la Force ».

Le film ne connaît aucun temps mort et s’achève en climax par une poursuite en voiture dans les canaux asséchés de L.A., un décor cinégénique au possible qu’on reverra bien souvent au cinéma du « POINT DE NON-RETOUR » à « TERMINATOR 2 ».

Étonnant que la carrière de Charles McGraw n’ait jamais décollé et qu’il soit retombé la décennie suivante dans les seconds rôles. Il avait clairement l’étoffe de devenir un successeur de Bogart.

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CHARLES McGRAW ET JOAN DIXON

 

« LOOPHOLE » (1954)

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DOROTHY MALONE

« LOOPHOLE » est un petit thriller dont le thème du faux coupable aurait certainement plu à Hitchcock : un modeste employé de banque (Barry Sullivan) se fait voler 50 000 $ pendant son travail par un escroc. Il est soupçonné par la police et harcelé par un fic des assurances (Charles McGraw) persuadé de sa culpabilité. Licencié et forcé de vendre sa maison, Sullivan va devoir mener sa propre enquête pour laver son nom.LOOPHOLE

Une bonne base de suspense hélas, en partie gâchée par une réalisation d’une terrible platitude, une photo sans recherche et un casting qui laisse grandement à désirer. Ainsi Sullivan paraît-il bien trop âgé et « viril » pour jouer ce gentil quidam malmené par les événements. Il paraît mal à l’aise et n’attire aucune empathie, ce qui est très dommageable au film tout entier. À ses côtés, Dorothy Malone si idéale pour les emplois de ‘bad girls’ est elle aussi mal distribuée en épouse stoïque et confiante. Seul s’en sort à peu près McGraw plus dur-à-cuire que jamais en ex-flic brutal et obsessionnel qui colle aux basques de notre malheureux héros et lui pourrit la vie. Dommage que ce personnage ne connaisse aucune évolution et que sa relation avec Sullivan suive une courbe immuable. On aurait aimé voir le doute s’installer dans l’esprit de McGraw. Mais… les auteurs devaient avoir autre chose en tête !

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BARRY SULLIVAN, DOROTHY MALONE ET CHARLES McGRAW

Nullement déplaisant, grâce à des extérieurs de L.A. dans les années 50 et à quelques scènes de suspense pas trop mal troussées, « LOOPHOLE » demeure une série B d’anonyme facture, qui n’exploite qu’une faible partie de son potentiel. Dommage…

 

« LAYOUT AT GLEN CANYON » : Charles McGraw dans « Route 66 »

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CHARLES McGRAW

« LAYOUT AT GLEN CANYON » est un épisode de la 1ère saison de « ROUTE 66 », écrit par Stirling Silliphant et réalisé par Elliot Silverstein.

Martin Milner (récemment disparu) et George Maharis, nos deux héros globetrotters travaillent comme ouvriers sur un barrage en Arizona. Leur boss, le dur-à-cuire Charles McGraw leur donne pour mission de surveiller une équipe venue de New York pour faire des photos de mode sur le site. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir que le « chaperon » des filles n’est autre que Bethel Leslie, son ex-femme qui l’avait quitté à la mort de leur fils.

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ZOHRA LAMPERT ET GEORGE MAHARIS

L’épisode n’est pas excellent. Il hésite entre la grosse comédie (les ouvriers refoulés sexuels dans tous leurs états), le mélo et le scénario tente de dynamiser tout cela par des bagarres interminables et redondantes. Mais il y a le plaisir de retrouver McGraw égal à lui-même en chef de chantier au poing leste et à la mâchoire carrée. Dommage qu’il ne soit pas plus présent dans l’épisode. Celle qui sort du rang, c’est la toujours intéressante Zohra Lampert jouant une des filles en dépression depuis que son mari l’a trompée. Une sacrée personnalité capable de rendre intrigant le rôle le plus banal.

Pas le meilleur film de cette série par ailleurs passionnante, mais une belle scène à retenir : la fuite de Lampert dans un paysage en train d’être dynamité. À l’époque pas de CGI, donc chapeau aux artificiers, aux cascadeurs et à la comédienne qu’on reconnaît clairement dans plusieurs plans.

 

« WILLIE BOY » (1969)

WILLIEOn se souvient d’Abraham Polonsky comme d’un homme de gauche blacklisté sous le maccarthisme et réalisateur en 1948 d’un unique film : « L’ENFER DE LA CORRUPTION ». Aussi, c’est avec curiosité qu’on regarde « WILLIE BOY » qui marqua son retour aux U.S.A. pour écrire et réaliser un western.

Bénéficiant d’une enviable réputation auprès des cinéphiles européens, le film supporte assez mal la re-vision objective. On sent en filigrane une résolution forcenée de détourner les codes du genre, d’asséner un discours politique et « adulte » au travers du destin d’un Indien traqué pour de mauvaises raisons. Sans compter cette relation sado-maso entre un shérif-adjoint rustre (Robert Redford) et une chargée des affaires indiennes imbue de sa personne (Susan Clark). Résultat, on ne voit pas suffisamment les uns et beaucoup trop les autres.

L’action se déroule en 1909, les « Injuns » sont parqués dans des réserves et commencent déjà à se transformer en reliques de l’Histoire. Le scénario est étrange, ellipsant des moments importants de façon anarchique, ce qui fait davantage penser à des coupes-montage qu’à une véritable volonté d’auteur. Des personnages apparaissent et disparaissent sans réel développement (le vieux tueur d’Indiens Barry Sullivan, le chasseur-de-primes John Vernon et surtout le jeune Robert Lipton qui aurait dû être le véritable protagoniste du film). Et les rôles de « Natives » sont tenus par des « visages pâles ». Si Robert Blake – qui ressemble étonnamment à Charles Bronson, jusque dans ses maniérismes – est à peu près crédible, Katharine Ross est à côté de la plaque. Enterrée sous un fond-de-teint couleur châtaigne et une perruque noire qui lui mange la moitié du visage, elle est une des « squaws » les moins crédibles de l’Histoire du western.

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ROBERT BLAKE, KATHARINE ROSS ET ROBERT REDFORD

Une fois encore, Redford endosse crânement un rôle parfaitement antipathique de « deputy » poseur et froid, fils d’un pionnier collectionneur de scalps indiens. Un homme entre deux ères. On aurait aimé voir développer sa relation à Willie à peine esquissée, plutôt que perdre du temps avec ses confrontations embarrassantes avec sa maîtresse. Son surnom ‘Coop’ renvoie à Gary Cooper, son physique avantageux lui donne l’allure d’un héros du Far-West de légende, mais le personnage est corrompu, cynique et sans âme.

Parmi les bons points de « WILLIE BOY », une photo sublime de Conrad Hall, des cadrages époustouflants, un ultime face-à-face très réussi entre le chasseur et sa proie et le plaisir de revoir de grands seconds rôles comme Charles McGraw. Mais le film demeure bancal, trop verbeux et privilégiant son message au détriment du spectacle. Au bout du compte, une petite réévaluation à la baisse… Hélas !

 

« LA CHAÎNE » (1958)

LON CHANEY, JR., SIDNEY POITIER ET TONY CURTIS

LON CHANEY, JR., SIDNEY POITIER ET TONY CURTIS

Malgré son concept de départ bien-pensant et lourdement chargé de symboles, « LA CHAÎNE » est un film antiraciste qui a étonnamment bien vieilli, grâce à son montage dynamique, son absence de pathos et par l’alchimie parfaite entre ses deux comédiens principaux.CHAINE3

L’idée est aussi simple qu’imparable : deux taulards s’évadent, enchaînés l’un à l’autre. Le premier est blanc, raciste (comme tout le monde, dirait-on), arrogant, le second est noir, intelligent, débrouillard. S’ils se haïssent au début, ils vont apprendre à se connaître dans l’épreuve de force qui les attend pendant leur cavale et même devenir plus qu’amis : des frères. C’est une sorte de fable à la fois naïve, palpitante, optimiste mais jamais angélique, qui appelle les choses par leur nom et n’hésite pas à montrer l’être humain tel qu’il est. Les fugitifs croisent des lyncheurs, sont traqués par des soldats du dimanche prêts à en découdre. Même la seule femme du film, une jolie fermière qui séduit le « caucasien », s’avère être au bout du compte un peu ragoûtant spécimen d’humanité.

Solide, énigmatique, ironique et fier, Sidney Poitier domine le film sans effort. Face à lui, Tony Curtis (affublé d’un faux-nez, sans doute pour être moins « joli » et plus crédible en forçat) est excellent en « petit blanc » querelleur qui révèle peu à peu sa sensibilité. Autour d’eux, de bons seconds rôles de l’époque comme Lon Chaney, Jr. seul personnage sympathique et ressentant quelque empathie pour eux, Claude Akins en affreux de service, Charles McGraw et sa voix rocailleuse en flic pas très finaud. Theodore Bikel sort du rang en shérif faisant son job sans animosité pour son gibier. Un prototype de personnage qu’on retrouvera sous les traits de Walter Matthau dans « SEULS SONT LES INDOMPTÉS » ou Lee Marvin dans « CHASSE À MORT ».

THEODORE BIKEL, CHARLES McGRAW, TONY CURTIS ET SIDNEY POITIER

THEODORE BIKEL, CHARLES McGRAW, TONY CURTIS ET SIDNEY POITIER

« LA CHAÎNE » a gardé l’essentiel de sa puissance, malgré les années qui ont passé, peut-être grâce à sa simplicité, son dépouillement et la clarté de son message humaniste. La toute fin soulève un maelstrom de sentiments contradictoires…

 

« HAWKINS ON MURDER » : film-pilote de la série « Hawkins »

JAMES STEWART

JAMES STEWART

« HAWKINS ON MURDER » est le film-pilote de la courte série (8 épisodes de 70 minutes) « HAWKINS », réalisé par Jud Taylor et également connu sous le titre « DEATH AND THE MAIDEN ».

Écrit sur-mesure pour un James Stewart de 65 ans, d’après le personnage qu’il créa quelques années plus tôt dans le classique du film de prétoire « AUTOPSIE D’UN MEURTRE », ce personnage d’avocat du Sud, s’amuse à jouer les ploucs lents d’esprit, apparemment peu sûr de lui, mais dissimule un redoutable requin du barreau.

Dans le pilote, ‘Billy Jim Hawkins’ doit défendre une jeune femme (Bonnie Bedelia) accusée d’un triple meurtre et qui est trop confuse pour se souvenir si elle est coupable ou non. Le vieux renard va se prendre d’affection pour sa cliente et enquêter au sein de son entourage vraiment pas très net.

C’est de la bonne télé plan-plan et vieillotte, très bien confectionnée à l’ancienne, qui tient entièrement sur la personnalité de Stewart, qui cabotine de bon cœur, bégaie, esquisse des sourire matois et dodeline de la tête, reprenant tous ses vieux maniérismes avec un métier consommé. Il forme un tandem amusant avec son cousin et associé Strother Martin plus nasillard que jamais. Parmi les ‘guests’, on aperçoit Charles McGraw en flic, Robert Webber en avocat marron, Kate Reid en vieille fille inquiétante et quelques autres visages familiers. Mais c’est Bonnie Bedelia qui crève l’écran en jeune artiste déséquilibrée et fragile. Ses face-à-face avec ‘Jimmy’ sont tous passionnants à suivre.

BONNIE BEDELIA, JAMES STEWART ET STROTHER MARTIN

BONNIE BEDELIA, JAMES STEWART ET STROTHER MARTIN

 

« LES TUEURS » (1946)

AVA GARDNER ET BURT LANCASTER

AVA GARDNER ET BURT LANCASTER

Adapté de la même nouvelle d’Hemingway qui donnera lieu à « À BOUT PORTANT » deux décennies plus tard, « LES TUEURS » a choisi une tout autre orientation. L’idée de génie du film de 1964 est d’avoir donné le rôle « d’enquêteurs » aux tueurs-à-gages eux-mêmes. Ici, c’est le flic d’une compagnie d’assurances qu’on suit du début à la fin dans les méandres d’un puzzle fait de flash-backs.KILLERS2

Et c’est bien le vice-de-forme de ce ‘film noir’ de très belle facture : Burt Lancaster – dont c’est le premier film – et Ava Gardner, les deux « bêtes de cinéma » au summum de leur charisme et de leur beauté physique, n’apparaissent finalement qu’assez rarement, de façon sporadique, et n’ont que peu de scènes ensemble. C’est l’ennuyeux et terne Edmond O’Brien qui occupe l’essentiel du métrage, flanqué du sympathique Sam Levene jouant un policier serviable.

Le scénario, d’une extrême banalité, est en revanche boosté par cette construction à la « CITIZEN KANE » (en gros, la reconstitution de la vie de Lancaster, ex-boxeur amoureux fou d’Ava, qui est flingué dans son lit dans les premières minutes du film). Mais il s’enlise au fur et à mesure, au rythme des déambulations d’O’Brien, personnage sous-écrit, qui ne suscite ni empathie, ni intérêt.

Lancaster se sort bien d’un rôle d’abruti malléable, contrastant avec son visage déterminé et ses muscles d’athlète. Ava Gardner est tout simplement sublime et magnifiquement photographiée, même si elle ne dégage pas vraiment la perversion vénéneuse de la « femme fatale ». Autour d’eux, d’excellents seconds rôles comme William Conrad et Charles McGraw jouant les tueurs du titre, Jeff Corey (qui se sort difficilement d’une scène impossible où agonisant, il raconte dans son délire un long flash-back pendant que les flics prennent des notes), Jack Lambert en malfrat surnommé « Dum-Dum », etc.

CHARLES McGRAW, WILLIAM CONRAD ET BURT LANCASTER

CHARLES McGRAW, WILLIAM CONRAD ET BURT LANCASTER

Classique du genre, « LES TUEURS » fait partie de ces films qu’on aimerait adorer. Mais par sa construction maladroite, son manque de rythme et ses personnages dépourvus d’épaisseur, il se contente d’être très beau à contempler. L’année suivante, « LA GRIFFE DU PASSÉ », qui présente moult points communs avec « LES TUEURS », réussira à 100% le pari en partie perdu par Robert Siodmak.