RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE CLINT EASTWOOD

Image

NO NAME IS 88 !

88

Publicités
 

« TEXAS FEVER » : Royal Dano dans « Rawhide »

RAWHIDE DANO

SHEB WOOLEY

« TEXAS FEVER » est un épisode de la 7ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Harmon Jones. Il marque surtout le retour de Sheb Wooley dans le rôle de ‘Pete Nolan’ le pisteur, après trois années d’absence dans la série.

Pour fêter ce comeback, Wooley se voit accusé de meurtre et presque lynché par une bande de ranchers « vigilantes ». Eric Fleming va devoir enquêter rapidement pour démasquer le vrai coupable (Christopher Dark) qui se trouve travailler pour son vieil ami Royal Dano et chaparder le bétail de tous les ranches environnants.

C’est un épisode très moyen, sans réel suspense. Clint Eastwood n’y apparaît que sporadiquement, toujours dans les travées de son « boss » et semble prendre tout cela par-dessus la jambe, apparemment pressé d’en finir. Comme souvent dans sa carrière, Dano âgé de seulement 43 ans, campe un personnage qui en a facilement vingt de plus. Marié à une femme jeune (Judi Meredith) qui le trompe avec l’infâme Dark, le bien-nommé, il saura la pardonner lors de l’épilogue, ce qui constitue la seule surprise de ce scénario soporifique. À noter que l’omniprésence de la loi du lynch et la présence de propriétaires prompts à rendre eux-mêmes la justice, n’est pas sans annoncer un futur succès d’Eastwood : « PENDEZ-LES HAUT ET COURT ».

RAWHIDE DANO2

ROYAL DANO, CLINT EASTWOOD ET ERIC FLEMING

 

« INCIDENT OF THE WOLVERS » : Dan Duryea dans « Rawhide »

RAWHIDE DURYA

CLINT EASTWOOD

« INCIDENT OF THE WOLVERS » est un épisode de la 5ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Thomas Carr et Clint Eastwood, en l’absence d’Eric Fleming, en est la seule vedette.

Alors que le troupeau est encerclé par une importante meute de loups affamés, ‘Rowdy’ est obligé d’accepter la proposition d’un ‘wolver’ (un exterminateur de loups professionnel) campé par Dan Duryea, de ses deux fils et de sa fille (Patty McCormack). L’intérêt de l’épisode se concentre sur le portrait de cette famille dysfonctionnelle, totalement dominée par ce père autoritaire qui écrase ses rejetons et réduit sa fille en esclavage. Mais celle-ci demande à Clint de lui apprendre à lire et c’est en déchiffrant une lettre laissée par sa mère disparue il y a des années, qu’elle va faire exploser ce « clan ».

Assez classique dans son déroulement, le téléfilm vaut pour ses plans de loups, parfaitement intégrés au montage et créant une réelle inquiétude. Mais surtout par la présence de l’excellent Duryea, despote antipathique et brutal, massacrant les loups à la strychnine et toujours prêt à dégainer son fusil contre quiconque le contrarie ou ose poser les yeux sur sa fille. La jolie Patty McCormack, ex-enfant vedette, a de belles scènes avec Eastwood, plus protecteur et moins dragueur que d’habitude. Un bon épisode de « RAWHIDE », comme c’était souvent le cas quand le personnage de ‘Gil Favor’ était absent.

RAWHIDE DURYEA2

DAN DURYEA, CLINT EASTWOOD ET PATTY McCORMACK

 

« INCIDENT AT CONFIDENCE CREEK » : Dick York dans « Rawhide »

RAWHIDE YORK

CLINT EASTWOOD ET BARBARA EDEN

« INCIDENT AT CONFIDENCE CREEK » est un épisode de la 6ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Harry Harris.

En l’absence de leur ‘trail boss’ Eric Fleming (qui n’apparaît qu’à la toute fin), les cowboys du convoi se sont voler les papiers légaux du troupeau par Dick York, un escroc professionnel et par sa complice Barbara Eden. Clint Eastwood va devoir poursuivre l’aigrefin en compagnie de la fiancée de celui-ci, larguée sans autre forme de procès sur le bas-côté.

L’épisode est bien écrit – et surtout très bien dialogué – sur un ton de comédie et York (le premier mari de « MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE ») s’en donne à cœur-joie en sympathique fripouille au langage fleuri, capable de convaincre n’importe qui de n’importe quoi. Il tient le téléfilm sur ses épaules, mais Miss Eden, radieuse et spirituelle, est également très à l’aise dans son tandem avec Eastwood, qui n’est pas sans annoncer par moments celui de « SIERRA TORRIDE ». L’air crispé et tendu, le Clint joue de façon routinière. La jeune femme a une intéressante réplique qui résume assez bien le personnage de cinéma  de son partenaire : « Attention à ce que personne ne vienne gratter ce mur que vous avez bâti autour de vous, il est possible que vous vous révéliez humain, après tout ». « C’est bien possible, oui », sourit Eastwood.

RAWHIDE YORK2

CLINT EASTWOOD, BARBARA EDEN ET DICK YORK

 

LE BON, LA BRUTE ET LE VERBEUX…

Cette photo montrant Clint Eastwood couché dans l’herbe, écoutant Lee Van Cleef apparemment en verve, est tirée du film de Sergio Leone : « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND ». On a longtemps cru qu’il s’agissait d’une photo de tournage, puisqu’elle ne correspond à aucune scène du film. En fait, l’image est extraite d’une séquence coupée au montage, comme le révèle le blog de Tom B. « WESTERN ALL’ITALIANA ».BUONO

Alors qu’ils sont en chemin pour aller chercher le trésor de ‘Bill Carson’, Blondin et Sentenza s’accordent une petite pause casse-croûte. Le premier en profite pour demander au second comment il a été mis au courant de l’existence de ce butin. Et effectivement, le film ne donne aucune explication quant à la soudaine présence du tueur ‘Sentenza’ au bagne, alors qu’il n’était apparu qu’au début du film dans deux situations pas très connectées à la suite de l’action.

S’ensuit alors une longue explication, reproduite sur le blog, qui éclaircit certains points du scénario, mais tellement longue et verbeuse qu’on comprend pourquoi Leone a jugé bon de la supprimer. L’histoire restera avec quelques « trous », peut-être, mais ne cèdera pas au verbiage et à la banalité. Leone fera de même avec « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », laissant des zones d’ombre dans le récit, mais privilégiant la fluidité et le rythme général.

 

« INCIDENT OF THE PALE RIDER » : Albert Salmi dans « Rawhide »

rawhide-salmi2

ALBERT SALMI, LE PREMIER « PALE RIDER » !

« INCIDENT OF THE PALE RIDER » est un épisode de la 5ème saison de « RAWHIDE » réalisé par Christian Nyby (« LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE ») et il est tout à fait intéressant dans la perspective de la carrière de réalisateur de Clint Eastwood.

rawhide-salmi

CLINT EASTWOOD

Celui-ci accompagné de deux cowboys, s’arrête dans une petite ville où il est agressé par un pistolero (Albert Salmi) qu’il parvient à abattre. Mais de retour au convoi, il a la surprise de retrouver le mort bien vivant ! Un des cowboys meurt littéralement de peur, mais Clint cherche une explication rationnelle : qui est le revenant ? Un fantôme ? Le frère jumeau de celui qu’il a tué ? La résolution viendra (hélas ?) dissiper toute trace de surnaturel.

Le film est néanmoins assez angoissant, d’autant que Salmi crée une silhouette inquiétante au possible avec sa voix nasillarde et sa veste de cuir noir. Il ne cesse de chantonner « Streets of Laredo » comme une mélopée à glacer les sangs.

Le scénariste de l’épisode n’est autre que Dean Riesner qui, exactement dix ans plus tard, aidera anonymement Eastwood à peaufiner son scénario pour « L’HOMME DES HAUTES PLAINES », son premier western en tant que réalisateur, qui comportera de nombreux points communs avec ce « RAWHIDE ». Quant au titre, Clint saura également s’en souvenir pour « PALE RIDER » (1985) où il incarnera à nouveau un personnage fantomatique revenu d’entre les morts.

Étonnant de penser que ces deux longs-métrages sont très probablement nés d’un épisode de série TV bâti sur un embryon d’excellente idée.

 

« THE GRAY ROCK HOTEL » : Lola Albright dans « Rawhide »

RAWHIDE ALBRIGHT

LOLA ALBRIGHT

« THE GRAY ROCK HOTEL » est le dernier épisode de la 7ème saison de « RAWHIDE » et marque, par conséquent, la toute dernière apparition d’Eric Fleming dans cette série dont il fut la vedette pendant sept ans. Sa sortie se fait d’ailleurs dans la discrétion, sans événement particulier pour l’annoncer.

RAWHIDE ALBIGHT2

CLINT EASTWOOD

C’est un des épisodes les plus bizarres et atypiques de « RAWHIDE », flirtant avec le film d’horreur. Fleming et ses hommes malades comme des chiens (on ne saura jamais pourquoi) s’arrêtent dans une ville-fantôme. Là, ils tombent sur une femme étrange (Lola Albright) qui accepte de les aider. Mais elle monte les hommes les uns contre les autres et on découvre qu’elle est poursuivie par une ‘posse’ déterminée à la tuer. Très bien réalisé par Stuart Rosenberg, qui multiplie les très gros-plans en clair-obscur et joue à fond le huis clos, jusqu’à en devenir presque théâtral, « THE GRAY ROCK HOTEL » bénéficie d’un dialogue ciselé, presque poétique par instants et surtout de la prestation hallucinée de Lola Albright, sorte de « veuve noire » folle à lier, rongée par une vie d’humiliations. Elle est franchement inquiétante et vaut à elle seule qu’on voie le film. Autour d’elle, Clint Eastwood apparaît assez peu, on reconnaît Steven Hill en cowboy cloué par la fièvre et Strother Martin, totalement envoûté par la tueuse.

De jolis axes de prise-de-vue, une photo soignée, des décors étouffants à souhait : un des meilleurs épisodes de la fin de vie de « RAWHIDE ». À noter que deux ans plus tard, Rosenberg offrira à Strother Martin le rôle de sa vie au cinéma dans « LUKE LA MAIN FROIDE ».

RAWHIDE ALBRIGHT3

STROTHER MARTIN ET LOLA ALBRIGHT