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Archives de Catégorie: LES FILMS DE DANNY TREJO

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » (2017)

« I’m getting too old for this dyin’ shit ! », lâche Danny Trejo en ressuscitant pour la troisième fois depuis le début du film. Sequel du semi-nanar de 2013, « DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » réalisé au Canada par un Hollandais, est une des pires sequels qu’il soit donné de voir.

À 73 ans bien tassés, l’ami Trejo a perdu beaucoup de sa superbe. Il semble encore plus petit dans son cache-poussière de cuir noir et serre ses grandes dents blanches en tirant à deux revolvers. Mais sa légendaire férocité s’est évaporée. Et l’absence de Mickey Rourke, attraction du n°1, se fait cruellement ressentir. Le scénario ? Une vague histoire de grimoire satanique piqué à « EVIL DEAD », convoité par un officier sudiste (Jake Busey, tout en rictus) et aussi le retour de ‘Guerrero’ dans sa ville natale où il retrouve sa mamita qui a l’air plus jeune que lui et sa plantureuse fille. C’est pourri de ralentis, de contrejours publicitaires et cela s’achève en film de zombies dans un showdown d’un grotesque achevé ! C’est franchement stupéfiant de n’importe quoi sans aucun contrôle, jusqu’aux décors qui semblent avoir été plantés la veille par Lapeyre.

Trejo en est, à l’heure où sont écrites ces lignes, à son 350ème film et il n’en est donc pas à un navet près vu sa cadence de tournage. ‘Guerrero’, l’envoyé de Satan est un de ses trois rôles récurrents avec Machete et Bad Ass, et très certainement le héros de western le plus improbable de l’Histoire du genre.

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE », suite d’un film déjà pas bien fameux n’avait aucune chance de s’élever au-dessus de sa condition de DTV fauché et d’une laideur à faire peur. Même le fan aveugle et sourd de Danny commencera à trouver qu’il exagère un peu et que, effectivement, il commence à devenir « too old for this shit ».

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JAKE BUSEY ET DANNY TREJO

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« HIDDEN » (1987)

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CLAUDIA CHRISTIAN

« HIDDEN » a trente ans. Et même s’il est clairement marqué par l’esthétique de son époque et par ses influences (« TERMINATOR », « ALIEN » et la vogue des ‘buddy movies’ policiers à la Walter Hill), on est tout surpris de découvrir qu’il n’a pas pris une ride, qu’il fonctionne comme au premier jour et qu’on y prend toujours le même plaisir.HIDDEN2

Cela démarre comme une chasse au serial killer à L.A. : un flic (Michael Nouri) s’associe à un agent du FBI (Kyle McLachlan) pour se rendre compte que le tueur est multiple, qu’il change sans arrêt d’apparence physique et qu’on nage en pleine science-fiction. Le scénario est très malin, puisque bénéficiant d’un budget manifestement pas très opulent, il déguise le fantastique en polar urbain. Les rares F/X sont tout à fait efficaces et l’histoire est tellement bien agencée que le film ne connaît aucun temps mort, pas le moindre instant de réflexion qui aurait laissé le loisir de trouver tout cela complètement absurde.

Dans un personnage décalé et bizarroïde, McLachlan semble faire ses gammes pour son rôle de ‘Cooper’ dans « TWIN PEAKS ». Il excelle dans l’impassibilité bienveillante, la fausse naïveté et apporte au film un second degré bienvenu qui compense le manque total d’intérêt de son partenaire Nouri, qui semble tourner un autre film. Dans une jolie pléiade de seconds rôles, on reconnaît Clu Culager, Ed O’Ross, James Luisi et la très atomique Claudia Christian en strip-teaseuse « possédée » qui crève l’écran. Le fan à l’œil affuté saura repérer le jeune Danny Trejo en prisonnier dans un unique plan, avant qu’il ne se fasse exploser par l’alien.

« HIDDEN » est un petit chef-d’œuvre dans son genre, une série B jouissive et intelligente à l’humour discret et qui jette un regard caustique sur l’American Way of Life : le hors-la-loi extra-terrestre aime les voitures de sports, le hard rock, les filles aux gros seins et les flingues. Jack Sholder nous laisse entendre qu’il n’aura aucun mal à s’intégrer à la société humaine !

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MICHAEL NOURI, KYLE McLACHLAN ET DANNY TREJO

 

« LES AILES DE L’ENFER » (1997)

CONAIR2D’abord et avant tout, éliminons toute ambiguïté : ‘Con Air’ n’a pas du tout en v.o. le sens qu’il prend en français et le titre original de « LES AILES DE L’ENFER » ne fait nullement allusion à l’expression faciale de Nicolas Cage.

Ceci établi, le film de Simon West est une sorte de concentré de blockbuster bâti sur une seule idée : un avion rempli à ras-bord de serial killers qui tentent de s’évader et voient leur projet contrarié par un ex-Texas ranger qui vient de purger huit ans de pénitencier. Une fois ce postulat plutôt rigolo établi, le scénario se contente d’articuler ses quelques péripéties autour d’explosions dantesques, de fusillades assourdissantes et de bastons sauvages. Le tout monté avec des plans dépassant rarement les trois secondes. C’est d’une crétinerie abyssale, on dirait que les auteurs cherchent à agglomérer tous les clichés plutôt que de les esquiver. Mais force est de reconnaître qu’on s’amuse assez, grâce à la brochette de « tronches » réunies pour l’occasion : outre les futurs abonnés aux DTV que sont Cage (qui s’est fait le look de Van Damme dans « CHASSE À L’HOMME » et joue à peu près aussi subtilement que lui), John Cusack ou Danny Trejo, on est gâté avec Steve Buscemi en émule d’Hannibal Lecter, Ving Rhames en brute épaisse, Colm Meaney drôle en enfoiré de la DEA et surtout John Malkovich qui s’éclate visiblement à jouer un taré surnommé « le virus ». Voir tous ces monstres côte à côte crée une certaine jubilation.

Si on parvient à supporter l’air hébété et les extensions capillaires de Cage, « LES AILES DE L’ENFER » procurent deux heures de spectacle décomplexé, qui ne sait hélas pas s’arrêter : la destruction de Las Vegas en guise d’épilogue semble vraiment de trop, comme une pièce rajoutée après-coup qui rend le film tout entier bourratif et un brin écœurant. Pour le reste, si on sait ce qu’on regarde et qu’on ne s’attend à rien de sérieux ou d’inventif, on peut débrancher son cerveau et rire de bon cœur.

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STEVE BUSCEMI, NICOLAS CAGE, JOHN CUSACK ET JOHN MALKOVICH

 

« REACH ME » (2014)

REACHClairement influencé par « SHORT CUTS » de Robert Altman et par la mode des films « choraux », mais aussi, encore et toujours par Tarantino (ce couple de tueurs ! ), John Herzfeld signe avec « REACH ME » un film dont la seule surprise est sa date de tournage : on jurerait qu’il a été produit vingt ans plus tôt !

Tout tourne autour d’un livre écrit par un auteur mystérieux (Tom Berenger) capable de changer la vie de ses lecteurs et de modifier leur vision du monde. À partir de là, c’est une construction en mosaïque, faisant évoluer divers groupes de personnages qui finissent par se retrouver tous au même endroit, au même moment à la fin de l’histoire. Vu, revu, rabâché, tout cela ne présente pas grand intérêt à vrai dire et ce petit côté désuet, hors du temps, n’aide pas à accrocher le spectateur.

Cependant, parce que Herzfeld sait filmer et qu’il a réuni une brochette d’acteurs qu’on aime, « REACH ME » se laisse regarder, sans passion excessive mais sans trop de difficulté non plus. Kyra Sedgwick et Lauren Cohan (« WALKING DEAD ») sont bien séduisantes, Sylvester Stallone dans un rôle à la Lancaster dans « LE GRAND CHANTAGE » semble s’amuser beaucoup et son dernier face-à-face avec un Berenger en bonne forme, vaut vraiment le coup d’œil. Thomas Jane est très bien en flic-cowboy addict à la violence, Danny Aiello est un prêtre alcoolo, et parmi les petits rôles on a le bonheur de retrouver Danny Trejo – le temps qu’il se fasse descendre – et Sally Kellerman dans une fugace figuration. Clin d’œil à Altman ?

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THOMAS JANE, SYLVESTER STALLONE ET TOM BERENGER

Il ne faut rien attendre de ce film complètement creux et déconnecté de son époque, dont l’apparente maestria tourne à vide, mais pour tuer le temps et pour revoir des visages familiers, on peut lui consacrer 90 minutes de sa vie, sans trop de regret.

 

BUSY DANNY…

Tiens ! Cela faisait un moment qu’on ne parlait plus de l’ami Danny Trejo. Et pourtant, on ne peut pas dire que le bonhomme soit inactif. À 73 ans bien sonnés, il a aujourd’hui à sa filmographie pas moins que 330 titres ! Sans compter les pubs télé pour des tacos et autres, les courts-métrages de copains, etc.TREJO

Si 2016 fut une année un peu au ralenti (seulement 18 films tournés), Danny semble se rattraper en 2017. Au moins d’avril, il en est déjà à 25 tournages ! Alors bien sûr, il n’y a pas que des chefs-d’œuvre et la plupart ne sortiront probablement même pas en DVD ou en Blu-ray. Mais certains font surface comme ce petit bijou que semble être « L’ATTAQUE DU REQUIN À TROIS TÊTES ». Apparemment pas de nouveau « BAD ASS » à l’horizon, peut-être un prochain « MACHETE », si Danny parvient à caser tout ça dans son agenda. Adelante, compañero !

 
 

« THE SALTON SEA » (2002)

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VAL KILMER

« THE SALTON SEA » reprend à son compte tous les clichés, codes et poncifs du ‘film noir’ des années 40 et les transpose sans complexe dans l’univers des narcotrafiquants du L.A. des années 2000.SALTON

On retrouve donc la voix « off », la construction en flash-back, la quête d’identité de l’antihéros à la dérive, le thème de la vengeance et celui de la corruption, tout cela dans un décor ensoleillé aux couleurs clinquantes. Les auteurs décrivent un environnement sordide de junkies délirants, de dealers sadiques, de filles perdues et attendent (attention : SPOILER !) très longtemps avant de révéler la véritable identité et les motivations de Val Kilmer, d’abord présenté comme un drogué abruti et une « balance » sans foi ni loi. L’acteur, dans un de ses derniers bons rôles, est d’ailleurs excellent dans ce personnage à facettes, auquel il apporte une bonne dose d’empathie et d’émotion.

D.J. Caruso l’a très bien entouré d’une pléiade de seconds rôles comme Peter Sarsgaard en junkie affectueux, Doug Hutchison et Anthony LaPlaglia parfaits en ripoux infâmes, Deborah Kara Unger ambiguë à souhait, Luis Guzmán en tabasseur de femmes, Danny Trejo en porte-flingue dont la virilité est exposée à… un blaireau affamé et même les vétérans Shirley Knight et R. Lee Ermey dans de fugitifs caméos. Mais le clou du film, c’est Vincent D’Onofrio ahurissant en dealer totalement cinglé, dont le nez a dû être amputé par abus de cocaïne. Aussi clownesque que terrifiant, il électrise toutes les scènes où il apparaît !

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DEBORAH KARA UNGER ET VINCENT D’ONOFRIO

« THE SALTON SEA » est trop maniéré et esthétisant pour enthousiasmer vraiment, mais son scénario très peaufiné accroche indéniablement l’intérêt et la photo d’Amir Mokri flatte l’œil. À tenter…

 

« HEAT » (1995)

ROBERT DE NIRO

ROBERT DE NIRO

« HEAT » a déjà vingt ans. Un âge plus que respectable pour un polar. Et il ne les fait pas ! Copié, plagié, décalqué, sur-analysé, le film est ce que « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » fut au western : la somme d’un genre.HEAT

Sur plus de 2 h 30, Michael Mann tisse un scénario d’un incroyable foisonnement, faisant évoluer une grosse vingtaine de personnages dans un entrelacs de séquences courtes dont la mosaïque finit par former un tout d’une extraordinaire précision d’écriture. À travers l’anecdote somme toute banale (la traque d’une bande de braqueurs ultra-professionnels par un superflic de L.A.), « HEAT » s’élève au-dessus de son matériau pour parler de la solitude urbaine, d’un monde moderne sans compassion, qui broie les faibles et ne laisse survivre que ceux qui n’hésitent pas à abandonner ceux qu’ils aiment et qui ont toujours le doigt sur la détente de leur arme. La photo bleutée, métallique, de Dante Spinotti accentue la froideur du récit.

C’était le premier face-à-face Al Pacino/Robert De Niro. Le seul dont il faut se souvenir : le premier en flic cabotin et m’as-tu-vu mais à l’intuition infaillible, le second en gangster taiseux et paranoïaque dont le seul talon d’Achille sont ses propres démons. Ils n’ont qu’un grand moment ensemble, plus un ‘showdown’ à la fin, mais la scène – malgré un dialogue légèrement trop littéraire – est entrée dans les annales. Encore jeunes, le visage marqué par la vie, ils ressemblent tous les deux à d’anciens gosses des rues dans des costumes chics, qui auraient pu être des frères dans une autre vie. Belle idée, casting idéal. Comédiens au sommet de leur art.

Autour d’eux, Mann a réuni le gratin des années 90 : Jon Voight ambigu à souhait en ‘go-between’ mystérieux, Tom Sizemore en voyou accro au danger, Val Kilmer encore (à peu près) potable, des « gueules » comme Danny Trejo ou Wes Studi, etc. Toutes les femmes du film sont belles, stoïques, patientes, incapables de comprendre leurs hommes, guerriers suicidaires au sang froid, mais les aimant malgré tout. Amy Brenneman est particulièrement touchante et la toute jeune Natalie Portman bouleversante en ado paumée.

HANK AZARIA, AL PACINO, WES STUDI, ROBERT DE NIRO, JON VOIGHT ET AMY BRENNEMAN

HANK AZARIA, AL PACINO, WES STUDI, ROBERT DE NIRO, JON VOIGHT ET AMY BRENNEMAN

« HEAT » est un chef-d’œuvre inaltérable, truffé de morceaux de bravoure inouïs : la fusillade en pleine rue de L.A. est époustouflante de sèche violence. Mais ce n’est curieusement pas ce qu’on retient le plus après-coup. On repense plutôt à ces immenses fenêtres donnant sur une mer d’huile, dans des appartements vides, sans vie ni chaleur. À ces hommes désincarnés, au regard de bête traquée, masquant leur vide intérieur sous leurs gestes mesurés et précis. Parfois, on verrait presque planer le fantôme de Jean-Pierre Melville…