RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE DWAYNE JOHNSON

« DOOM » (2005)

DOOM2A priori, bien que méfiant, on se dit qu’un film avec à son générique la sublime Rosamund Pike ne peut pas être complètement mauvais. Puis on se convainc que le sympathique Dwayne Johnson en « bad ass » de l’espace, ça peut être amusant. Enfin, on se rappelle qu’il arrive à Karl Urban d’être très bien et on se souvient même – en forçant un peu – qu’Andrzej Bartkowiak fut un honnête directeur photo sur de grosses productions hollywoodiennes avant de passer à la réalisation. Au final, cela fait-il de « DOOM » un bon film ?

Hélas, pas vraiment. Le scénario est un mélange de « ALIENS » (on en parcourt des kilomètres de couloirs avec de gros flingues au poing !) et de « RESIDENT EVIL », d’une platitude inouïe, se vautrant sans complexe dans le déjà-vu et les emprunts trop voyants. L’action, claustrophobique et répétitive, est d’autant plus irritante, que le spectateur a systématiquement plusieurs trains d’avance sur les personnages, ce qui rend tout cela bien fastidieux. On atteint le fond avec une scène « subjective » directement extraite d’un jeu vidéo. Qui a bien pu avoir cette idée exécrable ?

C’est proprement filmé, ceci mis à part, les protagonistes sont bien définis, même si très caricaturaux et « The Rock » a un rôle étonnamment évolutif de super-sergent charismatique un peu trop fidèle au règlement, jusqu’à en devenir de plus en plus dangereux. Rosamund est toujours aussi photogénique en archéologue pas facilement impressionnable et Richard Brake en fait des tonnes en soldat libidineux et tête-à-claques.

DOOM

ROSAMUND PIKE, DWAYNE JOHNSON ET KARL URBAN

Alors, à voir quand même, « DOOM » ? Franchement ce n’est pas indispensable. On a vu tellement mieux dans le genre ! Que retenir de positif ? Des zombies particulièrement répugnants, une autopsie à soulever le cœur et un effet spécial très réussi : le nano-mur.

 

« BIENVENUE DANS LA JUNGLE » (2003)

RUNDOWN2« BIENVENUE DANS LA JUNGLE » est le second long-métrage réalisé par l’acteur Peter Berg, promis à une belle carrière et le premier film où Dwayne Johnson prend officiellement le relais d’Arnold Schwarzenegger dans un cinéma de distraction, puisque celui-ci vient carrément lui souhaiter de « bien s’amuser », le temps d’un sympathique caméo au début, en le croisant dans une boîte de nuit.

Inspiré à la fois de « À LA POURSUITE DU DIAMANT VERT » et de « MIDNIGHT RUN », ce mélange d’aventures exotiques et de comédie à gros sabots se laisse regarder, c’est indéniable. Mais le scénario est faible et le tandem créé par Johnson et le très exaspérant Seann William Scott est plombé par l’inexpérience du premier et le cabotinage du second. Reste que les paysages d’Amazonie sont beaux, que Christopher Walken semble énormément s’amuser en horrible capitaliste. Il a deux ou trois monologues « walkéniens » qui lui ont sans doute fait accepter le rôle. La réplique : « Ils ont piqué ma dent », est savoureuse.

Dommage que les bagarres « câblées » aient pris un sévère coup de vieux, que les F/X hallucinogènes soient d’une telle laideur, car de temps en temps, passent un vrai enthousiasme, une envie de s’amuser sans complexe. Mais c’est définitivement trop idiot pour tenir longtemps en haleine. Heureusement, « The Rock » a de la présence et dégage une certaine humanité dans ce personnage de chasseur-de-primes rêvant d’ouvrir un restaurant (encore un détail piqué à « MIDNIGHT RUN » !) et Rosario Dawson est bien belle en passionaria peu patiente.

À voir d’un œil distrait donc, ce « BIENVENUE DANS LA JUNGLE » à l’écriture trop bâclée et au montage trop épileptique, en partie sauvé par sa distribution et aussi par sa bonne humeur.

RUNDOWN

DWAYNE JOHNSON, ROSARIO DAWSON ET CHRISTOPHER WALKEN

 

« TOLÉRANCE ZÉRO » (2004)

WALKING2L’histoire vraie de Buford Pusser, un vétéran qui revient dans sa ville natale après la guerre, se confronte à la pègre locale et se fait élire shérif, a déjà donné lieu à « JUSTICE SAUVAGE » (1973), à diverses sequels et même à une série TV.

« TOLÉRANCE ZÉRO » (qui porte le même titre original que le film de Phil Karlson cité plus haut) est un remake taillé aux mesures de Dwayne Johnson. Encore un peu gauche et mal à l’aise devant la caméra, mais déjà sympathique et faisant preuve d’une belle présence physique, l’ex-catcheur offre une image bien différente de celle de Joe Don Baker trente ans plus tôt. Son ‘Chris Vaughn’ (oui, le nom a été changé, bien que le film soit dédié à la mémoire de Buford Pusser) est un brave type naïf et honnête, qu’il faut pousser vraiment très fort pour qu’il s’énerve un tant soit peu. Cela fait que le film met un certain temps à démarrer, à trouver son rythme. Il ne décolle en fait que dans sa seconde moitié, quand notre héros accroche enfin son étoile, empoigne son gourdin de hêtre et entre en guerre ouverte avec les méchants. La fusillade du sheriff’s office est assez spectaculaire et la bagarre à mains nues avec le toujours très odieux Neal McDonough très brutale.

Autour des deux ennemis, de bons seconds rôles comme Johnny Knoxville en adjoint déconneur ou Ashley Scott en stripteaseuse énamourée.

WALKING

DWAYNE JOHNSON, ASHLEY SCOTT ET NEAL McDONOUGH

« TOLÉRANCE ZÉRO » ne possède pas cette facture primitive et parfois presque documentaire des séries B des seventies, mais il parvient tout de même à accrocher l’intérêt par l’efficace simplicité de la réalisation de Kevin Bray et par la présence de « The Rock » (c’est ainsi qu’il apparaît au générique) en train de façonner sa future image cinématographique. À noter que l’épilogue est beaucoup plus optimiste que celui de 1973. Signe des temps ?

 

« FASTER » (2010)

FASTER2Parce que ce n’est pas si fréquent que cela dans ce genre de produit, parce que l’affiche n’avait rien de spécialement prometteur, il faut saluer « FASTER » pour ce qu’il est : une excellente série B d’action, au scénario hyper-travaillé, au montage nerveux et à la photo magnifique du début à la fin.

George Tillman, Jr. part d’un postulat simple (la vengeance d’un ex-taulard après dix ans derrière les barreaux) et développe adroitement une histoire alambiquée, mâtinée de ‘whodunit’, dont tous les protagonistes possèdent un background fouillé et captivant.

La meilleure surprise vient de Dwayne Johnson, sorte de Terminator, de ‘golem’ impavide, obsédé par sa vengeance méthodique, qu’on apprend peu à peu à connaître, alors que l’humanité refait surface entre deux fusillades. Le charisme de l’acteur est indéniable pimenté d’un sens de la nuance et du premier degré. Le face-à-face avec sa mère (Annie Corley) est absolument remarquable et digne d’un film plus ambitieux. Il est très bien entouré par Billy Bob Thornton en flic schnouffé et planche-pourrie, père d’un gamin obèse, et dans des apparitions d’une seule scène, de solides comédiens comme Jennifer Carpenter ou Tom Berenger en directeur du pénitencier au début. Seule faiblesse : Carla Gugino sous-employée et surtout Oliver Jackson-Cohen sans intérêt dans un pourtant beau rôle de tueur à gages narcissique se faisant payer un dollar par contrat et hanté par un handicap d’enfance. Ses scènes avec la minaudante Maggie Grace jouant sa fiancée, rabaissent un peu le niveau général.

Méconnu et oublié, ce « FASTER » se doit d’être exhumé par les amateurs de polars ‘hard boiled’ façon seventies, car même à l’époque, on n’a jamais vu un « héros » abattre quelqu’un sur une table d’opération !

Johnson reprend le flambeau des « tough guys » de l’époque sans avoir à rougir de la comparaison et le scénario tient en haleine jusqu’à l’ultime image. Ce qu’on peut appeler une excellente surprise !

FASTER

CARLA GUGINO, BILLY BOB THORNTON, DWAYNE JOHNSON ET TOM BERENGER

 

« BE COOL » (2005)

COOL2Dix ans après le succès de « GET SHORTY », on reprend les mêmes et on recommence (presque) la même chose : « BE COOL » réalisé par F. Gary Gray est une simple transposition du scénario du film de Barry Sonnenfeld dans l’univers du disque.

Chili Palmer (John Travolta), après avoir connu le succès comme producteur de cinéma, veut se lancer dans la musique en découvrant une jeune chanteuse (Christina Milian). Le scénario est d’une pauvreté à peine croyable, il s’embourbe à la moitié jusqu’à s’immobiliser complètement et se répéter jusqu’à la nausée. Tout ce qui était léger, élégant et drôle dix ans plus tôt est à présent lourdingue, sans queue ni tête, complètement décousu, au point que c’est un second couteau qui pique la vedette à tout le monde : un jeune Dwayne Johnson chevelu, absolument tordant en garde-du-corps gay rêvant de faire l’acteur, alors que son unique talent est de savoir… soulever un sourcil ! Ce personnage périphérique a dû beaucoup faire rire le réalisateur, parce qu’il prend une place anormale dans le film et lui fait perdre son centre de gravité.

Travolta égal à lui-même, se répète aimablement, il reforme son duo de « PULP FICTION » avec Uma Thurman et Gray pousse la paresse à les faire danser ensemble sur une piste. Ce n’est plus de l’hommage, c’est une décalcomanie ! Les seconds rôles sont globalement pénibles (Cedric the Entertainer imbuvable, Vince Vaughn fatigant ou Harvey Keitel à côté de la plaque) et James Woods apparaît juste le temps de se faire mitrailler au début. De vraies stars de la chanson apparaissent dans leur propre rôle et Danny DeVito vient faire coucou.

COOL

JOHN TRAVOLTA, UMA THURMAN, DWAYNE JOHNSON ET JAMES WOODS

« BE COOL », c’est tout ce qu’on n’aime pas dans les sequels : un film inutile, voire superflu, qui tente de capitaliser sur une ancienne réussite et ne fait qu’en cochonner le souvenir. Le fait de réutiliser des situations et des répliques entières de « GET SHORTY » n’arrange évidemment rien. À fuir, donc.

 

« NO PAIN NO GAIN » (2013)

PAIN2« NO PAIN NO GAIN » (stupéfiante traduction française de « PAIN & GAIN » !) est signé Michael Bay, plutôt réputé pour ses blockbusters pyrotechniques. Inspiré d’une ahurissante affaire criminelle des années 90 à Miami, le scénario suit les exploits d’un trio de bodybuilders débiles et/ou toxicos se lançant dans le kidnapping de milliardaires puis tout naturellement dans le meurtre.

C’est le ton choisi par les auteurs qui fait tout : on est dans la comédie noire et le sarcasme, dans la satire vitriolique de l’American Way of Life et on pense à un mix entre l’humour de « BURN AFTER READING » des Coen et « BOOGIE NIGHTS » d’Anderson, où jouait déjà Mark Wahlberg.

Passée la surprise de la première demi-heure assez déroutante, le film devient progressivement hilarant, insolite par l’avalanche d’événements monstrueux qui s’enchaînent et délectable grâce à un casting sans la moindre fausse note. Wahlberg est parfait en crétin musculeux narcissique et amoral, Tony Shalhoub très drôle en otage hargneux et increvable, Ed Harris très bien en ex-flic perspicace, Peter Stormare apparaît fugitivement en médecin. Mais c’est Dwayne Johnson qui rafle la mise dans un personnage irrésistible de tas de muscles lent d’esprit, ultrareligieux et schnouffé jusqu’à la moelle. On ne peut qu’applaudir à son timing comique et aux nuances qu’il apporte, même s’il s’agit d’une comédie débridée. S’il fallait une seule raison pour voir « NO PAIN NO GAIN », ce serait lui.

Une très bonne surprise donc, que ce film dont on ne sent jamais passer les deux heures. Le clinquant des couleurs flashy, le montage « cut », les effets de ralenti et les voix « off » ne desservent jamais le propos, bien au contraire. Et la progression de l’horreur et du ‘gore’ se fait en douceur, sans jamais se départir d’un sourire de plus en plus jaune. Michael Bay aurait-il loupé sa véritable vocation ? La comédie !

PAIN

TONY SHALHOUB, DWAYNE JOHNSON, ANTHONY MACKIE, MARK WAHLBERG ET ED HARRIS

 

« FAST & FURIOUS 5 » (2011)

FAST5 2Délocalisé à Rio de Janeiro, « FAST & FURIOUS 5 » réalisé par Justin Lin est un véritable festival de séquences d’action souvent sidérantes, de testostérone, teinté çà et là d’instants d’émotion. Mais pas trop ! On n’est pas des lopettes, non plus.

Si le scénario tient à peu près debout et enchaîne les rebondissements sans faiblir, la durée est tout de même excessive et les personnages sont un peu trop nombreux pour que l’intérêt ne s’éparpille pas vers la moitié du film. Mais cela demeure de l’entertainment de premier ordre, très bien photographié et monté. La longue scène de la poursuite des deux voitures traînant un coffre-fort derrière elles avec toute la police de Rio aux trousses est un morceau de bravoure époustouflant.

Côté casting, on est gâté. Si Vin Diesel est toujours aussi poseur et peu énergique, il trouve un alter-ego et Némésis adéquat en la personne de Dwayne Johnson, encore plus chauve et musclé que lui, en superflic aussi subtil et chaleureux qu’un T-Rex. Leurs affrontements valent le coup d’œil. Paul Walker et Jordana Brewster poursuivent leur idylle gentillette. Les rôles féminins ont une certaine épaisseur : Gal Gadot en ex-agent du Mossad et Elsa Pataky en fliquette brésilienne endeuillée. Les comparses comiques, qu’on finit par confondre, sont ce qu’il y a de plus faible.

FAST5

VIN DIESEL, GAL GADOT ET DWAYNE JOHNSON

À condition de le visionner sans attendre plus que ce qu’il a à offrir, ce 5ème opus de « FAST & FURIOUS » est tout à fait recommandable. Les extérieurs de Rio sont extrêmement bien utilisés et – bien qu’il n’apparaisse finalement pas très souvent – « The Rock » est un très bon ajout dans les « récurrents » de la franchise. On l’a rarement d’aussi mauvaise humeur que dans ce rôle où il ne décroche qu’un seul et unique sourire et ne s’octroie même pas un « one liner ».