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Archives de Catégorie: LES FILMS DE FRANCO NERO

« THE LOST CITY OF Z » (2017)

S’inspirant de la vie réelle de l’explorateur anglais Percival Fawcett, James Gray signe avec « THE LOST CITY OF Z » un film ample et ambitieux, en collant à son personnage jusque dans ses plus intimes contradictions.LOST

À cause de l’Amazonie, on pense bien sûr à « AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU » auquel Gray rend de discrets hommages çà et là, on pense aussi au méconnu « AUX SOURCES DU NIL » et ce n’est pas toujours à l’avantage du présent film. En optant pour une photo sombre et monochrome tirant sur le vert, due au grand Darius Khondji, l’auteur tourne le dos à l’esthétisme « hollywoodien » d’œuvres comme « MISSION » ou « LA FORÊT D’ÉMERAUDE ». Les images souvent tournées façon reportage refusent l’exotisme facile ou l’emphase. Il en résulte un film certainement proche de la réalité, mais aussi lassant pour l’œil et un brin monotone à la longue. Le thème lui, est fascinant : c’est une histoire édifiante bâtie sur l’échec, sur un rêve jamais accompli, sur un destin fracturé. Et Gray retrouve son obsession des relations père-fils en donnant de l’importance à l’aîné qui accompagne son père dans une ultime expédition qui paraît bien plus fantasmée qu’authentique.

Charlie Hunnam est parfait dans le rôle de Fawcett, bien entouré par Sienna Miller en épouse opiniâtre féministe avant l’heure, par Angus Macfadyen en explorateur traître haïssable ou Robert Pattinson en bras-droit étonnamment effacé. On notera la fugitive et très anecdotique apparition de Franco Nero dans un personnage déplaisant d’esclavagiste cynique.

Malgré des séquences très fortes, un dialogue soigné et l’intérêt d’une belle leçon d’Histoire, « THE LOST CITY OF Z » se déroule comme un rêve, sans marquer vraiment la mémoire ni susciter de passion ou d’enthousiasme. Comme Fawcett toujours à deux doigts de toucher enfin son « El Dorado » qui s’éloigne à mesure qu’il s’en approche, on reste frustré et vaguement déçu après le mot « FIN ».

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« JOHN WICK 2 » (2017)

Trois ans après le n°1, « JOHN WICK 2 » débute par un prologue servant d’épilogue à son prédécesseur. Keanu Reeves récupère sa voiture et son nouveau chienchien, mais il perd sa belle maison.WICK2

On retrouve sans déplaisir mais sans enthousiasme délirant non plus l’univers fabriqué de toutes pièces de la franchise : un monde décalé, presque désuet, occupé par des sociétés secrètes d’assassins professionnels occupés à s’entretuer et où le moindre SDF est un espion potentiel. Keanu est d’abord traqué par la Camorra dont il a flingué la patronne et puis, peu à peu, se met tout le monde à dos. Le scénario est une succession de fusillades, de corps-à-corps, de poursuites effrénées. Le problème c’est que toutes les scènes d’action se ressemblent : bagarre à poings nus, puis au couteau, pour finir par un coup de flingue à bout-portant dans la figure. Pas étonnant que le réalisateur ait été un régleur de cascades ! Les giclures de sang numériques et le systématisme des mouvements finissent par rendre tout ceci abstrait et sans aucune épaisseur humaine. C’est agréable à regarder, on visite Rome et on finit par attendre la fin en s’assoupissant doucement, bercé par le son des silencieux et les grognements des combattants.

Reeves commence (enfin) à mûrir physiquement et à acquérir une certaine présence. Il retrouve le temps d’une séquence son mentor de « MATRIX », Laurence Fishburne dans un rôle de caïd déguisé en clochard. On reconnaît avec plaisir des vieux de la vieille comme Ian McShane et Franco Nero, jouant les gérants des palaces réservés aux flingueurs (don’t ask !) et Lance Reddick en concierge énigmatique.

Nul besoin d’épiloguer sur cette sequel/remake. C’est du cinoche d’action proprement manufacturé, qu’on suit avec indifférence. Le n°3 étant déjà annoncé, il y a fort à parier que Keanu Reeves n’a pas fini d’exploser des crânes, de briser des cervicales et de trancher des aortes.

 

« 58 MINUTES POUR VIVRE » (1990)

58 2Tourné deux ans après « PIÈGE DE CRISTAL », « 58 MINUTES POUR VIVRE » (les titres français sont complètement fantaisistes !) fait le pari du remake transposé – d’un gratte-ciel de L.A. à l’aéroport de Washington – et de la surenchère à outrance.

Sous la caméra du jamais très subtil Renny Harlin, ce n°2 privilégie la quantité à la qualité. Le film est moins stylé que celui de McTiernan, moins bien dialogué, les auteurs ont fait rentrer au chausse-pied des personnages comme William Atherton impliqué par pure coïncidence ou Reginald VelJohnson. Mais quelle importance ? Absolument rien n’est crédible là-dedans et des répliques comme « Des trucs pareils ne peuvent pas arriver deux fois au même mec ! », ne font que renforcer l’impression de resucée invraisemblable de la première à la dernière image.

C’est bien produit, les séquences d’action s’enchaînent sans arrêt et ne reculent devant aucun effet spectaculaire, à la limite de l’absurde. Mais c’est indubitablement distrayant, mouvementé et sans âme, à la manière d’un 007 mâtiné de Dirty Harry. Dans son rôle-fétiche, Bruce Willis, plus sûr de lui, en fait moins que précédemment et s’avère donc moins agaçant. On l’en remercie ! On retrouve Bonnie Bedelia, assise dans un siège d’avion pendant tout le film. William Sadler est un méchant assez inquiétant, Franco Nero joue un général sud-américain ripou et Dennis Franz est excellent en flic de Dulles incompétent et soupe-au-lait. On remarque des quasi-figurants qui feront leur chemin comme Robert Patrick, John Leguizamo ou Colm Meaney.

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BRUCE WILLIS, BONNIE BEDELIA ET FRANCO NERO

« 58 MINUTES POUR VIVRE » est donc un honnête blockbuster truffé d’images-choc comme ces explosions d’avion, qui fait revivre le même réveillon de Noël à son héros sans même chercher à le justifier vraiment. Ça a fonctionné une fois, pourquoi pas deux ? On y perd en rigueur et en surprise, on y gagne… énormément de dollars. Et ce second opus n’était qu’un début.

 

LES 8 RECONNAISSANTS…

8 - copieDécidément nos voisins d’outre-Rhin prennent de plus en plus d’assurance par rapport aux Italiens tenants du titre de rois de l’arnaque vidéo, depuis des décennies. En vérité, il devient difficile de trouver de belles jaquettes trafiquées, des photomontages hasardeux, des escroqueries à deux lires de l’autre côté des Alpes.

C’est pourquoi on ne peut que tirer son chapeau à la sortie de « THE GR8FUL EIGHT » (prononcer « Grateful). Non seulement le titre de cette compilation de huit ‘spaghetti westerns’ ne veut strictement rien dire (« LES 8 RECONNAISSANTS » ?), mais l’éditeur a ouvertement plagié le visuel des « 8 SALOPARDS » de Quentin Tarantino, avec bien sûr le chiffre « 8 » mais aussi avec ce délicat mélange de noir & blanc et de rouge et la présence de montagnes à l’arrière-plan. Pas enneigées d’accord, mais presque !

Les huit « Gr8ful » (encore une approximation linguistique !) ne sont au nombre que de quatre : Tomás Milian, Franco Nero, Klaus Kinski et Burt Reynolds, mais sans doute a-t-on considéré qu’ils en valaient bien le double.

 

« JE LA CONNAISSAIS BIEN » (1965)

STEFANIA SANDRELLI

STEFANIA SANDRELLI

Coécrit par Ettore Scola, « JE LA CONNAISSAIS BIEN », c’est un peu la réponse italienne à « DARLING CHÉRIE », film anglais sorti la même année sur un thème assez proche (et chroniqué sur « BDW2 »).CONNAISSAIS

À travers le portrait doux-amer, parfois cruel, d’une jeune paysanne installée à Rome, mélange de naïveté enfantine, de stupidité languide et d’amoralité décomplexée, le film décrit l’envers de la Dolce Vita. Ici, pas de strass, pas de stars, mais un regard un peu moralisateur sur les laissés-pour-compte du showbiz : starlettes abusées par tout le monde, passant littéralement de lit en lit, acteurs has-beens prêts à toutes les humiliations pour un petit job (numéro terrible d’Ugo Tognazzi), journalistes « macs » (Nino Manfredi, répugnant à souhait), avorteuses mondaines, gigolos minables (Jean-Claude Brialy), etc. Le panel humain étalé ici n’a rien de ragoûtant. Il faut tout le charme – il est heureusement considérable ! – de la toute jeune Stefania Sandrelli, pour qu’on s’attache à cette « pauvre fille » à la dérive, proie rêvée de cette faune abjecte détaillée sans empathie ni compassion. Avec son beau visage, son expression vacante, sa joie de vivre un peu forcée, toujours teintée de déprime, elle compose un personnage poignant et pathétique qu’on regarde s’enfoncer de scène en scène, se flétrir jusqu’à cette inévitable conclusion.

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STEFANIA SANDRELLI, FRANCO NERO ET MARIO ADORF

Le film capte parfaitement l’ambiance de l’Italie des sixties, débarrassée de son folklore glamour et malgré un scénario-mosaïque construit en vignettes, l’intérêt ne retombe jamais. À noter au sein d’un casting uniformément brillant, la brève présence de Franco Nero, un an avant « DJANGO », en employé de parking énamouré et Mario Adorf, excellent en boxeur abruti de coups, au regard d’enfant.

« JE LA CONNAISSAIS BIEN » est un beau film triste qui ne connaît pas de happy end et offre à Stefania Sandrelli un des plus jolis rôles de sa carrière.

 

DOUBLE RATION DE SPAGHETTI…

SORTIE U.S. D’UN DOUBLE BLU-RAY AVEC DES CLASSIQUES DU GENRE. ET AVEC LEE ET FRANCO !

SORTIE U.S. D’UN DOUBLE BLU-RAY AVEC DES CLASSIQUES DU GENRE. ET LE PLAISIR DE RETROUVER LEE ET FRANCO EN HD !

 

« AVEC DJANGO VINT LA MORT »…

SORTIE BLU-RATY EN JUILLET ET EN ALLEMAGNE DE « L’HOMME, L’ORGUEIL ET LA VENGEANCE » QUI, RAPPELONS-LE N’EST PAS UN WESTERN ET OÙ NERO NE JOUE PAS DJANGO !

SORTIE BLU-RAY EN ALLEMAGNE DE « L’HOMME, L’ORGUEIL ET LA VENGEANCE » QUI, RAPPELONS-LE N’EST PAS UN WESTERN ET OÙ NERO NE JOUE PAS DJANGO !