RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE JACK ELAM

« SYNDICATE SANCTUARY » : Jack Elam dans « Les incorruptibles »

INCOS

JACK ELAM ET ROBERT STACK

« SYNDICATE SANCTUARY » est un épisode de la 1ère saison de la série « LES INCORRUPTIBLES » réalisé par Paul Harrison.

Le scénario se concentre sur la petite ville de Calum, choisie par la pègre pour devenir la plaque tournante du trafic de drogue. Robert Stack et ses hommes cherchent à localiser le QG du caïd Anthony Caruso, qui vient de faire assassiner un vieux juge, candidat intègre à la mairie. Ils découvriront que la planque en question n’est autre qu’une pièce… au fond du commissariat ! Rien de très palpitant là-dedans, trop de personnages secondaires et pas de « guest star » proéminente, comme c’était si souvent le cas dans cette série et qui en faisait d’ailleurs tout le charme. On reconnaît quelques têtes familières comme Gail Kobe, Lewis Charles en taxi manipulé par les gangsters et Jack Elam et Frank Wolff en hommes-de-main patibulaires à peine silhouettés. Pour la petite histoire, les deux acteurs se retrouveront – sans avoir de scène ensemble, toutefois – neuf ans plus tard, au générique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ». À leurs côtés, l’imposant Mike Lane (le boxeur de « PLUS DURE SERA LA CHUTE ») joue un géant étrangleur tout de noir vêtu.

Le magnifique noir & blanc, une belle séquence au cœur d’une mine désaffectée, compensent la relative faiblesse de cet épisode, qui faisait la part belle à Nick Georgiade un des adjoints de Ness, généralement confiné à l’arrière-plan et à de modestes figurations.

INCOS2

GAIL KOBE, MIKE LANE, ANTHONY CARUSO, FRANK WOLFF ET JACK ELAM

Publicités
 

« RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » (1957)

OK

BURT LANCASTER ET KIRK DOUGLAS

Sans présenter les qualités plastiques et romanesques de « LA POURSUITE INFERNALE » de John Ford, « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL », énième version du duel mythique qui opposa le marshal Wyatt Earp et ses frères au clan des Clanton à Tombstone, a fini par l’égaler dans l’esprit des amoureux du western. John Sturges, armé d’un scénario en béton armé de Leon Uris et surtout d’un casting éblouissant signe un de ses meilleurs films.OK2

On peut trouver la mécanique trop millimétrée, le rôle de Rhonda Fleming superflu et certains décors de studio pas très heureux, mais le film balaie les réticences par l’excellent traitement de son thème principal : l’amitié entre un homme de loi psychorigide (Burt Lancaster) et un joueur tuberculeux qui tue comme il respire (Kirk Douglas). Uris bâtit cette histoire d’hommes comme une love story hollywoodienne traditionnelle : rencontre inopinée, coup de foudre, conflit, complicité grandissante, etc. D’ailleurs, l’amie de Doc Holiday est ouvertement jalouse de Earp au point de l’envoyer à la mort pour s’en débarrasser ! C’est dire que l’ambiguïté règne, mais sans insistance. Les deux acteurs sont superbes, particulièrement Douglas en âme tourmentée, suicidaire, aveuglément fidèle à ce « lawman » qu’il devrait haïr. Ses scènes avec Jo Van Fleet jouant une prostituée ni très belle, ni très jeune, sont très étonnantes dans un film de cette époque. Une relation complexe, toxique, flirtant avec le SM pur et simple. Sturges surfe avec maestria de morceaux de bravoure en séquences magnifiquement dialoguées avec une certaine raideur nullement déplaisante.

Imparfait mais puissant, devenu un vrai classique westernien après avoir été longtemps dénigré au profit du chef-d’œuvre de Ford, « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » permet à l’amateur de se délecter d’une distribution de seconds rôles extraordinaire : Dennis Hopper, Lee Van Cleef, John Ireland, Jack Elam (à peine figurant), Earl Holliman, DeForest Kelley et beaucoup d’autres. Un vrai régal, ce film.

OK3

KIRK DOUGLAS, JO VAN FLEET ET LEE VAN CLEEF

 

« EL PERDIDO » (1961)

last-copie

KIRK DOUGLAS ET ROCK HUDSON

Robert Aldrich à la réalisation, le scénariste Dalton Trumbo et la star Kirk Douglas qui sortaient à peine de leur succès « SPARTACUS », Rock Hudson et Dorothy Malone pour la troisième fois partenaires après deux Douglas Sirk, les décors arides du Mexique, l’ambiance western… On voit mal comment « EL PERDIDO » pourrait être inintéressant.last3-copie

D’ailleurs il ne l’est pas, loin de là. Mais bizarre, il l’est, sans le moindre doute ! C’est en fait un mélodrame classique avec son lot d’amours contrariées, de séparations irréparables, de coups de théâtre et de grands sentiments, relocalisé dans l’univers du Far-West hollywoodien.

Le film est inégal, par moments assez âpre (l’humiliation de Joseph Cotten, juste avant sa mort), à d’autres complaisant (les chansonnettes hors-sujet poussées par Douglas), et souvent même assez osé : l’ombre de l’inceste plane au-dessus de la dernière partie non-exempte d’ambiguïté sur la consommation de l’acte. Quelque chose a dû échapper aux censeurs !

Aldrich a toujours ce vieux sens du cadrage dynamique, du montage « cut », mais son film paraît bancal : il prend le temps de présenter des cowboys menaçants (Neville Brand et Jack Elam) pour ne leur donner que de fugaces silhouettes (coupes montage ?), il s’attarde sur une tempête de sable qui rend l’action pratiquement illisible et dilue l’intérêt et le suspense. Il met tout en place pour un face-à-face bourré de testostérone et n’offre à Douglas que Hudson comme rival. Si le premier exulte dans un personnage de voyou poète et névrosé rappelant « L’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE », le second semble distrait, jamais tout à fait présent. Leurs scènes ensemble ne prennent jamais corps tant leurs styles sont mal accordés. À leurs côtés, Malone est très bien en ‘tough girl’ à qui on ne la fait pas et Carol Lynley adorable en jeune fille pure mais déterminée. Regis Toomey tient un rôle intrigant de témoin muet mais dont le regard en dit long, préfigurant un peu ‘Alias’ dans « PAT GARRETT & BILLY THE KID ».

last2-copie

KIRK DOUGLAS, CAROL LYNLEY ET DOROTHY MALONE

Sans compter parmi les vraies réussites d’Aldrich, « EL PERDIDO » tient tout de même bien la route, supporté en grande partie par les épaules de Douglas, charismatique à souhait en « good bad guy » névrosé, tout de noir vêtu et portant de surprenants foulards de couleur.

À noter : inédit en Blu-ray aux U.S.A. et en France, le film est récemment sorti sur ce support en Allemagne sous le titre « EL PERDIDO », dans une copie propre mais hélas, exagérément lissée, sans le moindre grain pellicule. Reste à attendre une vraie restauration…

 

BLUE JUBAL…

JUBAL BR

SORTIE FRANÇAISE ET EN BLU-RAY DE « L’HOMME DE NULLE-PART », HONNÊTE WESTERN DE 1956 AVEC STEIGER, BRONSON, BORGNINE, ELAM…

 

« SOUTH OF THE BORDER » : Jack Elam dans « The Texan »

TEXAN ELAM

JACK ELAM ET PETER MAMAKOS

« SOUTH OF THE BORDER » est un épisode de la 1ère saison de « THE TEXAN », réalisé par Joe Parker. Et un épisode plus ‘hard boiled’ que la moyenne.

Rory Calhoun arrive dans la petite ville du shérif John Doucette, vieil ami à lui. Celui-ci redoute l’arrivée de deux frères hors-la-loi (Peter Mamakos et Jack Elam) et de leur bande. Le Texan a à peine le temps de lier connaissance avec une adorable fillette et sa maman, que les bandits attaquent la banque. Elles sont tuées toutes les deux. Calhoun traque les frères jusqu’au Mexique et ramènera Elam qui sera accidentellement abattu par Mamakos.

TEXAN ELAM2

RORY CALHOUN

La mort violente d’un enfant était assez rare à la TV de cette époque. Et le héros de la série endosse un rôle de « vigilante », motivé par le ruban que la gamine avait attaché à sa selle. Les deux frères sont bien croqués en quelques scènes : Mamakos sanguin et brutal, Elam plus conciliant mais tout aussi létal. Doucette incarne le vieil archétype du shérif courageux mais pas téméraire qui laisse notre Texan faire son boulot à sa place.

Un bon épisode d’une série qui décrit un Ouest dangereux et désertique, avec une grande économie de moyens. Dans la colère froide, Rory Calhoun est vraiment très bien.

 

« CLOOTEY HUTTER » : Jack Elam dans « Lawman »

LAWMAN GREGG2

VIRGINIA GREGG

« CLOOTEY HUTTER » est un épisode de la 4ème saison de « LAWMAN », qui bénéficie de l’apport créatif de deux excellents techniciens : le réalisateur Richard C. Sarafian et le chef-opérateur Bert Glennon.

LAWMAN GREGG

JACK ELAM

Virginia Gregg, une dure-à-cuire arrive à Laramie pour faire des provisions. Elle est provoquée par un ivrogne qu’elle abat derechef. Le frère de celui-ci (Jack Elam) ne cherche pas à se venger, mais voudrait savoir si elle a vraiment dégainé plus vite de son frangin ou si elle l’a pris en traître. Pour ce faire, il la défie à son tour en duel ! Heureusement, tout cela se finira par une amorce de love story entre les deux tourtereaux au physique disons… difficile.

L’épisode vaut le coup d’œil essentiellement parce qu’il se déroule de nuit et sous une pluie battante, ce qui – vu le budget microscopique de ces petits téléfilms et les deux ou trois jours de tournage – relève de l’exploit. C’est donc esthétiquement très beau, à la manière d’un ‘film noir’ de la grande époque.

Il y a aussi le plaisir de voir Elam dans un personnage moins manichéen que d’habitude. Un vaurien certes, mais plutôt non-violent et même presque… tendre ! Ce qu’on appelle quasiment un contre-emploi. Quant à Virginia Gregg, elle compose une sorte d’avatar de Calamity Jane originale et même émouvante. Notre héros John Russell se contente sagement de compter les points et de faire acte de présence.

 

« THE FOUR » : Jack Elam dans « Lawman »

LAWMAN ELAM2

JOHN RUSSELL

« THE FOUR » est un épisode de la 4ème et ultime saison de la série « LAWMAN », réalisé par l’excellent Richard C. Sarafian.

Dans la grande tradition du western des années 50 (« LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL »), le film s’ouvre sur l’arrivée à Laramie de quatre hommes patibulaires à cheval. Ils investissent la ville, armés de fusils, se postent à des points stratégiques et attendent. Quand l’un d’eux est tué par un mystérieux tireur, leur chef Jack Elam explique au marshal John Russell qu’ils sont venus tuer un homme. Un très jeune garçon qu’il décrit comme un « animal » et qui a déjà assassiné huit personnes, juste pour le fun. Russell engage les trois survivants comme adjoints et ils se mettent à traquer le tueur.

Quand celui-ci est finalement acculé dans une grange et que Russell est forcé de le descendre, Elam contemple le cadavre et demande tranquillement au marshal : « Puis-je récupérer le corps de mon frère, à présent ? ».

LAWMAN ELAM

JACK ELAM

Très bonne chute pour un épisode hyper-tendu, porté par la présence à la fois sympathique et inquiétante d’un Jack Elam en grande forme et qui tient en haleine jusqu’à cette dernière réplique qui remet tout en perspective.