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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JAKE GYLLENHAAL

« LOVELY & AMAZING » (2001)

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CATHERINE KEENER

« LOVELY & AMAZING » est une tranche de vie américaine, écrite et réalisée par la toujours intéressante Nicole Holofcener, qui prend pour protagonistes une quinqua (Brenda Blethyn) et ses trois filles : Catherine Keener, une artiste ratée et velléitaire, Emily Mortimer actrice complexée et insécure et Raven Goodwin, fillette noire et rondelette qu’elle a récemment adoptée.LOVELY.jpg

Le miracle des films de cette réalisatrice est, qu’en d’autres mains, ils seraient probablement d’ennuyeux pensums auteurisants. Mais par l’acuité de son regard et sa générosité, elle parvient à donner vie à ses personnages, à d’abord les présenter sous leur plus mauvais jour, pour suite et très progressivement les rendre attachants et très émouvants. Aucune prétention dans cette démarche, aucune place à l’ennui, « LOVELY & AMAZING » est un film intelligent et sensible qui parle, entre autres, d’égoïsme, d’incommunicabilité, de solitude et du mal qu’on se fait les uns aux autres, parfois sans intention de nuire, mais pour des résultats dévastateurs. C’est aussi et surtout, un grand plaisir d’actrices : Keener à fleur de peau, cassante et agressive qui pense qu’on peut tout régler dans la vie en disant : « Fuck off ! ». Mortimer aussi agaçante qu’attendrissante. La scène où elle demande à un amant de la décrire sans ménagement, après s’être dénudée devant lui, est stupéfiante et n’a pas dû être facile à tourner ! La petite Goodwin pique la vedette à tout le monde avec un métier consommé à… huit ans. Parmi les hommes peu brillants croisés en chemin : Dermot Mulroney parfait en acteur idiot et narcissique (non, ce n’est pas un pléonasme) et un tout jeune Jake Gyllenhaal en ado tombant amoureux d’une femme mûre.

Un film charmant, cruel et drôle, souvent poignant, dans lequel il faut pénétrer sans idées préconçues.

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EMILY MORTIMER, CATHERINE KEENER ET JAKE GYLLENHAAL

 

HAPPY BIRTHDAY, JAKE !

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JAKE GYLLENHAAL, IL DÉBUTE TRÈS JEUNE ET S’AFFIRME PAR DES CHOIX AUDACIEUX COMME UN DES MEILLEURS ACTEURS DE SA GÉNÉRATION

 
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Publié par le 19 décembre 2019 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE JAKE GYLLENHAAL

 

« PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS » (2010)

PERSIA.jpgOn ne pourra certainement pas reprocher à Mike Newell d’avoir toujours tourné le même film : de « 4 MARIAGES, 1 ENTERREMENT » à « HARRY POTTER » en passant par « DONNIE BRASCO », c’est un des réalisateurs anglais les plus éclectiques. Et ce n’est pas « PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS » qui viendra le démentir.

Le film, une sorte de « sword & sorcerer » arabisant, détonnant mélange des romans de R.E. Howard et des films d’aventures d’Errol Flynn et Burt Lancaster, entraîne dans une histoire délirante dont l’enjeu est une dague magique capable de changer le cours de l’Histoire. En mouvement perpétuel, utilisant les CGI profusément mais à bon escient, « PRINCE OF PERSIA » fait retrouver son âme d’enfant et tient la distance sur deux heures sans faiblir un instant, offrant des séquences d’action époustouflantes, des personnages hauts-en-couleur et un humour parcimonieusement distillé. C’est une excellente surprise, un vrai film d’évasion, dont le scénario assez riche, se permet une allusion à la politique de George W. Bush et qui multiplie à un rythme effréné les trahisons, les batailles acrobatiques, les apartés amoureux et finalement un climax visuellement splendide. Jake Gyllenhaal est excellent en héros tête brûlée au sourire de gamin, Gemma Arterton n’a jamais été plus radieuse, Ben Kingsley réendosse sa panoplie de traître tous-terrains, Alfred Molina est amusant en fripouille sympathique (il faut l’avoir vu embrasser une autruche dans le cou !). Tout le monde paraît s’amuser énormément et c’est heureusement contagieux.

« PRINCE OF PERSIA » est un vrai spectacle pour tous âges, un gros clin d’œil à un cinéma dépassé mais jamais oublié, un joli travail de production et de réalisation, qui mérite d’être réévalué à la hausse.

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JAKE GYLLENHAAL, GEMMA ARTERTON ET BEN KINGSLEY

 

« VELVET BUZZSAW » (2019)

Cinq ans après son intéressant « NIGHT CALL », Dan Gilroy retrouve ses acteurs Jake Gyllenhaal et Rene Russo pour « VELVET BUZZSAW », un film excessivement étrange qu’il est préférable de visionner sans rien en savoir à l’avance.VELVET

Cela démarre comme une satire féroce du monde de l’Art à L.A., avec ses critiques tout-puissants, ses galeristes magouilleurs, ses agents âpres au gain, ses artistes usurpateurs, etc. Quand Zawe Ashton, l’assistante de Russo, découvre par hasard l’œuvre d’un artiste inconnu mort dans son immeuble, elle dérobe ses toiles et décide de les exploiter. Tout ce petit monde de rapaces s’excite, le défunt devient la sensation du moment. Mais c’est oublier un peu vite qu’avant sa mort, il avait cherché à détruire son travail. Des événements bizarres et des morts violentes commencent à s’accumuler.

Le message est clair : quand les marchands du temple ne respectent plus l’Art ni l’artiste, quand les spéculateurs souillent sans scrupules l’essence même de la Création, alors… l’Art se venge ! Message intéressant, original, mais il faut bien le dire, un peu naïf et pas très subtil. Mais le déroulement est intrigant, maintenant une tonalité entre satire et film d’horreur plutôt inédite et en brossant un panorama très caustique de cet univers frelaté. Gyllenhall est très bien en critique gay précieux et tête-à-claques, Russo commence à ressembler à Katharine Hepburn, John Malkovich surjoue comme d’habitude en peintre imbu de lui-même, Toni Collette affublée d’une perruque blonde est amusante en entremetteuse « fouteuse de merde ». Un joli cast de bons acteurs qui rendent le spectacle distrayant et même captivant par moments.

À voir donc ce « VELVET BUZZSAW »(allusion au tatouage que Rene Russo arbore sur l’épaule) qui n’a rien d’un chef-d’œuvre, mais qui parvient à trouver sa petite musique et à vraiment surprendre quand sa narration bifurque vers le fantastique. À tenter.

 

« BROTHERS » (2009)

En 2004 sortait « BRØDRE » un remarquable film danois. Aussi, quand cinq ans à peine plus tard s’annonce le remake américain « BROTHERS », ne le voit-on pas forcément d’un bon œil. Le nom de Jim Sheridan à la réalisation et la richesse du casting rassurent quelque peu et éveillent même une certaine curiosité. Et tant mieux ! Car le remake vaut largement l’original et si son existence ne s’imposait pas, il mérite largement le coup d’œil.BROS.jpg

Tobey Maguire, un marines, part en Afghanistan laissant sa femme (Natalie Portman) et ses deux petites filles. Porté disparu, il laisse la place à son frère le « bad boy » Jake Gyllenhaal, mal-aimé de la famille, qui va progressivement prendre avantageusement sa place. Seulement Maguire n’est pas mort et c’est un homme transformé en spectre par la détention, qui revient parmi les siens. Sujet fort, très bien développé, sans trop d’artifices mélodramatiques et évitant tous les lieux-communs. Ainsi, la fille aînée, l’extraordinaire Bailee Madison à la maturité de jeu stupéfiante, est-elle traitée avec la profondeur d’un personnage adulte, sans aucun cliché ou condescendance. Si Gyllenhaal est excellent, Portman touchante, si Sam Shepard et la toujours parfaite Mare Winningham sont de crédibles parents, la vraie surprise du film vient de l’habituellement falot Tobey Maguire, qui fait une composition époustouflante. Le changement entre l’officier serein du début et le survivant décharné et paranoïaque de la fin est à peine croyable. La scène du dîner d’anniversaire où il affronte sa fille, est d’une tension insoutenable.

À voir donc, ce remake, en surmontant l’antipathie suscitée par ce genre de produit. Il n’ôte rien à la force du film original, mais apporte quelques nuances intéressantes et parvient à impliquer émotionnellement et à atteindre l’universalité.

 

« SOURCE CODE » (2011)

Le pitch de départ de « SOURCE CODE » est à la fois sa grande force et sa principale faiblesse. Force, parce que l’idée est ingénieuse, forte et originale. Faiblesse parce qu’il faut bien l’expliquer à un moment donné et que c’est là que ça devient TRÈS confus. C’est le pauvre Jeffrey Wright qui s’y colle dans un long monologue abscons et on souffre pour lui !CODE

Réalisé par Duncan Jones, « SOURCE CODE » est une sorte d’avatar de « UN JOUR SANS FIN » à la sauce sci-fi et suspense. Le héros, un soldat campé par Jake Gyllenhaal se retrouve sans arrêt dans le même train de banlieue, pendant huit minutes d’affilée chaque fois et dans la peau de quelqu’un d’autre, pour empêcher un attentat à la bombe. À chaque « voyage », il progresse dans son enquête pour retrouver le coupable, il tombe amoureux de sa voisine Michelle Monaghan. Quand il revient dans une sorte de caisson plus ou moins étanche, il comprend peu à peu qu’il ne fait plus tout à fait partie du monde des vivants. Mais ne spoilons pas au-delà de cette phrase !

Malgré ses complications scénaristiques et une fin extrêmement embrouillée, « SOURCE CODE » fonctionne par son mouvement permanent, de bonnes scènes de paranoïa et surtout par l’énergie forcenée déployée par Gyllenhaal qui parvient à rendre tout cela à peu près crédible. Autour de lui, de bons comédiens comme Vera Farmiga en officier compassée et Wright, déjà cité, en scientifique ambitieux et odieux.

Un bon film que « SOURCE CODE », pas toujours très lisible, mais qui emporte l’adhésion par sa puissance narrative et un montage hyper-efficace.

 

« OKJA » (2017)

Joon-ho Bong, déjà responsable des remarquables « THE HOST », « MOTHER » ou « MEMORIES OF MURDER », signe avec « OKJA » (produit et diffusé par Netflix) un film totalement original, militant et d’une violence qui laisse parfois anéanti.OKJA.jpg

Cela démarre comme une jolie fable élégiaque dans la campagne coréenne, contant l’amitié entre une fillette et une énorme truie génétiquement modifiée qui lui a été confiée à la naissance. Jusqu’à ce que les horribles capitalistes U.S. viennent réclamer leur dû. À partir de là, le scénario bifurque vers le pamphlet écolo où tout le monde est mis dos-à-dos : les industriels corrompus et les « amis des bêtes ». Mais cela n’est rien comparé à la véritable descente aux enfers qui se produit pendant la longue séquence dans les abattoirs où atterrit la malheureuse ‘Okja’, réminiscent des camps de la mort et miroir à peine exagéré du calvaire que subissent quotidiennement les animaux d’élevage. À ce moment-là, « OKJA » atteint des sommet de suspense viscéral à peine soutenable et touche à une certaine grandeur dans sa description de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus noir.

Un peu long parfois, un brin naïf et trop démonstratif, le film n’en demeure pas moins un beau morceau de cinéma dérangeant et techniquement impressionnant : la créature, sorte de mélange entre un porc et un hippopotame acquiert progressivement une identité véritable, au point qu’on ne pense jamais à la prouesse des CGI. La petite Seo-Hyun Ahn est parfaite de bout en bout et les vedettes Tilda Swinton (également productrice) et Jake Gyllenhaal endossent crânement des personnages absolument abjects et délibérément caricaturaux. Combien de stars auraient accepté l’atroce scène de torture sur l’animal comme le fait ici Gyllenhaal ?

« OKJA » est une œuvre unique, qui secoue, bouscule, choque et donne à réfléchir. Pas sûr après le visionnage qu’on ait envie d’un steak avant un bon moment !