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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JEAN-PAUL BELMONDO

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AUJOURD’HUI, IL A 85 ANS !

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« CASINO ROYALE » (1967)

CASINOROYALE2« CASINO ROYALE », réalisé à quatre mains dont celles de John Huston, se voudrait une folie autour de la folie 007 qui déferlait alors sur le monde à chaque sortie d’un nouveau James Bond. C’est écrit – enfin, si on veut – dans cet esprit ‘camp’ qui faisait fureur avec les séries TV « BATMAN » ou « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » et… cela dure plus de deux heures.

Que dire ? C’est quasiment irregardable aujourd’hui, mais ça devait déjà l’être hier. Une sorte d’énorme pudding composé de sketches disparates, reliés par une trame très vague et sans intérêt. L’humour est lourd, répétitif, les décors sont hideux. La seule raison d’endurer tout cela est la BO vintage de Burt Bacharach qui insuffle un semblant d’entrain à la chose et l’avalanche de ‘guest stars’ et de jolies filles qu’on dirait échappées d’un show de Jean-Christophe Averty.

David Niven est un Bond vieillissant et précieux, Peter Sellers incarne… on ne sait pas très bien qui, Orson Welles s’autopastiche avec verve et Woody Allen, si peu drôle qu’il en devient embarrassant, joue le neveu débile et maléfique de Bond. Heureusement, Ursula Andress, Daliah Lavi, Barbara Bouchet et Jacqueline Bisset sont ravissantes, Joanna Pettet est une Mata-Hari très craquante. Le temps de fugitifs caméos, on reconnaît George Raft avec sa pièce de « SCARFACE », William Holden en agent de la CIA, Peter O’Toole jouant de la cornemuse et même Jean-Paul Belmondo en légionnaire moustachu et jovial. Mais celle qui émerge vraiment, c’est Deborah Kerr irrésistible en châtelaine écossaise à l’accent à couper au couteau et à la libido exigeante.

« CASINO ROYALE » est le film d’une époque, dont il résume parfaitement les excès, les complaisances, la liberté aussi. On se demande tout de même comment, après avoir lu le scénario, autant de vedettes devant et derrière la caméra ont pu apposer leur signature au bas d’un contrat.

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JOANNA PETTET, DAVID NIVEN, JEAN-PAUL BELMONDO ET JACQUELINE BISSET

 

« UN HOMME QUI ME PLAÎT » (1969)

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ANNIE GIRARDOT

Tourné dans la foulée de « UN HOMME ET UNE FEMME » et « VIVRE POUR VIVRE », « UN HOMME QUI ME PLAÎT » traite plus ou moins des mêmes thématiques chères à Claude Lelouch : la (brève) rencontre amoureuse et fortuite d’une femme et d’un homme pas forcément disponibles, l’adultère et la lâcheté masculine.PLAIT2

La vedette française d’une production américaine (Annie Girardot) séjournant à L.A. rencontre le musicien du film (Jean-Paul Belmondo). Profitant d’un trou dans leur emploi du temps, ils vont vivre pendant une semaine, une sorte de passion-express, tout en traversant l’Amérique en avion et en voiture.

Le sujet est léger, les personnages sont des nantis sans gros souci apparent et le ‘road movie’ n’est justifié que par un désir de montrer les paysages mythiques américains. Cela devrait être creux et irritant, mais quelque chose se passe, comme dans « VIVRE POUR VIVRE », et on finit par s’attacher à ce couple improbable et éphémère et à se laisser séduire par cet « amour de vacances » vécu plus sérieusement par un des partenaires que par l’autre. La caméra mobile de Lelouch fait merveille, le charisme des vedettes est à son maximum et la BO de Francis Lai ajoute au charme rétro de l’ensemble.

Bien sûr, comme d’habitude, les scènes improvisées semblent forcées voire pénibles (la longue scène de séduction par téléphone où Belmondo fait croire à un incendie dans l’hôtel), bien sûr certains des morceaux de bravoure (la poursuite fantasmée de la voiture par des Indiens) ne servent strictement à rien qu’à faire preuve de virtuosité. Mais ce qui fonctionne parfaitement, c’est la réalité et le quotidien qui s’immiscent progressivement dans cette parenthèse enchantée et viennent empoisonner ces jours heureux.

Girardot est touchante, complexe. Sa dernière expression à l’aéroport est tout simplement sublime. Belmondo belmondise sans excès et laisse, par instants, deviner l’homme sous la star. Parmi les petits rôles, on reconnaît une jeune Farrah Fawcett en starlette et Marcel Bozzuffi, impressionnant en époux trompé au visage fermé (sa façon de dire de façon complètement factuelle : « Je ne t’aime plus », au milieu d’un bavardage anodin est exceptionnelle). On aperçoit Richard Basehart dans son propre rôle.

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ANNIE GIRARDOT, JEAN-PAUL BELMONDO ET MARCEL BOZZUFFI

Lelouch se répète déjà dans « UN HOMME QUI ME PLAÎT », mais avec les années, son film a acquis une belle patine, une émotion où se mêlent souvenirs et nostalgie.

 

« LE VOLEUR » (1967)

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JEAN-PAUL BELMONDO ET JULIEN GUIOMAR

Adapté d’un roman du peu prolifique auteur Georges Darien, « LE VOLEUR » dresse le portrait d’un jeune cambrioleur dans le Paris des années 1900, un solitaire issu d’un milieu bourgeois qui ne trouve un sens à son existence qu’en accomplissant ses larcins.VOLEUR3

C’est une œuvre existentielle, portée par Jean-Paul Belmondo en total contremploi. Belle idée de Louis Malle de l’avoir choisi pour incarner ce criminel élégant, non-violent, dégoûté par la société, tenté par l’anarchisme, mais fondamentalement désespéré et voué à la guillotine. Parfaitement dirigé, l’acteur ne décroche qu’un ou deux sourires au cours du film, observe plutôt qu’il ne réagit, laisse les rôles « flamboyants » à ses partenaires comme Julien Guiomar excellent en abbé-voleur et Charles Denner en maestro de la cambriole qui reconnaît « l’odeur de l’or ».

La reconstitution historique est sobre, le rythme maintenu sur deux heures. La voix « off » apporte beaucoup d’ironie amère à l’ensemble et le dialogue est constamment savoureux et cynique. Autour de Belmondo dans une de ses plus belles prestations, un magnifique casting féminin : la délicieuse Geneviève Bujold en cousine espiègle, la toute jeune Marlène Jobert en prostituée joyeuse, Françoise Fabian en modiste, Bernadette Lafont en soubrette coquine et surtout Marie Dubois formidable en garce rousse aux griffes acérées. On aperçoit Pierre Étaix en pickpocket et Jean-Luc Bideau en huissier, le temps d’une séquence.

Œuvre sombre, énigmatique, à l’image de son personnage central, « LE VOLEUR » fascine par sa froideur désincarnée, par quelques moments marquants (l’exécution en place publique, la falsification du testament du vieil oncle agonisant) et par l’acuité avec laquelle est dessiné ce ‘Georges Randal’ : un homme carbonisé de l’intérieur, qui a grandi sans amour et ne retrouve goût à la vie qu’en dépouillant les riches. Un bien beau film, pas facile d’accès, mais qui vaut largement l’effort.

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JEAN-PAUL BELMONDO, MARLÈNE JOBERT, MARIE DUBOIS ET GENEVIÈVE BUJOLD

 

« WEEK-END À ZUYDCOOTE » (1964)

WEEK2Adapté du roman de Robert Merle, « WEEK-END À ZUYDCOOTE » est un des meilleurs films de Henri Verneuil, un des seuls où le spectaculaire n’étouffe jamais l’humain et où la technique demeure invisible et entièrement au service du scénario.

En 1940, pendant la bataille de Dunkerque, le film suit les deux derniers jours d’un simple soldat, Jean-Paul Belmondo, qui veut absolument partir pour l’Angleterre, mais qui se retrouve coincé là, sous les bombes au milieu des ruines et des cadavres. Des heures d’errance, de chaos, de remise en question. Jeune homme pacifiste et légèrement cynique, il sera obligé de voir l’horreur en face, de tuer pour la première fois et il tombera même amoureux, le temps d’une romance absurde. Très bien filmé en Scope, porté par une BO très hollywoodienne de Maurice Jarre, « WEEK-END À ZUYCOOTE », comme les meilleurs films de guerre, touche à l’universel. Sur ces quelques kilomètres de plage sont condensés la bêtise, l’héroïsme, la lâcheté et la grandeur de l’homme. Et son dérisoire surtout, puisqu’il suffit d’une explosion pour qu’il n’en reste plus rien qu’un corps disloqué et anonyme dans les dunes.

Belmondo est parfaitement dirigé, d’une sobriété et d’une intériorité jamais prises en défaut. Il traverse les images enfumées, enflammées, comme un mort en sursis, un innocent qui a vu l’enfer. ‘Maillat’ demeure un de ses plus beaux accomplissements. À ses côtés, de fabuleux seconds rôles comme Jean-Pierre Marielle en « abbé » patient, François Périer en bon copain « popote », Georges Géret formidable avec son FM toujours prêt à l’emploi. Et puis Catherine Spaak dans un personnage étonnant de jolie tête-à-claques (d’ailleurs elle s’en prend une bonne), sans oublier Marie Dubois dans une brève mais émouvante apparition.

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CATHERINE SPAAK, JEAN-PAUL BELMONDO, JEAN-PIERRE MARIELLE ET GEORGES GÉRET

À l’heure où le « DUNKERQUE » de Christopher Nolan triomphe sur les écrans, il est bon de revoir ce chef-d’œuvre du genre qui n’a pas pris une ride et dont l’ampleur et la perfection technique laissent pantois.

 

« LES DISTRACTIONS » (1960)

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JEAN-PAUL BELMONDO

En pleine Nouvelle Vague, un an après « À BOUT DE SOUFFLE », Jacques Dupont signe avec « LES DISTRACTIONS » une sorte de chronique existentialiste, teintée de polar. Il reprend Jean-Paul Belmondo, le héros de Jean-Luc Godard, pour en faire un reporter cynique et indolent, pas si éloigné du mythique ‘Laszlo Kovacs’.DISTRACTIONS

Belmondo retrouve Claude Brasseur, qu’il connut en Algérie, et qui fuit la police après avoir tué un motard (Belmondo était poursuivi pour la même raison dans le Godard !). Il décide de l’aider à se cacher, mais, comme tout ce qu’il fait dans la vie – aventures amoureuses comprises, il le fait à moitié, sans s’impliquer, la tête ailleurs. Alors son « meilleur ami » reprend sa cavale courant vers son issue tragique.

C’est le portrait d’un jeune type amoral, indifférent aux autres, une tête-à-claques sympathique et odieuse à la fois, qui comprendra trop tard le mal qu’il peut faire aux autres, alors qu’il ne fait que « frimer ». Centré sur la prestation assurée du jeune Belmondo, le film est loin d’être inintéressant, même s’il perd trop de temps à décrire les misères sentimentales d’Alexandra Stewart dans un rôle insupportable de pleurnicheuse. Sa beauté solaire heureusement, rattrape les choses ! On reconnaît également Mireille Darc en copine loyale, un jeune Brasseur impeccable en désaxé vulnérable, Sylva Koscina en starlette peu farouche et même – le temps d’un bref caméo – Claude Chabrol qui venait de diriger Belmondo dans « À DOUBLE TOUR ».

Le scénario est très littéraire, les images du Paris des années soixante fascinent et malgré quelques digressions pas toujours utiles, « LES DISTRACTIONS » est une bonne surprise qui confirme que Belmondo a donné le meilleur de lui-même à ses débuts. Pour mémoire, avant ce film, il avait enchaîné « À BOUT DE SOUFFLE », « CLASSE TOUS RISQUES » et « MODERATO CANTABILE ». Difficile de faire mieux et plus éclectique comme rampe de lancement !

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ALEXANDRA STEWART, MIREILLE DARC ET CLAUDE BRASSEUR

 

« SOIS BELLE ET TAIS-TOI » (1958)

TAIS2S’il existe une raison – et une seule – de jeter aujourd’hui un coup d’œil distrait à « SOIS BELLE ET TAIS-TOI », c’est parce qu’il recèle la première rencontre à l’écran d’Alain Delon (23 ans) et Jean-Paul Belmondo (25 ans), alors seconds rôles inexpérimentés et quasi-débutants.

Pour le reste, Marc Allégret signe un avatar de Série Noire autour d’un gang de trafiquants de bijoux et de braqueurs, utilisant des « mômes » jouant aux caïds pour passer leur marchandise. Pourquoi pas ? Bien sûr… Mais le problème c’est que le film est entaché de comédie débile et d’une lourdeur terrible, représentée par un Darry Cowl en roue-libre complète, jouant (improvisant serait plus juste) un flic zézayant et incompétent qui prend une place anormale dans le scénario, alors qu’il n’est que le coéquipier du héros, le fade Henri Vidal. Celui-ci épouse Mylène Demongeot, délinquante mineure associée à la bande de petits voyous. Un salmigondis laborieux au possible, paresseusement filmé, faiblement dialogué dans un argot d’époque (« Ferme ton capot, toi ! »).

Si Demongeot parvient à être charmante et même touchante, si Roger Hanin est à peu près crédible en malfrat surnommé ‘Charlemagne’, si on retrouve avec plaisir Robert Dalban en commissaire atrabilaire, les futures stars des sixties sont vraiment au stade embryonnaire : Delon en petit frimeur à l’intelligence plus que limitée qui se fait bousculer ou tabasser à la première occasion et se laisse manipuler par sa fiancée. Et Belmondo en sympathique benêt serviable et pas bien malin non plus. On est très très loin de leur mythologie future ! Mais les apercevoir (ils n’ont pas de très grands rôles) côte à côte avec leurs têtes de gamins, vaut tout de même le déplacement.

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MYLÈNE DEMONGEOT, HENRI VIDAL, JEAN-PAUL BELMONDO ET ALAIN DELON

« SOIS BELLE ET TAIS-TOI » est donc à regarder d’un œil d’archéologue complétiste à l’extrême rigueur, mais sans plus. Si on aurait eu du mal à deviner l’avenir glorieux des deux compères, on s’étonne en revanche que Mylène Demongeot n’ait pas mené une carrière plus importante. Elle avait vraiment quelque chose.