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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JEFF BRIDGES

« THE GIVER » (2014)

Adapté d’un roman de Lois Lowry, « THE GIVER » réalisé par Philip Noyce, est un film de science-fiction, ou plutôt une fable d’une extrême naïveté, sur la perte des sentiments, des principes les plus basiques de l’humanité, dans une société « parfaite » régie par des règles inflexibles.GIVER.jpg

Il ne faut surtout pas juger un tel film sur des critères adultes. C’est clairement destiné à un public adolescent, de l’âge du jeune héros Brenton Thwaites, le messie qui va ramener la vie et… la couleur dans cet univers aseptisé. On pense bien sûr à « THX-1138 » et à « ZARDOZ », œuvres anciennes qui avaient déjà exploré ces thèmes, mais « THE GIVER » n’est pas de la même trempe. C’est un conte gentillet, où l’amour finit par triompher, de plus en plus infantile à mesure qu’il progresse et qui finit par passablement irriter le spectateur ayant dépassé les 14 ans. Alors, on se console avec le plaisir de retrouver de vieilles connaissances comme Jeff Bridges dans le rôle-titre, celui du dépositaire de l’Histoire humaine en rébellion contre le régime totalitaire. Visiblement fatigué, la diction plus pâteuse que jamais, Bridges est en service minimum, tout comme Meryl Streep, affreusement emperruquée, dans un rôle de « sage », une fée Carabosse impitoyable. Les deux vieilles stars jouent cela les doigts dans le nez, mais c’est toujours sympathique de les retrouver. La jeune Odeya Rush est ravissante et on reconnaît une Katie Holmes amaigrie et éteinte en maman très peu aimante.

Non, ce n’est pas terrible-terrible « THE GIVER ». C’est un produit proprement confectionné, mais sans âme, qui ressasse de vieux clichés de la SF sans rien apporter de nouveau.

 

« CONTRE TOUTE ATTENTE » (1984)

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JAMES WOODS ET RACHEL WARD

Du classique de Jacques Tourneur : « LA GRIFFE DU PASSÉ » (1947), Taylor Hackford n’a gardé qu’une vague ossature narrative pour ce presque remake où Jane Greer, l’héroïne originale tient un rôle secondaire.ODDS.jpg

« CONTRE TOUTE ATTENTE » est un film très bizarre, où le réalisateur probablement conscient que le scénario n’est guère passionnant (l’histoire d’une héritière fugueuse convoitée par son ex-amant et recherchée par sa belle-mère), se permet des digressions touristiques et musicales complètement incongrues, des plages d’inaction interminables et un final où tout le monde s’explique arme à la main et tente de clarifier le scénario pour le spectateur, sans grand succès, d’ailleurs. Il y a une bonne demi-heure en trop dans ce film, des dialogues d’une totale platitude et des personnages stupides et sans grand intérêt. Mais curieusement, « CONTRE TOUTE ATTENTE »(titre bien choisi, finalement) ne manque pas de charme : les paysages mexicains sont dignes d’un dépliant pour vacances de luxe, la chanson de Phil Collins est encore dans toutes les mémoires, et il se produit une réelle tension érotique entre Jeff Bridges en footballeur aisément manipulable, Rachel Ward peu expressive mais d’une beauté à couper le souffle et James Woods bien énervé comme d’habitude en malfrat sans aucun scrupule. Deux « beautiful people » au sommet de leur séduction physique et un ‘bad guy’ d’anthologie. Un trio qui aide à avaler jusqu’au bout ce pseudo film noir languide et soporifique. Richard Widmark apparaît en pourri de compétition (Robert Mitchum, protagoniste du film de 1947 a-t-il refusé de tourner celui-ci ?) et les seconds rôles sont plutôt bien castés dans l’ensemble.

Au bout du compte, ce n’est pas grand-chose, « CONTRE TOUTE ATTENTE », mais on peut le voir comme un voyage exotique et sensuel qui se déroule sans moment vraiment fort et s’achève de façon décevante au possible. Pour la sublime Rachel, disons…

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JEFF BRIDGES, RICHARD WIDMARK ET RACHEL WARD

 

« TRUE GRIT » (2010)

TRUEPlus de 40 ans après « 100 DOLLARS POUR UN SHÉRIF » qui valut son Oscar à John Wayne, les frères Coen adaptent à leur sauce le roman de Charles Portis dans « TRUE GRIT » qui, malgré tous ses changements et différences de tonalité, demeure malgré tout un remake du classique d’Henry Hathaway. La seule façon de juger cette version est de tenter de ne jamais la comparer à celle de 1969, même si certaines séquences sont rigoureusement identiques.

L’approche visuelle des Coen rejette le pittoresque, les belles lumières, pour présenter un Ouest sinistre, pelé et glacial, peuplé d’hommes crasseux et peu ragoutants. Même ‘Rooster Cogburn’ incarné par Jeff Bridges n’a aucunement l’aura « bigger than life » qu’on connaissait. C’est un vieil ivrogne, un moulin-à-paroles au caractère de cochon, mais à l’indéniable courage. Sa relation avec la jeune Hailee Steinfeld maintient l’intérêt et sa progression est gérée avec finesse. Globalement, les personnages sont moins caricaturaux que dans le premier film, on pense surtout à Matt Damon jouant le Ranger, vantard et trop sûr de lui, mais qui évolue au fil de l’aventure. Les hors-la-loi sont campés par d’excellents acteurs comme Josh Brolin, Barry Pepper ou Domhnall Gleeson, qui leur donnent un beau relief.

On peut se questionner sur la nécessité de ce remake, dont le seul véritable apport est une tonalité beaucoup plus sombre et un épilogue d’une infinie tristesse. La fin des héros de l’Ouest est cafardeuse, solitaire, d’une ringardise achevée et la petite héroïne ne sera pas sortie indemne de son épopée initiatique. Les Coen ont toujours cette maîtrise du récit et de la caméra qui les font sortir du rang, quel que soit le projet. Pour conclure, disons que s’il avait réellement existé, Cogburn aurait certainement ressemblé à Bridges, mais que celui de Wayne demeure malgré tout le plus légendaire. Est-il nécessaire de ressortir une fois de plus la citation de John Ford au sujet des légendes et de la réalité ?

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HAILEE STEINFELD, JEFF BRIDGES, MATT DAMON, JOSH BROLIN ET BARRY PEPPER

 

« IRON MAN » (2008)

« IRON MAN » n’a jamais été un des super-héros les plus palpitants de Stan Lee. Milliardaire – comme Bruce Wayne – et marchand d’armes, il cherche la rédemption en devenant un justicier engoncé dans une armure rouge et dorée lançant des rayons et capable de voler dans l’espace.IRONMAN.jpg

Confier la réalisation de cette transposition cinéma au pataud Jon Favrau n’était peut-être pas la meilleure idée imaginable. Le bonhomme est un honnête faiseur, mais manque de style et de panache. Il y a quelque chose de profondément lourd et inerte dans ces deux heures pourtant mouvementées et pétaradantes, un vice-de-forme indécelable à l’œil nu qui laisse l’impression que « IRON MAN » fait du sur-place, se répéte jusqu’à ce que l’intérêt se soit complètement évaporé. Ce n’est pas dû à Robert Downey, Jr. plutôt bien dans le rôle-titre, même s’il semble parfois indifférent et pas tout à fait là. Jeff Bridges n’est pas non plus à son top-niveau en méchant au crâne rasé et la pauvre Gwyneth Paltrow est toujours, et quoi qu’elle fasse, d’une fadeur invraisemblable. Rien à signaler du côté des petits rôles sans la moindre épaisseur.

On peut sauver les séquences en Afghanistan un peu plus vivantes que le reste, mais « IRON MAN » ressemble au pilote d’une série télé au budget pharaonique qui a cru bon de se passer des services d’un vrai scénariste. À ce jour, le film a déjà connu deux sequels et le personnage de Stark apparaît dans les films des « AVENGERS ».

À noter le caméo rituel de Stan Lee entouré de jolies filles et l’apparition de Samuel L. Jackson dans un rapide épilogue après le générique de fin.

 

« KINGSMAN : LE CERCLE D’OR » (2017)

Trois ans après le premier film, « KINGSMAN : LE CERCLE D’OR » réunit la même équipe pour une seconde aventure d’Eggsy, le super agent secret juvénile, élite d’une société secrète d’espionnage. On s’en réjouit, vu l’excellent souvenir qu’on garde du n°1. Mais on aurait dû se méfier, car souvent succès engendre surenchère et à ce petit jeu de la superproduction bien des films ont perdu leur âme.K2

C’est hélas, le cas de ce second opus, enseveli dès la première séquence d’action sous des monceaux de CGI pas toujours très heureux et tué dans l’œuf par un scénario indigent, recyclant maladroitement les données établies trois ans auparavant. C’est donc – mais on commence à prendre l’habitude – trop long, trop répétitif, dépourvu de la moindre petite surprise et définitivement anéanti par de très mauvaises idées comme les épouvantables apparitions d’Elton John, summum de bêtise tombant complètement à plat. On n’écoutera plus jamais ses chansons de la même façon, après ça !

Alors oui, Taron Egerton est toujours bien sympathique dans le rôle principal, Colin Firth éborgné, fait un comeback bienvenu, Halle Berry est inattendue en geek rêvant d’action. Mais Julianne Moore est à côté de la plaque en narcotrafiquante foldingue s’efforçant de surpasser Samuel L. Jackson dans le cabotinage en roue-libre, Jeff Bridges, la diction de plus en plus pâteuse, passe en voisin en chef des barbouzes U.S. et Channing Tatum ne fait guère de progrès. Mark Strong apparaît moins figé que de coutume dans son personnage de ‘Merlin’.

On doit aux comédiens les rares instants de plaisir d’un film franchement redondant et inutile, où on cherche vainement l’humour et l’originalité du film de 2014, en n’y trouvant que débauche d’effets spéciaux numériques et rabâchage fatigué. Le même syndrome en fait, que tous ces films de super-héros Marvel ou DC qui pensent pouvoir compenser l’absence de scénario solide par des images spectaculaires.

 

« ONLY THE BRAVE » (2017)

Réalisé par Joseph Kosinski, « ONLY THE BRAVE » est basé sur des faits réels survenus en Arizona en 2007 et décrivant le quotidien d’une équipe de pompiers luttant contre les incendies de forêt et le drame qui les décima subitement, ne laissant qu’un unique survivant.ONLY

Curieux mélange de drame intimiste sur la vie de ces « hotshots », leur cercle familial, leurs problèmes matrimoniaux, leurs ambitions professionnelles et de séquences d’action, le film a beau être très bien fait, peine à passionner. À quoi cela tient-il ? Peut-être à une sorte de détachement dans la réalisation qui oscille entre plusieurs styles, à un manque de construction solide du scénario qui tient trop de la chronique, et aussi à des enjeux dont l’importance peut passer au-dessus de la tête des non-initiés. Heureusement, car cela dure tout de même plus de deux heures, le casting est impeccable. On retrouve avec bonheur Josh Brolin en capitaine viril et obnubilé par son job, Jennifer Connelly dans le rôle de sa femme, la revenante Andie McDowell dans une fugitive silhouette. Jeff Bridges, glabre, a pris un sévère coup de vieux, mais semble toujours aussi enjoué et entonne même une chanson « country » avec ardeur. C’est le jeune Miles Teller (« WHIPLASH ») qui s’en sort encore le mieux dans un personnage assez fouillé d’ex-loser qui s’épanouit enfin dans un environnement qui lui correspond.

Le côté « inspiré de faits réels » impose évidemment le respect et la scène finale de l’incendie ravageur est impressionnante, mais « ONLY THE BRAVE » ne décolle jamais et n’implique pas vraiment. On assiste à ces actes d’héroïsme avec une indifférence polie en se prenant même à penser qu’un documentaire sur le sujet serait sans doute plus intéressant.

 

« WILD BILL » (1995)

WILDInspiré d’un livre et d’une pièce de théâtre, « WILD BILL » est la tentative de biopic d’une légende de l’Ouest : « Wild » Bill Hickcok. Dès le début, Walter Hill adopte des partis-pris déconcertants : cadrages bizarroïdes, alternance de couleur et de noir & blanc, photo ultra-stylisée au rendu quasi-onirique, succession de flash-backs reliés par une voix « off ».

Jeff Bridges est parfaitement casté dans le rôle-titre, celui d’un pistolero au bout du rouleau, rongé par l’alcool et la syphilis, semblant flotter constamment dans des vapeurs d’opium. De fait, il apparaît comme le fantôme de lui-même, un ectoplasme revisitant les moments forts de sa vie avant que celle-ci ne s’achève à une table de poker. Le concept en vaut un autre et a au moins le mérite de l’originalité. Mais Hill va trop loin. Le scénario manque de colonne vertébrale, tout le monde bavarde énormément et les choix esthétiques sont très discutables : ainsi, les scènes de jeunesse avec Diane Lane sont absolument hideuses avec leur rendu vidéo et sans aucune raison d’être. L’ennui s’installe peu à peu, malgré la prestation vraiment intéressante de Bridges, à la fois odieux, humain et pitoyable. Il assure dans les scènes de ‘gunfight’ très bien réglées et rend son Hickcok concret et tangible. Autour de lui, d’excellents acteurs sous-employés comme Ellen Barkin en Calamity Jane liquéfiée d’amour pour Bill, John Hurt en sidekick boiteux, Keith Carradine en Buffalo Bill clownesque, Bruce Dern en vengeur en fauteuil roulant, et un très mauvais (David Arquette) qu’on voit hélas, beaucoup trop dans le rôle de l’assassin de ‘Wild Bill’.

C’est un faux western confiné et dépourvu de toute ampleur, un film trop conceptuel pour son propre bien où on ne retrouve que par flashes le savoir-faire habituel de Walter Hill. À voir éventuellement pour Bridges donc, qui aurait mérité un meilleur écrin et pour la précision des décors de Deadwood, cloaque boueux et enfumé. Mais globalement, on en ressort dépité.

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JEFF BRIDGES, DAVID ARQUETTE, ELLEN BARKIN ET KEITH CARRADINE

 

« ÉTAT SECOND » (1993)

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JEFF BRIDGES

Le premier quart d’heure de « ÉTAT SECOND » est une pure merveille. On découvre peu à peu, pas à pas, les conséquences d’un crash aérien en suivant les traces d’un survivant (Jeff Bridges) qui semble guider quelques passagers hébétés, tel Moïse dans le désert. L’utilisation de la bande-son, le montage sont remarquables.fearless3

Pour parler en acronymes, Peter Weir décrit le PTS (Post traumatic stress) d’une NDE (Near death experience). Complètement métamorphosé par l’accident, l’architecte Bridges pense d’abord qu’il est mort et revenu en fantôme et qu’il est donc devenu invulnérable. Après s’être pris pour Moïse, il devient christique pour aider une jeune femme (Rosie Perez) qui a perdu son bébé, à retrouver le goût de vivre. Tout cela au détriment de sa propre famille qu’il délaisse tout à son « trip » mental qui le mène aux confins de la folie.

Excellent choix que Bridges pour ce rôle complexe qui marche littéralement « à côté de ses pompes ». Il joue cela avec une telle foi, une telle intensité qu’il finit par nous faire croire à ses pouvoirs surnaturels. Le flash-back dans l’avion où – juste avant le crash – il accepte subitement dans une illumination l’idée de mourir, est ce qu’il a fait de plus émouvant et profond à l’écran. Autour de lui, un beau casting : Rosie Perez à fleur de peau, étonnante malgré une voix suraiguë très crispante, Isabella Rossellini en épouse dépassée par les événements, John Turturro en psy timoré, Tom Hulce et Benicio Del Toro.

« ÉTAT SECOND » n’est pas exempt de longueurs et de lourdeurs (l’interminable séquence du centre commercial la veille de Noël qui casse sérieusement le rythme), il semble parfois faire du sur-place, mais le sujet est vraiment passionnant et original et on reste scotché à l’écran, attendant avec appréhension le moment où le rêve s’achèvera et où la mort reprendra ses droits. À voir donc, ne serait ce que pour Bridges qu’on a rarement vu aussi impliqué et identifié à un personnage. Et pour quelques scènes vraiment émouvantes, comme cette visite inopinée à la première femme de sa vie, alors qu’il est encore sous le choc.

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ISABELLA ROSSELLINI, JEFF BRIDGES ET ROSIE PEREZ

 

« COMANCHERIA » (2016)

Dès les premiers plans de « COMANCHERIA » à la photo légèrement surexposée, on se trouve replongé dans l’ambiance des polars ruraux et ‘hard boiled’ des seventies. Le film s’inscrit ensuite dans les travées d’œuvres plus récentes comme « UN MONDE PARFAIT » ou « NO COUNTRY FOR OLD MEN ». Étonnant d’ailleurs, de constater que ce cinéma si typiquement américain, enraciné dans le passé (le western n’est jamais très loin), est signé par un Écossais !hell

Le scénario suit deux tandems masculins : des frères (Chris Pine et Ben Foster) lancés dans une succession de hold-ups au Texas et des « Rangers » vieillissants (Jeff Bridges et Gil Birmingham) à leurs trousses.

Les frangins évoquent les personnages mythifiés de Jesse et Frank James, des hors-la-loi en guerre contre les banques qui spolient les pauvres et volent leurs maisons et leurs terres. Bridges synthétise les vieux héros de légende à la John Wayne, un pied dans la tombe, mais encore d’attaque.

Le charme du film provient de la caractérisation des protagonistes. Foster est excellent en psychopathe sympathique, prêt à tout pour son frérot, Chris Pine n’a jamais été meilleur qu’en brave type poussé au crime par l’injustice. Les scènes entre les rangers – dépeints comme un vieux couple ronchon – sont très drôles et bien écrites.

« COMANCHERIA », sans jamais s’imposer comme un « film d’action », est lent, mais bien équilibré, laissant la place au suspense, à l’humour, à l’émotion et même à quelques digressions instructives : on y apprend ainsi que le mot « Comanche » signifie « Ennemis pour toujours ». Information qui éclaire la dernière séquence et lui donne tout son sens. On y voit des hommes littéralement fossilisés dans le passé des pionniers, des femmes rêches et endurcies et on y ressent l’omniprésence des armes à feu.

Un film maîtrisé, qui en dit plus long qu’il n’en a l’air, et prône sans prêchi-prêcha la résistance contre un « système » qui réduit les hommes à néant.

 

« LE LENDEMAIN DU CRIME » (1986)

DAYÀ ses débuts, Sidney Lumet avait dirigé plusieurs fois Henry Fonda, en particulier dans son chef-d’œuvre « 12 HOMMES EN COLÈRE », son premier film de cinéma. Il a eu beaucoup moins de chance avec Jane, la fille du grand acteur pour « LE LENDEMAIN DU CRIME ».

Ce n’est d’ailleurs pas la faute de celle-ci, puisqu’elle est parfaite, et même plus naturelle que de coutume, en comédienne has-been et alcoolique piégée dans une sordide affaire d’assassinat. Le vrai responsable est le scénario, sorte de ‘whodunit’ bancal et mal fichu, aux protagonistes improbables et aux rebondissements invraisemblables. Les rencontres se font « par hasard », on vit d’intenses love stories en 36 heures et le mystère se dénoue en quelques répliques bien lourdingues à la suite d’une tentative de noyade dans une baignoire.

Pourtant, le film avait des atouts : des repérages originaux dans L.A. avec ses façades en couleurs vives et surtout la rencontre entre Jane Fonda et Jeff Bridges. Un peu comme si la vieille star venimeuse de « YOUTH » et le ‘Dude’ Lebowski s’étaient rencontrés dans leur jeunesse ! Elle assure vaillamment le show, malgré une terrible perruque léonine à la Farrah Fawcett qu’elle arbore les trois-quarts de l’action, lui est bien mais un brin falot et surtout trop jeune pour son rôle, en ex-flic languide et cool. On reconnaît des seconds rôles qu’on aime : l’étrange Diane Salinger en héritière glaciale, Richard Foronjy en flic, Kathy Bates en voisine ou Kathleen Wilhoite en coiffeuse.

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JEFF BRIDGES, JANE FONDA ET DIANE SALINGER

Visiblement peu inspiré par ce matériau indigne de lui, Lumet signe un polar sans colonne vertébrale ni véritable enjeu. Il tire le meilleur de Miss Fonda et de ses extérieurs, mais se contrefiche clairement de son intrigue policière qu’il délaisse à la première occasion pour des digressions sympathiques mais très démobilisantes.