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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JOSH BROLIN

« TRUE GRIT » (2010)

TRUEPlus de 40 ans après « 100 DOLLARS POUR UN SHÉRIF » qui valut son Oscar à John Wayne, les frères Coen adaptent à leur sauce le roman de Charles Portis dans « TRUE GRIT » qui, malgré tous ses changements et différences de tonalité, demeure malgré tout un remake du classique d’Henry Hathaway. La seule façon de juger cette version est de tenter de ne jamais la comparer à celle de 1969, même si certaines séquences sont rigoureusement identiques.

L’approche visuelle des Coen rejette le pittoresque, les belles lumières, pour présenter un Ouest sinistre, pelé et glacial, peuplé d’hommes crasseux et peu ragoutants. Même ‘Rooster Cogburn’ incarné par Jeff Bridges n’a aucunement l’aura « bigger than life » qu’on connaissait. C’est un vieil ivrogne, un moulin-à-paroles au caractère de cochon, mais à l’indéniable courage. Sa relation avec la jeune Hailee Steinfeld maintient l’intérêt et sa progression est gérée avec finesse. Globalement, les personnages sont moins caricaturaux que dans le premier film, on pense surtout à Matt Damon jouant le Ranger, vantard et trop sûr de lui, mais qui évolue au fil de l’aventure. Les hors-la-loi sont campés par d’excellents acteurs comme Josh Brolin, Barry Pepper ou Domhnall Gleeson, qui leur donnent un beau relief.

On peut se questionner sur la nécessité de ce remake, dont le seul véritable apport est une tonalité beaucoup plus sombre et un épilogue d’une infinie tristesse. La fin des héros de l’Ouest est cafardeuse, solitaire, d’une ringardise achevée et la petite héroïne ne sera pas sortie indemne de son épopée initiatique. Les Coen ont toujours cette maîtrise du récit et de la caméra qui les font sortir du rang, quel que soit le projet. Pour conclure, disons que s’il avait réellement existé, Cogburn aurait certainement ressemblé à Bridges, mais que celui de Wayne demeure malgré tout le plus légendaire. Est-il nécessaire de ressortir une fois de plus la citation de John Ford au sujet des légendes et de la réalité ?

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HAILEE STEINFELD, JEFF BRIDGES, MATT DAMON, JOSH BROLIN ET BARRY PEPPER

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« UN COUP D’ENFER » (1999)

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ALESSANDRO NIVOLA ET REESE WITHERSPOON

« UN COUP D’ENFER » de Mike Barker est un petit film noir qui prend pour protagonistes un trio de jeunes provinciaux à l’avenir bouché, qui se retrouvent piégés dans un engrenage qui les dépasse complètement.BEST2.png

Sujet banal, mais écriture pointue et réalisation sans bavure, pour un film modeste mais soigneusement confectionné, des cadrages à la direction d’acteurs. Le scénario est en effet des plus malins et parvient à imbriquer, sans éveiller les soupçons du public, deux arnaques distinctes qui dégénèrent progressivement jusqu’à devenir très dangereuses. Et, suprême élégance, les auteurs parviennent à ne pas traiter les trois rôles principaux comme de simples clichés ambulants, en leur donnant de vraies personnalités et en les plaçant face à des enjeux complexes. Il faut dire que le trio de comédiens est vraiment excellent : Alessandro Nivola, en brave type malchanceux et passif, englué dans sa petite existence médiocre, prêt à n’importe quoi pour s’en sortir. Reese Witherspoon parfaite également en jeune femme déterminée qui se retrouve piégée comme un oiseau en cage. Et puis Josh Brolin, pas encore le formidable « tough guy » qu’il est devenu aujourd’hui, mais impeccable en imbécile imbu de lui-même et d’une phénoménale couardise. Un vrai plaisir de les regarder évoluer ensemble, avec des rôles bien écrits et de vraies situations à défendre.

« UN COUP D’ENFER », sans avoir l’étoffe d’un classique du genre, n’en demeure pas moins un très bon moment à passer, dans la lignée de certains films de David Mamet. À savourer, donc…

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REESE WITHERSPOON, ALESSANDRO NIVOLA ET JOSH BROLIN

 

« AVENGERS : INFINITY WAR » (2018)

On a beau avoir apprécié les deux premiers films signés Joss Whedon, force est de reconnaître qu’ils font figures de pauvres séries B anémiées comparés à « AVENGERS : INFINITY WAR » d’Anthony et Joe Russo. À vrai dire, on peine à se souvenir d’un film d’un tel gigantisme.INFINITY.jpg

Les superhéros reforment leur groupe pour affronter « Thanos », un géant omnipuissant (Josh Brolin en motion capture) qui s’est donné pour mission de « réguler » la population de l’univers en massacrant la moitié de ses habitants. Nos avengers sont épaulés par les personnages d’autres franchises comme « BLACK PANTHER », « SPIDER-MAN » ou « LES GARDIENS DE LA GALAXIE », ce qui fait pas mal de monde sur l’écran, surtout si on compte les méchants, tous plus spectaculaires les uns que les autres.

Nul n’est besoin d’avoir vu tous les films Marvel, ni même d’apprécier les comics pour se laisser happer par ce film monstrueux, constamment en mouvement, qui parvient à faire coexister des séquences d’action colossales, des décors en CGI stupéfiants, avec du second degré et – tant qu’à faire – des drames shakespeariens. On se laisse porter, légèrement soûls au bout de 149 minutes bourrées jusqu’à la gueule, mais dont on ne louperait pas une seconde. La longue quête du film de superhéros parfait semble être arrivée à terme. On espère juste que l’éradication de personnages mythiques à la fin, littéralement réduits en cendres, ne sera que temporaire ! Le casting est quasiment surpeuplé, outre un Mark Ruffalo incapable de redevenir Hulk, d’une Scarlett Johansson blondie, d’un Robert Downey, Jr. Amaigri, on a également droit à deux stars de télé comme Danai Gurira et Peter Dinklage en… nain géant, des « guest » fugitives comme William Hurt et Idris Elba, Benicio Del Toro et bien sûr Stan Lee en chauffeur de bus. Mais tous sont éclipsés par Brolin, exceptionnel en méchant de haut-vol, aussi terrifiant que pas tout à fait haïssable. Il a de jolies scènes avec Zoe Saldana.

Ce 3ème  volet est une pierre blanche dans l’Histoire de la SF au cinéma et un spectacle total.

 

« MELINDA ET MELINDA » (2004)

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RADHA MITCHELL

« MELINDA ET MELINDA » démarre comme « BROADWAY DANNY ROSE », par deux couples d’auteurs discutant dans un restaurant, et imaginant la même anecdote de deux points-de-vue : Wallace Shawn y voit une comédie romantique, Larry Pine une tragédie réaliste. C’est ainsi que le scénario de Woody Allen – qui retrouve New York – alterne les deux versions, avec pour seul point commun la fameuse ‘Melinda’ (Radha Mitchell), jeune femme charmante et excentrique et/ou névrosée instable, voire dangereuse qui met le désordre dans un couple d’amis.MELINDA.jpg

L’idée est originale et prometteuse. Hélas, dès le début se pose le gros défaut du film : la comédie n’est pas suffisamment drôle et elle est desservie par Will Ferrell et Steve Carell plutôt sinistres dans des personnages qu’auraient joué brillamment jadis Woody lui-même et son copain Tony Roberts. Le contraste n’est donc pas toujours évident entre les deux tendances et on se mélange parfois les pinceaux. Ça reste regardable et même pas désagréable, grâce au travail de Radha Mitchell, exceptionnelle dans la partie « tragique ». Sa nervosité épidermique, son hystérie à peine contenue, électrisent l’écran et font tout l’intérêt de cette histoire tout de même très peu passionnante. À ses côtés, le réalisateur a réuni un beau casting féminin : Chloë Sevigny, Amanda Peet, la toujours parfaite Brooke Smith et la superbe Vinessa Shaw. Josh Brolin apparaît brièvement en dentiste playboy et Chiwetel Ejiofor est le premier acteur « afro-américain » à tenir un rôle central dans l’œuvre de Woody Allen.

La photo de Vilmos Zsigmond est douce et cristalline, on reconnaît avec plaisir de nombreuses récurrences dans l’écriture allenienne, mais « MELINDA ET MELINDA » ne décolle jamais vraiment et s’oublie aussi vite qu’on l’a vu.

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WALLACE SHAWN, CHLOË SEVIGNY ET BROOLE SMITH

 

HAPPY BIRTHDAY, JOSH !

BROLIN

JOSH BROLIN, LE FILS DE JAMES S’EST IMPOSÉ PETIT À PETIT COMME UN DES MEILLEURS ET VERSATILES ACTEURS DE SA GÉNÉRATION. À SUIVRE…

 
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Publié par le 12 février 2019 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE JOSH BROLIN

 

« VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU » (2010)

« VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU » fait partie de la période la plus décourageante de la carrière de Woody Allen, surtout pour l’admirateur de la première heure. Il l’a dit et répété lui-même bien souvent, Allen ne « fonctionne » vraiment qu’à New York, voire à Manhattan. Exilé à Londres pour cet opus, il ressort quelques vieilles thématiques (« INTÉRIEURS ») et suit les petites histoires parallèles des membres d’une famille disloquée.DARK.jpg

De quoi cela parle-t-il ? De chassé-croisé amoureux, d’usurpation, de charlatanisme. Tous les personnages sont antipathiques : des tricheurs aveuglés par la peur de vieillir, de finir leur vie tout seuls, par la conscience de leur manque de talent, etc. Rien de bien folichon, d’autant plus que – une fois n’est pas coutume – le joli casting réuni pour l’occasion n’est absolument pas homogène. Chacun semble jouer sa propre partition dans son sketch indépendant des autres et le film perd en élan vital à mesure qu’il progresse. Anthony Hopkins est sous-utilisé en sexagénaire pathétique s’accrochant à ses vestiges de jeunesse (désolante séquence du Viagra indigne de la plume de l’auteur), Josh Brolin empâté, a déjà été plus convaincant qu’en velléitaire mal embouché, tout ce qui concerne Naomi Watts et Antonio Banderas est à mourir d’ennui, Gemma Jones est beaucoup trop présente dans un rôle très irritant écrit à la truelle. Seule émerge la pétulante Lucy Punch, drôle et remuante en prostituée profiteuse, stupide mais pas idiote, digne héritière de Mira Sorvino dans « MAUDITE APHRODITE ».

Pas grand-chose de bon à dire sur « VOUS ALLEZ RENCONTRER… », hélas. Il fait partie de cette dizaine de films que Woody Allen tourna entre 2003 et 2012 qui – à une ou deux exceptions près – ont laissé ses fans sur le carreau.

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LUCY PUNCH ET ANTHONY HOPKINS

 

« SICARIO – LA GUERRE DES CARTELS » (2018)

Tourné trois ans après « SICARIO » de Denis Villeneuve, « SICARIO – LA GUERRE DES CARTELS » fait se retrouver l’agent de la CIA Josh Brolin, chargé de déclencher par n’importe quel moyen, même les pires, une guerre entre les cartels de Mexico et Benicio Del Toro dans son rôle de flingueur assoiffé de vengeance.SOLDADO.jpg

La vraie trouvaille du scénario est d’avoir inversé les trajectoires des deux personnages : Del Toro redevient peu à peu humain au contact d’une jeune fille kidnappée, tandis que Brolin laisse craquer le vernis de civilisation qui l’entravait encore. On imagine qu’un 3ème film déjà annoncé, mettra les deux hommes face-à-face. Mais le vrai plus de cette sequel qui parvient, par bien des points, à surpasser l’original, c’est la présence du réalisateur italien Stefano Sollima aux commandes. Auteur des formidables « SUBURRA » au cinéma et « GOMORRA » à la TV, il dynamise ces deux heures de violence et de suspense d’admirable façon, ne laissant s’installer aucune plage d’ennui et traitant son sujet avec un souci de réalisme quasi « organique ». Certaines séquences, comme le calvaire de Del Toro dans le désert ou l’arrestation à deux hélicoptères, sont d’une maîtrise époustouflante. Grand réalisateur, vraiment. Autour du tandem Brolin/Del Toro, aux gueules de plus en plus burinées, à la présence physique compacte et minérale, qui se complètent magnifiquement, de bons seconds rôles comme la jeune Isabelle Moner en otage, Jeffrey Donovan, Matthew Modine et Catherine Keener étonnamment éteinte dans un rôle de « chef » sans état d’âme.

« SICARIO – LA GUERRE DES CARTELS » est un très beau film d’action, une âpre immersion dans un monde où se mêlent le trafic d’êtres humains aux frontières, le terrorisme et les enfants-tueurs, un panorama glaçant de notre 21ème siècle en décomposition. Sans oublier, cerise sur le gâteau, une petite pointe d’émotion.