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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JOSH BROLIN

HAPPY BIRTHDAY, JOSH !

BROLIN

JOSH BROLIN, LE FILS DE JAMES S’EST IMPOSÉ PETIT À PETIT COMME UN DES MEILLEURS ET VERSATILES ACTEURS DE SA GÉNÉRATION. À SUIVRE…

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Publié par le 12 février 2019 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE JOSH BROLIN

 

« VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU » (2010)

« VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU » fait partie de la période la plus décourageante de la carrière de Woody Allen, surtout pour l’admirateur de la première heure. Il l’a dit et répété lui-même bien souvent, Allen ne « fonctionne » vraiment qu’à New York, voire à Manhattan. Exilé à Londres pour cet opus, il ressort quelques vieilles thématiques (« INTÉRIEURS ») et suit les petites histoires parallèles des membres d’une famille disloquée.DARK.jpg

De quoi cela parle-t-il ? De chassé-croisé amoureux, d’usurpation, de charlatanisme. Tous les personnages sont antipathiques : des tricheurs aveuglés par la peur de vieillir, de finir leur vie tout seuls, par la conscience de leur manque de talent, etc. Rien de bien folichon, d’autant plus que – une fois n’est pas coutume – le joli casting réuni pour l’occasion n’est absolument pas homogène. Chacun semble jouer sa propre partition dans son sketch indépendant des autres et le film perd en élan vital à mesure qu’il progresse. Anthony Hopkins est sous-utilisé en sexagénaire pathétique s’accrochant à ses vestiges de jeunesse (désolante séquence du Viagra indigne de la plume de l’auteur), Josh Brolin empâté, a déjà été plus convaincant qu’en velléitaire mal embouché, tout ce qui concerne Naomi Watts et Antonio Banderas est à mourir d’ennui, Gemma Jones est beaucoup trop présente dans un rôle très irritant écrit à la truelle. Seule émerge la pétulante Lucy Punch, drôle et remuante en prostituée profiteuse, stupide mais pas idiote, digne héritière de Mira Sorvino dans « MAUDITE APHRODITE ».

Pas grand-chose de bon à dire sur « VOUS ALLEZ RENCONTRER… », hélas. Il fait partie de cette dizaine de films que Woody Allen tourna entre 2003 et 2012 qui – à une ou deux exceptions près – ont laissé ses fans sur le carreau.

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LUCY PUNCH ET ANTHONY HOPKINS

 

« SICARIO – LA GUERRE DES CARTELS » (2018)

Tourné trois ans après « SICARIO » de Denis Villeneuve, « SICARIO – LA GUERRE DES CARTELS » fait se retrouver l’agent de la CIA Josh Brolin, chargé de déclencher par n’importe quel moyen, même les pires, une guerre entre les cartels de Mexico et Benicio Del Toro dans son rôle de flingueur assoiffé de vengeance.SOLDADO.jpg

La vraie trouvaille du scénario est d’avoir inversé les trajectoires des deux personnages : Del Toro redevient peu à peu humain au contact d’une jeune fille kidnappée, tandis que Brolin laisse craquer le vernis de civilisation qui l’entravait encore. On imagine qu’un 3ème film déjà annoncé, mettra les deux hommes face-à-face. Mais le vrai plus de cette sequel qui parvient, par bien des points, à surpasser l’original, c’est la présence du réalisateur italien Stefano Sollima aux commandes. Auteur des formidables « SUBURRA » au cinéma et « GOMORRA » à la TV, il dynamise ces deux heures de violence et de suspense d’admirable façon, ne laissant s’installer aucune plage d’ennui et traitant son sujet avec un souci de réalisme quasi « organique ». Certaines séquences, comme le calvaire de Del Toro dans le désert ou l’arrestation à deux hélicoptères, sont d’une maîtrise époustouflante. Grand réalisateur, vraiment. Autour du tandem Brolin/Del Toro, aux gueules de plus en plus burinées, à la présence physique compacte et minérale, qui se complètent magnifiquement, de bons seconds rôles comme la jeune Isabelle Moner en otage, Jeffrey Donovan, Matthew Modine et Catherine Keener étonnamment éteinte dans un rôle de « chef » sans état d’âme.

« SICARIO – LA GUERRE DES CARTELS » est un très beau film d’action, une âpre immersion dans un monde où se mêlent le trafic d’êtres humains aux frontières, le terrorisme et les enfants-tueurs, un panorama glaçant de notre 21ème siècle en décomposition. Sans oublier, cerise sur le gâteau, une petite pointe d’émotion.

 

« MEN IN BLACK 3 » (2012)

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JOSH BROLIN

« MEN IN BLACK 3 », sorti dix ans après le précédent opus et réalisé une fois encore par Barry Sonnenfeld, est la preuve qu’on peut éviter les rabâchages et les redondances en se munissant d’un accessoire imparable : un bon scénario. Signé Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen !), celui-ci remixe les éléments établis dans les films précédents, insuffle un brin d’émotion dans le délire et boucle la boucle de la relation Tommy Lee Jones-Will Smith d’épatante façon.MIB3 copie.jpg

Cette sequel étonnante, puisqu’elle ne cesse de surprendre agréablement, mêle le voyage temporel à l’univers de science-fiction déjanté de la franchise. Et se retrouvant catapulté en 1969, Will Smith – plutôt meilleur que d’habitude – doit sauver la vie de son vieux coéquipier ronchon, alors âgé de 29 ans (Josh Brolin). Une manière amusante pour Jones, qui a pris un gros coup de vieux physiquement, de tenir la vedette d’un film en apparaissant très peu dedans ! Outre ses rebondissements incessants, ses dérapages dans l’absurde (le discours hallucinant d’Emma Thompson au début du film)  et de très bons F/X, « MEN IN BLACK 3 » vaut d’être vu pour le travail de Brolin, qui offre une imitation de Tommy Lee Jones saisissante, jusque dans le moindre maniérisme, sans parler de son accent. La perfection ! On oublie complètement qu’il ne s’agit pas du même interprète au bout de quelques minutes.

Ce 3ème et dernier, jusqu’à présent, épisode de la série de longs-métrages, possède donc le scénario le plus élaboré du triptyque, puisqu’on est captivé du début à la fin, sans jamais cesser de sourire et que, cerise sur le gâteau, les personnages s’offrent même le luxe d’une semblant de profondeur. On ne pouvait pas rêver mieux !

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH ET EMMA THOMPSON

 

« ONLY THE BRAVE » (2017)

Réalisé par Joseph Kosinski, « ONLY THE BRAVE » est basé sur des faits réels survenus en Arizona en 2007 et décrivant le quotidien d’une équipe de pompiers luttant contre les incendies de forêt et le drame qui les décima subitement, ne laissant qu’un unique survivant.ONLY

Curieux mélange de drame intimiste sur la vie de ces « hotshots », leur cercle familial, leurs problèmes matrimoniaux, leurs ambitions professionnelles et de séquences d’action, le film a beau être très bien fait, peine à passionner. À quoi cela tient-il ? Peut-être à une sorte de détachement dans la réalisation qui oscille entre plusieurs styles, à un manque de construction solide du scénario qui tient trop de la chronique, et aussi à des enjeux dont l’importance peut passer au-dessus de la tête des non-initiés. Heureusement, car cela dure tout de même plus de deux heures, le casting est impeccable. On retrouve avec bonheur Josh Brolin en capitaine viril et obnubilé par son job, Jennifer Connelly dans le rôle de sa femme, la revenante Andie McDowell dans une fugitive silhouette. Jeff Bridges, glabre, a pris un sévère coup de vieux, mais semble toujours aussi enjoué et entonne même une chanson « country » avec ardeur. C’est le jeune Miles Teller (« WHIPLASH ») qui s’en sort encore le mieux dans un personnage assez fouillé d’ex-loser qui s’épanouit enfin dans un environnement qui lui correspond.

Le côté « inspiré de faits réels » impose évidemment le respect et la scène finale de l’incendie ravageur est impressionnante, mais « ONLY THE BRAVE » ne décolle jamais et n’implique pas vraiment. On assiste à ces actes d’héroïsme avec une indifférence polie en se prenant même à penser qu’un documentaire sur le sujet serait sans doute plus intéressant.

 

« OLD BOY » (2013)

OLDBOY2Dix ans après le film-choc de Chan-wook Park (également chroniqué sur « BDW2 »), Spike Lee adapte à son tour le manga japonais « OLD BOY » pour une production U.S. pas inintéressante, mais moins jusqu’au-boutiste et iconoclaste que la première version.

Pour qui a vu le film coréen, l’effet de surprise et le dépaysement sont bien évidemment très atténués et les rouages du scénario en deviennent plus apparents et artificiels. Mais le film fonctionne essentiellement grâce à la performance de Josh Brolin, acteur très sous-évalué, qui donne ici le meilleur de lui-même. Ses changements d’apparence physique sont stupéfiants : du « vendeur » bedonnant et sordide du début, à la bête humaine qu’il devient pendant vingt ans d’incarcération solitaire, jusqu’au vengeur désincarné, il traverse le film avec une intensité exceptionnelle. Certaines scènes comme la bagarre « seul contre tous » en plan-séquence laissent pantois. C’est grâce à lui qu’on se passionne pour le chemin de croix de ce personnage pourtant peu reluisant. Il est entouré d’un bon casting : Elizabeth Olsen en ex-junkie compatissante, le cabotin Sharlto Copley (« DISTRICT 9 ») en deus ex machina, le toujours impeccable Lance Reddick dans un rôle court mais marquant et le fatigant Samuel L. Jackson, vêtu comme un clown, en sadique comme échappé d’un autre film.

Quand on s’est pris le film de 2003 « en pleine poire », il est évident que ce remake ne fait pas le poids. Le scénario plus « vissé » n’a pas la même portée cauchemardesque et l’épilogue, plus sage, laisse sur une vague déception. Mais Spike Lee se sort tout de même très bien de l’expérience, « OLD BOY » se laisse regarder avec curiosité, ne serait-ce que pour le plaisir de la comparaison, et le travail de Brolin est – qu’on aime le film ou pas – proprement hallucinant.

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JOSH BROLIN ET ELIZABETH OLSEN

À noter qu’en clin d’œil au moment le plus choquant du film original (le héros dévorant un poulpe vivant en gros-plan), Brolin s’arrête un instant dans un restaurant pour contempler un céphalopode collé à la paroi d’un aquarium. Cela résume assez bien la différence fondamentale entre les deux films, d’ailleurs !

 

« LE VEILLEUR DE NUIT » (1997)

watch2En 1994, le danois Ole Bornedal tournait « NATTEVAGTEN » dans son pays natal avec le jeune Nikolaj Coster-Waldau en vedette. Trois ans après, le même Bornedal filmait « LE VEILLEUR DE NUIT », remake de son propre film pour le marché anglo-saxon.

Mais dès les premières séquences, on ne peut pas dire qu’il ait vraiment vendu son âme aux grands studios, car son film demeure extrêmement stylisé, aussi baroque dans la forme que dans le fond et n’a rien d’une série B de serial killer comme tant d’autres. Le scénario suit la descente aux enfers d’un étudiant (Ewan McGregor) travaillant de nuit à la morgue et piégé par un tueur de prostituées qui accumule les preuves contre lui.

La mise-en-scène est claustrophobique, tournant autour des trois ou quatre mêmes décors, dont un institut médico-légal presque kubrickien. Ce ne sont que gros-plans de visages en semi-pénombre, intérieurs en clair-obscur, angoisse diffuse mais constante. Peu à peu, on se laisse engluer dans cette atmosphère suffocante et paranoïaque, quasi-irréelle par moments, sensation accentuée par le jeu de Nick Nolte, extraordinaire en flic excessivement bizarre, qui semble se débattre dans les limbes d’une réalité parallèle. Certains « close-ups » de son visage raviné filent carrément le frisson ! McGregor n’a jamais crevé l’écran mais il est toujours naturel et sympathique. Josh Brolin est très bien en « mauvais génie » cynique et nocif, et on a également droit à Patricia Arquette, John C. Reilly et Brad Dourif (la « fausse piste » idéale !) dans des personnages moins développés.

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NICK NOLTE, PATRICIA ARQUETTE, JOHN C. REILLY ET JOSH BROLIN

Bonne surprise donc que ce « VEILLEUR DE NUIT » déconcertant et ne cédant jamais aux clichés du thriller U.S. Le réalisateur a su préserver un style et une spécificité dans un cadre extrêmement balisé. À redécouvrir donc, ne serait-ce que pour l’hallucinant numéro de Nolte qu’on a rarement vu aussi inquiétant.