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Archives de Catégorie: LES FILMS DE KATE WINSLET

« CRÉATURES CÉLESTES » (1994)

CREATURES.jpgAprès trois séries B d’horreur devenues culte et avant l’aventure du « SEIGNEUR DES ANNEAUX », le néo-zélandais Peter Jackson signait avec « CRÉATURES CÉLESTES », son premier long-métrage ‘mainstream’, d’après un faits-divers célèbre survenu dans son pays natal au début des années 50.

Le scénario, inspiré du journal intime d’une des protagonistes, raconte l’amitié singulière et toxique  liant deux adolescentes : Kate Winslet, fraîchement débarquée d’Angleterre, issue d’un milieu bourgeois et Melanie Lynksey solitaire au physique ingrat. Toutes deux ont connu de gros soucis de santé pendant l’enfance, toutes deux fuient le réel pour se réfugier dans un imaginaire débordant dont elles seules ont les clés. Et cette passion fusionnelle qu’elles cultivent ardemment l’une envers l’autre, vire à l’hystérie, flirte dangereusement avec la folie et s’achèvera dans le matricide. Cela aurait pu être une simple chronique criminelle comme on en a tant vu, mais Jackson prend l’option d’infiltrer le cerveau enfiévré de ses deux personnages et de filmer leur univers fait de paysages féériques où évoluent des licornes, des ersatz d’humains en pâte à modeler dont elles maîtrisent le destin ainsi que leurs stars préférées Mario Lanza et… Orson Welles. Et peu à peu, la frontière entre la réalité et le fantasme s’estompe. C’est très brillamment filmé et monté, souvent stressant tant les hurlements aigus des deux amies, leurs embrassades exaltées, leurs crises de désespoir, finissent par vriller les nerfs du plus résistant. On perd pied avec elles, et quand arrive enfin l’inéluctable, c’est presque un soulagement.

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KATE WINSLET ET MELANIE LYNKSEY

Les deux actrices quasi-débutantes font des étincelles : Winslet « complètement à l’ouest », passant du rire aux larmes en quelques secondes, probablement bipolaire et Lynksey ombrageuse et jusqu’au-boutiste. Un magnifique duo de comédiennes qui porte littéralement le film et fait de « CRÉATURES CÉLESTES » une œuvre unique, dérangeante et fascinante.

 

« WONDER WHEEL » (2017)

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KATE WINSLET

« WONDER WHEEL » de Woody Allen se passe en 1950 à Coney Island et évoque une pièce de Tennessee Williams. Est-ce volontaire de la part du réalisateur ? Mais les quatre vedettes ont toutes de faux-airs de stars de l’époque où se déroule l’action : Joan Crawford (Kate Winslet), Montgomery Clift (Justin Timberlake), Marilyn Monroe (Juno Temple) et Broderick Crawford (Jim Belushi).WHEEL.jpg

Entièrement tourné en studio, le film suit quelques laissés-pour-compte vivant sur le parc d’attraction décati. Juno Temple fuit son mari gangster qui a mis un contrat sur sa tête et se réfugie chez son père Belushi, un loser alcoolique et sa belle-mère (Winslet) ex-actrice névrosée, elle-même amoureuse d’un pseudo-écrivain (Timberlake) plus jeune qu’elle. Le quatuor accomplit des merveilles et fait oublier les tunnels dialogués, les redondances d’un scénario pas suffisamment élagué. Mais si le film vaut d’être vu, ce sera essentiellement pour la photo de Vittorio Storaro qui, à presque 80 ans, signe un des ses plus beaux accomplissements. Une lumière « magique » à chaque plan, qui accomplit le prodige d’évoluer à l’intérieur de chaque scène au gré des changements d’humeur des personnages. C’est splendide, novateur et c’est si surprenant que cela occulte presque l’histoire par moments. Pourtant « WONDER WHEELS » est un des films les plus intéressants d’Allen depuis pas mal de temps. On y retrouve ses obsessions en filigrane, mais sans ressentir cette sensation de radotage qui a gâché tant de ses œuvres récentes. L’auteur tire le maximum de ses comédiens, multiplie les gros-plans, chose rare chez lui, et laisse toute la place à l’image de s’épanouir et d’occuper le devant de la scène.

Certes un peu long, « WONDER WHEEL » vaut donc largement le détour pour goûter le pur génie visuel de M. Storaro au sommet de son art.

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JUNO TEMPLE ET KATE WINSLET

 

« TRIPLE 9 » (2016)

TRIPLE9 2.jpgDe l’Australien John Hillcoat, on se souvient du remarquable « LA PROPOSITION », du sombre « LA ROUTE » et du moins convaincant « DES HOMMES SANS LOI ». Aussi se doute-t-on bien que « TRIPLE 9 » ne sera pas un film de braquage banal.

Sur un scénario très inspiré des thématiques développées dans la série TV « THE SHIELD » (flics ripoux sans foi ni loi, mafia russe), le film impose d’emblée un rythme effréné, un montage syncopé et une multitude de personnages qui exigent une grande concentration pour ne pas être complètement largué pendant le premier quart. Une fois lancé, « TRIPLE 9 » scotche le spectateur sans problème et intensifie ses enjeux, jusqu’à toucher à la tragédie. Efficace et très bien confectionné, le film ne parvient pas tout à fait à s’élever au-dessus de son matériau et demeure un thriller parfois saisissant mais dépourvu d’une réelle substance.

La grande force du film est d’avoir réuni un casting exceptionnel jusqu’au plus petit rôle (Norman Reedus apparaît peu mais fait grosse impression) : Casey Affleck parfait en jeune flic honnête, Woody Harrelson en vieux de la vieille légèrement fêlé, Aaron Paul très crédible en junkie insalubre et surtout Chiwetel Ejiofor qui fait preuve d’une présence indéniable à l’écran en ex-commando implacable. Mais la grosse surprise du film, qui vaut presque à elle seule qu’on le visionne, c’est Kate Winslet, totalement méconnaissable en mafieuse russe glaciale et inhumaine. Elle s’est littéralement perdue dans le rôle ! On reconnaît mieux – mais trop brièvement, hélas – Gal Gadot, jouant sa jeune sœur pas trop futée.

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CASEY AFFLECK, KATE WINSLET ET GAL GADOT

Un bon et solide polar donc, à peu près irréprochable, dont l’unique défaut est d’arriver après d’autres films et séries sur le même thème et donc de n’être jamais vraiment surprenant.

 

« LA MONTAGNE ENTRE NOUS » (2017)

Un assez curieux produit que « LA MONTAGNE ENTRE NOUS », film U.S. réalisé par le palestinien Hany Abu-Assad et interprété par deux des meilleurs comédiens anglais actuels.MOUNTAIN

S’il se présente comme un « survival » en montagne (crash d’avion, neige, manque de nourriture, etc.), le scénario emprunte aussi aux rouages de la « romcom ». Deux étrangers, un neurochirurgien stressé et une reporter-photographe en retard pour son mariage, louent un petit avion après que leurs vols aient été annulés pour cause de tempête. Le pilote (Beau Bridges) meurt d’un AVC en plein vol et nos héros se retrouvent perdus, blessés, dans la nature hostile. En compagnie du sympathique labrador de leur malchanceux pilote ! Dès le départ, on est gêné par la superficialité du postulat et par le traitement des événements. Rien ne va au fond des choses, tout paraît aseptisé pour demeurer « tous publics » : les protagonistes sont blessés, mais pas trop gravement. Pas d’infection, pas d’amputation en vue. Le chien est attaqué par un puma, mais n’en garde aucune séquelle non plus. Et puis il y a cette enfilade de clichés : l’homme au lourd passé sentimental, par exemple. C’est platement réalisé, bizarrement monté parfois avec des « flash forwards » sortis des années 70, mais la photo est belle, la montagne photogénique et les deux comédiens sont irréprochables. Kate Winslet toujours aussi naturellement belle, énergétique, dans un rôle qu’elle nourrit de sa personnalité, et Idris Elba massif et fragile. Leur couple est une vraie réussite et aide à faire avaler les invraisemblances, les facilités, voire les absurdités de l’histoire. Quant à l’épilogue, on se croirait soudainement propulsés dans un autre film. Et pas des meilleurs ! Avis mitigé donc, pour « LA MONTAGNE ENTRE NOUS », qui aurait pu être tellement plus puissant avec un tout petit peu plus de réalisme et une écriture plus pointue. À voir tout de même – par un dimanche pluvieux de préférence – pour le plaisir de retrouver ces deux exceptionnels acteurs.

 

« HAUTE COUTURE » (2015)

Adapté d’un roman lui-même influencé par une pièce de Friedrich Dürrenmatt (« LA RANCUNE »), « HAUTE COUTURE » est un petit bijou de film australien au ton très singulier et magnifiquement mis en image par Jocelyn Moorhouse.DRESS

Kate Winslet revient dans sa ville natale, après en avoir été expulsée enfant, accusée d’avoir tué un camarade de classe. Elle ne se souvient de rien. Elle retrouve sa mère (Judy Davis) clochardisée et tente de rassembler le puzzle de son passé et de se venger. Un sujet simple, dont les enjeux mettent du temps à faire surface, mais qui captive d’entrée par son ambiance des années 50, pas si éloignée du western (il est même fait un ou deux clins d’œil visuels et musicaux au spaghetti western) et par le duo formé par deux gigantesques comédiennes. Winslet n’a jamais été plus belle et épanouie que dans ce rôle de revenante qui va exercer sa vengeance sur les habitantes via son « super-pouvoir » : celui de leur confectionner des robes capables de métamorphoser la plus ingrate des souillon en princesse de magazine. Forte et fragile, elle domine le film à égalité avec une Judy Davis vieillie et vraiment pas à son avantage en vieille folle aussi insupportable qu’émouvante. Autour d’elles, de magnifiques seconds rôles : Hugo Weaving en policier gay ménageant la chèvre et le chou, Kerry Fox totalement méconnaissable en institutrice haïssable ou Sarah Snook excellente en laideron jalouse.

Le ton, d’abord semi-comique et visuellement baroque, sombre progressivement dans la noirceur et la déprime et les personnages au départ clownesques prennent une vraie dimension humaine. C’est intrigant jusqu’au dénouement, d’une audace tranquille et assumée. Le film n’est pas sans évoquer le ton de « MURIEL », signé par les mêmes responsables : P.J. Hogan et Jocelyn Moorhouse, il y a déjà 25 ans. À voir, ne serait-ce que pour la robe rouge de Kate !

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KATE WINSLET

 

« LA VIE DE DAVID GALE » (2003)

VIEDu réalisateur de « MIDNIGHT EXPRESS », « MISSISSIPI BURNING » (son chef-d’œuvre) ou « ANGEL HEART », on attend toujours quelque chose de provocateur et de très soigné au niveau visuel.

De fait, avec « LA VIE DE DAVID GALE », on n’est pas déçu. C’est un pamphlet anti-peine de mort, qui évite le prêchi-prêcha grâce à un scénario tortueux et complexe dans sa construction, tellement vissé et re-vissé qu’il en devient parfois mécanique et laisse sur la désagréable sensation d’être manœuvré au gré des envies de l’auteur. Malgré cela, on reste scotché par l’accumulation de fausses-pistes, de chausse-trappes, de coups de théâtre et par le côté jusqu’auboutiste des protagonistes dont la foi en leur noble combat confine au fanatisme pur et simple.

C’est long mais jamais lent, il y a quelques coquetteries stylistiques pas indispensables, mais cela reste un très bon suspense viscéral et malin, sans temps mort. Le cast est impeccable : de Kate Winslet parfaite en reporter cassante et rentre-dedans à Kevin Spacey égal à lui-même en condamné énigmatique, en passant par la toujours magnifique Laura Linney et les excellents Leon Rippy, avocaillon texan ambigu, Rhona Mitra en étudiante sexy et machiavélique ou Matt Craven en vrai-faux méchant. On aperçoit une toute jeune Melissa McCarthy en « gothique » profiteuse.

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KATE WINSLET, KEVIN SPACEY, RHONA MITRA ET MELISSA McCARTHY

Les face-à-face entre Spacey et Winslet au pénitencier font penser au « SILENCE DES AGNEAUX », même si le contexte n’a rien à voir. Curieusement, le concept même du scénario évoque le « pitch » ressassé par Richard E. Grant dans plusieurs scènes de « THE PLAYER » de Robert Altman.

C’est le dernier film d’Alan Parker, qui n’a plus tourné depuis une bonne décennie. Dommage…

 

« ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND » (2004)

ETERNAL« ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND » est ce qu’on pourrait définir comme un film d’auteur à ‘high concept’. L’autopsie d’une rupture douloureuse traitée de façon extravagante, à la manière d’un film de SF. Autrement dit, un peu comme si Terry Gilliam avait tourné un remake de « ANNIE HALL ».

L’idée de départ est bonne : une société s’engage à effacer tous les souvenirs qu’on peut avoir d’une personne (ou d’un animal) à la suite d’un divorce ou d’un deuil, afin de rendre la chose plus tolérable. Quand Kate Winslet et Jim Carrey ne se supportent plus, elle subit « l’intervention » la première, bientôt suivie de son ex. Mais au cours de l’opération, il change d’avis et c’est une véritable course-poursuite dans son cerveau qui va se développer, pour préserver des bribes de mémoire.

On entre progressivement dans le film, rendu confus par une narration éclatée, une bande-son perturbante et une mise-en-scène à l’arrache. Il y a de belles idées, comme ces décors ou individus qui s’évaporent sous nos yeux à mesure que les souvenirs se gomment. Mais rapidement, le scénario piétine, se répète, les situations deviennent plus redondantes qu’obsédantes et on finit par se dire que ce qui aurait fait un superbe court-métrage finit par donner un long-métrage un brin complaisant.

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JIM CARREY ET KATE WINSLET

Carrey est à peu près sobre dans un rôle de solitaire introverti, ce qui est une bonne nouvelle. Winslet se sort bien d’un rôle d’emmerdeuse de compétition aux cheveux bleus (ou oranges). On retrouve autour d’eux des pointures comme Tom Wilkinson, Mark Ruffalo ou Kirsten Dunst légèrement sous-employés.

Œuvre poétique et inventive, « ETERNAL SUNSHINE… » n’est pas un film « tous publics », il demande patience et concentration. À voir pour quelques belles envolées émotionnelles et pour l’énergie de Kate Winslet.

 

« STEVE JOBS » (2015)

KATE WINSLET ET MICHAEL FASSBENDER

KATE WINSLET ET MICHAEL FASSBENDER

À première vue, le biopic d’un génie informatique du 20ème siècle n’a rien d’immédiatement attractif, si on n’est pas un geek assidu. Mais c’est tout à l’honneur du scénariste Aaron Sorkin d’avoir trouvé une approche inédite pour brosser le portrait en creux de « STEVE JOBS ».JOBS

Sur deux heures, le film se divise en trois parties distinctes : partant d’une présentation au public en 1984 du nouveau « mac », il décrit deux autres événements du même style en faisant des sauts dans le temps. Et c’est dans le laps de temps précédant les « cérémonies » qu’on découvre Jobs et son entourage professionnel et familial. Dans l’hystérie, les conflits, l’urgence. Michael Fassbender complètement impliqué dans son rôle, rend avec acuité le génie tourmenté de cet homme difficile, à l’affect gravement perturbé et lui donne une belle texture humaine, tout en demeurant parfaitement odieux et exaspérant. Belle performance, soutenue par la toujours magnifique Kate Winslet jouant son assistante dévouée et ployant sous le poids des responsabilités ou Jeff Daniels excellent dans le rôle de son ex-patron débordé par la personnalité volatile de Jobs.

Axé sur la relation complexe et conflictuelle entre Jobs et sa fille Lisa qu’il n’a jamais reconnue, de ses cinq ans jusqu’à l’âge presque adulte, « STEVE JOBS » est un film brillant, sans temps mort, extrêmement bavard et foisonnant ce qui fait parfois perdre le fil de certaines confrontations (le face-à-face entre Fassbender et Daniels sur deux périodes de temps en même temps, par exemple !), mais laisse sur une sensation de nervosité permanente et addictive.

À noter le rendu de l’image que Danny Boyle fait évoluer du 16MM au HD au fil des époques. Idée discrète mais hautement efficace.

 

« LES JARDINS DU ROI » (2014)

« LES JARDINS DU ROI » est le second et dernier film d’Alan Rickman – récemment disparu – en tant que réalisateur. Le genre d’histoire dont devrait se repaître le cinéma hexagonal, puisqu’il s’agit de la création du parc de Versailles sous Louis XIV, mais qui s’accommode tout à fait d’une production britannique où tous les protagonistes français parlent un anglais châtié.JARDINS

Focalisé sur un tandem de jardiniers, le responsable Le Nôtre (Mattias Schoenaerts) et la surdouée Mme De Barra (Kate Winslet), le film manque parfois de centre de gravité, d’un sens de la progression bien marqué, mais il se laisse regarder grâce à la présence toujours aussi intense et concrète de Miss Winslet qui parvient à donner vie à son personnage par quelques regards et froncements de sourcils. Vraiment une grande actrice ! Son partenaire paraît un peu falot en comparaison, d’autant qu’il partage la moitié de ses scènes avec une autre excellente comédienne et redoutable voleuse de scènes : Helen McCrory, jouant son épouse intrigante et dépravée. C’est Rickman lui-même qui incarne le Roi, avec un séduisant mélange de fatuité languide et de profonde tristesse.

Si « LES JARDINS DU ROI » ne décolle jamais vraiment, si les flash-backs sur le passé de l’héroïne paraissent superflus et un peu lourds, on peut tout de même se régaler de plusieurs scènes très réussies comme ce face-à-face entre Mme De Barra et le Roi à la cour, où la « jardinière » a un joli monologue sur la condition féminine par le biais d’une métaphore sur la vie des fleurs.

Un moment agréable donc, légèrement superficiel, mais qui vaut le coup d’œil par affection pour le très regretté Alan Rickman et pour le complétiste de la décidément grande Kate Winslet.

 

« THE HOLIDAY » (2006)

HOLIDAY2« THE HOLIDAY » est en quelque sorte le fantasme ultime de l’amateur de comédies romantiques made-in-America, puisque sur une durée hypertrophiée de 138 minutes, il offre quasiment deux films en un. Le sujet (deux jeunes femmes en pleine rupture échangent leurs maisons entre L.A. et les environs de Londres) a été étudié pour. Encore faudrait-il que les deux films soient du même niveau.

Le plus développé est hélas, catastrophique. Cameron Diaz, monteuse de bandes-annonces à Hollywood (sic !) se retrouve dans un petit cottage mal chauffé et tombe amoureuse d’un jeune veuf (Jude Law) beau comme un dieu, papa de deux adorables fillettes. Elle, généralement drôle et pétillante, est ici insupportable : grimaçante, piaillante, sautillante, trépignante, elle offre une piteuse caricature d’elle-même et également des pires heures de Meg Ryan pour qui le rôle semble avoir été écrit. Lui, échappé d’une pub pour parfum, irritant de narcissisme. Leur moitié de film est un catalogue de tout ce qu’il ne faut pas faire dans le genre et le scénario se réduit à des va-et-vient sans justification.

La partie L.A. est plus sympathique. Non pas grâce au pénible Jack Black, mais par le charme naturel de Kate Winslet et surtout pour sa relation avec son voisin, un vieux scénariste légendaire qui se prend d’amitié pour elle. Là se trouve le cœur du film et ses meilleurs moments : Eli Wallach, dans son plus joli rôle de fin de carrière, est formidable d’humanité et de malice, dans un personnage calqué sur Billy Wilder et Frank Capra, fossile vivant de l’Âge d’Or du cinéma. Il a les plus jolies répliques du film et le voir recevoir une standing ovation de toute la profession prend – maintenant qu’il n’est plus là – une dimension émotionnelle supplémentaire. Une bien belle sortie de scène. Winslet, une fois n’est pas coutume, force parfois son jeu, mais contrairement à Diaz, demeure authentique et attachante.

KATE WINSLET, ELI WALLACH, CAMERON DIAZ ET JUDE LAW

KATE WINSLET, ELI WALLACH, CAMERON DIAZ ET JUDE LAW

On notera çà et là des clins d’œil inattendus à Ennio Morricone (cité plusieurs fois et gentiment démarqué dans la musique du film) et à Dustin Hoffman qui apparaît fugitivement dans un caméo plutôt amusant.

Tout n’est donc pas à jeter dans « THE HOLIDAY » et l’amateur y trouvera certainement son bonheur. Les autres se contenteront des apparitions d’Eli Wallach. Ce qui n’est déjà pas si mal…

 

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