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Archives de Catégorie: LES FILMS DE KIRK DOUGLAS

BURT & KIRK : PREMIÈRE !

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SORTIE BLU-RAY AUX U.S.A. DE « L’HOMME AUX ABOIS », PREMIÈRE RENCONTRE EN 1947 DU GRAND TANDEM BURT LANCASTER-KIRK DOUGLAS !

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KIRK ET BURT, DIX ANS AVANT DE RÉGLER LEURS COMPTES À OK-CORRAL.

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« L’EMPRISE DU CRIME » (1946)

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BARBARA STANWYCK ET KIRK DOUGLAS

Étrange mais efficace mélange de ‘film noir’ et de mélodrame provincial, « L’EMPRISE DU CRIME » est un film ample – deux heures – et romanesque, narrant les retrouvailles d’un trio d’amis d’enfance liés par un crime commis vingt ans plus tôt.IVERS2

Le scénario signé Robert Rossen est parfaitement bâti et progresse sans temps mort, la réalisation de Lewis Milestone est peu remarquable mais ne se met jamais en porte-à-faux. On suit donc avec un réel intérêt ce drame à la fois sordide, sensuel et assez adulte dans l’approche psychologique des protagonistes, en se laissant parfois surprendre par ses méandres. Le seul vrai (mais énorme) défaut réside dans la présence de Van Heflin dans un rôle de ‘tough guy’ charismatique devant lequel toutes les femmes se pâment littéralement, même une secrétaire croisée dix secondes qui manque défaillir. Heflin n’a pas du tout la tête de l’emploi et on imagine ce qu’aurait pu et dû être le film avec, au hasard, Burt Lancaster ou Robert Mitchum à sa place. Quelle erreur fatale ! Cela rend plusieurs situations invraisemblables, voire incompréhensibles. Autour de lui, heureusement, le gratin : Barbara Stanwyck dans un personnage ingrat de croqueuse d’hommes toxique, menteuse pathologique. Lizabeth Scott aussi charmante que gauche et surtout Kirk Douglas. À trente ans, l’acteur faisait ses tout premiers pas devant une caméra et il démarre avec un personnage à mille lieux de celui qu’il fignolera pendant plusieurs décennies : il joue un fils-à-papa sans caractère, alcoolique et tête-à-claques et s’y montre étonnamment convaincant. Son dernier face-à-face avec Stanwyck, avec, entre eux un pistolet, est magistral.

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LIZABETH SCOTT, BARBARA STANWYCK ET VAN HEFLIN

« L’EMPRISE DU CRIME », sans être un classique du genre, se laisse regarder avec grand plaisir. À noter que le scénario donne une image de la toute-puissance de l’argent, de la corruption policière et des magouilles du procureur (Douglas) pas très courante à l’époque, ce qui ajoute un arrière-plan très réaliste à l’histoire.

 
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LES 101 ANS DE KIRK D. !

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BLUE NEWS FROM AMERICA…

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KIRK ET BURT, HITCHCOCK ET PECKINPAH : QUATRE SORTIES BLU-RAY AUX U.S.A. À FAIRE SALIVER « BDW2 » ET SES AMIS.

 

« EL PERDIDO » (1961)

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KIRK DOUGLAS ET ROCK HUDSON

Robert Aldrich à la réalisation, le scénariste Dalton Trumbo et la star Kirk Douglas qui sortaient à peine de leur succès « SPARTACUS », Rock Hudson et Dorothy Malone pour la troisième fois partenaires après deux Douglas Sirk, les décors arides du Mexique, l’ambiance western… On voit mal comment « EL PERDIDO » pourrait être inintéressant.last3-copie

D’ailleurs il ne l’est pas, loin de là. Mais bizarre, il l’est, sans le moindre doute ! C’est en fait un mélodrame classique avec son lot d’amours contrariées, de séparations irréparables, de coups de théâtre et de grands sentiments, relocalisé dans l’univers du Far-West hollywoodien.

Le film est inégal, par moments assez âpre (l’humiliation de Joseph Cotten, juste avant sa mort), à d’autres complaisant (les chansonnettes hors-sujet poussées par Douglas), et souvent même assez osé : l’ombre de l’inceste plane au-dessus de la dernière partie non-exempte d’ambiguïté sur la consommation de l’acte. Quelque chose a dû échapper aux censeurs !

Aldrich a toujours ce vieux sens du cadrage dynamique, du montage « cut », mais son film paraît bancal : il prend le temps de présenter des cowboys menaçants (Neville Brand et Jack Elam) pour ne leur donner que de fugaces silhouettes (coupes montage ?), il s’attarde sur une tempête de sable qui rend l’action pratiquement illisible et dilue l’intérêt et le suspense. Il met tout en place pour un face-à-face bourré de testostérone et n’offre à Douglas que Hudson comme rival. Si le premier exulte dans un personnage de voyou poète et névrosé rappelant « L’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE », le second semble distrait, jamais tout à fait présent. Leurs scènes ensemble ne prennent jamais corps tant leurs styles sont mal accordés. À leurs côtés, Malone est très bien en ‘tough girl’ à qui on ne la fait pas et Carol Lynley adorable en jeune fille pure mais déterminée. Regis Toomey tient un rôle intrigant de témoin muet mais dont le regard en dit long, préfigurant un peu ‘Alias’ dans « PAT GARRETT & BILLY THE KID ».

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KIRK DOUGLAS, CAROL LYNLEY ET DOROTHY MALONE

Sans compter parmi les vraies réussites d’Aldrich, « EL PERDIDO » tient tout de même bien la route, supporté en grande partie par les épaules de Douglas, charismatique à souhait en « good bad guy » névrosé, tout de noir vêtu et portant de surprenants foulards de couleur.

À noter : inédit en Blu-ray aux U.S.A. et en France, le film est récemment sorti sur ce support en Allemagne sous le titre « EL PERDIDO », dans une copie propre mais hélas, exagérément lissée, sans le moindre grain pellicule. Reste à attendre une vraie restauration…

 

QUELQUES TRACES…

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QUATRE AFFICHES SÉLECTIONNÉES AU HASARD, AU MILIEU D’UNE FILMOGRAPHIE PHÉNOMÉNALE… HAPPY BIRTHDAY, KIRK ! 

 

HOMMAGE : UN HOMME À RESPECTER…

kdrip2Kirk Douglas fête aujourd’hui ses cent printemps ! C’est une des personnalités les plus paradoxales et insaisissables du vieil Hollywood. Sa carrière démarra dans les années 40 pour s’achever dans les années 2000. Il fut à son pinacle dans les fifties et « SPARTACUS » fut en quelque sorte son chant du cygne de superstar. Sa carrière déclina doucement les années suivantes avec, çà et là, de belles fulgurances.

Haï et respecté, admiré et moqué, Douglas fut non seulement un acteur culotté, n’hésitant jamais à remettre son image en question, mais aussi un producteur despotique, courageux et un réalisateur qui ne se jugea pas lui-même suffisamment talentueux pour persister dans cette voie.

À l’instar de son ami et rival Burt Lancaster, Douglas était réputé pour faire souffrir ses réalisateurs, pour les virer sans hésitation au moindre « différend artistique » et pour tirer la couverture à lui à la moindre occasion. Certains le considéraient comme « l’être le plus vulgaire qu’ils aient jamais croisé », d’autres comme un « gentleman ».kdrip3

Fils d’émigrés russes, Kirk Douglas est l’incarnation du self-made-man américain. Très jeune, il a remodelé son visage, s’est imposé dans des rôles de ‘tough guys’ alors que les agents de casting le destinaient à jouer les jeunes premiers. Il a crevé l’écran dès ses premiers films par sa rage authentique, une collection de névroses qui ont fait de ses personnages dans « CHAMPION », « HISTOIRE DE DÉTECTIVE » ou « LES ENSORCELÉS » des êtres de chair et de sang, faillibles, ambitieux jusqu’à la folie, odieux mais aussi pathétiques.

Douglas n’a jamais hésité à jouer les salauds, les cyniques, à s’enlaidir, à montrer ses failles. À la sortie d’une projection de « LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH », John Wayne choqué, le lui reprocha. Pourquoi jouer de telles « lavettes » quand le public veut des héros ?

kdrip4Ses rares rôles entièrement positifs comme le colonel des « SENTIERS DE LA GLOIRE » ou le rebelle de « SEULS SONT LES INDOMPTÉS » gardent tout de même leurs zones d’ombre. Mais Douglas ne fut jamais meilleur qu’en « son of a bitch » : le guerrier borgne des « VIKINGS », l’officier violeur dans « PREMIÈRE VICTOIRE », l’avocat militaire sans scrupule dans « VILLE SANS PITIÉ », ou le hors-la-loi rouquin dans « LE REPTILE » un de ses rôles les plus emblématiques. Il a su surprendre parfois en acceptant des emplois plus quotidiens, dans « LIAISONS SECRÈTES » en époux adultère ou « L’ARRANGEMENT », son interprétation la plus subtile et introspective, dirigé par Elia Kazan qui avait fait appel à lui après la défection de Brando.kd-rip-5

Sa fin de carrière l’a vu céder de plus en plus au cabotinage, à la grimace facile et – de lifting en lifting – on l’a vu devenir une caricature de lui-même, le lot commun de certaines vedettes à la trop longue carrière. On oubliera donc « SATURNE 3 », « CACTUS JACK » ou « UNE FOIS NE SUFFIT PAS » !

Kirk Douglas fut une grande figure du western avec ses rôles dans « L’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE », « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL », « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL », il fut un producteur téméraire, un découvreur de talents (Kubrick), il écrivit avec « LE FILS DU CHIFFONNIER » une autobiographie exceptionnelle aux réelles qualités littéraires. Il fut aussi un des très rares players hollywoodiens à revendiquer ouvertement ses racines juives.

Son fils Michael a pris la relève en devenant lui aussi un éminent acteur/producteur.

Aujourd’hui, en parcourant la filmographie de Kirk, on se dit qu’un titre lui correspond idéalement. Celui d’un nanar qu’il tourna en Allemagne dans les années 70, pourtant : « UN HOMME À RESPECTER ». Alors, respect !