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Archives de Catégorie: LES FILMS DE KLAUS KINSKI

QUATRE KLAUS IBÈRES…

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EN DVD OU BLU-RAY, 4 SORTIES ESPAGNOLES DE FILMS DE KLAUS KINSKI. À RÉSERVER AUX COMPLÉTISTES, CAR AUCUN BON FILM DANS LE LOT !

 

« LA PEAU DE TORPEDO » (1970)

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KLAUS KINSKI

Adapté d’une Série Noire de Francis Ryck, « LA PEAU DE TORPEDO » est une curieuse coproduction franco-italo-allemande traitant de la guerre menée par les services secrets français contre un réseau d’espionnage industriel international et son armada de tueurs.peau3

Mêlant le banal faits-divers (une bourgeoise tue son mari volage dont elle ignore la véritable occupation) à une succession de meurtres et de suicides au cyanure, le film peine à passionner. Le rythme est excessivement lent, le jeu des comédiens catatonique et Stéphane Audran, censée être l’héroïne, disparaît trop souvent de l’action pour qu’on puisse s’identifier un tant soit peu à son personnage. L’actrice semblant avoir la tête complètement ailleurs, n’aide pas à se passionner pour son sort qui plus est. Reste à profiter du voyage, des DS, des 4-L, des hippies (aimablement appelés « clochards »), des tissus et papiers-peints fluo à s’en décoller la rétine et de la BO de François de Roubaix, certes pas sa meilleure, mais c’est toujours ça de pris.

Dans un casting hétéroclite, on retiendra la toujours belle et hiératique Lili Palmer en chef-espionne glaciale, Michel Constantin en barbouze décontractée et magnanime. Malgré sa flatteuse seconde position au générique, Klaus Kinski n’apparaît que dans les dernières vingt minutes : en tueur précieux et amateur de beaux tissus à motifs, il réveille un peu le film in extremis et compose un personnage intrigant, à la fois menaçant et un brin ridicule. Sa mort n’a en effet rien de bien glorieux ! On ne peut que sourire lorsqu’il sonne à la porte de Lili Palmer qui demande : « Qui est-ce ? ». « James Bond », répond Klaus !

À noter un excellent face-à-face entre un Kinski paralysé par une mauvaise chute et un Constantin compatissant, le seul vrai bon moment du film.

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MICHEL CONSTANTIN, STÉPHANE AUDRAN, LILI PALMER ET KLAUS KINSKI

Connu pour ses films avec Jean Gabin et digne représentant de ce qu’on appela la « Qualité France », Jean Delannoy n’est peut-être pas tout à fait dans son élément. Sans être catastrophique, « LA PEAU DE TORPEDO » ne marqua pas le genre qu’il illustre si platement.

 

LE FAUVE DU CINÉMA !

book-kkSorti pratiquement en même temps que « REAL DEPRAVITIES », ouvrage-somme consacré à Klaus Kinski, « KLAUS KINSKI, BEAST OF CINEMA » paraît en Angleterre signé par Matthew Edwards et publié chez McFarland.

Le concept en est différent. L’auteur réunit plusieurs critiques et universitaires pour parler de quelques films sélectionnés de l’acteur. On s’étonne d’emblée de découvrir dans cette « short list » le « DOCTEUR JIVAGO », où Kinski n’apparaît que trois minutes !kk-book2

On a ensuite divers témoignages de collaborateurs. Outre celui assez intéressant de l’acteur Peter Berling qui tourna à ses côtés sur plusieurs Herzog et qui n’a que des choses aimables à dire sur lui, ça ne vole pas très haut : réalisateurs de séries B ou de TV américains qui n’ont côtoyé Kinski que quelques jours sur des œuvres mineures de sa fin de carrière, interview d’une starlette qui a dû subir ses assauts libidineux pendant le tournage d’une scène ou encore celle d’un technicien de « LE SOLDAT », où Klaus n’a qu’un caméo de dix secondes… Étonnant panel, pour le moins !

Pour finir, c’est une filmographie « critique » sélective et donc frustrante de ses films les moins obscurs. Rien de nouveau sous le soleil…

L’idée du livre n’est pas mauvaise en soi et certaines analyses sont même pertinentes, mais à 300 pages, il est beaucoup trop succinct pour couvrir le parcours délirant de l’acteur et pour cerner les raisons du « culte » qu’il suscite encore aujourd’hui comme le prouvent ces derniers ouvrages qui lui sont consacrés. À lire éventuellement en complément de « REAL DEPRAVITIES » cité plus haut…

 

« TIMESTALKERS » (1987)

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WILLIAM DEVANE ET KLAUS KINSKI

Écrit par l’imaginatif auteur anglais Brian Clemens (les séries TV « CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR » ou « LES PROFESSIONNELS »), « TIMESTALKERS » est un téléfilm tout ce qu’il y a de plaisant, sur l’inépuisable thème des voyages dans le temps.TIME

Un prof de fac (William Devane) qui a récemment perdu sa famille, aide une femme du futur (Lauren Hutton) à remonter le temps jusqu’aux années 1880 pour retrouver un savant fou (Klaus Kinski, évidemment) bien décidé à changer le cours de l’Histoire en abattant l’aïeul de son pire ennemi. Le plan est tellement alambiqué qu’il en devient absurde, voire risible, mais le scénario fonctionne tout de même par sa naïveté de vieille BD et par le dynamisme de son trio de comédiens qui semble prendre un plaisir enfantin à rendre plus ou moins crédible leur aventure.

C’est donc un téléfilm extrêmement attachant, malgré une horrible musique de synthé, des F/X antédiluviens (la machine à remonter le temps est une petite pyramide en plexiglas qui produit des éclairs bleus) et des costumes « western » qui semblent sortir du pressing. Mais Devane n’a jamais été aussi sympathique qu’en brave type fan du Far West d’antan et prêt à croire n’importe quoi. Et Kinski s’en donne à cœur-joie en méchant déterminé à la moue perpétuellement dégoûtée. Il faut l’avoir vu avec son chapeau et son cache-poussière au moins deux tailles au-dessus, qui le font paraître minuscule, et sa tignasse peroxydée. Il pique quelques colères très kinskiennes dans les flash-backs situés… dans le futur. Le vétéran du western de série B Forrest Tucker apparaît dans une séquence, en historien du vieil Ouest.

À noter que le téléfilm fut exploité en vidéo en France sous le titre « TUEUR DU FUTUR ».

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WILLIAM DEVANE, LAUREN HUTTON ET KLAUS KINSKI

 

KLAUS DÉFINITIF ?

« REAL DEPRAVITIES : THE FILMS OF KLAUS KINSKI » écrit par Troy Howarth et publié par « WK Books » est – à plus de 500 pages bien compactes – probablement l’ouvrage « définitif » qu’attendaient depuis des décennies les fans de l’acteur le plus extravagant de l’Histoire du 7ème Art.

L’auteur pose un regard lucide sur l’homme, l’artiste et sur sa carrière. Tous les films sont analysés un par un, de fond en comble. Plusieurs « mystères » de sa copieuse filmographie sont levés.

C’est généreusement illustré, souvent par des photos rarissimes voire jamais publiées. Regrettons alors que l’impression soit aussi basique et uniquement en noir & blanc.kk-book

On trouve çà et là quelques perles, comme une liste complète de ses téléfilms, depuis l’Allemagne des débuts jusqu’aux U.S.A. de son déclin, des projets « auxquels on a échappé », une chronique de « GRANDI CACCIATORI », film « perdu » depuis son tournage en 1988, jamais sorti nulle part et qui semble devoir émerger depuis quelque temps.

L’auteur ne manquant pas d’humour, il imagine un dialogue entre lui et son sujet dans le prologue. « Pourquoi Klaus Kinski ? » se demande-t-il. « Parce je suis un génie, petit merdeux ! », aurait répondu Klaus.

Pour le fan, des heures et des heures de lecture assurées et une vision enfin dégagée de l’inextricable chaos que fut sa carrière.

 

TROIS FOIS KLAUS…

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SORTIE IMMINENTE EN ALLEMAGNE D’UN COFFRET DE TROIS FILMS EN DVD AVEC KLAUS KINSKI, POUR FÊTER SES 90 ANS.

 

LES 8 RECONNAISSANTS…

8 - copieDécidément nos voisins d’outre-Rhin prennent de plus en plus d’assurance par rapport aux Italiens tenants du titre de rois de l’arnaque vidéo, depuis des décennies. En vérité, il devient difficile de trouver de belles jaquettes trafiquées, des photomontages hasardeux, des escroqueries à deux lires de l’autre côté des Alpes.

C’est pourquoi on ne peut que tirer son chapeau à la sortie de « THE GR8FUL EIGHT » (prononcer « Grateful). Non seulement le titre de cette compilation de huit ‘spaghetti westerns’ ne veut strictement rien dire (« LES 8 RECONNAISSANTS » ?), mais l’éditeur a ouvertement plagié le visuel des « 8 SALOPARDS » de Quentin Tarantino, avec bien sûr le chiffre « 8 » mais aussi avec ce délicat mélange de noir & blanc et de rouge et la présence de montagnes à l’arrière-plan. Pas enneigées d’accord, mais presque !

Les huit « Gr8ful » (encore une approximation linguistique !) ne sont au nombre que de quatre : Tomás Milian, Franco Nero, Klaus Kinski et Burt Reynolds, mais sans doute a-t-on considéré qu’ils en valaient bien le double.