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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LANCE HENRIKSEN

« APPALOOSA » (2008)

APPALOOSA2« APPALOOSA » est le second long-métrage d’Ed Harris en tant que réalisateur et c’est une franche réussite, même s’il fut semble-t-il victime de sévères coupes au montage. C’est parfois sensible dans des enchaînements de séquences un peu cavaliers, mais dans l’ensemble le film a gardé toute son intégrité.APPALOOSA

À l’instar de « L’HOMME AUX COLTS D’OR » tourné 40 ans plus tôt et auquel il fait penser d’emblée par ses thèmes, le film s’appuie principalement sur la psychologie de ses personnages, plutôt que sur les poncifs westerniens d’usage. Comme dans le chef-d’œuvre d’Edward Dmytryk, Harris et Viggo Mortensen jouent deux inséparables « town tamers » engagés pour remettre de l’ordre dans une petite ville sous la coupe d’un rancher sans foi ni loi joué (étonnamment) par… Jeremy Irons. Étrange relation qui lie les deux hommes : l’adjoint, Mortensen, est en admiration dévote devant son boss pourtant clairement moins intelligent que lui. Harris lui, est un pro de la gâchette taciturne et inculte, s’exprimant dans un vocabulaire un peu trop châtié pour lui. Mais c’est surtout un tueur implacable, sans état d’âme. Ce qui est une qualité enviable dans l’Ouest de 1880. Entre eux vient s’insinuer le personnage le plus étonnant de l’histoire : Renée Zellweger, aventurière itinérante, femme indépendante et attirante, mais fondamentalement volage et uniquement séduite par les « mâles dominants » capables d’assurer sa protection. Comme finit par le faire le marshall, le scénario ne porte aucun jugement sur elle, ce qui est des plus rafraîchissants.

APPALOOSA3

VIGGO MORTENSEN, LANCE HENRIKSEN, RENÉE ZELLWEGER ET ED HARRIS

Le script est bien construit, les rebondissements sont incessants et pas toujours prévisibles et le dialogue est d’une subtilité fort rare dans un western. La réalisation illustre de façon très traditionnelle (absence quasi-totale de gros-plans comme dans les années 50) un scénario qui l’est infiniment moins, ce qui donne à « APPALOOSA » une tonalité unique et extrêmement attachante. Parmi les seconds rôles se détachent l’irremplaçable Timothy Spall en notable pleutre (comme il se doit), Lance Henriksen en pistolero opportuniste et pragmatique. Un très beau film, à l’esthétique soignée, qui a trouvé son identité en slalomant entre les clichés du genre et en approfondissant des archétypes avec une revigorante modernité.

 

« POWDER » (1995)

POWDER, LE PARATONNERRE HUMAIN...

POWDER, LE PARATONNERRE HUMAIN…

« POWDER » s’inscrit dans la lignée des fables humanistes sur la différence, dans le sillage de « CARRIE AU BAL DU DIABLE », « ELEPHANT MAN » ou « MASK » auxquels il emprunte copieusement des thématiques, voire des situations. Mais lui s’adresse à un public adolescent et ne craint pas les naïvetés, les redondances ni même le ridicule.POWDER

Le concept même de ce jeune homme albinos, attirant la foudre, doté de pouvoirs télépathiques et possédant le plus énorme Q.I. de l’Histoire de l’Humanité (sic !) prête à sourire et l’auteur/réalisateur ne nous épargne aucun passage obligé : flash-backs sur sa naissance, humiliations au lycée, début de romance avec une gentille voisine, etc. On est vraiment en terrain connu.

Heureusement, « POWDER » est porté par un casting d’acteurs compétents et impliqués qui sauvent les meubles : le jeune Sean Patrick Flanery est un ‘Powder’ convaincant sous un maquillage efficace, Lance Henriksen crève l’écran en shérif bourru mais sensible (la scène où il « parle » avec sa femme mourante au travers de Powder est la meilleure du film). Jeff Goldblum, visiblement pas dirigé fait à peu près n’importe quoi en prof émerveillé par son nouveau protégé et Mary Steenburgen n’a jamais été aussi mièvre et à côté de la plaque, elle qui est généralement très fiable.

Bien filmé et photographié, apparemment sincère dans sa démarche, « POWDER » n’est pas un film antipathique et on peut même s’y abandonner à condition de retrouver son âme d’enfant, ce qui n’est pas toujours facile ! la fable pâtit de trop d’inconsistances dans l’écriture : ce shérif-adjoint qui change de personnalité au gré des nécessités dramatiques, par exemple. Ou ces moments ambigus où Goldblum caresse le jeune homme et où celui-ci contemple un garçon musculeux du lycée au sortir de sa douche… Piste surprenante, pas réellement explorée…

LANCE HENRIKSEN ET JEFF GOLDBLUM

LANCE HENRIKSEN ET JEFF GOLDBLUM

Parmi ses rares points indiscutablement positifs, le film offre à Henriksen un de ses rôles les plus humains et sensibles. Une drôle de bouillabaisse, ce film…

 

« CUTTING CARDS » : Lance Henriksen dans « Les contes de la crypte »

LANCE HENRIKSEN

LANCE HENRIKSEN

« CUTTING CARDS » est un des épisodes les plus mémorables de la série anthologique « LES CONTES DE LA CRYPTE », réalisé par Walter Hill (qui a également co-signé le scénario), qui a su tirer tout le suc d’une idée toute simple mais jusqu’au-boutiste.

Lance Henriksen, un joueur professionnel vêtu en cowboy d’opérette tombe sur son rival et ennemi de toujours, Kevin Tighe. Les deux ‘gamblers’ se haïssent avec une vigueur peu commune et ne peuvent plus se contenter de s’affronter autour d’une table de poker. Aussi décident-ils de jouer à la roulette russe dans le parking du tripot avec un Magnum .44. Les deux s’en sortent par miracle et reprennent les cartes : à chaque « main », un doigt du perdant est tranché au hachoir ! Quand on les retrouve pour l’épilogue de l’épisode, les deux joueurs qui n’ont plus ni bras ni jambes, jouent aux dames dans un hôpital en poussant les pièces avec leur nez !

KEVIN TIGHE ET LANCE HENRIKSEN

KEVIN TIGHE ET LANCE HENRIKSEN

Dans des lumières contrastées, à effet, sculptant les « gueules » des comédiens, Hill signe un petit bijou de simplicité, de tension et de drôlerie. Henriksen, plus reptilien que jamais, est formidable en ringard pas bien futé mais obstiné jusqu’à la démence et Tighe lui donne une réplique exceptionnelle. Un vrai bonheur que de voir deux acteurs de ce calibre dans un face-à-face dont l’intensité ne fait qu’augmenter à chaque séquence.

 

« STONE COLD » (1991)

LANCE HENRIKSEN ET BRIAN BOSWORTH

LANCE HENRIKSEN ET BRIAN BOSWORTH

Il y a des films d’action qu’on aime parce qu’ils sont démodés et ringards comme « COMMANDO », « TANGO & CASH », d’autres tellement nuls qu’ils en deviennent culte comme « COBRA ».

STONE2« STONE COLD » s’inscrit dans cette lignée avec un aplomb qui fait plaisir à voir. Premier film du sportif Brian Bosworth, qui fit une petite carrière d’action star, c’est une débauche de bastons crapoteuses, d’explosions (ici, dès qu’un véhicule en effleure un autre, c’est toute la rue qui pète dans une orgie de flammes !), de fusillades et surtout, de ‘one liners’ délectables. Coiffé de façon encore plus grotesque que JCVD dans « CHASSE À L’HOMME », Bosworth joue un flic qui vit avec un varan (sic !) et se voit chargé par le FBI d’infiltrer un gang de ‘bikers’ très méchants. Pendant les trois-quarts du film, il va s’efforcer de prouver au leader Lance Henriksen, qu’il mérite d’entrer dans le gang. Ensuite… tout pète ! Le final apocalyptique dans le Palais de Justice envahi par les motards et leur chef déguisé en prêtre est assez hallucinant de grand n’importe quoi.

Il y a quelque chose de très décomplexé et sympathique dans cette « bourrinade » bruyante et sans queue ni tête. Bien sûr, s’il a un physique cinégénique, Bosworth joue (enfin, joue…) comme une savate. Mais quel bonheur de voir Henriksen en roue-libre et de l’entendre brailler des répliques inouïes de sa voix rauque : « Je t’écorcherai vif avec un couteau trempé dans la merde ! » ou « Dans des moments comme celui-ci, je repense aux derniers mots de mon père avant de mourir : ‘Non, mon fils ! Ce flingue est chargé !’ ». C’est en grande partie grâce à lui que le film maintient la tête au-dessus de la série Z, sans oublier William Forsythe, qui s’amuse comme un petit fou en biker bestial.

« STONE COLD » est donc un film idiot, vulgaire, à l’humour éléphantesque, un pur navet de samedi soir pour drive-in. Mais quoi, un peu de fast-food légèrement faisandé, c’est bien agréable de temps en temps ! Même si la digestion peut s’avérer délicate…

BRIAN BOSWORTH ET LANCE HENRIKSEN

BRIAN BOSWORTH ET LANCE HENRIKSEN

 

« YELLOW » : Kirk Douglas dans « Les contes de la crypte »

Retour dans les tranchées de la guerre 14-18, plus de trente ans après « LES SENTIERS DE LA GLOIRE » pour Kirk Douglas à l’occasion de « YELLOW » un épisode de la série « LES CONTES DE LA CRYPTE » réalisé par Robert Zemeckis.

Il incarne ici un général de la même espèce que ceux qu’il combattait dans le chef-d’œuvre de Kubrick. À l’abri dans son QG, il envoie ses hommes se faire tuer par centaines. Seul problème, son fils est lieutenant et s’avère être un lâche de la pire espèce (quoique ses arguments pour expliquer sa peur de mourir soient tout à fait justifiés en l’occurrence !). Après qu’il ait causé le massacre d’une patrouille, le général condamne son fils à être fusillé. Mais pour qu’il fasse bonne figure lors de l’exécution, il lui fait croire que les fusils seront chargés à blanc et qu’il l’aidera à s’enfuir. Alors qu’en réalité… Affreux stratagème afin de laver son honneur !

KIRK DOUGLAS, DAN AYKROYD, LANCE HENRIKSEN ET ERIC DOUGLAS

KIRK DOUGLAS, DAN AYKROYD, LANCE HENRIKSEN ET ERIC DOUGLAS

Bien réalisé en plans larges et moyens façon long-métrage, le téléfilm vaut pour les face-à-face entre le vieux Kirk et son propre fils Eric jouant… son indigne rejeton. La ressemblance physique et vocale entre les deux hommes ajoute évidemment un gros « plus » à cette sombre histoire. Et certains échanges entre eux pourraient servir de psychothérapie familiale !

À leurs côtés, Dan Aykroyd joue un officier humain et Lance Henriksen un « chien de guerre » buriné qui n’est pas sans évoquer le Jack Palance de « ATTACK ! ». Bien que son rôle ne soit pas très long, l’acteur a une mort mémorable : il revient déchiqueté du champ de bataille, contenant ses intestins dans un casque qu’il maintient contre son ventre !

Un moyen-métrage qui ferait un joli supplément dans une réédition hypothétique des « SENTIERS DE LA GLOIRE » auquel il rend clairement hommage à plusieurs reprises.

 

« LE FANTÔME D’HALLOWEEN » (1988)

LANCE HENRIKSEN, LÉGÈREMENT HABITÉ...

LANCE HENRIKSEN, LÉGÈREMENT HABITÉ…

« PUMPKINHEAD » (ne parlons pas de l’imbécile titre français qui n’a rien à voir avec rien et surtout pas avec Halloween !) est le premier des deux longs-métrages qu’a réalisé Stan Winston, génie du maquillage et des F/X horrifiques. Il a clairement bien fait de ne pas abandonner son premier job !

PUMPKIN2Non pas que ce soit totalement nul, mais c’est une série B dont le scénario ne devait pas dépasser les dix pages (écrites en gros caractères) et qui puise ses racines dans « EVIL DEAD ». L’amateur y reconnaîtra peut-être l’amorce du bien meilleur « JEEPER CREEPERS » tourné des années plus tard.

Son fils tué accidentellement par de jeunes crétins en villégiature, l’épicier Lance Henriksen va voir une sorcière qui réveille un démon pour décimer les assassins. Après, c’est le jeu de massacre habituel, répétitif, noyé dans les contre-jours et les fumigènes comme dans tout bon nanar des années 80.

Le décor rappelle « DÉLIVRANCE » avec ses ploucs à moitié dégénérés, mais c’est bien le seul point commun avec le chef-d’œuvre de John Boorman !

Des points positifs ? Allez ! En cherchant bien… Déjà et avant tout, Henriksen qui a comme qualité rarissime de jouer n’importe quel navet comme s’il était dirigé par Ingmar Bergman dans une pièce d’Ibsen. Intense, fiévreux, habité, il parvient à insuffler un peu d’émotion et de vie à ce fatras incohérent, ce qui n’était pas un mince exploit. Et le monstre lui-même, n’est pas mal, pas effrayant pour un sou, mais bien animé et photographié. La scène finale où le père vengeur et le démon se confondent physiquement laisse deviner une thématique intrigante qui n’a hélas, pas été suffisamment développée ici.

À noter que Lance Henriksen a repris le personnage de ‘Ed Harley’ (pourtant mal-en-point à la fin du premier film !) dans deux sequels pour la TV en 2006 et 2007.

PUMPKINHEAD

PUMPKINHEAD

 

HAPPY BIRTHDAY, LANCE !

LANCE HENRIKSEN, ACTEUR DE COMPOSITION À LA FILMO DE PLUS DE 200 TITRES, SUR LA BRÈCHE DEPUIS LES SEVENTIES. UNE ICÔNE DE LA SF...

LANCE HENRIKSEN, ACTEUR DE COMPOSITION À LA FILMO DE PLUS DE 200 TITRES, SUR LA BRÈCHE DEPUIS LES SEVENTIES. UNE ICÔNE DE LA SF…