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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LANCE HENRIKSEN

« JENNIFER’S BODY » (2009)

Écrit par Diablo Cody (« JUNO »), réalisé par Karyn Kusama, « JENNIFER’S BODY » s’inspire beaucoup de « CARRIE AU BAL DU DIABLE » de Brian DePalma, pour dépeindre l’amitié ambiguë et nocive de deux jeunes filles liées depuis l’enfance, l’une timide, l’autre délurée.BODY.jpg

C’est cette relation qui fait tout l’intérêt de cette histoire déguisée en film d’horreur high-tech, dans une ambiance kitsch très « BUFFY CONTRE LES VAMPIRES », qui noie le poisson par des artifices pénibles et inefficaces. On pense à ce grotesque groupe de rock sataniste qui loupe son rituel et transforme Megan Fox, la reine de beauté locale, en succube cannibale assoiffée de sang. On pense à ces grossières caricatures que sont tous les personnages d’adultes, à ces seconds rôles dessinés à la truelle (les « gothiques » du lycée ou J.K. Simmons emperruqué en prof manchot), etc. Le traitement flashy et bourré d’effets visuels inutiles, n’était pas celui qu’il fallait pour mettre le thème en valeur. Mais on tient jusqu’au bout, grâce au charisme d’Amanda Seyfried, jouant la copine naïve et soumise de ‘Jennifer’, dont le regard et le sourire radieux illuminent l’écran, et pour une ou deux séquences gore plutôt réussies. À noter qu’un visage familier de la série B fantastique apparaît dans l’épilogue, le temps de quelques répliques : le cher Lance Henriksen.

Il n’y a pas grand-chose de pertinent à dire sur « JENNIFER’S BODY ». L’idée n’a rien d’original, le scénario tire à la ligne et l’humour est pataud. La mixture aurait probablement pu passer avec un réalisateur doué à la barre, mais tel quel, il ne vaut qu’un coup d’œil curieux pour les deux héroïnes qui méritaient un meilleur écrin à leur talent.

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AMANDA SEYFRIED ET J.K. SIMMONS

 

« GONE ARE THE DAYS » (2018)

GONE.jpegPremier film de Mark Landre Gould, « GONE ARE THE DAYS » avec son casting de vieux stakhanovistes du DTV et son look fauché, a toutes les apparences d’une série B torchée à la va-vite, vaguement inspirée des thèmes de « IMPITOYABLE » d’Eastwood.

Pourtant, en s’y attardant un tant soit peu, le film vaut mieux que cela. S’il n’est pas spécialement bien filmé et photographié, il parvient néanmoins à créer une réelle empathie pour son personnage incarné corps et âme par Lance Henriksen. À 78 ans, il incarne un hors-la-loi rongé par la maladie et hanté (littéralement) par son passé, qui décide d’arracher sa fille (Meg Steedle) à la prostitution avant de passer l’arme à gauche. Le premier quart d’heure du film consiste à contempler l’acteur complètement ravagé, en caleçons crasseux, en train de cracher ses poumons, de se traîner pitoyablement en parlant à un « ami imaginaire ». Il faut toute la présence et l’humanité d’Henriksen pour rendre cela supportable. D’habitude dans les westerns, les pistoleros mordaient la poussière bien avant d’atteindre ces âges-là ! On s’attend à un ultime baroud d’honneur, un grand ‘showdown’ final, mais l’auteur ne nous en fera pas l’aumône. « GONE ARE THE DAYS » est une triste histoire de rédemption, une fable crépusculaire sur la fin des temps héroïques. C’est un des plus beaux rôles de l’acteur, un des plus fouillés et il s’y montre vraiment extraordinaire, exhibant sans vanité son visage creusé, son corps usé. Seule sa voix n’a pas changé. À ses côtés, Tom Berenger est excellent en shérif calme et intelligent, Danny Trejo apparaît brièvement en incarnation de ‘Charon’ le passeur des enfers à la sauce mexicaine. Et Steve Railsback campe un « mac » haïssable au possible, une véritable vermine.

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LANCE HENRIKSEN, MEG STEEDLE, TOM BERENGER ET STEVE RAILSBACK

De vieux mais toujours grands comédiens, réunis pour un film d’allure assez ingrate mais tournant courageusement le dos aux poncifs du genre. C’est lent, déprimant, voire pénible par instants, mais l’admirateur de Lance Henriksen ne voudra à aucun prix manquer ce western qui lui offre enfin un rôle à sa mesure.

 

« ALIEN vs. PREDATOR » (2004)

AVPPour s’exprimer en bon français, « ALIEN vs. PREDATOR » est plus un ‘spin-off’ et un ‘cross-over’ qu’une véritable ‘sequel’. C’est l’occasion pour la Fox de poursuivre ses deux sagas de SF en les croisant. Ça aurait pu être un désastre, mais entre les mains de Paul W.S. Anderson, authentique amateur du genre, la surprise est plutôt heureuse et rend bien plus honneur à la franchise initiée par Ridley Scott et James Cameron que « ALIEN LA RÉSURRECTION », par exemple.

L’action se déroule dans l’Arctique où une pyramide a été découverte sous les glaces. C’est là que, depuis ses millénaires, se déroule un combat initiatique entre les chasseurs humanoïdes à tête de crustacé et les affreux aliens baveux au sang corrosif. Les humains quant à eux, servent de « bétail » pour incuber les proies. Oui, pas évident à suivre ! Mais une fois lancée, l’action ne se relâche jamais. Les décors sont magnifiques et imaginatifs, les personnages bien dessinés et on sent un tel enthousiasme à ressusciter ces mythologies cinématographiques, qu’on délaisse tout esprit critique pour jouir du spectacle. La bonne idée étant la présence de Lance Henriksen, figure iconique de la saga, faisant le lien entre « ALIENS », « ALIEN 3 » et ce présent film, qui s’impose presque comme le véritable n°4.

Sanaa Lathan est une convaincante héroïne increvable, elle est bien entourée de bons comédiens comme Ewan Bremner, Tommy Flanagan et la française Agathe de La Boulaye en mercenaire dure-à-cuire. On fermera les yeux sur le bellâtre italien dont la présence demeure un mystère. Coproduction ?

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SANAA LATHAN ET LANCE HENRIKSEN

« ALIEN vs. PREDATOR » est donc loin du navet opportuniste qu’on était en droit de redouter. Pour peu qu’on désacralise les deux premiers films, c’est une continuation intelligente, mouvementée, et très soigneusement confectionnée. Les F/X sont de toute beauté et quand arrive le mot « FIN », on se surprendrait presque à en redemander…

 

« APPALOOSA » (2008)

APPALOOSA2« APPALOOSA » est le second long-métrage d’Ed Harris en tant que réalisateur et c’est une franche réussite, même s’il fut semble-t-il victime de sévères coupes au montage. C’est parfois sensible dans des enchaînements de séquences un peu cavaliers, mais dans l’ensemble le film a gardé toute son intégrité.APPALOOSA

À l’instar de « L’HOMME AUX COLTS D’OR » tourné 40 ans plus tôt et auquel il fait penser d’emblée par ses thèmes, le film s’appuie principalement sur la psychologie de ses personnages, plutôt que sur les poncifs westerniens d’usage. Comme dans le chef-d’œuvre d’Edward Dmytryk, Harris et Viggo Mortensen jouent deux inséparables « town tamers » engagés pour remettre de l’ordre dans une petite ville sous la coupe d’un rancher sans foi ni loi joué (étonnamment) par… Jeremy Irons. Étrange relation qui lie les deux hommes : l’adjoint, Mortensen, est en admiration dévote devant son boss pourtant clairement moins intelligent que lui. Harris lui, est un pro de la gâchette taciturne et inculte, s’exprimant dans un vocabulaire un peu trop châtié pour lui. Mais c’est surtout un tueur implacable, sans état d’âme. Ce qui est une qualité enviable dans l’Ouest de 1880. Entre eux vient s’insinuer le personnage le plus étonnant de l’histoire : Renée Zellweger, aventurière itinérante, femme indépendante et attirante, mais fondamentalement volage et uniquement séduite par les « mâles dominants » capables d’assurer sa protection. Comme finit par le faire le marshall, le scénario ne porte aucun jugement sur elle, ce qui est des plus rafraîchissants.

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VIGGO MORTENSEN, LANCE HENRIKSEN, RENÉE ZELLWEGER ET ED HARRIS

Le script est bien construit, les rebondissements sont incessants et pas toujours prévisibles et le dialogue est d’une subtilité fort rare dans un western. La réalisation illustre de façon très traditionnelle (absence quasi-totale de gros-plans comme dans les années 50) un scénario qui l’est infiniment moins, ce qui donne à « APPALOOSA » une tonalité unique et extrêmement attachante. Parmi les seconds rôles se détachent l’irremplaçable Timothy Spall en notable pleutre (comme il se doit), Lance Henriksen en pistolero opportuniste et pragmatique. Un très beau film, à l’esthétique soignée, qui a trouvé son identité en slalomant entre les clichés du genre et en approfondissant des archétypes avec une revigorante modernité.

 

« POWDER » (1995)

POWDER, LE PARATONNERRE HUMAIN...

POWDER, LE PARATONNERRE HUMAIN…

« POWDER » s’inscrit dans la lignée des fables humanistes sur la différence, dans le sillage de « CARRIE AU BAL DU DIABLE », « ELEPHANT MAN » ou « MASK » auxquels il emprunte copieusement des thématiques, voire des situations. Mais lui s’adresse à un public adolescent et ne craint pas les naïvetés, les redondances ni même le ridicule.POWDER

Le concept même de ce jeune homme albinos, attirant la foudre, doté de pouvoirs télépathiques et possédant le plus énorme Q.I. de l’Histoire de l’Humanité (sic !) prête à sourire et l’auteur/réalisateur ne nous épargne aucun passage obligé : flash-backs sur sa naissance, humiliations au lycée, début de romance avec une gentille voisine, etc. On est vraiment en terrain connu.

Heureusement, « POWDER » est porté par un casting d’acteurs compétents et impliqués qui sauvent les meubles : le jeune Sean Patrick Flanery est un ‘Powder’ convaincant sous un maquillage efficace, Lance Henriksen crève l’écran en shérif bourru mais sensible (la scène où il « parle » avec sa femme mourante au travers de Powder est la meilleure du film). Jeff Goldblum, visiblement pas dirigé fait à peu près n’importe quoi en prof émerveillé par son nouveau protégé et Mary Steenburgen n’a jamais été aussi mièvre et à côté de la plaque, elle qui est généralement très fiable.

Bien filmé et photographié, apparemment sincère dans sa démarche, « POWDER » n’est pas un film antipathique et on peut même s’y abandonner à condition de retrouver son âme d’enfant, ce qui n’est pas toujours facile ! la fable pâtit de trop d’inconsistances dans l’écriture : ce shérif-adjoint qui change de personnalité au gré des nécessités dramatiques, par exemple. Ou ces moments ambigus où Goldblum caresse le jeune homme et où celui-ci contemple un garçon musculeux du lycée au sortir de sa douche… Piste surprenante, pas réellement explorée…

LANCE HENRIKSEN ET JEFF GOLDBLUM

LANCE HENRIKSEN ET JEFF GOLDBLUM

Parmi ses rares points indiscutablement positifs, le film offre à Henriksen un de ses rôles les plus humains et sensibles. Une drôle de bouillabaisse, ce film…

 

« CUTTING CARDS » : Lance Henriksen dans « Les contes de la crypte »

LANCE HENRIKSEN

LANCE HENRIKSEN

« CUTTING CARDS » est un des épisodes les plus mémorables de la série anthologique « LES CONTES DE LA CRYPTE », réalisé par Walter Hill (qui a également co-signé le scénario), qui a su tirer tout le suc d’une idée toute simple mais jusqu’au-boutiste.

Lance Henriksen, un joueur professionnel vêtu en cowboy d’opérette tombe sur son rival et ennemi de toujours, Kevin Tighe. Les deux ‘gamblers’ se haïssent avec une vigueur peu commune et ne peuvent plus se contenter de s’affronter autour d’une table de poker. Aussi décident-ils de jouer à la roulette russe dans le parking du tripot avec un Magnum .44. Les deux s’en sortent par miracle et reprennent les cartes : à chaque « main », un doigt du perdant est tranché au hachoir ! Quand on les retrouve pour l’épilogue de l’épisode, les deux joueurs qui n’ont plus ni bras ni jambes, jouent aux dames dans un hôpital en poussant les pièces avec leur nez !

KEVIN TIGHE ET LANCE HENRIKSEN

KEVIN TIGHE ET LANCE HENRIKSEN

Dans des lumières contrastées, à effet, sculptant les « gueules » des comédiens, Hill signe un petit bijou de simplicité, de tension et de drôlerie. Henriksen, plus reptilien que jamais, est formidable en ringard pas bien futé mais obstiné jusqu’à la démence et Tighe lui donne une réplique exceptionnelle. Un vrai bonheur que de voir deux acteurs de ce calibre dans un face-à-face dont l’intensité ne fait qu’augmenter à chaque séquence.

 

« STONE COLD » (1991)

LANCE HENRIKSEN ET BRIAN BOSWORTH

LANCE HENRIKSEN ET BRIAN BOSWORTH

Il y a des films d’action qu’on aime parce qu’ils sont démodés et ringards comme « COMMANDO », « TANGO & CASH », d’autres tellement nuls qu’ils en deviennent culte comme « COBRA ».

STONE2« STONE COLD » s’inscrit dans cette lignée avec un aplomb qui fait plaisir à voir. Premier film du sportif Brian Bosworth, qui fit une petite carrière d’action star, c’est une débauche de bastons crapoteuses, d’explosions (ici, dès qu’un véhicule en effleure un autre, c’est toute la rue qui pète dans une orgie de flammes !), de fusillades et surtout, de ‘one liners’ délectables. Coiffé de façon encore plus grotesque que JCVD dans « CHASSE À L’HOMME », Bosworth joue un flic qui vit avec un varan (sic !) et se voit chargé par le FBI d’infiltrer un gang de ‘bikers’ très méchants. Pendant les trois-quarts du film, il va s’efforcer de prouver au leader Lance Henriksen, qu’il mérite d’entrer dans le gang. Ensuite… tout pète ! Le final apocalyptique dans le Palais de Justice envahi par les motards et leur chef déguisé en prêtre est assez hallucinant de grand n’importe quoi.

Il y a quelque chose de très décomplexé et sympathique dans cette « bourrinade » bruyante et sans queue ni tête. Bien sûr, s’il a un physique cinégénique, Bosworth joue (enfin, joue…) comme une savate. Mais quel bonheur de voir Henriksen en roue-libre et de l’entendre brailler des répliques inouïes de sa voix rauque : « Je t’écorcherai vif avec un couteau trempé dans la merde ! » ou « Dans des moments comme celui-ci, je repense aux derniers mots de mon père avant de mourir : ‘Non, mon fils ! Ce flingue est chargé !’ ». C’est en grande partie grâce à lui que le film maintient la tête au-dessus de la série Z, sans oublier William Forsythe, qui s’amuse comme un petit fou en biker bestial.

« STONE COLD » est donc un film idiot, vulgaire, à l’humour éléphantesque, un pur navet de samedi soir pour drive-in. Mais quoi, un peu de fast-food légèrement faisandé, c’est bien agréable de temps en temps ! Même si la digestion peut s’avérer délicate…

BRIAN BOSWORTH ET LANCE HENRIKSEN

BRIAN BOSWORTH ET LANCE HENRIKSEN