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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LEE MARVIN

« L’HOMME DU CLAN » (1974)

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LEE MARVIN

Avant d’aborder « L’HOMME DU CLAN » à proprement parler, un petit historique s’impose : le scénario fut coécrit par Sam Fuller qui devait le réaliser. La chose aboutit finalement entre les mains plus mercenaires – et moins talentueuses – de l’Anglais Terence Young. Le film fut massacré au montage, raccourci, censuré, remonté, exploité en vidéo dans des copies affreuses depuis des décennies. Jusqu’à ce que tout récemment, les éditions Olive le sortent enfin de façon (à peu près) décente en Blu-ray.KLAN

Cela change-t-il le mauvais souvenir laissé par le film ? Eh bien, étonnamment, un peu tout de même. Retrouvant un minimum de qualité technique, « L’HOMME DU CLAN » s’avère moins désastreux qu’on aurait pu le craindre. Bien sûr, la photo et la BO sont très moches, la facture demeure assez primitive et rappelle les « exploitation films » de l’époque. Les acteurs ne sont pas tous au top de leur forme, mais il est rare qu’un film U.S. des seventies parle aussi ouvertement de l’implantation du KKK dans le Sud, du racisme, de l’ambivalance du pouvoir en place, etc. La première séquence (un viol-spectacle organisé entre deux Noirs, un débile mental et une jeune femme par une bande d’abrutis hilares et l’indulgence coupable du shérif Lee Marvin à leur égard), est une parfaite entrée en matière. Le personnage du shérif est d’ailleurs le centre d’intérêt du projet. Il symbolise à lui seul le mal qui ronge le Sud. Intelligent, apparemment honnête, il est aussi un « ripou » cynique et amoral, qu’un ultime baroud d’honneur rédempteur ne parviendra pas à sauver. L’aura héroïque de Marvin, son autorité de « tough guy » rendent son antihéros encore plus complexe et difficile à cerner. À ses côtés, Richard Burton fait n’importe quoi en planteur local boiteux mais chaud-lapin, à l’accent bizarroïde. Un rôle sacrifié par ce grand acteur, ici complètement hagard et à côté de la plaque. Cameron Mitchell est bien en adjoint répugnant. Sa scène de viol est assez dérangeante. O.J. Simpson joue un révolutionnaire « vigilante » et on reconnaît de beaux visages féminins comme Linda Evans ou Luciana Paluzzi.

« L’HOMME DU CLAN » ne sera jamais un grand film, mais quelque peu réhabilité par la HD, il apparaît soudainement qu’il ne manque pas d’intérêt, voire de culot, et qu’il offre à Marvin un très bon rôle, tout en retenue et en nuances de salaud charismatique et jamais antipathique malgré les actes méprisables qu’il commet. À noter une assez jolie séquence d’action à la fin entre les « héros » et le KKK, qui s’achève en véritable massacre. À réévaluer donc, mais pas excessivement tout de même !

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LINDA EVANS, RICHARD BURTON, O.J. SIMPSON ET LEE MARVIN

 

LEE MARVIN, LE FLIC DE CHICAGO…

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SORTIE EN ALLEMAGNE DE 24 ÉPISODES (SUR 117 !) DE « M-SQUAD », LA SÉRIE QUI RENDIT LEE MARVIN CÉLÈBRE AUX U.S.A.

 

« THE MARTYR » : Lee Marvin dans « General Electric Theater »

« THE MARTYR » est un épisode de la série anthologique « GENERAL ELECTRIC THEATER », réalisé par Jacques Tourneur en 1955.

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RONALD REAGAN ET LEE MARVIN

Dans l’Irlande de 1922, en pleine guerre civile, Ronald Reagan un intellectuel de l’IRA (la preuve : il porte des lunettes !) est arrêté pour trahison et condamné à être fusillé. Tabassé par le sadique ‘capitaine Morrissey’ (Lee Marvin), il finit après des jours d’hésitation par demander audience au colonel Brian Aherne et dénonce le véritable coupable (James McCallion). Il doit maintenant se faire passer pour son allié pour lui soutirer des renseignements. Il va jusqu’à lui faire croire que c’est lui, Reagan, qui va mourir en martyr, s’attirant sa sympathie et sa confiance. Après que l’homme soit passé devant le peloton d’exécution, Reagan écœuré par lui-même, provoque Marvin qu’il pousse à l’abattre d’une balle dans le dos.

Une mini-tragédie « historique » en huis clos, qui se passe entièrement de nuit en intérieurs et soutenue par un bon dialogue tournant autour des thèmes du courage et de la trahison, et surtout par un excellent casting : Reagan plutôt meilleur que d’habitude dans un rôle ambigu et Marvin, dans un de ces personnages de brutes épaisses qu’il joua tant à ses débuts. Ricanant, le cigare aux lèvres, la casquette rabattue sur les yeux, il a un ou deux bons face-à-face avec le futur président des U.S.A. qu’il finira par descendre, comme il le fera neuf ans plus tard dans « À BOUT PORTANT ».

Un bon petit drame de 26 minutes à mettre à l’actif du grand réalisateur français de « LA FÉLINE » et de « LA GRIFFE DU PASSÉ ».

 

« THE DOCTORS OF PAWNEE KILL » : Lee Marvin dans « General Electric Theater »

« THE DOCTORS OF PAWNEE KILL » est un épisode de la série anthologique « GENERAL ELECTRIC THEATER », réalisé en 1957 par Don Weis et écrit par N.B. Stone, Jr. le scénariste de « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA ».

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LEE MARVIN

En à peine 26 minutes, ce court-métrage contient largement assez d’éléments pour en faire un long : la petite ville de Pawnee Kill est sous la coupe d’un voyou, Ted De Corsia et de ses hommes, parmi lesquels le ‘gunfighter’ Claude Akins. Le shérif Lee Marvin, dont l’épouse va bientôt accoucher, est bien décidé à éliminer les hors-la-loi. Mais son frère, le bon docteur Kevin McCarthy va tenter d’organiser une discussion pacifique entre les parties. Évidemment, les ‘bad guys’ trahiront leur parole et se feront descendre par Marvin. Et même le docteur devra utiliser un fusil pour sauver son frère. Moralité comme le dit le shérif au médecin : « Tu as raison depuis le début. Mais tu es juste en avance sur ton temps ». Le titre, comme l’explique la voix « off » au début, se réfère aux deux frangins qui sont chacun à sa façon des docteurs : l’un avec son scalpel, l’autre qui se définit lui-même comme « town doctor », avec son six-coups.

Très bien mené, soigneusement dialogué, le téléfilm bénéficie d’un superbe casting : Lee Marvin, plus dégingandé et cool que jamais en « lawman » qui tire d’abord et négocie ensuite et McCarthy excellent en brave homme trop civilisé pour son époque. Si les méchants sont rapidement brossés, les rôles féminins sont étonnamment étoffés, comme Margaret Hayes en épicière amoureuse du « doc » et Dorothy Adams très drôle en sage-femme encore plus anxieuse que ses patientes.

À noter la très bonne tenue de l’affrontement final dans la grand-rue, parfaitement mis en scène et dynamisé par l’inimitable gestuelle de Marvin, toujours aussi à l’aise avec un Colt au poing.

 

« HOLLYWOOD’S STRAIGHT SHOOTER » (2001)

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LE PETIT LEE DANS LES ANNÉES 20

« HOLLYWOOD’S STRAIGHT SHOOTER » est un documentaire d’une quarantaine de minutes consacré à la carrière et à la vie privée de Lee Marvin, diffusé sur la « Biography Channel » et produit et réalisé par Ted Nelson. La narration est assurée par Peter Graves qui fut le partenaire de Marvin dans « LE RAID » et « L’ODYSSÉE D’UN SERGENT ».

Comme la plupart des films de cette collection, celui-ci est truffé d’images inédites de la jeunesse du génial comédien, d’extraits de films de famille. On le voit en G.I. juvénile et moustachu, puis pendant ses premiers pas sur une scène de théâtre à Woodstock où vivaient ses parents. Peu à peu, grâce à divers témoignages de son ex-épouse, de sa veuve (qui fut aussi son premier amour d’adolescence qu’il retrouva après quarante ans !), de comédiens comme Michael Callan, Mark Hamill ou Angie Dickinson (visiblement folle de lui), se dessine le portrait complexe et paradoxal d’un garçon sensible et cultivé, détruit par la guerre où il était sniper, qui sombra dans l’alcool pour ne jamais en ressortir.

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LEE MARVIN, THE ONE AND ONLY

Les extraits de films et téléfilms choisis ne parviennent pas à mettre le doigt sur l’exceptionnel talent de Marvin, sur sa personnalité explosive, imprévisible et parfois… dédoublée par la consommation d’alcool. Le réduire à un « tough guy » paraît très réducteur et affirmer que « CAT BALLOU » fut sa première incursion dans la comédie est une grossière erreur. Dans « SHACK OUT ON 101 » ou « L’ÉQUIPÉE SAUVAGE », il démontrait déjà qu’il avait un très large éventail.

Les courtes interviews de lui, pendant son procès avec Michelle Triola, en disent long sur lui et ses principes, ses images en famille sont émouvantes, comme les interventions de sa fille aînée qui lui ressemble énormément, même par sa voix grave. C’est trop bref pour être plus qu’un survol hâtif d’une vie de 63 ans, mais le documentaire vaut le détour pour ce qu’il parvient à capter de cet acteur unique et insaisissable.

Le film fut diffusé en France sous le titre : « LA FINE GÂCHETTE D’HOLLYWOOD » dans la collection « LES IMMORTELS DU CINÉMA ».

 

« LA TAVERNE DE L’IRLANDAIS » (1963)

DONOVAN2En visionnant « LA TAVERNE DE L’IRLANDAIS », un des derniers films du septuagénaire John Ford, on a la sensation que le vieux monsieur a invité toute sa bande de copains à Hawaii et dans les îles environnantes pour quelques semaines de vacances tranquilles. Et on subodore, sans trop extrapoler, qu’ils n’ont pas dû s’ennuyer…

De fait, le scénario ne raconte… rien. À part le quotidien d’un trio d’ex-marines (d’origines irlandaises, bien sûr !) installé sur une île paradisiaque. L’un tient un saloon (John Wayne), l’autre est un déserteur en goguette (Lee Marvin) et le troisième est médecin (Jack Warden). La fille de ce dernier débarque inopinément de Boston, déclenchant une série de quiproquos éléphantesques et boulevardiers qui font office de « moteur » à un film totalement décontracté et sans aucune raison d’être. C’est une fable colonialiste rendue sympathique par un sous-texte antiraciste appuyé. L’un compense à peu près l’autre.

C’est donc loin d’être déplaisant : la photo de William Clothier capture magnifiquement la lumière du Pacifique, une bonne humeur languide règne du début à la fin et tout le monde semble beaucoup s’amuser. Si Wayne, hilare et pansu, assure le service minimum, Elizabeth Allen est plutôt bien en casse-pied sexy, Cesar Romero joue un diplomate français précieux, Dalio un curé à la façon d’un ‘rabbi Jacob’ avant l’heure : dire qu’il en fait des caisses serait un doux euphémisme ! Et il y a Marvin… Son rôle est curieux, très en retrait. Il n’apparaît que pour quelques bastons burlesques, grimace de désopilante façon et traverse le film en touriste de sa démarche élastique et disloquée. Le plan où il louche sur son train électrique, au bord des larmes, annonce ses futurs rôles comiques dans « CAT BALLOU » ou « LA KERMESSE DE L’OUEST ». On regrette un peu qu’il n’ait fait que croiser John Wayne dans les trois films qu’ils tournèrent ensemble ces années-là. On se serait sûrement régalés d’un vrai face-à-face bien saignant ! Ceux de « COMANCHEROS » et « L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE » étaient bien trop brefs et celui-ci à peine ébauché.

À voir pour le dépaysement, pour les paysages et par fidélité envers un vieux maître qui n’avait depuis longtemps plus rien à prouver et qui s’offrait manifestement une récréation exotique bien méritée.

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JOHN WAYNE ET LEE MARVIN

 

LEE vs. LEE…

Intéressante anecdote tirée de « LEE MARVIN : POINT BLANK », la bio de Dwayne Epstein, révélatrice de la confrontation de différentes « méthodes » de jeu pour l’acteur.LEE VS LEE

En 1950, l’Actors Studio était le nec plus ultra, le Graal de tout aspirant comédien rêvant de devenir le nouveau Brando ou Monty Clift. Aussi le jeune Lee Marvin, vétéran décoré de la WW2, décida-t-il d’auditionner devant le gourou Lee Strasberg. Il passe un monologue des « NEIGES DU KILIMANJARO » d’Hemingway, le délire d’un homme agonisant, rongé par la gangrène.

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LEE STRASBERG

À la fin de sa scène, Marvin est descendu en flammes par Strasberg, qui lui reproche de n’avoir jamais fait ressentir la souffrance physique de son personnage. À quoi Marvin lui rétorque tranquillement qu’il a vu beaucoup de soldats réellement atteints par la gangrène pendant la guerre et qu’à ce stade, ils ne ressentaient plus rien. Furieux d’être remis en question par l’insolent devant sa classe, Strasberg le renvoie aussitôt. « Fuck you », lui répond Lee Marvin en quittant les lieux, pas plus impressionné que ça.

Bel exemple de deux écoles : la « mémoire émotionnelle » professée par l’Actors Studio et les souvenirs nés de l’expérience personnelle.