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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LEE MARVIN

« A FIST OF FIVE » : Lee Marvin dans « Les incorruptibles »

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LEE MARVIN

Épisode de la 4ème saison de « LES INCORRUPTIBLES », « A FIST OF FIVE » possède un générique largement digne d’un long-métrage de cinéma et un nombre très inhabituel de personnages principaux dans le court laps de temps d’une cinquantaine de minutes. Il fallait la stature d’Ida Lupino pour réaliser l’exploit de concentrer autant d’événements et de destins croisés et, de fait, elle signe un des plus mémorables épisodes de la série.

Lee Marvin, flic brutal et aigri, est licencié pour violence excessive. Il réunit ses frères, parmi lesquels James Caan et Roy Thinnes, pour kidnapper un caïd du trafic d’héroïne (Frank DeKova) et demander une rançon à ses associés. Mais contre toute attente, ceux-ci refusent de payer ! Le scénario est solide, les protagonistes sont très bien dessinés, évitant même le manichéisme : DeKova sous ses dehors d’affreux gangster, est fou amoureux de sa femme infirme (Phyllis Coates) et rêve de prendre sa retraite en Italie. Sympathique peut-être pas, mais plus humain en tout cas que Marvin, qui n’hésite pas à mouiller ses propres frères, quitte à les sacrifier pour 150 000 $. L’acteur, qui apparaissait pour la troisième fois dans « LES INCORRUPTIBLES » est égal à lui-même : se mouvant comme un fauve aux abois, arrogant et imprévisible. Du grand Marvin ! Parmi les seconds rôles, on retrouve également la jeune Marianna Hill en fiancée du cadet pressée « de se marier ». Presque un film donc, ce « FIST OF FIVE » mené de main de maître par Mme Lupino et qui s’achève dans les égouts, par la fuite désespérée des survivants de la fratrie.

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ROY THINNES, MARIANNA HILL, JAMES CAAN ET LEE MARVIN

À noter que c’est dans ce téléfilm que Robert Stack – toujours aussi rieur – balance une de ses répliques les plus définitives : à un voyou qui lui propose une tranche de melon, il répond « Je ne mange pas avec les porcs ».

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« CHASSE À MORT » (1981)

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ANDREW STEVENS ET LEE MARVIN

Lee Marvin et Charles Bronson, deux acteurs mythiques de films d’action qui débutèrent dans le même film en 1951, qui se croisèrent plusieurs fois sur les plateaux de cinéma et de TV, furent réunis une ultime fois pour « CHASSE À MORT », alors que leurs carrières respectives suivaient une courbe descendante comparable.HUNT

Réalisé par l’anglais Peter Hunt (« AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ » et « PAROLE D’HOMME » déjà avec Marvin), le film est basé sur des événements réels survenus dans le Yukon en 1932 et sur un scénario qui annonce très nettement celui de « RAMBO » sorti un an après. Ex-héros de la WW1 revenu sur la terre glacée de son père, Bronson est agressé par une bande de bouseux à moitié dégénérés et abat l’un deux. Il est alors traqué par Marvin, sergent de la Police Montée, lui-même talonné par une bande de chasseurs de primes incompétents. Un sujet-bateau, mais un film qui a pris de la patine avec les années et qui dégage une certaine authenticité dans ses décors, sa rudesse et son absence de sentimentalisme. Pas vraiment de face-à-face entre les deux stars vieillissantes, hélas. Ils ne se donnent la réplique que dans une brève séquence, mais on sent leur complicité à distance, à travers des lentilles de jumelles au cours de la chasse à l’homme. Le cheveu blanchi, la ride profonde, les deux ‘tough guys’ sont toujours égaux à eux-mêmes, mais on perçoit une sorte de vulnérabilité dans leur jeu, dans leur allure, un lâcher-prise, une fatigue. Bronson, même s’il parle encore moins que d’habitude, a de jolis moments où transparaissent sa solitude, son inadaptation à un 20ème siècle en pleine mutation. Tout cela par quelques mimiques imperceptibles, un jeu totalement physique. Sa relation avec le chien, au début, donne lieu à des instants très émouvants.

Autour du tandem de « chevaux de retour », on reconnaît Carl Weathers, Ed Lauter dans un rôle ignoble, le jeune Andrew Stevens qui apprend la vie à la dure et dans un personnage visiblement rajouté a posteriori, Angie Dickinson qui a une liaison avec Marvin, tombant comme un cheveu sur la soupe. Mais on est tout de même content de la revoir aux côtés de son partenaire de « À BOUT PORTANT » et « LE POINT DE NON-RETOUR » !

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CHARLES BRONSON, ANGIE DICKINSON ET LEE MARVIN

« CHASSE À MORT » se laisse regarder sans jamais enthousiasmer vraiment, mais il a vieilli comme un bon vin et offre à ces deux acteurs irremplaçables l’occasion d’une dernière grande aventure. Rien que pour ça…

À noter : le film avait d’abord été annoncé sous le titre « ARCTIC RAMPAGE », avec Robert Aldrich comme réalisateur et Telly Savalas dans le rôle finalement tenu par Henry Beckman. Une partie de l’équipe des «  12 SALOPARDS » donc, qui ne s’est en fait jamais retrouvée. Seuls Marvin et Bronson seront attachés jusqu’au bout au projet.

 

« DUEL DANS LE PACIFIQUE » (1968)

HELL« DUEL DANS LE PACIFIQUE », c’est un peu le film de guerre ultime : deux protagonistes égarés sur une île déserte en pleine WW2, incarnés par deux comédiens ayant réellement participé aux combats : Lee Marvin et Toshirô Mifune. Deux immenses pointures, certes trop âgés pour leurs rôles, mais ce n’est clairement pas le réalisme qui intéressait John Boorman.

Avec un minimum de dialogue (il aurait même pu ne pas y en avoir du tout), il démontre sans aucun didactisme ni aucune lourdeur l’absurdité et même le ridicule de la guerre (la scène où Marvin apprend à son prisonnier à jouer à « va chercher »). Deux inconnus qui se haïssent au premier coup d’œil, cherchent à s’entretuer, à s’humilier, et finissent par unir leurs efforts pour bâtir un radeau et s’échapper ensemble. Le film aurait pu s’arrêter sur cette victoire de l’Humanité sur l’horreur et la bêtise, mais Boorman n’a rien d’un naïf ni d’un optimiste : l’amorce de camaraderie entre le ‘Yank’ et le ‘Jap’ sera vite balayée une fois qu’ils auront regagné un semblant de civilisation. La fin (la vraie, pas celle re-montée pour les U.S.A.) est d’une amertume, mais d’une lucidité terribles.

Le face-à-face des deux « monstres » ne déçoit pas une seconde : Marvin est tellement à l’aise dans ce rôle de pilote aussi malin qu’il peut être stupide parfois, qu’on dirait qu’il se contente d’être lui-même et improvise ses répliques. Et il a celle-ci, sublime adressée à Mifune qui l’a surpris : « Pendant une seconde, j’ai cru que tu étais un Jap ! ». Mifune lui tient tête avec une morgue extraordinaire et même une pointe d’humour bien cachée. Grand bonheur de les voir s’affronter, apprendre à s’estimer, tout exprimer par le langage du corps ou de furtives expressions. La puissance du film leur est due à 90%.

Mais il ne sont pas seuls à avoir donné le meilleur d’eux-mêmes : la BO de Lalo Schifrin est une de ses plus mémorables, enveloppant les magnifiques images de Conrad Hall. « DUEL DANS LE PACIFIQUE », film simple, maîtrisé, au symbolisme évident mais jamais mis en avant, est un chef-d’œuvre modeste et inoubliable.

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TOSHIRÔ MIFUNE ET LEE MARVIN

À noter : pendant une séquence, Mifune crie son nom qui n’est autre que ‘Kuroda’, celui qu’il portera à nouveau dans « SOLEIL ROUGE ». Marvin lui, restera anonyme. Mais il chante à plusieurs reprises au cours du film, de cette voix unique. Est-ce cela qui a donné l’idée aux producteurs de « LA KERMESSE DE L’OUEST » de lui demander de réitérer l’année suivante ?

 

« L’HOMME DU CLAN » (1974)

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LEE MARVIN

Avant d’aborder « L’HOMME DU CLAN » à proprement parler, un petit historique s’impose : le scénario fut coécrit par Sam Fuller qui devait le réaliser. La chose aboutit finalement entre les mains plus mercenaires – et moins talentueuses – de l’Anglais Terence Young. Le film fut massacré au montage, raccourci, censuré, remonté, exploité en vidéo dans des copies affreuses depuis des décennies. Jusqu’à ce que tout récemment, les éditions Olive le sortent enfin de façon (à peu près) décente en Blu-ray.KLAN

Cela change-t-il le mauvais souvenir laissé par le film ? Eh bien, étonnamment, un peu tout de même. Retrouvant un minimum de qualité technique, « L’HOMME DU CLAN » s’avère moins désastreux qu’on aurait pu le craindre. Bien sûr, la photo et la BO sont très moches, la facture demeure assez primitive et rappelle les « exploitation films » de l’époque. Les acteurs ne sont pas tous au top de leur forme, mais il est rare qu’un film U.S. des seventies parle aussi ouvertement de l’implantation du KKK dans le Sud, du racisme, de l’ambivalance du pouvoir en place, etc. La première séquence (un viol-spectacle organisé entre deux Noirs, un débile mental et une jeune femme par une bande d’abrutis hilares et l’indulgence coupable du shérif Lee Marvin à leur égard), est une parfaite entrée en matière. Le personnage du shérif est d’ailleurs le centre d’intérêt du projet. Il symbolise à lui seul le mal qui ronge le Sud. Intelligent, apparemment honnête, il est aussi un « ripou » cynique et amoral, qu’un ultime baroud d’honneur rédempteur ne parviendra pas à sauver. L’aura héroïque de Marvin, son autorité de « tough guy » rendent son antihéros encore plus complexe et difficile à cerner. À ses côtés, Richard Burton fait n’importe quoi en planteur local boiteux mais chaud-lapin, à l’accent bizarroïde. Un rôle sacrifié par ce grand acteur, ici complètement hagard et à côté de la plaque. Cameron Mitchell est bien en adjoint répugnant. Sa scène de viol est assez dérangeante. O.J. Simpson joue un révolutionnaire « vigilante » et on reconnaît de beaux visages féminins comme Linda Evans ou Luciana Paluzzi.

« L’HOMME DU CLAN » ne sera jamais un grand film, mais quelque peu réhabilité par la HD, il apparaît soudainement qu’il ne manque pas d’intérêt, voire de culot, et qu’il offre à Marvin un très bon rôle, tout en retenue et en nuances de salaud charismatique et jamais antipathique malgré les actes méprisables qu’il commet. À noter une assez jolie séquence d’action à la fin entre les « héros » et le KKK, qui s’achève en véritable massacre. À réévaluer donc, mais pas excessivement tout de même !

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LINDA EVANS, RICHARD BURTON, O.J. SIMPSON ET LEE MARVIN

 

LEE MARVIN, LE FLIC DE CHICAGO…

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SORTIE EN ALLEMAGNE DE 24 ÉPISODES (SUR 117 !) DE « M-SQUAD », LA SÉRIE QUI RENDIT LEE MARVIN CÉLÈBRE AUX U.S.A.

 

« THE MARTYR » : Lee Marvin dans « General Electric Theater »

« THE MARTYR » est un épisode de la série anthologique « GENERAL ELECTRIC THEATER », réalisé par Jacques Tourneur en 1955.

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RONALD REAGAN ET LEE MARVIN

Dans l’Irlande de 1922, en pleine guerre civile, Ronald Reagan un intellectuel de l’IRA (la preuve : il porte des lunettes !) est arrêté pour trahison et condamné à être fusillé. Tabassé par le sadique ‘capitaine Morrissey’ (Lee Marvin), il finit après des jours d’hésitation par demander audience au colonel Brian Aherne et dénonce le véritable coupable (James McCallion). Il doit maintenant se faire passer pour son allié pour lui soutirer des renseignements. Il va jusqu’à lui faire croire que c’est lui, Reagan, qui va mourir en martyr, s’attirant sa sympathie et sa confiance. Après que l’homme soit passé devant le peloton d’exécution, Reagan écœuré par lui-même, provoque Marvin qu’il pousse à l’abattre d’une balle dans le dos.

Une mini-tragédie « historique » en huis clos, qui se passe entièrement de nuit en intérieurs et soutenue par un bon dialogue tournant autour des thèmes du courage et de la trahison, et surtout par un excellent casting : Reagan plutôt meilleur que d’habitude dans un rôle ambigu et Marvin, dans un de ces personnages de brutes épaisses qu’il joua tant à ses débuts. Ricanant, le cigare aux lèvres, la casquette rabattue sur les yeux, il a un ou deux bons face-à-face avec le futur président des U.S.A. qu’il finira par descendre, comme il le fera neuf ans plus tard dans « À BOUT PORTANT ».

Un bon petit drame de 26 minutes à mettre à l’actif du grand réalisateur français de « LA FÉLINE » et de « LA GRIFFE DU PASSÉ ».

 

« THE DOCTORS OF PAWNEE KILL » : Lee Marvin dans « General Electric Theater »

« THE DOCTORS OF PAWNEE KILL » est un épisode de la série anthologique « GENERAL ELECTRIC THEATER », réalisé en 1957 par Don Weis et écrit par N.B. Stone, Jr. le scénariste de « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA ».

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LEE MARVIN

En à peine 26 minutes, ce court-métrage contient largement assez d’éléments pour en faire un long : la petite ville de Pawnee Kill est sous la coupe d’un voyou, Ted De Corsia et de ses hommes, parmi lesquels le ‘gunfighter’ Claude Akins. Le shérif Lee Marvin, dont l’épouse va bientôt accoucher, est bien décidé à éliminer les hors-la-loi. Mais son frère, le bon docteur Kevin McCarthy va tenter d’organiser une discussion pacifique entre les parties. Évidemment, les ‘bad guys’ trahiront leur parole et se feront descendre par Marvin. Et même le docteur devra utiliser un fusil pour sauver son frère. Moralité comme le dit le shérif au médecin : « Tu as raison depuis le début. Mais tu es juste en avance sur ton temps ». Le titre, comme l’explique la voix « off » au début, se réfère aux deux frangins qui sont chacun à sa façon des docteurs : l’un avec son scalpel, l’autre qui se définit lui-même comme « town doctor », avec son six-coups.

Très bien mené, soigneusement dialogué, le téléfilm bénéficie d’un superbe casting : Lee Marvin, plus dégingandé et cool que jamais en « lawman » qui tire d’abord et négocie ensuite et McCarthy excellent en brave homme trop civilisé pour son époque. Si les méchants sont rapidement brossés, les rôles féminins sont étonnamment étoffés, comme Margaret Hayes en épicière amoureuse du « doc » et Dorothy Adams très drôle en sage-femme encore plus anxieuse que ses patientes.

À noter la très bonne tenue de l’affrontement final dans la grand-rue, parfaitement mis en scène et dynamisé par l’inimitable gestuelle de Marvin, toujours aussi à l’aise avec un Colt au poing.