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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LIAM NEESON

« CHLOÉ » (2009)

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AMANDA SEYFRIED

« CHLOÉ » est le remake canadien du film français « NATHALIE… » (2003) et il est réalisé par le très inégal Atom Egoyan qui s’aventure dans le mélodrame érotisant, doté d’un casting trois étoiles qu’on est un peu surpris de trouver dans ce genre de produit.CHLOE

De fait, pendant ses deux premiers tiers, « CHLOÉ » présente des personnages de « bobos » quinquagénaires, une gynécologue (Julianne Moore) et son mari prof de fac (Liam Neeson). Persuadée qu’il la trompe, elle engage une prostituée (Amanda Seyfried) pour séduire l’époux et venir ensuite au rapport avec moult détails à l’appui. C’est d’une perversité gentillette, d’un érotisme soft un brin désuet, et il faut tout le charisme des interprètes pour rester éveillé. Julianne Moore fait son possible d’un rôle ingrat de femme jalouse, peu sûre d’elle et toujours au bord de l’implosion. Neeson n’est pas gâté par son personnage falot de grand mollasson qui a un faible prononcé pour les jolies étudiantes. Heureusement, il y a Amanda Seyfried qui tient le rôle-titre avec une infinité de nuances allant de l’innocence enfantine à la tueuse dont l’arme principale est son corps. Quand survient le « twist » qui relance à la fois le scénario et l’intérêt, tout se focalise sur elle et le film prend enfin son envol. Beaucoup trop tard hélas, pour qu’on garde une opinion positive de l’ensemble. Il y a quelque chose d’impalpable dans « CHLOÉ », d’irréel. Peut-être est-ce dû aux extérieurs de Toronto, à la fois dépaysants et impersonnels, à ces gros-plans de visages pas toujours très flatteurs, ou à cette ambiance de perversion tous-publics qui fait parfois sourire. Malgré tout ce qu’il y aurait à redire sur « CHLOÉ », il faut tout de même le voir pour Amanda Seyfried qui parvient à se montrer voluptueuse et inquiétante dans le même temps et finit son parcours dans un plan magnifique qui donnerait presque envie de réévaluer le film tout entier. Presque !

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LIAM NEESON, AMANDA SEYFRIED ET JULIANNE MOORE

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« ROB ROY » (1995)

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LIAM NEESON

« ROB ROY », inspiré de faits réels, est une sorte de miracle parvenant à mêler le sérieux d’une grosse production anglaise avec les fastes romanesques du vieil Hollywood, débarrassés de la censure d’époque.ROB.jpg

Cela se passe en Écosse en 1713. Le « highlander » Robert Roy McGregor (Liam Neeson) est roulé lors d’une transaction avec un noble (John Hurt) et devient hors-la-loi. Ses terres brûlées, ses fermiers massacrés, sa femme (Jessica Lange) violée par l’homme de main de Hurt (Tim Roth), il va tout faire pour survivre et obtenir sa vengeance. Un sujet simple, quasi-westernien. Les glorieux paysages sont d’ailleurs filmés comme les déserts de l’Ouest, avec la même majesté. Et Neeson a bien l’allure des nobles héros d’antan. Magnifiquement cadré par le généralement peu emballant Michael Caton-Jones, « ROB ROY » parvient à être enthousiasmant pendant ses 139 minutes sans jamais laisser retomber le soufflé. Il faut dire que, outre le superbe couple formé par Lange et Neeson, le trio de méchants est particulièrement exceptionnel : John Hurt, ignoble individu fielleux et hautain, Brian Cox en intendant comploteur et adipeux et surtout… surtout Tim Roth qui vole la vedette à tout le monde dans un rôle de bâtard sadique et maniéré, véritable vermine emperruquée. Haïssable et répugnant certes, mais pas aussi stéréotype qu’il n’en a l’air et lui-même victime de ceux qu’il sert aujourd’hui. Son duel final avec Rob Roy est digne des vieux films d’Errol Flynn, la cruauté et le sang en plus.

Le scénario est un modèle du genre, trouvant l’équilibre parfait entre la reconstitution historique et le grand spectacle. « ROB ROY » est dans son genre, ce qu’on peut appeler un chef-d’œuvre, même s’il a toujours été et demeure toujours, un film étrangement sous-estimé et relativement obscur.

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JOHN HURT, TIM ROTH, LIAM NEESON ET JESSICA LANGE

 

« MARIS ET FEMMES » (1992)

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WOODY ALLEN ET SYDNEY POLLACK

« MARIS ET FEMMES » est le dernier film que Woody Allen tourna avec son ex-muse Mia Farrow. Et dieu, qu’il est rêche, ce film ! Qu’il est triste, plein d’amertume, de désenchantement et de renoncement. La façon dont il filme l’actrice, dont il la décrit à travers son personnage, est cruelle, incisive, dénuée de la moindre tendresse. Difficile d’imaginer plus autobiographique que cette autopsie de la fin d’un amour. Quand on compare avec le regard qu’il posait sur elle dans « COMÉDIE ÉROTIQUE D’UNE NUIT D’ÉTÉ » ! HW.jpg

En fait le scénario suit deux couples de quinquas, apparemment solides, qui se désagrègent. L’œil de l’auteur a perdu son humour d’antan, mais il n’a rien oublié en revanche de son esprit d’auto-analyse. Outre le « cas » Mia Farrow, incarnant une femme plaintive, « passive-agressive », manipulatrice sans en avoir l’air, les autres protagonistes sont passionnants : Woody lui-même, professeur attiré par une étudiante douée (Juliette Lewis, irritante comme d’habitude) et trop conscient de l’issue de l’aventure pour oser la commencer. Judy Davis extraordinaire en épouse délaissée, humiliée, complètement névrosée, souvent drôle tant elle est à la limite de l’hystérie. Sydney Pollack, parfait dans le rôle jadis tenu par Tony Roberts ou Michael Murphy, le vieux copain sûr de lui, mais aussi paumé que Allen. Et Liam Neeson, brave type faible et balloté par les femmes. Les couples se font, se défont, se refont, le film est chapitré par des sortes d’interviews face caméra, où les protagonistes extériorisent pensées intimes et sentiments. « MARIS ET FEMMES » est pour Woody Allen le film de la désillusion et du début de la vieillesse. C’est, par définition, une œuvre âpre et pas spécialement plaisante à contempler. Mais le talent est là, la forme (caméra à l’épaule constamment en mouvement, nombreux plans flous) épouse parfaitement le fond, et l’arrière-goût est presque… lugubre. Dans son film suivant (« MEURTRE MYSTÉRIEUX À MANHATTAN »), le réalisateur retrouvera sa muse des années 70, Diane Keaton, après la longue interruption des années Farrow.

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JUDY DAVIS, MIA FARROW ET LIAM NEESON

 

« LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS » (2018)

SCRUGGS2« LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS » est une anthologie d’histoires situées au Far-West, un western à sketches autrement dit, produit par Netflix et réalisé par Joel et Ethan Coen, qui reviennent au genre huit ans après « TRUE GRIT ». Autrement dit, de quoi bien titiller le cinéphile !

Le film de deux heures se découpe en six histoires. Inégales comme il se doit, mais globalement d’un très bon niveau. La première, qui donne son titre au film, joue avec le burlesque chantant et rappelle les premiers « Lucky Luke » de Morris en solo, eux-mêmes pastiches des vieilles séries B U.S. Tim Blake Nelson y joue un pistolero guilleret et verbeux allant de ville en ville semant la mort avec bonne humeur et en musique. Drôle et déconcertant. « NEAR ALGODONES » voit James Franco en braqueur de banques malchanceux dans un petit conte inconsistant dont on attend une « chute » qui ne vient jamais (un peu la marque de fabrique de tous ces mini-scénarios, d’ailleurs). « MEAL TICKET » est une triste et sordide histoire d’homme sans bras ni jambes (Harry Melling), trimballé de ville en ville par un imprésario sans cœur (Liam Neeson dans un de ses rares rôles de composition).

Dans « ALL GOLD CANYON », un Tom Waits méconnaissable joue un vieux prospecteur dérangeant la paix d’une vallée pour trouver le filon magique. L’ouverture et l’épilogue du sketch sont magnifiques ! « THE GAL WHO GOT RATTLED » est le plus réussi de tous les sketches. Zoe Kazan dont le frère vient de mourir, y tombe amoureuse du « wagon master » (Bill Heck) qui la mène vers l’Ouest. Mais le destin, sous la forme d’un chien et d’un vieux cowboy (excellent Grainger Hines), vont déjouer ses plans de tragique manière.

THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS CR: NETFLIX

TIM BLAKE NELSON

Le film s’achève sur « MORTAL REMAINS », dont on devine trop vite la résolution et qui n’a pour réelle surprise que d’entendre chanter Brendan Gleeson a capela et de voir Tyne Daly en vieille dame.

Six historiettes qui capturent parfaitement l’esprit du vieil Ouest des pionniers, qui ne s’inscriront pas dans le panthéon des meilleures œuvres des Coen, mais qui font passer deux heures bien agréables, baignant dans cet humour décalé et pince-sans-rire propre aux brothers.

 

« LA DERNIÈRE CIBLE » (1988)

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CLINT EASTWOOD

« LA DERNIÈRE CIBLE » est le 5ème et dernier opus de la franchise des « Dirty Harry » initiée en 1971. Il est réalisé par l’ex-cascadeur Buddy Van Horn, qui ne tourna que trois films en tant que réalisateur, tous au service de Clint Eastwood : « ÇA VA COGNER », celui qui nous préoccupe aujourd’hui et « PINK CADILLAC ». Vraiment pas des chefs-d’œuvre !CIBLE2.jpg

De toute la saga, c’est cette ultime aventure qui écope du plus mauvais scénario : un jeu morbide au sein d’une équipe de tournage de film d’horreur. Les fausses-pistes sont ridicules, l’identité de l’assassin est navrante et « LA DERNIÈRE CIBLE » est tourné en format 1.85 : 1., le seul de la série à n’être pas en Scope, ce qui accentue la sensation de visionner un épisode de série TV lambda. Si tout ce qui concerne le monde du cinéma est d’une affligeante nullité (il faut avoir vu la séquence impliquant Jim Carrey épouvantable en rock-star capricieuse !), on trouve tout de même matière à tenir jusqu’au bout. D’abord ce bon vieil Eastwood, toujours plus décontracté et économe de ses gestes, un plaisir de retrouver sa silhouette dégingandée et ses costumes démodés. Sa relation avec la ravissante Patricia Clarkson, étonnamment adulte compte tenu du contexte, puis la présence du jeune Liam Neeson en réalisateur mégalo et coléreux coiffé en catogan ajoutent un soupçon d’intérêt. Et puis çà et là, d’excellentes répliques, une amusante poursuite avec une maquette de voiture explosive, une photo intéressante de Jack N. Green. Sans oublier la BO toujours bienvenue de Lalo Schifrin.

Dommage que le scénario soit aussi catastrophique, que les seconds rôles soient, pour la plupart, aussi mal dirigés, car « LA DERNIÈRE CIBLE » n’est pas le plus mal fichu des cinq films et aurait pu faire illusion avec un véritable réalisateur aux commandes. Regrettons tout de même que l’unique confrontation entre Eastwood et Neeson se soit faite dans d’aussi banales circonstances. Adieu, lieutenant Callahan, donc ! Et sans regrets…

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PATRICIA CLARKSON, LIAM NEESON ET CLINT EASTWOOD

À noter : sur la « liste noire » de l’assassin apparaît plusieurs fois le nom de ‘Thomas Stern’, un fidèle collaborateur d’Eastwood qui gravit tous les échelons jusqu’à devenir son directeur photo attitré. Sympathique clin d’œil.

 

« THE PASSENGER » (2018)

« THE PASSENGER » est le quatrième thriller que Liam Neeson tourne avec le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra et, force est de reconnaître, que le tandem commence à tourner en rond. Cet opus ressemble furieusement à « NON STOP » (2014), relocalisant l’action d’un avion à un train de banlieue.PASSENGER

Exploitant l’image de Neeson créée par « TAKEN », le pitch de ce suspense en huis clos est tiré par les cheveux, invraisemblable du début à la fin, déconnecté de toute réalité. Quant au scénario, il est poreux, plein de trous et d’impasses qui font que l’intérêt s’amenuise de plus en plus jusqu’à l’indifférence totale quand survient un dénouement absurde. À 66 ans, hâve et amaigri, Neeson joue un ex-flic licencié par sa boîte d’assurances, qui devient le jouet d’une organisation mystérieuse lui offrant 100 000 $ pour découvrir le témoin d’un meurtre durant un trajet en train. On a déjà du mal à comprendre le pourquoi du comment et le développement va de mal en pis, plombé par des explications vaseuses qui ne font qu’empirer les choses. Sans mentionner les CGI aussi peu convaincants que possible et des bagarres systématiques et lassantes à mains nues comme Neeson en a déjà trop tourné.

Grâce au grand Liam et au plaisir qu’on a toujours à le retrouver, « THE PASSENGER » a ses bons moments – surtout la première demi-heure – mais c’est la plus faible de ses collaborations avec le réalisateur. Parmi les seconds rôles, on retrouve Vera Farmiga en tireuse de ficelles impitoyable, le toujours impeccable Patrick Wilson en ancien coéquipier de notre héros, Elizabeth McGovern en épouse à peine silhouettée et Sam Neill quasi-figurant en commissaire barbu.

Mieux vaut se souvenir de « SANS IDENTITÉ », « NON STOP » et « NIGHT RUN » et vite oublier ce « PASSENGER » qui ressemble beaucoup au fameux « match de trop ».

 

« EXCALIBUR » (1981)

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LIAM NEESON ET HELEN MIRREN

Dans la carrière de John Boorman, « EXCALIBUR » se situe entre le terrible échec de « L’EXORCISTE 2 : L’HÉRÉTIQUE » et le comeback que fut « LA FORÊT D’ÉMERAUDE ». C’est une œuvre extrêmement ambitieuse, basée sur la légende de la Table Ronde et magnifiquement photographiée par Alex Thomson.EXCALIBUR2

Si la première moitié séduit autant qu’elle déroute, la seconde s’embourbe et on y retrouve des échos de « ZARDOZ » : costumes bizarres (armures en fer blanc), postiches insolites, décors à la limite du kitsch le plus total. Le lyrisme le plus débridé côtoie le ridicule sans qu’on n’arrive jamais à trancher. Les auteurs posent un regard sur la légende non dénué d’ironie, ne serait-ce que par le jeu outré de Nicol Williamson campant un ‘Merlin’ cabotin et fantasque. Le cast est d’ailleurs inégal : Nigel Terry est un Arthur falot, Nicholas Clay un Lancelot pas très viril et Cherie Lunghi une Guenièvre pas spécialement attractive. En revanche, on a le plaisir de voir de très jeunes acteurs débutants promis à un bel avenir comme Helen Mirren, venimeuse ‘Morgane’, Gabriel Byrne en roi féroce, Liam Neeson – qui passe tout son rôle à grogner comme un chien méchant – en Gauvain déplaisant et Ciarán Hinds méconnaissable sous son énorme barbe noire. On aperçoit également Patrick Stewart et le jeune Charley Boorman.

Le film offre de très beaux moments, mais les gâche par des ellipses mal gérées, des séquences complètement ratées et des fautes de distribution. À noter que l’usage intensif que fait Boorman de l’air « O fortuna » de Carl Orff, pourrait parfaitement résumer l’impression que laisse « EXCALIBUR » après qu’on soit parvenu au terme de ses 140 minutes : un mélange d’exaltation et de perplexité.

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NICHOLAS CLAY, NIGEL TERRY, CHERIE LUNGHI ET GABRIEL BYRNE