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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LIAM NEESON

« LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS » (2018)

SCRUGGS2« LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS » est une anthologie d’histoires situées au Far-West, un western à sketches autrement dit, produit par Netflix et réalisé par Joel et Ethan Coen, qui reviennent au genre huit ans après « TRUE GRIT ». Autrement dit, de quoi bien titiller le cinéphile !

Le film de deux heures se découpe en six histoires. Inégales comme il se doit, mais globalement d’un très bon niveau. La première, qui donne son titre au film, joue avec le burlesque chantant et rappelle les premiers « Lucky Luke » de Morris en solo, eux-mêmes pastiches des vieilles séries B U.S. Tim Blake Nelson y joue un pistolero guilleret et verbeux allant de ville en ville semant la mort avec bonne humeur et en musique. Drôle et déconcertant. « NEAR ALGODONES » voit James Franco en braqueur de banques malchanceux dans un petit conte inconsistant dont on attend une « chute » qui ne vient jamais (un peu la marque de fabrique de tous ces mini-scénarios, d’ailleurs). « MEAL TICKET » est une triste et sordide histoire d’homme sans bras ni jambes (Harry Melling), trimballé de ville en ville par un imprésario sans cœur (Liam Neeson dans un de ses rares rôles de composition).

Dans « ALL GOLD CANYON », un Tom Waits méconnaissable joue un vieux prospecteur dérangeant la paix d’une vallée pour trouver le filon magique. L’ouverture et l’épilogue du sketch sont magnifiques ! « THE GAL WHO GOT RATTLED » est le plus réussi de tous les sketches. Zoe Kazan dont le frère vient de mourir, y tombe amoureuse du « wagon master » (Bill Heck) qui la mène vers l’Ouest. Mais le destin, sous la forme d’un chien et d’un vieux cowboy (excellent Grainger Hines), vont déjouer ses plans de tragique manière.

THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS CR: NETFLIX

TIM BLAKE NELSON

Le film s’achève sur « MORTAL REMAINS », dont on devine trop vite la résolution et qui n’a pour réelle surprise que d’entendre chanter Brendan Gleeson a capela et de voir Tyne Daly en vieille dame.

Six historiettes qui capturent parfaitement l’esprit du vieil Ouest des pionniers, qui ne s’inscriront pas dans le panthéon des meilleures œuvres des Coen, mais qui font passer deux heures bien agréables, baignant dans cet humour décalé et pince-sans-rire propre aux brothers.

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« LA DERNIÈRE CIBLE » (1988)

CIBLE

CLINT EASTWOOD

« LA DERNIÈRE CIBLE » est le 5ème et dernier opus de la franchise des « Dirty Harry » initiée en 1971. Il est réalisé par l’ex-cascadeur Buddy Van Horn, qui ne tourna que trois films en tant que réalisateur, tous au service de Clint Eastwood : « ÇA VA COGNER », celui qui nous préoccupe aujourd’hui et « PINK CADILLAC ». Vraiment pas des chefs-d’œuvre !CIBLE2.jpg

De toute la saga, c’est cette ultime aventure qui écope du plus mauvais scénario : un jeu morbide au sein d’une équipe de tournage de film d’horreur. Les fausses-pistes sont ridicules, l’identité de l’assassin est navrante et « LA DERNIÈRE CIBLE » est tourné en format 1.85 : 1., le seul de la série à n’être pas en Scope, ce qui accentue la sensation de visionner un épisode de série TV lambda. Si tout ce qui concerne le monde du cinéma est d’une affligeante nullité (il faut avoir vu la séquence impliquant Jim Carrey épouvantable en rock-star capricieuse !), on trouve tout de même matière à tenir jusqu’au bout. D’abord ce bon vieil Eastwood, toujours plus décontracté et économe de ses gestes, un plaisir de retrouver sa silhouette dégingandée et ses costumes démodés. Sa relation avec la ravissante Patricia Clarkson, étonnamment adulte compte tenu du contexte, puis la présence du jeune Liam Neeson en réalisateur mégalo et coléreux coiffé en catogan ajoutent un soupçon d’intérêt. Et puis çà et là, d’excellentes répliques, une amusante poursuite avec une maquette de voiture explosive, une photo intéressante de Jack N. Green. Sans oublier la BO toujours bienvenue de Lalo Schifrin.

Dommage que le scénario soit aussi catastrophique, que les seconds rôles soient, pour la plupart, aussi mal dirigés, car « LA DERNIÈRE CIBLE » n’est pas le plus mal fichu des cinq films et aurait pu faire illusion avec un véritable réalisateur aux commandes. Regrettons tout de même que l’unique confrontation entre Eastwood et Neeson se soit faite dans d’aussi banales circonstances. Adieu, lieutenant Callahan, donc ! Et sans regrets…

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PATRICIA CLARKSON, LIAM NEESON ET CLINT EASTWOOD

À noter : sur la « liste noire » de l’assassin apparaît plusieurs fois le nom de ‘Thomas Stern’, un fidèle collaborateur d’Eastwood qui gravit tous les échelons jusqu’à devenir son directeur photo attitré. Sympathique clin d’œil.

 

« THE PASSENGER » (2018)

« THE PASSENGER » est le quatrième thriller que Liam Neeson tourne avec le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra et, force est de reconnaître, que le tandem commence à tourner en rond. Cet opus ressemble furieusement à « NON STOP » (2014), relocalisant l’action d’un avion à un train de banlieue.PASSENGER

Exploitant l’image de Neeson créée par « TAKEN », le pitch de ce suspense en huis clos est tiré par les cheveux, invraisemblable du début à la fin, déconnecté de toute réalité. Quant au scénario, il est poreux, plein de trous et d’impasses qui font que l’intérêt s’amenuise de plus en plus jusqu’à l’indifférence totale quand survient un dénouement absurde. À 66 ans, hâve et amaigri, Neeson joue un ex-flic licencié par sa boîte d’assurances, qui devient le jouet d’une organisation mystérieuse lui offrant 100 000 $ pour découvrir le témoin d’un meurtre durant un trajet en train. On a déjà du mal à comprendre le pourquoi du comment et le développement va de mal en pis, plombé par des explications vaseuses qui ne font qu’empirer les choses. Sans mentionner les CGI aussi peu convaincants que possible et des bagarres systématiques et lassantes à mains nues comme Neeson en a déjà trop tourné.

Grâce au grand Liam et au plaisir qu’on a toujours à le retrouver, « THE PASSENGER » a ses bons moments – surtout la première demi-heure – mais c’est la plus faible de ses collaborations avec le réalisateur. Parmi les seconds rôles, on retrouve Vera Farmiga en tireuse de ficelles impitoyable, le toujours impeccable Patrick Wilson en ancien coéquipier de notre héros, Elizabeth McGovern en épouse à peine silhouettée et Sam Neill quasi-figurant en commissaire barbu.

Mieux vaut se souvenir de « SANS IDENTITÉ », « NON STOP » et « NIGHT RUN » et vite oublier ce « PASSENGER » qui ressemble beaucoup au fameux « match de trop ».

 

« EXCALIBUR » (1981)

EXCALIBUR

LIAM NEESON ET HELEN MIRREN

Dans la carrière de John Boorman, « EXCALIBUR » se situe entre le terrible échec de « L’EXORCISTE 2 : L’HÉRÉTIQUE » et le comeback que fut « LA FORÊT D’ÉMERAUDE ». C’est une œuvre extrêmement ambitieuse, basée sur la légende de la Table Ronde et magnifiquement photographiée par Alex Thomson.EXCALIBUR2

Si la première moitié séduit autant qu’elle déroute, la seconde s’embourbe et on y retrouve des échos de « ZARDOZ » : costumes bizarres (armures en fer blanc), postiches insolites, décors à la limite du kitsch le plus total. Le lyrisme le plus débridé côtoie le ridicule sans qu’on n’arrive jamais à trancher. Les auteurs posent un regard sur la légende non dénué d’ironie, ne serait-ce que par le jeu outré de Nicol Williamson campant un ‘Merlin’ cabotin et fantasque. Le cast est d’ailleurs inégal : Nigel Terry est un Arthur falot, Nicholas Clay un Lancelot pas très viril et Cherie Lunghi une Guenièvre pas spécialement attractive. En revanche, on a le plaisir de voir de très jeunes acteurs débutants promis à un bel avenir comme Helen Mirren, venimeuse ‘Morgane’, Gabriel Byrne en roi féroce, Liam Neeson – qui passe tout son rôle à grogner comme un chien méchant – en Gauvain déplaisant et Ciarán Hinds méconnaissable sous son énorme barbe noire. On aperçoit également Patrick Stewart et le jeune Charley Boorman.

Le film offre de très beaux moments, mais les gâche par des ellipses mal gérées, des séquences complètement ratées et des fautes de distribution. À noter que l’usage intensif que fait Boorman de l’air « O fortuna » de Carl Orff, pourrait parfaitement résumer l’impression que laisse « EXCALIBUR » après qu’on soit parvenu au terme de ses 140 minutes : un mélange d’exaltation et de perplexité.

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NICHOLAS CLAY, NIGEL TERRY, CHERIE LUNGHI ET GABRIEL BYRNE

 

« SILENCE » (2016)

Depuis « CASINO » qui date de déjà deux décennies, le fan des débuts de Martin Scorsese a un peu de mal à suivre aveuglément le « maestro » cinéphile aux obsessions récurrentes.SILENCE

Une tentative du côté de « SILENCE » confirme la rupture. Situé dans le Japon du 17ème siècle, le film suit deux jeunes prêtres jésuites portugais partis à la recherche de leur mentor, Liam Neeson, disparu depuis des années.

Le moins qu’on puisse dire est que Scorsese ne fait pas dans le touristique ou la belle image à la manière de « MISSION », par exemple ! Entièrement tourné dans des extérieurs pluvieux, tristes à mourir, ou dans des cabanes misérables, le scénario n’est au fond qu’un interminable (160 minutes et des poussières !) dialogue entre Andrew Garfield un des prêtres et ses tourmenteurs nippons qui veulent l’obliger à renier sa foi et ne cherchent qu’à éradiquer définitivement le christianisme de leurs terres. Quelques fulgurances de violence, une décapitation par ci, une scène de torture par là, apportent un peu d’animation de temps en temps, mais l’ensemble demeure cérébral, pesant, inerte. Le film ne prend vraiment corps qu’avec l’apparition de Neeson, qui a renoncé à tout ce qu’il était auparavant pour devenir réellement japonais et dont les arguments pour convaincre le jeune prêtre de l’imiter sont tout à fait recevables.

Il faut se sentir très concerné par le thème, c’est-à-dire le « silence » de Dieu, qui fait douter les plus dévots, et qui fut développé par Ingmar Bergman dans « LES COMMUNIANTS » (chroniqué sur « BDW2 »), pour se passionner pour « SILENCE ». D’autant plus que Garfield, omniprésent jusque dans la voix « off » est bien sympathique, mais joue toutes les situations sur une même tonalité. Seul Neeson, qui accuse soudainement son âge, accroche l’intérêt dans un rôle complexe, ambigu.

À voir seulement si on se sent des affinités avec le sujet, donc. Car dans le cas contraire, on n’est pas très loin du pensum assommant.

 

HAPPY BIRTHDAY, LIAM !

NEESON

LIAM NEESON, SUPERBE ACTEUR IRLANDAIS À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE ÉCLECTIQUE ET PLEINE DE SURPRISES.

 

« SERAPHIM FALLS » (2006)

falls2Pendant que s’enchaînent les premières scènes de « SERAPHIM FALLS », l’amateur de westerns est au 7ème ciel : paysages sublimes, Scope glorieux, « tough guys » burinés et impassibles, violence omniprésente. Et plus ça avance, meilleur c’est. La réalisation de l’homme de TV David Von Ancken est impeccable, les deux têtes d’affiche sont au top de leur charisme. Le bonheur dure 90 bonnes minutes, grâce à un scénario excessivement malin.

En effet, on prend automatiquement parti pour Pierce Brosnan, homme des bois blessé, traqué impitoyablement par une demi douzaine de chasseurs-de-primes menés par Liam Neeson, aimable comme une porte de prison. Puis peu à peu, à force d’allusions au passé, de morceaux de flash-backs, on comprend que rien n’est aussi simple qu’il paraît. Le courageux Brosnan n’est peut-être pas le héros persécuté qu’on imaginait et le « méchant » Neeson a probablement d’excellentes raisons de se montrer aussi violent. Le film est donc passionnant, il rebondit sans cesse, ne recule devant aucun plan « gore » (on se réchauffe les mains dans les tripes d’un homme qu’on vient d’abattre, on se cache dans la carcasse d’un cheval), bref c’est un remarquable western, jusqu’au flash-back révélateur final et au face-à-face entre les deux ennemis mortels. Ensuite, le scénario bifurque subitement dans le symbolisme pied-de-plomb, la fable onirique et moralisatrice sur l’absurdité de la vengeance avec, en bonus, l’apparition ridicule d’Anjelica Huston en marchande ambulante censée représenter la Mort.

Quel dommage ! Et quelle déception inattendue. Car jusque-là, « SERAPHIM FALLS » avait tout d’un beau western épuré et sans chichi. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Ed Lauter qui fait en quelque sorte la jonction avec les derniers westerns des seventies, Michael Wincott, Wes Studi dans un rôle aussi désolant que celui de Miss Huston et Angie Harmon en épouse de Neeson.

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PIERCE BROSNAN ET LIAM NEESON

Un presque sans-faute donc, du moins jusqu’à cette dernière partie qui gâche un peu la fête. Mais le reste est suffisamment beau et intelligent pour qu’on y jette tout de même un coup d’œil. Les westerns ne sont pas si nombreux, ces dernières années…