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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LIAM NEESON

« SILENCE » (2016)

Depuis « CASINO » qui date de déjà deux décennies, le fan des débuts de Martin Scorsese a un peu de mal à suivre aveuglément le « maestro » cinéphile aux obsessions récurrentes.SILENCE

Une tentative du côté de « SILENCE » confirme la rupture. Situé dans le Japon du 17ème siècle, le film suit deux jeunes prêtres jésuites portugais partis à la recherche de leur mentor, Liam Neeson, disparu depuis des années.

Le moins qu’on puisse dire est que Scorsese ne fait pas dans le touristique ou la belle image à la manière de « MISSION », par exemple ! Entièrement tourné dans des extérieurs pluvieux, tristes à mourir, ou dans des cabanes misérables, le scénario n’est au fond qu’un interminable (160 minutes et des poussières !) dialogue entre Andrew Garfield un des prêtres et ses tourmenteurs nippons qui veulent l’obliger à renier sa foi et ne cherchent qu’à éradiquer définitivement le christianisme de leurs terres. Quelques fulgurances de violence, une décapitation par ci, une scène de torture par là, apportent un peu d’animation de temps en temps, mais l’ensemble demeure cérébral, pesant, inerte. Le film ne prend vraiment corps qu’avec l’apparition de Neeson, qui a renoncé à tout ce qu’il était auparavant pour devenir réellement japonais et dont les arguments pour convaincre le jeune prêtre de l’imiter sont tout à fait recevables.

Il faut se sentir très concerné par le thème, c’est-à-dire le « silence » de Dieu, qui fait douter les plus dévots, et qui fut développé par Ingmar Bergman dans « LES COMMUNIANTS » (chroniqué sur « BDW2 »), pour se passionner pour « SILENCE ». D’autant plus que Garfield, omniprésent jusque dans la voix « off » est bien sympathique, mais joue toutes les situations sur une même tonalité. Seul Neeson, qui accuse soudainement son âge, accroche l’intérêt dans un rôle complexe, ambigu.

À voir seulement si on se sent des affinités avec le sujet, donc. Car dans le cas contraire, on n’est pas très loin du pensum assommant.

 

HAPPY BIRTHDAY, LIAM !

NEESON

LIAM NEESON, SUPERBE ACTEUR IRLANDAIS À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE ÉCLECTIQUE ET PLEINE DE SURPRISES.

 

« SERAPHIM FALLS » (2006)

falls2Pendant que s’enchaînent les premières scènes de « SERAPHIM FALLS », l’amateur de westerns est au 7ème ciel : paysages sublimes, Scope glorieux, « tough guys » burinés et impassibles, violence omniprésente. Et plus ça avance, meilleur c’est. La réalisation de l’homme de TV David Von Ancken est impeccable, les deux têtes d’affiche sont au top de leur charisme. Le bonheur dure 90 bonnes minutes, grâce à un scénario excessivement malin.

En effet, on prend automatiquement parti pour Pierce Brosnan, homme des bois blessé, traqué impitoyablement par une demi douzaine de chasseurs-de-primes menés par Liam Neeson, aimable comme une porte de prison. Puis peu à peu, à force d’allusions au passé, de morceaux de flash-backs, on comprend que rien n’est aussi simple qu’il paraît. Le courageux Brosnan n’est peut-être pas le héros persécuté qu’on imaginait et le « méchant » Neeson a probablement d’excellentes raisons de se montrer aussi violent. Le film est donc passionnant, il rebondit sans cesse, ne recule devant aucun plan « gore » (on se réchauffe les mains dans les tripes d’un homme qu’on vient d’abattre, on se cache dans la carcasse d’un cheval), bref c’est un remarquable western, jusqu’au flash-back révélateur final et au face-à-face entre les deux ennemis mortels. Ensuite, le scénario bifurque subitement dans le symbolisme pied-de-plomb, la fable onirique et moralisatrice sur l’absurdité de la vengeance avec, en bonus, l’apparition ridicule d’Anjelica Huston en marchande ambulante censée représenter la Mort.

Quel dommage ! Et quelle déception inattendue. Car jusque-là, « SERAPHIM FALLS » avait tout d’un beau western épuré et sans chichi. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Ed Lauter qui fait en quelque sorte la jonction avec les derniers westerns des seventies, Michael Wincott, Wes Studi dans un rôle aussi désolant que celui de Miss Huston et Angie Harmon en épouse de Neeson.

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PIERCE BROSNAN ET LIAM NEESON

Un presque sans-faute donc, du moins jusqu’à cette dernière partie qui gâche un peu la fête. Mais le reste est suffisamment beau et intelligent pour qu’on y jette tout de même un coup d’œil. Les westerns ne sont pas si nombreux, ces dernières années…

 

« TAKEN 3 » (2014)

Un héros injustement accusé du meurtre de sa femme s’évade après avoir été arrêté et il est traqué par un flic opiniâtre pendant que lui-même recherche le vrai coupable. « LE FUGITIF » ? Pas du tout : « TAKEN 3 » !taken3

Précisons tout de suite que dans ce dernier film de la trilogie, personne n’est « taken », que Famke Janssen est enfin libérée de ce non-rôle qu’elle traînait depuis six ans, que Maggie Grace est (un peu) moins agaçante parce qu’elle joue enfin son âge et que Liam Neeson, à 62 ans, commence tout de même à être « too old for this shit » comme dirait ce brave Roger Murtaugh.

Qu’est-ce qui différencie ce 3ème opus d’un DTV lambda avec Steven Seagal ? Les moyens d’abord, puis un casting d’acteurs compétents. Le scénario suit une logique toujours aussi simpliste mais légèrement plus élaborée que dans les deux précédents films et – hormis un montage systématiquement ultra-cut qui lasse très vite, surtout dans les poursuites en voiture à peine lisibles – on reste éveillé jusqu’au bout.

Autour d’un Neeson hâve mais en bonne forme physique (dommage qu’il ne soit fait qu’une fugace allusion à son âge), Forest Whitaker en fait comme toujours un peu trop, en flic pas très efficace (« He’s good », dit de lui Neeson, même si on ne voit pas très bien sur quel exploit il se base pour affirmer cela !), l’inquiétant Andrew Howard en porte-flingue russe particulièrement sauvage ou Dougray Scott en traître de service dont on devine le double-jeu dès la première apparition à l’image. De toute façon qui cela pouvait-il être d’autre ?

Pas beaucoup à épiloguer sur ce « TAKEN 3 », qui se laisse regarder d’un œil indifférent, comme un passe-temps du week-end. Le film a été annoncé comme la conclusion de la franchise. Espérons qu’il ne s’agisse pas d’adieux de music-hall. Parce que la grossesse de Maggie Grace fait redouter la naissance imminente d’un petit Mills susceptible d’être kidnappé à son tour. C’est le karma familial…

 

« TAKEN 2 » (2012)

Quatre ans après, revoici Liam Neeson dans un peu nécessaire « TAKEN 2 », avec grosso-modo la même équipe hormis le réalisateur. Tourné cette fois à Istanbul, le film reprend le schéma du précédent à la différence que c’est Neeson qui est kidnappé et qui appelle sa fille à la rescousse (sic !).taken2

Que dire qu’on n’ait pas déjà exprimé sur le n°1 ? Le scénario est d’une naïveté désarmante, il arrive à bout de souffle après une heure environ et compense le déficit de tension dramatique par une orgie de combats à mains nues et de poursuites en voiture. Peut-être parce qu’on sait maintenant à quoi s’attendre, le film paraît peut-être plus fluide que le précédent, mais il faut à nouveau faire preuve d’une colossale suspension d’incrédulité pour gober certaines situations comme la méthode absurde de notre héros pour se situer : lancer de grenades, ouïe hyper-développée, etc.

Si Maggie Grace n’a pas fait beaucoup de progrès, Famke Janssen voit son rôle s’étoffer un peu (pas trop) et le méchant-en-chef, Rade Serbedzija, est franchement inquiétant, ce qui aide à lester un peu le suspense et à rendre les enjeux plus crédibles (pas trop non plus !). Reste une fois encore l’ami Liam Neeson, un peu alourdi, le visage marqué, très mal à l’aise dans les séquences familiales où il est gauche et emprunté, mais excellent dans l’action physique. Sa haute silhouette, son expression tendue font toujours leur effet et c’est uniquement grâce à lui qu’on parvient à ne pas zapper après la délirante séquence de l’ambassade américaine.

De belles vues de la Turquie, des méchants basanés et mal rasés pittoresques, font de « TAKEN 2 » un spectacle totalement gratuit et sans le moindre enracinement dans le réel. C’est une sorte de BD décomplexée et frénétique, à voir d’un œil distrait et en mettant son sens critique en mode « off ».

 

« MICHAEL COLLINS » (1996)

collinsBiopic hagiographique sur le leader révolutionnaire irlandais qui mena dans les années 1910 et ‘20 la lutte armée contre l’Angleterre et négocia la création d’un traité pour un état indépendant, « MICHAEL COLLINS » est bâti sur le même schéma que « VIVA ZAPATA ! » d’Elia Kazan.

Auteur et réalisateur, Neil Jordan entretient l’intérêt du spectateur néophyte en maintenant un rythme soutenu, en alignant les séquences courtes, jamais trop bavardes et évite le côté téléfilm grâce à une photo bleutée et très stylisée de Chris Menges. C’est un beau spectacle, ambitieux et plein de bruit et de fureur, même s’il manque parfois un peu d’âme et cède à une simplification quasi-hollywoodienne. De plus, « MICHAEL COLLINS » est plombé par un gros vice-de-forme : le personnage de Julia Roberts, artificiellement plaqué sur l’action principale, très mal distribuée qui plus est. La sous-intrigue à la « JULES ET JIM » ne s’intègre jamais au mouvement général et l’actrice – aussi peu enthousiasmante que d’habitude – semble être la star incongrue d’un film dans le film. Ça sent le gros compromis avec le studio pour avoir une star féminine au générique !

Heureusement, Liam Neeson occupe l’espace de sa haute stature. Un peu âgé à 44 ans pour jouer ce guerrier impétueux mort à 31 ans seulement, il parvient tout de même à donner à Collins une dimension légendaire et terre-à-terre à la fois. Il est très bien entouré par Alan Rickman en chef révolutionnaire planche-pourrie, Aidan Quinn en frère d’armes et par une magnifique brochette de seconds rôles comme Charles Dance en superflic implacable, Stephen Rea, Brendan Gleeson ou Ian Hart.

Une intéressante leçon d’Histoire, très léchée esthétiquement, aux beaux morceaux de bravoure à laquelle manque juste une petite étincelle de génie, ou tout du moins de folie pour convaincre à 100%.

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STEPHEN REA, LIAM NEESON ET ALAN RICKMAN

 

« SANS IDENTITÉ » (2011)

unknown2Inspiré d’un roman de Didier Van Cauwelaert, « SANS IDENTITÉ » est un thriller multinational qui se déroule entièrement à Berlin et fait penser à un mélange de « FRANTIC » et de la franchise « JASON BOURNE ».

Le scénario est complexe dans sa progression mais au fond assez simple, les séquences d’action souvent très spectaculaires se succèdent sans faiblir, les extérieurs sont bien exploités dans une photo bleuâtre et le montage est d’une extrême nervosité. Bref, tout pour ne pas décrocher de ce thriller totalement invraisemblable mais très bien fichu, porté par la personnalité et la présence d’un Liam Neeson de 59 ans, en pleine possession de ses moyens. Il est parfaitement casté dans ce rôle d’antihéros amnésique, incertain et tourmenté, dont l’enquête pour prouver qu’il est lui-même va l’amener à des découvertes très perturbantes. Autour de lui, une belle distribution avec January Jones (« MAD MEN ») en blonde hitchcockienne, Diane Kruger physiquement pas très crédible en clandestine bosniaque mais plutôt bien et surtout Bruno Ganz, remarquable en ex-flic de la Stasi rongé par le cancer. Sa scène avec Frank Langella est un des grands moments du film.

La mise-en-scène du jamais décevant Jaume Collet-Serra est 100% efficace, entièrement au service de l’histoire et des acteurs et « SANS IDENTITÉ » se laisse regarder avec intérêt de bout en bout, agrémenté qui plus est d’un sous-texte écolo et un brin utopiste des plus sympathiques. Un bon film d’action donc, moins crétin que les « TAKEN » qui firent la gloire de Neeson, moins creux que les « JASON BOURNE » auquel il fait beaucoup penser par moments, et qui fait passer deux heures intenses et palpitantes. Rien d’un chef-d’œuvre, bien sûr, mais du très beau boulot de professionnel.

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LIAM NEESON, JANUARY JONES, AIDAN QUINN, DIANE KRUGER ET BRUNO GANZ