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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LIAM NEESON

« BATMAN BEGINS » (2005)

BATMANAprès la série TV parodique des sixties, les essais gothiques de Tim Burton et les avatars crypto-gays ridicules de Joel Schumacher, « BATMAN BEGINS » remet les pendules à l’heure et parvient à enfin incarner la mythologie de la BD de Bob Kane en assemblant ses éléments épars, créés au fil des années et à leur donner une sorte de cohérence thématique.

Vu par Christopher Nolan, « BATMAN BEGINS » n’a au fond, qu’un seul sujet : la peur. Celle qui paralyse notre héros, le hante, et qu’il doit apprendre à museler, celle que des méchants cherchent à utiliser comme arme de destruction massive sous forme de gaz. C’est cette fondation qui donne chair et densité à cette version de l’homme chauve-souris, pas plus crédible que les précédentes, certes, mais plus humaine et – disons le mot – plus profonde. La première moitié du scénario, quelque peu erratique mais très distrayante, décrit comment le jeune et riche orphelin se reconstruit peu à peu, se forme en Chine à devenir un… ninja et revient à Gotham pour se dédoubler en justicier masqué et combattre le crime. La seconde partie se focalise sur son combat contre trois ennemis distincts, parmi lesquels l’homme qui l’a formé : Liam Neeson. Ça part dans tous les sens, mais ce n’est jamais ennuyeux ni confus. Christian Bale est un Bruce Wayne acceptable sinon emballant, Michael Caine est un savoureux Alfred, Gary Oldman un solide commissaire Gordon, Katie Holmes est gentillette et Tom Wilkinson excellent en mafioso. Sans oublier les vétérans Morgan Freeman et Rutger Hauer. Mais le vrai plaisir de ce « reboot » tient principalement dans le sérieux surprenant de l’entreprise, dans la beauté des décors, de la photo et dans la maîtrise des CGI qui ne prennent jamais le dessus sur tout le reste. Nolan bâtira une trilogie sur ce premier volet et parviendra à redorer le blason bien endommagé du Batman.

À noter la présence du petit Jack Gleeson, qui sera quelques années plus tard l’affreux Joffrey Baratheon dans la série « GAME OF THRONES ».

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CHRISTIAN BALE, LIAM NEESON, MORGAN FREEMAN ET MICHAEL CAINE

 

« L’IRLANDAIS » (1987)

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LIAM NEESON ET MICKEY ROURKE

Réalisé par l’intéressant Mike Hodges, d’après un roman de Jack Higgins, « L’IRLANDAIS » (titre français bien décevant comparé à l’original : « UNE PRIÈRE POUR LES MOURANTS ») est un polar qui démarre bien, offre des enjeux très forts, des personnages intrigants, pour pécher trop vite par la faute d’un scénario statique, malhabile, qui finit par lasser tout intérêt.PRAYER

Pourtant, la première moitié est très prometteuse et Mickey Rourke, teint en roux, est crédible en assassin professionnel au bout du rouleau, traqué par la police, un caïd local et par ses employeurs de l’IRA. Il traîne une grise mine, un spleen d’écorché vif, bien entouré par Bob Hoskins en ex-baroudeur devenu prêtre, Alan Bates – un peu trop grimaçant, mais qui semble bien s’amuser – en gangster/croque-mort, Liam Neeson en cadre de l’IRA au cœur trop sensible, Alison Doody en exécutrice impassible. Sammi Davis est très gauche en aveugle mais Christopher Fulford crève l’écran dans un rôle de psychopathe répugnant : un vrai méchant comme on adore les haïr ! Tous ces éléments, ajoutés à une bonne BO de Bill Conti ne parviennent toutefois pas à réellement faire décoller le film. Les séquences impliquant les policiers sont d’une lourdeur invraisemblable, l’action semble trop souvent se résumer à d’incessants aller-retour entre le funérarium et l’église et, malgré quelques très bonnes scènes d’action et de belles confrontations, « L’IRLANDAIS » ne parvient jamais à passionner. C’est vraiment dommage, car le potentiel, et cela se sent tout du long, était considérable, et – nous l’avons dit – le casting de tout premier ordre. Mais la mayonnaise ne prend pas, le rythme demeure constamment plombé et la fin, autour d’une bombe prête à exploser est torchée à la va-vite, expédiée. À voir pour Rourke, encore dans sa grande époque, qui parvient à créer un personnage opaque et attachant à la fois.

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ALAN BATES, MICKEY ROURKE ET SAMMI DAVIS

 

« MIB : INTERNATIONAL » (2019)

MIB« MEN IN BLACK : INTERNATIONAL » de F. Gary Gray remplaçant Barry Sonnenfled, est le 4ème opus de la franchise, le premier sans Will Smith et Tommy Lee Jones, la seule « revenante » du précédent film étant Emma Thompson.

Ceci établi, et même si on est soulagé de ne pas reprendre la route avec Smith, force est de reconnaître que ce « reboot » a perdu la fraîcheur des précédents films, que l’humour est trop systématiquement forcé et que le scénario est d’une totale indigence. Il s’agit de récupérer une arme absolue tenant dans la paume de la main, capable de détruire des systèmes solaires. Les deux protagonistes sont une jeune femme (Tessa Thompson) obnubilée depuis l’enfance par les aliens (prologue en clin d’œil à « E.T. ») et à l’essai parmi les MIB et Chris Hemsworth, la star du service malgré son côté tête brûlée. Ils sont envoyés en mission par le boss du MIB anglais, Liam Neeson et l’action se déplace de Paris à Marrakech en passant par Naples, comme dans un 007. C’est longuet, sans une once d’originalité, les CGI prennent beaucoup de place et les rebondissements sont artificiels et arbitraires. Le fan complétiste de la série pourra y jeter un coup d’œil pour le plaisir de voir Neeson se transformer (ATTENTION : SPOILER !) en grand poulpe lovecraftien, de retrouver Emma Thompson et son humour pince-sans-rire et de goûter la présence de Rebecca Ferguson excellente en trafiquante d’armes à trois bras.

Le tandem des nouveaux MIB fonctionne à peu près : la geek surdouée et le benêt sexy. Les comédiens ne sont certes pas oscarisables, mais ils dégagent une vraie sympathie et leurs répliques du tac-au-tac font parfois sourire. Tout comme la présence de ‘Pawnie’, leur coéquipier lilliputien rigolo. Rien à attendre de grandiose donc, de ce n°4 copieux et soigneusement fabriqué, qui sent indéniablement le réchauffé et ne convainc pas qu’il était indispensable de réactiver la franchise.

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TESSA THOMPSON ET LIAM NEESON

 

« DARKMAN » (1990)

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LIAM NEESON

Étonnant à quel point « DARKMAN » ne prend pas une ride, malgré son grand âge et à l’heure des films de super-héros hypersophistiqués au niveau des CGI. Peut-être justement parce que Sam Raimi assume crânement son côté « années 50 » avec ses F/X délibérément vieillots mais toujours efficaces, son humour noir, ses brusques changements de ton.DKM.jpg

Héritier du fantôme de l’Opéra, de « The Shadow », de « L’HOMME AU MASQUE DE CIRE » (dont le scénario est un quasi-remake), et même d’Elephant man, Darkman est un savant défiguré, atrocement brûlé par des gangsters, qui invente une peau artificielle (à durée limitée) lui permettant d’entamer une vengeance élaborée. Ce n’est pas l’aspect policier qui séduit encore dans « DARKMAN » aujourd’hui, mais le soin apporté aux tenues des personnages, aux décors sortis d’une BD, une ultra-violence tempérée par un infime décalage qui nous rappelle constamment que tout cela n’est pas très sérieux. La grande idée du réalisateur est d’avoir employé deux acteurs comme Liam Neeson et Frances McDormand, réputés pour leur sérieux justement, leur crédibilité dans n’importe quelle situation. Jouant 100% au premier degré dans un environnement en délire, ils parviennent à donner chair et épaisseur non seulement à leurs personnages, mais au film tout entier. Des scènes comme celle de la fête foraine atteignent même une réelle dimension tragique, alors qu’elle est filmée comme un voyage dans un train-fantôme. C’est assez virtuose, jamais ridicule ou infantile et Neeson, qu’il apparaisse avec son vrai visage ou son maquillage monstrueux, crée un « freak » pathétique et incontrôlable des plus convaincants. On pourra tiquer (un peu) sur l’importance démesurée que prennent les malfrats dans le scénario, car ils sont tous très caricaturaux et guère passionnants. Mais cela n’ôte rien au plaisir suscité par ce film excessif et débordant d’une énergie communicative, dont on ressort bizarrement ému et troublé.

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LIAM NEESON ET FRANCES McDORMAND

À noter que des proches de Sam Raimi comme Joel & Ethan Coen, John Landis et Bruce Campbell son acteur des « EVIL DEAD » apparaissent dans des caméos, tout comme Jenny Agutter en médecin spécialiste des grands brûlés, non-mentionnée au générique. Le film connut deux sequels sorties directement en vidéo et mettant en vedette le gangster joué par Larry Drake, seul revenant du premier film.

 

« LES MISÉRABLES » (1998)

Cette version de « LES MISÉRABLES » réalisée par le danois Bille August, est un authentique cas d’école. Le matériau ultra-connu et si fréquemment adapté à l’écran de Victor Hugo a été malaxé sans douceur par un scénariste qui redistribue complètement les cartes, annihile toute dimension sociale, épique ou humaniste, pour réduire l’histoire à l’affrontement basique entre l’ex-forçat Valjean, devenu une sorte de saint-homme ombrageux et le flic Javert, légèrement psychopathe sur les bords.MISÉRABLES.jpg

Par où commencer ? Du début à la fin, c’est consternant. Tout est simplifié à l’extrême, les personnages sont des pantins. Sans être un fanatique des adaptations littérales, on est stupéfait de découvrir Valjean amoureux de Fantine, les Thénardier réduits au stade de simples silhouettes. Et que dire de Cosette braquant Javert avec un pistolet ? En hommage à Hugo, la ville où se déroule l’essentiel de l’action est nommée… Vigau ! On serait tenté de rire de tant d’incongruités, mais cela dure plus de deux heures et le rire s’étrangle assez vite. Liam Neeson est un Valjean acceptable dans sa période « bête humaine », mais s’efface ensuite dans un non-jeu léthargique, éteint par de vilains postiches. Geoffrey Rush joue sur une seule tonalité le psychorigide Javert, laissant de côté toute ambiguïté. Uma Thurman, grimée en morte-vivante et Claire Danes, trop âgée pour son rôle, frisent le carton rouge.

C’est très certainement une des pires adaptations du roman originel, une des plus grotesquement iconoclastes et surtout, un des plus inutiles. Y a-t-il eu une version cinématographique ou télévisuelle parfaite du chef-d’œuvre d’Hugo ? Sans doute pas. Mais Harry Baur, Fredric March, Jean Gabin, Lino Ventura ont incarné de beaux Valjean. Le pauvre Neeson lui, a rejoint Michael Rennie, Richard Jordan, Gérard Depardieu et Hugh Jackman dans les Valjean à jeter aux oubliettes.

 

« SANG FROID » (2019)

Cinq ans après son intéressant « REFROIDIS », le norvégien Hans Petter Moland tourne lui-même un remake de son film (pratique de plus en plus fréquente). Pourquoi revoir une histoire aussi récente ? Probablement parce qu’il y a Liam Neeson au générique. Et parce que, naïvement, on se dit qu’il y aura peut-être des améliorations.COLD copie 2

Ce n’est évidemment pas le cas. Et « SANG FROID » est une plate resucée de l’original, qui ressemble à un long épisode des séries TV « FARGO », « BANSHEE » ou « JUSTIFIED », au scénario mal construit, à la direction d’acteurs hasardeuse, et gaspillant Neeson qu’on voit trop peu et par intermittence, dans ce rôle de père endeuillé et vengeur. Bien sûr, on est content de le revoir, surtout de constater qu’il s’est un peu remplumé et semble moins décavé que dans ses derniers films, mais cela ne suffit pas. On doit subir un acteur épouvantable nommé Tom Bateman, jouant un narcotrafiquant odieux, qui grimace et en fait des tonnes, faisant de chacune des séquences où il apparaît, une véritable épreuve. On aperçoit aussi trop brièvement, Laura Dern dans un rôle inepte d’épouse geignarde, John Doman en flic pantouflard et William Forsythe en ex-tueur bedonnant. Les rares bonnes idées proviennent du premier film, pour le reste, pas grand-chose à sauver. Hormis éventuellement les scènes entre Neeson et l’enfant qu’il a kidnappé assez touchantes. À noter que Micheál Richardson jouant le fils assassiné de Neeson, n’est autre que son propre rejeton.

Un film complètement inutile et redondant, qui n’apportera rien à la carrière d’action hero de Liam Neeson, qui traverse tout cela avec un flegme teinté de lassitude.

 

« LE BOUNTY » (1984)

BOUNTY.jpgRien que le générique de « LE BOUNTY » oblige pratiquement à revoir une histoire qu’on connaît déjà par cœur grâce aux deux précédentes versions : réalisé par l’australien Roger Donaldson, écrit par Robert Bolt (« LAWRENCE D’ARABIE »), musiqué par Vangelis et offrant dans son casting rien moins que Mel Gibson, Anthony Hopkins, Daniel Day-Lewis, Liam Neeson et Laurence Olivier !

Magnifiée par la photo d’Arthur Ibbetson, cette version propose une écriture plus adulte, beaucoup moins manichéenne des évènements. Bligh, joué par Hopkins n’est pas le monstre habituel. C’est un homme frustré, complexé, mal-aimé, très probablement un homosexuel refoulé, amoureux de Fletcher Christian qui l’humilie sans même en avoir conscience. À travers l’interprétation de Gibson, Christian n’a rien d’un héros ou d’un leader. C’est un joli-cœur irresponsable et superficiel. Difficile de prendre parti ! Le film est long, et même longuet dans sa dernière partie après la mutinerie. Mais Donaldson capture avec une extraordinaire acuité le changement de mood de l’aventure : d’un paradis ensoleillé et sensuel, Tahiti devient une terre hostile, tempétueuse et froide, peuplée de cannibales. L’enfer attend ceux qui ont succombé au chant des sirènes. C’est une vision assez inédite qui est proposée là, certainement réaliste, mais d’un pessimisme terrible. Et la conclusion sur le destin des deux ennemis de légende laisse un goût amer mais d’une logique indiscutable.

À voir donc ce « BOUNTY » âpre et rugueux, ne serait-ce que pour la prestation d’une complexité inouïe de Hopkins qui donne vie à ce personnage qu’on peut haïr et admirer dans la même scène. Et pour les jeunes acteurs en devenir : Neeson en voyou bagarreur et Day-Lewis en sous-officier antipathique.

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ANTHONY HOPKINS, MEL GIBSON, DANIEL DAY-LEWIS, LIAM NEESON ET SIMON ADAMS

Pas tout à fait un grand film, mais suffisamment de moments grandioses pour mériter l’attention. Le plan, par exemple, où Fletcher Christian regarde ses hommes massacrer gratuitement des dauphins au fusil, semble marquer son entrée en enfer.

 

« THE SECRET MAN – MARK FELT » (2017)

« THE SECRET MAN – MARK FELT » de l’ex-journaliste Peter Landesman inspiré des mémoires de Felt en personne, revient sur les évènements du Watergate en 1972, mais cette fois du point-de-vue de l’informateur des reporters du Washington, le célèbre et longtemps anonyme « Gorge Profonde ».FELT.jpg

Pratiquement invisible dans « LES HOMMES DU PRÉSIDENT » (on ignorait alors son identité), le lanceur d’alerte n’était autre que le sous-directeur du FBI. Une idée potentiellement passionnante sur le papier, mais qui à l’arrivée donne un film statique, bavard à l’extrême et nécessitant une vraie connaissance du dossier pour y comprendre quelque chose et ne pas s’égarer dans une forêt de noms et une foule de personnages inconnus du commun des mortels non-américains. L’image verdâtre, la réalisation hésitant entre la caméra « bougée » et les longs plans figés, n’aident pas à se passionner pour la leçon d’Histoire et le rôle principal étant un homme austère, verrouillant ses émotions, difficile de ressentir une quelconque sympathie pour lui. C’est tout à l’honneur de Liam Neeson de l’avoir incarné avec une telle retenue. Très amaigri, portant une perruque de cheveux gris, le teint blême, il ressemble à un mort-vivant, et traverse le film, raide comme la justice et d’une parfaite sobriété. Il est bien entouré d’acteurs comme Diane Lane jouant sa femme à bout de patience, Marton Csokas en remplaçant de J. Edgar Hoover, Michael C. Hall, un Tom Sizemore particulièrement remarquable en rival visqueux au possible et même Eddie Marsan qui n’apparaît hélas, que le temps d’une brève séquence.

« MARK FELT » est un drôle de film, qu’il n’est pas évident de recommander tant il est esthétiquement ingrat et scénaristiquement hermétique. On peut s’y ennuyer ferme et penser que le cinéma c’est un peu plus que des personnes en costume en train de discuter dans des bureaux.

 

« LES VEUVES » (2018)

Il y a de bonnes pistes narratives dès le début de « LES VEUVES », coécrit et réalisé par Steve McQueen (oui, ça reste toujours aussi bizarre d’écrire ce nom sans se référer à l’acteur de « BULLITT » !). Ça démarre comme un film de braquage classique, avec une bande de pros dirigée par Liam Neeson. Mais toutes les vedettes masculines trouvent la mort après quelques minutes seulement ! Ce sont leurs veuves, complètement innocentes, qui vont hériter de leurs dettes et de leurs ennemis.WIDOWS

Il faut s’accrocher au début, car l’afflux d’informations, l’arrivée incessante de nouveaux personnages, les flash-backs, les rêves, le background politique, cela fait beaucoup à ingérer et on aurait tendance à perdre le fil. Mais dès que l’héroïne, la formidable Viola Davis, s’affirme enfin et prend les choses en main, le film trouve sa vitesse de croisière et devient un polar ingénieux, au discours intelligemment féministe et aux protagonistes attachants et surtout, tous intéressants. Autour de Davis, sa « bande » est composée de Michelle Rodriguez, moins monolithique que d’habitude, Elizabeth Debicki femme battue qui se rebiffe et surtout Cynthia Erivo qui pique la vedette à tout le monde dans un rôle en or de coiffeuse courageuse et opiniâtre. Sacrée personnalité ! Le cast masculin n’est pas mal non plus : outre Neeson dans un personnage plus que trouble, assez nouveau pour lui, Robert Duvall – toujours impressionnant à 87 ans – en politicien roué et raciste, Colin Farrell excellent dans le rôle de son héritier planche-pourrie, Garret Dillahunt à contremploi en chauffeur loyal.

« LES VEUVES » exige donc un peu de patience pour pouvoir jouir pleinement de sa seconde partie haletante, aux coups de théâtre très bien amenés et à la violence inattendue. Si le moteur met un moment à chauffer, le film devient vraiment passionnant une fois qu’il est lancé. Joli travail scénaristique et quelques trouvailles de mise-en-scène discrètement culottées.

 

« CHLOÉ » (2009)

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AMANDA SEYFRIED

« CHLOÉ » est le remake canadien du film français « NATHALIE… » (2003) et il est réalisé par le très inégal Atom Egoyan qui s’aventure dans le mélodrame érotisant, doté d’un casting trois étoiles qu’on est un peu surpris de trouver dans ce genre de produit.CHLOE

De fait, pendant ses deux premiers tiers, « CHLOÉ » présente des personnages de « bobos » quinquagénaires, une gynécologue (Julianne Moore) et son mari prof de fac (Liam Neeson). Persuadée qu’il la trompe, elle engage une prostituée (Amanda Seyfried) pour séduire l’époux et venir ensuite au rapport avec moult détails à l’appui. C’est d’une perversité gentillette, d’un érotisme soft un brin désuet, et il faut tout le charisme des interprètes pour rester éveillé. Julianne Moore fait son possible d’un rôle ingrat de femme jalouse, peu sûre d’elle et toujours au bord de l’implosion. Neeson n’est pas gâté par son personnage falot de grand mollasson qui a un faible prononcé pour les jolies étudiantes. Heureusement, il y a Amanda Seyfried qui tient le rôle-titre avec une infinité de nuances allant de l’innocence enfantine à la tueuse dont l’arme principale est son corps. Quand survient le « twist » qui relance à la fois le scénario et l’intérêt, tout se focalise sur elle et le film prend enfin son envol. Beaucoup trop tard hélas, pour qu’on garde une opinion positive de l’ensemble. Il y a quelque chose d’impalpable dans « CHLOÉ », d’irréel. Peut-être est-ce dû aux extérieurs de Toronto, à la fois dépaysants et impersonnels, à ces gros-plans de visages pas toujours très flatteurs, ou à cette ambiance de perversion tous-publics qui fait parfois sourire. Malgré tout ce qu’il y aurait à redire sur « CHLOÉ », il faut tout de même le voir pour Amanda Seyfried qui parvient à se montrer voluptueuse et inquiétante dans le même temps et finit son parcours dans un plan magnifique qui donnerait presque envie de réévaluer le film tout entier. Presque !

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LIAM NEESON, AMANDA SEYFRIED ET JULIANNE MOORE