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Archives de Catégorie: LES FILMS DE LIAM NEESON

« THE PASSENGER » (2018)

« THE PASSENGER » est le quatrième thriller que Liam Neeson tourne avec le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra et, force est de reconnaître, que le tandem commence à tourner en rond. Cet opus ressemble furieusement à « NON STOP » (2014), relocalisant l’action d’un avion à un train de banlieue.PASSENGER

Exploitant l’image de Neeson créée par « TAKEN », le pitch de ce suspense en huis clos est tiré par les cheveux, invraisemblable du début à la fin, déconnecté de toute réalité. Quant au scénario, il est poreux, plein de trous et d’impasses qui font que l’intérêt s’amenuise de plus en plus jusqu’à l’indifférence totale quand survient un dénouement absurde. À 66 ans, hâve et amaigri, Neeson joue un ex-flic licencié par sa boîte d’assurances, qui devient le jouet d’une organisation mystérieuse lui offrant 100 000 $ pour découvrir le témoin d’un meurtre durant un trajet en train. On a déjà du mal à comprendre le pourquoi du comment et le développement va de mal en pis, plombé par des explications vaseuses qui ne font qu’empirer les choses. Sans mentionner les CGI aussi peu convaincants que possible et des bagarres systématiques et lassantes à mains nues comme Neeson en a déjà trop tourné.

Grâce au grand Liam et au plaisir qu’on a toujours à le retrouver, « THE PASSENGER » a ses bons moments – surtout la première demi-heure – mais c’est la plus faible de ses collaborations avec le réalisateur. Parmi les seconds rôles, on retrouve Vera Farmiga en tireuse de ficelles impitoyable, le toujours impeccable Patrick Wilson en ancien coéquipier de notre héros, Elizabeth McGovern en épouse à peine silhouettée et Sam Neill quasi-figurant en commissaire barbu.

Mieux vaut se souvenir de « SANS IDENTITÉ », « NON STOP » et « NIGHT RUN » et vite oublier ce « PASSENGER » qui ressemble beaucoup au fameux « match de trop ».

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« EXCALIBUR » (1981)

EXCALIBUR

LIAM NEESON ET HELEN MIRREN

Dans la carrière de John Boorman, « EXCALIBUR » se situe entre le terrible échec de « L’EXORCISTE 2 : L’HÉRÉTIQUE » et le comeback que fut « LA FORÊT D’ÉMERAUDE ». C’est une œuvre extrêmement ambitieuse, basée sur la légende de la Table Ronde et magnifiquement photographiée par Alex Thomson.EXCALIBUR2

Si la première moitié séduit autant qu’elle déroute, la seconde s’embourbe et on y retrouve des échos de « ZARDOZ » : costumes bizarres (armures en fer blanc), postiches insolites, décors à la limite du kitsch le plus total. Le lyrisme le plus débridé côtoie le ridicule sans qu’on n’arrive jamais à trancher. Les auteurs posent un regard sur la légende non dénué d’ironie, ne serait-ce que par le jeu outré de Nicol Williamson campant un ‘Merlin’ cabotin et fantasque. Le cast est d’ailleurs inégal : Nigel Terry est un Arthur falot, Nicholas Clay un Lancelot pas très viril et Cherie Lunghi une Guenièvre pas spécialement attractive. En revanche, on a le plaisir de voir de très jeunes acteurs débutants promis à un bel avenir comme Helen Mirren, venimeuse ‘Morgane’, Gabriel Byrne en roi féroce, Liam Neeson – qui passe tout son rôle à grogner comme un chien méchant – en Gauvain déplaisant et Ciarán Hinds méconnaissable sous son énorme barbe noire. On aperçoit également Patrick Stewart et le jeune Charley Boorman.

Le film offre de très beaux moments, mais les gâche par des ellipses mal gérées, des séquences complètement ratées et des fautes de distribution. À noter que l’usage intensif que fait Boorman de l’air « O fortuna » de Carl Orff, pourrait parfaitement résumer l’impression que laisse « EXCALIBUR » après qu’on soit parvenu au terme de ses 140 minutes : un mélange d’exaltation et de perplexité.

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NICHOLAS CLAY, NIGEL TERRY, CHERIE LUNGHI ET GABRIEL BYRNE

 

« SILENCE » (2016)

Depuis « CASINO » qui date de déjà deux décennies, le fan des débuts de Martin Scorsese a un peu de mal à suivre aveuglément le « maestro » cinéphile aux obsessions récurrentes.SILENCE

Une tentative du côté de « SILENCE » confirme la rupture. Situé dans le Japon du 17ème siècle, le film suit deux jeunes prêtres jésuites portugais partis à la recherche de leur mentor, Liam Neeson, disparu depuis des années.

Le moins qu’on puisse dire est que Scorsese ne fait pas dans le touristique ou la belle image à la manière de « MISSION », par exemple ! Entièrement tourné dans des extérieurs pluvieux, tristes à mourir, ou dans des cabanes misérables, le scénario n’est au fond qu’un interminable (160 minutes et des poussières !) dialogue entre Andrew Garfield un des prêtres et ses tourmenteurs nippons qui veulent l’obliger à renier sa foi et ne cherchent qu’à éradiquer définitivement le christianisme de leurs terres. Quelques fulgurances de violence, une décapitation par ci, une scène de torture par là, apportent un peu d’animation de temps en temps, mais l’ensemble demeure cérébral, pesant, inerte. Le film ne prend vraiment corps qu’avec l’apparition de Neeson, qui a renoncé à tout ce qu’il était auparavant pour devenir réellement japonais et dont les arguments pour convaincre le jeune prêtre de l’imiter sont tout à fait recevables.

Il faut se sentir très concerné par le thème, c’est-à-dire le « silence » de Dieu, qui fait douter les plus dévots, et qui fut développé par Ingmar Bergman dans « LES COMMUNIANTS » (chroniqué sur « BDW2 »), pour se passionner pour « SILENCE ». D’autant plus que Garfield, omniprésent jusque dans la voix « off » est bien sympathique, mais joue toutes les situations sur une même tonalité. Seul Neeson, qui accuse soudainement son âge, accroche l’intérêt dans un rôle complexe, ambigu.

À voir seulement si on se sent des affinités avec le sujet, donc. Car dans le cas contraire, on n’est pas très loin du pensum assommant.

 

HAPPY BIRTHDAY, LIAM !

NEESON

LIAM NEESON, SUPERBE ACTEUR IRLANDAIS À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE ÉCLECTIQUE ET PLEINE DE SURPRISES.

 

« SERAPHIM FALLS » (2006)

falls2Pendant que s’enchaînent les premières scènes de « SERAPHIM FALLS », l’amateur de westerns est au 7ème ciel : paysages sublimes, Scope glorieux, « tough guys » burinés et impassibles, violence omniprésente. Et plus ça avance, meilleur c’est. La réalisation de l’homme de TV David Von Ancken est impeccable, les deux têtes d’affiche sont au top de leur charisme. Le bonheur dure 90 bonnes minutes, grâce à un scénario excessivement malin.

En effet, on prend automatiquement parti pour Pierce Brosnan, homme des bois blessé, traqué impitoyablement par une demi douzaine de chasseurs-de-primes menés par Liam Neeson, aimable comme une porte de prison. Puis peu à peu, à force d’allusions au passé, de morceaux de flash-backs, on comprend que rien n’est aussi simple qu’il paraît. Le courageux Brosnan n’est peut-être pas le héros persécuté qu’on imaginait et le « méchant » Neeson a probablement d’excellentes raisons de se montrer aussi violent. Le film est donc passionnant, il rebondit sans cesse, ne recule devant aucun plan « gore » (on se réchauffe les mains dans les tripes d’un homme qu’on vient d’abattre, on se cache dans la carcasse d’un cheval), bref c’est un remarquable western, jusqu’au flash-back révélateur final et au face-à-face entre les deux ennemis mortels. Ensuite, le scénario bifurque subitement dans le symbolisme pied-de-plomb, la fable onirique et moralisatrice sur l’absurdité de la vengeance avec, en bonus, l’apparition ridicule d’Anjelica Huston en marchande ambulante censée représenter la Mort.

Quel dommage ! Et quelle déception inattendue. Car jusque-là, « SERAPHIM FALLS » avait tout d’un beau western épuré et sans chichi. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Ed Lauter qui fait en quelque sorte la jonction avec les derniers westerns des seventies, Michael Wincott, Wes Studi dans un rôle aussi désolant que celui de Miss Huston et Angie Harmon en épouse de Neeson.

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PIERCE BROSNAN ET LIAM NEESON

Un presque sans-faute donc, du moins jusqu’à cette dernière partie qui gâche un peu la fête. Mais le reste est suffisamment beau et intelligent pour qu’on y jette tout de même un coup d’œil. Les westerns ne sont pas si nombreux, ces dernières années…

 

« TAKEN 3 » (2014)

Un héros injustement accusé du meurtre de sa femme s’évade après avoir été arrêté et il est traqué par un flic opiniâtre pendant que lui-même recherche le vrai coupable. « LE FUGITIF » ? Pas du tout : « TAKEN 3 » !taken3

Précisons tout de suite que dans ce dernier film de la trilogie, personne n’est « taken », que Famke Janssen est enfin libérée de ce non-rôle qu’elle traînait depuis six ans, que Maggie Grace est (un peu) moins agaçante parce qu’elle joue enfin son âge et que Liam Neeson, à 62 ans, commence tout de même à être « too old for this shit » comme dirait ce brave Roger Murtaugh.

Qu’est-ce qui différencie ce 3ème opus d’un DTV lambda avec Steven Seagal ? Les moyens d’abord, puis un casting d’acteurs compétents. Le scénario suit une logique toujours aussi simpliste mais légèrement plus élaborée que dans les deux précédents films et – hormis un montage systématiquement ultra-cut qui lasse très vite, surtout dans les poursuites en voiture à peine lisibles – on reste éveillé jusqu’au bout.

Autour d’un Neeson hâve mais en bonne forme physique (dommage qu’il ne soit fait qu’une fugace allusion à son âge), Forest Whitaker en fait comme toujours un peu trop, en flic pas très efficace (« He’s good », dit de lui Neeson, même si on ne voit pas très bien sur quel exploit il se base pour affirmer cela !), l’inquiétant Andrew Howard en porte-flingue russe particulièrement sauvage ou Dougray Scott en traître de service dont on devine le double-jeu dès la première apparition à l’image. De toute façon qui cela pouvait-il être d’autre ?

Pas beaucoup à épiloguer sur ce « TAKEN 3 », qui se laisse regarder d’un œil indifférent, comme un passe-temps du week-end. Le film a été annoncé comme la conclusion de la franchise. Espérons qu’il ne s’agisse pas d’adieux de music-hall. Parce que la grossesse de Maggie Grace fait redouter la naissance imminente d’un petit Mills susceptible d’être kidnappé à son tour. C’est le karma familial…

 

« TAKEN 2 » (2012)

Quatre ans après, revoici Liam Neeson dans un peu nécessaire « TAKEN 2 », avec grosso-modo la même équipe hormis le réalisateur. Tourné cette fois à Istanbul, le film reprend le schéma du précédent à la différence que c’est Neeson qui est kidnappé et qui appelle sa fille à la rescousse (sic !).taken2

Que dire qu’on n’ait pas déjà exprimé sur le n°1 ? Le scénario est d’une naïveté désarmante, il arrive à bout de souffle après une heure environ et compense le déficit de tension dramatique par une orgie de combats à mains nues et de poursuites en voiture. Peut-être parce qu’on sait maintenant à quoi s’attendre, le film paraît peut-être plus fluide que le précédent, mais il faut à nouveau faire preuve d’une colossale suspension d’incrédulité pour gober certaines situations comme la méthode absurde de notre héros pour se situer : lancer de grenades, ouïe hyper-développée, etc.

Si Maggie Grace n’a pas fait beaucoup de progrès, Famke Janssen voit son rôle s’étoffer un peu (pas trop) et le méchant-en-chef, Rade Serbedzija, est franchement inquiétant, ce qui aide à lester un peu le suspense et à rendre les enjeux plus crédibles (pas trop non plus !). Reste une fois encore l’ami Liam Neeson, un peu alourdi, le visage marqué, très mal à l’aise dans les séquences familiales où il est gauche et emprunté, mais excellent dans l’action physique. Sa haute silhouette, son expression tendue font toujours leur effet et c’est uniquement grâce à lui qu’on parvient à ne pas zapper après la délirante séquence de l’ambassade américaine.

De belles vues de la Turquie, des méchants basanés et mal rasés pittoresques, font de « TAKEN 2 » un spectacle totalement gratuit et sans le moindre enracinement dans le réel. C’est une sorte de BD décomplexée et frénétique, à voir d’un œil distrait et en mettant son sens critique en mode « off ».