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Archives de Catégorie: LES FILMS DE MADS MIKKELSEN

« LE ROI ARTHUR » (2004)

kingPas étonnant qu’Antoine Fuqua ait tourné un remake des « 7 MERCENAIRES », vu que douze ans plus tôt, il s’y essayait déjà de façon détournée avec « LE ROI ARTHUR », transposition du scénario du film de John Sturges (et donc de Kurosawa) dans un univers médiéval.

Cela se veut une version « historique » (on ne ricane pas, s’il vous plaît) du mythe des chevaliers de la Table Ronde et le film redistribue sans complexe les cartes de la légende, qu’il s’agisse de l’épée plantée dans le roc, le temps d’un bref flash-back ou du triangle amoureux formé par Arthur, Guenièvre et Lancelot.

Ce n’est jamais très passionnant, d’autant que la photo monochrome tirant systématiquement sur le cyan, finit par lasser l’œil et que le dialogue emphatique fait plus que friser le ridicule. Pourtant, le film vaut d’être vu, ne serait-ce que pour ses séquences de bataille bien maîtrisées, particulièrement une sur un lac gelé, et pour son casting de tout premier ordre qui maintient l’intérêt.

Clive Owen est un Arthur monolithique mais fait preuve d’une belle prestance en armure et une épée à la main (non, il n’est pas fait mention d’Excalibur), Keira Knightley connaît son heure de gloire quand, le visage peint en bleu (clin d’œil à « BRAVEHEART » ?) elle balance des flèches enflammées sur l’ennemi : go, Keira ! Go ! Stellan Skarsgård et Til Schweiger forment un monstrueux duo père-fils de barbares sanguinaires, parfois presque drôle tant ils sont bêtes et méchants. Mads Mikkelsen, à peine identifiable sous sa tignasse, est superbe avec son faucon dressé sur le poing. Il s’est fait un look de samouraï pour la bataille finale qui renvoie au chef-d’œuvre japonais de 1954. Ray Winstone et Ray Stevenson assurent en brutes truculentes, etc. Une vraie fête pour l’amateur d’acteurs « à tronches » ! Là encore, l’influence des « 7 MERCENAIRES » ?

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KEIRA KNIGHTLEY, CLIVE OWEN ET MADS MIKKELSEN

« LE ROI ARTHUR » manque de consistance, se prend parfois trop au sérieux et perd souvent le fil de son récit. Mais il y a là-dedans une volonté d’aventure épique pas si fréquente par les temps qui courent et qui annonce une série comme « GAME OF THRONES ». Et puis, répétons-le, la brochette de comédiens vaut vraiment le détour. Pourquoi pas, donc !

À noter que Mads Mikkelsen et Hugh Dancy, qui joue un autre chevalier, seront les têtes d’affiche de la série TV « HANNIBAL » dix ans plus tard.

 

« MICHAEL KOHLHAAS » (2013)

MADS MIKKELSEN

MADS MIKKELSEN

À la base et avant d’entrer dans le détail, louons une production française (franco-allemande, en fait) qui s’arrache à la déprimante morosité des comédies de mœurs ou des polars exsangues hexagonaux, dans laquelle on ne trouve ni Jean Dujardin, ni François Berléand, ni Kad Merad, et qui retrouve l’ambition de films anciens comme « LE RETOUR DE MARTIN GUERRE ».MK2

Ceci établi, « MICHAEL KOHLHAAS » n’est pas à mettre entre toutes les mains et les choix radicaux opérés pas les auteurs en rebuteront plus d’un et lasseront sans doute les meilleures volontés. Le rythme d’abord, d’une extrême lenteur, un montage qui s’attarde indéfiniment sur des trajets ou des silences et ellipse carrément les scènes d’action, les noyant dans la pénombre ou les occultant complètement. La photo, certes magnifique, mais prenant souvent le pas sur la mise-en-scène pas toujours très lisible. Pourtant le scénario, d’une belle simplicité, suit la destinée d’un éleveur de chevaux des Cévennes, victime d’une injustice et menant une véritable guerre contre la reine de Navarre. On pense à « ROB ROY », qui avait su trouver le juste équilibre entre le film d’auteur et le grand spectacle. Mais « MICHAEL KOHLHAAS » ne décolle jamais vraiment, maintient sa posture hiératique et réfrigérante et souffre d’une bonne demi-heure de trop.

Heureusement, le rôle-titre est tenu par le grand Mads Mikkelsen, au bronzage et au « mal rasé » de héros de ‘spaghetti western’, qui donne vie et énergie à son personnage, malgré un accent parfois inintelligible. L’homme a une présence épique digne du Charlton Heston des grandes années et un visage à la photogénie insolite. Autour de lui, des revenants des années 70 et 80 comme Bruno Ganz ou David Bennent (oui, « LE TAMBOUR », méconnaissable en serviteur barbu).

Sans être totalement convaincant, c’est un film respectable et austère dans le paysage cinématographique français des années 2000, mais qui n’est définitivement pas d’un accès facile. Mais répétons-le : Mads Mikkelsen est grand !

 

« HANNIBAL » : saison 2 (2014)

HANNIBAL2 2Inspirée de l’œuvre de Thomas Harris et des longs-métrages qui en furent tirés, la série « HANNIBAL » avait séduit sans vraiment convaincre pour sa première saison. La 2ème pour soignée et indéniablement originale qu’elle soit, n’emballe pas davantage.

Forts des éléments déjà mis en place, les auteurs se permettent sur 13 épisodes, une lenteur narrative excessive, frôlant parfois les limites du tolérable. Ils se complaisent dans des échanges dialogués sinueux et parfois incompréhensibles, fleurant bon la psychanalyse frelatée et pour finir, vont beaucoup trop loin dans la stylisation visuelle qui s’égare en séquences sombres, à peine lisibles et en ralentis redondants.

L’intérêt se maintient malgré tout grâce à une vraie maîtrise des scènes d’horreur et de violence, des images ‘gore’ souvent choquantes et une authentique ambiguïté dans les relations sado-maso entre Hannibal et Will Graham. Ça n’empêche hélas, pas une sensation permanente de piétinement, de suffisance et d’envie que tout cela aille un peu plus vite.

Heureusement, Mads Mikkelsen fignole son personnage de psychopathe anthropophage avec un humour très noir, aidé par son inquiétant faciès filmé comme un masque mortuaire. Hugh Dancy est convaincant dans son long chemin de croix, Laurence Fishburne se débat avec un rôle peu passionnant. Et parmi les ‘guest stars’, on est content de revoir Gillian Anderson et surtout Katharine Isabelle en patiente très atteinte de notre bon docteur.

MADS MIKKELSEN ET KATHARINE ISABELLE

MADS MIKKELSEN ET KATHARINE ISABELLE

Le concept de la série reste intéressant et les archétypes créés dans « LE SILENCE DES AGNEAUX » demeurent valides, mais il va vraiment falloir de nouvelles options narratives dans la 3ème saison, pour revitaliser tout cela. Comme les plats mitonnés par Hannibal dans chaque épisode, la série est très belle à regarder mais quelque peu difficile à digérer.

 

« THE SALVATION » (2014)

SALVATION2Increvable western ! Genre mort, ressuscité, agonisant, resplendissant, indifférent aux contrées où il peut trouver asile, depuis l’Italie, l’Espagne jusqu’au… Danemark, du moment qu’il peut régulièrement renaître de ses cendres.

« THE SALVATION » est une bonne surprise, s’inscrivant ouvertement dans les travées de « JOSEY WALES, HORS-LA-LOI » et du « DJANGO » original. Un film singulier, empruntant son style à droite et à gauche, ne reniant rien du ‘spaghetti western’ sans le plagier bêtement dans une mise-en-scène maniérée mais efficace qui n’est pas sans rappeler celle de Sam Raimi dans « MORT OU VIF ». Classique, le scénario n’en est pas moins chargé de drames et d’enjeux forts avec en toile de fond l’avènement du pétrole dans l’Ouest, à la manière du chemin-de-fer dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ».

Magnifique idée de confier le rôle de cet exilé danois taiseux et meurtri dans sa chair à Mads Mikkelsen. Sans jamais céder aux postures ou à l’héroïsme à deux cents, il est impeccable en vengeur déterminé mais vulnérable. Belle « gueule » aussi, tout comme la décidément grande Eva Green magnifique en femme mutilée (les Indiens lui ont tranché la langue), balafrée, au regard d’acier. Jeffrey Dean Morgan, qui tente d’évoquer le ‘Frank’ d’Henry Fonda, manque un peu d’étoffe pour rendre son personnage de méchant « bigger than life » et c’est un peu dommage. Si Jonathan Pryce est excellent en maire/croque-mort corrompu, on se demande un peu ce que vient faire… Eric Cantona en homme-de-main corse.

MADS MIKKELSEN ET EVA GREEN

MADS MIKKELSEN ET EVA GREEN

Bien filmé, monté et mixé, « THE SALVATION » ne marquera probablement pas l’Histoire du western, mais il passionne le temps qu’il dure et parvient à éviter les pièges de l’hommage passéiste, du pastiche ou de l’exercice de style. C’est une bonne histoire, avec de beaux personnages et un « showdown » final très eastwoodien. Un vrai western, en somme…

 

« HANNIBAL » : saison 1 (2013)

Débutée au cinéma en 1986 avec le superbe « MANHUNTER » de Michael Mann et achevée en 2007 avec le moyen « HANNIBAL RISING », la saga du serial killer cannibale créé par Thomas Harris a été récemment relancée via la télévision avec la série « HANNIBAL ».

HANNIBALLa 1ère saison se situe avant l’action du premier roman « DRAGON ROUGE » et se focalise sur l’amitié entre Lecter, encore psychiatre, et Will Graham, jeune consultant du FBI surdoué mais au bord de la folie. Les 13 épisodes sont très bien conçus, esthétiquement magnifiques, mais on a constamment la sensation que les auteurs surexploitent un filon déjà bien appauvri par le cinéma et tentent de tirer les dernières gouttes d’un univers trop fréquemment visité.

HANNIBAL2D’où un sentiment confus de radotage et de piétinement, qui empêche la série de décoller vraiment et de passionner. L’action est portée par l’excellent Hugh Dancy, qui compose un ‘Graham’ borderline et vulnérable extrêmement attachant. Mads Mikkelsen succède à Brian Cox, Anthony Hopkins et Gaspard Ulliel dans le rôle de l’anthropophage raffiné, et s’il a le physique de l’emploi, son rôle est délibérément laissé à l’arrière-plan, l’empêchant de s’emparer complètement du personnage. Laurence Fishburne est un boss du FBI monolithique et mal développé, la toujours sublime Gillian Anderson apparaît sporadiquement en psy du monstre. Sans oublier la brève prestation de Lance Henriksen en « guest star ». Notons l’étonnante faiblesse du casting des autres rôles féminins, clairement pas à la hauteur.

L’amateur de ‘gore’ et de visions d’horreur dantesques trouvera son compte, les aficionados du Dr. Lecter également, mais cette 1ère saison laisse sur sa faim, n’a pas trouvé le déclic qui rend « accro » et se contente de capitaliser sur les acquis des films de Mann, Demme et Ridley Scott. On peut toutefois espérer que la suite s’émancipera davantage et laissera plus de place au rôle-titre et à son fascinant interprète.

 

HAPPY BIRTHDAY, MADS !

MIKKELSEN

MADS MIKKELSEN, ACTEUR INTERNATIONAL À L’IMPRESSIONNANTE VERSATILITÉ ET À LA FILMO DÉJÀ TRÈS RICHE, À SUIVRE DE PRÈS…

 

« ROYAL AFFAIR » (2012)

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MADS MIKKELSEN ET ALICIA VIKANDER

Quelle belle surprise que « ROYAL AFFAIR » ! Un film qui parvient sous couvert de raconter l’histoire d’amour d’un médecin allemand avec la reine du Danemark à la fin du 18ème siècle, à retracer un pan important de l’Histoire du pays peu connu hors de ses frontières.

ROYAL3Le scénario est bâti sur un schéma qui rappelle le parcours de Raspoutine dans la cour des tsars : un étranger qui s’immisce dans l’intimité du couple royal, se rend indispensable au roi et devient l’amant de la reine. À la grande différence que l’homme est progressiste et bienveillant, malgré sa quête de pouvoir, un pouvoir qu’il veut exercer pour le bien du peuple, en mettant en pratique les idées de Rousseau.

Parfaitement maîtrisé, le film ne connaît aucun temps mort et plonge dans le passé avec une tranquille assurance. La mise-en-scène est invisible, au service du récit, les décors sont impeccables sans aucune ostentation et la psychologie des personnages est finement ciselée. Mads Mikkelsen est fascinant dans ce rôle complexe et intense auquel il prête son opacité naturelle et sa fièvre contenue. Face à lui, la touchante Alicia Vikander campe une reine humiliée et courageuse. Mais celui qui crève vraiment l’écran est Mikkel Boe Følsgaard absolument saisissant en monarque débile mental et à moitié fou, un personnage aussi répugnant qu’il est pathétique, aussi monstrueux qu’enfantin. Grande interprétation !

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LA COMPLEXITÉ DES SENTIMENTS

« ROYAL AFFAIR » est donc une belle fresque sur l’obscurantisme, sur l’ambivalence des sentiments et sur les graines qu’il faut avoir le courage de planter, même si elles ne germent parfois qu’après notre mort. À voir absolument, donc.