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Archives de Catégorie: LES FILMS DE MARCEL BOZZUFFI

QUAND MARCEL RENCONTRE CHARLEY…

Bien curieuse rencontre quand on y pense, que celle de Marcel Bozzuffi, acteur français dont on fête l’anniversaire aujourd’hui, et à qui nous dédions ce petit hommage, et notre mascotte Charley Bronson !

BOZZU CB

MARCEL BOZZUFFI ET JILL IRELAND

En effet, second rôle et même réalisateur occasionnel, Bozzuffi était également très actif dans le domaine du doublage. À partir de « MITRAILLETTE KELLY », sorti en France en 1962, il prêta souvent sa voix rocailleuse à l’acteur américain dans plusieurs films, parmi lesquels « LA BATAILLE DES ARDENNES », « 12 SALOPARDS », « LA BATAILLE DE SAN SEBASTIAN » ou plus tard « C’EST ARRIVÉ… ENTRE MIDI ET TROIS HEURES » et « CHICANOS, CHASSEUR DE TÊTES ». Aussi, leur rencontre sur un plateau de tournage, qui plus est d’un western, le « CHINO » de John Sturges, a-t-elle quelque chose de surréaliste ! Et pour couronner le tout, Bozzuffi joue le frère de Jill Ireland, la femme de Bronson à la ville !

Au fait, puisque la voix de Bozzuffi était déjà utilisée par… lui-même dans la v.f., qui donc doublait Bronson ? Claude Bertrand, une autre de ses voix régulières.

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HAPPY BIRTHDAY, MARCEL !

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MARCEL BOZZUFFI (1929-1988), GRAND SECOND RÔLE DES ANNÉES 70 À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE : CLÉMENT, FRIEDKIN, GAVRAS, STURGES, ANTONIONI, ETC.

 

ON VEUT L’AMÉRICAIN !

AMÉRICAIN

PUISQUE MARCEL BOZZUFFI NOUS A QUITTÉS IL Y A 30 ANS JOUR POUR JOUR, ON VEUT REVOIR SON UNIQUE LONG-MÉTRAGE COMME RÉALISATEUR !

 

« UN HOMME QUI ME PLAÎT » (1969)

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ANNIE GIRARDOT

Tourné dans la foulée de « UN HOMME ET UNE FEMME » et « VIVRE POUR VIVRE », « UN HOMME QUI ME PLAÎT » traite plus ou moins des mêmes thématiques chères à Claude Lelouch : la (brève) rencontre amoureuse et fortuite d’une femme et d’un homme pas forcément disponibles, l’adultère et la lâcheté masculine.PLAIT2

La vedette française d’une production américaine (Annie Girardot) séjournant à L.A. rencontre le musicien du film (Jean-Paul Belmondo). Profitant d’un trou dans leur emploi du temps, ils vont vivre pendant une semaine, une sorte de passion-express, tout en traversant l’Amérique en avion et en voiture.

Le sujet est léger, les personnages sont des nantis sans gros souci apparent et le ‘road movie’ n’est justifié que par un désir de montrer les paysages mythiques américains. Cela devrait être creux et irritant, mais quelque chose se passe, comme dans « VIVRE POUR VIVRE », et on finit par s’attacher à ce couple improbable et éphémère et à se laisser séduire par cet « amour de vacances » vécu plus sérieusement par un des partenaires que par l’autre. La caméra mobile de Lelouch fait merveille, le charisme des vedettes est à son maximum et la BO de Francis Lai ajoute au charme rétro de l’ensemble.

Bien sûr, comme d’habitude, les scènes improvisées semblent forcées voire pénibles (la longue scène de séduction par téléphone où Belmondo fait croire à un incendie dans l’hôtel), bien sûr certains des morceaux de bravoure (la poursuite fantasmée de la voiture par des Indiens) ne servent strictement à rien qu’à faire preuve de virtuosité. Mais ce qui fonctionne parfaitement, c’est la réalité et le quotidien qui s’immiscent progressivement dans cette parenthèse enchantée et viennent empoisonner ces jours heureux.

Girardot est touchante, complexe. Sa dernière expression à l’aéroport est tout simplement sublime. Belmondo belmondise sans excès et laisse, par instants, deviner l’homme sous la star. Parmi les petits rôles, on reconnaît une jeune Farrah Fawcett en starlette et Marcel Bozzuffi, impressionnant en époux trompé au visage fermé (sa façon de dire de façon complètement factuelle : « Je ne t’aime plus », au milieu d’un bavardage anodin est exceptionnelle). On aperçoit Richard Basehart dans son propre rôle.

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ANNIE GIRARDOT, JEAN-PAUL BELMONDO ET MARCEL BOZZUFFI

Lelouch se répète déjà dans « UN HOMME QUI ME PLAÎT », mais avec les années, son film a acquis une belle patine, une émotion où se mêlent souvenirs et nostalgie.

 

« LE GITAN » (1975)

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ALAIN DELON

Qui l’eût cru ? Les années ont été clémentes envers « LE GITAN » qui a pris une belle patine nostalgique, alors qu’il avait laissé dubitatifs (c’est un euphémisme) jusqu’aux défenseurs les plus acharnés de l’œuvre de José Giovanni.GITAN2 Adaptant un de ses romans, celui-ci prend pour héros un voyou charismatique, issu des « gens du voyage ». Il se croit obligé d’aligner plusieurs laïus un brin pénibles sur le sort réservé aux Gitans, à la fois lourds et naïfs qui desservent la cause qu’ils sont censés défendre. L’autre point faible du scénario est cette double intrigue policière dont l’une (celle mettant Paul Meurisse en vedette) est d’une désolante platitude.

Mais comment résister au plaisir de retrouver le trio mythique de « ROCCO ET SES FRÈRES » ? Alain Delon, qui s’est fait une « gueule » formidable, Annie Girardot et Renato Salvatori. Égal à lui-même, mais parfois plus vulnérable, Delon crève l’écran en tueur aussi impitoyable qu’hypersensible. Il a des moments exceptionnels comme sa rencontre avec Jacques Rispal en vétérinaire généreux et d’autres d’une balourdise terrible, comme ce face-à-face avec un gamin « un peu malade » au bord de la Marne. Avec ses cheveux longs, son énorme moustache (rien à voir avec le petit postiche du « CERCLE ROUGE ») et son petit chapeau tzigane, il crée une silhouette frappante. Il est très bien entouré : Marcel Bozzuffi royal en flic sardonique, Salvatori en acolyte linguiste, Maurice Barrier excellent en obsédé sexuel, Bernard Giraudeau très bien en jeune flic tête-à-claques. Girardot n’a qu’une brève participation caricaturale et Meurisse, trop âgé, est très peu crédible en braqueur de coffres dur-à-cuire.

Tout cela est inégal, bancal, voire parfois embarrassant, mais au bout du compte, « LE GITAN » tient étonnamment bien la distance. La musique de Django Reinhardt n’y est certainement pas pour rien et l’évidente implication de Delon non plus. Ce ne sera jamais un classique du polar à la française, certes, mais c’est tout à fait regardable.

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PAUL MEURISSE, MARCEL BOZZUFFI, MAURICE BARRIER ET ALAIN DELON

 

« COMPTES À REBOURS » (1971)

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MICHEL BOUQUET ET SERGE REGGIANI

Au début des années 70, le « polar-à-la-Melville » était quasiment devenu un sous-genre en soi et le cinéma français se mit à pulluler de ‘films noirs’ se prenant très au sérieux, s’efforçant – rarement avec succès – de récréer l’univers factice mais hautement cinégénique de l’auteur du « DEUXIÈME SOUFFLE » ou du « CERCLE ROUGE ». On retrouve d’ailleurs dans le film qui nous occupe présentement plusieurs acteurs de l’écurie du « maître » comme Serge Reggiani, Jean Desailly, Marcel Bozzuffi ou Charles Vanel.comptes

« COMPTES À REBOURS » est donc de ces films-là. Et si on le revoit aujourd’hui, on peut le rejeter en bloc comme un avatar poussiéreux bourré de vieux clichés jusqu’à la gueule ou y prendre un certain plaisir nostalgique. Cette histoire de vengeance est plutôt bien agencée et l’issue en est assez inattendue, seul le dialogue paraît pesant et désuet au possible. Simone Signoret, par exemple, a bien du mérite de se sortir dignement d’un personnage échappé d’un mélo policier des années 30 qu’aurait pu jouer Fréhel. Malgré sa fondamentale banalité, le film contient plusieurs jolies idées visuelles, comme le look de Michel Bouquet, ex-flic défiguré et à demi-fou qui colle aux basques de Reggiani, tel un ange exterminateur. Ou la mort d’un tueur nommé ‘Narcisse’ au milieu d’éclats de miroir. Cela rend le visionnage plaisant dans l’ensemble, surtout grâce à la qualité surprenante du casting : Reggiani est bien en vengeur maussade et fatigué dans un rôle à la Ventura, Bozzuffi est impeccable en malfrat à l’œil vif, Amidou est excellent en jeune porte-flingue imprévisible, André Pousse ajoute au pittoresque. Seule grosse erreur, Jeanne Moreau, bizarrement emperruquée qui semble jouer toutes ses scènes en état de somnambulisme profond.

« COMPTES À REBOURS » est donc un bon vieux polar à l’ancienne, une sympathique antiquité qui grince parfois aux entournures, mais qu’il est difficile de détester, tant les auteurs semblent fascinés par le style melvillien.

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AMIDOU, MARCEL BOZZUFFI, CHARLES VANEL ET SIMONE SIGNORET

 

« COMPARTIMENT TUEURS » (1965)

L'affiche du film "Compartiment Tueurs" de Costa-Gavras (1965)Adapté d’un roman de Sébastien Japrisot, « COMPARTIMENT TUEURS », le premier long-métrage de Costa-Gavras, ancien assistant de René Clément et autres, est une franche réussite et possède une tonalité ironique et cynique, une profonde originalité dans un genre bien usé, qu’on ne retrouvera (presque) plus dans l’œuvre du réalisateur qui empruntera d’autres sentiers tout aussi intéressants.

L’idée du scénario est ingénieuse et alambiquée à souhait et maintient en haleine jusqu’au bout. La mise-en-scène est culotée et truffée de jolies idées de cadrages. On a même droit à une longue poursuite en voiture de nuit dans Paris, à une époque où cela ne se faisait pas beaucoup. C’est donc avec le sourire aux lèvres qu’on suit l’enquête d’Yves Montand flic enrhumé à l’accent du midi prononcé, sur une série de meurtres dont les victimes ont toutes voyagé dans le même wagon-couchettes d’un train de nuit. Si l’histoire est déjà accrocheuse, le vrai charme provient du casting éblouissant : chaque rôle, jusqu’au plus anodin, est tenu par un visage connu, qu’il apparaisse une ou deux minutes (Claude Dauphin, Daniel Gélin, Bernadette Lafont) ou quelques secondes (Marcel Bozzuffi, Georges Géret en plantons esthètes, Claude Berri) : c’est un défilé de comédiens de l’époque venus en copains. Mais les rôles principaux sont également savoureux : Jacques Perrin et Catherine Allégret touchants en jeunes proies pour l’assassin, Simone Signoret magnifique en actrice un peu ringarde et mytho, Jean-Louis Trintignant étonnant en étudiant bisexuel ou Michel Piccoli méconnaissable en obsédé sourcilleux et suant. Mais c’est Montand qui domine la distribution, il est parfait d’exaspération contenue et de fatigue désabusée. Ses face-à-face avec un Charles Denner déchaîné en suspect provocateur sont de grands moments !

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SIMONE SIGNORET, JEAN-LOUIS TRINTIGNANT, YVES MONTAND, MARCEL BOZZUFFI ET GEORGES GÉRET

« COMPARTIMENT TUEURS » est un polar ludique et inventif, à la petite musique très singulière, qu’on peut certainement revoir plusieurs fois tant il est riche en détails incongrus et en petites touches infinitésimales. Ce qu’on appelle des débuts très prometteurs pour une belle carrière de réalisateur.