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Archives de Catégorie: LES FILMS DE MAURICE RONET

« LA PISCINE » (1969)

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ROMY SCHNEIDER ET ALAIN DELON

« LA PISCINE » est le premier film que Jacques Deray tourna avec Alain Delon. C’est un huis clos dans une villa de Saint-Tropez, une sorte de mélange des univers de Françoise Sagan et Patricia Highsmith, où un couple de « beautiful people » (Delon et Romy Schneider) passe son été à se prélasser au soleil et à faire l’amour, jusqu’à l’intrusion d’un vieil ami (Maurice Ronet) un fêtard pique-assiette et de sa fille (Jane Birkin).piscine2

Aux premières notes de la BO terriblement datée de Michel Legrand, on tique. Quand on apprend que Delon joue un écrivain raté devenu un publicitaire dépressif et Ronet un producteur de disques amateur de bolides, on se dit qu’on va avoir du mal à s’intéresser. Mais heureusement, il se passe quelque chose dans « LA PISCINE » qui transcende l’anecdote, densifie les protagonistes. Une sorte d’alchimie indéfinissable qui le rapproche plus ou moins consciemment de « PLEIN SOLEIL » le chef-d’œuvre de René Clément tourné neuf ans plus tôt, avec déjà Delon, Ronet, la Méditerranée et même Romy qui tenait un bref caméo. Une fois encore, la relation entre les deux hommes s’achèvera en drame car Delon ne pourra réellement exister que lorsqu’il aura éliminé son mauvais génie qui « le dépasse d’une tête et des épaules » et passe son temps à l’humilier discrètement, à lui rappeler qui est le « mâle dominant ».

Bien sûr, 45 ans c’est un âge avancé pour n’importe quel film et « LA PISCINE » a un peu vieilli : l’érotisme torride du début, un peu trop appuyé, peut prêter à sourire, mais l’essentiel est intact. Et en le revoyant aujourd’hui, on se rend compte que le personnage par qui le malheur arrive n’est pas vraiment Ronet, pervers de pacotille plus irritant que vraiment nocif, mais… sa fille. Sous ses allures de godiche maussade, c’est elle qui insuffle le poison, qui allume la mèche avec une fausse naïveté qui mènera au meurtre. Et à l’élimination de ce père qu’elle méprise. À noter que si la prestation de Birkin paraît quelque peu laborieuse en français, elle prend toute sa dimension dans la version tournée en anglais, exploitée dans le Blu-ray sorti il y a quelques années.

Certaines ambiances, comme celle de la dernière partie où l’été s’achève, sont magnifiquement retranscrites et la fin ambiguë ne manque pas de sel.

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MAURICE RONET, ROMY SCHNEIDER ET ALAIN DELON

« LA PISCINE » est surtout un film d’acteurs. Le couple Schneider-Delon crève vraiment l’écran par son évidence, transcendant des rôles pourtant pas spécialement profonds ou bien développés. On est dans la pure alchimie. Ronet est irremplaçable en salopard égoïste et charmeur. Et Paul Crauchet apparaît à la fin, en flic marseillais perspicace et placide.

Peut-être pas tout à fait un classique, mais un film sensuel, encore plein de mystères et de violence feutrée.

 

« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » (1949)

« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » est un film sur la jeunesse de l’après-guerre, sa joie de vivre, son indolence, ses petits drames quotidiens et son apprentissage de la vie d’adulte. C’est finement écrit et réalisé avec acuité par Jacques Becker, parfaitement distribué jusqu’au plus petit rôle.rdv

Le milieu est celui des caves de jazz enfumées, des cours de théâtre, des rêves fragiles toujours au bord d’être foulés au pied. Ces jeunes gens excentriques sont confrontés à la dureté des relations humaines, mais aussi à la tentation de la médiocrité (la description des parents est impitoyable).

Sur un rythme effréné, un scénario bâti en vignettes plus ou moins dramatiques, le film tient essentiellement à l’excellente direction d’acteurs de Becker. Ainsi, le généralement peu emballant Daniel Gélin trouve-t-il son plus joli rôle. Sa diatribe enflammée pour obliger ses amis à se secouer et à ne pas renoncer à leurs ambitions est probablement ce qu’il a fait de mieux à l’écran. Tous les débutants sont d’ailleurs impeccables : Nicole Courcel en garce arriviste mais totalement dépourvue de talent (pas facile à jouer quand on en a !), Maurice Ronet en trompettiste velléitaire, incroyablement juvénile et si éloigné de son emploi futur, Brigitte Auber rayonnante de joie-de-vivre et parmi les figurants : Françoise Arnoul, Pierre Mondy et Capucine.

« RENDEZ-VOUS DE JUILLET » est un film charmant et bien plus profond et incisif qu’il n’en a l’air. Un voyage dans un temps révolu où tous les espoirs étaient permis pour une génération pourtant déjà confrontée à la menace du chômage. À noter parmi les images marquantes : des vues d’un Paris quasi-désert, la traversée de la Seine dans un véhicule amphibie ou cette danse endiablée de Gélin et Courcel, juste avant leur séparation.

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NICOLE COURCEL, MAURICE RONET ET BRIGITTE AUBER

 

« ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD » (1958)

ascenseurQuand on se réfère à « ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD », le premier long-métrage de Louis Malle, c’est à Jeanne Moreau marchant sous la pluie, dans Paris la nuit, sur la BO jazzy de Miles Davis, qu’on pense aussitôt. Le reste généralement, paraît plus flou.

Le scénario est pourtant ingénieux et plein de chausse-trappes, le noir & blanc d’Henri Decaë capture à merveille un Paris disparu, mais le film a indéniablement vieilli : la postsynchronisation systématique, le jeu catatonique et souvent faux des comédiens, à commencer par Moreau, la sensation de répétition voire de piétinement (la séquence interminable au motel avec le couple d’Allemands !)… Il faut s’accrocher un peu pour jouir des pépites que contient tout de même le film.

Dans son emploi-fétiche d’ancien d’Indochine (ou d’Algérie, c’est selon), Maurice Ronet est égal à lui-même : magnétique, distant, impénétrable. Malgré un temps de présence relativement limité à l’écran, il crée un étrange assassin romantique et fragile. Les jeunes premiers Georges Poujouly et Yori Bertin sont beaucoup plus contestables et occupent trop l’espace. Parmi les seconds rôles on remarque Lino Ventura en commissaire ironique et entêté et un tout jeune Charles Denner jouant son bras-droit. Leur naturel fait plaisir à voir et à entendre dans cette ambiance empesée.

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CHARLES DENNER, LINO VENTURA, MAURICE RONET, FÉLIX MARTEN ET JEANNE MOREAU

À condition d’oublier les scories, les voix « off » maladroites et redondantes, « ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD » apparaît comme un OVNI, une sorte de concentré de ‘film noir’ existentiel à la James M. Cain, mélange déconcertant de série B américaine et de « nouveau roman » à la française. Bon an, mal an, Malle a réussi son pari et le film génère toujours une certaine fascination. Cinq ans plus tard, « LE FEU FOLLET » verra le réalisateur et son acteur principal au sommet de leur art.

 

« LE SCANDALE » (1967)

SCANDALE2L’affiche de « LE SCANDALE » est aussi éclectique qu’alléchante. La signature de Claude Chabrol n’est pas forcément l’assurance d’un succès, mais elle garde quelque chose de rassurant et l’idée de faire un polar à la Boileau-Narcejac dans l’univers des vignobles champenois peut intriguer.

Mais dès les premières images, le réalisateur opte pour un parti-pris d’étrangeté systématique, accentué par une musique omniprésente ajoutant un arrière-plan quasi-onirique. Les seconds rôles jouent tous de la même façon un peu décalée, à la limite du grotesque. Et Anthony Perkins, dans un rôle de gigolo capricieux et énigmatique, fait des mines, esquisse des demi-sourires à la Norman Bates et remplit avec application son emploi de fausse-piste trop évidente pour être vraie.

« LE SCANDALE » raconte tant bien que mal l’histoire d’une machination diabolique (enfin – c’était l’idée !) destinée à rendre fou Maurice Ronet, héritier alcoolique, et à le faire passer pour un serial killer. Mais Chabrol ne prend manifestement pas son sujet au sérieux. Quand surviennent les « coups de théâtre », on les avait déjà vus venir des heures à l’avance, les comédiens se caricaturent eux-mêmes : on dirait que Ronet n’a jamais reposé ce verre de whisky qu’il trimbale d’un film à l’autre. Et Perkins paraît s’ennuyer copieusement. Nous passerons sous silence la prestation « frégolienne » de Stéphane Audran dont le coming-out final tombe complètement à plat : qui ne l’avait pas reconnue ?

Seule s’en sort Yvonnes Furneaux, avec son beau visage de chatte, dans un rôle de manipulatrice âpre au gain et sensuelle. On aperçoit également Henry Jones, second rôle américain familier, jouant un acheteur yankee.

HENRY JONES, MAURICE RONET, YVONNE FURNEAUX ET ANTHONY PERKINS

HENRY JONES, MAURICE RONET, YVONNE FURNEAUX ET ANTHONY PERKINS

Ce n’est pas vraiment raté, pas totalement inintéressant. Mais tellement décalé, filmé avec si peu d’invention et de passion, qu’on suit tout cela d’un œil somnolent et tout de même un brin déçu.

 

DE NIRO : PREMIÈRE !

RARETÉ : LA PREMIÈRE FIGURATION DE ROBERT DE NIRO DANS «  3 CHAMBRES À MANHATTAN » DE CARNÉ, ENTRE ANNIE GIRARDOT ET MAURICE RONET !

RARETÉ : LA PREMIÈRE FIGURATION DE ROBERT DE NIRO DANS «  3 CHAMBRES À MANHATTAN » DE CARNÉ, ENTRE ANNIE GIRARDOT ET MAURICE RONET !

 

HAPPY BIRTHDAY, SERGIO !

SERGIO SOLLIMA, AUTEUR ET RÉALISATEUR DE GRANDS WESTERNS ET POLARS DE L’ÂGE D’OR ITALIEN. QUAND VERRONS-NOUS SON « DIABLE DANS LA TÊTE » ?

SERGIO SOLLIMA, AUTEUR ET RÉALISATEUR DE GRANDS WESTERNS ET POLARS DE L’ÂGE D’OR ITALIEN. QUAND VERRONS-NOUS SON « DIABLE DANS LA TÊTE » ?

 

« LES GRANDES PERSONNES » (1961)

GRANDES2Retrouver en têtes d’affiche deux icônes de la Nouvelle Vague comme Jean Seberg la vendeuse de journaux de « À BOUT DE SOUFFLE » et Maurice Ronet le voleur de « ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD » ne peut qu’attirer le cinéphile nostalgique des années 60.

Inspiré d’un roman de Roger Nimier, « LES GRANDES PERSONNES » possède beaucoup d’atouts dans sa manche, ne serait que son casting et la photo réaliste de Raoul Coutard (autre revenant du film de Godard). Mais après un début prometteur, accrocheur, le film se fige dans une stylisation extrême faite de longs tunnels dialogués, excessivement littéraires, frisant parfois le ridicule et englue dans un ennui qui ne fait que croître.

Seberg est très charmante dans un personnage de naïve virginale, proie innocente entre les griffes du couple maudit formé par Ronet et Micheline Presle, véritable clones de Valmont et Merteuil des « LIAISONS DANGEREUSES ». Mais, comme son partenaire masculin, elle joue (délibérément ?) faux et semble souvent mal à l’aise. Quant à Ronet, il retrouve son emploi – déjà habituel – d’oisif noctambule, séducteur pervers et suicidaire, aussi attractif qu’il est vaguement répugnant. Il faisait cela comme personne et le fait qu’il se prénomme ‘Philippe’, assure une continuation inconsciente avec son rôle dans « PLEIN SOLEIL ».

« LES GRANDES PERSONNES » a terriblement vieilli, c’est indéniable, mais il subsiste çà et là des vestiges qui valent encore le coup d’œil. Des balades dans un Paris nocturne parfaitement capté par la photo « reportage » de Coutard, montrant des rues presque dépourvues de voitures, des gros-plans émouvants du si beau visage de Jean Seberg.

À noter que certains mouvements de caméra (quelques travellings circulaires entre autres) et une fascination pour les circuits automobiles, semblent annoncer avec quelques années d’avance, l’univers visuel d’un Claude Lelouch.

JEAN SEBERG ET MAURICE RONET

JEAN SEBERG ET MAURICE RONET