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Archives de Catégorie: LES FILMS DE MICHAEL DOUGLAS

« ANT-MAN » (2015)

Inspiré du super-héros DC « The Atom », capable se rétrécir à volonté, « ANT-MAN » réalisé par Peyton Reed, en est l’avatar Marvel remis au goût du jour.ANTMAN.jpg

Le héros originel (Michael Douglas), savant capable de communiquer avec les fourmis, se cherche un successeur pour lutter contre un disciple qui a mal tourné. Il choisit Paul Rudd, cambrioleur surdoué mais malchanceux qu’il va entraîner avec l’aide de sa fille (Evangeline Lilly). Si le film met trop de temps à démarrer, il installe rapidement un ton très particulier, mélange étonnamment harmonieux de réalisme (la difficile réinsertion de Rudd à sa sortie de prison), de parodie (la bande de bras-cassés entourant notre héros)  et de mélodrame (le passé de Douglas). On sourit souvent, on s’attache aux personnages et ceux-ci deviennent plus importants qu’un scénario tout de même très bateau et sans surprise. C’est une des recettes pour rendre ce genre de film encore supportable, voire agréable. Bien sûr, c’est une débauche sans fin de CGI, mais ils sont nécessaires à l’action, parfois même poétiques (le trip dans le subatomique à la fin) et ne supplantent jamais l’histoire. À noter – en parlant d’effets spéciaux – le stupéfiant rajeunissement numérique de Michael Douglas dans le prologue, qu’on retrouve tel qu’il était à 40 ans. À peine croyable !

« ANT-MAN » fait passer deux heures mouvementées et jamais débiles, il impose des protagonistes faillibles et attachants, des seconds rôles impeccables comme le très drôle Michael Peña, Bobby Cannavale excellent en flic, Judy Greer en ex-femme patiente.

Même l’inévitable « baston » finale parvient à s’arracher au cliché grâce à quelques trouvailles visuelles très sympathiques. Une des vraies réussites de Marvel.

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« SOLITARY MAN » (2009)

Coréalisé par l’auteur Barry Koppelman et David Levien, « SOLITARY MAN » est le portrait doux-amer d’un self-made-man à l’Américaine et la description de sa lente descente aux enfers après qu’il ait appris qu’il avait des problèmes de santé.

C’est un rôle taillé aux mesures d’un Michael Douglas de 65 ans, en pleine possession de ses moyens, qui campe ce sale type cynique et irresponsable avec un charme canaille qui peine à dissimuler ses failles béantes et sa peur de mourir.2409f_Solitary_Man_keyart_REV.indd

Malgré un ton de comédie noire et de bonnes répliques du tac-au-tac, le film dégage une atmosphère morbide et déprimante. D’abord maître du jeu, Douglas est peu à peu rattrapé par son passé, par ses erreurs et par sa profonde indifférence aux autres. De scène en scène, il est de plus en plus seul, ruiné, rejeté de partout. Sans céder au pathos ou à l’émotion facile, Douglas parvient à n’être jamais repoussant dans ce personnage qui aurait facilement pu être odieux. Mais il a de beaux moments d’introspection (dont certains semblent renvoyer à la vie personnelle de l’interprète) et retrouve son vieil ami Danny DeVito qui a un joli rôle de copain de fac qui n’a jamais bougé de son « diner » et qui sera le seul à lui tendre une main charitable.

C’est un film intimiste, très américain, sur la friabilité de la réussite quand on n’appartient pas au « sérail », sur le vieillissement et la solitude. Dans une belle scène avec Susan Sarandon, jouant son ex-femme, Douglas parle du moment où il est « devenu invisible », où le jeune loup charismatique volant de succès en succès a subitement vieilli et où il a commencé à ne plus intéresser personne. Un film intelligent, lucide, pas très folichon, à voir pour la prestation de Michael Douglas, qui n’est finalement jamais meilleur que lorsqu’il incarne des « M. Tout le monde » face aux affres de l’existence comme dans « THE GAME » ou « WONDER BOYS ».

 

« CONSPIRACY » (2017)

Réalisé par le compétent Michael Apted (« GORKY PARK », « GORILLES DANS LA BRUME »), « CONSPIRACY » (oui, c’est le titre français de « UNLOCKED » !) se veut une sorte d’avatar des aventures de Jason Bourne au féminin avec probablement, en arrière-pensée, le désir d’en faire une franchise pour l’actrice principale.CONSPIRACY

Traumatisée par un échec professionnel sanglant qui coûta la vie à des innocents, l’agent de la CIA Noomi Rapace joue les assistantes sociales à Londres. Mais elle reprend malgré elle du service quand une menace d’attentat se met à peser et quand son mentor (Michael Douglas) est assassiné. Le scénario tient à peu près la distance pendant une petite moitié, même si une série TV comme « HOMELAND » a gravement ringardisé ce genre d’histoire. Mais peu à peu, les clichés commencent à s’empiler. On est parfois en plein ‘serial’ : le gilet pare-balles salvateur, l’héroïne suspendue au-dessus du vide avec le méchant lui écrasant les phalanges. Le « coup de théâtre » final révélant enfin le visage du traître, est tellement téléphoné qu’on ne peut s’empêcher de sourire. Tout cela est très naïf, presque enfantin par moments, c’est vraiment une vision désuète de notre monde en proie au terrorisme, un film qui tente de ménager la chèvre et le chou sans le moindre souci de vraisemblance.

Noomi Rapace fait toujours preuve de cette même énergie rageuse qui la caractérise. John Malkovich est en roue-libre, comme souvent ces dernières années, en boss de la CIA, Orlando Bloom joue étonnamment les ‘tough guys’ tatoués dans un rôle assez bref et Douglas ressemble de plus en plus à son père. Quant à Toni Collette, elle est quasiment méconnaissable. De bons comédiens donc, réunis pour un film qui se laisse regarder sans trop d’ennui, mais qui perd en intérêt à mesure qu’il progresse. Il y a définitivement quelque chose de vieillot et d’inadéquat dans cette manière très « BD » de décrire le monde en guerre, qui fait au bout du compte de « CONSPIRACY » un film inutile, voire légèrement agaçant.

 

« HORS DE PORTÉE » (2014)

Produit par Michael Douglas, réalisé par un Français venu de la pub, clairement inspiré de ‘survivals’ classiques comme « RÉVEIL DANS LA TERREUR » ou le magnifique « LA PROIE NUE », « HORS DE PORTÉE » rappelle les bonnes vieilles séries B des seventies.BEYOND

Le scénario est simple et linéaire, le déroulement assez prenant et les paysages grandioses du Nouveau Mexique font 80% de la fascination exercée par le film. Ça va vite, l’action se concentre sur deux protagonistes et quelques rares comparses à peine entrevus. Dans un personnage taillé sur-mesure, qui semble être un morphing entre son rôle dans « WALL STREET » et celui de « L’OMBRE ET LA PROIE », Douglas assure sans faillir à 70 ans passés et joue les salopards avec une énergie qui fait plaisir à voir, après des années à jouer les retraités décatis. Le cheveu blanc, le visage ridé, on le retrouve tel qu’en lui-même dans un emploi que n’aurait pas renié son légendaire géniteur. Face à lui, en gibier humain traqué dans le désert jusqu’à ce que mort s’ensuive, le jeune Jeremy Irvine tient bien sa place sans faire d’étincelles, mais le face-à-face est crédible et efficace. On reconnaît, malgré son grand âge, le vétéran Ronny Cox en shérif aisément corrompu.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Il faut fermer les yeux sur quelques gros « comme par hasard » tirés par les cheveux, sur un épilogue cathartique totalement invraisemblable et malheureusement vu et revu 150 fois. Mais malgré ces facilités et un dialogue globalement plat et sans recherche, « HORS DE PORTÉE » parvient à captiver du début à la (presque) fin et surtout, permet de retrouver le Michael Douglas qu’on aime après des années de déception.

 

« AND SO IT GOES » (2014)

AND SO2Rob Reiner a connu une grande période avec des films aussi variés et réussis que « PRINCESS BRIDE », « MISERY », « QUAND HARRY RENCONTRE SALLY… » ou « DES HOMMES D’HONNEUR ». Mais depuis les années 90, il enchaîne les comédies gentillettes de plus en plus orientées vers le 3ème Âge et a beaucoup perdu de son mordant.

« AND SO IT GOES » s’inscrit dans cette seconde partie de carrière en brossant le portrait d’un vieux misanthrope odieux et solitaire, se retrouvant avec sa petite-fille dont il ignorait l’existence sur les bras. Évidemment, tout finira par s’arranger, le papy indigne tombera même amoureux de sa gentille veuve de voisine et tout le quartier formera finalement une grande famille unie. Avec un chien rigolo en bonus !

Dans un rôle qu’on dirait écrit pour Jack Nicholson, Michael Douglas porte le film sur les épaules (le poids n’est heureusement pas excessif !). On a encore un peu de mal à admettre que le fiston de Kirk soit devenu un vieillard qui peine à se déplacer, mais le bonhomme a du métier à revendre et son duo avec Diane Keaton fonctionne à plein régime. Abonnée à ces personnages de femmes mûres excentriques et attendrissantes, celle-ci chante quelques chansons charmantes et renvoie la balle à son partenaire avec brio. À 70 ans, les icônes de « LIAISON FATALE » et « ANNIE HALL » assurent encore avec un humour en autodérision qui fait plaisir à voir. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Frances Sternhagen en mamie au langage fleuri. Seule la gamine jouant la petite-fille détone par son jeu gauche et figé. Elle a même des regards-caméra !

DIANE KEATON ET MICHAEL DOUGLAS

DIANE KEATON ET MICHAEL DOUGLAS

Vite vu, encore plus vite oublié, « AND SO IT GOES » vaut pour ses acteurs, de fugaces instants d’émotion et deux ou trois éclats de rire de bonne qualité. Mais une fois la projection achevée, on se sent l’envie de se préparer une tisane, de prendre sa tension et d’aller faire une petite sieste…

 
4 Commentaires

Publié par le 26 février 2015 dans COMÉDIES, LES FILMS DE MICHAEL DOUGLAS

 

« LAST VEGAS » (2013)

LASTVEGASUn simple coup d’œil à la filmographie du réalisateur incite à la plus grande méfiance. D’aucuns pourraient même prendre les jambes à leur cou ! Les noms jadis rassurants de Morgan Freeman et Robert De Niro ont depuis longtemps perdu de leur pouvoir attractif, Kevin Kline est aujourd’hui un peu oublié. Seul Michael Douglas n’a pas encore totalement capitulé et continue de se montrer exigeant dans ses choix. Mais il ne pèse pas lourd dans la balance qui inciterait à aller voir « LAST VEGAS ». Eh bien, c’est un tort ! Contre toute attente, c’est un très joli film, une comédie douce-amère sur l’amitié, le temps qui passe, la vieillesse. Dès les premières séquences, le rythme est donné et – hormis un ou deux petits coups de mou vers le milieu – ne faiblit jamais. Le dialogue du tac-au-tac est excellent, les situations sont bien amenées et l’alchimie entre les quatre vieux grigous passe comme une lettre à la poste : il sont tous les quatre absolument impériaux. Et avec quelle autodérision Douglas accepte-t-il de se moquer de lui-même, avec sa teinture « marron glacé », ses fausses dents et son bronzage ringard ! De Niro assure le rôle du grincheux aigri de service, Kline est très drôle et touchant et Freeman-la-classe de plus en plus détaché et convaincant.

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ROBERT DE NIRO, MORGAN FREEMAN, MICHAEL DOUGLAS ET MARY STEENBURGEN

Le scénario pourrait être une sorte de variante 3ème Âge de « VERY BAD TRIP », mais il vaut bien mieux que cela et prend même le temps d’être émouvant et même (relativement) profond. L’intro décrivant l’enfance des « Quatre de Flatbush » en flash-back, renvoie plus ou moins consciemment à d’anciens films de De Niro comme « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » et « SLEEPERS ». Autour du quatuor, le cast est impeccable, avec en tête la toujours charmante Mary Steenburgen certes un peu trop « rajeunie », mais bénéficiant des meilleures répliques du scénario. « LAST VEGAS » est donc, et ce n’était pas vendu d’avance, une excellente surprise, un film en demi-teinte auquel on repensera avec tendresse et aussi, avec une petite pointe de mélancolie.

 

« LA NUIT DES JUGES » (1983)

« LA NUIT DES JUGES » est un très bon polar américain, très bien manufacturé et dialogué, carré et – apparemment – linéaire, qui dix ans après la grande mode des films de ‘vigilantes’, montre l’envers du décor. C’est bien joli d’être écœuré par le système judiciaire américain, de devoir quand on est juge, relâcher des hommes qu’on sait coupables et finalement de vouloir rendre justice soi-même. C’est bien joli tant qu’on fait exécuter de véritables criminels et qu’on ne se trompe pas de cible. Car comme le démontre le machiavélique scénario, il n’est pas évident d’être juge, jury et bourreau.

STARCHAMBER2On se laisse donc manipuler avec délice par ce film plus pervers qu’il n’en a l’air, qui nous fait prendre fait et cause pour Michael Douglas, jeune magistrat pur et impuissant devant l’injustice avant de nous le révéler sous un jour moins glorieux : naïf, indécis, influençable et au bout du compte délateur. Drôle de héros, en vérité. Et un des premiers qu’incarna Douglas avant d’en faire sa spécialité la décennie suivante. Il s’y montre excellent, comme Hal Holbrook en vieux mentor roublard aussi expéditif qu’il le fut dans « MAGNUM FORCE », Yaphet Kotto remarquable en flic besogneux et harassé ou Sharon Gless en épouse stoïque. À noter une extraordinaire interprétation de James B. Sikking jouant le père désespéré mais lucide d’un enfant assassiné. Son face-à-face avec Douglas au parloir de la prison donne le frisson.

La photo, sombre mais très détaillée, les cadrages biscornus, les séquences d’action – en particulier la poursuite du début et la scène dans l’entrepôt à la fin – qui n’ont pas pris une ride, font de « LA NUIT DES JUGES » un parfait exemple de thriller plus profond qu’il ne paraît, qui se regarde aujourd’hui avec autant d’intérêt qu’il y a trente ans. Pas un mince exploit !

STARCHAMBER

MICHAEL DOUGLAS ET JAMES B. SIKKING