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Archives de Catégorie: LES FILMS DE MICHAEL DOUGLAS

« HORS DE PORTÉE » (2014)

Produit par Michael Douglas, réalisé par un Français venu de la pub, clairement inspiré de ‘survivals’ classiques comme « RÉVEIL DANS LA TERREUR » ou le magnifique « LA PROIE NUE », « HORS DE PORTÉE » rappelle les bonnes vieilles séries B des seventies.BEYOND

Le scénario est simple et linéaire, le déroulement assez prenant et les paysages grandioses du Nouveau Mexique font 80% de la fascination exercée par le film. Ça va vite, l’action se concentre sur deux protagonistes et quelques rares comparses à peine entrevus. Dans un personnage taillé sur-mesure, qui semble être un morphing entre son rôle dans « WALL STREET » et celui de « L’OMBRE ET LA PROIE », Douglas assure sans faillir à 70 ans passés et joue les salopards avec une énergie qui fait plaisir à voir, après des années à jouer les retraités décatis. Le cheveu blanc, le visage ridé, on le retrouve tel qu’en lui-même dans un emploi que n’aurait pas renié son légendaire géniteur. Face à lui, en gibier humain traqué dans le désert jusqu’à ce que mort s’ensuive, le jeune Jeremy Irvine tient bien sa place sans faire d’étincelles, mais le face-à-face est crédible et efficace. On reconnaît, malgré son grand âge, le vétéran Ronny Cox en shérif aisément corrompu.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Il faut fermer les yeux sur quelques gros « comme par hasard » tirés par les cheveux, sur un épilogue cathartique totalement invraisemblable et malheureusement vu et revu 150 fois. Mais malgré ces facilités et un dialogue globalement plat et sans recherche, « HORS DE PORTÉE » parvient à captiver du début à la (presque) fin et surtout, permet de retrouver le Michael Douglas qu’on aime après des années de déception.

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« AND SO IT GOES » (2014)

AND SO2Rob Reiner a connu une grande période avec des films aussi variés et réussis que « PRINCESS BRIDE », « MISERY », « QUAND HARRY RENCONTRE SALLY… » ou « DES HOMMES D’HONNEUR ». Mais depuis les années 90, il enchaîne les comédies gentillettes de plus en plus orientées vers le 3ème Âge et a beaucoup perdu de son mordant.

« AND SO IT GOES » s’inscrit dans cette seconde partie de carrière en brossant le portrait d’un vieux misanthrope odieux et solitaire, se retrouvant avec sa petite-fille dont il ignorait l’existence sur les bras. Évidemment, tout finira par s’arranger, le papy indigne tombera même amoureux de sa gentille veuve de voisine et tout le quartier formera finalement une grande famille unie. Avec un chien rigolo en bonus !

Dans un rôle qu’on dirait écrit pour Jack Nicholson, Michael Douglas porte le film sur les épaules (le poids n’est heureusement pas excessif !). On a encore un peu de mal à admettre que le fiston de Kirk soit devenu un vieillard qui peine à se déplacer, mais le bonhomme a du métier à revendre et son duo avec Diane Keaton fonctionne à plein régime. Abonnée à ces personnages de femmes mûres excentriques et attendrissantes, celle-ci chante quelques chansons charmantes et renvoie la balle à son partenaire avec brio. À 70 ans, les icônes de « LIAISON FATALE » et « ANNIE HALL » assurent encore avec un humour en autodérision qui fait plaisir à voir. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Frances Sternhagen en mamie au langage fleuri. Seule la gamine jouant la petite-fille détone par son jeu gauche et figé. Elle a même des regards-caméra !

DIANE KEATON ET MICHAEL DOUGLAS

DIANE KEATON ET MICHAEL DOUGLAS

Vite vu, encore plus vite oublié, « AND SO IT GOES » vaut pour ses acteurs, de fugaces instants d’émotion et deux ou trois éclats de rire de bonne qualité. Mais une fois la projection achevée, on se sent l’envie de se préparer une tisane, de prendre sa tension et d’aller faire une petite sieste…

 
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Publié par le 26 février 2015 dans COMÉDIES, LES FILMS DE MICHAEL DOUGLAS

 

« LAST VEGAS » (2013)

LASTVEGASUn simple coup d’œil à la filmographie du réalisateur incite à la plus grande méfiance. D’aucuns pourraient même prendre les jambes à leur cou ! Les noms jadis rassurants de Morgan Freeman et Robert De Niro ont depuis longtemps perdu de leur pouvoir attractif, Kevin Kline est aujourd’hui un peu oublié. Seul Michael Douglas n’a pas encore totalement capitulé et continue de se montrer exigeant dans ses choix. Mais il ne pèse pas lourd dans la balance qui inciterait à aller voir « LAST VEGAS ». Eh bien, c’est un tort ! Contre toute attente, c’est un très joli film, une comédie douce-amère sur l’amitié, le temps qui passe, la vieillesse. Dès les premières séquences, le rythme est donné et – hormis un ou deux petits coups de mou vers le milieu – ne faiblit jamais. Le dialogue du tac-au-tac est excellent, les situations sont bien amenées et l’alchimie entre les quatre vieux grigous passe comme une lettre à la poste : il sont tous les quatre absolument impériaux. Et avec quelle autodérision Douglas accepte-t-il de se moquer de lui-même, avec sa teinture « marron glacé », ses fausses dents et son bronzage ringard ! De Niro assure le rôle du grincheux aigri de service, Kline est très drôle et touchant et Freeman-la-classe de plus en plus détaché et convaincant.

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ROBERT DE NIRO, MORGAN FREEMAN, MICHAEL DOUGLAS ET MARY STEENBURGEN

Le scénario pourrait être une sorte de variante 3ème Âge de « VERY BAD TRIP », mais il vaut bien mieux que cela et prend même le temps d’être émouvant et même (relativement) profond. L’intro décrivant l’enfance des « Quatre de Flatbush » en flash-back, renvoie plus ou moins consciemment à d’anciens films de De Niro comme « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » et « SLEEPERS ». Autour du quatuor, le cast est impeccable, avec en tête la toujours charmante Mary Steenburgen certes un peu trop « rajeunie », mais bénéficiant des meilleures répliques du scénario. « LAST VEGAS » est donc, et ce n’était pas vendu d’avance, une excellente surprise, un film en demi-teinte auquel on repensera avec tendresse et aussi, avec une petite pointe de mélancolie.

 

« LA NUIT DES JUGES » (1983)

« LA NUIT DES JUGES » est un très bon polar américain, très bien manufacturé et dialogué, carré et – apparemment – linéaire, qui dix ans après la grande mode des films de ‘vigilantes’, montre l’envers du décor. C’est bien joli d’être écœuré par le système judiciaire américain, de devoir quand on est juge, relâcher des hommes qu’on sait coupables et finalement de vouloir rendre justice soi-même. C’est bien joli tant qu’on fait exécuter de véritables criminels et qu’on ne se trompe pas de cible. Car comme le démontre le machiavélique scénario, il n’est pas évident d’être juge, jury et bourreau.

STARCHAMBER2On se laisse donc manipuler avec délice par ce film plus pervers qu’il n’en a l’air, qui nous fait prendre fait et cause pour Michael Douglas, jeune magistrat pur et impuissant devant l’injustice avant de nous le révéler sous un jour moins glorieux : naïf, indécis, influençable et au bout du compte délateur. Drôle de héros, en vérité. Et un des premiers qu’incarna Douglas avant d’en faire sa spécialité la décennie suivante. Il s’y montre excellent, comme Hal Holbrook en vieux mentor roublard aussi expéditif qu’il le fut dans « MAGNUM FORCE », Yaphet Kotto remarquable en flic besogneux et harassé ou Sharon Gless en épouse stoïque. À noter une extraordinaire interprétation de James B. Sikking jouant le père désespéré mais lucide d’un enfant assassiné. Son face-à-face avec Douglas au parloir de la prison donne le frisson.

La photo, sombre mais très détaillée, les cadrages biscornus, les séquences d’action – en particulier la poursuite du début et la scène dans l’entrepôt à la fin – qui n’ont pas pris une ride, font de « LA NUIT DES JUGES » un parfait exemple de thriller plus profond qu’il ne paraît, qui se regarde aujourd’hui avec autant d’intérêt qu’il y a trente ans. Pas un mince exploit !

STARCHAMBER

MICHAEL DOUGLAS ET JAMES B. SIKKING

 

« MA VIE AVEC LIBERACE » (2013)

Soyons clairs : ce n’est pas la relation amoureuse entre un pianiste de variétés vieillissant et un éphèbe naïf qui suscite l’intérêt pour « MA VIE AVEC LIBERACE », mais le contremploi absolu qu’ont endossé Michael Douglas et Matt Damon. Le premier surtout, qui tournant le dos au personnage qu’il a établi pendant trente ans, s’avère non seulement crédible, mais extraordinaire en « grande folle » narcissique, prince du mauvais goût et du strass. L’acteur va vraiment très loin dans la négation de son image et la scène où il apparaît torse nu, flapi et sans sa perruque, laisse littéralement pantois.

LIBERACELe scénario se focalise à 100% sur ces quatre années de vie commune, décrit par le menu cette relation glauque et malsaine, qui va jusqu’à la transformation physique du jeune homme pour qu’il ressemble à son protecteur. Mais ils ne sont jamais vraiment situés dans leur époque, les scène publiques sont trop peu nombreuses pour qu’on imagine la popularité de Liberace, d’autant plus que s’il est une institution aux U.S.A. grâce à ses shows télé, il est peu connu chez nous.

Un peu long, pas suffisamment structuré pour passionner vraiment, le film évoque parfois « BOOGIE NIGHTS » sans en avoir l’ambition. Reste qu’on est scotché par le culot du duo de vedettes qui assument crânement les scènes les plus osées, jusqu’au malaise et que Douglas loin de se contenter de jouer les gays flamboyants, développe avec un certain génie ce personnage de succube égotique qui se nourrit de la jeunesse des autres et les rejette ensuite.

Autour du duo, de bons acteurs comme Rob Lowe hallucinant en chirurgien esthétique lifté de partout et – totalement méconnaissables ! – Debbie Reynolds, Dan Aykroyd ou Paul Reiser.

Intéressant donc, mais pas aussi ambitieux qu’il aurait pu l’être, « MA VIE AVEC LIBERACE » vaut essentiellement pour le travail de ses deux stars, pour ses décors écœurants de kitsch qui pique les yeux et en filigrane, pour la reconstitution d’une époque insouciante ravagée par l’arrivée du SIDA.

 

« TRAFFIC » (2000)

TRAFFIC

BENICIO DEL TORO

Alors même que son parcours de réalisateur est exemplaire et étonnamment éclectique, Steven Soderbergh ne suscite jamais un véritable enthousiasme et abime souvent d’excellents concepts et de bonnes intentions par une stylisation redondante et des chichis de mise-en-scène superflus.

TRAFFIC2C’est le cas avec « TRAFFIC », œuvre-somme sur les cartels de la drogue entre les U.S.A. et le Mexique, qui suit en parallèle un petit flic de Mexico (Benicio Del Toro) et un juge américain (Michael Douglas très « déglamourisé ») chargé de combattre le fléau, alors que sa propre fille est une junkie. Dès les premières scènes, on regrette le parti-pris systématique de caméra « bougée » aujourd’hui un peu dépassé, l’étalonnage outrancier des couleurs (orange d’un côté de la frontière, bleu de l’autre) et on s’étonne de s’intéresser davantage à des personnages secondaires comme Luis Guzmán et Don Cheadle jouant des petits flics de terrain, plutôt qu’aux têtes d’affiche.

Le ton est ultra-sérieux, le dialogue souvent platement didactique (un face-à-face dans une voiture entre Douglas et un ami de sa fille, s’avère être un véritable cours sur la cocaïne, chiffres à l’appui !) et les protagonistes n’ont aucune épaisseur humaine, hormis Del Toro qui apporte son étrangeté naturelle et une insolite inertie, à son personnage qu’il rend fascinant. Dans le défilé de vedettes, on déplore la faiblesse aveuglante de Catherine Zeta-Jones dans un pourtant beau rôle, le gaspillage de Dennis Quaid en avocaillon rapace et on regrette que Tómas Milian, excellent en général ripou, n’ait pas davantage de temps de présence.

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DENNIS QUAID, CATHERINE ZETA-JONES, MICHAEL DOUGLAS ET AMY IRVING

De bonnes scènes de suspense, un sujet passionnant en lui-même, un rythme haletant finissent par rendre « TRAFFIC » tout à fait visible, et parfois intéressant, mais on aurait vraiment aimé un traitement plus sobre, moins ostensible, un peu comme dans ces séquences très prenantes où Douglas erre dans les bas-fonds, à la recherche de sa fille.

 

HAPPY BIRTHDAY, MICHAEL !

MDOUGLAS

MICHAEL DOUGLAS, PRODUCTEUR ET COMÉDIEN DONT LE REGISTRE NE FAIT QUE S’ACCROÎTRE AVEC LES ANNÉES