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Archives de Catégorie: LES FILMS DE RICHARD BURTON

« LES OIES SAUVAGES » (1978)

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RICHARD BURTON, ROGER MOORE ET RICHARD HARRIS

Écrit par Reginald Rose (« 12 HOMMES EN COLÈRE »), réalisé par le spécialiste du western Andrew V. McLaglen et produit par la Grande-Bretagne, « LES OIES SAUVAGES », dont la réputation a étonnamment grandi avec les années, n’est en fait – à bien y regarder – qu’un simple remake des « PROFESSIONNELS » (1966) transposé du Mexique à l’Afrique.oies2

Comme dans le chef-d’œuvre de Richard Brooks, quatre mercenaires plus tout jeunes sont engagés pour une mission périlleuse et trahis par leur employeur.

Les 50 premières minutes sont consacrées au recrutement et à l’entraînement de la petite armée privée des « soldats de fortune », le reste se focalise sur l’enlèvement d’un leader prisonnier et la poursuite qui s’ensuit avec les militaires locaux. Le scénario est très mécanique, parfois naïf dans son dialogue très pied-de-plomb, mais le film décolle vraiment avec la débandade finale et la fuite désespérée des hommes en treillis. Le discours « politique » paraît un peu plaqué et simpliste. On sent d’ailleurs la forte influence qu’a sûrement eue le film sur Stallone et ses « RAMBO » ou « EXPENDABLES ». Malgré tout, on a tout de même droit à quelques surprises comme le personnage du « medic » homo et même « folle perdue » et une fin très douce-amère.

De toute façon, « LES OIES SAUVAGES » vaut certainement le coup d’œil pour son casting de vétérans. Richard Burton, hâlé et transpirant, ne semble pas péter la forme, mais il crée un vrai personnage d’aventurier cynique et porté sur le whisky. Et quelle gueule ! Richard Harris tient un rôle moins flamboyant et les scènes censées émouvoir avec son petit garçon, sont un brin embarrassantes. Roger Moore fait moins le guignol que d’habitude, même s’il insiste pour balancer un bon mot dans chaque séquence où il apparaît. Parmi les seconds rôles, tous excellents, on reconnaît avec plaisir Stewart Granger, en traître à l’élégance jamais prise en défaut.

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RICHARD BURTON ET ROGER MOORE

Filmé avec une efficacité toute américaine par McLaglen, bien photographié, « LES OIES SAUVAGES » ne possède pas l’étoffe dont on fait les grands films, mais il s’inscrit dans la lignée des « 12 SALOPARDS » ou de « QUAND LES AIGLES ATTAQUENT » et s’avère être un bon passe-temps. C’est déjà très bien !

À noter que dans la séquence du casino, Burton échange un regard appuyé avec une jeune femme. Ce n’est autre que son épouse de l’époque, Susan Hunt. Liz Taylor avait elle aussi accepté jadis plusieurs « caméos » dans les films de son mari.

 

« AMÈRE VICTOIRE » (1957)

BITTER2« AMÈRE VICTOIRE » est une curieuse coproduction franco-anglo-américaine, réalisée par Nicholas Ray avec une équipe technique en grande partie française et des comédiens britanniques.

Situé pendant la WW2 en Lybie, le scénario confronte deux officiers : un jeune ex-archéologue cynique et amer (Richard Burton) et un lâche avide de gloire (Curd Jürgens qui bizarrement, ne joue pas un Allemand mais… un Sud-Africain pour justifier son accent !). En mission dans le désert, ils vont se mépriser, se haïr, d’autant plus qu’ils aiment la même femme, artifice narratif qui n’était vraiment pas nécessaire.

Prometteur sur le papier, tourné dans beau Scope noir & blanc, le film est franchement décevant. Il manque de structure dramatique, de péripéties, les seconds rôles n’ont aucune épaisseur, le casting est hasardeux. Pourquoi avoir choisi Ruth Roman, trop âgée et vraiment pas à son avantage pour le seul rôle féminin, par exemple ? On suit la longue marche de ces soldats dont le sort nous indiffère totalement et on écoute d’une oreille distraite les réflexions philosophiques sur la guerre, le courage et la lâcheté.

Si l’ennuyeux Jürgens est aussi monolithique et inexpressif que d’habitude, Burton se donne du mal pour apporter un tant soit peu de relief à ce personnage opaque et peu attachant. Mais sa voix fait toujours merveille. Pour le coup, on aurait aimé qu’il parle davantage ! Raymond Pellegrin est curieusement casté en guide arabe et on reconnaît Christopher Lee dans un rôle effacé de sergent à la mine lugubre.

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RICHARD BURTON, RUTH ROMAN, CURD JÜRGENS ET CHRISTOPHER LEE

Professionnellement exécuté, mais vraiment pas ce que Nicholas Ray a fait de plus personnel et de plus passionnant…

 

« MA COUSINE RACHEL » (1952)

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RICHARD BURTON

Adapté d’un roman au noir romantisme de Daphné Du Maurier, « MA COUSINE RACHEL » est un excellent produit hollywoodien, techniquement parfait et magnifiquement interprété par un casting judicieusement choisi.COUSINE3

C’est le premier film américain de Richard Burton, qui s’avère être l’atout premier du film. À peine âgé de 27 ans, dans tout l’éclat de sa jeunesse, le visage de statue grecque pas encore abimé par les excès, il est excellent en jeune homme exalté et naïf, fébrile et excessif qui tombe amoureux fou de la veuve de l’homme qui l’a élevé. Mais qui est-elle réellement ? Une « veuve noire » empoisonneuse ? Une sainte femme injustement soupçonnée d’escroquerie ? Le choix de la doucereuse et larmoyante Olivia De Havilland apporte énormément à l’ambiguïté générale du scénario et amplifie l’incertitude quant à ses véritables motivations. Intelligente utilisation des qualités et des défauts d’une comédienne au service d’un personnage.

L’atmosphère reconstituée en studio des Cornouailles balayées par les vents, les vagues déchaînées, les falaises abruptes, tout concoure à rendre « MA COUSINE RACHEL » romanesque et captivant. La réalisation d’Henry Koster est rigoureuse et inventive (très belles images de délire lors de la méningite de Burton) et la photo de Joseph LaShelle, un noir & blanc superbement modelé crée une ambiance quasi-rêvée.

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OLIVIA DE HAVILLAND ET RICHARD BURTON

Au-delà du romantisme échevelé et du sous-texte criminel, c’est au fond un film sur l’amour fou et la paranoïa qui détruit une relation passionnée. On n’oubliera pas de sitôt les traits creusés de Burton, son regard hanté prêt à basculer en un instant de la frénésie la plus totale à la folie homicide. Quant à la fin « ouverte », elle est extrêmement étonnante pour un film de cette période.

 

« HÔTEL INTERNATIONAL » (1963)

VIPInspiré du fameux « GRAND HÔTEL » de 1932, « HÔTEL INTERNATIONAL » est une sorte de faux film à sketches gorgé de stars et situé dans le salon VIP de l’aéroport de Londres, puis dans l’hôtel attenant.

Le brouillard empêchant tout décollage, un groupe de personnages voit ses projets bousculés. Ainsi Liz Taylor était-elle prête à quitter son riche mari Richard Burton pour filer avec le gigolo Louis Jourdan… L’industriel Rod Taylor va-t-il être ruiné par ce retard… Le producteur Orson Welles va-t-il devoir payer un million de dollars au fisc anglais… Etc. Oui, le film est aussi superficiel et roman-photo qu’il en a l’air. On se désintéresse dès les premiers échanges de ces individus antipathiques et les va-et-vient systématiques d’un groupe à l’autre lassent très rapidement, d’autant qu’il n’y en a aucun pour relever l’autre.

Welles, affublé d’un faux-nez grisâtre, est grotesque en mogul bouffi flanqué d’une starlette italienne (Elsa Martinelli), Margaret Rutherford, sorte de sœur jumelle de Michel Simon, cabotine de façon insupportable en vieille duchesse excentrique. Mais la vraie, la grosse déconvenue vient du couple Taylor-Burton, récemment formé sur « CLÉOPÂTRE » et qui n’a jamais été aussi insipide et mal employé. Lui hagard, l’air ailleurs, s’ennuie ostensiblement. Elle, pomponnée, mal coiffée, comme statufiée par sa couche de fond-de-teint, joue une sorte de caricature d’elle-même. Mieux vaut revoir « QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF ? » pour se souvenir de quoi était capable ce couple mythique à l’écran et effacer ce désastre de sa mémoire.

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RICHARD BURTON, MAGGIE SMITH, ROD TAYLOR ET ELIZABETH TAYLOR

Que sauver de ce naufrage clinquant ? Une séquence à la rigueur. Ce face-à-face dans le hall de l’hôtel en pleine nuit entre un Burton déprimé et une jeune Maggie Smith qui lui demande un chèque afin de sauver la boîte de son boss Rod Taylor qu’elle aime en secret. Rien de génial bien sûr, mais la confrontation de deux grands comédiens est toujours un régal à contempler. Et d’ailleurs c’est la seule scène où Burton semble jouer normalement. À part ce court moment de grâce, à fuir ventre à terre…

 

HAPPY BIRTHDAY, RICHARD !

RICHARD BURTON (1925-1984), UNE DES PLUS BELLES « GUEULES » ET DES PLUS GRANDES VOIX DU THÉÂTRE ET DU CINÉMA ANGLAIS.

RICHARD BURTON (1925-1984), UNE DES PLUS BELLES « GUEULES » ET DES PLUS GRANDES VOIX DU THÉÂTRE ET DU CINÉMA ANGLAIS.

 

« L’ESCALIER » (1969)

ESCALIER2On sourit au début, de voir les anciens Jules César et Marc-Antoine de « CLÉOPÂTRE », qui s’étaient disputé Liz Taylor cinq ans plus tôt, jouer un vieux couple de « grandes follles » coiffeurs de leur état, vivant ensemble depuis trente ans et passant leurs journées à se balancer des vacheries.

La première demi-heure de « L’ESCALIER » est d’ailleurs un festival de bons mots, de répliques qui fusent, de méchancetés bien senties et Rex Harrison et Richard Burton s’en donnent à cœur-joie dans ce qui ressemble à une esquisse réaliste de « LA CAGE AUX FOLLES ».

Puis progressivement, le ton s’assombrit, l’ironie laisse la place à l’amertume, le mauvais esprit à l’angoisse de vieillir et le pittoresque cède au sordide. Au bout du compte c’est davantage à la chanson d’Aznavour « Comme Ils Disent », qu’on finit par penser ! Et cela n’a rien de bien joyeux…

Si Harrison se sort à merveille de ce rôle de vieux beau égotique et fielleux, c’est Burton qui éclate dans ce film. Acteur génial gaspillé la plupart du temps dans d’infâmes navets indignes de lui, il est ici à son summum : avec un bandage autour de la tête pour cacher sa calvitie, un léger embompoint (son acolyte le compare à « une femelle pélican enceinte »), il incarne ce malheureux ‘Harry’, victimisé par son compagnon, esclave de sa mère gâteuse, homme-de-ménage maltraité, avec un réalisme époustouflant, d’autant plus admirable quand on connaît son emploi habituel. Il parvient à faire sourire tout en émouvant, à être pathétique et grotesque et fait tout passer par de subtiles mimiques, des inflexions de voix imperceptibles. Du grand, grand art !

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RICHARD BURTON ET REX HARRISON, CINQ ANS APRÈS « CLÉOPÂTRE »…

La mise-en-scène de Stanley Donen n’a rien d’exceptionnel. Le tournage en studio se fait cruellement ressentir, l’utilisation du Scope laisse perplexe et dessert plutôt le film. Quant aux séquences extérieures « d’aération », elles sont complètement inutiles, voire distractives.

Mais il faut voir « L’ESCALIER » pour se souvenir que Richard Burton fut un des plus grands acteurs britanniques, ce qu’une filmographie décourageante a souvent tendance à faire oublier.

 

LE PREMIER FILM DE RICHARD BURTON, 24 ANS, SORT EN DVD

SORTI EN ANGLETERRE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS UNIQUEMENT

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