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Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROBERT DE NIRO

« DIRTY PAPY » (2016)

Il y a deux façons radicalement opposées d’appréhender un film comme « DIRTY PAPY » : la consternation totale devant le spectacle de Robert De Niro se vautrant dans une comédie ‘trashy’ à la « AMERICAN PIE » ou « VERY BAD TRIP », de le voir se masturber devant un porno, raconter des blagues scatologiques, comparer son pénis à celui de son petit-fils et autres délicatesses. Ou alors décider d’emblée de faire preuve de bonne humeur et profiter du voyage, même s’il n’est pas du meilleur goût.PAPY

En gros, c’est un ‘road movie’ confrontant un septuagénaire qui vient de perdre sa femme avec son petit-fils (Zac Efron) qu’il veut sauver d’une vie tracée à l’avance, en l’entraînant dans un week-end de débauche. L’idée n’est pas plus mauvaise qu’une autre, mais l’écriture laisse grandement à désirer et se repose entièrement sur le bagout de ses acteurs plus ou moins inspirés. Ainsi, Jason Mantzoukas est-il insupportable et beaucoup trop présent en dealer déjanté, mais Mo Collins est-elle très drôle en fliquette cinglée et grimacière. On a même droit à une courte – et assez pathétique – apparition de Danny Glover en « vet » moribond.

Passé la stupeur de voir l’ex « meilleur acteur du monde » se compromettre là-dedans, on peut dire qu’il est, à 74 ans, dans une forme physique éblouissante, que malgré le contexte, il a l’instinct d’être relativement sobre et même parfois touchant, et qu’il assure le show avec un métier incomparable. Face à lui, Efron tient la distance sans plus.

« DIRTY PAPY » c’est du comique bas-de-gamme, qui ratisse du côté du public du 3ème âge mais lorgne aussi vers les ‘djeuns’. On rit parfois, mais ce n’est pas un rire d’excellente qualité. Reste que les paysages de Floride sont photogéniques, que les jolies filles pullulent et que tout cela est bien inoffensif. Si les scènes d’orgies alcoolisées, les bruits de pets, les allusions sexistes et homophobes vous amusent, cela fera parfaitement l’affaire. Pour les palais plus raffinés, mieux vaut probablement passer son chemin et revoir « MIDNIGHT RUN » !

 

« KILLER ELITE » (2011)

elite2Réalisé par un certain Gary McKendry dont c’est le seul long-métrage jusqu’à présent, vaguement inspiré d’un livre lui-même plus ou moins tiré de faits réels (le rôle des SAS dans certains pays arabes en guerre), « KILLER ELITE » est un très curieux salmigondis où Jason Statham reprend son emploi de tueur-à-gages spécialisé dans les meurtres ayant l’air d’accidents, initié quelque temps auparavant dans « THE MECHANIC ».

On lui kidnappe son vieux maître Yoda (Robert De Niro) pour l’obliger à abattre les assassins des fils d’un vieux cheik. Mais évidemment, rien n’est si simple, et la machination totalement incompréhensible remonte très haut. Pour tout dire, on se fiche royalement de l’espèce de scénario qui se déroule pendant presque deux heures. Il n’existe que pour les bastons et poursuites entre « méchants » et… « moins méchants ». Entre tueurs professionnels plutôt sympathiques (tout est relatif) et ex-barbouzes anglaises très déplaisantes. À leur tête, Clive Owen avec une petite moustache peu esthétique et un œil de verre.

C’est excessivement ennuyeux, bourré de clichés absurdes, de répliques risibles (involontairement) et on se désole de voir De Niro jouer les flingueurs à grosse barbe blanche, en plissant les yeux d’un air bonhomme dans un rôle secondaire qui plus est. Statham, exactement égal à lui-même, jusque dans les vêtements, fait ce qu’il sait faire : il est impeccable dans les cascades et le reste du temps ne prend même pas la peine d’épaissir son personnage. Sa relation avec Yvonne Strahovki est indigente et franchement soporifique.

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JASON STATHAM ET ROBERT DE NIRO

Tourné en Australie, « KILLER ELITE » s’oublie à mesure qu’on le visionne. Ça n’a ni queue ni tête, on ne garde aucune scène en mémoire. On se demande vraiment ce que des comédiens comme De Niro, Dominic Purcell ou Adewale Akinnuoye-Agbaje en traître de service, sont allés cachetonner là-dedans. Statham a fait mieux depuis, il a aussi fait pire… Espérons qu’il sache se montrer plus ambitieux dans ses choix.

 

« CASINO » (1995)

CASINO2« CASINO » contient tout ce qu’on aime dans le cinéma de Martin Scorsese : l’univers mafieux, un montage virtuose, une bande-son qui fait passer les presque trois heures en un éclair, des personnages hauts-en-couleur. Son seul défaut en fait, est d’être sorti cinq ans après « LES AFFRANCHIS » et d’en être une sorte d’avatar relocalisé à Las Vegas.

Le film décrit les années 80 dans la ville des jeux, la mainmise des gangsters italiens, la corruption, la drogue, etc. à travers le parcours d’un ‘gambler’ (Robert De Niro) devenu directeur du Tangiers, qui épouse une prostituée obnubilée par l’argent (Sharon Stone) et doit gérer son « meilleur ami », Joe Pesci, un tueur psychopathe aussi incontrôlable qu’insatiable.

Comme le film de 1991, « CASINO » est bâti sur le mouvement de balancier : grandeur et décadence. Il affiche d’abord la richesse, l’impunité, l’amoralité récompensée pour finir en déchéance sordide. Scorsese manie les voix « off » en maestro, donnant la parole à plusieurs protagonistes selon les scènes, ce qui permet des accélérations dans le scénario qui évitent tout « ventre mou ». Ses personnages sont encore plus ignobles, indéfendables que ceux des « AFFRANCHIS » où subsistaient quelques vestiges d’Humanité.

De Niro d’une sobriété sans faille campe un individu froid et paranoïaque, jamais attachant, mais qui semble presque sympathique comparé à Pesci, monstrueux dans son emploi préféré. Ces retrouvailles entre les deux acteurs et le retour de Pesci (maladroitement rajeuni par des perruques et des liftings) à sa routine de maniaque dangereux, accentuent hélas, la sensation de redite. Sharon Stone trouve le rôle de sa carrière : elle est époustouflante dans les scènes d’engueulade ou d’ivresse, éclipsant même ses partenaires masculins. Parmi les seconds rôles : James Woods parfait en « mac » visqueux et pleutre, L.Q. Jones excellent en shérif faussement péquenaud.

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SHARON STONE, ROBERT DE NIRO, JOE PESCI ET FRANK VINCENT

« CASINO » est un film incontestablement brillant à tous points-de-vue, tellement riche visuellement et thématiquement qu’il supporte plusieurs visions. Manque juste un petit quelque chose en plus pour le qualifier de chef-d’œuvre. Un peu d’empathie pour ses personnages, peut-être ? Une once de chaleur humaine dans ce ramassis de vermines ? Mais n’est-ce pas justement le talent du réalisateur de créer des fresques clinquantes et démesurées pour montrer la pègre telle qu’elle est réellement, dépourvue du masque flatteur du sentimentalisme hollywoodien ?

 

« RONIN » (1998)

RONIN2Tourné deux ans après le premier « MISSION : IMOSSIBLE » (où figurait déjà Jean Reno), « RONIN » cherche clairement à capitaliser sur le succès de ce nouveau type de film d’espionnage ‘high tech’. Le sujet ? Une bande de mercenaires internationaux court après une mallette convoitée par les Russes et l’IRA. Qu’y a-t-il de si précieux dans la mallette ? On ne le saura jamais. Ce n’est qu’un bon vieux « McGuffin » à l’ancienne !

Réalisé par le vétéran John Frankenheimer qui effectuait là à 68 ans, un comeback inattendu, « RONIN » est un pur exercice de style et une démonstration de savoir-faire qui tient plutôt bien le coup, une fois qu’on a compris qu’il n’y a rien à en attendre scénaristiquement parlant et que la raison d’être du projet tient dans ses poursuites en voiture dans Paris, ses fusillades touristiques à Nice et Arles. Les personnages sont à peine silhouettés, le dialogue est succinct et les parti-pris sont parfois bizarres. Ainsi, tous les intérieurs ressemblent à des décors de studio de vieilles Séries Noires des années 50 : on s’attend presque à voir débouler Gabin flanqué de Paul Frankeur ! Les coups de théâtre sont tellement abscons, qu’on y prête à peine attention. Seuls comptent le rythme, l’action et le mouvement.

Robert De Niro incarne un agent de la CIA « undercover » rusé et pas tombé de la dernière pluie. Il n’a pas grand-chose à faire, mais depuis « HEAT », il manie très bien les fusils de gros calibre. Il a une excellente réplique : après s’être fait ôter – sans anesthésie – une balle de son flanc, il dit : « Maintenant, vous m’excuserez messieurs, mais je vais m’évanouir ». Nathascha McElhone est belle et froide comme il se doit, Reno joue les faire-valoir avec zèle, Stellan Skarsgård est un traître comme on aime les haïr et Sean Bean apparaît brièvement en faux-dur pétochard. À noter la savoureuse apparition de Michel Lonsdale en « homme de l’ombre ».

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STELLAN SKARSGAARD, JEAN RENO, ROBERT DE NIRO ET NATASCHA McELHONE

Avant-dernier long-métrage de la longue carrière de Frankenheimer, « RONIN » ne raconte strictement rien, mais il le fait avec style et panache. Si on a deux heures à tuer et qu’on aime les cascades motorisées et les objectifs à courte focale…

 

« BUS 657 » (2015)

heistDès les premières images, on ressent quelque chose de très mécanique et artificiel dans le scénario de « BUS 657 ». Une histoire très « fabriquée », recyclant les postulats de classiques comme « UN APRÈS-MIDI DE CHIEN » (la motivation du héros pour commettre un hold-up) et « SPEED » (l’action concentrée sur un trajet en bus).

Si on ajoute à cela la présence de Robert De Niro, dans un rôle de directeur de casino (oui, comme dans…) impitoyable, on se dit que le réalisateur Scott Mann n’a vraiment pas cherché l’originalité à tout prix. De fait, son film peine à décoller, à impliquer et on suit tout cela avec détachement. Cela n’a rien de déshonorant, car très professionnellement confectionné, et Jeffrey Dean Morgan est excellent en croupier poussé au désespoir. Mais le dialogue est faiblard, les réactions des personnages sont complètement illogiques, voire absurdes et le cast est des plus inégaux : si Gina Carano est toujours aussi gauche mais attachante en fliquette compréhensive, si Kate Bosworth tire le maximum de son unique scène face à De Niro, Dave Bautista joue son rôle comme un avatar de Hulk et Morris Chestnut n’apporte aucune nuance à son porte-flingue.

« BUS 657 » est un thriller de plus, qu’on n’aurait jamais eu l’idée de visionner sans son intrigant casting. Celui-ci le maintient à peu près à flot jusqu’au dénouement où subitement, tout se précipite et qui bénéficie d’un « twist » complètement inattendu et plutôt gratifiant.

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JEFFREY DEAN MORGAN, GINA CARANO ET ROBERT DE NIRO

Typiquement le genre de série B qui ne laisse strictement aucun souvenir, mais qui fait passer 90 minutes pas déplaisantes. Pourquoi Robert De Niro s’engage-t-il dans ce genre de produit est une question qui continuera longtemps à tarauder ses admirateurs de la première heure…

 

« JOY » (2015)

Trois ans après « HAPPINESS THERAPY », David O. Russell retrouve Jennifer Lawrence, Bradley Cooper et Robert De Niro pour « JOY », un film manifestement très personnel, basé sur des faits réels.joy

C’est une fable au ton décalé et doucement excentrique sur une petite fille dans les années 80, rêveuse et créative, qui en grandissant va être tirée vers le bas par une famille dysfonctionnelle, une belle brochette de « losers » jaloux et avaricieux, qui va transformer ses rêves en cauchemar. Que raconte « JOY » en fait ? Que le talent et l’ambition ne suffisent pas dans ce bas-monde ? Que pour réussir dans la vie, il faut aussi (surtout ?) acquérir des réflexes de « killer » ? Sans rien asséner, sans lourdeur, le film donne matière à réflexion, fonctionne sur la frustration de voir son attachante héroïne échouer sans arrêt, se fracasser systématiquement sur une réalité âpre et cruelle et sur l’indécrottable médiocrité de son entourage.

C’est globalement assez déprimant, même si Joy finit tout de même par comprendre la leçon. Mais le film est porté par la jolie prestation de Jennifer Lawrence, au jeu intériorisé et à fleur de peau. De Niro est formidable dans le rôle de son père, minable individu grenouilleur et pleutre. Autour d’eux : Isabella Rossellini, qu’on est tout surpris de retrouver largement sexagénaire, parfaite en riche veuve dépourvue de charité, Virginia Madsen tout aussi méconnaissable en mère asociale, passant ses journées devant un « soap » diffusé en boucle à la télé, Diane Ladd en grand-mère à la foi inébranlable et Bradley Cooper en producteur de télé-achat se prenant pour Darryl Zanuck.

« JOY » est une œuvre bizarre, quasiment impossible à placer dans une case, ce qui dans le cinéma U.S. actuel est plutôt une bonne chose. On peut mettre un certain temps à pénétrer cet univers particulier, mais le jeu en vaut la chandelle.

 

« LE NOUVEAU STAGIAIRE » (2015)

internAvant tout scénariste, Nancy Meyers est connue pour ses comédies de mœurs à « high concept » comme « CE QUE VEULENT LES FEMMES », « TOUT PEUT ARRIVER » ou « THE HOLIDAY ». Études de caractères écrites façon ‘sitcom’ sophistiquée, réalisée le plus platement possible et jouées par des stars chevronnées.

« LE NOUVEAU STAGIAIRE » ne déroge pas à ces règles, mais s’avère étonnamment émouvant et gratifiant. Centré sur la personnalité de « vieux sage » de Robert De Niro, un veuf retraité qui prend un emploi de stagiaire à tout faire dans une start-up pour tromper son désœuvrement, le scénario confronte la sagesse et l’expérience de « l’homme-le-vrai » du 20ème siècle à la jeunesse inculte et sans repères de l’Amérique d’aujourd’hui. D’abord un peu largué, De Niro va devenir « l’oncle de tout le monde » et surtout de sa patronne Anne Hathaway, wonder woman débordée qui a sacrifié sa vie de famille au succès de son entreprise.

Tout cela aurait pu être convenu et fastidieux, mais il n’en est rien. D’abord grâce à la formidable alchimie existant d’emblée entre les deux vedettes, qui semblent à leur top-niveau dès qu’ils sont face-à-face. Et ensuite – et surtout – grâce au regard généreux de l’auteur, qui ne juge personne, ne ridiculise aucun personnage et fait passer son message en douceur. Bon, on fermera les yeux sur quelques remarques légèrement « réac » sur les bords…

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ROBERT DE NIRO ET ANNE HATHAWAY

« LE NOUVEAU STAGIAIRE » est un « feel good movie » destiné à revaloriser les seniors, c’est indéniable. Mais par le dynamisme de ses situations (le « hold-up » chez la mère d’Hathaway mené par De Niro et ses trois copains geeks, la nuit d’hôtel à San Francisco), par la finesse de certains dialogues, il parvient à toucher tous les publics. Autour des stars, on retrouve avec plaisir René Russo en masseuse peu farouche. À noter la prestation assez crispante de la petite Jojo Kushner, digne héritière de Shirley Temple.

Quoi qu’on pense du film, il est en tout cas agréable de voir que Robert De Niro à 72 ans, est encore capable de temps en temps de s’investir dans un rôle en se passant de ses gimmicks habituels.