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Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROD STEIGER

BLUE JUBAL…

JUBAL BR

SORTIE FRANÇAISE ET EN BLU-RAY DE « L’HOMME DE NULLE-PART », HONNÊTE WESTERN DE 1956 AVEC STEIGER, BRONSON, BORGNINE, ELAM…

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« THE PLAYER » (1992)

TIM ROBBINS

TIM ROBBINS

Robert Altman a débuté à Hollywood, il a tourné des séries TV de « BONANZA » à « COMBAT ! », il a trouvé une forme de succès dans les seventies avec des œuvres iconoclastes, puis est parti pour l’Europe, avant de revenir sur ses terres natales. C’est dire s’il connaît ‘Tinseltown’ comme sa poche, s’il en a compris le fonctionnement, les mœurs, la corruption.PLAYER

« THE PLAYER » fait partie de ses meilleurs films. C’est, sous couvert de polar à suspense (qui envoie des cartes postales menaçantes à un « executive » de studio ?), l’autopsie impitoyable d’un univers frelaté grouillant d’usurpateurs incompétents, de créateurs prêts à vendre leur âme à n’importe quel prix. C’est brillant et drôle, mais d’un cynisme terrifiant, d’une méchanceté terrible. Et le scénario pousse le principe de la « happy ending » jusqu’au bout, jusqu’à l’amoralité la plus totale. On suit tout cela comme une conférence ethnologique particulièrement ludique et Altman parsème son film de caméos de stars amies comme Anjelica Huston, Burt Reynolds, James Coburn, Rod Steiger, Malcolm McDowell, Jack Lemmon et de ses fidèles comme Sally Kellerman, Elliott Gould, Karen Black, etc. dans leurs propres rôles.

Tim Robbins trouve le rôle de sa vie en producteur intrigant et odieux, sa bouille de bébé contrastant avec son « cœur noir ». Dans un cast épatant, on retiendra Fred Ward en flic du studio, Richard E. Grant en scénariste égotique, Cynthia Stevenson dans le seul personnage à peu près sympathique, Vincent D’Onofrio formidable en auteur très en colère. Seule Greta Scacchi déçoit dans un rôle mal défini dont chacune des (hélas, nombreuses) apparitions semble stopper l’action et faire retomber le soufflé.

« THE PLAYER » fourmille littéralement d’actions parallèles, de scènes de foule incroyablement fluides et lisibles malgré leur foisonnement, de clins d’œil subtils à l’Histoire du cinéma et de dérapages incongrus dans la démence (le fou-rire dans le commissariat de Pasadena). On en ressort certes un peu moins fasciné par la mythologie hollywoodienne, mais impressionné par la lucidité masochiste des auteurs.

JAMES COBURN, SUSAN SARANDON ET PETER FALK

JAMES COBURN, SUSAN SARANDON ET PETER FALK

À noter le « film dans le film » à la fin, avec Julia Roberts, Bruce Willis, Peter Falk et Susan Sarandon, qui était censé se tourner « sans star ni happy end » et qui n’est plus à l’arrivée qu’une grosse caricature racoleuse. Un parfait concentré de la pensée altmanienne.

 

« LE JUGEMENT DES FLÈCHES » (1957)

CHARLES BRONSON, H.M. WYNANT ET ROD STEIGER

CHARLES BRONSON, H.M. WYNANT ET ROD STEIGER

Quelques années après « LA FLÈCHE BRISÉE » et bien longtemps avant « DANSE AVEC LES LOUPS », Samuel Fuller explorait les mêmes thématiques avec « LE JUGEMENT DES FLÈCHES », produit, écrit et réalisé par ses soins avec l’efficacité brut-de-décoffrage qu’on lui connaît.RUN3

Un film de Fuller se reconnaît à sa rapidité frénétique, par le fait qu’il entre d’emblée dans le vif du sujet, par son dialogue à l’emporte-pièce fait de formules assénées sans détour et par sa clarté narrative. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. Il prend comme protagoniste un soldat sudiste obtus et bas-du-front (Rod Steiger) qui refuse la défaite et que sa haine des Yankees pousse à partir pour le Far-West et à intégrer une tribu sioux. Devenu membre à part entière des ‘Lakotas’, il va servir de médiateur et de guide à une troupe de cavalerie chargée de bâtir un fort. Seulement l’homme blanc étant ce qu’il est, un officier belliqueux va violer le traité avec les Indiens. Steiger sera-t-il capable d’abattre des hommes blancs, seule façon de prouver qu’il a réellement « changé de peau » ?

Le scénario est aussi simple que passionnant par ses enjeux psychologiques. Tiraillé entre deux cultures, davantage motivé par le rejet des uns que par son attirance pour les autres, le soldat ‘O’Meara’ va littéralement se retrouver « le cul entre deux chaises ». Et il ne pourra pas supporter de voir son pire ennemi (Ralph Meeker) écorché vif par son peuple d’adoption. Le « voyage » de la balle avec laquelle il l’achèvera, est ce qu’il y a de plus brillamment synthétique et symbolique dans le film. Une idée de génie qui parcourt implicitement les 85 minutes de projection pour, à la toute fin, boucler la boucle de formidable façon. « RUN OF THE BULLET » aurait peut-être été un titre plus approprié !

La photo de Joe Biroc capture parfaitement des paysages fordiens, le montage est ultra-rapide (parfois trop !) et l’intérêt ne se relâche jamais. Fuller prend même soin de ne jamais céder au manichéisme et à l’angélisme : ses Indiens ne sont pas tous ses saints et certains visages pâles révèlent une humanité imprévue (le sergent qui sacrifie sa vie pour sauver un papoose muet s’enfonçant dans les sables mouvants, le capitaine humaniste campé par Brian Keith).

CARLETON YOUNG, ROD STEIGER, RALPH MEEKER ET CHARLES BRONSON

CARLETON YOUNG, ROD STEIGER, RALPH MEEKER ET CHARLES BRONSON

Malgré un accent irlandais peu nécessaire, Steiger incarne idéalement cet homme aussi épais mentalement qu’il l’est physiquement. À peine s’il arrive à se rendre attachant tant il s’efforce d’incarner ce « reb » avec réalisme et intégrité. Meeker est parfait en salopard mâchouillant un cigare, Jay C. Flippen aussi en vieux scout ivrogne. Charles Bronson apparaît peu dans un joli personnage de chef tolérant et méditatif, mais sa présence crève néanmoins l’écran, bien mise en valeur par les cadrages. À noter que la voix de Sarita Montiel (qui écope du rôle le moins bien écrit, ne débitant que du dialogue platement explicatif) est doublée par Angie Dickinson.

« LE JUGEMENT DES FLÈCHES » a très bien vieilli et demeure un western adulte et âpre, qui donne à réfléchir sur quelques sujets qui n’ont jamais été aussi brûlants qu’aujourd’hui.RUN4

 

LE JUGEMENT ENFIN RESPECTÉ !

SORTIE DU « JUGEMENT DES FLÈCHES » DE FULLER CHEZ WARNER ARCHIVES, ENFIN AU FORMAT RESPECTÉ. BIENTÔT LA CHRONIQUE !

SORTIE U.S. DU « JUGEMENT DES FLÈCHES » DE FULLER CHEZ WARNER ARCHIVES, ENFIN AU FORMAT RESPECTÉ. BIENTÔT LA CHRONIQUE !

 

« AVEC LES COMPLIMENTS DE… CHARLIE »

SORTIE DVD ANNONCÉE EN JUIN POUR LE POLAR HELVÉTICO-TEXAN DE BRONSON. ENFIN AU FORMAT RESPECTÉ ET EN 16/9 ? À SUIVRE...

SORTIE DVD ANNONCÉE EN JUIN POUR LE POLAR HELVÉTICO-TEXAN DE BRONSON. ENFIN EN VERSION INTÉGRALE ET EN 16/9 ? À SUIVRE…

 

BLUE SERGIO !

COFFRET BLU-RAY SERGIO LEONE EN MAI AUX U.S.A. RIEN DE NOUVEAU, MAIS UNE JOLIE JAQUETTE...

COFFRET BLU-RAY SERGIO LEONE EN MAI AUX U.S.A. RIEN DE NOUVEAU, MAIS UNE JOLIE JAQUETTE…

 

« MARTY » (1953)

NANCY MARCHAND ET ROD STEIGER

NANCY MARCHAND ET ROD STEIGER

Avant de réaliser « MARTY » en 1955, qui valut son Oscar à Ernest Borgnine et la reconnaissance de son auteur Paddy Chayefsky, Delbert Mann en avait déjà signé une adaptation TV dans la collection « THE PHILCO TELEVISION PLAYHOUSE », deux ans auparavant.

Si le film cinéma est réussi et émouvant, la version originelle, plus rudimentaire et esthétiquement ingrate, offre certainement une vision plus juste du texte, via son casting. En effet, Borgnine était parfaitement casté en « fat, ugly little guy » vieux garçon et rejeté par les femmes et Betsy Blair était touchante en vieille fille introvertie. Mais l’énergie positive du premier et la « laideur » toute relative de la seconde proposaient tout de même une version « hollywoodisée » de la triste vie de ces laissés-pour-compte, ces « dogs » mal-aimés, malades de solitude.

DON GORDON ET ROD STEIGER

DON GORDON ET ROD STEIGER

Rod Steiger et Nancy Marchand (qui sera la mère terrifiante de Tony dans « LES SOPRANO » des années plus tard) sont des incarnations beaucoup plus réalistes des personnages de Chayefsky. Lui, morose, cafardeux, sans charme, découragé, dégoûté par la vie, elle hypersensible mais handicapée par un physique réellement « difficile ». Leur scène chez Marty est aussi embarrassante que bouleversante et les larmes du pauvre boucher quand elle lui refuse un baiser, « cueillent » complètement et serrent la gorge. Sans doute une des meilleures choses qu’ait jamais faites Steiger.

Les seconds rôles sont impeccables, d’une justesse confondante, les scènes entre les deux vieilles Italiennes sont magnifiquement dialoguées. On aperçoit Don Gordon en crétin indélicat dans la boîte de nuit, Nehemiah Persoff en glandeur fan de Mickey Spillane.

 

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