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Archives de Catégorie: LES FILMS DE RUTGER HAUER

« LES FAUCONS DE LA NUIT » (1981)

SYLVESTER STALLONE FACE À RUTGER HAUER

SYLVESTER STALLONE FACE À RUTGER HAUER

Plus de trente ans après sa sortie, « LES FAUCONS DE LA NUIT » a étonnamment bien passé l’épreuve des ans et demeure, même s’il a toujours été très sous-évalué, un des grands polars des années 80 et un des meilleurs films de Sylvester Stallone en dehors de ses deux franchises à succès.FAUCONS2

Le simple fait que le méchant soit un terroriste lâché en plein New York donne aujourd’hui une stupéfiante actualité au scénario. C’est donc l’affrontement brutal et sans merci d’un flic à la Serpico et d’un poseur de bombes allemand campé par Rutger Hauer qui est le centre de gravité du film. Ça va vite, très vite même. Les séquences d’action sont très bien réglées et demeurent aussi palpitantes qu’au moment de leur tournage, en particulier la longue poursuite dans le métro, digne d’un Friedkin des grands jours. La seule chose qui date le film, sont en fait des détails comme les coupes de cheveux des comédiens, les vestes en cuir et les bérets. Les « eighties » dans toute leur splendeur, tout comme la BO un brin ringarde, mais plutôt efficace.

Sous la caméra alerte de Bruce Malmuth, « Big Apple » ressemble à ce qu’elle fut dans « DEATH WISH » : un cloaque grouillant de clochards inquiétants et de ‘muggers’ armés de crans d’arrêt, prêt à égorger le moindre passant. La photo est belle et réaliste, le montage hyper-tendu et les protagonistes se révèlent dans l’action, sans bavardages inutiles.

Stallone, sobre et en ‘underplay’ absolu, est parfait dans son emploi. Il s’offre le luxe de commencer et d’achever le film… déguisé en femme ! Ne jouant jamais de sa voix sépulcrale ou de ses muscles (il n’ôte pas sa chemise une seule fois !), il travaille son rôle en demi-teintes. C’était la bonne décision pour ne pas se faire bouffer tout cru par Hauer, qui crève l’écran dans un rôle aussi détestable que charismatique d’assassin sadique et imprévisible, dont il tire le maximum. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Billy Dee Williams en coéquipier soupe-au-lait et Joe Spinell en commissaire déplaisant. Nigel Davenport est très bien en spécialiste anglais de l’antiterrorisme.

« LES FAUCONS DE LA NUIT » est donc à redécouvrir et à réévaluer pour sa belle tenue générale et sa prémonition d’une nouvelle forme de violence.

RUTGER HAUER ET SYLVESTER STALLONE

RUTGER HAUER ET SYLVESTER STALLONE

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« UNE RACE À PART » (1984)

« UNE RACE À PART » est une étrange fable écologique, détournant les composantes du mythe alors récent de « RAMBO » pour la défense de la nature.

Rutger Hauer est un vétéran du Vietnam traumatisé – comme il se doit – propriétaire d’une île dont il protège les animaux, armes à la main s’il le faut. Parallèlement, un alpiniste (Powers Boothe) est payé par un collectionneur d’œufs d’oiseaux (Donald Pleasence, qui d’autre ?) pour lui rapporter des œufs d’aigle rarissimes quitte à éteindre définitivement l’espèce qui niche JUSTEMENT sur cette même île. Boothe devient l’ami du sauvage Rutger, mais ce n’est que pour mieux le trahir.

BREED

RUTGER HAUER, KATHLEEN TURNER, POWERS BOOTHE ET DONALD PLEASENCE

Le sujet n’est pas idiot et le scénario plutôt bien construit, mais comme beaucoup de films de cette période, le rythme languissant et des séquences d’action médiocres lui font prendre un méchant coup de vieux. Le film n’en est pas désagréable pour autant, surtout grâce à Hauer, qui compose un personnage original de défenseur des oiseaux en treillis, handicapé par un brushing déconcertant, mais qui parvient par la finesse de son jeu à rendre son héros anachronique très attachant. Boothe se sort bien d’un rôle plus ingrat mais évolutif et Kathleen Turner en épicière sexy, a un peu de mal à s’intégrer à l’histoire, tant ses apparitions semblent plaquées et assez inutiles.

À voir donc pour les fans du « hitcher » en bonne forme, pour de belles images de nature sauvage, de superbes gros-plans d’aigles à tête blanche et si on veut s’amuser un peu, pour le numéro de cabotinage réjouissant de Pleasence, bref mais bien déjanté et gloussant. Pas si mal en fait, tout ça…