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Archives de Catégorie: LES FILMS DE SAM PECKINPAH

JUNIOR IS COMING…

Eh bien, voilà ! Après plusieurs décennies d’éditions DVD hideuses recadrées ou en 4/3, « JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » sort enfin en Blu-ray ! Malgré le titre français bien ringard, c’est un des rares films de Sam Peckinpah où la violence n’occupe qu’une place très mineure, voire inexistante.BONNER

Le film sort seulement aux U.S.A. le 31 octobre, chez Kino Classics, mais c’est déjà un premier pas pour sortir de l’ombre ce joli opus nostalgique de « Bloody Sam », situé dans l’univers en sursis du rodéo et interprété par Steve McQueen, Ida Lupino, Robert Preston, Ben Johnson et Joe Don Baker.

C’était l’ultime film introuvable du réalisateur et de l’acteur principal (puisque « UNE CERTAINE RENCONTRE » sort également ces jours-ci), ce qui va pouvoir combler les emplacements demeurés longtemps vacants sur les étagères des complétistes.

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« SCHOOL DAYS » ET « BROWN » : deux épisodes de « The westerner »

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BRIAN KEITH

« SCHOOL DAYS » est un épisode de la courte série « THE WESTERNER », créée et produite par le jeune Sam Peckinpah, qui en signe également le scénario. Réalisé par le vétéran André De Toth, ce téléfilm de 26 minutes est d’une noirceur d’encre : notre héros, le vagabond Brian Keith fréquente une institutrice qui lui apprend à écrire son nom. Celle-ci est tuée par un plouc local qui cherchait à la violer et Keith l’abat. Mais il est capturé par les frères du mort et accusé d’avoir tué la jeune femme. Le potentat de la ville (R.G. Armstrong) s’apprête à le lyncher, mais le jeune shérif-adjoint s’interpose.

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R.G. ARMSTRONG ET DUB TAYLOR

L’épisode dépeint un Ouest sombre et glauque à souhait, l’image est charbonneuse, le dialogue âpre (on reconnaît au passage l’expression chère à ‘Bloody Sam’ : « Redneck peckerwood ») et quelques seconds rôles qu’il affectionnait comme Armstrong, John Anderson et Dub Taylor.

C’est assez violent : Keith d’abord tabassé par Armstrong, est forcé de creuser sa propre tombe avec un couteau de chasse, à part le deputy, tous les personnages sont ignobles ou lâches. Seul Keith garde sa dignité. Quand Armstrong s’excuse à la fin et lui offre quelques dollars en guise de dédommagement, il les refuse et l’envoie au tapis d’un crochet à la mâchoire, avec un air dégoûté.

« BROWN », réalisé par Peckinpah lui-même, sur un scénario de Bruce Geller est d’une tonalité entièrement différente. Il se focalise sur la rencontre quasi-burlesque entre Brian Keith et John Dehner – qu’on reverra plusieurs fois dans la série – autour du chien qui suit partout notre westerner. En effet, Dehner, gambler élégant et jovial, veut absolument acheter ‘Brown’ à son maître. Mais celui-ci refuse, quel que soit le prix et Dehner insiste, finissant par soûler le trop naïf drifter. Il n’y a pas de scénario à proprement parler, juste la longue biture carabinée des deux protagonistes de plus en plus complices, une grosse bagarre de saloon avec son lot de mobilier démoli, une ambiance de fête dans la ville qui annonce le début de « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA ». C’est du gros comique, ce qui n’était pas spécialement le point fort de Peckinpah, mais on remarque de jolis mouvements de caméra sur grue, un certain sens de l’authenticité et un goût de l’improvisation dans les séquences dialoguées entre Dehner, qu’on n’a jamais vu plus sympathique, et Keith. Parfois, « THE WESTERNER » était d’humeur badine ! Le plus amusant étant que, entouré de jolies entraîneuses peu farouches, les deux gaillards se tapent dessus pour… un chien.

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JOHN DEHNER, « BROWN » ET BRIAN KEITH

 

LE WESTERNER ARRIVE !

WESTERNER DVD

SORTIE AUX U.S.A. DE LA SÉRIE CRÉÉE PAR SAM PECKINPAH AVEC BRIAN KEITH EN VEDETTE ET CONTENANT DÉJÀ TOUS SES THÈMES…

 

BLUE NEWS FROM AMERICA…

BR US

KIRK ET BURT, HITCHCOCK ET PECKINPAH : QUATRE SORTIES BLU-RAY AUX U.S.A. À FAIRE SALIVER « BDW2 » ET SES AMIS.

 

« HOW TO KILL A WOMAN » : épisode de « Gunsmoke » écrit par Sam Peckinpah

GUNSMOKE ROBERTS

PERNELL ROBERTS

« HOW TO KILL A WOMAN » est un épisode de la 3ème saison de « GUNSMOKE » réalisé par John Rich, sur un scénario de Sam Peckinpah, crédité au générique en tant que ‘David S. Peckinpah’.

Un bien curieux scénario, soit dit en passant, dont les événements se succèdent sans réelle logique et dont les protagonistes ont des motivations pour le moins compliquées voire obscures : un hors-la-loi (Pernell Roberts) dévalise la même diligence plusieurs jours de suite et abat froidement des passagers. C’est en fait une provocation adressée à Barry Atwater, gérant du relais voisin. Pourquoi ? Eh bien… Il y a quelques années, Roberts avait couché avec la femme d’Atwater qui en le découvrant avait abattu celle-ci. Depuis, Roberts cherche à se venger. Oui, même ainsi résumé, cela semble totalement illogique ! L’auteur a visiblement voulu prendre le contrepied des clichés westerniens en inversant les rôles vengeur/proie. Pas très concluant…

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JAMES ARNESS ET BARRY ATWATER

Heureusement, les acteurs tiennent la route, et James Arness semble particulièrement décontracté dans son rôle-fétiche de marshal ultra-cool qui abattra finalement le pistolero sans ciller et en le criblant de balles.

À retenir donc essentiellement pour le complétiste fou de Peckinpah, qui signa ce scénario l’année de ses débuts en tant qu’auteur de TV. Il écrira dix autres scripts pour « GUNSMOKE », espérons-le plus compréhensibles !

 

SAM FOREVER…

NOUVEL OUVRAGE CONSACRÉ À PECKINPAH, SUITE À LA RÉTROSPECTIVE DU FESTIVAL DE LOCARNO...

SORTIE D’UN NOUVEL OUVRAGE CONSACRÉ À SAM PECKINPAH, SUITE À LA RÉTROSPECTIVE DU FESTIVAL DE LOCARNO…

 

« OSTERMAN WEEK-END » (1983)

RUTGER HAUER

RUTGER HAUER

Un roman de Ludlum, une mise-en-scène de Peckinpah, une BO de Schifrin et un casting à faire saliver n’importe quel cinéphile normalement constitué. Sur le papier, « OSTERMAN WEEK-END » a tout pour taper dans le mille. Et qu’il soit en plus l’ultime film réalisé par ‘Bloody Sam’, incite à l’indulgence par avance.WK3

Mais il s’avère un peu dur de s’attacher à ce film paranoïaque et inutilement tortueux, qui développe une intrigue absconse, des personnages tellement troubles qu’on finit par s’en désintéresser complètement, pour aboutir à un dénouement décevant en queue-de-poisson. De la Guerre Froide au complot d’un politicien va-t-en-guerre en passant par l’ingérence du KGB, on n’aboutit en fin de compte qu’à une bête histoire de vengeance.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans « OSTERMAN WEEK-END ». Sam Peckinpah était au bout de son rouleau, mais pas encore tout à fait mort. Il gère bien l’aspect prémonitoire d’une Amérique assujettie aux médias et aux images trafiquées et démultipliées, on reconnaît sa patte dans quelques (rares) scènes d’action et la fausse tête de chien dans le frigo est un évident clin d’œil au chat dans le placard des « CHIENS DE PAILLE ». Reste que la photo est tristounette, que le montage abuse de fondus-enchaînés redondants et que les acteurs semblent tous très mal à l’aise.

Rutger Hauer est un curieux choix pour jouer ce journaliste politique ‘All American’ (même si le dialogue tente de justifier son accent étranger de façon maladroite) et patriote, John Hurt virevolte dans un rôle ambigu de tireur de ficelles à moitié fou, Meg Foster a une belle présence physique dans un personnage sous-exploité. Et Burt Lancaster retrouve son emploi-fétiche de facho intelligent et dangereux qui avait déjà fait ses preuves dans « 7 JOURS EN MAI » et « EXECUTIVE ACTION » : il arrive encore à être inquiétant.

RUTGER HAUER, JOHN HURT ET BURT LANCASTER

RUTGER HAUER, JOHN HURT ET BURT LANCASTER

À voir donc, pour le complétiste peckinpien (celui qui trouve par exemple que « TUEUR D’ÉLITE » est remarquable et que « CONVOI » a des qualités !), qui cherchera envers et contre tout des traces, même infimes, du génie du vieux Sam.