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Archives de Catégorie: LES FILMS DE SAM PECKINPAH

LE WESTERNER ARRIVE !

WESTERNER DVD

SORTIE AUX U.S.A. DE LA SÉRIE CRÉÉE PAR SAM PECKINPAH AVEC BRIAN KEITH EN VEDETTE ET CONTENANT DÉJÀ TOUS SES THÈMES…

 

BLUE NEWS FROM AMERICA…

BR US

KIRK ET BURT, HITCHCOCK ET PECKINPAH : QUATRE SORTIES BLU-RAY AUX U.S.A. À FAIRE SALIVER « BDW2 » ET SES AMIS.

 

« HOW TO KILL A WOMAN » : épisode de « Gunsmoke » écrit par Sam Peckinpah

GUNSMOKE ROBERTS

PERNELL ROBERTS

« HOW TO KILL A WOMAN » est un épisode de la 3ème saison de « GUNSMOKE » réalisé par John Rich, sur un scénario de Sam Peckinpah, crédité au générique en tant que ‘David S. Peckinpah’.

Un bien curieux scénario, soit dit en passant, dont les événements se succèdent sans réelle logique et dont les protagonistes ont des motivations pour le moins compliquées voire obscures : un hors-la-loi (Pernell Roberts) dévalise la même diligence plusieurs jours de suite et abat froidement des passagers. C’est en fait une provocation adressée à Barry Atwater, gérant du relais voisin. Pourquoi ? Eh bien… Il y a quelques années, Roberts avait couché avec la femme d’Atwater qui en le découvrant avait abattu celle-ci. Depuis, Roberts cherche à se venger. Oui, même ainsi résumé, cela semble totalement illogique ! L’auteur a visiblement voulu prendre le contrepied des clichés westerniens en inversant les rôles vengeur/proie. Pas très concluant…

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JAMES ARNESS ET BARRY ATWATER

Heureusement, les acteurs tiennent la route, et James Arness semble particulièrement décontracté dans son rôle-fétiche de marshal ultra-cool qui abattra finalement le pistolero sans ciller et en le criblant de balles.

À retenir donc essentiellement pour le complétiste fou de Peckinpah, qui signa ce scénario l’année de ses débuts en tant qu’auteur de TV. Il écrira dix autres scripts pour « GUNSMOKE », espérons-le plus compréhensibles !

 

SAM FOREVER…

NOUVEL OUVRAGE CONSACRÉ À PECKINPAH, SUITE À LA RÉTROSPECTIVE DU FESTIVAL DE LOCARNO...

SORTIE D’UN NOUVEL OUVRAGE CONSACRÉ À SAM PECKINPAH, SUITE À LA RÉTROSPECTIVE DU FESTIVAL DE LOCARNO…

 

« OSTERMAN WEEK-END » (1983)

RUTGER HAUER

RUTGER HAUER

Un roman de Ludlum, une mise-en-scène de Peckinpah, une BO de Schifrin et un casting à faire saliver n’importe quel cinéphile normalement constitué. Sur le papier, « OSTERMAN WEEK-END » a tout pour taper dans le mille. Et qu’il soit en plus l’ultime film réalisé par ‘Bloody Sam’, incite à l’indulgence par avance.WK3

Mais il s’avère un peu dur de s’attacher à ce film paranoïaque et inutilement tortueux, qui développe une intrigue absconse, des personnages tellement troubles qu’on finit par s’en désintéresser complètement, pour aboutir à un dénouement décevant en queue-de-poisson. De la Guerre Froide au complot d’un politicien va-t-en-guerre en passant par l’ingérence du KGB, on n’aboutit en fin de compte qu’à une bête histoire de vengeance.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans « OSTERMAN WEEK-END ». Sam Peckinpah était au bout de son rouleau, mais pas encore tout à fait mort. Il gère bien l’aspect prémonitoire d’une Amérique assujettie aux médias et aux images trafiquées et démultipliées, on reconnaît sa patte dans quelques (rares) scènes d’action et la fausse tête de chien dans le frigo est un évident clin d’œil au chat dans le placard des « CHIENS DE PAILLE ». Reste que la photo est tristounette, que le montage abuse de fondus-enchaînés redondants et que les acteurs semblent tous très mal à l’aise.

Rutger Hauer est un curieux choix pour jouer ce journaliste politique ‘All American’ (même si le dialogue tente de justifier son accent étranger de façon maladroite) et patriote, John Hurt virevolte dans un rôle ambigu de tireur de ficelles à moitié fou, Meg Foster a une belle présence physique dans un personnage sous-exploité. Et Burt Lancaster retrouve son emploi-fétiche de facho intelligent et dangereux qui avait déjà fait ses preuves dans « 7 JOURS EN MAI » et « EXECUTIVE ACTION » : il arrive encore à être inquiétant.

RUTGER HAUER, JOHN HURT ET BURT LANCASTER

RUTGER HAUER, JOHN HURT ET BURT LANCASTER

À voir donc, pour le complétiste peckinpien (celui qui trouve par exemple que « TUEUR D’ÉLITE » est remarquable et que « CONVOI » a des qualités !), qui cherchera envers et contre tout des traces, même infimes, du génie du vieux Sam.

 

« THE AUTHENTIC DEATH & CONTENTIOUS AFTERLIFE OF PAT GARRETT & BILLY THE KID »

Paul Seydor est un monteur américain, qui a écrit des ouvrages de référence sur l’œuvre de Sam Peckinpah, qui a signé le documentaire « THE WILD BUNCH : A PORTRAIT IN MONTAGE » et fut engagé comme consultant sur le remontage de « PAT GARRETT & BILLY THE KID » effectué en 2005.SEYDOR

« THE AUTHENTIC DEATH & CONTENTIOUS AFTERLIFE OF PAT GARRETT & BILLY THE KID » est un ouvrage définitif sur l’ultime western de ‘Bloody Sam’, écrit avec un soin maniaque, une méticulosité exhaustive et un amour pour son sujet, qui en font une lecture fascinante, parfois fastidieuse tant l’écriture est détaillée, mais en tout cas ne laissant plus aucune zone floue et déboulonnant de vieux mythes. Ainsi, à notre grande surprise, Seydor réhabilite-t-il la version « courte » du film, celle qui fut exploitée en salles en 1973, affirmant qu’elle fut soigneusement exécutée et que Peckinpah n’en fut pas « viré » par le producteur comme on le dit trop souvent, mais refusa d’y travailler. La version « charcutée » exista toutefois et fut montée par le studio, mais ne fut pas exploitée et pratiquement jamais visionnée.

Seydor commence son livre par un cours d’Histoire ultra-documenté sur la véritable histoire de l’homme de loi et du jeune bandit (laissant entendre au passage qu’ils se connaissaient bel et bien, mais ne furent probablement jamais amis). Il se penche ensuite sur le roman de Charles Neider « THE AUTHENTIC DEATH OF HENDRY JONES » que Peckinpah adapta à la fin des années 50 pour Marlon Brando, avant d’être éjecté du projet qui devint « LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES ». Il embraye sur le scénario que Rudy Wurlitzer écrivit pour Monte Hellman et que Peckinpah s’appropria pour le réécrire entièrement et en faire le film qu’on connaît aujourd’hui.

Rien n’est laissé dans l’ombre : ni les conflits pendant le tournage, ni les hésitations de casting (si James Coburn fut son premier choix, Peckinpah fut tout près d’engager… Rod Steiger, qu’il adorait !), ni la post-production épique, ni les multiples versions du montage, qui font de « PAT GARRETT & BILLY THE KID » un des quelques chefs-d’œuvre à jamais inachevés de l’Histoire du cinéma, avec « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » et plusieurs films d’Orson Welles.

À lire absolument en espérant une traduction française. Car ce livre est au fond, une magnifique leçon de cinéma lucide et sans concession.

 

« COUPS DE FEU DANS LA SIERRA » (1962)

RANDOLPH SCOTT ET JOEL McCREA

RANDOLPH SCOTT ET JOEL McCREA

À revoir aujourd’hui « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA », le film de Sam Peckinpah qui a le moins souffert de ses conflits avec les producteurs, qui n’a jamais été mutilé, remonté et qui a toujours été reconnu comme le chef-d’œuvre qu’il est, on ne peut que constater qu’il n’a pas pris une ride et qu’il est l’œuvre la plus « finie » et finalement la plus « pure » de son auteur.COUPS2

Dès les premiers plans, les thèmes sont installés : Joel McCrea n’est pas un héros vieillissant. Il est carrément VIEUX. Blanchi, usé, les vêtements élimés, myope. Et son ancien coéquipier Randolph Scott, à peine plus fringant, est devenu un clown, un tireur de fête foraine emperruqué. Ensemble ils vont tenter une ultime aventure, certes minable, mais qui leur permettra peut-être de mourir la tête haute (adaptation de la magnifique mais intraduisible réplique de ‘Judd’ : « Enter my house justified »). C’est en imaginant ce qu’aurait fait un Burt Kennedy par exemple, d’un tel scénario, qu’on comprend le génie singulier de Peckinpah. Ici, point de pittoresque, d’humour grivois, de personnages cocasses. L’Ouest qu’il décrit est boueux, puant et déprimant. Et la séquence du mariage de la virginale Mariette Hartley à un prospecteur bestial tient du pur cauchemar : prostituées fanées comme témoins, maquerelle obèse comme maîtresse de cérémonie et la révélation subite qu’elle sera très certainement « prêtée » par son mari à ses quatre frangins débiles mentaux. L’Ouest, le vrai…

Magnifiquement filmé et photographié (Lucien Ballard), scénarisé au cordeau et bénéficiant de quelques-unes des plus belles répliques écrites par Peckinpah, « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA » brosse le portrait d’une ancienne légende du Far-West en pleine déchéance, mais d’une dignité impeccable, admirable et pathétique à la fois. McCrea y donne la performance de sa vie. Tout comme Scott d’ailleurs, qu’on n’a jamais vu aussi animé et complexe. Leurs échanges annoncent de façon aveuglante ceux que William Holden et Robert Ryan auraient pu avoir dans « LA HORDE SAUVAGE », s’ils avaient eu des scènes ensemble. Autour des deux vétérans, une fratrie d’enfer : James Drury (« LE VIRGINIEN »), John Anderson, L.Q. Jones, Warren Oates (en crétin illuminé traversé d’éclairs d’intelligence) et John Davis Chandler en frangins totalement repoussants. Jones a « son » moment à lui, une agonie qui prend au dépourvu. Le visage de la brute épaisse, alors qu’il sent venir la mort, retrouve subitement son innocence enfantine. Sublime idée, sublimes secondes gravées sur pellicule.

MARIETTE HARTLEY, WARREN OATES ET L.Q. JONES

MARIETTE HARTLEY, WARREN OATES ET L.Q. JONES

C’est un très grand et beau western, qui contient déjà tous les thèmes que Peckinpah développera plus tard dans sa carrière. À la différence qu’ici il ne s’encombre pas d’artifices comme les ralentis ou le montage syncopé. Le duel final est une pure merveille de mise-en-scène.

À noter que lors d’une scène à cheval où McCrea parle de sa jeunesse à Scott, il mentionne qu’il fut jadis un voyou, membre d’une « horde sauvage ». Oui, tout était bien déjà là !