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Archives de Catégorie: LES FILMS DE STEVE McQUEEN

UN McQUEEN INÉDIT ?

Jusqu’à présent personne n’avait osé. Pas même les Italiens. D’ailleurs, on se disait qu’il fallait être sacrément culotté pour éditer « DIXIE DYNAMITE », série B de poursuites redneck avec Warren Oates et Christopher George, un vrai et pur nanar, en tant que nouveau film avec Steve McQueen en vedette !DIXIE

Eh bien, c’est chose faite ! Et l’exploit nous vient d’Allemagne. Il faut savoir que McQueen, alors semi-retraité, était allé rendre visite à ses potes cascadeurs sur ce tournage et qu’il avait accepté d’effectuer des courses à moto. Il apparaît quelques secondes, vêtu d’une combinaison verte, en plan large et le visage entièrement dissimulé par son casque. Oui, le Steve n’était qu’un anonyme cascadeur impossible à identifier dans « DIXIE DYNAMITE » ! On aimerait tant voir la tête de ses fans quand ils vont glisser le DVD dans leur lecteur, attendant fébrilement qu’apparaisse leur héros.

À noter que si son nom apparaît seul au-dessus du titre, son visage est étonnamment absent de la jaquette. Sursaut d’honnêteté ou simple flemme de refaire l’affiche ?

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« LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » (1965)

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STEVE McQUEEN

Après « THE DEFENDER » pour la TV, « UNE CERTAINE RENCONTRE », « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » marque la 3ème et ultime collaboration entre le réalisateur Robert Mulligan et Steve McQueen. Du bien beau linge au générique : Horton Foote (scénario d’après sa pièce), Alan J. Pakula (production), Ernest Laszlo (photo) et Elmer Bernstein (Musique). Le gratin !BABY.jpg

Le film conte les retrouvailles entre une jeune femme (Lee Remick) et son mari (McQueen) emprisonné depuis la naissance de leur fille. Rocker à ses heures, l’homme est surtout un orphelin traumatisé par des années de maltraitances perpétrées par sa mère adoptive. Il est devenu une bombe à retardement sans espoir de rédemption. Un drame sudiste sombre et lourd de névroses, étrangement bâti autour du seul McQueen et délaissant un peu trop Remick, pourtant en tête de générique. Au sommet de sa gloire, l’acteur, à 35 ans, semble bien trop âgé pour ce rôle qui en a facilement dix de moins. Cela biaise le personnage, le rend bizarre et décalé. Tout le monde le traite comme un délinquant juvénile, un « gamin » à problèmes, alors qu’il fait bel et bien son âge réel. Ce n’est pas la seule fois que McQueen connaîtra ce problème à l’écran. Autant il est remarquable dans les scènes de violence ou lorsqu’il gravit l’escalier de sa tortionnaire, tel un gamin apeuré, autant il est à côté de la plaque en chanteur, doublé qui plus est par une voix qui ne lui correspond nullement (celle de Billy Strange, en l’occurrence). Remick n’a pas grand-chose à défendre, hélas, dans un rôle insuffisamment développé et qui aurait mérité de l’être, Don Murray est bien en gentil shérif.

Malgré ses partis-pris discutables, « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » est un film intéressant, un peu bancal et manquant de centre de gravité, mais la façon qu’a Mulligan de filmer la marâtre agonisante, comme une sorcière malfaisante, flirte avec le film d’horreur et cristallise parfaitement les traumas de McQueen.

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LEE REMICK, STEVE McQUEEN ET GEORGIA SIMMONS

 

« L’HOMME QUI AIMAIT LA GUERRE » (1962)

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STEVE McQUEEN

En regardant attentivement la filmo de Steve McQueen, on se rend compte qu’entre 1962 et ’63, il a joué trois fois le même rôle d’affilée : le chien de guerre obsessionnel, solitaire, insoumis, à la limite du psychopathe. D’abord dans « L’ENFER EST POUR LES HÉROS », puis dans « L’HOMME QUI AIMAIT LA GUERRE » où le portrait s’approfondit et enfin dans « LA GRANDE ÉVASION » où il est teinté d’humour et d’héroïsme hollywoodien.WAR2.jpg

Le film de l’anglais Philip Leacock offre certainement à l’acteur un des rôles les plus proches de sa véritable personnalité qu’il ait jamais joués. Pilote émérite, canaille narcissique et arrogante mais extrêmement douée, « Buzz » est un personnage odieux et fascinant, un prédateur amoral et cruel, sans pitié pour les faibles. Il faut l’avoir vu humilier gratuitement une grosse serveuse dans un bar, ou tenter de séduire la girl friend de son meilleur ami dès que celui-ci a le dos tourné. Un sale type, un « bad boy » dont les côtés répulsifs finissent par prendre le dessus sur un indéniable charisme. McQueen nage comme un poisson dans l’eau, il semble connaître le moindre recoin de cet individu complexe et dangereux dont il laisse deviner l’âme noire et la désespérance. Sans lui, le film n’aurait été qu’un mélodrame de plus sur la WW2, comme le prouvent les séquences entre Robert Wagner et Shirley Ann Field, d’une irritante mièvrerie. L’ambiance de l’Angleterre sous les bombes est honnêtement rendue, les scènes aériennes sont raisonnablement efficaces, mais si « L’HOMME QUI AIMAIT LA GUERRE » mérite d’être revu aujourd’hui, ce sera uniquement pour l’intensité fiévreuse et suicidaire de Steve McQueen qui incarne son personnage sans jamais tenter de le rendre émouvant ou un tant soit peu sympathique : Buzz Rickson est un malade mental, probablement détruit par une jeunesse terrible dont on ne saura rien. Et c’est seul qu’il finira, faisant corps avec son avion appelé « the body ». Un de ses meilleurs rôles dans un film hélas, pas tout à fait à la hauteur.

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ROBERT WAGNER, SHIRLEY ANN FIELD ET STEVE McQUEEN

 

« L’ENFER EST POUR LES HÉROS » (1962)

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STEVE McQUEEN

« L’ENFER EST POUR LES HÉROS » de Don Siegel s’inscrit nettement dans les travées du « ATTACK ! » de Robert Aldrich (1956) et ressemble fort à un long épisode de l’excellente série TV « COMBAT ! », qui démarra la même année.HELL2.jpeg

Situé en 1944 en France, le scénario suit une poignée de soldats américains chargés de détruire une position allemande, dans un effort désespéré et dérisoire, vu leur nombre. Au-delà d’une histoire vue et revue, d’un traitement en huis clos à ciel ouvert, le film vaut surtout pour sa galerie de personnages et son noir & blanc tranchant qui transforme les visages en masques boueux d’outre-tombe. Steve McQueen n’a pas à proprement parler le premier rôle, il tient sa place dans un casting « choral », mais il joue certainement le personnage le plus fascinant et énigmatique. Indiscipliné et désagréable, il incarne un psychopathe mutique ultra-professionnel, en tension permanente et imperméable à toute humanité. Siegel semble nous dire qu’un « héros » n’est rien d’autre que cela et que c’est avec des « Reese » qu’on gagne les guerres. C’est un des plus beaux rôles de McQueen, un de ceux où ne filtrent aucun maniérisme, pas l’ombre d’un tic de jeu. Une machine à tuer dont l’héroïsme final tient de la démence suicidaire. Autour de lui de bons acteurs comme Harry Guardino, L.Q. Jones (à peine visible, au début) ou James Coburn, excellent en caporal myope pétri de doutes et aussi hélas, de moins bons comme le fade Fess Parker et les insupportables Bobby Darin et Bob Newhart dans des emplois comiques s’intégrant affreusement mal à l’ensemble. Ils gâchent bon nombre de scènes et ternissent un film qu’on aurait bien aimé qualifier de chef-d’œuvre. Mais on les voit beaucoup trop pour cela et c’est une vrai faute de goût !

Malgré ce défaut, malgré des moyens manifestement insuffisants, « L’ENFER EST POUR LES HÉROS » s’efforce au réalisme : les soldats meurent en hurlant de douleur et en perdant leurs tripes. C’est un film honnête et souvent puissant, à voir de toute façon pour la performance de McQueen qui joue Reese comme un mort-vivant au regard halluciné. Il ne tombe le masque qu’une seule fois, lorsqu’il revient secoué d’une sortie nocturne, et affiche une expression d’enfant perdu et vulnérable.

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JAMES COBURN, HARRY GUARDINO ET STEVE McQUEEN

 

« PAPILLON » (1973)

papi2Adapté du best-seller controversé d’Henri Charrière (1906-1973), lui-même inspiré de ses souvenirs du bagne de Guyane, « PAPILLON » est une coproduction franco-américaine réalisée par Franklin J. Schaffner.

Le film, qui dure tout de même 150 minutes, est un curieux mélange d’ultra-réalisme, pour ce qui concerne la reconstitution historique, et de grosse machine hollywoodienne via la présence de Steve McQueen dans le rôle-titre. Celui-ci trimbale avec lui sa mythologie d’éternel taulard irréductible de cinéma, flanqué de Dustin Hoffman dans un rôle oscillant entre la covedette et le second rôle hypertrophié, pour faire une belle affiche. Le tandem fonctionne bon an, mal an, mais McQueen bien plus à son aise dans cet univers de violence et d’exotisme, finit par éclipser Hoffman qui surjoue la moindre situation, compose à outrance avec ses expressions de rat affolé et sa démarche de pantin. Autour des deux stars, de bons seconds rôles font des apparitions, comme le fidèle acolyte de McQueen, Don Gordon en forçat qui s’auto-mutile, Anthony Zerbe méconnaissable en lépreux, Victor Jory plus vrai que nature en chef indien et William Smithers, excellent en garde-chiourme inhumain. On reconnaît Richard Farnsworth en chasseur de primes.

Très bien photographié, porté par une ample BO de Jerry Goldsmith, « PAPILLON » est riche en morceaux de bravoure, en moments exaltants, en prouesses de mise-en-scène (la très longue séquence à l’intérieur de cachot en pénombre où Papillon passe deux ans). Mais il n’échappe pas aux naïvetés (les rêves délirants du prisonnier ou le séjour paradisiaque chez les Indiens) ni aux longueurs. On peut également tiquer sur des maquillages peu convaincants, surtout dans les vieillissements de la fin. Mais le film vaut d’être vu, ne serait-ce que pour la performance de McQueen – sans doute ce qu’il a fait de mieux dans sa carrière – d’une présence de chaque instant, fouillant son personnage jusqu’au moindre détail, du sourire à la gestuelle. La scène où complètement ravagé par l’isolement, il passe la tête par un trou dans sa porte de cellule et demande à un codétenu de quoi il a l’air, est un sommet de sa carrière d’acteur. « PAPILLON » est un beau film âpre et violent, n’édulcorant pas trop le matériau de base, mais qui semble parfois s’égarer en route et perdre en énergie vitale. À voir pour la maîtrise de Schaffner qui filme la nature comme personne et pour Steve McQueen, dont ce fut le dernier vraiment grand rôle. Notons tout de même qu’une fois de plus (après « THE BLOB », « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » ou « NEVADA SMITH » entre autres), l’acteur de 43 ans est bien plus âgé que son personnage, qui en avait à peine 30 quand il a débarqué au bagne.

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STEVE McQUEEN ET DUSTIN HOFFMAN

 
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AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 89 ANS…

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THE REIVERS !

REIVERS BR

SORTIE ALLEMANDE EN BLU-RAY DE « REIVERS », UN DES FILMS LES MOINS CONNUS DE McQUEEN. PISTE ET SOUS-TITRES ANGLAIS ANNONCÉS !