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Archives de Catégorie: LES FILMS DE STEVE McQUEEN

« LA TOUR INFERNALE » (1974)

TOUR.jpg45 ans après sa sortie, « LA TOUR INFERNALE » est encore la référence n°1 du film-catastrophe pré-CGI, le seul probablement qui restera dans l’Histoire. La question est : a-t-il vieilli ? Oui, bien sûr. Le scénario linéaire et moralisateur (les fornicateurs sans doute adultères sont les premiers à mourir), la photo de téléfilm (de luxe !), les clichés antédiluviens et certaines transparences d’un autre âge, ne passent pas toujours très bien la rampe. Mais John Guillermin et Irwin Allen (producteur et coréalisateur pour les séquences d’action) ont du savoir-faire et le film tient la route malgré tout.

L’attrait principal, outre les plans d’incendie impressionnants, est la distribution, qui aligne des vétérans du vieil Hollywood (William Holden, Jennifer Jones, Fred Astaire), des stars de TV (Robert Wagner, Richard Chamberlain, Robert Vaughn), un sportif (O.J. Simpson) et trois superstars contemporaines : Paul Newman, Steve McQueen et Faye Dunaway. Ça fait du beau linge, mais il ne faut pas s’attendre à les voir accomplir des prouesses. Ils tiennent des rôles très unidimensionnels, surtout physiques, qui n’exploitent qu’un faible pourcentage de leur charisme. Newman peine à donner de l’épaisseur et même de l’homogénéité à ce rôle d’architecte un brin prima donna sur les bords. Il oscille d’une scène à l’autre entre le quidam paralysé par la trouille et le casse-cou. McQueen ne se fatigue pas trop, mais rafle la mise parce qu’il a le seul personnage héroïque du film. Les autres comédiens sont tous sous-utilisés et passent leur temps à grimacer d’angoisse avec un ventilo dans la figure. Mais cela fait tout de même plaisir de les voir tous réunis ! Mais franchement, faire jouer à Vaughn un politicien visqueux, n’est-ce pas un pléonasme ?

On peut revoir « LA TOUR INFERNALE » donc, sans trop de crainte d’être déçu. Le spectacle dure pas loin de trois heures, mais ce qui aide à tenir, c’est de voir du VRAI feu, des cascadeurs prenant de VRAIS risques, des vedettes visiblement malmenées, au visage marqué par la fatigue, bien loin des acrobaties devant des écrans verts qu’on nous sert depuis trop longtemps. Rien que pour ça…

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STEVE McQUEEN, FAYE DUNAWAY ET PAUL NEWMAN

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AUJOURD’HUI, IL AURAIT 88 ANS…

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« JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » (1972)

 

BONNER copie« JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » (encore un titre français bien gratiné !) fait partie des films « à part » de Sam Peckinpah. Une de ces œuvrettes nostalgiques, un peu informes, teintées de comédie pas spécialement légère, à l’instar de son téléfilm « THE LOSERS » ou de « UN NOMMÉ CABLE HOGUE ».

Malgré les réelles qualités de celui-ci, force est de reconnaître qu’il ne fait pas partie de ce que ‘Bloody Sam’ a fait de plus mémorable. Il nous offre un week-end au sein de l’Amérique profonde, le temps d’un rodéo. Le ton est documentaire (la moitié du métrage semble être l’œuvre d’une seconde équipe), la photo de Lucien Ballard très naturaliste, le rythme totalement relâché, le scénario réduit à sa plus simple expression. La thématique : le vieil Ouest englouti par les bulldozers du progrès en marche, l’Amérique des pionniers transformée en carnaval grotesque pour touristes, est beaucoup trop mise en avant et frôle le prêchi-prêcha énervant. Les séquences de rodéos, les bagarres de saloon semblent interminables et l’ennui s’installe au bout d’une demi-heure pour ne faire que s’épaissir.

Reste le style souvent imité mais inimitable du réalisateur, le charme du casting, indéniable : Steve McQueen qui, à 42 ans, a perdu de son animalité et campe un champion mûrissant, un loser usé refusant (ou incapable) de changer de vie, quitte à tout perdre. Le corps meurtri, c’est toujours un tombeur charismatique, mais l’âge a ralenti ses réflexes et éteint son agressivité. Il fait une prestation attachante, rare dans sa carrière. Robert Preston et Ida Lupino jouent ses parents, ils ont un face-à-face magnifique vers la fin, Joe Don Baker est le frère cadet, promoteur cynique et « homme du futur » contribuant à enterrer définitivement l’Ouest légendaire. On retrouve Ben Johnson et Bill McKinney.

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STEVE McQUEEN, IDA LUPINO, ROBERT PRESTON ET JOE DON BAKER

« JUNIOR BONNER » semble trop improvisé et sans colonne vertébrale pour passionner vraiment. Il est à voir bien sûr, si on aime Peckinpah et McQueen (qui devaient se retrouver la même année pour le plus probant « GUET-APENS »), mais il est difficile de se passionner ou même de lui garder une réelle affection. À peine une indifférence amicale…

 

« UNE CERTAINE RENCONTRE » (1963)

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NATALIE WOOD

EN 1963, Natalie Wood avait été sacrée star deux ans plus tôt grâce à « WEST SIDE STORY » et Steve McQueen était entré dans la cour des grands quelques mois auparavant avec le succès de « LA GRANDE ÉVASION ». Aussi, les réunir pour « UNE CERTAINE RENCONTRE » apparaît comme un joli « coup ».PROPER

Mais la signature de Robert Mulligan (qui avait déjà dirigé McQueen à la TV) laisse deviner qu’il ne s’agit pas d’un opportuniste ‘package’ hollywoodien. Dans la lignée d’œuvres intimistes et réalistes comme « MARTY » (1955), « UN CERTAINE RENCONTRE » traite des mœurs d’une jeunesse de plus en plus libérée sexuellement et des conséquences funestes de cette libération : l’avortement. Démarrant en drame triste et sordide (la visite chez l’avorteuse, un dimanche dans un immeuble vétuste est franchement terrible), le film parvient à redresser la barre et raconte avec bienveillance et finesse une histoire d’amour à l’envers : Natalie et Steve ont couché ensemble avant le début du film, elle est tombée enceinte et lui, musicien fauché et immature, décide contre toute attente de l’aider. C’est seulement alors qu’ils commenceront à s’attacher l’un à l’autre. Tourné dans un joli noir & blanc, en son direct, soignant particulièrement les seconds rôles (la famille italienne d’Angela est extraordinairement bien croquée), le film dégage un charme de plus en plus intoxicant. Il le doit beaucoup au charisme de ses vedettes au sommet de leur art. Elle, déterminée, forte et fragile, les nerfs à vif, comme un oiseau en cage, lui indolent, tout en mimiques enfantines, apparemment cynique mais au fond sensible et fiable. L’alchimie fonctionne à plein régime. Cela restera un des très rares rôles « normaux » de McQueen, au milieu d’une collection d’aventuriers, de militaires, de braqueurs et de ‘tough guys’ de tous poils. Et il s’y montre plus qu’à la hauteur.

Longtemps invisible, « UNE CERTAINE RENCONTRE » vient de sortir en Blu-ray aux U.S.A. Espérons une diffusion plus large, car c’est un film délicat et très attachant, qui mérite d’être redécouvert et apprécié à sa juste valeur.

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STEVE McQUEEN ET NATALIE WOOD

 

JUNIOR IS COMING…

Eh bien, voilà ! Après plusieurs décennies d’éditions DVD hideuses recadrées ou en 4/3, « JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » sort enfin en Blu-ray ! Malgré le titre français bien ringard, c’est un des rares films de Sam Peckinpah où la violence n’occupe qu’une place très mineure, voire inexistante.BONNER

Le film sort seulement aux U.S.A. le 31 octobre, chez Kino Classics, mais c’est déjà un premier pas pour sortir de l’ombre ce joli opus nostalgique de « Bloody Sam », situé dans l’univers en sursis du rodéo et interprété par Steve McQueen, Ida Lupino, Robert Preston, Ben Johnson et Joe Don Baker.

C’était l’ultime film introuvable du réalisateur et de l’acteur principal (puisque « UNE CERTAINE RENCONTRE » sort également ces jours-ci), ce qui va pouvoir combler les emplacements demeurés longtemps vacants sur les étagères des complétistes.

 

36 ANS, JOUR POUR JOUR…

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LE 7 NOVEMBRE 1980 DISPARAISSAIT STEVE McQUEEN À L’ÂGE DE 50 ANS. LA STAR EST DEVENUE ICÔNE. ICI, DANS LE DERNIER PLAN DE « BULLITT ».

 

YUL ET STEVE EN ROUTE VERS BOOT HILL…

7 STAR CINÉ

PARCE QU’IL Y A DES SCÈNES DONT ON NE SE LASSE JAMAIS. UN EXTRAIT DES « 7 MERCENAIRES » DANS « STAR CINÉ VAILLANCE », EN 1961.