RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE STEVE McQUEEN

« PAPILLON » (1973)

papi2Adapté du best-seller controversé d’Henri Charrière (1906-1973), lui-même inspiré de ses souvenirs du bagne de Guyane, « PAPILLON » est une coproduction franco-américaine réalisée par Franklin J. Schaffner.

Le film, qui dure tout de même 150 minutes, est un curieux mélange d’ultra-réalisme, pour ce qui concerne la reconstitution historique, et de grosse machine hollywoodienne via la présence de Steve McQueen dans le rôle-titre. Celui-ci trimbale avec lui sa mythologie d’éternel taulard irréductible de cinéma, flanqué de Dustin Hoffman dans un rôle oscillant entre la covedette et le second rôle hypertrophié, pour faire une belle affiche. Le tandem fonctionne bon an, mal an, mais McQueen bien plus à son aise dans cet univers de violence et d’exotisme, finit par éclipser Hoffman qui surjoue la moindre situation, compose à outrance avec ses expressions de rat affolé et sa démarche de pantin. Autour des deux stars, de bons seconds rôles font des apparitions, comme le fidèle acolyte de McQueen, Don Gordon en forçat qui s’auto-mutile, Anthony Zerbe méconnaissable en lépreux, Victor Jory plus vrai que nature en chef indien et William Smithers, excellent en garde-chiourme inhumain. On reconnaît Richard Farnsworth en chasseur de primes.

Très bien photographié, porté par une ample BO de Jerry Goldsmith, « PAPILLON » est riche en morceaux de bravoure, en moments exaltants, en prouesses de mise-en-scène (la très longue séquence à l’intérieur de cachot en pénombre où Papillon passe deux ans). Mais il n’échappe pas aux naïvetés (les rêves délirants du prisonnier ou le séjour paradisiaque chez les Indiens) ni aux longueurs. On peut également tiquer sur des maquillages peu convaincants, surtout dans les vieillissements de la fin. Mais le film vaut d’être vu, ne serait-ce que pour la performance de McQueen – sans doute ce qu’il a fait de mieux dans sa carrière – d’une présence de chaque instant, fouillant son personnage jusqu’au moindre détail, du sourire à la gestuelle. La scène où complètement ravagé par l’isolement, il passe la tête par un trou dans sa porte de cellule et demande à un codétenu de quoi il a l’air, est un sommet de sa carrière d’acteur. « PAPILLON » est un beau film âpre et violent, n’édulcorant pas trop le matériau de base, mais qui semble parfois s’égarer en route et perdre en énergie vitale. À voir pour la maîtrise de Schaffner qui filme la nature comme personne et pour Steve McQueen, dont ce fut le dernier vraiment grand rôle. Notons tout de même qu’une fois de plus (après « THE BLOB », « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » ou « NEVADA SMITH » entre autres), l’acteur de 43 ans est bien plus âgé que son personnage, qui en avait à peine 30 quand il a débarqué au bagne.

papi

STEVE McQUEEN ET DUSTIN HOFFMAN

Publicités
 
Image

AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 89 ANS…

SMQ89

 

THE REIVERS !

REIVERS BR

SORTIE ALLEMANDE EN BLU-RAY DE « REIVERS », UN DES FILMS LES MOINS CONNUS DE McQUEEN. PISTE ET SOUS-TITRES ANGLAIS ANNONCÉS !

 

COOLITUDE…

En hommage à Lee Van Cleef, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, « BDW2 » exhume une image-culte : l’unique rencontre à l’écran de deux icônes indémodables du western et des années 60 : Steve McQueen, le « king of cool » et Lee le « bad guy » suprême consacré par le spaghetti western.cool

On les voit ici se battre comme des chiffonniers dans « THE HOSTAGE », un épisode de la 2ème saison de « AU NOM DE LA LOI » où ils ont quelques échanges assez saignants.

Les deux acteurs ne se retrouveront jamais et leur seul autre point commun est d’avoir tous deux incarné un héros parmi les sept mercenaires. Mais pas dans le même film ! Steve dans « LES 7 MERCENAIRES », bien sûr, et Lee dans « LA CHEVAUCHÉE DES 7 MERCENAIRES ».

 

STEVE… OR NOT STEVE

Lors d’une interview pendant les années 60, un journaliste demanda à Steve McQueen quels films il regrettait d’avoir tournés. Parmi la courte liste qu’il énuméra, l’acteur cita « INVRAISEMBLABLE VÉRITÉ » de Fritz Lang (chroniqué aujourd’hui sur « BDW2 »). Or, même en regardant très attentivement et même à la loupe, McQueen n’apparaît à aucun moment dans ce film, pas même en figuration, pas même de dos.MCQ

Alors quoi ? A-t-il tourné des scènes qui ont été coupées au montage ? Cela expliquerait évidemment pourquoi il regrettait d’avoir tourné le film. Il n’existe apparemment aucune trace de son éventuel passage dans « INVRAISEMBLABLE VÉRITÉ ». Se pourrait-il que le Steve se soit tout bêtement trompé de titre ? Si quelqu’un a de plus amples renseignements sur cette nouvelle énigme…

(Riche idée d’avoir écrit ce post, puisque la bonne réponse semble avoir été apportée dans le commentaire de l’ami Kinskiklaus ! McQueen ne citait pas un titre de film, mais une expression : « beyond a doubt » (« sans aucun doute ») qu’un traducteur français a confondu avec le titre du film de Fritz Lang ! Une erreur qui s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui puisqu’il arrive encore que « INVRAISEMBLABLE VÉRITÉ » se retrouve dans la filmo de McQueen)

 

« LA TOUR INFERNALE » (1974)

TOUR.jpg45 ans après sa sortie, « LA TOUR INFERNALE » est encore la référence n°1 du film-catastrophe pré-CGI, le seul probablement qui restera dans l’Histoire. La question est : a-t-il vieilli ? Oui, bien sûr. Le scénario linéaire et moralisateur (les fornicateurs sans doute adultères sont les premiers à mourir), la photo de téléfilm (de luxe !), les clichés antédiluviens et certaines transparences d’un autre âge, ne passent pas toujours très bien la rampe. Mais John Guillermin et Irwin Allen (producteur et coréalisateur pour les séquences d’action) ont du savoir-faire et le film tient la route malgré tout.

L’attrait principal, outre les plans d’incendie impressionnants, est la distribution, qui aligne des vétérans du vieil Hollywood (William Holden, Jennifer Jones, Fred Astaire), des stars de TV (Robert Wagner, Richard Chamberlain, Robert Vaughn), un sportif (O.J. Simpson) et trois superstars contemporaines : Paul Newman, Steve McQueen et Faye Dunaway. Ça fait du beau linge, mais il ne faut pas s’attendre à les voir accomplir des prouesses. Ils tiennent des rôles très unidimensionnels, surtout physiques, qui n’exploitent qu’un faible pourcentage de leur charisme. Newman peine à donner de l’épaisseur et même de l’homogénéité à ce rôle d’architecte un brin prima donna sur les bords. Il oscille d’une scène à l’autre entre le quidam paralysé par la trouille et le casse-cou. McQueen ne se fatigue pas trop, mais rafle la mise parce qu’il a le seul personnage héroïque du film. Les autres comédiens sont tous sous-utilisés et passent leur temps à grimacer d’angoisse avec un ventilo dans la figure. Mais cela fait tout de même plaisir de les voir tous réunis ! Mais franchement, faire jouer à Vaughn un politicien visqueux, n’est-ce pas un pléonasme ?

On peut revoir « LA TOUR INFERNALE » donc, sans trop de crainte d’être déçu. Le spectacle dure pas loin de trois heures, mais ce qui aide à tenir, c’est de voir du VRAI feu, des cascadeurs prenant de VRAIS risques, des vedettes visiblement malmenées, au visage marqué par la fatigue, bien loin des acrobaties devant des écrans verts qu’on nous sert depuis trop longtemps. Rien que pour ça…

TOUR2

STEVE McQUEEN, FAYE DUNAWAY ET PAUL NEWMAN

 
Image

AUJOURD’HUI, IL AURAIT 88 ANS…

MCQ 88