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Archives de Catégorie: LES FILMS DE TOM BERENGER

« SNIPER : ULTIMATE KILL » (2017)

SNIPER6.jpegUn quart de siècle après le premier film, « SNIPER : ULTIMATE KILL » réalisé par Claudio Fäh est le 7ème film de la franchise destinée au marché vidéo et réunit pour la première fois les trois protagonistes « historiques » : Chad Michael Collins et les deux vétérans de 1993, Tom Berenger et Billy Zane. On notera toutefois l’absence de Dennis Haysbert dont il n’est même pas fait mention dans le dialogue.

Le scénario, bâti autour d’une chasse au narcotrafiquant en Colombie, réutilise les mêmes éléments que dans les opus précédents et concentre tout l’intérêt sur la confrontation entre deux tireurs d’élite rivaux et sur les progrès de la balistique. Passionnant, pas vraiment, mais très bien fichu et jamais fastidieux malgré son manque de substance. On est content de retrouver Berenger, sorti de sa retraite, avec une grosse moustache (il devait tourner un western en même temps !) et un sourire patelin, pour jouer ce personnage sans complication qu’il commence à bien connaître. Collins toujours un peu transparent, tient bien sa partition et la fougueuse Danay Garcia pique la vedette à tout le monde dans son rôle de fliquette obsessionnelle qui n’a pas froid aux yeux. Belle présence, jeu assuré. On risque de la retrouver dans le prochain !

On notera une volonté de choquer dans le réalisme des impacts de balles de gros calibre (tête arraché, visage explosé) et des fusils à lunette de plus en plus sophistiqués et gigantesques. Une bonne série B nullement indigne de ses prédécesseurs et une franchise qui ressemble vraiment à une bonne série TV. À suivre, donc.

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DIANA PATRICIA HOYOS, DANAY GARCIA, TOM BERENGER, CHAD MICHAEL COLLINS ET BILLY ZANE

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« GONE ARE THE DAYS » (2018)

GONE.jpegPremier film de Mark Landre Gould, « GONE ARE THE DAYS » avec son casting de vieux stakhanovistes du DTV et son look fauché, a toutes les apparences d’une série B torchée à la va-vite, vaguement inspirée des thèmes de « IMPITOYABLE » d’Eastwood.

Pourtant, en s’y attardant un tant soit peu, le film vaut mieux que cela. S’il n’est pas spécialement bien filmé et photographié, il parvient néanmoins à créer une réelle empathie pour son personnage incarné corps et âme par Lance Henriksen. À 78 ans, il incarne un hors-la-loi rongé par la maladie et hanté (littéralement) par son passé, qui décide d’arracher sa fille (Meg Steedle) à la prostitution avant de passer l’arme à gauche. Le premier quart d’heure du film consiste à contempler l’acteur complètement ravagé, en caleçons crasseux, en train de cracher ses poumons, de se traîner pitoyablement en parlant à un « ami imaginaire ». Il faut toute la présence et l’humanité d’Henriksen pour rendre cela supportable. D’habitude dans les westerns, les pistoleros mordaient la poussière bien avant d’atteindre ces âges-là ! On s’attend à un ultime baroud d’honneur, un grand ‘showdown’ final, mais l’auteur ne nous en fera pas l’aumône. « GONE ARE THE DAYS » est une triste histoire de rédemption, une fable crépusculaire sur la fin des temps héroïques. C’est un des plus beaux rôles de l’acteur, un des plus fouillés et il s’y montre vraiment extraordinaire, exhibant sans vanité son visage creusé, son corps usé. Seule sa voix n’a pas changé. À ses côtés, Tom Berenger est excellent en shérif calme et intelligent, Danny Trejo apparaît brièvement en incarnation de ‘Charon’ le passeur des enfers à la sauce mexicaine. Et Steve Railsback campe un « mac » haïssable au possible, une véritable vermine.

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LANCE HENRIKSEN, MEG STEEDLE, TOM BERENGER ET STEVE RAILSBACK

De vieux mais toujours grands comédiens, réunis pour un film d’allure assez ingrate mais tournant courageusement le dos aux poncifs du genre. C’est lent, déprimant, voire pénible par instants, mais l’admirateur de Lance Henriksen ne voudra à aucun prix manquer ce western qui lui offre enfin un rôle à sa mesure.

 

« FASTER » (2010)

FASTER2Parce que ce n’est pas si fréquent que cela dans ce genre de produit, parce que l’affiche n’avait rien de spécialement prometteur, il faut saluer « FASTER » pour ce qu’il est : une excellente série B d’action, au scénario hyper-travaillé, au montage nerveux et à la photo magnifique du début à la fin.

George Tillman, Jr. part d’un postulat simple (la vengeance d’un ex-taulard après dix ans derrière les barreaux) et développe adroitement une histoire alambiquée, mâtinée de ‘whodunit’, dont tous les protagonistes possèdent un background fouillé et captivant.

La meilleure surprise vient de Dwayne Johnson, sorte de Terminator, de ‘golem’ impavide, obsédé par sa vengeance méthodique, qu’on apprend peu à peu à connaître, alors que l’humanité refait surface entre deux fusillades. Le charisme de l’acteur est indéniable pimenté d’un sens de la nuance et du premier degré. Le face-à-face avec sa mère (Annie Corley) est absolument remarquable et digne d’un film plus ambitieux. Il est très bien entouré par Billy Bob Thornton en flic schnouffé et planche-pourrie, père d’un gamin obèse, et dans des apparitions d’une seule scène, de solides comédiens comme Jennifer Carpenter ou Tom Berenger en directeur du pénitencier au début. Seule faiblesse : Carla Gugino sous-employée et surtout Oliver Jackson-Cohen sans intérêt dans un pourtant beau rôle de tueur à gages narcissique se faisant payer un dollar par contrat et hanté par un handicap d’enfance. Ses scènes avec la minaudante Maggie Grace jouant sa fiancée, rabaissent un peu le niveau général.

Méconnu et oublié, ce « FASTER » se doit d’être exhumé par les amateurs de polars ‘hard boiled’ façon seventies, car même à l’époque, on n’a jamais vu un « héros » abattre quelqu’un sur une table d’opération !

Johnson reprend le flambeau des « tough guys » de l’époque sans avoir à rougir de la comparaison et le scénario tient en haleine jusqu’à l’ultime image. Ce qu’on peut appeler une excellente surprise !

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CARLA GUGINO, BILLY BOB THORNTON, DWAYNE JOHNSON ET TOM BERENGER

 

« REACH ME » (2014)

REACHClairement influencé par « SHORT CUTS » de Robert Altman et par la mode des films « choraux », mais aussi, encore et toujours par Tarantino (ce couple de tueurs ! ), John Herzfeld signe avec « REACH ME » un film dont la seule surprise est sa date de tournage : on jurerait qu’il a été produit vingt ans plus tôt !

Tout tourne autour d’un livre écrit par un auteur mystérieux (Tom Berenger) capable de changer la vie de ses lecteurs et de modifier leur vision du monde. À partir de là, c’est une construction en mosaïque, faisant évoluer divers groupes de personnages qui finissent par se retrouver tous au même endroit, au même moment à la fin de l’histoire. Vu, revu, rabâché, tout cela ne présente pas grand intérêt à vrai dire et ce petit côté désuet, hors du temps, n’aide pas à accrocher le spectateur.

Cependant, parce que Herzfeld sait filmer et qu’il a réuni une brochette d’acteurs qu’on aime, « REACH ME » se laisse regarder, sans passion excessive mais sans trop de difficulté non plus. Kyra Sedgwick et Lauren Cohan (« WALKING DEAD ») sont bien séduisantes, Sylvester Stallone dans un rôle à la Lancaster dans « LE GRAND CHANTAGE » semble s’amuser beaucoup et son dernier face-à-face avec un Berenger en bonne forme, vaut vraiment le coup d’œil. Thomas Jane est très bien en flic-cowboy addict à la violence, Danny Aiello est un prêtre alcoolo, et parmi les petits rôles on a le bonheur de retrouver Danny Trejo – le temps qu’il se fasse descendre – et Sally Kellerman dans une fugace figuration. Clin d’œil à Altman ?

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THOMAS JANE, SYLVESTER STALLONE ET TOM BERENGER

Il ne faut rien attendre de ce film complètement creux et déconnecté de son époque, dont l’apparente maestria tourne à vide, mais pour tuer le temps et pour revoir des visages familiers, on peut lui consacrer 90 minutes de sa vie, sans trop de regret.

 

« BAD COUNTRY » (2014)

bad« BAD COUNTRY » se passe dans les années 80 et il est interprété par Willem Dafoe, Matt Dillon et Tom Berenger, trois vedettes de cette période. Couverts de moustaches-postiches, ils incarnent respectivement un flic de Bâton-Rouge dans le Sud des U.S.A., un indic et un caïd cajun.

Il y a tout pour plaire dans ce polar à petit budget, mais pour son unique film en tant que réalisateur, Chris Brinker (hélas, décédé avant la sortie) ne parvient pas à trouver son style. La mise-en-scène est d’une totale platitude, la photo inégale, le scénario n’arrive jamais à passionner ni même à donner une dimension ‘bigger than life’ à ses protagonistes. C’est donc d’un œil relativement indifférent qu’on suit ce film qu’on aurait aimé plus violent, plus stylisé, moins propret. On décèle çà et là des éclairs de réussite, comme ce « showdown » final renvoyant à « ROLLING THUNDER » ou « LES ANGES DE LA NUIT », mais tout cela reste au ras des pâquerettes et ne va jamais au fond des choses. Même la relation amour/haine entre le flic et la balance n’est pas approfondie alors qu’elle aurait dû être au cœur de l’histoire.

Si Matt Dillon manque comme toujours d’épaisseur et semble se cacher derrière sa pilosité luxuriante, on a plaisir à retrouver Dafoe en ‘tough guy’ énervé. Son personnage n’est pas très bien dessiné (il a une curieuse scène avec son père malade devant le commissariat, qui semble échappée d’un autre scénario), mais l’acteur a toujours de la gueule. Dans le rôle du parrain néonazi implacable à l’élégance surannée, et à l’accent français bizarroïde, Berenger paraît plus habité qu’il ne l’a été depuis bien longtemps. On applaudit à sa bagarre avec Dafoe à poings nus, qui vient nous rappeler que « PLATOON » c’était il y a trente ans, et que les vétérans se portent à merveille.

« BAD COUNTRY » peut se laisser regarder distraitement, à condition de ne rien en attendre d’extraordinaire.

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WILLEM DAFOE ET TOM BERENGER

 

« LONESOME DOVE CHURCH » (2014)

dove« LONESOME DOVE CHURCH » n’a aucune relation avec l’œuvre littéraire de Larry McMurtry, qui donna lieu à une minisérie célébrée, des sequels à répétition et même une série TV.

Ceci établi, il n’y a hélas, pas grand-chose d’autre à dire sur ce DTV aux moyens misérables, à la photo cafardeuse, aux décors sans aucune patine. C’est du western bas-de-gamme, joué par un casting catastrophique et basé sur un scénario linéaire et prévisible de la première à la dernière image. Ne parlons même pas du rythme léthargique, à décourager le fan le plus complétiste du genre.

Reste Tom Berenger. Un Berenger de 65 ans bien tassés, qui a curieusement vieilli comme… Gabin : le cheveu blanc, l’embonpoint rubicond, les mimiques fatiguées de celui qui a tout vu. C’est a priori une bonne idée de l’avoir distribué en ex-pistolero devenu un prêcheur itinérant, mais l’acteur a perdu 90% de son charisme d’antan et se traîne, manifestement peu concerné par l’entreprise, l’air distrait et l’œil vague. Le comédien jouant son fils (Greyston Holt) étant totalement transparent, le duo qui aurait dû constituer le centre d’intérêt du film est à peu près inexistant.

« LONESOME DOVE CHURCH » ressemble à un téléfilm, malgré son format Scope, il ne parvient jamais à susciter le plus petit début d’intérêt. La meilleure idée ? Ce revolver planqué dans la bible que trimballe Berenger ! Un vieux, vieux cliché du western, qu’il soit américain (« 5 CARTES À ABATTRE ») ou italien (« BLACK KILLER »).

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TOM BERENGER

 

« TRAINING DAY » (2001)

training2« TRAINING DAY » s’est affirmé avec le temps comme un des polars majeurs du cinéma U.S. des années 2000. Préfigurant d’un an la série « THE SHIELD » et le film « DARK BLUE », il exploite sans aucune retenue ou garde-fou le personnage du « ripou », du flic des rues sans foi ni loi.

Première idée géniale : donner le rôle de ce monstre charismatique et sociopathe à Denzel Washington qui renvoyait plutôt jusque-là l’image d’un Sidney Poitier moderne. Ici, l’auréole vole en éclats et son ‘Alonzo’ est une figure méphistophélique, vivante image de la corruption et de la décadence d’une Amérique sans repères moraux. Seconde grande idée : concentrer l’action sur une seule journée, celle de la formation d’un ‘rookie’ (Ethan Hawke) désireux d’entrer aux Stups et tombant dans la toile d’araignée tendue par l’officier chargé de le former.

Le scénario est ultra-bétonné, les coups de théâtre sont imprévisibles et les séquences d’action magnifiquement stressantes. On assiste pendant deux heures qui passent en un éclair, à la perte de l’innocence d’un idéaliste, on s’effare d’un système pourri jusqu’à la moelle. La scène où Alonzo rend visite aux « Rois Mages » trois flics haut-placés dans la hiérarchie (Harris Yulin, Raymond J. Barry et Tom Berenger, tous trois extraordinaires) dans un restaurant, laisse deviner l’étendue de la dégénérescence.

Outre un rythme jamais pris en faute, un dialogue d’une rare acuité, « TRAINING DAY » bénéficie d’un fabuleux cast de seconds rôles parmi lesquels on reconnaît Scott Glenn en « narco », la belle Eva Mendes et l’inquiétant Nick Chinlund.

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DENZEL WASHINGTON, NICK CHINLUND, ETHAN HAWKE ET TOM BERENGER

Il faut avoir le cœur bien accroché pour profiter de ce polar littéralement faustien, qui n’oublie jamais le spectacle au premier degré et propose un face-à-face vraiment impressionnant entre Washington qui se délecte manifestement de ce rôle grandiose d’abjection impunie et Hawke, qui lui tient tête et traduit de subtile façon les changements successifs de son « bleu » pendant sa descente aux enfers.

« TRAINING DAY » fait partie de ces films déjà bons à leur sortie et qui ne font que se bonifier avec les années. À revoir, donc !