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Archives de Catégorie: LES FILMS DE TOM HARDY

« VENOM » (2018)

VENOMInspiré d’un comics Marvel, « VENOM » de Ruben Fleischer est une bonne surprise, surtout au vu de sa calamiteuse réputation et de ses désastreuses critiques. Preuve qu’il vaut toujours mieux vérifier par soi-même que suivre le troupeau !

Puisant son inspiration dans « HIDDEN » (pour l’alien squattant divers corps humains) et plus globalement « DR JEKYLL & MR HYDE » pour la dualité du protagoniste, c’est un film vif et drôle, qui ne se laisse (presque) jamais bouffer par les nombreux CGI et parvient à imposer des personnages relativement intéressants, grâce à un casting de première classe. Ainsi, Tom Hardy, qu’on est surpris de retrouver dans ce genre de production, apporte-t-il avec lui un réalisme, une crédibilité (à la manière de Liam Neeson à l’époque de « DARKMAN ») à son rôle de journaliste rebelle et loser. Il maintient le film à l’extrême limite de la parodie sans vraiment y céder et crée un « hôte » de chair et de sang à une entité vorace et monstrueuse, mais au fond plutôt sympathique. Un héros improbable mais original et réjouissant, qui passe de corps en corps en faisant beaucoup de dégâts. À ses côtés, Michelle Williams endosse un rôle à la « Loïs Lane » typique des films de super-héros, Riz Ahmed est excellent en méchant juvénile mais dangereux, on aperçoit Melora Walters en SDF et bien sûr Stan Lee dans un caméo à la toute fin, tenant un petit chien en laisse. Grâce à un scénario plutôt plus travaillé que de coutume, un super-héros inhabituel et limite schizophrène, « VENOM » est étonnamment agréable à suivre dans l’arborescence de l’univers Marvel. On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise !

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MICHELLE WILLIAMS ET TOM HARDY

 

« TARGET » (2012)

Le nom de « McG » à la mise-en-scène n’a rien d’engageant pour le cinéphile, c’est certain. Mais le trio de vedettes est étrangement attractif et donne une – relative, n’exagérons rien – envie de voir de quoi il retourne dans ce « TARGET ».TARGET.jpg

Pour faire simple, c’est une sorte de version espionnage/actioner clinquant de « JULES ET JIM » ou de « BUTCH CASSIDY & LE KID » (auquel il est fait directement allusion via un extrait à la TV) : c’est-à-dire une jeune femme (Reese Witherspoon) écartelée entre deux super-agents de la CIA et meilleurs amis (Chris Pine et Tom Hardy). Autant le dire tout de suite, le démarrage est redoutable : photo surexposée, couleurs fluo, montage épileptique, BO assourdissante, et surtout, un scénario d’une crétinerie insensée. Le mélange entre la comédie se voulant pétillante et le film d’action ne se fait pas du tout, le côté « thriller » n’occupant qu’une portion congrue de l’histoire et s’avérant totalement anémique. Reste que le trio a un charisme et une photogénie indéniables, que Hardy est très inattendu dans un contremploi de brave type timide et romantique, que Pine est amusant en playboy trop sûr de lui et que Reese est vraiment ravissante et pleine de peps. Oui, le triangle amoureux fonctionne à plein, malgré la lourdeur du dialogue et Chelsea Handler est très drôle en confidente peu fiable de l’héroïne. À noter que, une fois encore, Angela Bassett est reléguée à jouer les bouche-trous dans un rôle minuscule de chef mal embouchée. Une vraie malédiction pour cette magnifique comédienne !

Alors, à voir « TARGET » ? Par une après-midi pluvieuse, c’est tout à fait envisageable. Et pour constater l’étendue du registre de Tom Hardy. Mais surtout, ne pas en attendre davantage !

 

« DUNKERQUE » (2017)

« DUNKERQUE » décrit la bataille qui eut lieu en 1940, une déroute militaire pour les Anglais et les Français, cloués au sol et décimés en pleine mer par l’aviation allemande. Le scénario de Christopher Nolan s’articule autour des soldats et aussi des sauveteurs civils venus de tout le Royaume-Uni pour ramener les jeunes gens « à la maison ».
Ces événements, on les a déjà vus dans le « DUNKERQUE » de 1958, mais aussi du point-de-vue hexagonal dans « WEEK-END À ZUYCOOTE » et également dans « HOPE & GLORY » de John Boorman. Mais Nolan a choisi d’entrer directement dans le feu de l’action.DUNKIRK

Il suit le destin d’une demi-douzaine de groupes, se passe de dialogues ou d’explications, immergeant complètement le spectateur dans la réalité de la guerre. L’image IMAX est d’un réalisme inouï et la construction en kaléidoscope oblitère toute sensation de longueur, d’autant plus que – et c’est très étonnant pour une production de cette ampleur – la durée n’atteint même pas les deux heures. On se plonge donc dans un univers déchiqueté fait d’explosions, de balles qui sifflent, d’avions qui prennent feu, de trouille permanente. C’est extrêmement bien fait, même si on a un peu de mal à toujours se passionner pour ce qu’on voit à l’écran. L’exercice peut lasser assez vite, pour peu qu’on s’attende à un vrai développement scénaristique ou à des personnages fouillés.

Dans un casting impeccablement choisi, on reconnaît les visages familiers de Kenneth Branagh en officier de marine stoïque, Mark Rylance en civil héroïque. Tom Hardy apparaît à moitié masqué pendant l’intégralité de son rôle de pilote. Une récurrence chez lui après « THE DARK KNIGHT RISES » ou « MAD MAX : FURY ROAD » ! À noter qu’on entend brièvement la voix de Michael Caine – familier du réalisateur – en chef d’escadron.

« DUNKERQUE » est un bel accomplissement technique, un peu froid pour marquer profondément les esprits, mais qui vaut largement d’être vu pour la perfection de ses images.

 

« TABOO » : saison 1 (2016)

Les huit épisodes constituant la première saison de « TABOO » ont été imaginés et produits par l’acteur principal de la série : l’inclassable Tom Hardy. Et ils ressemblent totalement à ce comédien-caméléon, au jeu « primitif », à la présence physique unique et au talent en constante mutation.TABOO

Situé à Londres en 1814, « TABOO » tient à la fois de Monte-Cristo (retour d’un héros au passé mystérieux qui le hante), de Dickens pour l’atmosphère et d’Hugo Pratt pour le souffle d’aventure aux limites de l’ésotérisme. C’est indéniablement saisissant, extrêmement bien fait au niveau de la reconstitution historique et du soin apporté au visuel, mais l’essentiel de la fascination exercée par ces épisodes tient dans la personnalité de ce ‘James Delaney’, homme encore jeune mais abimé par la vie, le corps scarifié, l’âme tourmentée, traumatisé par ses propres péchés et dont la quête de rédemption confine au masochisme. Hardy pousse jusqu’aux dernières extrémités un type de rôles qu’il avait abordé dans « BRONSON », « WARRIOR » ou « LEGEND » : la bête humaine imprévisible et sans aucune limite physique ou morale. Il excelle dans les facettes de cet emploi très particulier et crée un personnage magnifique. Il s’est très bien entouré : Jonathan Pryce, réjouissant de corruption joviale, Oona Chaplin ambiguë en sœur incestueuse aux allures de veuve noire, David Hayman remarquable en serviteur trop zélé ou Franka Potente en maquerelle forte-en-gueule.

Comme souvent avec ce type de saga, certains passages semblent redondants et l’action tourne un peu en rond, les machinations de Delaney mettent trop longtemps à se mettre en place et les relations entre protagonistes patinent parfois. Mais dans l’ensemble, « TABOO » est une œuvre exceptionnelle par son ambition, sa violence extrême et par le portrait même de ‘Delaney’ exemple rare de « héros » en fin de compte beaucoup plus dangereux que les « méchants ».

 

« LA CHUTE DU FAUCON NOIR » (2001)

black2-copieSitué dans la belle carrière de Ridley Scott entre les peu passionnants « HANNIBAL » et « LES ASSOCIÉS », « LA CHUTE DU FAUCON NOIR » est un film de guerre contemporain extraordinairement bien confectionné, qui empoigne dès le premier quart d’heure et entraîne sans douceur dans un tourbillon de violence extrême et de suspense viscéral digne des meilleurs films du genre.

Après une mise en place historique et géographique (la Somalie au début des années 90), le film se concentre sur une mission périlleuse qui voit une centaine de soldats américains cloués au sol au cœur de Mogadiscio par des milliers d’hommes armés bien déterminés à les massacrer jusqu’au dernier.

Le mouvement n’arrête pas une seconde, la chorégraphie des combats et la maîtrise de l’espace immergent complètement dans l’action jusqu’au malaise. La technique de filmage de Scott (plusieurs caméras en permanence, permettant un montage ultra-découpé) atteint ici de sommets de perfection et c’est hébété qu’on accueille le mot « fin ». Pas de « politique » à proprement parler, le scénario ne cherche pas à savoir qui a tort ou raison. Comme le dit le personnage joué par Eric Bana : « Ce qui compte, c’est le gars à côté de toi. C’est tout ». Tout est vu à hauteur d’homme.

Ces séquences à l’incroyable dynamisme interne sont portées par un casting sans faille : des vétérans comme Sam Shepard parfait en général texan, Tom Sizemore et l’excellent Jason Isaacs, des jeunes stars en vogue comme Josh Hartnett et Ewan McGregor et une brochette de seconds rôles promis à un bel avenir : Nikolaj Coster-Waldau en tireur d’élite, Tom Hardy, Jeremy Piven, Ioan Gruffud ou Orlando Bloom.

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NIKOLAJ COSTER-WALDAU, ENRIQUE MURCIANO ET TOM HARDY

Les images choquantes abondent, la guerre est dépeinte sans fard, comme la boucherie qu’elle est et même l’omniprésente BO de Hans Zimmer ne cède pas à l’héroïsme hollywoodien bidonné. « LA CHUTE DU FAUCON NOIR » est un fleuron du genre.

À noter qu’il existe un « extanded cut » qui fait une dizaine de minutes de plus sans changement majeur. Pour la petite histoire, Shepard et Coster-Waldau joueront tous deux le même personnage de Butch Cassidy à deux âges différents de sa vie dans le beau western « BLACKTHORN » dix ans plus tard.

 

HAPPY BIRTHDAY, TOM !

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TOM HARDY, UN DES ACTEURS LES PLUS ATYPIQUES ET VERSATILES DU CINÉMA ACTUEL, SOUVENT MÉCONNAISSABLE D’UN FILM À L’AUTRE.

 

« THE REVENANT » (2015)

« THE REVENANT » est inspiré des mêmes événements réels que « LE CONVOI SAUVAGE » (1971) et on y retrouve également des échos de « JEREMIAH JOHNSON » tourné à la même époque.REVENANT

Alejandro G. Iñárritu opte pour une approche lyrique et ultra-réaliste évoquant à fois Herzog et Malick. Sa caméra toujours en mouvement latéral replace constamment les protagonistes au cœur de la nature sauvage, comme toisés par l’immensité des arbres. Le film est extrêmement violent, dépourvu de sentimentalisme ou d’héroïsme hollywoodien. Le héros, Leonardo DiCaprio passe plus de 2 h 30 à ramper, à gémir, à grogner, à dévorer des animaux crus, à cautériser ses plaies. L’attaque d’ours est saisissante, mais jamais aussi choquante que la violence des humains qui violent, tuent et mutilent sans se poser de question, laissant sur la neige immaculée des éclaboussures sanglantes où qu’ils passent. Le spectacle est impressionnant, la photo d’une beauté à laisser pantois et l’affrontement final entre DiCaprio et sa Némésis d’une brutalité et d’une sauvagerie inouïes. C’est un ‘survival’ de première grandeur, maîtrisé de bout en bout, qui ne laisse pas grande place à la critique de détail, tant il paraît homogène et compact. Si Caprio occupe les trois-quarts du métrage, Tom Hardy est lui aussi stupéfiant – et une fois encore pratiquement méconnaissable – en trappeur bestial, inhumain et obtus. « THE REVENANT » est un beau film dépaysant et esthétiquement somptueux auquel manque peut-être un petit grain de spontanéité pour prétendre au qualificatif de chef-d’œuvre. Mais le voyage est total et l’immersion durable.