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Archives de Catégorie: LES FILMS DE TOMMY LEE JONES

« LES DISPARUES » (2003)

MISSINGL’ex-acteur Ron Howard est une personnalité sympathique et un réalisateur aussi fécond qu’éclectique. Mais force est de reconnaître que son œuvre n’est guère emballante et que son talent est pour le moins fluctuant. Aussi est-on surpris, voire « cueilli » par la réussite quasi-totale de son western « LES DISPARUES ».

Le thème renvoie à « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT », mais ici, les « searchers » sont une guérisseuse (Cate Blanchett) dure-à-cuire et son père (Tommy Lee Jones) qu’elle hait depuis qu’il a abandonné sa famille pour s’intégrer à la nation indienne, trente ans plus tôt. Ensemble, ils partent à la recherche de la fille aînée de Blanchett, kidnappée par un sorcier apache (Eric Schweig) pour être vendue au Mexique. Le sujet est classique, mais les portraits sont précis, acérés, et la tonalité, mélangeant ultra-violence et mysticisme est tout à fait originale. Le film doit beaucoup – pratiquement tout, en fait – à la confrontation sans mièvrerie de Jones, personnage étrange, tiraillé entre ses deux identités, et Blanchett, mère-courage inflexible et endurante. Leur lent rapprochement pendant la traque dans les paysages arides, évite le cliché et le sentimentalisme et donne au film son ossature. Ils sont bien entourés par des apparitions de Aaron Eckart en rancher qui connaît une fin atroce, Val Kilmer en officier de cavalerie sans foi ni loi, une toute jeune Elisabeth Moss en jeune mère kidnappée. Mais c’est Schweig qui crève l’écran, dans son rôle de « brujo » bestial et hideux. Défiguré par un maquillage efficace, il crée un véritable monstre et chacune de ses apparitions flirte ouvertement avec le fantastique, apportant au film une dimension horrifique inattendue.

« LES DISPARUES » replonge avec délectation dans l’ambiance des meilleurs westerns des années 50 ou 60, pimentée par une description de la violence assez crue et par une vision de l’humanité âpre et sans la moindre concession. Un très beau film ample et sauvage, qui supporte parfaitement les re-visions.

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CATE BLANCHETT, TOMMY LEE JONES ET ERIC SCHWEIG

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« TROIS ENTERREMENTS » (2005)

BURIALS.jpgTommy Lee Jones est passé quatre fois derrière la caméra, pour deux films cinéma et deux téléfilms. « TROIS ENTERREMENTS » est son premier long-métrage. C’est une fable initiatique, réminiscente de « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA » de Sam Peckinpah, mais dotée d’une morale plus positive.

Jones y joue un éleveur texan dont le meilleur ami, un ouvrir mexicain, est abattu par erreur par un jeune flic frontalier (Barry Pepper). Devant l’indifférence de la police, il prend les choses en main et kidnappe le meurtrier. Il oblige celui-ci à déterrer le cadavre putréfié de sa victime et à traverser le désert à cheval pour l’enterrer dans sa ville natale. L’anecdote n’a que peu d’importance, en réalité. C’est le parcours vers la rédemption de Pepper, sinistre individu immature et violent, qui intéresse les auteurs. Le scénario, apparenté au road movie, est parfois inutilement éparpillé en flash-backs, en digressions (l’histoire de Melissa Leo, serveuse à la cuisse légère), et le film en paraît souvent longuet et manquant de colonne vertébrale. Mais les deux acteurs principaux sont tellement bons et physiquement impliqués, que le film reste prenant et même émouvant (la séquence avec l’ermite aveugle qui cherche à mourir). Égal à lui-même, se reposant beaucoup sur sa diction hachée et l’expressivité de son visage buriné, Jones laisse la vedette au remarquable Pepper dont l’évolution vers l’humanité est parfaitement dépeinte. Melissa Leo est parfaite comme toujours, January Jones également en épouse soumise de Pepper.

« TROIS ENTERREMENTS » est une sorte de balade indolente et généreuse, non dépourvue d’humour, qui s’achève dans un no man’s land pour une conclusion absurde mais finalement très logique. Un joli film imparfait mais très attachant.

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JANUARY JONES, BARRY PEPPER, TOMMY LEE JONES ET MELISSA LEO

 

« MEN IN BLACK 3 » (2012)

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JOSH BROLIN

« MEN IN BLACK 3 », sorti dix ans après le précédent opus et réalisé une fois encore par Barry Sonnenfeld, est la preuve qu’on peut éviter les rabâchages et les redondances en se munissant d’un accessoire imparable : un bon scénario. Signé Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen !), celui-ci remixe les éléments établis dans les films précédents, insuffle un brin d’émotion dans le délire et boucle la boucle de la relation Tommy Lee Jones-Will Smith d’épatante façon.MIB3 copie.jpg

Cette sequel étonnante, puisqu’elle ne cesse de surprendre agréablement, mêle le voyage temporel à l’univers de science-fiction déjanté de la franchise. Et se retrouvant catapulté en 1969, Will Smith – plutôt meilleur que d’habitude – doit sauver la vie de son vieux coéquipier ronchon, alors âgé de 29 ans (Josh Brolin). Une manière amusante pour Jones, qui a pris un gros coup de vieux physiquement, de tenir la vedette d’un film en apparaissant très peu dedans ! Outre ses rebondissements incessants, ses dérapages dans l’absurde (le discours hallucinant d’Emma Thompson au début du film)  et de très bons F/X, « MEN IN BLACK 3 » vaut d’être vu pour le travail de Brolin, qui offre une imitation de Tommy Lee Jones saisissante, jusque dans le moindre maniérisme, sans parler de son accent. La perfection ! On oublie complètement qu’il ne s’agit pas du même interprète au bout de quelques minutes.

Ce 3ème et dernier, jusqu’à présent, épisode de la série de longs-métrages, possède donc le scénario le plus élaboré du triptyque, puisqu’on est captivé du début à la fin, sans jamais cesser de sourire et que, cerise sur le gâteau, les personnages s’offrent même le luxe d’une semblant de profondeur. On ne pouvait pas rêver mieux !

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH ET EMMA THOMPSON

 

« MEN IN BLACK II » (2002)

MIB II.jpgTourné cinq ans après un premier film très réussi, « MEN IN BLACK II » prend les mêmes et… recommence à peu près la même chose ! Le scénario est un démarquage paresseux du n°1, et curieusement les F/X, qui ont tendance à devenir envahissants, semblent moins performants que la première fois.

Dès le prologue, on sent le désir fébrile de surenchère, le plat richement cuisiné mais digeste servi jadis par Barry Sonnenfeld est devenu lourd, trop gras et finit par couper l’appétit. De plus, Tommy Lee Jones – toujours très à l’aise dans l’humour pince-sans-rire – met une bonne demi-heure à faire son entrée et laisse la place libre à Will Smith. Celui-ci est insupportable de cabotinage auto-satisfait et ne parvient jamais à recréer leur complicité d’antan. On assiste donc à une pâle resucée, qui brasse des éléments trop similaires, surexploite des gimmicks introduits en 1997 comme le coéquipier-chien soûlant ou l’usurier campé par Tony Shalhoub. Dans la colonne des points positifs, de très belles comédiennes comme Lara Flynn Boyle en despote extraterrestre au look de top model et la charmante Rosario Dawson dans un joli personnage à facettes. Et, si ! Tout de même ! L’idée géniale et très poétique du petit peuple de créatures vivant dans le casier d’une consigne de gare et idolâtrant ‘Kay’ comme un dieu vivant. La meilleure chose de ce n°2 qui mène à l’excellent dernier plan. À noter l’apparition de Peter Graves dans son propre rôle de présentateur télé lugubre et celle, beaucoup moins amusante de Michael Jackson.

Un n°2 pas déplaisant bien sûr, avec deux ou trois sympathiques morceaux de bravoure, mais dont on ne cesse de questionner la nécessité.

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WILL SMITH, TOMMY LEE JONES ET ROSARIO DAWSON

 

« MEN IN BLACK » (1997)

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TOMMY LEE JONES

Inspiré d’une BD Marvel, « MEN IN BLACK » est un euphorisant mélange de science-fiction, de comédie débridée et de ‘buddy movie’, au scénario aussi délirant que rigoureux et respectant sans faillir sa propre logique, aussi démente soit-elle.MIB2

Dans une Amérique secrètement peuplée de migrants extra-terrestres, le « MIB » est une sorte de FBI exclusivement consacré aux aliens. Will Smith, flic new-yorkais bien noté, se fait enrôler par Tommy Lee Jones, vétéran du MIB et les deux coéquipiers vont devoir sauver le monde en retrouvant une galaxie planquée dans une bille de verre accrochée au cou d’un chat (sic !). Barry Sonnenfeld mène son film à un train d’enfer, les F/X n’ont pas beaucoup vieilli et l’humour pince-sans-rire est un vrai plaisir. Le duo Jones-Smith fonctionne très bien même si, comme d’habitude, on aurait aimé que le second soit plus dirigé. Mais à l’impossible nul n’est tenu ! Autour d’eux, on retiendra Vincent D’Onofrio extraordinaire en cafard géant compressé dans une peau humaine (re-sic !). Sa gestuelle est aussi hallucinante qu’hilarante. Linda Fiorentino est une belle légiste, Rip Torn un « boss » impassible et Tony Shalhoub – à peine reconnaissable – apparaît en usurier vraiment très louche.

« MEN IN BLACK » a gardé sa verve et sa fraîcheur. On rit très souvent, on a même presque peur parfois et l’affrontement final est une vraie prouesse technique, compte tenu qu’il a été tourné il y a plus de vingt ans. À revoir sans hésiter donc, pour le duo, pour l’humour et les savoureux seconds rôles.

À noter qu’il a été tourné deux sequels en 2002 et 2012, par le même Sonnenfeld.

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH, VINCENT D’ONOFRIO ET LINDA FIORENTINO

 

« L’ENFER DU DEVOIR » (2000)

RULESLa signature de William Friedkin ne doit pas leurrer l’admirateur : « L’ENFER DU DEVOIR » est très professionnellement tissé, très bien filmé, mais il ne porte en aucun cas la griffe du grand réalisateur des années 70.

Le film démarre au Vietnam en 1968 et il faut d’emblée se faire violence pour accepter les quinquagénaires Samuel L. Jackson et Tommy Lee Jones en G.I.s de vingt ans. Ensuite on se retrouve dans une mission de sauvetage au Yémen 28 ans plus tard, tournant au cauchemar. Jackson a-t-il massacré d’innocents manifestants pour sauver sa peau ou ceux-ci étaient-ils armés comme il l’affirme ? La VHS pouvant disculper l’officier a été détruite par un politicien (Bruce Greenwood) désireux de lui mettre l’incident sur le dos et c’est la cour martiale.

Même si toute la séquence à l’ambassade assiégée est palpitante et remarquablement bien montée, c’est quand le film se mue en « courtroom drama » qu’il prend tout son intérêt. Car le scénario est bien agencé, les confrontations sont tendues à craquer et Jones est excellent en avocat militaire complexé et alcoolique qui trouve dans ce procès une possible mais difficile rédemption. On ne s’ennuie guère pendant deux heures, on reste accroché par l’issue des audiences et on se réjouit de revoir de bons comédiens comme Ben Kingsley en ambassadeur planche-pourrie, Anne Archer dans un rôle écrit avec une cruelle lucidité, Amidou (qui retrouve Friedkin après « LE CONVOI DE LA PEUR ») en médecin et Guy Pearce détestable à souhait en procureur acharné et sans état d’âme. On retrouve çà et là le goût du réalisateur pour la provocation (le plan sur la fillette déchargeant son arme sur les Marines, l’exonération symbolique de Jackson par l’officier vietnamien à la fin), mais il parvient à maintenir un certain équilibre idéologique sur un thème tout de même très « glissant ».

« L’ENFER DU DEVOIR » se laisse voir sans aucun problème, sans rien révolutionner et en cédant même parfois au cliché (la bagarre à poings nus entre Jackson et Jones), mais au final, c’est un bon film bien carré, pour tuer deux heures.

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TOMMY LEE JONES, SAMUEL L. JACKSON ET GUY PEARCE

 

« TRAQUÉ » (2003)

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TOMMY LEE JONES

Depuis « TO LIVE AND DIE IN L.A. » en 1985, William Friedkin avait enchaîné les projets bizarres, les films décevants, quelques téléfilms moyens. Aussi son retour en fanfare avec « TRAQUÉ » quelques 18 ans plus tard, ravit-il ses admirateurs fidèles contre vents et marées.HUNTED copie

Qu’est-ce que « TRAQUÉ » ? C’est simple, on prend le postulat de départ du premier « RAMBO », on en retire le folklore stallonien, le patriotisme, les ‘one liners’ et la musique « héroïque » et on confie la mise-en-scène à un grand réalisateur plutôt qu’à un bon faiseur. Et le résultat est un film compact, organique, en mouvement perpétuel. La confrontation d’une sauvagerie inouïe entre un ex-soldat « gone loco » transformé en psychopathe et l’homme qui l’a « formé » à devenir une machine à tuer. Le thème est puissant, les symboles freudiens abondent et les séquences d’action sont d’une violence époustouflante. Mais ce qui marque le plus dans « TRAQUÉ », ce sont les face-à-face pourtant peu bavards entre Benicio Del Toro extraordinaire dans ce rôle de serial killer programmé pour tuer et incapable d’appuyer sur la touche ‘off’ une fois revenu à la vie civile et son mentor Tommy Lee Jones, assumant jusqu’au bout sa réelle responsabilité. Les deux hommes, également amoureux de la nature et des animaux, lutteront jusqu’à la mort. Juste aboutissement du destin du « maître » qui a enseigné à des centaines de soldats à tuer à mains nues, sans jamais avoir ôté lui-même la vie.

Les extérieurs de l’Oregon sont magnifiquement exploités par un Friedkin régénéré, Jones est dans une incroyable forme physique à 57 ans et Del Toro, monstrueux mélange de Rambo et du colonel Kurtz, donne une dimension quasi-surnaturelle à ce guerrier désaxé semblant évoluer dans son cauchemar intérieur. À leurs côtés, Connie Nielsen n’a pas grand-chose à défendre en fliquette tenace.

Dans son genre, « TRAQUÉ » est un authentique chef-d’œuvre du cinéma d’action intelligent, à réévaluer dans l’œuvre de son réalisateur.

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BENICIO DEL TORO, CONNIE NIELSEN ET TOMMY LEE JONES