RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE WARREN OATES

« THE FORT » & « THE CALLER » : épisodes de « A man called Shenandoah »

FORT

WARREN OATES

« THE FORT » est un épisode de la série « A MAN CALLED SHENANDOAH » réalisé par Don McDougall et il conduit Robert Horton, notre héros amnésique, dans un fort entouré par des Apaches hostiles. À peine arrivé pour rencontrer Warren Oates, censé connaître son identité, Horton est pris pour son complice et jeté en prison. En effet, Oates va bientôt être exécuté pour avoir vendu des fusils aux Indiens et causé la mort de cinquante soldats.

Seulement Oates refuse de dévoiler à Horton ce qu’il sait. Le major (Edward Binns) tient absolument à les fusiller tous les deux au plus vite et le sympathique médecin (Milton Selzer) ne peut pas grand-chose pour eux. Un épisode un peu plan-plan, se déroulant pour une bonne moitié à l’intérieur d’une cellule exiguë. Heureusement, il y a Warren Oates, toujours intéressant quand il s’efforce d’insuffler un tant soit peu d’humanité à un rôle indéfendable, comme ce traître étonnamment calme devant sa mort prochaine. Shenandoah n’apprendra évidemment rien sur lui-même et échappera in extremis au peloton.

CALLER

ROBERT HORTON, KENT SMITH ET CLORIS LEACHMAN

« THE CALLER », réalisé par David Alexander reprend exactement la même mécanique : Horton débarque en ville pour rencontrer un avocat censé connaître des détails sur son passé. Mais il tombe sur son cadavre et se voit accusé du crime ! C’est quand même pas de chance ! Seul témoin, la fille du mort, en état de catalepsie, incapable de témoigner. Jeté en prison, une fois de plus, Horton tombe cette fois sur un shérif pas trop borné (David Sheiner) qui va l’aider à enquêter pour sauver sa peau. Le couple (Kent Smith et Cloris Leachman) qui a recueilli la fillette semble des plus suspects. Notre héros découvre que la femme fut la maîtresse du défunt. Hélas, toujours rien sur son propre passé : revenue à elle, la petite fille lui indiquera seulement que lorsqu’elle l’a rencontré quelques mois plus tôt en compagnie de son père, il venait de Tucson.

Publicités
 

« TONNERRE DE FEU » (1983)

BLUE2Écrit par Dan O’Bannon (« ALIEN »), réalisé par John Badham (« LA FIÈVRE DU SAMEDI SOIR »), « TONNERRE DE FEU » marque plus ou moins la fin du statut de vedette de Roy Scheider, dont la carrière entamera bientôt une pente descendante, et sera hélas, le dernier film de Warren Oates.

Qu’en dire d’autre ? C’est un thriller high-tech (à l’époque, tout du moins), dont la vraie star est un hélicoptère ultra-performant qui donne d’ailleurs son titre au film. Si la première moitié du scénario se tient bien, malgré un manque de profondeur évident des protagonistes, la seconde privée de son centre de gravité par la disparition de Daniel Stern, le seul personnage sympathique, se résume à une démonstration de poursuites aériennes ou en voitures, où les véhicules explosent, les buildings se prennent des missiles de plein-fouet. On a bien évidemment eu droit à beaucoup mieux depuis et vu la faiblesse du postulat de départ (une conspiration tirée par les cheveux pour justifier la mise en service du fameux hélico) l’intérêt fond comme neige au soleil.

Scheider, buriné, l’air un peu absent, joue les ex-héros du Vietnam souffrant de SPT (ce qui nous vaut un bien vilain flash-back récurrent) sans faire preuve de sa présence habituelle. Il se laisse piquer la vedette par le jeune Stern, amusant en coéquipier enthousiaste et courageux. Candy Clark assure en fiancée de notre pilote, même si leur couple paraît bien improbable. Malcolm McDowell joue un ‘villain’ tête-à-claques moyennement crédible et Oates se traîne dans un rôle effacé de chef râleur bien indigne de lui.

« TONNERRE DE FEU » a encore ses bons moments et on a est toujours content de revoir ces comédiens d’une époque révolue. Mais il a indéniablement vieilli, manque de substance et son climax – un looping en hélicoptère réputé impossible – paraît tout de même insuffisant.

BLUE

WARREN OATES, ROY SCHEIDER, MALCOLM McDOWELL ET DANIEL STERN

 

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

TZ OATES

RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

TZ OATES2

WARREN OATES

 

« POLICE FRONTIÈRE » (1982)

border2Le scénariste Walon Green, Warren Oates, le Mexique… On pense automatiquement à « LA HORDE SAUVAGE ». Mais hélas, l’éclectique Tony Richardson n’est pas Sam Peckinpah et « POLICE FRONTIÈRE » aurait pu être un très bon film en d’autres mains. Complètement hors de son élément, le réalisateur anglais gâche un matériau potentiellement intéressant.

Le scénario tourne autour de la prise de conscience d’un petit flic frontalier au Texas (Jack Nicholson), qui se dresse contre la corruption de sa hiérarchie participant au trafic d’êtres humains à la frontière mexicaine. Dès le prologue et la piteuse façon dont est filmé un tremblement de terre, on sent que quelque chose ne va pas. Richardson ne sait pas filmer l’action (le « shoutout » final est incroyablement bâclé et mal fichu alors qu’on l’attend depuis le début), il demeure en superficie quant à la psychologie de ses personnages et ôte toute vigueur et colonne vertébrale au film.

Heureusement, Nicholson parfaitement sobre et contenu, porte « POLICE FRONTIÈRE » sur les épaules. Pauvre type velléitaire, marié à une idiote vulgaire et dépensière, il se met en quête de rédemption en voulant sauver une jeune clandestine (Elpidia Carillo) et son bébé. C’est ce fil narratif assez ténu qui maintient tout de même l’intérêt jusqu’au bout, ainsi que l’évolution subtile de cet antihéros lent d’esprit mais de plus en plus attachant à mesure qu’il retrouve sa dignité. Autour de lui, Valerie Perrine est excellente dans le rôle (difficile) de sa gourde d’épouse, Oates fait tapisserie en capitaine corrompu et Harvey Keitel est étonnamment nuancé en ripou manipulateur.

border

JACK NICHOLSON, ELPIDIA CARILLO ET HARVEY KEITEL

Pour les magnifiques extérieurs de désert, pour la BO de Ry Cooder, pour quelques scènes touchantes entre Nicholson et Carillo, « POLICE FRONTIÈRE » vaut d’être vu. Mais il laisse une sensation de gâchis très agaçante. Il n’en aurait pas fallu beaucoup…

 

« THE TEST » : James Coburn dans « Stoney Burke »

STONEY COBURN

JAMES COBURN ET JACK LORD

« THE TEST » est un excellent épisode de la série « STONEY BURKE », réalisé par Leonard Horn et photographié par le grand chef-opérateur Conrad Hall.

En voulant monter un mustang particulièrement nerveux, Jack Lord a un grave accident et se retrouve paralysé des deux jambes. Son médecin, James Coburn, ne trouve aucune lésion sur les radios et en conclue que ‘Stoney’ souffre de séquelles psychosomatiques. Au lieu de s’apitoyer sur son sort, il va le secouer, le défier, le bousculer, jusqu’à ce que son patient émerge de sa torpeur et parvienne à se tenir debout.

L’épisode tient dans le face-à-face et les confrontations entre deux remarquables acteurs : Lord, d’une subtilité inattendue dans ce rôle de ‘tough guy’ qui révèle une faille béante de son caractère et laisse s’insinuer en lui une peur invalidante. Et Coburn, ex-sportif lui-même, dur et refusant toute empathie, qui oblige littéralement son patient à reprendre sa vie en mains, quitte à le pousser à bout. Avec un bon dialogue, une situation forte, les deux acteurs donnent vraiment le meilleur d’eux-mêmes. Un vrai plaisir !

STONEY COBURN2

WARREN OATES, JACK LORD ET JAMES COBURN

Parmi les autres comédiens, le « récurrent » Warren Oates apparaît fugitivement en cowboy rigolard et l’enfant-vedette Richard Eyer (« LA MAISON DES OTAGES ») joue un jeune paraplégique courageux. À noter que Oates et Coburn allaient se recroiser deux ans plus tard dans « MAJOR DUNDEE » de leur ami commun Sam Peckinpah dont ils devaient devenir les acteurs-fétiches.

Un bel échantillon d’une série méconnue, mais intelligente et très soigneusement produite.

 

« THE WEAPONS MAN » : J.D. Cannon & Henry Silva dans « Stoney Burke »

HENRY SILVA

HENRY SILVA

« THE WEAPONS MAN » est un épisode de la série « STONEY BURKE » écrit et réalisé par Leslie Stevens.

Lors d’un show de rodéo, un Indien (Henry Silva) tue accidentellement un spectateur d’une flèche dans la gorge. Le shérif demande l’aide d’un expert en armes de tous genres (J.D. Cannon) qui connaissait la victime pendant la WW2 et est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre délibéré. L’enquête démontrera que Silva est japonais et non indien et qu’il cherchait à venger son père.

L’épisode trouve tout son intérêt dans le personnage de Cannon, sorte de Sherlock Holmes omniscient, pète-sec et surdoué qui s’aliène instantanément notre brave – mais peu brillant – héros Jack Lord, appelé comme consultant. Leurs échanges sont amusants, tout comme la courte scène où Warren Oates tente de vendre à Cannon un Derringer qui a soi-disant appartenu à Annie Oakley.

J.D. CANNON, JACK LORD, FRANK DeKOVA, WARREN OATES ET HENRY SILVA

J.D. CANNON, JACK LORD, FRANK DeKOVA, WARREN OATES ET HENRY SILVA

Dans un contexte ethnique qui tient de la pure bouillabaisse sino-japonaise sommairement documentée, Silva prête son masque inquiétant à un archer « zen » au nom japonais, avec son habituelle présence. Lors d’une bagarre finale à mains nues avec Cannon, les doublures sont tellement visibles que la scène en devient hilarante.

Parmi les seconds rôles, l’inévitable Frank DeKova joue un chef comanche se produisant dans des spectacles forains et Philip Ahn, figure familière de tant de films, incarne un moine japonais.

 

« AN ECHO OF ANGER » : Warren Oates dans « Shane »

WARREN OATES

WARREN OATES

« AN ECHO OF ANGER » est un remarquable épisode de la série « SHANE », réalisé par Gary Nelson.

Quatre hommes, un oncle et ses trois neveux, tous montagnards, arrivent en ville pour tuer Shane qu’ils accusent d’avoir assassiné un des leurs quelques mois plus tôt. Mais Shane nie les faits et il s’avère que l’un des hommes ment pour sauver « l’honneur de la famille » : son cousin abattu avait lâchement pris la fuite lors d’une bagarre et il fallait lui inventer une mort plus glorieuse.

BERT FREED ET DAVID CARRADINE

BERT FREED ET DAVID CARRADINE

Le scénario décortique avec une terrible lucidité l’engrenage absurde de la vendetta. Quand à la fin, dans la rue principale, sept hommes s’affrontent jusqu’à la mort, c’est sans aucune raison. Juste « pour l’honneur ». Et les quatre pécores gisant dans la poussière, Shane et ses amis contemplent les corps et les pages d’une bible volant au vent, conscients qu’ils sont morts pour rien.

Rêche, direct, sans fioriture, l’épisode exploite parfaitement les personnages récurrents : c’est la première fois que Jill Ireland doit faire face au fait qu’elle est inconsciemment amoureuse de Shane. La première fois aussi que Bert Freed, censé être l’Ennemi, se range du côté des bons pour chasser les envahisseurs.

Ceux-ci sont impeccablement castés : en tête Cliff Osmond en patriarche borné et bigot. Et Warren Oates dans un rôle assez fouillé. Il joue le plus intelligent de la fratrie (ce n’est pas vraiment un exploit, mais tout de même), une brute en apparence, mais avec un fond de sensibilité. Dans la scène où il pénètre dans la chambre de Jill Ireland pour lui déclarer sa flamme, il est à la fois inquiétant, dangereux et étonnamment doux et presque… touchant. La marque du grand comédien qu’il a toujours été dans n’importe quelle situation.

Et David Carradine imprime vraiment sa personnalité dans ce personnage effacé, taiseux et pudique.

LE SHOWDOWN...

LE SHOWDOWN…