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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ERNEST BORGNINE

HAPPY BIRTHDAY, ERNEST !

BORGNINE

ERNEST BORGNINE (1917-2012), GRANDE FIGURE DU CINÉMA AMÉRICAIN PENDANT CINQ DÉCENNIES ET PLUS DE 200 FILMS ET TÉLÉFILMS…

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« RED » (2010)

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JOHN MALKOVICH, BRUCE WILLIS ET MARY-LOUISE PARKER

« RED » est le nom de code d’agents secrets de la CIA retraités mais représentant une menace potentielle : « Retraités Extrêmement Dangereux ». Le postulat de départ se situe dans la mouvance « carte vermeille » de son contemporain « EXPENDABLES », mais le ton adopté s’apparente beaucoup plus à la comédie.

RED3« RED » est d’emblée une excellente surprise. Dès les premières images, on sent que Bruce Willis ne fera pas du Bruce Willis, qu’il semble dirigé et qu’il s’intègre parfaitement à un casting brillantissime de grands aînés. Le scénario n’a aucune espèce d’importance et après un début intrigant, il s’égare un peu dans ses propres complications et de nombreuses allusions à un passé trop abstrait, pas même éclairé par des flash-backs. Pas grave ! Les séquences d’action s’enchaînent à un rythme effréné, les relations entre l’équipe de flingueurs seniors fonctionnent à 100% et un humour étonnamment subtil cimente l’ensemble.

Comment ne pas succomber quand on découvre Helen Mirren manier la DCA ou avouer en rougissant qu’elle accomplit encore quelques « contrats » de temps en temps, pour garder la main ? Comment résister au charme coquin de Mary-Louise Parker ? Et surtout, comment ne pas exploser de rire devant le numéro hallucinant de John Malkovich en ex-espion paranoïaque, incontrôlable et à moitié cinglé ? L’a-t-on déjà vu meilleur ? Pas sûr… On a également droit à Morgan Freeman impérial, Richard Dreyfuss en ‘bad guy’ odieux et à ce cher Ernest Borgnine en archiviste jovial. Sans oublier Brian Cox en ex-KGB joli cœur et le jeunot Karl Urban excellent en adversaire non dénué de scrupule.

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HELEN MIRREN, JOHN MALKOVICH, MORGAN FREEMAN, BRUCE WILLIS ET ERNEST BORGNINE

Ça ne vise pas très haut, c’est vrai, mais c’est très bien confectionné et l’équilibre entre comédie et action est admirablement maintenu du début à la fin. Sans oublier – et ce n’était pas évident – une petite pointe d’émotion çà et là.

Bref, de l’entertainment simple et efficace, jamais bâclé, ponctué de magnifiques morceaux de bravoure et de bagarres dont la sèche brutalité prend souvent par surprise. Une sequel a été tournée trois ans plus tard. Vous savez quoi ? TANT MIEUX !

 

« UN HOMME À LA PEAU DURE »

BOXERDans la série des films complètement inconnus et/ou oubliés, « BDW2 » exhume aujourd’hui « UN UOMO DALLA PELLE DURA » (litt. : « UN HOMME À LA PEAU DURE »), un petit polar italien de 1972, sorti aux U.S.A. sous le titre « THE BOXER ».

Signé Franco Prosperi responsable de quelques séries B sans grande renommée, le film propose deux bons acteurs américains en tête d’affiche : Robert « Baretta » Blake et le cher Ernest Borgnine véritable globe-trotter qui tournait alors partout dans le monde. Le premier joue un boxeur cherchant à venger son manager assassiné et à prouver sa propre innocence, le second est un flic new-yorkais. À leurs côtés, la belle franco-italienne Catherine Spaak, le toujours élégant Gabriele Ferzetti et même Tomás Milian dans le rôle de « l’Étranger ».

À la photo, le très prolifique chef-opérateur hongrois Gabór Pógany qui fit carrière en Italie où il signa plus de 120 films.

Le film est sorti en vidéo aux U.S.A. et même en France (sous le titre « BOXER : LE MAÎTRE DU RING ») dans des éditions bon marché. Bien peu de chances qu’il s’agisse là d’un chef-d’œuvre méconnu, mais le film comprend suffisamment de noms attachants pour susciter une légitime curiosité. Reste à espérer une édition DVD soignée italienne ou américaine pour savoir de quoi il retourne…

 

« NOM DE CODE : OIES SAUVAGES » (1984)

Les éditions allemandes « NSM-Records » ont mis les petits plats dans les grands pour la réédition de « NOM DE CODE : OIES SAUVAGES », copro multinationale réalisée par un des papes du ‘spaghetti western’, Antonio Margheriti : version longue « director’s cut », double édition DVD et Blu-ray, réétalonage des couleurs, remixage en 5.1. La totale !CODENAME2

Est-ce que ça en fait un meilleur film ? Hélas, non ! Pourtant, impossible de résister à une affiche réunissant autour de l’insipide et inexpressif Lewis Collins, les noms mythiques d’Ernest Borgnine, Lee Van Cleef et Klaus Kinski. Mais le poids des ans se fait sentir et les héros des sixties sont bien fatigués. ‘Ernie’ joue un agent de la DEA qui paie un commando pour anéantir des dépôts de coke dans la jungle philipine. Il rigole beaucoup et semble venu là pour visiter le pays. Comment l’en blâmer ? Van Cleef clairement « too old for this shit » est un peu à côté de la plaque en pilote d’hélico surnommé ‘China’ qui profite de l’aventure pour dragouiller Mimsy Farmer. Quant à l’ami Klaus, tout en moues méprisantes et en sourires émail-diamant, il joue le traître de service et nous offre un joli « Klaus moment » à la fin, quand il tire à la mitrailleuse en gémissant, encerclé par les flammes.

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LEE VAN CLEEF, MIMSY FARMER, KLAUS KINSKI ET ERNEST BORGNINE

C’est très mal réalisé au zoom, la photo est laide, les seconds rôles sont abominables (et atrocement post-synchronisés, ce qui n’arrange rien) et la BO donne envie de se taper la tête contre les murs. C’est de plus extrêmement lent et monotone et tout le monde semble attendre le clap de fin. Les seuls à avoir vraiment bossé sont les artificiers (à l’époque, pas de F/X numériques !), qui enchaînent les explosions, les champs de mines, les attaques au lance-flammes, les fusillades, etc. Pas grand-chose à recommander donc, dans ce semi-nanar qui faisait pourtant bien saliver « BDW2 ». Le scénario n’a même pas eu le tact de nous donner un ultime face-à-face Kinski-Van Cleef, vingt ans après leur rencontre anthologique dans « …ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS ». Oui, comme disait justement Klaus dans ce film : « Le monde est méchant ».

 

« LE JUGEMENT DERNIER » (1961)

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ALBERTO SORDI, VOLEUR D’ENFANTS

« LE JUGEMENT DERNIER » ce n’est pas exactement un film, ni même un film à sketches. Non, c’est un smörgåsbord. Un énorme pudding international bâti (enfin, si on peut dire !) autour d’une idée excessivement ténue : à Naples, une grosse voix jaillissant du ciel annonce la fin du monde à 18 heures précises.

Jusqu’à ce moment-là, Vittorio De Sica suit la vie de quelques individus pas spécialement « exemplaires » et leurs réactions face à cet apocalypse imminent, même si la plupart – comme le spectateur, d’ailleurs – semble s’en contrefiche. Après l’heure fatidique, c’est-à-dire lors du dernier tiers, ce qui tient lieu de scénario s’emballe et part dans un délire totalement incontrôlé.JUGEMENT1

C’est vraiment n’importe quoi : un mélange de grosse comédie, de satire sociale, de mélodrame avec un zeste de néo-réalisme pendant qu’on y est. Impossible de ne pas s’amuser en voyant les scènes de Fernandel en veuf égrillard avec Ernest Borgnine en pickpocket roublard, ou celles de Vittorio Gassman en vaniteux ridicule, Melina Mercouri en mondaine française hystérique. Par contre, Jack Palance et Silvana Mangano constamment survoltés ne font que hurler et piétiner, Lino Ventura vitupère en papa colérique et Nino Manfredi n’a rien à faire dans un rôle mal écrit. Seul s’en sort vraiment Alberto Sordi étonnant dans un personnage de trafiquant d’enfants qu’il arrache à leur famille contre quelques lires pour être expédiés aux U.S.A. où ils seront adoptés. Malgré sa silhouette de croque-mort et ses yeux cernés, il parvient à transcender la caricature et se montre même touchant dans une courte séquence avec un gamin dans un taxi. Il aurait mérité un film à lui tout seul.

Le film vaut le coup d’œil pour quelques brefs instants d’humour caustique, pour son défilé de stars qui n’est pas sans évoquer certains films de Sacha Guitry et surtout pour une courte vignette où « Dieu » s’adresse à un passant anglais à Londres, pendant le Jugement Dernier : « Do you speak english ? » demande l’homme. « Non » répond Dieu en italien. Alors l’autre hausse les épaules et poursuit sa route. Eh oui ! Dieu est napolitain…

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SILVANA MANGANO, JACK PALANCE À NAPOLI, ERNEST BORGNINE AVEC FERNANDEL ET VITTORIO GASSMAN : L’IMPROBABLE CASTING

 

QUAND ERNIE RENCONTRE FERNAND…

BORGNINE FERNANDEL

LA RENCONTRE HAUTEMENT IMPROBABLE D’ERNEST BORGNINE ET… FERNANDEL DANS « LE JUGEMENT DERNIER ». BDW2 REVIENDRA BIENTÔT SUR CE FILM…

 

« DANS LA GUEULE DU LOUP » (1951)

BRODERICK CRAWFORD ET MATT CROWLEY

BRODERICK CRAWFORD ET MATT CROWLEY

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CHARLES BRONSON, BRODERICK CRAWFORD ET RICHARD KILEY

Réalisé par l’éclectique Robert Parrish, « DANS LA GUEULE DU LOUP » est un film noir dans la grande tradition hollywoodienne de l’époque, porté par un scénario sinueux et truffé de coups de théâtre bien amenés et une photo contrastée des plus tranchantes. Le thème des flics infiltrés dans la pègre – ici les racketteurs sur les docks – n’est pas sans évoquer les futurs polars de Hongkong. On y retrouve les mêmes ficelles, les mêmes types de personnages et la même ambiguïté.

ERNEST BORGNINE

ERNEST BORGNINE

ERNEST BORGNINE, NEVILLE BRAND ET BRODERICK CRAWFORD

ERNEST BORGNINE, NEVILLE BRAND ET BRODERICK CRAWFORD

Dans le rôle du flic « flatfoot » se faisant passer pour un voyou fraîchement débarqué de New Orleans, Broderick Crawford est un héros inhabituel avec son visage bouffi de gros buveur et sa personnalité brusque et peu sympathique. Au moins n’a-t-il pas cédé aux clichés de rigueur. Face à lui, de bons acteurs parmi lesquels se détache le peu connu Matt Crowley, excellent en faux barman et véritable caïd du Milieu. Pour ce qui est des petits rôles, c’est également un régal, puisqu’on reconnaît avec un bonheur jamais démenti quelques-unes des « gueules » les plus populaires de la décennie suivante : Ernest Borgnine quasi-débutant en gangster bête et méchant, Neville Brand étonnamment mieux servi en homme de main ironique et castagneur, John Marley, Frank DeKova et même un tout jeune Charles Bronson en docker râleur, dans quelques plans sur le port.

« DANS LA GUEULE DU LOUP » aurait sans doute eu besoin d’une vedette plus charismatique et attachante que Crawford pour devenir un vrai classique du genre, mais cela demeure un très bon polar et cette ouverture nocturne sous la pluie battante est absolument soufflante de sombre beauté. À découvrir.